Ted

ECRANS | Dans un glorieux mélange de genres, Seth MacFarlane réinvente la comédie romantique en version politiquement incorrecte, par la grâce d’un ours en peluche qui parle, boit, fume, baise et surtout incarne la résistance des années 80 et de leurs excès. Intelligent et hilarant. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 8 octobre 2012

Quand il avait huit ans, au début des années 80, John Benett était un gamin de Boston introverti. Un miracle s'est produit : son ours en peluche a soudain pris vie, lui jurant d'être pour toujours son meilleur ami. Aujourd'hui, John Benett (Mark Wahlberg, en pleine reconversion comique) a 35 ans, une bombe atomique en guise de copine (Mila Kunis, sublime, mais là, on n'est plus critique de cinéma) et toujours le fameux Ted collé à ses basques. Comme lui, il a grandi, et désormais il passe ses journées à fumer de la beuh, picoler et traîner devant la télé – quand il n'organise pas des soirées putes à la maison. Cohabitation explosive évidemment : Lorie ne supporte plus les excès de Ted et somme son amoureux de choisir entre elle et ce meilleur ami encombrant. Si Seth MacFarlane, créateur de la série Les Griffin, prête sa voix à Ted, on comprend vite qu'il s'identifie surtout à Benett lui-même : un ado attardé qui refuse d'accepter les responsabilités de l'âge adulte et préfère se réfugier dans l'âge radieux où il regardait en VHS Flash Gordon et lisait des comics. Face à lui, Ted n'est pas seulement un extraordinaire personnage de comédie, sarcastique, vanneur, provocateur ; c'est aussi l'incarnation d'un esprit pop des années 80 qui s'obstine à en conserver les valeurs : vulgarité, frime, culot, inconscience.

Ours en pelloche

L'enjeu consiste alors autant à renouveler avec élégance les codes de la comédie romantique – le film rappelle ainsi les derniers Blake Edwards, très conceptuels, Skin deep et Dans la peau d'une blonde – qu'à s'interroger sur la possibilité de perpétuer cet esprit-là dans le cinéma américain contemporain. Très politiquement incorrect, Ted fonce tête baissée dans les tabous de l'époque, renversant travail, religion, communautarisme et culte de la célébrité, et repoussant au passage quelques limites figuratives  – on y voit ainsi une baston homérique et pourtant improbable. La chose pourrait tourner à un plaidoyer pour une culture geek dont on connaît par ailleurs trop bien les limites si MacFarlane n'avait l'idée, brillante, d'inventer en cours de route un double maléfique à Benett, lui aussi bloqué à l'adolescence mais dans une déviance morbide. Le conte de Noël subversif du début dissimulait en fait une fable très actuelle sur une génération dont on ne sait encore quelle place il faut lui accorder.

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Teddy Beat, troisième sexe

Bande dessinée | Troisième volet des aventures de l’ourson lubrique imaginé en 2011 par l’auteur grenoblois Morgan Navarro, Teddy Beat : Sex Change voit notre protagoniste changer de sexe dans le seul but d’expérimenter la jouissance féminine. Tout un programme… qu’on vous détaille avant la séance de dédicace de l’auteur ce jeudi 8 avril à la librairie Les Modernes.

Damien Grimbert | Mercredi 7 avril 2021

Teddy Beat, troisième sexe

C’est une période chargée pour Morgan Navarro : après les deux tomes de Ma vie de réac en 2016 et 2018, il sortait au printemps 2020 Stop Work (éditions Dargaud) en collaboration avec Jacky Schwartzmann qui posait un regard acerbe sur les mutations du monde de l’entreprise moderne, et Le Président (éditions Les Arènes) en collaboration avec Philippe Moreau-Chevrolet, dystopie politique qui imaginait l’accession à la Présidence de la République de Cyril Hanouna en 2022. Avec la sortie de Teddy Beat : Sex Change, on peut littéralement parler d’un triple retour : à son éditeur historique, Les Requins Marteaux, maison d’édition bordelaise spécialisée en bande dessinée alternative au sein de laquelle il avait fait ses premiers pas, à la géniale collection "érotico-comico-expérimentale

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Danses plurielles

Rencontre | Né du souhait de réfléchir à la place que son art occupe dans la cité, le collectif CitéDanse fête ses vingt ans les 20 et 21 décembre. L’occasion d’une nouvelle rencontre avec le public, qui s’annonce aussi intense qu’agréable.

Martin de Kerimel | Mardi 10 décembre 2019

Danses plurielles

Pourquoi les spectacles de danse tournent-ils moins que d’autres ? Comment communiquer au public la passion qui anime les artistes au quotidien ? Quelle parole porter pour offrir un peu de poésie, une part d’imaginaire ? Ces grandes questions, Anne-Marie Pascoli, à la tête de la compagnie homonyme, se les pose depuis longtemps. Elles sont au cœur même de la réflexion et de l’action du collectif CitéDanse. Imaginée par des chorégraphes dès 1999, l’association compte désormais une quinzaine d’adhérents. Petit à petit, elle a accueilli des créateurs issus d’autres disciplines artistiques (musique, théâtre, arts plastiques) et, au-delà, des sociologues, des psychologues… Une diversité d'approches En complément de l’activité de leur propre structure, c’est ensemble – et bénévolement – que les membres élaborent leurs projets artistiques communs. Ils se réunissent une fois par mois pour en discuter. Sans limite. « Tout est permis, certifie Anne-Marie Pascoli. L’important est de sortir des dogmes et de la verticalité. D’après moi, la danse a vocation à parler à tout le monde parce que, tous, nous sommes d’abord des corps. » La diversité des approc

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"Seules Les Bêtes" : col de la Croix mourant

Cinema | De Dominik Moll (Fr.-All., 1h57) avec Denis Ménochet, Laure Calamy, Valeria Bruni Tedeschi…

Vincent Raymond | Mardi 3 décembre 2019

Une petite communauté montagnarde gelée par l’hiver. La disparition d’une femme provoque des réactions contrastées : indifférence du rude Michel, suspicion de son épouse Alice qui pense que son amant, le solitaire Joseph, n’est pas étranger à l’affaire. Elle n’a pas forcément tort… Retour gagnant pour l’efficace Dominik Moll, toujours à l’aise dans les ambiances psychologiquement glaçantes : le polar de Colin Niel semblait écrit pour qu’il s’empare de ses personnages tourmentés, emmitouflés sous plusieurs couches de peaux et de vêtements, et qu’il compose autour de chacun d’entre eux un chapitre (autant dire un fragment) de l’histoire globale, en variant les points de vue. Comme dans Rashōmon de Kurosawa, chaque protagoniste fabrique sa vérité à partir de faits objectifs, de conjectures et de sa propre part de ténèbres. Une situation donnée pour suspecte dans une séquence se révèlera ainsi totalement anodine dans l’autre… mais l’inverse se vérifiera encore plus souvent. Portrait d’une région rurale d’altitude standard (en proie à ses difficultés économiques ordinaires, à la saisonnalité touristique, à

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Kiddy is burning

Soirée | Chanteur, DJ, producteur, icône de mode et figure emblématique de la scène ballroom parisienne, Kiddy Smile est avant tout un passionné de longue date de la house américaine de la fin des années 1980 et du début des années 1990 à laquelle il rend un vibrant hommage sur son premier album "One Trick Pony". Comme il sera l’invité, samedi 11 mai, de la soirée "Let’s Dance" à la Belle électrique, on a décidé de lui tailler le portrait.

