Art barock


Il faudra être rapide et serrer les rangs pour éviter, de rage et de déception, d'avoir à serrer ses poings au fond des poches. C'est que la Floridienne Shannon Wright – qui semble autant venir de Floride qu'un pamplemousse a l'air de sortir du cul d'une poule – a choisi de fêter la parution (datant de l'an dernier) de son dernier album In Film Sound pour se livrer à une tournée en mode intimiste en solo – ici dans le cadre sacré de la chapelle du Musée dauphinois proclamé « joyau de l'art baroque français ». Là encore cela peut surprendre de la part de la Shannon. Non qu'elle soit habituée à se produire sous les feux de bengale dans des stadiums baignés d'olympisme, bien au contraire. Mais parce que le caractère abrasif de l'œuvre wrightienne est à mille lieux de quoi que ce soit de baroque. C'est d'ailleurs bien là que réside tout l'intérêt de l'affaire, dans la confrontation entre l'esthétique graffitée de l'album et de sa pochette qu'on jurerait sortie des toilettes de feu le CBGB (un club new-yorkais) et les peintures du XVIIe siècle de la chapelle. Et puis après tout le mot « baroque » commence comme « barré » et finit en « rock ».

SD

Shannon Wright, lundi 10 février à 20h, à la chapelle du Musée dauphinois


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