Musique et cerveau, parfait accord

Pourquoi notre cerveau aime – chez les gens normalement constitués – le riff d'intro de "Whole Lotta Love", mais déteste le bruit du marteau-piqueur ? L'effet de la musique sur nos ciboulots est le thème de la Semaine du cerveau, manifestation nationale de vulgarisation des neurosciences, qui se décline depuis plus de 20 ans à Grenoble. Au programme, plein d'événements ludiques pour comprendre ce que cherchent – et trouvent – les scientifiques du cerveau.


« L'idée, c'est d'amener vers le grand public les nouveautés de la recherche en neurosciences », résume la coordinatrice de la Semaine du cerveau à Grenoble, Marcela Perrone-Bertolotti, docteure en psychologie cognitive. « La caractéristique de Grenoble, c'est qu'on aime avoir une thématique qu'on explore sous différents angles, par le biais des différentes approches de la neuroscience ; et qu'on travaille sur une collaboration entre arts et sciences afin de faire passer les connaissances par l'artistique. » Quelles sont les relations entre la musique et nos neurones ? Complexes et riches, c'est ce que nous démontrera cette semaine.

« Par exemple, on expliquera comment fait le cerveau pour improviser », note Marcela Perrone-Bertolotti. La création instantanée sollicite des facultés bien particulières, que le public pourra découvrir lors de la soirée inaugurale nationale, lundi 14 mars à la salle Olivier-Messiaen : un concert-conférence au cours duquel les musiciens et les scientifiques observeront en direct les interactions entre les ondes cérébrales et les airs classiques. Deux jours plus tard, le 16 mars, un événement présentera de récentes découvertes neuroscientifiques. « Le cerveau fonctionne par ondes ; or, les nouvelles données montrent qu'il y a une synchronisation entre les rythmes musicaux et les rythmes cérébraux », simplifie la coordinatrice de l'événement. Ce qui explique que nous dansons tous sur le même rythme à l'écoute d'une chanson, et que pour une séance intensive de sport, on choisira un beat soutenu de préférence…

Mémoire des mélodies

On explorera aussi la mémoire procédurale. Vous avez peut-être vu cette vidéo d'une vieille dame atteinte d'Alzheimer, ex-danseuse qui n'est plus que l'ombre d'elle-même ; à l'écoute de quelques notes du Lac des Cygnes, son corps se met de lui-même à esquisser les gestes de la chorégraphie qu'elle a maintes fois dansée. C'est très émouvant, et les neurosciences expliquent ce phénomène de mémoire ancrée, si profondément qu'elle entraîne ces curieux automatismes.

Plus léger, le projet Spikiss transforme le bruit de l'activité cérébrale en musique électronique : c'est Le Chant des neurones, à écouter le 15 mars. De même, différents rendez-vous sont prévus pour décortiquer les liens entre la musique et le langage. Ainsi, chez les personnes bègues, on entend souvent parler du chant comme thérapie : plus de problème d'élocution lorsqu'on musicalise sa parole. « Le langage et le chant forment des réseaux dissociés. Il se trouve que la musique peut aider au développement du langage chez les jeunes enfants. » Des chercheuses exposeront les résultats d'une expérimentation musicale menée sur des nourrissons à la crèche de Fontaine. Dans ce cadre, des rendez-vous sont prévus le 19 mars à l'auditorium du musée de Grenoble et à l'hôpital couple-enfants du CHU de La Tronche.

Semaine du cerveau du 14 au 20 mars à Grenoble, programme complet sur www.semaineducerveau.fr


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