Damien Grimbert | Mardi 30 avril 2019

Kiddy is burning

21 juin 2018, sur le parvis de l’Élysée. Invité à mixer pour la Fête de la musique, Kiddy Smile arbore fièrement un T-shirt dont le slogan a valeur de manifeste : « fils d’immigrés, noir et pédé ». Si l’artiste au style flamboyant et au physique imposant (1m98), grandi dans une cité HLM des Yvelines, incarne de toute évidence une frange de la population française restée longtemps dans l’ombre, il serait pourtant injuste de réduire sa carrière à cette seule dimension symbolique. Musicien talentueux, engagé et charismatique, Kiddy Smile est avant tout un compétiteur féroce qui n’a pas ménagé ses efforts pour en arriver là où il est aujourd’hui. C’est d’abord en tant que danseur hip-hop qu’il fait ses premières gammes au milieu des années 2000, quittant sa cité de Rambouillet pour prendre des cours de danse à Paris. Casté dans un clip de George Michael (An Easier Affair), il s’envole quelques jours à Londres, touche son premier cachet et entame dans les années qui suivent une carrière de danseur professionnel pour des artistes comme Yelle, Magic System,

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"McQueen" : une vie cousue de fil noir

ECRANS | de Ian Bonhôte et Peter Ettedgui (GB, 1h51) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 12 mars 2019

Né dans une famille populaire de Londres sous le prénom de Lee, apprenti couturier précocement reconnu comme génie, Alexandre McQueen aura été un météore au tournant du XXIe siècle, consumé par ses démons intérieurs et l’objet de son amour, la mode. Autorisée par la famille du couturier (ses parents s’y expriment et ont confié de précieux documents), cette biographie documentaire est construite à partir d’archives complétées d’entretiens récents suivant la chronologie. Et a des airs de conte de fées rosses et féroce, ou d’une chronique d’un drame annoncé : chaque chapitre n’est-il pas frappé de l’emblème fétiche de McQueen, le crâne, symbole de vanité évocateur d’une inéluctable mort ? On y suit donc l’ascension d’un enfant plus que doué, mais introverti et tourmenté par son apparence peu avenante. Côté clair, le talent et le succès ; face sombre : la pression d’un nombre exponentiel de collections à sortir chaque année, le surmenage, la drogue et la solitude. Autant de petites violences fragilisant le créateur, le précipitant chacune plus profondément dans les abîmes de la dépression, l’ultime étant la mort de sa mère, la veille de son pro

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"Les Estivants" : congés rayés pour la grande Valeria Bruni Tedeschi

ECRANS | de & avec Valeria Bruni Tedeschi (Fr-It, 2h08) avec également Pierre Arditi, Valeria Golino, Riccardo Scamarcio…

Vincent Raymond | Mardi 29 janvier 2019

Son compagnon venant de la quitter, Anna (Valeria Bruni Tedeschi) se trouve fragilisée. Pas les meilleures dispositions pour écrire son nouveau film, ni pour passer des vacances dans la villa de sa richissime famille, entre souvenirs, fantômes et vieux différends. Et si du chaos naissait pourtant un nouvel ordre ? Sur le papier, ce film cumule les handicaps : quel intérêt pourrait-on éprouver à suivre, après Il est plus facile pour un chameau... et Un château en Italie, une énième variation sur les désarrois intimes et les relations compliquées de la cinéaste avec sa fameuse sœur et le non moins célèbre époux de celle-ci, de surcroît dans leur lieu de villégiature ? Ne nous permettrait-elle pas là de satisfaire un trivial goût pour l’indiscrétion, comme si l’on feuilletait une version respectable (et autorisée) d’un magazine people ? Pourtant, on est vite gagnés par cet effet de dédoublement et de distance qu’elle s’impose. Par l’emboitement des mises en abyme et des échos rebondissant de film en film, également, d’une grande complexité théorique : les trois œuvres, indépendantes, forment un ensemble discont

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"Mala Junta" : à la fois œuvre d’apprentissage et brûlot politique

ECRANS | de Claudia Huaiquimilla (Chil., 1h29) avec Andrew Bargsted, Eliseo Fernández, Francisco Pérez-Bannen…

Vincent Raymond | Mardi 13 mars 2018

À force de petites bêtises à la lisière de la délinquance, Tano a gagné un aller simple chez son père, dans le sud du Chili. L’ado rebelle y fait la connaissance de Cheo, son voisin, le souffre-douleur attitré du lycée. La raison ? Il est un peu gauche, et surtout indien mapuche. Trompeuse ouverture de ce film, laissant croire qu’il s’intéresse, à l’instar de tant d’autres, aux misères des ados latino-américains. De brimades sur lycéen il est certes question, mais le propos s’élargit rapidement au-delà du périmètre scolaire : Tano, qui circonscrit sa vie égoïstement en secteurs imperméables (la maison/l’école), va comprendre que tout procède d’un plus vaste ensemble. De même qu’il va saisir (peu à peu, car il part d’une conscience sociale proche du zéro absolu) l’iniquité du sort réservé aux Mapuches, ostracisés par la population, spoliés par le gouvernement, brutalisés par la police pour qu’ils quittent leurs terres. En prenant leur parti, Tano pense pour la première fois à quelqu’un d’autre que lui-même, quitte à jouer contre ses intérêts. Preuve qu’il grandit. Avec son rite initiatique, Mala Junta répond bien aux critères de la c

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Dorothée Munyaneza : « L’art doit contribuer à réparer les blessures du Rwanda et d’ailleurs »

Spectacle | C’était l’un des chocs du dernier Festival d’Avignon : le spectacle "Unwanted" de la britannico-rwandaise Dorothée Munyaneza, sur les femmes victimes de viol lors du génocide des Tutsis au Rwanda en 1994. Une proposition glaçante entre théâtre, danse et musique dont on a parlé avec elle par mail (c’était le seul moyen au vu de son emploi du temps) avant son passage par l’Hexagone de Meylan.

Aurélien Martinez | Mardi 5 décembre 2017

Dorothée Munyaneza : « L’art doit contribuer à réparer les blessures du Rwanda et d’ailleurs »

Unwanted, spectacle construit autour de paroles de femmes victimes de viol lors du génocide rwandais, fait suite à un premier spectacle plus autobiographique… Dorothée Munyaneza : Oui. Dans Samedi détente, j’ai partagé un témoignage autobiographique de ce que j’ai vécu en 1994 durant le génocide des Tutsis au Rwanda. J’ai porté à la scène mes propres mots. Je me suis ensuite demandé quelles paroles ou quels témoignages je voulais faire entendre maintenant. Après avoir vu le documentaire de Thierry Michel L’Homme qui répare les femmes à propos du Dr Denis Mukwege, mais aussi Rwanda, la vie après, paroles de mères de Benoît Dervaux et André Versaille et Mauvais souvenir de Marine Courtade et Christophe Busché, je n’avais plus de doute sur le sujet que je voulais aborder en tant qu’artiste : les témoignages de femmes victimes de viol pendant le génocide m'ont bouleversée, et j'ai voulu contribuer à la libération de leur parole. Comment avez-vous mené tout ce travail de récolte de paroles ? Plusieurs associations de soutien aux femmes victimes de vi

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"Logan Lucky" : un Steven Soderbergh petit bras

ECRANS | de Steven Soderbergh (E.-U., 1h58) avec Channing Tatum, Adam Driver, Seth MacFarlane…

