Techno sous influence avec Randomer et Kowton

Auteurs d'hymnes souterrains hypnotiques mêlant sonorités rugueuses, rythmes tribaux et influences dub, les Anglais Kowton et Randomer représentent l'une des facettes les plus excitantes de la scène techno actuelle. Ils seront de passage ce samedi à la Belle électrique à l'invitation du crew Micropop.


Nées aux Etats-Unis au milieu des années 1980, puis importées en Europe quelques années plus tard, la house et la techno se sont globalement adaptées à ce nouvel environnement sans connaître de mutation majeure. Un pays, cependant, fait figure d'exception : le Royaume-Uni. Peu après leur arrivée au royaume de la reine Elizabeth, ces styles musicaux se sont en effet hybridés, par le biais des raves parties, à la culture des sound-systems préalablement établie par les immigrants caribéens. Et ont ainsi produit une nouvelle mouvance musicale à l'identité unique en son genre (le "hardcore continuum", plus communément résumé en "bass music"), qui n'allait avoir de cesse d'évoluer et d'enfanter de nouveaux genres année après année.

Si l'on se permet cette longue digression historique pour évoquer le cas d'artistes comme Kowton ou Randomer (photo), c'est qu'elle est tout simplement indispensable pour comprendre ce qui fait la sève de leur musique. L'un comme l'autre font bel et bien de la techno, mais pour peu qu'on y jette une oreille attentive, on y discerne en effet, à dose homéopathique, une multitude d'influences typiquement britanniques : drum'n'bass, jungle, grime, dubstep… Rien de flagrant à proprement parler, puisqu'on ne parle pas ici de fusion ou de mélange des genres, mais plutôt d'un patrimoine (contre-)culturel avec lequel les artistes ont grandi et qui infuse de façon sous-jacente chacune de leurs compositions.

Nouveau départ

C'est à la fin des années 2000, lorsque le dubstep quitte son rôle de matrice souterraine de la dance music britannique pour se transformer en terrain de jeu sous stéroïde pour jeunes festivaliers américains chahuteurs, qu'émergent progressivement de l'ombre les deux artistes. Au même titre que tout un pan de la scène bass music historique, ils entament alors une mue progressive vers le versant le plus underground et le plus dénudé de la techno pour mieux s'approprier de nouveaux territoires sonores.

Après une première série remarquée d'EPs sur Hemlock Recordings, Randomer rejoint ainsi l'écurie new-yorkaise L.I.E.S, tandis que Kowton fonde de son côté à Bristol, en collaboration avec Peverelist et Asusu, le label de référence Livity Sound. Une prise de risque qui va permettre aux deux artistes de transformer, chacun dans leur registre, leur singularité en véritable marque de fabrique, au point de les imposer ces dernières années parmi les principaux fers de lance du renouveau britannique.

Randomer, Kowton, Serom et Leonard Lampion, samedi 30 janvier à 23h à la Belle électrique


<< article précédent
Zoom sur les artistes de la 15e Cuvée grenobloise