Une rentrée cinéma en apesanteur

ECRANS | De septembre à décembre, le programme de la rentrée cinéma est riche en événements. Grands cinéastes au sommet de leur art, nouveaux noms à suivre, lauréats cannois, blockbusters attendus et peut-être inattendus. Morceaux de choix à suivre… Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 29 août 2012

Photo : "Les Bêtes du sud sauvage“ de Benh Zeitlin


Une rentrée sans palme d'or cannoise n'est pas vraiment une rentrée. Et même si, comme il y a trois ans, elle est signée Michael Haneke, il ne faudra pas rater Amour (24 octobre), tant le film est un accomplissement encore plus sidérant que Le Ruban blanc dans la carrière du cinéaste autrichien. Avec sa rigueur habituelle, mais sans le regard surplombant qui a parfois asphyxié son cinéma, Haneke raconte le crépuscule d'un couple dont la femme (Emmanuelle Riva) est condamnée à la déchéance physique et qui demande à son mari (Jean-Louis Trintignant) de l'accompagner vers la mort. C'est très dur, mais aussi très beau et puissamment universel, grâce entre autres à la prestation inoubliable des deux comédiens, au-delà de tout éloge.

L'autre événement post-cannois est aux antipodes de ce monument de maîtrise et d'intelligence ; pourtant, Les Bêtes du sud sauvage (12 décembre), premier film de l'Américain Benh Zeitlin, procure des émotions et des sensations tout aussi intenses. Osant le grand pont entre un cinéma ethnographique quasi-documentaire et son exact contraire, la fable fantastique à base de monstres mythologiques, Zeitlin fusionne l'ensemble à travers le regard d'une petite fille de huit ans vivant dans la misère joyeuse d'une communauté à la dérive, luttant contre l'industrialisation qui menace de les ensevelir. La force lyrique et quasi cosmique des images et l'ambition du propos obligent à le reconnaître : voilà quelque chose de profondément neuf sur les écrans de cinéma.

Du jamais vu : c'est ce que les premières rumeurs disent à propos de Gravity d'Alfonso Cuaron (28 novembre), film de science fiction en 3D et en apesanteur avec deux acteurs (Sandra Bullock et George Clooney) en perdition dans l'espace. Avec Les Fils de l'homme, Cuaron avait pris dix ans d'avance sur le cinéma contemporain. Il paraît qu'avec Gravity, il en a pris dix de plus ! Question : où s'arrêtera-t-il ?

Après Cannes, c'est encore Cannes

Le palmarès cannois, hors Palme d'or, avait déçu. Les films récompensés débarquent à la queue leu leu dans les salles ce trimestre et on pourra vérifier calmement leurs vertus respectives. Reality (3 octobre) de Matteo Garrone n'avait pas la carrure d'un grand prix, mais cette comédie douce-amère possède quelques très grands moments de mise en scène, d'écriture et de jeu, qui font oublier un dernier acte un peu laborieux. C'est l'inverse pour Au-delà des collines (21 novembre) du Roumain Cristian Mungiu, dont le dogmatisme de la mise en scène est assez contre-productif en regard de son sujet (une critique sourde et subtile du fanatisme religieux et de son autarcie).

L'efficace La Chasse de Thomas Vinterberg (14 novembre) laisse un goût amer après visionnage, tant ce qui en fait la réussite est aussi ce qui rend son discours douteux ; son scénario brillant fait tout pour nous imposer sa thèse, annoncée dès le départ, manipulant les personnages pour mieux les accuser en fin de compte. Enfin, présenté en clôture du festival, le film posthume de Claude Miller Thérèse Desqueyroux (21 novembre) est un de ses meilleurs, son classicisme élégant ne faisant que renforcer la violence cruelle de son propos, labourant un des thèmes fétiches du cinéaste, l'enfermement psychologique.

France-USA : aller-retour

Deux cinéastes français en goguette aux États-Unis livreront deux ovnis réjouissants en cette rentrée : Quentin Dupieux poursuit sa quête de l'absurde avec Wrong (critique en page 5), et Michel Gondry s'offre une récré avant d'humer L'Écume des jours : un film tourné quasi entièrement dans un bus avec de jeunes acteurs amateurs de Brooklyn, The We and the I (12 septembre). Cette comédie énergique simple et touchante montre que Gondry peut tout faire, qui plus est avec presque rien.

L'équipe de Tout ce qui brille (Géraldine Nakache, Hervé Mimran, Leïla Bekhti et Manu Payet) a aussi fait le voyage vers les States pour sa nouvelle comédie Nous York (7 novembre), tandis qu'Yvan Attal, lui, se paie le remake d'un petit film indé américain, Humpday, pour sa troisième réalisation, rebaptisée en presque français Do not disturb (3 octobre).

Une certaine engeance du blockbuster

Une saison cinéma n'en serait pas vraiment une sans son lot de blockbusters américains. On notera un net manque d'imagination cette année (si tant est que les années précédentes en avaient, de l'imagination) : tandis que James Bond retrouve une troisième fois les traits de Daniel Craig (Skyfall, le 26 octobe), son cousin éloigné aux initiales similaires s'invente un double (Jeremy Renner) pour palier la défection de Matt Damon dans Jason Bourne : l'héritage (19 septembre). Quant à Frodon, c'est son oncle Bilbo qui prend la relève dans Le Hobbit, la nouvelle trilogie de Peter Jackson (premier volet sur les écrans le 12 décembre). Mais tant que ça reste en famille…

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Le "Vertige" de trois artistes sans fioriture

ARTS | Sarah Anton, Jacob Madamour et Thierry Lombard exposent jusqu'au 30 octobre à la 1-10 Galerie, quartier Saint-Bruno à Grenoble.

Valentine Autruffe | Vendredi 22 octobre 2021

Le

Jacob Madamour met en scène des femmes dans des photographies sophistiquées et violentes, que l’on croirait tirées de films noirs. Sarah Anton évoque en peinture le corps des femmes, l’enfantement, le sexe, dans des tableaux colorés que l’on croirait, avant d’en saisir les détails, enfantins. Thierry Lombard, artiste multicartes, propose ici des peintures multicolores invitant au voyage. Moins explicites, ses toiles répondent à celles de Sarah Anton. Les trois artistes se réunissent à la 1-10 Galerie dans une exposition commune, intitulée Vertige. Happé par les couleurs et les contours francs du projet Acoeur de Sarah Anton, on prend le temps de décortiquer chaque détail de ses toiles, avant d’être attiré par une série d’œuvres représentants des vulves (thème très (trop ?) en vogue en ce moment), y compris des boucles d’oreilles. Issus d’une autre série, ses portraits sont remarquables. Au milieu des tons vifs de Sarah Anton et Thierry Lombard, les photos de Jacob Madamour, texturées, sombres, violentes, détonnent d’autant plus. Des femmes dont on ignore si elles sont ivres mortes, battues, droguées, ou tout ça à la fois. Saisissant.

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C'est la saison des amours à la Cinémathèque

Cinéma | Dévoilée il y a quelques jours, la programmation de saison de la Cinémathèque de Grenoble s’articulera de septembre à décembre autour d’un cycle intitulé "La machine à parler d’amour", ponctué de plusieurs séances spéciales. Décryptage.

Damien Grimbert | Mardi 21 septembre 2021

C'est la saison des amours à la Cinémathèque

C’était l’objectif principal de la nouvelle directrice de la Cinémathèque de Grenoble, Gabriela Trujillo : se concentrer sur « les vocations premières du lieu, en l’occurrence la conservation et la valorisation du fond de films de sa collection », tout en continuant son inscription « dans le réseau local, mais également celui des autres cinémathèques françaises et étrangères ». Après avoir longuement arpenté les lieux où sont stockés les films, elle a donc conçu sa programmation autour d’un cycle thématique emblématique, La machine à parler d’amour, avec en filigrane « l’idée du cinéma qui permet un dispositif amoureux qui se réinvente à chaque film ». Dernière avant destruction Inauguré ce jeudi 23 septembre autour de la programmation de L’Âge d’Or de Luis Buñuel et de deux courts-métrages, ce dernier se prolongera ensuite au travers notamment de films de Michel Piccoli (C’est pas tout à fait la vie dont j’avais rêvé), François Truffaut (La Femme d’à côté, en photo), Claire Denis (Trouble Every Day), Woody Allen (

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Les films à voir (ou non) dans la quinzaine

Théma | L’amour donne du cœur au ventre, fait parfois partir sur un coup de tête, et peut convoquer bien d’autres mécaniques corporelles. Comme pas mal de films de la quinzaine. Attention : on ne prend pas toujours son pied…

Vincent Raymond | Mardi 7 septembre 2021

Les films à voir (ou non) dans la quinzaine

Commençons bien évidemment cet inventaire par la tête. Celle qui fait défaut et se vide sous les assauts de la maladie dans Supernova de Harry Macqueen (08/09). On y suit le road trip d’un couple d’amants sur les traces de leur histoire, initié par le premier (Stanley Tucci en écrivain atteint de démence sénile) sous le prétexte que le second (Colin Firth en pianiste) aille donner un récital. Derrière la balade romantique se profile l’inéluctable question de la maladie, du déclin et du libre choix de sa mort — bientôt évoquée dans le Ozon —, toutes traitées avec élégance et pudeur. Un film parfait pour des débats. Plus léger est Les Amours d’Anaïs (photo) de Charline Bourgeois-Tacquet, inégale comédie sentimentale cousue main pour Anaïs Demoustier sur une tête folle irrésolue, charmeuse et agaçante, hésitant entre deux hommes, une femme, sa thèse… C’est très Nouvelle Vague dans la forme et l’esprit — certes, avec parfois de grosses ficelles bien prévisibles — mais empli d’une légèreté solaire et sensuelle ainsi que de quelques (trop rares) éclats burlesques évoquant un mixte

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Bleu Russe, la rage décontractée

Musique | Présentation d'albums (1/3) : Le Petit Bulletin vous propose une nouvelle mini-sélection de disques. Nous avons tout particulièrement aimé les dernières livraisons de Bleu Russe.