Vincent Raymond | Mardi 24 octobre 2017

Les frères Logan sont des poissards, Clyde (qui a perdu son avant-bras à l’armée) en est persuadé. Bien que récemment viré et divorcé, son aîné Jimmy n’y croit pas et lui propose un casse d’autant plus ardu à accomplir qu’ils doivent compter sur Joe Bang, un braqueur… incarcéré. Heu ? Face à l’affiche, il y a de quoi baver : Steven Soderbergh réunit James Bond, la petite-fille d’Elvis, Kylo Ren et Magic Mike pour exploser le coffre-fort, non pas d’un casino au Nevada, mais d’un circuit de course automobile en Caroline du Nord. Il a beau translater son intrigue dans un État moins proche de l’Idaho, et la saturer de bras cassés (ou amputés), cette énième resucée auto-parodique de Ocean’s Eleven ne casse malheureusement pas trois pattes à un canard. Certes, il y a des crétins à la "frères-Coen", un portrait affligeant de la classe infra-moyenne et de l’Amérique profonde, mais on sent Tonton Steven tourner sur la réserve, sans forcer son talent, tout à la joie d’être avec ses potes. Si ça lui fait plaisir, pourquoi pas, mais quelle frustration pour le public ! Imagine-t-on se rendre dans un restaurant gastronomique pour se faire servir u

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"Les déclinaisons de la Navarre" : les jeux de l’amour et de la danse de la cie pjpp

Danse | Le « laboratoire pour la pratique chorégraphique » CitéDanse lance sa saison vendredi 6 octobre avec un double programme. Dont ce sympathique spectacle de la compagnie pjpp.

Aurélien Martinez | Mardi 3 octobre 2017

Un jour, Henri de Navarre, futur Henri IV, rencontre celle qui sera appelée plus tard la reine Margot. Une scène retranscrite dans un obscur téléfilm austro-allemand dont quelques minutes du dialogue, en VF, ont été extraites par le duo de danseurs Claire Laureau et Nicolas Chaigneau (compagnie pjpp). Ils s’amusent alors à rejouer ce moment maintes et maintes fois, d’où le titre du spectacle Les déclinaisons de la Navarre. Le rendu est plutôt sympathique, plein de facéties comme on pourra s’en rendre compte lors de l’ouverture de saison en deux temps de CitéDanse, puisqu’ils en dévoileront un extrait – Loïc Touzé présentera quant à lui Je suis lent, conférence performée dans laquelle il « raconte son histoire avec la danse ». Et là, un point s’impose pour ceux à qui CitéDanse ne dirait pas grand-chose. Fondée en 1999 par trois chorégraphes grenoblois (Sylvie Guillermin, Anne-Marie Pascoli et François Veyrunes), l’association, dont les locaux se situent au bout du cours Berriat, à côté de l’Ampérage, se présente comme un « laboratoire pour la pratique chorégraphique » avec notamment des présentations dans son studio d

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Théâtre : les 15 pièces à voir cette saison à Grenoble et aux alentours

Panorama de rentrée culturelle 2017/2018 | On a épluché l'ensemble des programmes des salles de l'agglo, et on en a sorti ce qui nous semble le plus pertinent. Sortez votre agenda : il y aura de quoi faire les prochains mois.

La rédaction | Mercredi 13 septembre 2017

Théâtre : les 15 pièces à voir cette saison à Grenoble et aux alentours

Le Oliver Saint-John Gogerty Mais que l’on aime au PB les Chiche Capon, clowns déjantés créateurs d’univers forts et de personnages très, mais alors très très hauts en couleur. Après avoir présenté leur LA 432 l’an passé au Théâtre municipal, ils reviennent cette saison dans les mêmes murs avec un précédent spectacle sur l’évolution de l’homme à la réputation plus que flatteuse – le spectacle, pas l’évolution. Et qui se trouve être celui qu’ils préfèrent dans l’ensemble de leur répertoire – c’est ce qu’ils nous avaient affirmé l’an passé en interview. On sera dans la salle. Au Théâtre municipal de Grenoble le 19 octobre Saigon

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"Le Prix du succès" : la rançon de la gloire (et la monnaie de sa pièce)

ECRANS | de Teddy Lussi-Modeste (Fr., 1h32) avec Tahar Rahim, Maïwenn, Roschdy Zem…

Vincent Raymond | Mardi 29 août 2017

Sur scène, Brahim (Tahar Rahim) fait rire. Et son succès profite à toute sa famille, en particulier à son irascible aîné Mourad (Roschdy Zem) qui le cornaque depuis toujours. Violent, jaloux de Linda (Maïwenn), la fiancée et metteuse en scène de Brahim, Mourad devient un obstacle dont son frère décide se séparer. Sans le lui dire… Teddy Lussi-Modeste quitte le monde gitan servant de décor à sa première réalisation Jimmy Rivière mais n’abandonne pas pour autant les histoires d’emprises claniques, où la parole (autant le verbe que la promesse) joue un rôle central. Il reste également proche des Écritures : ces histoires de bisbille entre frères, de prodigalité, de respect des anciens, de trahison des proches, de tentation… Tout cela à des relents ma foi bien bibliques. Mais si la progression dramatique de son intrigue impliquait un inéluctable virage vers le genre polar, celui-ci intervient hélas trop tard, dans un croupion de film – alors qu’il y avait matière à en faire un ress

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"Molly Monster" : fraternelle couvade pour tout-petits

ECRANS | de Ted Sieger, Michael Ekblad & Matthias Bruhn (Sui.-All.-Nor., 1h09) animation

Vincent Raymond | Mardi 9 mai 2017

Molly trépigne de joie : elle va bientôt être grande sœur ! Mais ses parents sont partis sur l’île aux œufs en oubliant d’emporter le bonnet qu’elle a tricoté pour le futur bébé… Alors Molly ne fait ni une, ni deux et s’en va à leurs trousses… Destiné aux tout-petits dès 3 ans, ce film d’animation en forme de parcours initiatique sous-entend qu’être l’aîné·e d’une fratrie se mérite comme un beau cadeau. Et qu’il faut être prêt·e a triompher de plein d’épreuves dans des ambiances bariolées, plus psychédéliques encore qu’un épisode des Teletubbies passé à la centrifugeuse ou qu’une escapade de Moomins dans l’univers de George Dunning. S’il ne s’avère pas d’un grand secours pour expliquer comment l’on fait les bébés, Molly Monster se révèle en revanche aussi audacieux visuellement que les programmes télévisés en couleur des années 1970.

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"Plus jamais seul" : (petit) drame de l’homophobie ordinaire

ECRANS | de Alex Anwandter (Chil., int. -12 ans, 1h21) avec Sergio Hernandez, Andrew Bargsted, Jaime Leva…

Vincent Raymond | Mardi 2 mai 2017

Orphelin de mère, Pablo vit à Santiago du Chili avec son père Juan. Adolescent taciturne, il aime se travestir en imitant ses idoles de cabaret. Un jour, Pablo est agressé par des "camarades", le laissant inconscient et défiguré. Un crime impuni qui oblige Juan à se saigner pour le soigner… Une société banalisant – et minorant – une agression homophobe, où la couverture sociale des victimes n’est pas garantie ; où un chef d’entreprise peut gruger son collaborateur de 20 ans (ça c’est en prime), voilà qui fait rêver… Ce visage du Chili, pourtant débarrassé de Pinochet, on aurait aimé ne pas le voir et Alex Anwandter nous le sert sur un plateau. Cri de dépit et de révolte, son film-édito vaut surtout pour la trajectoire du père, personnage qui s’incarne vraiment dans la seconde moitié, après une mise en place poussive. Un peu trop sûr de "tenir" son film par la seule force de son sujet, le réalisateur ne déploie des idées de cinéma qu’à la toute fin. Une bien triste récompense.

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Oh, les amoureux !

ECRANS | Que faire lorsqu'on est en couple et cinéphile — mais aussi quand on est cinéphile et en quête de l’âme sœur ? Se rendre dans une salle obscure, pardi ! (...)

