Mathilde est revenue


Danse / Chorégraphe phare de la danse contemporaine, Mathilde Monnier est invitée jusqu'au 8 avril à la MC2 avec le Centre Chorégraphique de Montpellier. Avec sa tronche de rockeuse manquée, cette sorte d'Iggy Pop au féminin a toujours eu le goût d'aller voir ailleurs si la danse y était. Mathilde Monnier partage avec Maguy Marin le goût pour l'expérience des limites. Et notamment cette façon de malaxer les fondamentaux de la danse, de faire de chaque spectacle une expérience, un instantané de l'art en train de se faire, sans pour autant tomber dans l'abstraction. Elle travaille avant tout les déplacements, des corps il va s'en dire, mais aussi des genres, amenant la danse vers la musique (beaucoup) et la littérature (pas mal non plus). La liste de ses collaborateurs extérieurs est prestigieuse : Louis Sclavis pour Chinoiseries en 1991 ; PJ Harvey pour Publique en 2004, spectacle exclusivement féminin ; le vidéaste et compositeur de musique électronique eRikm pour Frère&Sœur l'an dernier, ou tout récemment Philippe Katerine pour une chorégraphie en forme de futur proche, «légèrement hippie», intitulée Vallée 2008 et directement impressionnée des volutes textuelles du dernier album du grand déconneur de la pop expérimentale à la française, Robots après tout. Autre partenaire de renom : Christine Angot, avec qui elle avait élaboré une sorte de désintégration familiale, La Place du singe, après avoir déjà orchestré avec la romancière un spectacle sur la démence en 1997 (Arrêtez, arrêtons, arrête). Sous la casquette de Directrice du Centre Chorégraphique National de Montpellier, elle présente notamment deux courtes pièces en solo : 8mn et 12mn. Deux variations schizophrènes où la danseuse évolue dans la limite du champ de sa propre image captée par une caméra et projetée sur le sol. Après Slide, création splendide à l'Opéra de Lyon il y a deux ans, on ne demande qu'à la retrouver. Luc HernandezMathilde Monnierjusqu'au 8 avril, à la MC2détail en pages agenda


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