Damien Grimbert | Mardi 23 juin 2020

Bleu Russe, la rage décontractée

En dépit de ses cinq années d’existence et d’une discographie mine de rien déjà conséquente, il nous aura fallu un certain temps pour apprivoiser la musique de Bleu Russe, projet solo de David Litavicki (Churros Batiment, Poupard…). Le temps peut-être pour l’artiste de s’affranchir de certaines influences originelles un peu trop présentes à ses débuts (celles du Toulousain Arnaud Michniak et de son groupe Programme pour n’en citer qu’une)… Et pour nous de s’habituer à son flow en mode spoken-word, assez particulier. Sortis respectivement en février et en mai, Serrures et Palmiers, son dernier album, et Missives d’Amour vol. 2, sa dernière mixtape, viennent cependant confirmer ce qu’on avait déjà pressenti lors de ses derniers passages live : l’alchimie entre chant et instrumentaux fonctionne désormais à plein régime, ces derniers, piochant dans une gamme de registres bien trop vaste pour être ici énumérée, dépassant amplement leur simple statut « fonctionnel » pour se révéler de précieux alliés à la création d’une ambiance propre à sublimer les textes incisifs de l’artiste. Désormais frontalement assumé, le caractère parfois bancal du projet est devenu un vérit

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Les Bêtes du sud sauvage

Reprise | Alors que vient d’être présenté au festival Sundance le nouveau film de Benh Zeitlin, Wendy, inspiré par l’histoire de Peter Pan, la Cinémathèque nous propose à la (...)

Vincent Raymond | Mardi 18 février 2020

Les Bêtes du sud sauvage

Alors que vient d’être présenté au festival Sundance le nouveau film de Benh Zeitlin, Wendy, inspiré par l’histoire de Peter Pan, la Cinémathèque nous propose à la faveur de son bien utile Cycle Planète Terre de nous replonger dans celui par lequel le jeune cinéaste, pas alors trentenaire, avait été révélé en 2012 : Les Bêtes du sud sauvage. Judicieusement sélectionné dans la section Un Certain Regard, ce premier long métrage avait chamboulé la Croisette et ravi la Caméra d’Or, avant de concourir (sans grand succès) aux Oscars, porté par le lyrisme flamboyant des images et l’interprétation estomaquante de la très jeune Quvenzhané Wallis, 6 ans au moment du tournage. Cet aspect "phénomène" relève de l’anecdote et ne doit pas occulter l’essentiel : la force visuelle de ce grand drame épique vécu à hauteur d’imaginaire d’enfant, où le réel se trouve contaminé par les fantasmes, les peurs, les rêves et les croyances de la petite héroïne. Un chant poétique dans un champ de désolation, celui des bayous minés par la misère sociale, ravagés par les éléments, sous la menace supplémentaire d’une cavalcade d’animaux archaïques li

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"Les Météorites" : des étoiles dans les yeux

ECRANS | De Romain Laguna (Fr, 1h25) avec Zéa Duprez, Billal Agab, Oumaima Lyamouri…

Vincent Raymond | Lundi 6 mai 2019

Nina, 16 ans, a lâché le lycée et bosse pour l’été dans un parc d’attraction. Seule à voir une météorite zébrer le ciel, elle y lit un signe du destin et se sent invincible. Alors Nina ose, agit selon son cœur et ses envies, quitte à essuyer de cosmiques déconvenues. Elle grandit… Bonne nouvelle : une génération de comédiennes est en train d’éclore et, en plus, on leur écrit des rôles à la hauteur de leur talent naissant, donnant au passage de la jeunesse d’aujourd’hui une image plutôt féminine et volontaire. Après la révélation Noée Abita dans Ava de Léa Mysius (2017), voici Zéa Duprez en Nina. Mais le volontarisme de Nina n’exclut pas une dose d’ingénuité lorsqu’il s’agit d’affaires de cœur : on n’est pas sérieux quand on a 16 ans, on croit en l’éternité de l’amour et l’on déchante avec d’autant plus de cruauté. Le réalisateur Romain Laguna fixe des instantanés d’un été à part, ainsi que les mille et une facettes d’une héroïne tantôt farouche et rugueuse quand elle roule des épaules pour r

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"C'est ça l'amour" : papa poule, papa coule

ECRANS | De Claire Burger (Fr, 1h38) avec Bouli Lanners, Justine Lacroix, Sarah Henochsberg…

Vincent Raymond | Mardi 26 mars 2019

Sa femme l’ayant quitté, Mario est tout tourneboulé. S’accrochant à l’espoir de la voir revenir, il tente avec sa maladresse bienveillante de préserver ses filles du cataclysme qui les ronge tous. Mais rien n’est facile dans cette famille de guingois : même l’amour en a pris un coup. Ce portrait-mosaïque d’une famille bohème (très loin d’être bourgeoise) dynamitée par la défection maternelle fait penser à un jeu de billard américain, quand la blanche vient de casser le paquet et que les boules s’échappent en tous sens : la réalisatrice Claire Burger s’attache en effet à la trajectoire de chacun des personnages de la famille atomisée, dans l’apprentissage de ses nouveaux repères, si bancals soient-ils. Car Mario n’occupe pas seul les premiers plans (à la différence du père joué par Romain Duris dans Nos batailles, confronté à une situation similaire) : le film ménage de la place aux filles, dans leur émancipation de l’âge d’enfant, leur confrontation aux chamboulements multiples secouant par ailleurs l’adolescence

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"Dernier amour" : plaire, aimer, éconduire vite

ECRANS | De Benoît Jacquot (Fr, 1h38) avec Vincent Lindon, Stacy Martin, Valeria Golino…

Vincent Raymond | Mardi 19 mars 2019

Au soir de sa vie, Casanova évoque à une confidente un épisode de sa vie aventureuse se déroulant à Londres, où il vivait alors en exil. Un souvenir douloureux lié à une femme dont il s’est épris, qui jamais n’a cédé à sa cour : la Charpillon, une courtisane au corps et à l’esprit bien faits… Comment diable éprouver de l’empathie pour la personne de Casanova, l’aventurier qui épousa le XVIIIe siècle en triomphant des geôles, des duels et des revers de fortune ; l’infaillible séducteur que sa réputation en tous lieux précédait et qui, de surcroît, taquina la muse pour composer, en sus de ses mémoires, quelques ouvrages réputés ? En le dépeignant dépourvu de ses talents et mérites, chevalier à la triste figure confronté au doute, à l’échec et à la déchéance. En rendant, en fait, à ce héros hors norme sa qualité d’humain. Le Casanova façonné par Benoît Jacquot pour Vincent Lindon (et réciproquement) apparaît ainsi comme une montagne de fragilité et de doute, au moment où la certitude de son prestige commence à s’effilocher, où de l’adret son charme verse dans l’ubac. Dans l’entre-deux des âges, entre deux pays, le Vén

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Sarah Kane : l’amour et la violence

Lecture | Mercredi 13 février à l'Amphidice, on aura droit à une lecture de la pièce "L’Amour de Phèdre" de la mythique dramaturge anglaise. On vous en dit plus.

Nathalie Gresset | Mardi 5 février 2019

Sarah Kane : l’amour et la violence

Mercredi 13 février, pour la cinquième année consécutive, le collectif grenoblois Troisième bureau et l’Université Grenoble Alpes célèbreront le théâtre contemporain avec une soirée de lecture autour de Sarah Kane, dramaturge britannique morte il y a vingt ans à l’âge de 28 ans. Pour l’occasion, Florent Barret-Boisbertrand, metteur en scène et comédien grenoblois, mettra en voix L’Amour de Phèdre, œuvre inspirée du mythe de l’amour de Phèdre pour Hippolyte magnifié notamment par Racine au XVIIe siècle. « Je m’intéresse aux réécritures contemporaines des mythes et c’est ce que Sarah Kane nous propose ici, avec un parti pris assez singulier, assez noir qui me plaît beaucoup. » Pour lui, l’œuvre de Sarah Kane est « fulgurante » : la dramaturge anglaise a ainsi écrit cinq pièces, qui « sont toujours autant montées aujourd’hui et pourtant difficiles à mettre en scène car Sarah Kane dépeint des rapports d’une extrême tension, brutalité, surtout dans L’Amour de Phèdre. Il règne un certain mystère autour de son écriture et la dimension de violence qui émane de son théâtre m’interroge bea

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Festival des Maudits Films : la passion du bis

ECRANS | Onzième édition pour le Festival des Maudits Films, qui revient du mardi 22 au samedi 26 janvier au cinéma Juliet-Berto avec une équipe renouvelée mais un objectif inchangé : faire découvrir l’époustouflante richesse du cinéma bis à travers un vaste panorama d’œuvres souvent méconnues. Et passées au crible par nos soins ci-dessous, histoire de vous repérer au sein de cette programmation foisonnante.