Vincent Raymond | Mardi 7 février 2017

Oh, les amoureux !

Que faire lorsqu'on est en couple et cinéphile — mais aussi quand on est cinéphile et en quête de l’âme sœur ? Se rendre dans une salle obscure, pardi ! Chacun(e) vous le dira : c’est le meilleur endroit pour vivre une histoire passionnée ou, à défaut, passionnante. Alors, si vous promenez vos guêtres du côté de Seyssins, le 14 février prochain, jour de la Saint-Valentin, plongez dans un grand bain d’affection et de tendresse, seul(e) ou accompagné(e), grâce au double programme consacré à Wes Anderson : vous en sortirez réconcilié avec la vie et scotché à votre galant(e). Avec À bord du Darjeeling limited (2008), vous suivrez une fratrie en train de se rabibocher à l’occasion d’un voyage de deuil dépaysant ; et dans le somptueux La Vie aquatique (2005) — vrai faux biopic de Cousteau plus crédible et poétique que L’Odyssée (2016) — vous partagerez le quotidien d’un impavide explorateur des hauts fonds, Steve Zissou, incarné par le non moins impassible Bill Murray, su

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Blawan, sensation techno made in UK

Soirée | Les amateurs de techno authentique peuvent s’estimer heureux : après la venue le mois dernier d’un des piliers de la scène électronique britannique (l’indétrônable Surgeon), c’est un line-up 100% anglais de choix que nous offre la Belle électrique ce samedi 5 novembre.

Pierre Derumeaux | Mercredi 2 novembre 2016

Blawan, sensation techno made in UK

Samedi soir, on a rendez-vous à la Belle électrique avec Blawan, auteur depuis 2010 d’une série de maxis sortis sur des labels reconnus (comme Hessle Audio), et c’est une bonne nouvelle. Puisant leur singularité dans l’aisance avec laquelle l’Anglais a digéré les multiples influences électroniques londoniennes (du garage à la musique industrielle en passant par la bass music) pour renouveler la scène techno, les productions de Blawan dégagent une sombre puissance non dénuée de chaleur. Une ambivalence esthétique dont témoigne la diversité de ses sideprojects entre techno martiale (Karenn) et house granuleuse (avec The Analogue Cops). Le même soir, on pourra aussi croiser le lui aussi anglais Shifted, qui explore un autre horizon d’album en album depuis l’hypnotique EP Control (2011). Renouant avec l’esprit novateur de la techno, il a su développer, sur des labels aussi réputés que Mote Evolver ou Hospital Productions (en 2016), des sonorités profondément immersives, aux confins du dub, de l’ambient et de l’indus

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"Folles de Joie", un "Thelma et Louise" à l'italienne

ECRANS | de Paolo Virzì (It., 1h56) avec Valeria Bruni-Tedeschi, Micaela Ramazzotti, Bob Messini…

Vincent Raymond | Mardi 7 juin 2016

Atypique cavale que celle de Beatrice et Donatella : bien que pensionnaires de la Villa Biondi (une institution dévolue aux femmes atteintes de troubles psychiques), ces deux fugueuses n’ont rien en commun. Aristo mythomane et extravertie, qui plus est joueuse compulsive, la première a été placée là par son entourage pour que sa gênante présence disparaisse des portraits de famille ; quant à la seconde, pauvre fille paumée accusée d’infanticide, elle rêve de revoir son fils. Ensemble, elle forment équipage, jouant les Thelma et Louise à travers l’Italie. Plus qu’explicite, la référence au film de Ridley Scott fait même l’objet d’une citation visuelle appuyée lorsque les deux complices se retrouvent par hasard à bord d’une décapotable. L’un des fugaces moments de liberté et de bonheur de ce film portant un regard sensible sur ce que l’on nomme par commodité la “folie” – un terme générique confortable recouvrant bien des situations, représentée ordinairement par des poncifs affligeants. Paolo Virzì montre que Beatrice et Donatella sont avant tout des victimes exprimant dans leur "folie" une révolte sociale : pour l’une le refus d’être réduite à un objet décorat

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Folk panoramique signé Andy Cartwright

MUSIQUES | Le musicien anglais officiant maintenant sous le nom de Seabuckthorn sera vendredi 3 juin à la Casse, à l'invitation des Grenoblois de [reafførests].

Damien Grimbert | Mardi 31 mai 2016

Folk panoramique signé Andy Cartwright

Pour son dernier concert de la saison, ce vendredi 3 juin à 19h30 à la Casse, la valeureuse équipe de [reafførests] propose une soirée « sous le signe des déserts intérieurs et guerres extérieures ». Une jolie formule pour un très beau plateau, qui réunira sur la même scène Lynwood, projet solo de Chloé Della Valle combinant « voix cristalline, boucles vibrantes et basse à l'archet », Torticoli, trio post-punk instrumental lyonnais à mi-chemin entre nervosité et tentation prog-rock, et enfin Seabuckthorn (en photo), projet solo de l'Anglais Andy Cartwright dont l’écoute du dernier album (They Haunted Most Thickly, sorti l’an dernier chez Bookmaker Records) nous a laissés durablement envoûtés. Auteur de paysages musicaux subtils, inspirés et mélodiques, évoluant quelque part entre folk traditionnel et ambient, Seabuckthorn compose une musique qui marque instantanément, et évoque chez l’auditeur une sensation diffuse de dépaysement et de familiarité mélangées. De quoi expliquer l’étiquette, finalement assez juste, de "folk panoramique" qui lui est souvent associée.

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"Ma Loute" : À manger et à boire…

ECRANS | Si Roméo était fils d’un ogre pêcheur et Juliette travestie, fille d’un industriel de Tourcoing, peut-être que leur histoire ressemblerait à cette proto-comédie de Bruno Dumont. Un régal pour l’œil, mais pas une machine à gags. En compétition officielle à Cannes.

Vincent Raymond | Lundi 16 mai 2016

Quel accueil des spectateurs non francophones – et tout particulièrement les membres du jury du festival de Cannes – peuvent-il réserver à Ma Loute ? Grâce aux sous-titres, ils saisiront sans peine le dialogue de ce film dans son intégrité, mais ils perdront l’une de ses épaisseurs : la saveur des intonations snobinardes et des borborygmes modulés avec l’accent nordiste – forçant les non-Ch’tis à accoutumer leur oreille. Cela étant, si les mots seuls suffisaient à Bruno Dumont, il ne serait pas l’énigmatique cinéaste que l’on connaît ; d’autant plus indéchiffrable avec ce huitième long-métrage, qui prolonge son désir de comédie engagé avec la série P’tit Quinquin. Dans le fond, Dumont ne déroge guère ici à ses obsessions : capter l’hébétude quasi mystique saisissant un personnage simple après une rencontre inattendue, puis observer ses métamorphoses et ses transfigurations. Certes, les situations se drapent d’un cocasse parfois outrancier et empruntent au burlesque du cinématographe ses ressorts les plus usés (chutes à gogo, grimaces à foison, bruitages-gimmicks…). Mais il ne s’agit que d’un habillage comique ; derrière une façade pei

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Les soirées de juin

MUSIQUES | Zoom sur cinq temps forts des nuits grenobloises.

