« Déconstruire l'imaginaire colonial »

Organisé à l'initiative de quatre structures de profil divers (Contre-Courant, Mix'arts, PEPS et Survie), le Mois Décolonial proposera, du 10 au 30 juin, un vaste ensemble de tables rondes, projections, formations, spectacles et concerts autour de la question décoloniale. Explications.


« Pourquoi l'héritage du passé constitue-t-il le socle de discriminations, de violences et d'un racisme encore trop prégnants dans notre société et dans nos pratiques ? » C'est dans l'objectif d'amorcer des ébauches de réponses à cette question complexe que s'est créé le Mois Décolonial, événement transversal et pluridisciplinaire « à la croisée des sphères universitaires, culturelles et militantes », comme l'explique Fabien Givernaud, l'un des organisateurs de l'événement. « L'idée, c'est de proposer des outils, un socle de réflexion, pour aider à comprendre, théoriser et déconstruire nos schémas de pensées mais aussi nos pratiques qui relèvent, consciemment ou inconsciemment, d'un héritage colonial. On ne remet pas en cause des individus : on n'est pas là pour se flageller, mais plutôt pour chercher à comprendre les mécanismes qui perpétuent le racisme et les discriminations, comment mieux respecter les identités individuelles et collectives des gens, leur culture… » Conçu pour s'adresser au plus grand nombre, quel que soit leur degré de connaissance préalable du sujet, le programme, extrêmement dense (plus de 26 évènements à prix libre en l'espace de 21 jours) abordera également des thématiques croisées comme l'écologie ou le féminisme et bien sûr la culture, avec notamment des concerts d'Edgar Sekloka et du duo YN, une lecture musicale (Diên Biên Phù, Le récital), un one-man-show de Lenny M'Bunga, une performance dansée du chorégraphe et danseur camerounais Zora Snake (Transfrontalier, en photo), ou encore une intrigante conférence dansante d'Habibitch, danseuse, chorégraphe, militante queer et figure clé de la scène ballroom et voguing parisienne (Décoloniser le dancefloor). Ne serait-ce la capacité inquiétante des sphères les plus réactionnaires à peser constamment sur le débat médiatique, pas de quoi engendrer la polémique créée il y a quelques semaines par la tenue de l'événement (et déjà retombée à l'heure où l'on écrit ces lignes).

Le Mois Décolonial, du jeudi 10 au mercredi 30 juin
Programme détaillé : http://mixarts.org/association/evenement/du-2-au-29-06-le-mois-decolonial/


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