Damien Grimbert | Mardi 15 janvier 2019

Festival des Maudits Films : la passion du bis

Les apparences sont parfois trompeuses : le plus ancien des films projetés cette année dans le cadre du festival, Les Chasses du comte Zaroff (1932 ; à voir mercredi 23 janvier à 20h) d’Irving Pichel et Ernest B. Schoedsack, est également l’un des plus rythmés et des plus palpitants. Tourné en même temps, dans les mêmes décors et par la même équipe que le mythique King Kong, cette aventure à mi-chemin entre thriller horrifique et récit d’aventure accumule en l’espace d’à peine 63 minutes les moments de bravoure avec une grâce infinie. On est donc là sur l'un des immanquables de cette nouvelle édition du Festival des Maudits Films. Tout comme cette autre pépite : Des monstres attaquent la ville (1954 ; vendredi 25 à 18h) de Gordon Douglas, avec sa colonie de fourmis géantes issues d’une mutation génétique, qui reste sans doute l’une des plus grandes réussites de la vague de films de science fiction surfant sur la peur du nucléaire en vogue dans les années 1950. Toujour

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Les 1001 nuits d'Alexander Robotnick

Soirée | Le pape de l’italo-disco sera la tête d'affiche de la soirée "Culte !" organisée samedi 10 novembre au Vieux manoir.

Damien Grimbert | Mardi 6 novembre 2018

Les 1001 nuits d'Alexander Robotnick

En dépit du formidable impact laissé par son classique italo-disco de 1983 Problèmes d’amour, il serait dommage de réduire pour autant l'Italien Maurizio Dami, alias Alexander Robotnick, à l’homme d’un seul tube. Déjà parce que, comme il nous l’expliquait lors d’une interview en 2009, il a conçu ce morceau de manière purement opportuniste (« Pour moi, l’italo-disco était déjà un truc un peu ringard à l’époque, dans les années 1980, j’étais plus branché Joy Division. C’est Giampiero, le boss du label Materiali Sonori, qui m’a incité à faire ce morceau, parce qu’on était fauchés et qu’il voyait ça comme un moyen de faire de la thune facile »). Ensuite, parce que Dami, qui fait ses débuts à Florence au sein de collectifs d’avant-garde comme Avida et Giovanotti Mondani Meccanici, n’a jamais cessé d’explorer différentes directions musicales tout au long de sa carrière, de l’ambient aux musiques ethniques en passant par le revival électro du début des années 2000. C’est d’ailleurs à cette période qu’il s’initie pour la première fois au deejaying, une discipline parfaitement adaptée

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"Un amour impossible" : Christine Angot réussit bien à Catherine Corsini

ECRANS | de Catherine Corsini (Fr, 2h15) avec Virginie Efira, Niels Schneider, Estelle Lescure…

Vincent Raymond | Mardi 6 novembre 2018

Châteauroux, années 1950. Rachel Steiner est courtisée par Philippe, un fils de famille portant beau. Hostile à toute mésalliance sociale, il repart laissant Rachel enceinte. Bien plus tard, après plusieurs retrouvailles épisodiques houleuses, Philippe renoue le contact avec leur fille Chantal… Adaptant ici le "roman autobiographique" (on ne sait comment qualifier le genre de récit qu’elle pratique) de Christine Angot, Catherine Corsini réussit plusieurs tours de force. S’approprier son histoire tout en rendant digeste et dicible la voix de l’autrice sans la contrefaire, et raconter avec élégance ce qui rappelle la noirceur incestueuse de Perrault dans Peau d’Âne comme des meilleures tragédies raciniennes (où les amours sont aussi impossibles, car univoques). Renversant le propos du conte, l’ogre symbolique s’incarne ici dans un homme exerçant son emprise toxique et dévorante sur deux femmes… dont l’une est sa fille. À cette lecture analytique se superpose en fin de film une interprétation sociale qui, si elle évoque dans la forme le dénouement de Psychose où le comportement déviant du héros est "expliqué", marque surtout la

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"Des samouraïs au kawaii" au Musée dauphinois : bons baisers du Japon

Exposition | Produite dans le cadre de l’événement national Japonismes 2018 et de l’Année du Japon en Isère, l'exposition "Des samouraïs au kawaii, histoire croisée du Japon et de l'Occident" en place au Musée dauphinois propose un passionnant parcours autour de cinq siècles habilement résumés. Visite guidée et entretien avec la commissaire d’exposition.

Benjamin Bardinet | Mardi 6 novembre 2018

L'histoire commence plutôt bien : le hasard amène des navigateurs portugais à faire la découverte en 1543 d'une des îles de l'archipel du Japon. Dès l'introduction de l'exposition Des samouraïs au kawaii, histoire croisée du Japon et de l'Occident, en place à l’étage du Musée dauphinois, un paravent contemporain de l'événement témoigne de l'enthousiasme et de la curiosité partagés de ses protagonistes ; et un cabinet-écritoire, dont l'usage est aussi caractéristique de l'Occident que ses motifs décoratifs profondément nippons, atteste du dialogue culturel et commercial qui s'instaure rapidement. Plus loin, la fascination mutuelle se prolonge autour des techniques guerrières : une élégante armure de samouraï et un fusil à mèche en attestent. Tout va bien donc, jusqu'à ce que les Jésuites étrangers, un brin trop prosélytes, agacent le gouvernement local qui décide d'interdire le christianisme avant, finalement, de verrouiller totalement le pays en mettant un terme à (quasiment) toutes les relations avec l'extér

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"L'Amour flou" : ex tape

ECRANS | de et avec Romane Bohringer & Philippe Rebbot (Fr, 1h37) avec également Rose et Raoul Rebbot-Bohringer…

Vincent Raymond | Mardi 9 octobre 2018

Ils se sont aimés, ont eu beaucoup d'enfants (enfin… deux), et puis le quotidien a passé l’amour à la machine. Alors, avant de se détester trop, Romane et Philippe envisagent une séparation de corps mais pas de logis : un appartement chacun, réuni par la chambre des enfants. Une utopie ? L’histoire quasi vraie d’une famille attachante, racontée presque en direct par les intéressés, dans leur ton brouillon d’adulescents artistes, inventant un modèle "désamoureux" hors normes. Ce qui pourrait ressembler à une soirée diapos prend tout de suite un peu de relief quand les protagonistes sont connus, et que la majorité de leurs parents et amis le sont aussi. Alors si L’Amour flou tient de la succession de sketches plutôt gentils et tendres, sans auto-complaisance, parfois indiscrets mais pas impudiques, il est fidèle, sans doute, à ce que dégagent ces deux parents bobos (bourgeois-bohème) et foufous (fouillis-foutraque). Toutefois, on relève (en la regrettant) une faute de goût dans ce film somme toute sympathique : la participation dans son propre rôle Clémentine Autain – par ailleurs fausse comme une pièce de 3€, lorsqu’elle débl

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Yannis Youlountas sera lundi au Club pour "L’Amour et la Révolution"

ECRANS | On se souvient qu’il y a deux ans, le réalisateur Yannis Youlountas avait présenté à l’Espace Aragon Je lutte donc je suis, son documentaire sur la (...)

Vincent Raymond | Mardi 2 octobre 2018

Yannis Youlountas sera lundi au Club pour

On se souvient qu’il y a deux ans, le réalisateur Yannis Youlountas avait présenté à l’Espace Aragon Je lutte donc je suis, son documentaire sur la situation grecque. Le revoici aujourd’hui, cette fois-ci au Club (lundi 8 octobre à 20h15), pour la suite de son travail montrant les conséquences de l’austérité subie par la république hellénique. Avec un titre (L’Amour et la Révolution) un peu moins désespérant que, au hasard, "la bourse ou la vie" – au moins, on peut concilier amour et révolution. À noter que les bénéfices du film seront reversés à des initiatives solidaires autogérées en Grèce.

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Les sept expositions qui vont rythmer la saison grenobloise

Panorama de rentrée culturelle 2018/2019 | Avec de la photographie, du graphisme, de l'art contemporain, de l'égyptologie ou encore des sciences de l'univers.