Damien Grimbert | Mardi 2 juin 2015

Les soirées de juin

Adana Twins Pour fêter ses 18 années d’existence, le Vertigo a eu la bonne idée d’inviter le duo de Hamburg Adana Twins, qui nous avait déjà rendu visite au Bar MC2 il y a un peu plus de deux ans. Signés sur le très bon label berlinois Exploited Records, Take It Easy & Friso sont les auteurs d’une house volontiers deep et néanmoins redoutable d’efficacité, qui englobe toutes les caractéristiques du son berlinois (propre, léché, minimaliste), mais sait également s’ouvrir à des influences plus souples à l’occasion, le duo cultivant en parallèle un amour de longue date pour les sonorités groove, funk, hip-hop et tropical. Les 10 ans du Vertigo avec Adana Twins, vendredi 12 juin au Vertigo

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Terre battue

ECRANS | De Stéphane Demoustier (Fr, 1h35) avec Olivier Gourmet, Charles Merienne, Valeria Bruni Tedeschi…

Christophe Chabert | Mardi 16 décembre 2014

Terre battue

Viré de son poste de responsable d’un grand magasin, Jérôme (Olivier Gourmet, parfait, comme d’habitude) cherche à se remettre en selle en créant sa propre boutique de chaussures féminines. En parallèle, son fils Ugo, 11 ans, décide de se consacrer au tennis, où il développe des aptitudes prometteuses. Pour son premier long, Stéphane Demoustier, frère d’Anaïs et auteur de quelques courts remarqués, investit un territoire à la fois balisé et inédit. Les relations père / fils, le réalisme social, ça, c’est pour l’attendu. La description des efforts et sacrifices pour monter sa boîte ou pour s’accomplir dans un sport, en revanche, est plus rarement montée à l’écran. C’est en fin de compte la réunion des deux qui donne son charme à Terre battue, Demoustier évitant certains écueils comme la projection des désirs du père sur l’avenir de son fils. Les deux sont dans des logiques de perdants et le film suit cette trajectoire très frères Dardenne (par ailleurs coproducteurs) sans en rajouter, avec une modestie qui en marque à la fois l’intérêt et les limites – à trop vouloir être modeste, il manque quand même d'envergure. Dès qu’il s’en éloigne, il est nettement moins co

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« Je ne me suis jamais senti artiste solo »

MUSIQUES | Quatre ans après "Mayday", le Parigot-Suédois Peter von Poehl est réapparu l’an dernier avec l’ultra-raffiné "Big Issues Printed Small" : près de trois ans de préparation sur scène avec orchestre, une journée d’enregistrement live en Suède et sans doute son meilleur album à ce jour, présenté à Meylan pour un concert dont sa femme Marie Modiano assurera la première partie. Propos recueillis par Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Mardi 11 février 2014

« Je ne me suis jamais senti artiste solo »

Pourquoi avoir choisi de préparer cet album sur scène avant de l’enregistrer en une journée dans les conditions du live, le tout avec un orchestre, ce qui ajoute encore à la difficulté ? Peter von Poehl : C’est une démarche incohérente et absurde, j’en suis bien conscient. Avant de faire mes propres disques, j’ai fait beaucoup de musique pour les autres [Alain Chamfort, Lio, Vincent Delerm... – ndlr] et le studio est probablement ce que je connais le mieux dans ce métier. Même si j’ai toujours enregistré sur bande, avec la technologie d’aujourd’hui on contrôle de manière extrême l’espace acoustique, on peut corriger chaque petite note qui a l’air d’être à côté. Là, l’idée était de ne pas intervenir dans le processus d’enregistrement, d’être pour une fois simplement dans la musique et d’autoriser que tout puisse se passer l’espace d’une journée. Cela paraît peut-être un peu idiot, mais en réalité ça change tout et je crois que le résultat aurait été très différent si on avait enregistré de manière plus traditionnelle

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Peter et son orchestre

MUSIQUES | Trois longues années, c'est le temps de préparation qu'aura nécessité Big Issues Printed Small, sorti il y a un peu moins d'un an. Trois années de concert avec (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 11 février 2014

Peter et son orchestre

Trois longues années, c'est le temps de préparation qu'aura nécessité Big Issues Printed Small, sorti il y a un peu moins d'un an. Trois années de concert avec un orchestre plus ou moins fourni dont, en France, seuls les chanceux qui l'auront vu Salle Pleyel en 2011 auront pu apprécier les prouesses. Trois ans de "répétitions" publiques pour aboutir à une seule journée d'enregistrement live et analogique dans le studio, perdu dans la nature suèdoise non loin de Malmö, de son producteur de toujours, Christoffer Lundquist, lauréat en 2011 du prix George Martin – dont les méthodes d'enregistrements avec les Beatles ont éclairé les deux compères. Une manière de se mettre en danger qui ne rend le résultat que plus époustouflant et, à l'image de ce processus de création inédit pour l'auteur de The Story of the Impossible, commande qu'on y revienne pour mieux en saisir chaque détail, chaque inflexion, chaque instrument, note de hautbois ou coup de métallophone. Les miniatures de Von Poehl, qui franchit ici un palier dans la hiérarchie des songwriters, s'y trouvent magnifiées par les arrangements remarquablement

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Swedish delight

MUSIQUES | Suite à la sortie il y a presque un an de son sublime Big Issues Printed Small (qui réussissait l’exploit de faire rimer miniatures pop avec (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 10 janvier 2014

Swedish delight

Suite à la sortie il y a presque un an de son sublime Big Issues Printed Small (qui réussissait l’exploit de faire rimer miniatures pop avec grandiloquence), et quand il ne met pas la main aux disques de sa femme Marie Modiano (laquelle assurera sa première partie), le Suédois Peter Von Poehl poursuit à la manière d’un Dylan boréal sa « neverending » tournée des popotes avec la bonhomie et la délicatesse qui le caractérisent – Von Poehl est l’une des rares incarnations bienveillantes du génie, c’est assez rare pour être mentionné. Multipliant les formats live (duo avec violoncelle, trio rock), Von Poehl plie ses chansons gigognes à ses envies de transformisme et aussi aux moyens du moment sans jamais leur faire perdre leur caractère éblouissant. Ceci étant dit, on rêve quand  même qu’un jour Poepoehl tourne avec un orchestre en dehors de Paris et de la Suède pour jouer ce disque. Peter Von Poehl, samedi 15 février à 20h30, à la Maison de la Musique (Meylan)

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Un château en Italie

ECRANS | De et avec Valeria Bruni Tedeschi (Fr, 1h44) avec Louis Garrel, Céline Sallette…

Christophe Chabert | Jeudi 24 octobre 2013

Un château en Italie

Une actrice qui ne joue plus rencontre un acteur qui en a marre de jouer ; avec lui, elle veut avoir un enfant. Pendant ce temps, son frère se meurt du sida et sa mère, aristocrate déchue, veut vendre le château familial… Il est plus facile pour un chameau et Actrices, les deux premiers films réalisés par Valeria Bruni Tedeschi, exaspéraient par l’impudeur avec laquelle elle étalait sa vie et son métier, sans jamais trouver une forme cinématographique autre que l’ordinaire de l’auteurisme à la française. Un château en Italie fait la même chose, et quiconque connaît un peu sa biographie – qui, pas de bol, est en partie aussi celle de sa très médiatique sœur – passera son temps à chercher les clés pour démêler ce qui relève ici de la vérité et de la fiction. Un jeu aussi vain que lassant, qui pousse parfois loin la plaisanterie – Garrel travesti refusant un rôle à un cinéaste manifestement gay, si ce n’est pas une référence à l’affaire Laurence Anyways… Dommage, car Bru

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2 guns

ECRANS | De Baltasar Kormákur (ÉU, 1h49) avec Denzel Washington, Mark Wahlberg, Paula Patton…

