30° couleurs

ECRANS | De Lucien Jean-Baptiste et Philippe Larue (Fr, 1h31) avec Lucien Jean-Baptiste, Édouard Montoute…

François Cau | Jeudi 8 mars 2012

Ne vous fiez pas à une bande-annonce pourrie qui essaie de faire croire à une nouvelle comédie ethnique de la part de l'auteur de La Première étoile ; 30° couleurs vaut mieux que ça. À la manière d'Intouchables (avec qui il partage les mêmes producteurs, Quad), le deuxième film de Lucien Jean-Baptiste (écrit et réalisé avec Philippe Larue) cherche plutôt l'émotion. Historien médiatique, Patrick doit retourner dans sa Martinique natale où sa mère est en train de mourir. Au lieu de jouer la carte du pittoresque et la collusion entre les clichés, le film s'intéresse aux clivages internes des personnages : le plus étrange est celui d'Édouard Montoute, mâle martiniquais typique qui passe une partie du film déguisé en drag queen, ne jurant que par la fête mais toujours rattrapé par un spleen inexpliqué. Si le scénario s'avère maladroit dès qu'il s'agit de négocier des virages dramatiques — en France, certains devraient sérieusement freiner sur les séminaires du gourou américain Robert MacKee ! — 30° couleurs étonne lorsque la mise en scène prend le dessus et reproduit par un montage sensoriel la griserie d'un mardi gras aux Antilles, entre cauchemar éveillé et errance alcoolisée. CC

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Avec "Il a déjà tes yeux", Lucien Jean-Baptiste élève la comédie française

ECRANS | de et avec Lucien Jean-Baptiste (Fr., 1h35) avec également Aïssa Maïga, Zabou Breitman, Vincent Elbaz…

Vincent Raymond | Lundi 16 janvier 2017

Avec

Paul et Sali s’aiment, viennent d’ouvrir leur magasin, d’acheter leur maison et rêvent de parachever leur bonheur en étant parents. La nature étant contrariante, ils recourent aux services sociaux leur proposant d’adopter Benjamin, un blondinet, alors qu’eux sont noirs. C’est la joie pour Paul et Sali ; pas pour leur entourage… Lucien Jean-Baptiste a trouvé là un excellent sujet, sans doute le meilleur depuis 30° Couleur : un thème de conte philosophique adapté en comédie de situation. N’étaient quelques invraisemblances grossières (un couple de commerçants débutants et, en théorie, sans fortune disposant d’un emploi du temps aussi souple qu’une gymnaste olympique, voilà qui défie le bon sens), le regard se révèle extrêmement pertinent sur les présupposés sociétaux : la norme n’est, bien souvent, qu’une question d’habitude (voir l’hilarante séquence dans la salle d’attente de la pédiatre), et la plupart des évolutions sont freinées par la peur de l’inconnu. Croquant avec gourmandise tous les travers, le comédien-cinéaste joue adroitement avec les particularismes culturels africains (convivialité d’immeuble, tchipage

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"Norm" : qui a vu l’ours Omar Sy ?

ECRANS | de Trevor Wall et Xia Xiao Ping (É.-U., 1h30) animation

Vincent Raymond | Mardi 20 décembre 2016

Norm, un gentil ours polaire doué de la parole, gagne New York escorté par des lemmings indestructibles pour faire sa fête à Mr. Greene, un fourbe promoteur aux allures de baba-cool mais voulant envahir l’Arctique. Devinez qui gagnera à la fin ? Un dessin animé dénonçant l’avidité des grosses entreprises et la personnalité janusienne de leurs dirigeants, avec un sous-texte écologiste : pourquoi pas, ça ne peut pas plus faire de mal à la cause qu’un documentaire de Mélanie Laurent. Malheureusement, ce discours un peu divergent se plaque sur une forme oscillant entre le banal et le bancal – à l’instar des lemmings crétins à tout faire, épigones de Minions en moins jaunes et plus velus. Sans être déplaisant à voir, Norm ne captive pas. On a ainsi tout le loisir de tenter de reconnaître les voix des doubleurs (Omar Sy en tête), d’observer les arrière-plans ou de remarquer les étranges ressemblances entre certaines silhouettes fugaces et des chancelier(e)s allemand(e)s contemporain(

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"C’est quoi cette famille ?!" : c'est quoi ce film surtout ?!

ECRANS | de Gabriel Julien-Laferrière (Fr., 1h26) avec Julie Gayet, Thierry Neuvic, Lucien Jean-Baptiste...

Vincent Raymond | Mercredi 27 juillet 2016

Un titre à la Nicole de Buron (une écrivaine française du siècle dernier), un sujet à la Patrick Braoudé (un acteur et réalisateur à qui l'on doit notamment le film Génial, mes parents divorcent !), un décor des plus banals (le 9e arrondissement de Paris, 8 000€/m2 à la vente) dans lequel des enfants bien peignés, lassés de transbahuter leurs affaires d’une famille recomposée à l’autre, décident d’investir en colocation "sauvage" le vaste et cossu 7 pièces de la rue Turgot, inoccupé depuis qu’une aïeule a eu l’infortune de décéder. Amis touchant l’APL, familles monoparentales, parents d’enfants déscolarisés, vous allez rire : malgré les apparences, il ne s’agit pas de la science-fiction, mais d’une comédie ! Reste à savoir pour qui. Philippe Katerine sauve les meubles très indirectement, en nous révélant malgré lui ses secrets d’inspiration : le voir côtoyer ici Julie Gayet, après l’avoir découvert endossant le costume du président de la République dans Gaz de France, livre les clés de composition de sa ballade champêtre À L’Élysé

