Detachment

ECRANS | De Tony Kaye (ÉU, 1h30) avec Adrien Brody, Marcia Gay Harden…

François Cau | Vendredi 27 janvier 2012

Sorte de réponse américaine à Entre les murs, le nouveau Tony Kaye démontre que le cinéaste d'American History X fait figure d'Oliver Stone du pauvre, inventant des centrifugeuses à images sans éthique ni point de vue pour rendre compte de sujets «actuels». Ici, le système scolaire américain, dont on peine à croire qu'il est aussi délabré, et qui sent surtout les clichés à plein nez — à peine rentré dans sa salle de classe, le prof a droit à des menaces de la part d'un black agressif ! Entre deux saynètes surjouées (les acteurs cabotinent comme c'est pas permis) et des fautes de goût invraisemblables (la fin, grotesque), le pauvre Adrien Brody traîne sa plus belle mine de chien battu en citant Albert Camus. Malgré cela, toutes les femmes du film finissent par l'adorer et par avoir envie de coucher avec lui. Une certaine idée du service public à l'Américaine, peut-être… CC

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"The Grand Budapest Hotel" : Wes Anderson à tous les étages

ECRANS | Avec "The Grand Budapest Hotel", Wes Anderson transporte son cinéma dans l’Europe des années 30, pour un hommage à Stefan Zweig déguisé en comédie euphorique. Un chef-d’œuvre génialement orchestré, aussi allègre qu’empreint d’une sourde inquiétude.

Christophe Chabert | Mardi 25 février 2014

The Grand Budapest Hotel, au départ, c’est un livre, lu par une jeune fille blonde sur un banc enneigé de la ville de Lutz, à côté de la statue de son auteur. Ce livre raconte l’histoire du Grand Budapest Hotel telle qu’elle fut rapportée à l’écrivain lors d’un séjour dans ses murs au cours des années 1960 par le propriétaire de l’hôtel, Zéro Moustapha. Cette histoire est aussi celle de Mr Gustave, concierge du Grand Budapest du temps de sa splendeur dans les années 1930, juste avant le début de la guerre, mentor et ami de Zéro. Le Grand Budapest Hotel était alors un bastion du luxe et du raffinement au cœur de l’Europe, dans la République de Zubrowka. À l’arrivée, The Grand Budapest Hotel est un film de Wes Anderson, autrement dit une pure création : rien de tout cela n’existe, tout a été réinventé par l’imaginaire du cinéaste. Mais ce monde fantaisiste laisse deviner en transparence la véritable Histoire européenne, du temps de ses heures les plus tragiques. Partition virtuose La narration en poupées russes qui lance le film – un récit à l’intérieur d’un récit à l’intérieur d’un récit –, redoublé par les const

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