Christophe Chabert | Mercredi 18 septembre 2013

2 guns

Depuis qu’il s’est découvert des vertus comiques au contact de Will Ferrell puis de Seth MacFarlane, Mark Wahlberg semble décider à mettre de la rigolade partout, même lorsqu’il s’agit de jouer les gros durs. Cela fonctionnait plutôt bien dans No pain no gain, renvoyant le personnage à sa bêtise satisfaite ; dans 2 guns, cela conduit le film directement dans un platane, cette comédie d’action adaptée d’une BD se fourvoyant dans les méandres d’un scénario bordélique à souhait, où personne ne prend rien au sérieux, trop occupés à préparer la prochaine punchline. C’est d’autant plus rageant que Wahlberg a fait revenir pour l’occasion son metteur en scène de Contrebande, l’Islandais Balthasar Kormákur, plutôt doué en la matière ou dans d’autres, comme le prouvait son récent Survivre tourné sur ses terres. Ici, il se contente de faire du style, aveuglé par les clichés énormes qu’il véhicule. Exemple : ce plan où, au ralenti, De

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No pain no gain

ECRANS | Le style, vulgaire et rutilant, de Michael Bay trouve, avec cette farce noire sur trois abrutis bodybuildés engagés dans une crapuleuse révision du rêve américain, un sens nouveau et inattendu. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 4 septembre 2013

No pain no gain

Il y a deux manières de critiquer la connerie au cinéma : la première consiste à se mettre en surplomb pour s’en gausser, en sous-entendant que l’intelligence est évidemment derrière la caméra ; la seconde, plus retorse, cherche à descendre au niveau de cette connerie et d’en épouser la logique, jusqu’à la faire déborder, produisant de fait une distance entre le spectateur et le spectacle. C’est la méthode du cinéaste Verhoeven, dont Harmony Korine a offert une variation remarquable avec son Spring Breakers cette année. On n’aurait jamais pensé qu’un jour Michael Bay, ambassadeur du blockbuster décérébré et épileptique, s’inscrirait dans cette lignée-là ; c’est pourtant presque ce qui arrive avec No pain no gain, même si Bay tente aussi, et c’est la limite de son film, de jouer sur les deux tableaux. Inspiré d’un fait-divers à peine croyable, No pain no gain montre comment un pauvre type (Mark Wahlberg), ancien escroc devenu moniteur de bodybuilding, va s’associer à deux autres culturistes, un black ayant abusé des stéroïdes au point

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À l’ombre des jeunes arbres en fleurs

MUSIQUES | Pop froide / Quand la première plage de l’album Hunter not the hunted commence à diffuser sa douce et grave mélopée dans notre oreille, on est d’abord intrigué (...)

Laetitia Giry | Vendredi 19 avril 2013

À l’ombre des jeunes arbres en fleurs

Pop froide / Quand la première plage de l’album Hunter not the hunted commence à diffuser sa douce et grave mélopée dans notre oreille, on est d’abord intrigué par une atmosphère post-rock planante et électrique, puis saisi par une voix sépulcrale. Celle de Simon Huw Jones, dont le timbre à la Stuart Staples (des Tindersticks) envoûte (presque) autant que ce fameux confrère. Ce dernier album, sorti en 2012, renoue avec les sons électriques oubliés pendant quelques années au profit de l’acoustique. Si l’on peut parler en années, c’est que le groupe And also the trees a réussi l’exploit de durer et de se renouveler assez pour que ses créations figurent encore – trente ans après sa naissance – parmi les musiques à écouter pour leur qualité et leur nouveauté. Trente ans et presque autant de légères métamorphoses, faites de constance et de goût du risque : assez de ces deux éléments pour ne pas perdre son identité (ah ceux qui s’oublient sont vite oubliés) tout en ne se répétant pas au point de lasser. C’est ainsi que modestement, dignement, musicalement, ces British royaux se présenteront au Ciel, diffusant e

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Le Monde fantastique d’Oz

ECRANS | La rencontre entre Disney et Sam Raimi autour d’une ingénieuse genèse au "Magicien d’Oz" débouche sur un film schizo, où la déclaration d’amour au cinéma du metteur en scène doit cohabiter avec un discours de croisade post-Narnia. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 7 mars 2013

Le Monde fantastique d’Oz

En écrivant la semaine dernière que Spring Breakers était une variation autour du Magicien d’Oz où James Franco serait une version gangsta dudit magicien, on ne savait pas encore que celui-ci l’incarnait pour de bon dans cette version signée Sam Raimi. Il faut dire que le titre français est trompeur : il laisse entendre que l’on est face à un remake du classique de Victor Fleming, alors qu’il en écrit en fait la genèse. Il s’agit donc de raconter comment un prestidigitateur minable et très porté sur la gent féminine, qui se rêve en Thomas Edison mais se contente de tours à deux sous dans une roulotte du Kansas, va passer de l’autre côté de l’arc-en-ciel et découvrir le monde d’Oz, ses vilaines sorcières et son chemin de briques jaunes. Sam Raimi rend avant tout un hommage esthétique à l’original : il débute par trente minutes en noir et blanc, son mono et format carré, avant de laisser exploser couleurs, effets sonores et 3D débridée. Il y a là une jolie déclaration d’amour au cinéma comme illusion permanente et nécessaire, un peu à la

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Les soirées du mois de décembre

MUSIQUES | Myd, Panteros666 et Crackboy Alléchant plateau que celui composé par l’association Roots’n’Culture pour sa prochaine Nuit électro. Au programme, deux des (...)

Damien Grimbert | Lundi 3 décembre 2012

Les soirées du mois de décembre

Myd, Panteros666 et Crackboy Alléchant plateau que celui composé par l’association Roots’n’Culture pour sa prochaine Nuit électro. Au programme, deux des quatre membres du collectif Club Cheval (Myd (photo) & Panteros666), dont on avait déjà célébré à plusieurs reprises dans ces colonnes l’éclectisme des sélections, l’efficacité redoutable des productions, et surtout l’absence totale d’œillères musicales qui rend chacun de leur set si excitant. Et pour les accompagner, rien de moins que le mystérieux Crackboy (dont on gardera l’anonymat), talentueux producteur parisien auteur de plusieurs EPs irréprochables pour Get The Curse, Tigersushi, I’m a Cliché ou encore Zone Records, mais également de DJ-sets de très haute volée. On a déjà hâte d’y être ! La Nuit électro, samedi 8 décembre au Bar MC2 Aeroplane Oscillant à la croisée de la cosmic disco, de la pop synthétique et de la balearic house, l’ital

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Short Édition : « La qualité ne se mesure pas au poids ! »

ACTUS | En cette rentrée 2012, nous lançons un partenariat avec Short Édition, éditeur basé à Grenoble qui, depuis 2011, publie en ligne et gratuitement des romans courts, nouvelles, bandes dessinées, strips, poèmes, slams, chansons... Chaque mois, Le Petit Bulletin sélectionnera pour vous un de leurs textes, accessible via notre site Internet [MAJ : nous avons arrêté notre partenariat en 2013]. Rencontre avec l’une des responsables du projet. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Lundi 24 septembre 2012

Short Édition : « La qualité ne se mesure pas au poids ! »

Comment est né shortEdition ? Isabelle Pleplé, responsable éditoriale : Notre constat est que l’édition a besoin du format court, un produit à part entière de l’économie du livre qui a pourtant toujours été mal perçu dans la littérature francophone. Les libraires, les distributeurs, les éditeurs, les auteurs... : tous ont besoin de produits qui se vendent chers, et c’est évidemment plus facile de vendre cher un produit de 180 pages qu’un produit de 50 pages, voire de 40 ou 20. D’où l’idée répandue que si ce n’est pas long, c’est forcément mauvais. Alors que nous, au contraire, pensons que ce qui est court peut être bon... La qualité ne se mesure pas au poids ! Quelles sont, selon vous, les raisons de cette dévalorisation du format court ? C’est la culture française de l’édition, qui s’est construite en partie sur le modèle de Gallimard, modèle très élitiste... Pour résumer, en France, celui qui fait une nouvelle, c’est celui qui ne sait pas faire un roman. Alors qu’en littérature anglo-saxonne, les auteurs de nouvelles sont beaucoup mieux considérés. Quelles sont les vertus du court ?

