« Il faut partager les outils »

Éliane Baracetti, adjointe à la culture à la Mairie de Grenoble, a entre autres impulsé ce projet de refonte du paysage théâtral grenoblois. On l'a rencontrée. Propos recueillis par Aurélien Martinez


Vous retrouvez-vous dans le projet final porté par le Tricycle, projet qui a évolué depuis le début ?
Eliane Baracetti : Sur le fond des choses, il n'a pas tellement changé. Il s'agit toujours de mettre sur pied un dispositif pour aider le mieux et le plus possible la vie théâtrale dans cette ville. On retrouve donc bien la mise à disposition de plateaux, on retrouve bien une aide financière, on retrouve bien des moyens humains ou matériels – les ateliers décors et costumes.

Ce projet a aussi une autre visée…
Il s'agit d'arrêter ce jeu de chaises musicales, très douloureux à chaque fois. De ne plus confier les clés à une compagnie en se demandant trois ans après si on va les lui confier à nouveau. Les compagnies sont toujours heureuses de rentrer dans un théâtre, et c'est normal, mais c'est bien légitime à un moment donné de leur demander de rendre les clés : il faut partager les outils. Donc la meilleure façon que nous avons trouvée est de confier les clés non plus à une compagnie, mais à un collectif d'artistes, qui pourra évoluer comme il l'entend : il y aura des gens qui arriveront, d'autres qui partiront – même si on a demandé, dans un premier temps, une permanence du bureau, car on ne peut pas tous les mois changer d'interlocuteur. Et ce collectif aura la responsabilité des plateaux, en travaillant en partenariat avec la Ville. Ce qui fait que l'on ne se posera plus la question, dans deux, trois, six ans, de remplacer tel ou tel artiste par un autre. En revanche, ce qui est sûr, c'est qu'il faudra faire des bilans très régulièrement, pour vérifier que le cahier des charges est bien respecté et que l'on est toujours bien dans la ligne que l'on avait déterminée ensemble.

Cette histoire de clés fait référence entre autres à la situation actuelle des Barbarins Fourchus, qui quitteront le Théâtre 145 à la fin de la saison après douze ans de résidence. Ils avaient demandé à rester dans le quartier Berriat, en s'articulant avec le Tricycle par exemple. Qu'en est-il de cette question ?
Tout le monde a souhaité – la Ville comme les partenaires artistes – que la question des Barbarins soit réglée. Il n'a jamais été question de la solutionner par la force. Et les Barbarins tenaient beaucoup à continuer leur projet artistique dans un quartier. La solution que l'on a trouvée, mais qui n'est pas encore terminée – donc là-dessus, je n'irai pas plus loin –, c'est d'imaginer une forme de résidence d'artistes associés, mais pas du tout parallèle au Tricycle. C'est-à-dire que l'on serait bien dans une relation à trois : la Ville, le Tricycle, et les Barbarins.


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