La Corde

ECRANS | Inspiré d’une pièce de théâtre à huis clos, "La Corde" est l’un des grands classiques d’Alfred Hitchcock, qui restera dans l’histoire pour être le premier film en couleur du maître du suspens, et surtout une splendide tentative de réalisation d’un long-métrage en un seul plan-séquence. Aurélien Martinez

François Cau | Lundi 12 avril 2010

« Le crime parfait peut être un art. Tuer peut procurer autant de joie que de créer. » Brandon, étudiant charismatique, a décidé de suivre les préceptes de son ancien directeur d'école. Ce dernier considère ainsi que le crime est « l'apanage d'une petite élite », elle seule capable de décider du sort des êtres inférieurs – qui eux, n'apporteraient rien à la société. Pour cela, aidé de son compagnon Philip (bien que l'homosexualité ne fusse jamais évoquée par Hitchcock ou la Warner, elle est sous-jacente tout au long du film), Brandon va assassiner un ancien camarade de classe, placer le corps dans un coffre au milieu du salon, et organiser ensuite une soirée avec la famille et les amis du mort. Et surtout avec Rupert Cadell, le professeur en question et l'instigateur non conscient du meurtre philosophique selon le cinéaste anglais. Véritable chef d'œuvre de psychologie et de suspens, La Corde est un incontournable du cinéma hitchcockien, le réalisateur faisant preuve ici d'un talent incontestable. Il place le spectateur dans une tension permanente, bien que ce dernier soit maître des cartes depuis le début, contrairement à la plupart des personnages.

« Un truc absolument idiot »

La force du film repose sur ses interprètes, notamment le trio principal : James Stewart, avec un jeu tout en finesse (malgré les contraintes draconiennes imposées par Hitchcock), et surtout le tandem John Dall et Farley Granger, impeccables respectivement en machiavélique cynique (il emballe les livres qu'est venu chercher le père de la victime avec la corde ayant servi au meurtre) et en suiveur complice (il semble penser que Brandon va toujours trop loin dans sa mise en scène macabre, même s'il ne fait rien pour l'arrêter). Mais bien plus que par son intrigue ou ses acteurs, c'est par sa conception (un brin scolaire) que La Corde est devenu un monument cinématographique. Avec son film composé à l'image d'un long plan-séquence (« un truc absolument idiot » déclara ensuite le réalisateur dans ses célèbres entretiens avec François Truffaut), Hitchcock a souhaité que le spectateur ait l'impression d'assister à l'action en temps réel. Comme à l'époque les bobines imposaient de fortes contraintes techniques (elles duraient dix minutes seulement), il a utilisé diverses techniques pour les raccords (huit au total), avec un rendu paradoxal : ceux qui sont censés être les plus discrets (comme le passage dans le dos de l'un des comédiens) deviennent au final les plus voyants, ce qui confère au résultat un charme certain !

LA CORDE
Lundi 19 à 20h, à Eve (Campus)

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Deux soirées avec Alfred Hitchcock à la Cinémathèque de Grenoble

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Vincent Raymond | Mardi 12 mars 2019

Deux soirées avec Alfred Hitchcock à la Cinémathèque de Grenoble

Au faîte de sa gloire hollywoodienne, Alfred Hitchcock se pencha au mitan des années 1950 sur le petit écran pour y semer de nouvelles graines. La récolte s’avéra tout aussi fructueuse que sur le grand, en témoigne la série Alfred Hitchcock présente dont il réalisa quelques épisodes, parmi lesquels la Cinémathèque de Grenoble a composé la programmation d’une soirée (prévue jeudi mars à 20h) promettant d’allier virtuosité et esprit ludique. Le lendemain, le public aura droit à un de ces exercices de style dont le Maître raffolait : avec Lifeboat (1944), sur un scénario de Steinbeck, Hitch s’offre un huis clos sur une embarcation de sauvetage, en résolvant ironiquement le problème de sa traditionnelle apparition – lui qui détestait de surcroît l’eau. Une curiosité à voir.

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"Rebecca" forever

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Première incursion hollywoodienne d’Hitchcock à l’invitation de David O. Selznick, Rebecca (1940) hurle son extraction britannique par toutes les perforations de sa pellicule : du cadre à l’auteur du roman Daphne du Maurier en passant par les très shakespeariens interprètes Laurence Olivier et Judith Anderson (alias Mrs Danvers). Un fragment d’Angleterre presque intact qui remporta l’Oscar du meilleur film et qui convainquit Alfred de persister aux États-Unis. À y repenser, les votants étaient culottés de désigner un film dont la narratrice et héroïne (campée par Joan Fontaine) n’est pas nommée, où tout le monde semble la menacer, en particulier un personnage très occupé à vivre une passion homosexuelle quasi-nécrophile. Des thèmes prometteurs qui annoncent les chefs-d’œuvre à venir, mais que l’on ne savoure pleinement qu’après avoir effectué un pèlerinage à Manderley… À (re)voir jeudi 21 décembre à 16h30 à Mon Ciné (Saint-Martin-d’Hères)

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Ateliers yoga et pilates chez Lolë Les férus de yoga, pilates et fitness y ont leurs habitudes : la boutique Lolë, installée à la Caserne de Bonne, propose un vaste choix de vêtements adaptés à la pratique, mais pas que. Le lieu se transforme également en atelier le temps de « meet-up », rencontres pendant lesquelles chacun peut participer à une séance de yoga, pilates ou sophrologie. Des cours accessibles à tous, débutants ou confirmés, sur simple inscription et moyennant 5 euros, reversés en bon d’achat dans la boutique. Prochain rendez-vous : jeudi 27 avril à 18h15, pour une séance de pilates. Les 27 avril, 2 mai, 8 mai, 11 mai, 15 mai… À l’Atelier Lolë de la Caserne de Bonne. Séance : 5 euros Challenge the room… dans les rues de Grenoble Nombre de Grenoblois ont déjà

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