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« Pas un truc d’experts »

SCENES | L’équipe du collectif grenoblois CitéDanse poursuit l’aventure débutée la saison passée sur les croisements possibles entre danse et philosophie. L’occasion d’une rencontre pour en parler, et pour revenir avec eux sur l’esprit CitéDanse, en marche depuis 1999. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Jeudi 9 février 2012

« Pas un truc d’experts »

Danse et philo, le projet Martine Chebli, médiatrice chorégraphique : Jérémy a repris une volonté qui existait depuis plusieurs années, mais qui n’avait pas encore trouvé sa forme concrète à CiteDanse. L’année dernière, ça s’est matérialisé par les Curiosités danse philo qui, comme leur nom l’indique, mariaient danse et philosophie. C’était des séances de deux heures, entre midi et deux. Cette année, ça a pris un peu plus d’ampleur, puisque ça se passe sur une journée entière – quatre dimanches. Une première séance a eu lieu dimanche 4 décembre, trois sont à venir.Jérémy Damian, référent projet "Étirements" au sein du collectif : À la base, c’est parti d’une sollicitation de François Jousserandot, l’un des membres du collectif [et l’un des ardents promoteurs du contact-improvisation à Grenoble – NdlR], qui m’a dit : "ça ne te dirait pas que l’on essaie de monter

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Jimmy Rivière

ECRANS | De Teddy Lussi-Modeste (Fr, 1h30) avec Guillaume Gouix, Hafsia Herzi…

François Cau | Vendredi 4 mars 2011

Jimmy Rivière

Ça y est, à force de nous imposer ses crises de foi en série, le cinéma d’auteur français nous a soulevé le bide. Malgré ses maigres bonnes intentions, ce chemin de croix d’un jeune gitan tiraillé entre sa nouvelle confession pentecôtiste et ses passions pour la boxe et le corps de sa copine est aussi incertain que son héros, semble même pétrifié à l’idée de traiter véritablement son sujet. La mise en scène hésite en permanence entre naturalisme et esthétisation, pour un rendu tout sauf immersif. Le scénario, tout en boucles mal fermées et répétitions pénibles, s’enfonce dans le sol à force de piétiner, et la direction d’acteurs chaotique (même Hafsia Herzi en devient insupportable) achève malheureusement de rendre la vision de ce premier film assez douloureuse. FC

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Save the date

SCENES | Trois autres propositions cette semaine à même d’exciter l’amateur de danse contemporaine. AM

François Cau | Vendredi 4 février 2011

Save the date

L’art du bondissementOn en a déjà beaucoup parlé (allez faire un tour sur note site web) ; on en remet une dernière couche avant son passage à l’Hexagone : la danseuse et chorégraphe Kaori Ito, interprète chez Platel, Découflé, Thiérrée and co, dévoilera cette semaine The Island of no memories, sa troisième création. Elle reprendra la petite forme créée pour la première édition du concours [re]connaissance, forme qui lui avait valu le premier prix. Et évoquera ainsi l’histoire « d'un homme qui veut oublier la routine de sa vie », avec nombre d’images et de fils narratifs – du moins, c’est ce qu’on a déduit de sa prestation au concours.Mardi 15 et mercredi 16 à 20h, à l’Hexagone (Meylan). Plastiquement hypnotiqueFidèle à son processus de création, la chorégraphe grenobloise Anne-Marie Pascoli avait mis en place au cours des derniers mois plusieurs chantiers ouverts au public pour présenter ses différentes étapes de travail menant à la pièce Oui. Cela nous a permis d’appréhender au mieux la scénographie passionnante : une série de tubes transparents qui permet des combinaisons infinies de jeu en

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"Black swan" : Darren Aronofsky et Natalie Portman mènent la danse

ECRANS | Une jeune danseuse introvertie cherche à se dépasser pour incarner le double rôle d’une nouvelle version du "Lac des cygnes". Sans jamais sortir d’un strict réalisme, Darren Aronofsky fait surgir le fantastique et le trouble sexuel dans un film impressionnant, prenant et intelligent.

Christophe Chabert | Jeudi 3 février 2011

Éternel espoir d’une prestigieuse troupe de ballet new-yorkaise, Nina est à deux pas d’obtenir le sésame qui fera décoller sa carrière : le premier rôle d’une nouvelle création du Lac des Cygnes montée par un énigmatique et ambigu chorégraphe français, Thomas. Elle réussit haut la main les auditions dans la peau du cygne blanc, mais sa puérilité et son manque d’érotisme laissent planer un doute sur sa capacité à incarner son envers démoniaque, le cygne noir. D’autant plus qu’une jeune recrue, Lily, paraît bien plus à l’aise qu’elle, libre dans son corps et assumant une sexualité agressive qui nourrit sa prestation. Nina est un personnage polanskien, cousin de celui de Deneuve dans Répulsion, mais accomplissant un trajet inversé : plutôt que de choisir la claustration conduisant à une folie homicide et autodestructrice face à la "menace" du désir, Nina doit au contraire sortir d’elle-même et de l’appartement dans lequel elle vit avec une mère surprotectrice, danseuse ratée reportant sur sa progéniture ses ambitions avortées — là, on est plutôt du côté du Carrie de De Palma. Elle subira cette révélation du sexe comme une transformation monstrue

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Soirée de clôture des "curiosités danse philo"

CONNAITRE | Depuis fin septembre, l’association CitéDanse organise des Curiosités danse philo qui, comme leur nom l’indique, se proposent de mettre en parallèle des (...)

François Cau | Lundi 6 décembre 2010

Soirée de clôture des

Depuis fin septembre, l’association CitéDanse organise des Curiosités danse philo qui, comme leur nom l’indique, se proposent de mettre en parallèle des concepts philosophiques et des pratiques liées à la danse. On a ainsi eu droit à une étude de l’improvisation en danse en convoquant Spinoza, ou encore à une séance plus spirituelle (à laquelle on a assistée) sur Espace intérieur et espace extérieur, à travers les textes du penseur Eckhart Tolle : ça brasse large ! Samedi 11, se déroulera ainsi la soirée de clôture de ces curiosités, en compagnie des différents porteurs de textes intervenus sur les deux mois (des philosophes, des artistes…). Au programme : un "philoquizz", des expériences pratiques, des surprises et une série d’échanges entre participants. Un projet balbutiant mais néanmoins intéressant que mène là CitéDanse, qu’on ne demande qu’à voir évoluer.

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Soirée recherche + Barefoot dancefloor

SCENES | Pour « finir la saison en beauté » ce jeudi 1er juillet, l’association CitéDanse propose une soirée découpée en deux temps. D’abord, un moment de recherche avec (...)

François Cau | Lundi 28 juin 2010

Soirée recherche + Barefoot dancefloor

Pour « finir la saison en beauté » ce jeudi 1er juillet, l’association CitéDanse propose une soirée découpée en deux temps. D’abord, un moment de recherche avec la chorégraphe montréalaise Johanna Bienaise pour « questionner un aspect spécifique du mouvement dansé, que ce soit dans sa relation avec une autre discipline artistique ou dans sa résonance avec un travail de recherche philosophique, sociologique, historique… ». Elle interprètera ainsi trois soli écrits par trois chorégraphes (Kelly Keenan, George Stamos, Anne-Marie Pascoli). Pourquoi pas. Ensuite – et là est la raison principale de ce coup d’œil enamouré –, la thématique de la fin de soirée sera "chacun cherche sa plage". Les spectateurs sont ainsi invités à amener leur meilleure plage musicale pour ensuite animer les 2h30 de dancefloor prévues. On valide ; et l’on vous fait confiance pour nous épargner Émile et Images. Merci.

