Sur la piste du Marsupilami

ECRANS | De et avec Alain Chabat (Fr, 1h45) avec Jamel Debbouze, Fred Testot…

François Cau | Vendredi 30 mars 2012

Soyons honnêtes avec le nouveau film d'Alain Chabat : on a pris plaisir à retrouver l'humour délicatement absurde du meilleur survivant des Nuls. Malgré de gros retards à l'allumage et des baisses de rythme dommageables, ce délire filmique marche sur des plates-bandes réservées jusqu'ici aux productions Pixar et, dans une moindre mesure, Dreamworks – soit le mélange périlleux entre un humour slapstick orienté cartoon (pour les plus jeunes) et de multiples références très “esprit Canal“ (pour les plus âgés), la fusion des deux s'opérant lors de deux futures scènes cultes mettant en scène un surprenant Lambert Wilson. Si cette atmosphère potache fonctionnait parfaitement dans Astérix et Obélix Mission Cléopâtre grâce à un casting aussi riche que cohérent et à un tempo comique destructeur, l'impression globale qui se dégage de Sur la piste du Marsupilami est à ces deux égards bien plus mitigée. Les quelques autocitations de Chabat laissent suggérer que ce dernier se repose sur les acquis de son film précédent, sans développer une once de parti pris de mise en scène – voir pour s'en convaincre la scène finale, expédition chaotique de tous les enjeux du récit. Alors oui, les fans et autres nostalgiques des parodies de Les Nuls, L'Emission y trouveront leur bonheur, mais ils seront forcés d'admettre que la machine (à 40 millions d'euros, tout de même) tourne sérieusement à vide. François Cau

 

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"Le Roi Lion" : c’est l’histoire de la vie (bis)

ECRANS | En donnant à voir une deuxième version de son film d'animation culte sorti en 1994, les studios Disney seraient-ils en train de préfigurer un cinéma nouvelle génération ? Derrière l’histoire du cycle de la vie et des successions naturelles, en affleure une où l’image est remplacée par une autre plus vraie que nature. Troublant...

Vincent Raymond | Lundi 15 juillet 2019

Dans la savane africaine, la naissance de Simba, le fils du roi lion Mufasa, ravive la colère de Scar, frère et rival de ce dernier qui fomente un plan diabolique pour le tuer, aidé par les hyènes. Et il y parvient. Débarrassé de son aîné, Scar persuade Simba qu’il est responsable de mort de son père et le contraint à l’exil… Le Roi Lion étant depuis un quart de siècle l’un des plus grands succès de la Maison de Mickey, cette nouvelle version à l’identique rassurera ses nombreux fanatiques : l’esprit de l’histoire, sa morale et son tempo demeurent inchangés. C’est sa forme qui a naturellement subi les plus profondes modifications. Il serait erroné de croire que la stratégie de reprise des "classiques" d’animation des studios Disney en film "en prises de vues réelles" soit gouvernée par une unique logique – fût-elle de rentabilité commerciale. Les productions se succédant, avec une accélération exponentielle ces derniers mois, elles ne font pas que suivre à la lettre le canevas des scripts existants : chaque film constitue ainsi une sorte de mini laboratoire où s’élabore à risques (et coûts) maîtrisés le cinéma de demain. Pr

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Jamel Debbouze : « On est dans un classique, on a l’impression d’être au Louvre ! »

ECRANS | Acquis à la cause de Simba depuis leur plus tendre enfance, Jamel Debbouze, Anne Sila et Rayane Bensetti, soit une partie des voix françaises de la nouvelle version du "Roi Lion", ne nous ont pas caché leur fascination pour le film original et son remake. Propos rapportés d’une rencontre enjouée.

Vincent Raymond | Lundi 15 juillet 2019

Jamel Debbouze : « On est dans un classique, on a l’impression d’être au Louvre ! »

Avez-vous un souvenir de votre première vision du Roi Lion de 1994 ? Anne Sila : Je ne me souviens pas de la première fois, mais je l’ai vu un millier de fois, je le connais par cœur ! Il fait partie des histoires qui, bizarrement, touchent tout le monde, quoi qu’on ait vécu : il touche à l’enfance, et on retrouve notre petit cœur de bébé (sourire). Jamel Debbouze : J’ai tout fait pour le voir à l'époque, c’était un événement tellement incroyable, tout le monde en parlait, on ne pouvait pas passer à côté ! Je me rappelle avoir resquillé tellement j’avais envie de le voir : un ami à Trappes avai t payé sa place au cinéma Le Grenier à Sel et avait ouvert la porte de secours…(rires)Je me souviens encore très bien de toutes les sensations, j’étais passé par tous les états : la joie, de la peine, et re-de la joie… C’est un film incroyable. On a tous vu des images du nouveau film, et même si on a tous été au cinéma souvent, c’est aussi incroyable : j’ai rarement vu un truc pareil, ça défie les lois de la pesanteur ! On voit des animaux parler, vivre, se mouvoir… La première fois, l’histoire m’ava

