The Lady In The Van

de Nicholas Hytner (G.-B./E.-U., 1h44) avec Maggie Smith, Alex Jennings, Frances de la Tour…


Adaptateur monomaniaque d'Alan Bennett depuis La Folie du roi George (1995), Nicholas Hytner signe un film britannique tout ce qu'il y a de plus règlementaire, incluant pantalon à velours côtelé, scones et flegme. Un écrin classique pour Jim Broadbent et surtout Maggie Smith,  qui surcompose la harpie décomposée de camionnette, vêtue de peaux de chats et embaumant l'urine, pittoresque attraction pour la "gentry" de Camden.

Mais davantage que l'interprétation attendue de Dame Smith, c'est le travail sur la dissociation de l'auteur qui retient l'attention : à la fois narrateur et personnage agissant dans l'histoire, Bennett se dédouble à l'écran ; s'observe dans cette duplication, échangeant avec son alter ego des considérations proustiennes. Il y a dans cette tentative de narration décalée une “réflexion” (dans tous les sens du terme) séduisante, rappelant les chambres à écho construites par Resnais ou Charlie Kaufman. En moins élaborées, quand même – we're British !

VR


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