La rédaction | Mardi 25 septembre 2018

Les sept expositions qui vont rythmer la saison grenobloise

Les Mondes inconnus Intrigante sur le papier cette exposition baptisée Les Mondes inconnus que l'on pourra découvrir à la Casemate (le Centre de culture scientifique, technique et industrielle de Grenoble), au Muséum et à l’Observatoire des sciences de l’univers de Grenoble (sur le campus). Une triple proposition qui a pour but de faire découvrir au public (et notamment aux plus jeunes) les mystères des sciences de l'univers via, à ce qu'on nous en a dit, une scénographie ludique et interactive – comme, par exemple, un voyage dans une fusée ! Plus d'infos mi-octobre, dès que nous aurons visité tout ça. À la Casemate, au Muséum et à l'Osug du samedi 13 octobre au dimanche 28 juillet Allons voir la mer avec Doisneau De Robert Doisneau (1912 – 1994), figure majeure de la photographie humaniste,

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"L'Amour est une fête" : et ce film, une défaite

ECRANS | de Cédric Anger (Fr, 1h59) avec Guillaume Canet, Gilles Lellouche, Camille Razat…

Vincent Raymond | Mardi 18 septembre 2018

Vous qui entrez dans la salle, abandonnez tout espoir de tomber sur un équivalent à la française de Boogie Night, fameux film de Paul Thomas Anderson. Narrant l’infiltration de deux flics (Guillaume Canet et Gilles Lellouche) dans l’univers des peep-shows et du X en plein dans les années 1980 parisiennes, cet Amour est une fête n’en a ni le rythme, ni la folie. Présente-t-il quelque gravité dramatique, des attraits comiques insoupçonnés ? Pas davantage. Diable… Oserait-il, alors, s’appuyer sur ce décor ou ce contexte favorable pour créer un authentique film érotique doté d’une intrigue ? Pas plus que Yann Gonzalez avec sa (dé)pantalonnade Un couteau dans le cœur : on se trouve en présence de cinéastes qui vendent hypocritement l’idée du soufre, en craignant d’en prononcer le nom, et passent leur film à moquer leurs aînés du cinéma bis ou Z, tout en les pillant et les contrefaisant (mal) à coups de néons roses et de cheveux peroxydés. Ne parlons pas hommage, puisqu'il s’agit de dérision. Il n’y a là ni amour, ni fête ; d’ailleurs, ce n’est ni fait, ni à faire… Seule lumière au tableau : la B.O

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"Amoureux de ma femme" : et Daniel Auteil s’essaya au néo-vaudeville bourgeois

ECRANS | de et avec Daniel Auteuil (Fr, 1h24) avec également Gérard Depardieu, Sandrine Kiberlain, Adriana Ugarte…

Vincent Raymond | Lundi 23 avril 2018

Daniel a invité à dîner son meilleur ami Gérard afin qu’il lui présente, ainsi qu’à sa femme, sa nouvelle compagne. Lorsqu’il découvre sa jeunesse et sa beauté, Daniel se prend à imaginer des choses, sous l’œil de son épouse. Qui n’est pas dupe... Daniel Auteuil signe un film comme on fait plus. Un truc un peu inconscient et naïf, de l’époque où les sexagénaires exhibaient sans complexes leur nouvelle voiture, leur nouvelle montre, leur nouvelle minette, comme autant de gages de succès. Aujourd’hui, on dissimule tout ces "attributs" sous le vocable commun de "bonheurs" – cela fait moins égoïste et moins démon de seize heures. On assume moins que le personnage de Sydney Pollack qui vantait dans Maris et Femmes de Woody Allen (1992) les vertus de sa récente et jeune compagne : « sa bouche ? c’est du velours… » Adapté d'une pièce de Florian Zeller, Amoureux de ma femme raconte peu ou prou la même histoire que Woody Allen, mais corsetée par l’ère du politiquement correct dans un (vaste) appartement parisien, et se sert de l’imaginaire d’un époux rêveur pour fantasmer un adultère. Comme cela, il n’y a pa

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"Le Samouraï" de Melville jeudi soir au Méliès

Cinéma | Le monument du polar est de retour dans les salles obscures. Le Samouraï (1967) de Jean-Pierre Melville, dans lequel joue un Alain Delon (Jef (...)

François Cau | Mardi 27 février 2018

Le monument du polar est de retour dans les salles obscures. Le Samouraï (1967) de Jean-Pierre Melville, dans lequel joue un Alain Delon (Jef Costello) ange exterminateur inexpressif enveloppé dans son trench beige, a inspiré nombres de cinéastes outre-Atlantique, dont Tarantino. Bien que d’une épure et d’une inspiration des plus nippones, il est considéré comme "le" film noir à la française, et demeure le symbole de cet univers melvillien où le personnage porté à son exacerbation marche vers la mort. Un film à (re)voir jeudi 1er mars à 20h au Méliès.

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Les 5 soirées de la fin février

MUSIQUES | Allons danser à l'Ampérage, à la Belle électrique, à la Bobine ou encore à Eve et au Jules Verne.

Damien Grimbert | Mardi 20 février 2018

Les 5 soirées de la fin février

Vendredi 23 février > l'Ampérage Le Camion Bazar Auteurs de DJs sets groovy, pointus et ultra-éclectiques, Romain Play et Benedetta Bertella alias Le Camion Bazar défendent une conception de la fête conviviale, décontractée et à échelle humaine, qui ne rechigne pas sur les confettis, les couleurs fluo et les boules à facettes pour mettre tout le monde dans l’ambiance. Après un premier passage remarqué à la Bobine au printemps dernier, leur retour à l’Ampérage aux côtés des Rouennais du Collectif Lucien et des locaux de Carton-Pâte Records s’annonce donc haut en couleur. Samedi 24 février > la Belle électrique Michael Mayer + Fort Romeau + Uppah Vétéran de la scène minimale de Cologne et co-fondateur du prestigieux label Kompakt, Michael Mayer est de retour à la Belle électrique pour délivrer l’un des DJ-sets épurés, élégants et mélodiques dont il a fait sa marque de fabrique. À ses côtés, Michael Greene alias Fort Romeau

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Rentrée cinéma 2017 : les quatorze films qui feront notre automne

ECRANS | Bien sûr, on en oublie. Mais il y fort à parier que ces quatorze films constituent des pierres de touche de la fin 2017. Alors sortez votre agenda et cochez les jours de sortie avec nous.

Vincent Raymond | Lundi 28 août 2017

Rentrée cinéma 2017 : les quatorze films qui feront notre automne

Le Redoutable de Michel Hazanavicius 13 septembre Portrait chinois du cinéaste culte Jean-Luc Godard, au moment où il se défait de ce qui lui reste de fantaisie et commence par se prendre sérieusement au sérieux, Le Redoutable est adapté du récit autobiographique Un an après d’Anne Wiazemsky, qui fut en couple avec Godard. En savant théoricien-praticien de l’art du détournement, Michel Hazanavicius (l'homme derrière The Artist et les OSS 117) en a extrait une substance cinématographique purement godardienne, faite de références intellectuelles, de calembours à tiroirs et de ruptures narratives et stylistiques qui dépeint sans déférence ni cruauté le JLG égaré de 1967 (à son époque Mao-moi), à la fois fragile et tyrannique, jouée sans afféterie (mais avec chevrotement et cheveu sur la langue obligatoires) par Louis Garrel.

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Pascal Kober : « Faire découvrir le jazz à un public large »

Exposition | Pour sa première exposition photographique, le photojournaliste Pascal Kober investit le Musée de l’Ancien Evêché en clichés et en son. À travers ses photographies de presse empreintes d’une passion qui fait vibrer les images, il livre un témoignage visuel saisissant d’un "Abécédaire amoureux du jazz" qui fera tomber sous le charme chaque visiteur. Mais avant la visite, on l'a rencontré pour en savoir plus sur la photo et le jazz.

Charline Corubolo | Mardi 4 juillet 2017

Pascal Kober : « Faire découvrir le jazz à un public large »

Vous êtes passionné de photographie et de jazz. Depuis de nombreuses années vous suiviez inlassablement les musiciens en tournée. Qu’est-ce qui, selon vous, fait l’essence d’une bonne photographie de jazz ? Pascal Kober : La saisie d’un instant fort de l’existence hors scène, le fait que l’on puisse voir la relation un peu complice entre le photographe et son modèle d’un jour. Même si je suis dans le registre du reportage, pas dans celui de l’esthétique. Ce qui est présenté au Musée de l’Ancien Évêché, ce n’est donc pas un travail d’artiste mais bien un travail de photojournaliste. En août dernier, pour préparer l’exposition, j’ai passé un mois plongé dans plus de 30 ans d’archives pour trouver une espèce de patte Kober dans la facture. Mais ce n’a pas été le cas. C’est pour ça que j’insiste sur l’aspect photojournaliste. Ceci dit, dans la sélection présentée au musée, si le critère esthétique a parfois compté, c’est avant tout la recherche d’un instant de vie. Quelles évolutions avez-vous constatées durant ce

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Lettre de Cannes #1

Festival de Cannes 2017 | Où j'ai vu des portiques de sécurité, un film très noir et très fort de Zviaguintsev, et un beau film premier degré de Todd Haynes.