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Je fais le mort

ECRANS | De Jean-Paul Salomé (Fr-Belg, 1h42) avec François Damiens, Géraldine Nakache, Lucien Jean-Baptiste…

Christophe Chabert | Mardi 3 décembre 2013

Je fais le mort

Le premier mérite de Je fais le mort est l’originalité de son point de départ : un acteur dans la dèche, souffrant d’une réputation détestable sur les plateaux, accepte d’aller « faire le mort » pour la reconstitution judiciaire d’un triple homicide du côté de Megève. Une fois sur place, entre drague maladroite de la juge d’instruction et volonté de « réalisme » sur la scène du crime, il provoque une série de catastrophes mais révèle aussi les approximations de l’enquête. Au milieu d’un genre sinistré, celui de la comédie hexagonale ici matinée de polar, Je fais le mort tire son épingle du jeu. Pas tellement par sa mise en scène, même si son artisanat télévisuel lui confère une modestie bienvenue ; surtout par le portrait de ce comédien égocentrique et vaniteux qui conduit à quelques réflexions bien vues sur un monde du cinéma où même le plus pitoyable des losers se prend pour un génie de « l’acting » – on sent que Salomé a vu Extras, la formidable série de Ricky Gervais. C’est bien sûr une partition parfaite pour un François Damiens en grande forme, trop heureux de pouvoir être à la fois l’acteur de cinéma su

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Fonzy

ECRANS | D’Isabelle Doval (Fr, 1h43) avec José Garcia, Lucien Jean-Baptiste, Audrey Fleurot…

Christophe Chabert | Jeudi 24 octobre 2013

Fonzy

Remake du film québécois Starbuck, Fonzy en reprend l’exact déroulé narratif, quasiment scènes par scènes, parfois au plan près, ne modifiant que de tout petits détails – le héros n’est plus livreur dans une boucherie mais dans une poissonnerie, par exemple. Parfois, il fait pire, notamment à cause d’un étalonnage désastreux qui intensifie tous les défauts du numérique, ou par la prestation franchement nulle de certains comédiens – le fils gothique, en particulier, est assez cauchemardesque. Pourtant, Isabelle Doval a réussi l’essentiel : corriger ce que Starbuck avait de profondément dégueu, à savoir son manque de respect envers son sujet, les enfants nés d’une I.A.D. (Insémination Artificielle avec Donneur). Simple prétexte dans le film québécois conduisant à un déluge de pathos Benetton style, il est pris au sérieux dans Fonzy avec une honnêteté surprenante, montrant toutes les apories actuelles de la loi française sur la question et le refus de prendre en compte le point de vue d

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Turf

ECRANS | De Fabien Onteniente (Fr, 1h42) avec Édouard Baer, Alain Chabat, Lucien Jean-Baptiste…

Christophe Chabert | Jeudi 7 février 2013

Turf

Dire du mal de Turf revient à tirer sur une ambulance. Quoique, comme la plupart des comédies commerciales françaises, il affiche une insolente santé, trop bien nourri aux euros sonnants et trébuchants. Cela ne masque pas le recyclage poussif et transparent qui lui sert de pitch : Un éléphant ça trompe énormément dans le milieu du tiercé. Soit quatre potes dont un avec une mère juive (Marthe Villalonga, pour être original), l’autre qui trompe sa femme jusqu’à ce qu’elle en ait marre et le foute dehors, un troisième plus effacé mais solide dans les affaires comme en amitié, et un quatrième qui expose le tout en voix off et se met à l’équitation pour séduire une jeune et jolie demoiselle. Au milieu, Onteniente projette ses vannes, sa mythologie beauf (on a du fric, on fait la fête sur la côte) et son absence totale de direction artistique, pour un résultat sinistre qui a l’air de durer trois plombes. C’est nul donc, et seul un Depardieu d’une sincérité totale s’échappe du marasme. Qui d’autre que lui pourrait faire sonner juste une réplique comme : «Tiens, voilà tes deux places pour Lady Gaga !» ? Christophe Chabert 

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La première étoile

ECRANS | De et avec Lucien Jean-Baptiste (Fr, 1h30) avec Firmine Richard, Anne Consigny…

François Cau | Vendredi 20 mars 2009

La première étoile

On voit bien la stratégie à l’œuvre : sous couvert de son plébiscite au dernier Festival de L’Alpe d’Huez, d’une réinterprétation lapidaire de son postulat de départ (une famille d’origine antillaise à la montagne) sous l’angle du décalage culturel, qui se voudrait la fusion toute fantasmée entre les films des scélérats de la bande du Splendid et Bienvenue chez les Ch’tis, on tente de nous vendre la première réalisation de Lucien Jean-Baptiste comme le prochain carton annoncé de la comédie à la française. Mais ne nous y trompons pas : tout sympathique qu’il soit, l’acteur réalisateur a grand mal à insuffler de la vigueur cinématographique à un récit balisé, convenu, truffé de blagues éculées tombant quasi systématiquement à côté de la plaque. On va encore se faire traiter de fossoyeurs du cinéma populaire français, mais on est prêt à assumer face au marasme artistique assez gênant qui se déroule devant nos yeux…FC

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