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Faisez tous comme nous, revoyez "La Cité de la peur"

ECRANS | Ce sera vendredi 31 mai à 19h45 aux Pathé Chavant et Échirolles. Et ce sera forcément culte !

Élise Lemelle | Mardi 28 mai 2019

Faisez tous comme nous, revoyez

Un quart de siècle après la sortie de La Cité de la peur, le film des Nuls (réalisé par Alain Berberian), Alain Chabat et Gérard Darmon (alias Serge Karamazov et le commissaire Patrick Bialès) sont remontés sur les planches. C’était à l’occasion d’une projection commémorative cannoise, et dans le but de redanser la carioca, leur improbable chorégraphie immortalisée dans une scène culte. Comme ils sont partageurs, ils proposent à tout un chacun de retrouver sur grand écran et en version restaurée ce long-métrage devenu depuis l'objet d’un culte bon enfant, et dont pas mal de monde connaît les répliques et l’histoire par cœur. L’histoire, justement, est celle d’un tueur en série qui terrorise le Festival de Cannes en assassinant tous les projectionnistes d’un film d’horreur minable dont il favorise sans le vouloir le succès. Une trame qui n’est bien sûr qu’un prétexte à une avalanche de gags absurdes, scatos, visuels ou encore parodi

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"Alad'2" : pareil, et en moins bien

ECRANS | de Lionel Steketee (Fr, 1h38) avec Kev Adams, Jamel Debbouze, Vanessa Guide…

Vincent Raymond | Mardi 2 octobre 2018

Sofia (Vanessa Guide) a quitté Sam (Kev Adams). Dans l’avion pour la rejoindre, Sam imagine la suite des aventures d’Aladdin, chassé de Bagdad par le cruel Shah Zaman (Jamel Debbouze) qui, de surcroît, veut épouser la princesse Shalila. Aidé par son génie, le rusé voleur repart en conquête de sa promise et de Bagdad… La coutume veut que la suite d’un succès cherche à le superlativer (en y parvenant rarement, d’ailleurs) grâce à une histoire plus époustouflante, la montée en gamme de la réalisation et une distribution de prestige. C’est visiblement ce troisième point qui a été privilégié avec le recrutement de Jamel Debbouze comme co-star – par ailleurs intercesseur idéal pour qui souhaite tourner au Maroc, semble-t-il. Mais associer les deux humoristes revient à mélanger de l’eau et de l’huile (ou l’inverse) ; de fait, chacun déroule son one man show à sa sauce dans son segment de film sans qu’il y ait réellement de rencontre. On suit donc en alternance des sketches où Kev, aventurier aux adbos souriants, croise pléthore de stars venues faire des caméos, et d’autres où Djamel, en félon, bred

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"Santa & Cie" : on tient enfin le futur classique télévisuel de Noël !

ECRANS | de & avec Alain Chabat (Fr., 1h35) avec également Pio Marmaï, Golshifteh Farahani, Audrey Tautou…

Vincent Raymond | Lundi 4 décembre 2017

Comme par un fait exprès, la Saint-Nicolas tombe cette année le jour de la sortie de la nouvelle comédie d’Alain Chabat consacrée au Père Noël. Un Père Noël à sa hotte, c’est-à-dire prêt à transgresser les conventions. En l’occurence de quitter le pôle Nord en avance afin de venir chercher de quoi soigner la soudaine épidémie frappant ses lutins. Sauf que Santa Claus n’ayant pas l’habitude des usages du monde réel, ni des enfants éveillés, il va un peu patiner… Chabat ne cesse de se bonifier avec le temps. Au départ très inféodé aux ZAZ (ces stakhanovistes du gag visuel/référentiel le distribuant à la mitraillette dans Y a-t-il un pilote dans l’avion et compagnie), le réalisateur-comédien s’est depuis affranchi de ces tutelles d’outre-Atlantique hurlantes pour travailler un registre où la connivence demeure, mais à un niveau plus souterrain : la parodie n’étant plus une finalité, il dispose de plus de place pour sa vaste fantaisie. Ses multiples niveaux de lecture font de ce film une authentique comédie grand public et familiale, dépourvue de ce kitsch façon glaçage de cupcake dont la majorité des films de Noël sont recouverts. On ti