Christophe Chabert | Vendredi 19 mai 2017

Lettre de Cannes #1

Cher Petit Bulletin, M'y voici de nouveau, au soleil de Cannes, pour y humer l'air du temps cinématographique et y humer l'air tout court d'une Côte d'Azur désormais meurtrie par trop de jardinières géantes décourageant badauds et camions de se rencontrer en une étreinte assassine. Le Festival de Cannes fête son 70e anniversaire en étalant à son générique les noms de ses chers cinéastes disparus et en transformant chaque avant-projection en une vaste zone de sécurité pour aéroport : déposons donc quatre fois par jour nos clés, portefeuilles et téléphones avant de franchir de peu esthétiques portiques magnétiques ; ouvrons nos sacs pour en supprimer tout élément dangereux, à commencer par la crême solaire en tube, nous laissant ainsi plus de chances de mourir d'un mélanome que d'un attentat terroriste — pléonasme assumé. Ainsi, l'honneur est sauf car, comme disait Claudette Colbert dans La Huitième femme de Barbe-Bleue, avec l'accent français s'il vous plait : "Don't blame it on the Riviera". De plus, entre le moment où j'ai récupéré mon accréditation et celui où le festival a été officiellement déclaré ouvert, s'est produit un élément d'amp

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"Cinéma, mon amour" : bons baisers cinématographiques de Roumanie

ECRANS | de Alexandru Belc (Rou.-Tch., 1h10) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 16 mai 2017

Animé d’une foi qu’un charbonnier lui envierait, et de son amour viscéral pour le 7e art, Victor Purice tient à bout de bras le Dacia, seul cinéma de la ville roumaine de Piatra Neamț. Un édifice à l’ancienne, où aidé de ses deux employés, Victor tente d’attirer à nouveau le public... Lors de la sortie de Baccalauréat, Cristian Mungiu rappelait le sort malheureux du parc cinématographique roumain post-Ceaușescu : la libéralisation sauvage et brutale du secteur a fait disparaître 400 salles en une génération, supprimant de facto l’habitude pour les spectateurs de communier ensemble devant un grand écran. À la tête de son Dacia, Victor Purice est un des rares survivants de cette hécatombe : l’un des trente derniers. Rien de misérabiliste pourtant dans l’approche d’Alexandru Belc : le réalisateur décrit le dévouement sans limite (jusqu’à la d

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Philippe Katerine, génial après tout : la preuve en dix chansons

Playlist | Depuis 25 ans, Philippe Katerine se promène dans le vaste monde de la chanson française, naviguant à sa marge tel un dadaïste pop tout en produisant par moments, et presque sans le faire exprès, de véritables tubes. Pour bien comprendre tout le génie qui se cache derrière le personnage fantasque, on remonte le fil de l’histoire en dix titres emblématiques de son parcours.

Aurélien Martinez | Lundi 13 mars 2017

Philippe Katerine, génial après tout : la preuve en dix chansons

1996 : Parlez-vous anglais Mr Katerine ? Après Les Mariages chinois, premier album qu’il enregistre tout seul dans son coin, et L'Éducation anglaise, deuxième tentative sur laquelle il ne chante carrément pas (c’est sa sœur et sa compagne de l’époque qui s’y collèrent), Phillipe Katerine publie en 1996 Mes mauvaises fréquentations, bijou qui lancera véritablement sa carrière. On perçoit déjà un côté gentiment décalé, à l’image de ce Parlez-vous anglais Mr Katerine ? très bossa-nova, même si le plus grand des voyants aurait bien eu du mal à prédire la voie (ou plutôt les voies) suivie(s) ensuite par Katerine. 1999 : Je vous emmerde Présent sur Les Créatures, album ambitieux enregistré avec la formation jazz et musique improvisée The Recyclers, ce morceau emmène Katerine sur un terrain qu’il va de plus en plus affectionner au fil des ans : celui de la chanson théâtrale, où la forme compte autant que le fond. Ici, c’est un Katerin

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"Le Samouraï" de Melville lundi à l'Espace Aragon

ECRANS | Le teint livide, sanglé dans un imperméable, coiffé d’un Fedora, c'’est un Delon minéral et hiératique qui entre ici dans l’univers de Jean-Pierre (...)

Vincent Raymond | Mardi 31 janvier 2017

Le teint livide, sanglé dans un imperméable, coiffé d’un Fedora, c'’est un Delon minéral et hiératique qui entre ici dans l’univers de Jean-Pierre Melville, pour opérer une transmutation alchimique de sa personne. Mutique et glacial, le comédien trouve dans Le Samouraï (1967), ce chef-d’œ'oeuvre intemporel d’'épure, les contours de son personnage totémique ; il hypnotise par sa solitude douloureuse et sa détermination désespérée. Un monument du polar à (re)découvrir lundi 6 février à 20h15 à l'’Espace Aragon de Villard-Bonnot.

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"L’Histoire de l’Amour" de Radu Mihaileanu tombe à plat

ECRANS | de Radu Mihaileanu (Fr., Can., E.-U., Rou., 2h14) avec Derek Jacobi, Sophie Nélisse, Gemma Arterton, Elliott Gould…

Vincent Raymond | Mardi 8 novembre 2016

Soixante ans après l’interruption de son histoire passionnée avec Alma, Léo, un rescapé de la Shoah, croise une adolescente en proie aux tourments de son âge. La donzelle se prénomme également Alma, à cause d’un mystérieux livre narrant l’amour absolu de Léo pour sa dulcinée… Histoires cycliques imbriquées les unes dans les autres, amours transatlantiques, amis imaginaires, toile de fond tragique, brouilles familiales, convoitises, trahisons, décor new-yorkais, imposture littéraire, distribution de prestige et BO appuyant là où ça pique les yeux… En vérité, on avait tout pour composer une fresque comme Radu Mihaileanu se plaisait jadis à les brosser à l’époque de Va, vis et deviens (2005) ; ne manquait qu’un vrai souffle épique pour unifier tout ça. Las ! L’on passe en effet ici d’un chapitre ou d’une époque à l’autre, dans un saute-mouton dépourvu de fluidité. Résultat : ce que récit y gagne en – involontaire – destructuration conceptuelle, il le perd en romantisme ; et l’histoire, en définitive, ne s’élance jamais.

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Quelques mots d’amour avec l'association À bientôt j’espère

CONNAITRE | L’Amour au risque de réel : tel est le nom du cycle que proposera pendant un mois l'asso grenobloise qui s'intéresse au cinéma documentaire. On vous en dit plus, avant le début des hostilités le lundi 7 novembre à la Cinémathèque de Grenoble.

Aurélien Martinez | Mercredi 2 novembre 2016

Quelques mots d’amour avec l'association À bientôt j’espère

Un peu d’histoire (récente) pour commencer. Depuis 2012, l’association grenobloise À bientôt j’espère s’est spécialisée dans la diffusion de films documentaires hors des salles classiques, comme nous l’explique Cyril Hugonnet : « On a voulu créer des dispositifs où il y a de la place pour parler et se rencontrer autour du cinéma documentaire, un des cinémas les plus vivants et inventifs, un cinéma qui parle de nous, les humains. » Pendant les premières années, le mot d’ordre a donc été : direction « là où vivent les gens ». « On a fait 135 séances de cinéma chez l’habitant. Puis on a aussi imaginé des salons mobiles dans des centres sociaux, des maisons des habitants, à la prison de Varces… » Tout ça pour, aujourd’hui, réintégrer des salles plus classiques pendant un mois avec l’événement L’Amour au risque de réel, qui s’installera ainsi à la Cinémathèque, à Mon Ciné mais aussi au 102 ou au Nouveau Théâtre Sainte-Marie-d’en-Bas. « L’idée est de prendre ensemble le risque de regarder un film que l’on n’

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Par Amour

ECRANS | de Giuseppe M. Gaudino (Fr./It., 1h49) avec Valeria Golino, Massimiliano Gallo, Adriano Giannini…

Vincent Raymond | Mardi 12 avril 2016

Par Amour

Il faut apprécier le zigzag pour suivre la trajectoire artistique de Valeria Golino : en France, les cinéastes la cantonnent dans des emplois de sex symbols surgis du passé ou d’un écran (de préférence dans des comédies) ; quant aux cinéastes italiens, ils ne songent qu’à la voir interpréter des personnages confrontés à des situations über-dramatiques. Par amour, histoire napolitaine, ne fait pas exception à cette règle. Mais il lui permet d’obtenir un rôle intense à la Anna Magnani (façon mère courage dans un quotidien oppressant face à un conjoint violent et vaguement mafieux) au sein d’une œuvre aux inflexions baroques, lorgnant parfois vers le fantastique, scandée de surcroît par des intermèdes chantés et colorés. Le finale onirique, complètement barré, oscille entre le Mocky époque Litan et la publicité pour parfum, à moins qu’il ne s’agisse d’un rituel sacrificiel exhumé de l’Atlantide. Une hétérogénéité qui rend le film bancal, mais terriblement aimable du fait de ses fragilités. VR

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Mirage d'amour avec fanfare

ECRANS | de Hubert Toint (Bel./Fr./Sui., 1h37) avec Marie Gillain, Jean-François Stévenin, Eduardo Paxeco.…

Vincent Raymond | Mardi 22 mars 2016

Mirage d'amour avec fanfare

Sans être à proprement parler un testament, cette œuvre posthume du Bernard Giraudeau-scénariste abrite tout ce que cet artiste polyvalent et voyageur appréciait : les grands espaces, l’Amérique du Sud, les ambiances révolutionnaires, les romances tragiques et une dose d’épopée picaresque… Bref, un conte contemporain (ou presque : début du XXe siècle) taillé pour contenir ces paramètres ; un vrai mirage, en somme, à l’image du cinéma, permettant aux amoureux de l'histoire de se retrouver à leur manière. Joliment photographié, gentiment sensuel, sympathiquement désuet, ce film est réglé comme du papier à musique ; il lui manque hélas le souffle d’impro l’écartant de la partition un peu trop connue…VR

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"Saint Amour" : 3 questions à Kervern et Delépine

ECRANS | Rencontre avec les deux réalisateurs du film "Saint Amour". Propos recueillis par Vincent Raymond

