Et Grenoble deviendra "ville d'art et d'histoire"

Jeudi 22 juin, le maire de Grenoble Éric Piolle présentait à Paris, au ministère de la culture, un dossier pour soutenir la candidature de la ville au label national "ville d'art et d'histoire". À peine sorti de son oral, il annonçait sa réussite sur les réseaux sociaux. Retour avec lui sur les raisons qui font de Grenoble une "ville d'art et d'histoire" et ce que cette appellation va apporter à la ville.


« Une formidable reconnaissance pour notre patrimoine culturel, urbain et paysager ! » écrivait jeudi 22 juin le maire de Grenoble Éric Piolle sur Facebook et Twitter. En question, la labellisation possible de la ville au titre de "ville d'art et d'histoire", suite à une soutenance faite par le maire au ministère de la culture ce même jour. Si la décision finale ne devrait être révélée que dans quelques semaines, Éric Piolle se montre déjà très optimiste quant à l'obtention de ce titre, qui représente pour lui « la reconnaissance de l'intérêt patrimonial de Grenoble comme une mosaïque de plus de 2000 ans d'histoire dans laquelle se mêlent les aspects naturels culturels, humains et sociaux de la ville ». Mais que signifie concrètement l'attribution de ce label pour Grenoble ?

Selon le ministère de la culture, le label "ville et pays d'art et d'histoire" (VPAH) atteste de la volonté d'un territoire de « s'engager dans une démarche active de connaissance, de conservation, de médiation et de soutien à la création et à la qualité architecturale du cadre de vie ». D'un point de vue purement factuel, il s'agit d'une convention renouvelable tous les dix ans et accompagnée d'un apport financier les cinq premières années. Elle permet donc à ceux qui reçoivent le label d'investir dans la préservation et la valorisation de son patrimoine historique. « Cette somme servira tout d'abord à financer un poste de médiateur/animateur du label, puis à financer les politiques culturelles de la ville, en accord avec le ministère » nous explique le maire de Grenoble.

« Élargir la palette de la ville »

Si la reconnaissance de l'intérêt patrimonial de Grenoble est si importante aux yeux de son maire, c'est que la ville peine à mettre en avant sa dimension historique. Elle est en effet souvent résumée à son pôle d'innovation scientifique, contrairement à certaines villes susceptibles de présenter « un grand ensemble historique, cohérent et homogène ». Ce label s'inscrit donc dans une démarche qui vise à « élargir la palette de Grenoble pour revenir aux fondamentaux de son histoire, pour changer le regard porté sur la ville par l'extérieur, mais aussi par ses habitants. »

Initiée lors de la précédente majorité (celle du maire Michel Destot), la démarche de reconnaissance du patrimoine grenoblois est également issue d'un désir partagé par la majorité d'Éric Piolle : « Il s'agit de permettre aux Grenoblois de se réapproprier leur patrimoine culturel et l'histoire de la ville, pour permettre une meilleure compréhension de celle-ci. » Il ne reste plus qu'à attendre que le ministère de la culture rende sa décision, pour savoir si Grenoble est oui ou non une "ville d'art et d'histoire". Pour Éric Piolle, c'est comme si c'était fait, puisque le Conseil des villes et pays d'art et d'histoire, qui fait partie du ministère, a déjà rendu un avis favorable, déclarant que « Grenoble est la ville des Alpes qui rayonne, que les Grenoblois ont beaucoup à dire et que l'on a envie d'apprendre d'elle ».


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