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Notre sélection de places de spectacle et de concert à mettre sous le sapin

Noël | Noël approchant à grands pas, voici notre traditionnelle sélection de cadeaux immatériels. Soit des concerts et des spectacles dont il reste des places (on s’en est assuré) et qui, lors du déballage des paquets, vous placeront pour sûr du côté de celles et ceux qui refusent ce monde matérialiste-capitaliste et qui préfèrent offrir des émotions vivantes – même si bon, une tablette, ça peut toujours faire plaisir.

La rédaction | Mardi 5 décembre 2017

Notre sélection de places de spectacle et de concert à mettre sous le sapin

Pour les cinéphiles qui n’ont rien contre aller de temps en temps au théâtre Créé cet automne, le spectacle Festen de Cyril Teste est l'une des claques théâtrales de l'année, justement parce que c'est plus que du théâtre. Qualifié de « performance filmique » par son metteur en scène, c'est l'adaptation sur le plateau du fameux film Festen de Thomas Vinterberg sorti en 1998 sur une réunion de famille qui part en vrille du fait de la révélation d’actes terribles commis par le père il y a des années. Un récit anxiogène à l'écran, qui se déploie sur scène dans une scénographique immense… et sur un écran retransmettant des images tournées en direct, notamment derrière le décor. Remarquable. Festen À la MC2 du mardi 23 au samedi 27 janvier De 10€ à 25€ Pour celles et ceux que le burlesque n’effraie pas, bien au contraire Le théâtre, ce n'est pas que des spectacles bavards et longs. C'est aussi des propositions sans paroles au potentiel comique incroyable, dans la

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Jamel Debbouze sera à Grenoble en mars 2018

Humour | Après six ans d’absence et de nombreux projets, Jamel Debbouze remonte sur les planches. Il présentera son septième one-man-show (...)

Corentin Fraisse | Lundi 22 mai 2017

Jamel Debbouze sera à Grenoble en mars 2018

Après six ans d’absence et de nombreux projets, Jamel Debbouze remonte sur les planches. Il présentera son septième one-man-show intitulé Maintenant ou Jamel, le vendredi 23 mars 2018 au Summum de Grenoble. S’il laisse planer le doute sur les thèmes qui seront abordés, l'humoriste revient sur scène pour ce qu’il sait faire de mieux : nous faire rire. Les places sont déjà en vente dans les réseaux habituels.

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Humour : Fred Testot fin mars à la Basse cour

SCENES | Rendez-vous du jeudi 24 au samedi 26 mars.

Aurélien Martinez | Lundi 14 mars 2016

Humour : Fred Testot fin mars à la Basse cour

Omar étant parti vivre sa vie au ciné, Fred remonte sur les planches avec un nouveau one-man-show baptisé Presque seul qu’il tourne depuis le mois dernier. Attention, il ne sera à Grenoble que trois soirs, dans une petite salle de surcroît (la Basse cour) : ça risque de partir vite. La première représentation est déjà complète d’ailleurs.

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"Réalité" : il était une fois le cinéma

ECRANS | Un caméraman qui veut tourner son premier film d’horreur, un producteur instable, un animateur atteint d’un eczéma imaginaire, une petite fille nommée Réalité… Avec ce film somme et labyrinthique, aussi drôle que fascinant, Quentin Dupieux propulse son cinéma vers des hauteurs que seul un David Lynch a pu atteindre ces dernières années.

Christophe Chabert | Mardi 17 février 2015

Vient toujours un moment, dans la carrière d’un cinéaste digne de ce nom, l’envie de tourner son Huit et demi (film de Fellini), c’est-à-dire une grande œuvre réflexive sur la manière dont il aborde le cinéma : Truffaut avec La Nuit américaine, Almodovar avec Étreintes brisées, David Lynch avec Mulholland drive… Quentin Dupieux, qui avait déjà approché la question dans Rubber à travers des spectateurs regardant avec des jumelles le film en train de se dérouler sans caméra, ni équipe, ni projection, en fait le cœur de Réalité. Le titre lui-même est un leurre sublime : ici, la réalité est sans doute ce qu’il y a de plus incertain et fluctuant, toujours contaminée et reformulée par le cinéma et la fiction. En fait, ce n’est pas la réalité que le film cherche à capturer, mais une petite fille prénommée Réalité, que l’on filme en train de dormir et dont on veut atteindre le subconscient – autrement dit, la capacité à produire de l’imaginaire. Dans la boucle folle que le scénario finira par créer, on comprendra que cet imaginai