Vincent Raymond | Mardi 1 mars 2016

Refaites-vous la route des vins pour présenter votre film ? La stratégie de notre distributeur étant de ne faire aucune avant-première, nous n’allons que dans les cinémas nous suivant depuis le début ou que nous aimons bien. Comme nous nous voyons rarement [Delépine vit à Angoulême, Kervern à Paris – NDLR], ça nous permet aussi de réfléchir au film suivant —car on écrit au dernier moment, lorsque l’on a une trame sûre. En ce moment, on tourne depuis un bon moment autour d’un sujet sans l’atteindre. Mais on a tourné autour de Saint Amour au moins quatre ans avant de le concrétiser… Le tournage au Salon de l’Agriculture a-t-il été aisé ? C’est un truc de dingue : 20 minutes du film ont été tournées en 2 jours et demi là-bas, quasiment en caméra cachée, avec des acteurs à forte personnalité. On a obtenu l’accord du Salon pour tourner des ambiances, pas pour des scènes de comédie – elles devaient être réalisées en studio. Mais en studio, ça perd tellement de charme, de force, de vie… Et alors que p

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Saint Amour

ECRANS | Le millésime 2016 de Benoît Delépine et Gustave Kervern, les plus illustres cinéastes grolandais, est arrivé et il n’a rien d’une pochade : derrière son nez rouge de clown, "Saint Amour" dissimule une histoire d’amour(s) tout en sobriété… Notre film de la semaine. Vincent Raymond

Vincent Raymond | Mardi 1 mars 2016

Saint Amour

Pour un réalisateur, jongler les yeux bandés avec un baril de pétrole ouvert et un flambeau doit certainement se révéler plus sécurisant que diriger la paire Depardieu-Poelvoorde partant en goguette sur la route des vins. Sur le papier, Kervern et Delépine n’étaient donc pas trop de deux face au fameux duo. Cela dit, les risques étaient limités pour les compères, étant donné leur proximité avec les comédiens (déjà pratiqués dans Mammuth et Le Grand Soir) ; leur science commune du jus de la treille. Cette "communion d’esprit" explique comment et pourquoi les auteurs ont pu mener leur barque sans dériver. Spirituel ou spiritueux ? Mais Saint Amour ne se limite pas à son germe éthylique : l’essence de ce road movie, c’est le voyage de quelques centimètres

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De l’amour, pour mémoire

ECRANS | Le Club et l'association Isère Gérontologie organisent une projection-débat autour du (très grand) film de Michael Haneke. Du coup, on en redit du bien. Vincent Raymond

Vincent Raymond | Mardi 1 mars 2016

De l’amour, pour mémoire

Si vous avez déjà oublié qui a obtenu la Palme d’Or à Cannes en 2012, courez (sans trébucher) voir ou revoir le film-choc de Michael Haneke, Amour, lors de la séance programmée par Le Club. Fidèle à ses thématiques dérangeantes, à son cinéma de la claustration et à sa manière frontale, dépourvue de complaisance, de représenter la souffrance, le cinéaste autrichien avait saisi la Croisette avec l’histoire d’un octogénaire confronté à la démence sénile subite de son épouse. La douceur résolue, absolue, de Jean-Louis Trintignant face à l’absence de plus en plus insoutenable d'Emmanuelle Riva, et ce lien qui jamais ne se rompt entre eux par la parole, ciment à prise lente, devenant analgésique… Coutumier du fait, Haneke brise un nouveau tabou en osant montrer ici le double visage de la maladie et de la déchéance, ordinairement réservé au domaine occulté de l’intime. Ce n’est évidemment pas par provocation malsaine, mais pour affronter ce spectre et en tirer une vision tant forte, touchante que poétique. Assimilé par lui, le réel devient surréel, dépasse le champ de l’i

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Bang Gang

ECRANS | Des lycéens comblent le désert de leur existence en se prenant en main, c’est-à-dire les uns avec les autres et dans tous les sens… Inspirée par un fait divers, Eva Husson n’a pas froid aux yeux pour son premier long-métrage qui, sans être bégueule, se révèle plus stuporeux que stupreux…

Vincent Raymond | Mardi 12 janvier 2016

Bang Gang

Identifié par ses pom-pom girls aux pectoraux avantageux, ses capitaines d’équipe de football athlétiques mais bas du front, ainsi que par ses forts en thème malingres, myopes, boutonneux et polycomplexés, le film de lycée ("high school movie") est un genre à part entière outre-Atlantique. Cette catégorie de comédies plus ou moins émoustillantes destinées à être consommées avec popcorn et boy/girlfriend sort rarement de l’ornière, à moins d’un miracle ou d’une volonté de pervertir les codes – voir Carrie (1977) de De Palma ou Retour vers le futur (1985) de Zemeckis. Si le cinéma français s’adonne parfois à ces bluettes sucrées (La Boum, LOL), il propose aussi des traitements alternatifs de l’âge “ingrat” – ou “des possibles”. Dans des œuvres saisissant l’adolescence comme un état mystérieux ou inquiétant, et ceux qui la traversent pareils à une tribu autonome, abandonnée à elle-même ; des œuvres valant parfois davantage pour les ambiances construites, nimbées d’interdits et de tabous transgressés que les histoires racontées. De par son climat d’étrangeté diffuse, son goût pour l’architecture froide des banlieues pavillonnai

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David Lafore : surréalisme pop

MUSIQUES | Il sera mercredi soir à l'Ampérage pour dévoiler "J’ai l’amour", troisième album de chanson aussi barré que réussi.

Aurélien Martinez | Mardi 17 novembre 2015

David Lafore : surréalisme pop

Le terme ovni musical, utilisé à toutes les sauces lorsqu’on se retrouve face à un artiste plus ou moins atypique qu’on peine à mettre dans une case, colle pourtant très bien à David Lafore. Il faut écouter son troisième album J’ai l’amour pour s’en convaincre : de la chanson française qui va plus loin que son simple pré carré, produisant ainsi quelques petites merveilles pop et entêtantes. S’il est souvent comparé à Katerine pour le côté barré (le titre Minou en meilleur exemple) et si lui cite plutôt Brigitte Fontaine comme référence ultime, on pense de notre côté au Mathieu Boogaerts de I Love You pour cette façon de chanter ses petites histoires (d’amour mais pas que) avec un sens du rythme affûté. Un univers presque cinématographique (il a d’ailleurs composé la BO du Bancs publics de Bruno Podalydès), joliment absurde et plein d’ironie qu’il défendra avec deux musiciens mercredi 18 novembre à 20h30 à l’Ampérage.

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La guerre en chantant avec le Vox International Théâtre

SCENES | La compagnie du metteur en scène Guillaume Paul, adepte d'un art mêlant théâtre et chant, présentera deux pièces au Théâtre de Grenoble.

Aurélien Martinez | Mardi 10 novembre 2015

La guerre en chantant avec le Vox International Théâtre

Depuis ce début de saison, le Théâtre municipal de Grenoble se penche donc sur la scène locale, en zoomant ce mois-ci sur une compagnie martinéroise : le Vox International Théâtre. On pourra ainsi redécouvrir deux spectacles de Guillaume Paul, metteur en scène qui adore croiser théâtre, musique et chant. D’abord Kabaravan, en tournée depuis cinq ans. Soit les aventures d’une famille qu’on croirait sortie d’un film de Kusturica. Puis, surtout, Amour, mensonge et obus de 75, création de 2014 qui s’est bonifiée avec le temps, gagnant en épaisseur et profondeur. Cette fois-ci, Guillaume Paul a imaginé le destin croisé de deux personnages évoluant chacun dans l’une des deux guerres mondiales : un soldat frondeur pendant la première, une civile résistante pendant la deuxième. Tous deux plus petits que la grande Histoire qui les emporte dans un dangereux tourbillon, mais tous deux résolument déterminés à ne pas se laisser broyer. Car, malgré le décor sombre et

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Fou d’amour

ECRANS | ​Récemment muté dans un petit village, un curé charmeur et beau parleur fait perdre la tête à ses paroissiennes. La sienne finira par rouler au fond d’un panier... Justement récompensé au Festival des Films du Monde de Montréal, le nouveau Philippe Ramos évoque, sans le plagier, l’esprit de Luis Buñuel. Vincent Raymond

Vincent Raymond | Mardi 15 septembre 2015

Fou d’amour

Quel dommage que Philippe Ramos soit à ce point rare et discret, voire sauvage ! Car à chaque fois qu’il s’empare d’un sujet, c’est pour soumettre une réelle proposition de cinéma, légitimant le recours à la caméra (tous les réalisateurs ne peuvent pas, hélas, en dire autant). Abordant des thèmes en apparence asséchés – Moby Dick dans Capitaine Achab (2007) ou la Pucelle d’Orléans dans Jeanne Captive (2011) – le cinéaste parvient à créer du spectaculaire dans l’infime ou l’intime. Même heureux constat ici, avec ce fait divers qu’il situe dans les années cinquante : un curé succombant aux beauté terrestres séduit et met enceinte une jeune aveugle avant de l’assassiner. Loin de se contenter d’une adaptation historique plate, Ramos dégage l’essence trouble et mystique de ce drame complexe, faisant du prêtre (ou plutôt de sa tête décapitée) le narrateur du film. Une sacrée provocation, puisque le suborneur se trouve en position de plaider des circonstances atténuantes : il passe presque pour victime de ne pas avoir pu donner librement l’amour dont il était sincèrement empli. La culpabilité étant, à mots couverts, volontiers reversée sur l

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Dancefloors estivaux

MUSIQUES | Après deux mois particulièrement riches en soirées mémorables, le rythme va commencer à fléchir drastiquement pour les noctambules grenoblois. Raison de plus pour (...)