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Ils voulaient jouer cabaret

MUSIQUES | Et revoilà le Johnny Staccato Band ! Le temps de quatre soirées très différentes, le Théâtre 145 va redevenir le "Syncopated Club", avec aux manettes l’émanation (...)

François Cau | Vendredi 5 février 2010

Ils voulaient jouer cabaret

Et revoilà le Johnny Staccato Band ! Le temps de quatre soirées très différentes, le Théâtre 145 va redevenir le "Syncopated Club", avec aux manettes l’émanation la plus jazzy des Barbarins Fourchus. Flash-back : il y a une bonne quinzaine d’années, à l’époque où Mitterrand finissait tout juste ses affaires avant de les laisser à Chirac, Grenoble voyait débouler le Johnny Staccato Band : une formation de sbires pas tous jazzmen, mais tous emplis d’une liberté créatrice loin des codes d’un jazz classique trop figé à leur goût. Depuis, la scène locale n’est plus la même, et ce ne serait pas pour nous déplaire (en témoigne le nombre pléthorique d’articles que nous leur avons consacrés dans ces colonnes – à consulter sur notre site internet si vous voulez connaître leur bio sur le bout des doigts). Leur musique sonne comme un coup de pied dans la fourmilière, avec une fâcheuse tendance à mélanger les genres, et à se plonger dans un passé pas si lointain où le jazz se jouait dans des vieux clubs qu’on aurait pu croire inventés pour servir de décor au cinéma. Niveau actu, les musiciens viennent tout juste de sortir un six titres intitulé Smuggling time, enregistré en 2008 à Tijuana :

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All night long

SCENES | Nichée dans le quartier Berriat, CitéDanse effectue depuis dix ans un travail considérable autour de la danse, en développant un espace de recherche (...)

François Cau | Vendredi 2 octobre 2009

All night long

Nichée dans le quartier Berriat, CitéDanse effectue depuis dix ans un travail considérable autour de la danse, en développant un espace de recherche chorégraphique et en permettant la confrontation directe entre artistes et public. L’association est ainsi née en 1999 de l’imaginaire des trois chorégraphes Anne-Marie Pascoli, François Veyrunes et Sylvie Guillermin (mais cette dernière a quitté le navire en 2002, remplacée par Cathy Cambet, qui a développé tout un travail avec les jeunes), ce qui plaça d’emblée le projet sur des rails artistiques et de création. Le but des fondateurs a aussi été de diversifier les approches, en travaillant avec des psychologues, sociologues, philosophes, enseignants… pour élargir le champ de réflexion (on se souvient de leurs soirées l’année dernière autour du handicap). Actuellement, CitéDanse offre un espace artistique considérable par le bais de diverses manifestations, comme les Soirées champs croisés, les Regards en cours (suivre l’élaboration d’une création) ou encore en proposant divers stages et formations. Pour célébrer ses dix ans en fanfare, CitéDanse organise une nuit (jusqu’à trois heures du matin) avec les artistes qui ont jalonné le

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Au jour le jour

MUSIQUES | Nos sympathiques têtes brûlées de la rédaction ont concocté pour vous, oui, vous, une adorable sélection quotidienne de lives immanquables. Aurélien Martinez et Patrice Coeytaux

François Cau | Vendredi 3 juillet 2009

Au jour le jour

Lundi c’est piscineGroupe rouannais aux influences très outre-Manche, Tahiti 80 inaugurera cette nouvelle édition du Cabaret frappé. La pop efficace et festive de ces quatre musiciens méconnus en France (alors qu'on nous dit qu’ils sont adulés en Belgique, au Japon voire aux États-Unis !) est idéale pour lancer les hostilités. Ils viendront défendre Activity Center, leur dernière production en date : un album ludique et dansant, qui fait du bien au moral (écoutez surtout Unpredictable). Mercredi c’est folk exotiquePour Naosol et son compère Waxx, tout a démarré par l’enregistrement et la diffusion sur dailymotion de petites vidéos à destination de leurs potes, dans lesquelles le duo reprenait en guitare acoustique / voix les tubes intemporels. Ils se sont ensuite lancé dans l’écriture d’un premier album, 1968, sorti en mars 2009 et produit grâce à leurs fans Internautes (et oui !). Un disque entre folk américaine et musiques exotiques, dans un registre entre Ben Harper et folk légère. Jeudi c’est LA soirée du Cabaret…… Parce que le Petit Bulletin est partenaire et que

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Danse pour tous, danse par tous !

SCENES | Les aficionados de Jean-Claude Gallotta seront d’accord : des personnes handicapées peuvent très bien danser (le dernier spectacle du chorégraphe grenoblois (...)

François Cau | Lundi 9 mars 2009

Danse pour tous, danse par tous !

Les aficionados de Jean-Claude Gallotta seront d’accord : des personnes handicapées peuvent très bien danser (le dernier spectacle du chorégraphe grenoblois intégrait ainsi deux personnes en fauteuil). CitéDanse propose au Théâtre 145 deux soirées autour du « corps handicapé engagé dans la danse » : peut-on danser avec un corps différent ? Si oui, comment ? Et avec qui ? A la première question, CitéDanse répond avec un oui franc. Jeudi soir, une soirée vidéos présentera par exemple un documentaire sur la Cie Pascoli travaillant avec des danseurs aveugles à Taïwan. Mais le cœur de la question sera abordé le lendemain avec la présentation de trois pièces de chorégraphes très différents mais tous sensibles au rapport entre danse et handicap. Chacun à leur manière, ils répondront aux deux autres interrogations, en n’ayant pas peur de montrer sur scène la différence de leur interprètes (un fauteuil par-ci, une béquille par-là…) et en intégrant des personnes dîtes valides dans leurs chorégraphies, comme par exemple avec Differentia de la chorégraphe grenobloise Colette Priou (qui a beaucoup travaillé avec Jean-Claude Gallotta et Christiane Blaise). Il s’agit donc avant tout d

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"À bord du Darjeeling Limited" : Wes Anderson l'humaniste

ECRANS | Après "La Vie aquatique", Wes Anderson raffine encore son art de la comédie pince-sans-rire avec un film maîtrisé, libre et touchant sous influence manifeste de la Nouvelle Vague.

Christophe Chabert | Jeudi 13 mars 2008

Surprise ! En première partie d’À bord du Darjeeling Limited, vous verrez un petit court-métrage intitulé Hôtel Chevalier, aussi réalisé par Wes Anderson. Soit une chambre d’hôtel parisien où un homme mutique et maniaque (Jason Schwartzman, qui n’avait pas vu son talent comique si bien servi depuis Rushmore du même Anderson) attend une femme (Natalie Portman, simplement sublime). On peut considérer ce film bref et éclatant comme le sommet provisoire de la carrière de Wes Anderson : le décor se prête à son jeu favori, le plan de coupe latéral où l’on observe l’action comme si on regardait une maison de poupée ou une scène de théâtre. L’utilisation répétée d’un tube ringard, les déplacements chorégraphiés des acteurs, le recours au ralenti (a-t-on déjà écrit que les ralentis de Wes Anderson sont les plus beaux du cinéma mondial ?) et la mélancolie érotique qui se dégage de l’ensemble donnent à cette miniature son charme irrésistible. Mother India Cet "avant programme" n’est pas sans rapport avec le "grand" film qui va suivre. Parce que le personnage principal du court devient un des trois

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