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Le Grand méchant loup

ECRANS | De Nicolas et Bruno (Fr, 1h45) avec Benoît Poelvoorde, Fred Testot, Kad Merad…

Christophe Chabert | Mercredi 3 juillet 2013

Le Grand méchant loup

Le cinéma commercial français souffre de sa trop bonne santé ; trop d’argent, trop de calculs, trop de compromis. Le Grand méchant loup, à l’inverse, est un film profondément malade, comme l’était d’ailleurs le précédent opus de Nicolas et Bruno, La Personne aux deux personnes : un truc personnel greffé sur un remake – celui des Trois petits cochons, un gros succès québécois – un film sur la névrose, la solitude et la mort qui se planque derrière toutes les formes de comédie possibles, un casting bankable dans lequel un seul acteur intéresse vraiment les réalisateurs, qui lui donnent du coup beaucoup plus d’espace à l’écran – Poelvoorde, évidemment génial… C’est donc très bancal, peu aimable, mais ça reste singulier. Signe qui ne trompe pas : à un moment, Nicolas et Bruno pastichent gentiment Comment je me suis disputé de Desplechin. C’est pourtant un faux-fuyant, tant on sent que dans une autre économie, plus modeste, le fil

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Né quelque part

ECRANS | De Mohamed Hamidi (Fr, 1h27) avec Tewfik Jallab, Jamel Debbouze…

Christophe Chabert | Mercredi 12 juin 2013

Né quelque part

La mort annoncée du père, le retour sur des terres "d’origine" où pourtant on n’a jamais mis les pieds, la découverte d’une culture dont on se revendique sans en connaître ni les bons, ni les mauvais côtés… À travers le périple de Farid, qui "retourne" dans une Algérie inconnue pour y négocier un terrain familial, Mohamed Hamidi, metteur en scène des one man shows de Jamel, tient un bel angle, habile et nuancé, sur la question de l’identité. Finalement, ce n’est pas tellement par son scénario que dans sa manière de faire se rencontrer plusieurs registres de cinéma que Né quelque part le développe avec le plus de pertinence. Entre le banlieue film bien français qui lui sert de cadre et l’irruption d’une comédie à l’algérienne – pas éloignée de sa cousine italienne – lors des très réussies séquences dans le village, Hamidi crée à son tour un joyeux métissage qu’illumine la présence de Debbouze, toujours passionnant. Trop sans doute pour que sa disparition en cours de récit ne laisse pas un vide béant à l’écran. Quant à la mise en scène, très appliquée, elle ne parvient pas à faire oublier les faiblesses d’une résolution expéditive. Reconnaissons toutefois

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Turf

ECRANS | De Fabien Onteniente (Fr, 1h42) avec Édouard Baer, Alain Chabat, Lucien Jean-Baptiste…

Christophe Chabert | Jeudi 7 février 2013

Turf

Dire du mal de Turf revient à tirer sur une ambulance. Quoique, comme la plupart des comédies commerciales françaises, il affiche une insolente santé, trop bien nourri aux euros sonnants et trébuchants. Cela ne masque pas le recyclage poussif et transparent qui lui sert de pitch : Un éléphant ça trompe énormément dans le milieu du tiercé. Soit quatre potes dont un avec une mère juive (Marthe Villalonga, pour être original), l’autre qui trompe sa femme jusqu’à ce qu’elle en ait marre et le foute dehors, un troisième plus effacé mais solide dans les affaires comme en amitié, et un quatrième qui expose le tout en voix off et se met à l’équitation pour séduire une jeune et jolie demoiselle. Au milieu, Onteniente projette ses vannes, sa mythologie beauf (on a du fric, on fait la fête sur la côte) et son absence totale de direction artistique, pour un résultat sinistre qui a l’air de durer trois plombes. C’est nul donc, et seul un Depardieu d’une sincérité totale s’échappe du marasme. Qui d’autre que lui pourrait faire sonner juste une réplique comme : «Tiens, voilà tes deux places pour Lady Gaga !» ? Christophe Chabert 