Damien Grimbert | Lundi 6 juillet 2015

Dancefloors estivaux

Après deux mois particulièrement riches en soirées mémorables, le rythme va commencer à fléchir drastiquement pour les noctambules grenoblois. Raison de plus pour ne pas manquer la dernière soirée du bar de la Belle électrique ce vendredi 10 juillet (avec les collectifs hip-hop Paris Reality Check et Opus Crew) et encore moins la venue du Parisien Timid Boy, de son acolyte Spencer K. et de Kiko le lendemain au Drak-Art, à l’invitation de l’infatigable Mr Cardboard (qui reviendra pour sa part faire un dernier baroud d’honneur avec Agnostic, Sossmi, Apollo Powder et Spacesheep le samedi 25 juillet au même endroit). Pour le reste, outre l’incontournable Cabaret frappé au Jardin de Ville, le festival Merci Bonsoir ! à la Bifurk (qui proposera quelques DJ sets en fin de soirée du jeudi 16 au vendredi 18 juillet) ou encore le Bal des Sapeurs-Pompiers qui fera son grand retour à l’anneau de vitesse le 14 juillet, il faudra se rabattre sur les suspects habituels… En l’occurrence le Mark XIII qui continuera sa programmation nocturne t

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Du bon usage de Fau

SCENES | En 2011, lors de la cérémonie des Molières, débarqua sur le plateau le comédien Michel Fau habillé en cantatrice d’opéra. Il était venu pour interpréter un grand air (...)

Aurélien Martinez | Mardi 24 février 2015

Du bon usage de Fau

En 2011, lors de la cérémonie des Molières, débarqua sur le plateau le comédien Michel Fau habillé en cantatrice d’opéra. Il était venu pour interpréter un grand air du répertoire qui commence comme ceci : « On nous dit que le temps qui glisse est un salaud / Que de nos chagrins il s'en fait des manteaux… » Du Bizet ? Du Lully ? Du Rameau ? Pas du tout : du Carla Bruni. Un décalage entre la posture et la chanson qui déclencha l’hilarité de la salle, et que Michel Fau a aussi testé avec d’autres – sa version du Je veux de Zaz est savoureuse. L’homme de cinquante ans est ainsi un curieux personnage qui navigue depuis vingt-cinq ans dans le milieu du théâtre français, toujours avec son originalité et son talent qui sautent aux yeux, notamment dans les nombreux spectacles d’Olivier Py auxquels il a participé – lui qui adore se travestir était une magnifique tante Geneviève dans Les Illusions comiques. La synthèse entre ses différentes facettes s’étant faite dans son Récital emphatique, seul-en-scène

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Il était trois fois Delon

ECRANS | Peu d’acteurs français ont suscité autant d’admiration, mais aussi de rejet, qu’Alain Delon. Il faut dire qu’il y a au moins deux Delon : celui qui, des (...)

Christophe Chabert | Mardi 27 janvier 2015

Il était trois fois Delon

Peu d’acteurs français ont suscité autant d’admiration, mais aussi de rejet, qu’Alain Delon. Il faut dire qu’il y a au moins deux Delon : celui qui, des années 50 aux années 70, illumine le cinéma d’auteur européen en tournant avec les plus grands ; et il y a le Delon qui, à partir des années 80, commence à se livrer à une pâle caricature de lui-même, sur les écrans avec la série des « flics » de plus en plus réacs, ou dans la sphère publique avec des déclarations bien plus réacs encore. C’est au premier Delon que le CCC a décidé de s’intéresser avec son cycle "Delon avant Delon", soit trois films qui définissent parfaitement les contours de son jeu ; dans l’ordre chronologique de leur sortie en salles : L’Éclipse d’Antonioni (le mercredi 11 février à 20h), Le Samouraï de Melville (ce mercredi 28 janvier à 20h) et Monsieur Klein de Losey (le mercredi 4 février à 20h). Le premier marque la seule rencontre entre Delon et le cinéaste italien, dans une histoire d’amour sur fond d’incommunicabilité qui fait le pont entre les deux autres grands films antonioniens que sont L’Avventura

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Amours cannibales

ECRANS | De Manuel Martín Cuenca (Esp-Roum-Russie-Fr, 1h56) avec Antonio de la Torre, Olimpia Melinte…

Christophe Chabert | Mardi 16 décembre 2014

Amours cannibales

Carlos, tailleur discret de Grenade, aime les femmes. Mais attention, il les aime bien préparées. Aussi habile avec un fil et des aiguilles qu’avec un couteau de boucher, il déguste ses victimes selon un rituel presque monotone, sans en tirer de plaisir apparent. On a présenté les choses avec un poil d’ironie, mais Amours cannibales en est résolument dépourvu. Au contraire, la froideur de la mise en scène renvoie plutôt à la "glaciation émotionnelle" tant vantée par Michael Haneke. Même lorsqu’une histoire d’amour, une vraie, se profile entre Carlos et la sœur d’une des femmes qu’il a tuées, Cuenca ne déroge pas à sa grammaire : plans tirés au cordeau, absence de musique, quête de distance et d’atonie dans l’approche des événements. Cette forme-là, respectable dans son principe mais devenue très académique à force d’être mise à toutes les sauces, est assez contre-productive dans le cas d’Amours cannibales. On n’est jamais loin du pléonasme tant la grisaille et l’absence de passion semblent envahir en permanence et l’action, et les personnages, et l’approche visuelle de Cuenca. Même les scènes gore ne créent pas vraiment de malaise, fondues dans l’apathi

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Éric Reinhardt et la femme d’à côté

CONNAITRE | Il y a du Flaubert dans L’Amour et les forêts, nouveau roman d’Éric Reinhardt qui fait suite à quelques hits de la littérature des années 2000 – Le Moral des (...)

Aurélien Martinez | Mardi 2 décembre 2014

Éric Reinhardt et la femme d’à côté

Il y a du Flaubert dans L’Amour et les forêts, nouveau roman d’Éric Reinhardt qui fait suite à quelques hits de la littérature des années 2000 – Le Moral des ménages (2001), Cendrillon (2007) ou encore Le Système Victoria (2011). Du Flaubert surtout en Bénédicte Ombredanne, Madame Bovary moderne qui se présente un jour à l’auteur dans une lettre qui le touchera, expliquant avoir été bouleversée par Cendrillon. Puis elle se confiera davantage, évoquant un mari qui la harcèle et l’empêche de vivre. Avec l’espoir que le pouvoir des mots l’aidera. Éric Reinhardt, après une introduction à la première personne détaillant la rencontre avec cette fameuse Bénédicte Ombredanne (une fiction nourrie à la réalité), déploie alors un récit tout sauf linéaire et attendu, offrant son héroïne une résonnance forte. Car l’écrivain sait ausculter notre monde contemporain avec recul et finesse, en délaissant cette fois-ci la société dans son ensemble (le libéralisme débridé du Système Victoria par exemple) pour se concentrer sur les affres de l’intime, en convoquant un certain romantisme très actuel dans le style. Et offre en filigrane un

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Nosfell in love

MUSIQUES | L’aborigène Nosfell a délaissé son monde imaginaire Klokochazia et a traversé plusieurs années de danse contemporaine, aux côtés du chorégraphe Philippe Decouflé pour (...)

Charline Corubolo | Mardi 8 avril 2014

Nosfell in love

L’aborigène Nosfell a délaissé son monde imaginaire Klokochazia et a traversé plusieurs années de danse contemporaine, aux côtés du chorégraphe Philippe Decouflé pour la création Octopus, pour revenir sur Terre et déverser un nouveau son. Alors que ses précédents albums dépeignaient les aventures des personnages qui peuplent son univers légendaire, rythmé par un dialecte inventé par l’artiste lui-même, Amour massif effectue un tournant radical, et résolument plus accessible. Le titre de ce quatrième album est significatif, et si Nosfell sort de sa mythologie personnelle pour courir les prairies fleuries de l’amour, il change également de cap dans l’écriture. En collaboration avec Dominique A et Dick Annegarn, le texte est abordé en français pour les ballades

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"Wrong cops" : surréalistement vôtre

ECRANS | Avoir une double vie, de nos jours, n’a rien d’extraordinaire. Et si, avant, on trompait sa femme / son mari, c’est surtout la routine que l’on (...)

Christophe Chabert | Mardi 18 mars 2014

Avoir une double vie, de nos jours, n’a rien d’extraordinaire. Et si, avant, on trompait sa femme / son mari, c’est surtout la routine que l’on cherche à tromper aujourd’hui. Faire de la musique électronique, poser pour des revues porno gays, trafiquer de la drogue cachée dans des rats crevés, creuser son jardin pour y déterrer un trésor : rien de bien méchant, dans le fond, que ces petits secrets-là. Chez Quentin Dupieux, cependant, ces hobbys sont ceux d’une bande de flics ripoux et dégénérés, dont la bêtise satisfaite va entraîner une cascade de quiproquos graduellement absurdes et tragiques. Duke, le plus tordu de tous, après avoir abattu sans le faire exprès son voisin, harcèle un adolescent en l’obligeant à écouter de la musique pendant qu’il se détend en slip sur son canapé ; Sunshine, pour éviter l’infamie familiale d’une révélation sur ses activités pornographiques, doit céder au chantage de sa collègue Holmes ; quant à De Luca, il laisse s’exprimer pleinement son penchant pour le harcèlement sexuel des femmes à forte poitrine…

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Quentin Dupieux, artiste hors-la-loi

ECRANS | Que ce soit au cinéma avec "Wrong cops", sa nouvelle folie en salles cette semaine, ou dans la musique électronique en tant que Mr Oizo, Quentin Dupieux confirme qu’il est désormais une figure incontournable et en même temps insituable, ne répondant qu’à une seule loi : la sienne. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 18 mars 2014

Quentin Dupieux, artiste hors-la-loi

L’adage est connu : tout succès repose sur un malentendu. Dans le cas de Quentin Dupieux, le malentendu tient du hold-up : après avoir bricolé une entêtante boucle électronique intitulée Flat beat (le «rythme plat») illustrée avec une marionnette grossière, Flat Eric, il est contacté par Levi’s qui souhaite reprendre ce tube minimaliste et le personnage qui l’accompagne pour vendre leurs jeans. La pub deviendra culte et Dupieux, qui se fait appeler Mr Oizo, va être emporté sans le vouloir par le courant French touch (un courant musical né en France dans les années 90 autour d'artistes comme Air, Daft Punk, Étienne de Crécy, St Germain...). Son premier album, Analog worms attack, creuse cette veine de techno bricolée, bizarre et rugueuse qui, quand on l’écoute de près, est tout sauf commerciale. Dupieux ramasse le magot empoché grâce à la pub, aux ventes de disques et à ses prestations de DJ, puis part en Espagne tourner un film autofinancé défiant les règles de

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Électricité sensible

ARTS | L’art de la robotique prend tout son sens avec l’œuvre de France Cadet. Actuellement exposée à l’espace Vallès, l’artiste jongle entre des cyborgs, interrogeant le devenir d’une société techno-corps, et des chiens mécaniques, dénonçant les relations hommes-animaux. Plus encore, elle offre une radioscopie des matières, à la recherche de l’émotif. Charline Corubolo

Charline Corubolo | Mardi 4 février 2014

Électricité sensible

De sa formation scientifique, France Cadet conserve une curiosité pour la biologie et un goût pour les connexions. Ce glissement d’univers permet à l’artiste d’étendre avec créativité sa réflexion sur un monde enclin à se robotiser sans cesse. L’exposition Robot mon amour à l’Espace Vallès met ainsi en lumière l’étude de deux entités : l’organique et l’artificiel. Issus du commerce, des chiens-jouets sont reconfigurés afin de leur donner des propriétés étranges : miaulement ou hennissement. La bête est perturbée et, par le prisme de cette analyse mécanique, commence à poindre la dénonciation de l’emprise humaine sur l’animal. Parmi cette série, des trophées de chasse canins, qui s’animent de plus en plus lorsque l’on s’approche, accentuent cette critique : leur hostilité est en réponse à l’acte barbare commis par l’homme. Un homme qui est lui-même décortiqué, ou plus exactement la femme, dans les Anataleçons, détournement parodique des publicités Aubade. L’autopsie de l’anatomie retourne le caractère sexuel des affiches, et la position lascive du corps, entre sensualité et domination, interroge les rapports de force. Alors qu’à travers des tirag

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In the mood for Løve

ECRANS | Alors qu’elle termine actuellement son quatrième film, Eden, qui s’inspire de la vie de son frère Sven Love pour dresser un period movie sur l’essor de la (...)

Christophe Chabert | Vendredi 24 janvier 2014

In the mood for Løve

Alors qu’elle termine actuellement son quatrième film, Eden, qui s’inspire de la vie de son frère Sven Love pour dresser un period movie sur l’essor de la techno en France et l’émergence de la French touch, Mia Hansen-Løve est mise à l’honneur par la Cinémathèque de Grenoble qui projettera respectivement les 30 et 31 janvier Le Père de mes enfants et Un amour de jeunesse. D’abord critique aux Cahiers du Cinéma, elle saute le pas vers la réalisation avec Tout est pardonné, un premier film qui cumule les défauts d’un certain auteurisme français – peur panique de l’émotion et de la stylisation, exhibitionnisme autobiographique… Surprise, Le Père de mes enfants prend tout cela à revers : Hansen-Løve se détache de sa propre vie pour évoquer le regretté Humbert Balsan, producteur flambeur et indépendant, dont le suicide fut un électrochoc pour les cinéastes qu’il avait accompagnés. Mia Hansen-Løve ose regarder les conséquences d’un deuil sur une famille sans craindre les larmes du spectateur, tout en utilisant la quotidienneté des situations pour désamorcer la gravité de son sujet. Le film est franchement bouleversant et ré

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L’Amour est un crime parfait

ECRANS | Derrière une intrigue de polar conduite avec nonchalance et un manque revendiqué de rigueur, les frères Larrieu offrent une nouvelle variation autour de l’amour fou et du désir compulsif. Si tant est qu’on en accepte les règles, le jeu se révèle assez fascinant. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 10 janvier 2014

L’Amour est un crime parfait

Dans le campus suisse hi-tech où se déroule une partie de L’Amour est un crime parfait, débarquent à mi-film des spécialistes américains des techniques scénaristiques, venus à la pêche aux jeunes talents parmi les classes de lettres de l’université. Ce que Marc, le professeur de littérature incarné par un Mathieu Amalric frénétique, passant de l’exaltation à l’angoisse avec le même regard fiévreux, voit comme une menace. Plus tard, le même Marc, rejoignant son chalet isolé dans les montagnes enneigées, y découvre sa sœur Marianne (Karin Viard) avachie sur le canapé avec son rival Richard (Denis Podalydès), tous deux affublés de lunettes ridicules pour voir sur un écran plasma gigantesque la version 3D des Derniers jours du monde, le précédent film des frères Larrieu… Deux digressions sans rapport avec le récit policier qu’ils nous racontent, mais qui font office de plaidoyer pro-domo rigolard envers leur méthode, peu soucieuse d’efficacité ou de rigueur narrative. En cela, L’Amour est un crime parfait est peut-ê

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Vog-uons vers Vallès

ARTS | Alors que l’exposition Collection Gilles Balmet au Vog, qui débute ce jeudi 16 janvier, s’annonce sous de bons augures, celle de David Lefebvre en mai (...)

Charline Corubolo | Vendredi 10 janvier 2014

Vog-uons vers Vallès

Alors que l’exposition Collection Gilles Balmet au Vog, qui débute ce jeudi 16 janvier, s’annonce sous de bons augures, celle de David Lefebvre en mai laisse à penser également que la découverte sera de qualité. Artiste jouant de la couleur et du vide, de la coulure et de la géométrie, du précis et du déconstruit, le peintre use des images du quotidien glanées au hasard et cherche à préserver leur qualité moyenne afin de créer un encodage. Ombre noire ou « vitrail » coloré, Lefebvre donne à voir des images brouillées comme pour apercevoir ce qui se cache derrière. Changement de décor à l’espace Vallès avec l’exposition Robot mon amour qui présentera, à la fin du mois de janvier, le travail de France Cadet. Faisant fi des barrières entre le naturel et l’artificiel, l’artiste emploie les nouveaux médias et la robotique afin de faire basculer le scientifique dans l’art pour créer des relations parodiques entre l’humain, l’animal et l’androïde. Une exposition à la pointe de l’innovation, qui s’interroge sur les nouveaux rapports aux machines et qui déclenchera surement une « connexion ».

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2014 : autant en emporte le Vent…

ECRANS | Après une année 2013 orgiaque, 2014 s’annonce à son tour riche en grands auteurs, du maître Miyazaki à une nouvelle aventure excitante de Wes Anderson en passant par les vampires hipsters croqués par Jarmusch et les flics tarés de Quentin Dupieux… Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 2 janvier 2014

2014 : autant en emporte le Vent…

Le Vent se lève, il faut tenter de vivre… disait le titre intégral du dernier film d’Hayao Miyazaki qui, après 25 ans au service de l’animation japonaise, a décidé de tirer sa révérence avec cette œuvre effectivement testamentaire. Réduit au seul Vent se lève pour sa sortie le 22 janvier, cette fresque narre les années d’apprentissage d’un ingénieur féru d’aviation, passion qui l’aveuglera sur la réalité de la guerre dans laquelle le Japon s’engage, mais aussi sur l’amour que lui porte une jeune fille qu’il a sauvée lors d’un spectaculaire tremblement de terre. En assumant la part la plus adulte de son cinéma et en se livrant en transparence à un troublant autoportrait en créateur obsessionnel, coupé du monde et de la vie, Miyazaki signe un chef-d’œuvre alliant splendeur plastique, force émotionnelle et intelligence du regard. Les Belles et les Bêtes Il sera le premier en cette rentrée à illuminer les écrans, mais 2014 ne sera pas en rade de grands auteurs, au contraire. On ronge bien sûr notre frein en attendant de découvrir la deuxième partie du Nymphomaniac de Lars von Trier (29 janvier), dont le

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