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Jamel reloaded

SCENES | Deuxième étape d’un come-back médiatiquement tonitruant, le nouveau spectacle de Jamel Debbouze est peut-être sa dernière occasion de montrer son évolution artistique. FC

François Cau | Vendredi 1 avril 2011

Jamel reloaded

Au début des années 2000, l’humour en France se résume à un prénom. Jamel est entré dans tous les foyers avec ses DVDs de sketchs, ses spectacles que le public connaît par cœur (quitte à être particulièrement lourd et à griller les chutes lors des dernières tournées), ou le sacre absolu que fut le film d’Alain Chabat, Astérix et Obélix Mission Cléopâtre. Au point qu’on a quasiment frôlé l’overdose, d’autant que l’une des bases de son humour est la répétition... Après la récompense que fut le film Indigènes, le prix d’interprétation cannois, l’impact concret qu’il a pu avoir par la suite, l’icône des djeunz s’est pris un congé sabbatique familial qui tombait plutôt très bien. Le retour en grâce ne s’est pas tout à fait déroulé comme prévu avec Hors-la-loi, la suite décriée - mais surtout décevante - du film de Rachid Bouchareb ; pas grave, Jamel a prévu une déferlante en trois points : la sortie d’un nouveau DVD de sketchs, un nouveau spectacle et un nouveau film d’Alain Chabat (le Marsupilami). L’attente au tournantSeulement voilà : côté écriture, Jamel ne compte plus sur la plume acérée de Kader Aoun, homme de l’ombre qui aura participé aux plus grandes réussites humor

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Hors-la-loi

ECRANS | De Rachid Bouchareb (Fr-Alg, 2h18) avec Roschdy Zem, Djamel Debbouze, Sami Bouajila…

François Cau | Vendredi 17 septembre 2010

Hors-la-loi

Hors-la-loi cherche, à la manière d’Il était une fois en Amérique de Sergio Leone ou de L’Armée des ombres de Melville, à raconter la naissance du FLN à travers le parcours de trois enfants ayant connu le massacre de Sétif le 8 mai 1845. Bouchareb, qui avait réussi à marier épique et grand sujet dans Indigènes, n’arrive ici qu’à un résultat péniblement académique. Les personnages n’ont aucune liberté, pieds et poings liés au discours du film ; quand ils ouvrent la bouche, c’est pour faire une grande phrase sentencieuse. Et encore, les hommes ont le droit de l’ouvrir, car les femmes, elles, sont réduites à un silence assourdissant… La reconstitution est tout aussi empesée, entre costumes sentant encore le loueur et bidonvilles géants survolés avec une overdose de plans à la grue. Même la musique n’est qu’un plagiat ridicule de celle de Dark Knight. Les acteurs s’expriment avec des accents arabes qui sonnent faux, les scènes d’action sont illisibles, les rebondissements téléphonés et l’ensemble tire vers un manichéisme assez choquant au nom des codes du genre (la police française torture, point). Le plus embarrassant, c’est quand Bouchareb fait de gros clins d’œil à l’actualité, c

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Parlez-moi de la pluie

ECRANS | De et avec Agnès Jaoui (Fr, 1h38) avec Jean-Pierre Bacri, Jamel Debbouze…

François Cau | Jeudi 11 septembre 2008

Parlez-moi de la pluie

Il arrive à Agnès Jaoui ce qui est arrivé, au mitan des années 80, à Woody Allen : une sensation de redite brillante, de trop grande maîtrise dans l’écriture et de sécurité tranquille dans la mise en scène, invisible plutôt que transparente. Certes, les dialogues sont brillants, les situations justes, parfois hilarantes, et l’envie d’élaborer un discours en conservant une subtile dialectique est louable. Mais l’atout majeur de Parlez-moi de la pluie, sa singularité, est ailleurs. Le désir, évident, de Jaoui avec ce troisième film a été d’écrire et de confier à Jamel Debbouze un vrai beau rôle, du sur mesure qui serait aussi un joli contre-emploi. Il est donc Karim, réceptionniste dans un hôtel de Province cherchant à réaliser une série documentaire sur les femmes qui réussissent et dont le premier sujet est Agathe Villanova, grande bourgeoise qui, ce n’est pas un hasard, est aussi l’employeur de sa mère, bonne à tout faire au dos voûté par des années de service. Ces restes de colonialisme, d’autant plus ambigus qu’ils s’accompagnent de réels actes de générosité, ont développé chez Karim une envie de revanche et une suspicion naturelle envers ceux qui détiennent le pouvoi

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