Renoir

ECRANS | De Gilles Bourdos (Fr, 1h51) avec Michel Bouquet, Vincent Rottiers, Christa Theret…

Christophe Chabert | Jeudi 20 décembre 2012

Quel est l'angle de ce Renoir signé Gilles Bourdos ? Ni biopic du père Auguste, saisi au crépuscule de sa vie, ni regard sur la jeunesse du fils Jean, soldat au front et pas encore cinéaste, le film s'intéresse surtout à ce qui va temporairement les unir : la belle Andrée Heuschling, modèle d'Auguste puis amante de Jean, avant de devenir son actrice sous le pseudonyme de Catherine Hessling. Le film ne va pas jusque-là et c'est comme un aveu de la part de Bourdos : le cinéma ne l'intéresse pas, ni comme sujet, ni comme matière. Tout au plus aime-t-il faire des images où il retrouve la lumière des tableaux de Renoir ; par contre, diriger les acteurs ou trouver un point de vue pour sa mise en scène est le cadet de ses soucis. Les scènes se déroulent dans la neurasthénie la plus complète, Christa Theret est ramenée à une pure présence charnelle, et même Michel Bouquet en fait trop (il faut le voir bredouiller des « Mon Jeannot ! » dans sa fausse barbe pour mesurer le désastre). Un gâchis monumental.

Christophe Chabert


Renoir

De Gilles Bourdos (Fr, 1h51) avec Michel Bouquet, Christa Theret...

De Gilles Bourdos (Fr, 1h51) avec Michel Bouquet, Christa Theret...

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1915. Sur la Côte d’Azur. Au crépuscule de sa vie, Auguste Renoir est éprouvé par la perte de son épouse, les douleurs du grand âge, et les mauvaises nouvelles venues du front : son fils Jean est blessé… Mais une jeune fille, Andrée, apparue dans sa vie comme un miracle...


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"Sauver ou périr" : feu le pompier

ECRANS | Le parcours d’un pompier parisien, de l’adrénaline de l’action à la douleur du renoncement après l’accident. Une histoire de phénix né à nouveau par le feu qui faillit le consumer, marquant (déjà) la reconstruction d’un cinéaste, Frédéric Tellier, pourtant parti de guingois avec son premier long.

Vincent Raymond | Mardi 27 novembre 2018

Jeune sapeur-pompier dévoué et heureux en ménage, Franck (Pierre Niney) aspire à diriger des opérations sur des incendies. Hélas, sa première intervention se solde par un grave accident le laissant plusieurs mois à l’hôpital, en lambeaux et défiguré. Un lent combat pour réapprendre à vivre commence… Consacrer un film à un soldat du feu juste après avoir jeté son dévolu sur la brigade du Quai des Orfèvres ayant traqué Guy Georges (dans le très inégal L’Affaire SK1, 2014) risque de laisser penser que le réalisateur Frédéric Tellier donne dans le fétichisme de l’uniforme ou des agents du service public. Pour autant, ses deux longs-métrages n’ont pas grand-chose en commun, si ce n’est qu'ils s'inspirent d’une histoire vraie et bénéficient de l’appoint d’un bon co-scénariste, David Oelhoffen (auteur par ailleurs du réussi Frères ennemis sorti en octobre dernier). Tellier débute sans prendre de gants par une contextualisation brute et édifiante

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Christa Théret : « C’est une grande joie pour moi que "LOL" perdure »

ECRANS | Déjà une petite quinzaine d’années de carrière pour la comédienne découverte dans "Le Couperet" de Costa-Gavras et révélée par "LOL" de Lisa Azuelos. Dans "Gaspard va au mariage", elle ne voit pas l’ours : elle revêt sa peau. Interview.

Vincent Raymond | Mercredi 31 janvier 2018

Christa Théret : « C’est une grande joie pour moi que

Est-ce le ton comique ou mélancolique du scénario de Gaspard va au mariage qui vous a le plus touchée à la première lecture ? Christa Théret : Sa mélancolie – je suis très mélancolique. Il y a des envolées, de la légèreté, plein de métaphores. Et l’on ressent aussi du spleen, même si on n’est pas dans Baudelaire ! (rires) Trouvez-vous cette famille "normale" ? Aucune famille ne l’est. Mais celle-ci est en train de se libérer : les choses ne sont pas tues et il n’y a pas d’hypocrisie. Souvent, dans les repas de famille, on dit que chacun doit avoir une place, être bien sous tout rapport… Ici, la folie peut se libérer et il y a une honnêteté dans les rapports. Vous endossez une peau d’ours durant quasiment tout le film. En quoi un costume de cette nature vous a-t-il aidée à composer votre personnage ? Ça aide toujours, un costume. Avec une peau d’ours, on se sent un peu exclue, et en même tem

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Dernière marche pour les Inouïs du Printemps de Bourges

MUSIQUES | Ils sont huit rhônalpins présélectionnés pour les Inouïs du Printemps de Bourges, ce tremplin national révélateur, le plus souvent, des talents musicaux de demain. Huit à devoir encore franchir la dernière étape dans l'épreuve du live. Huit dont quatre seront sur la scène de la Bobine vendredi 2 février. Présentations.

Stéphane Duchêne | Mardi 30 janvier 2018

Dernière marche pour les Inouïs du Printemps de Bourges

Dans un célèbre télé-crochet musical, on appellerait ça "l'épreuve du feu". Seuls quelques heureux élus sont passés entre les mailles de la présélection pour accéder à l'ultime étape des Inouïs du Printemps de Bourges : le live. En Rhône-Alpes (les anciennes régions ont été ici conservées), ils sont huit à batailler pour une place (ou deux, ou trois, ou peut-être zéro, selon un calcul savant qu'il serait trop long d'expliquer ici) et un beau coup de projecteur au Printemps. Huit répartis en deux groupes de quatre pour ces ultimes auditions. Ainsi, dès que Saint Sadrill, Leïla Huissoud, Parquet et Pratos auront achevé d'en découdre sur la scène du Marché Gare à Lyon, ce sera au tour de Nikitch (photo), Tracy de Sa, Terrenoire et Kcidy de tenter d'accrocher le pompon sur celle de la Bobine. Le premier, de son vrai nom Nicolas Morant, aura l'avantage (qu'on se rassure, il ne sert à rien) de jouer à domicile, dans la catégorie électro/funk/house, et appartient à cette faune d'anciens musiciens classiques qui ont décidé de mettre leur virtuosité aux services des sons de l'époque.

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"Toril" : (petit) thriller camarguais signé Laurent Teyssier

ECRANS | de Laurent Teyssier (Fr., 1h23) avec Vincent Rottiers, Bernard Blancan, Tim Seyfi…

Vincent Raymond | Mardi 13 septembre 2016

Pour sauver son maraîcher de père de la banqueroute, un petit planteur de cannabis du sud de la France se sert du hangar familial pour écouler, durant un temps qu’il imagine bref, d’énormes quantités de stupéfiants pour le compte du parrain local. Or ce dernier, convaincu par la couverture, ne voit pas l’intérêt de s’en priver ; il menace de jeter dans son toril, lieu où les taureaux sont enfermés avant une corrida, ceux qui contrecarreraient ses plans. En cette rentrée, les gros bovins semblent se complaire dans la fréquentation des marginaux. Mais si dans le film brésilein Rodéo (sorti le 7 septembre), ils permettaient à des vachers de subsister, ils servent ici de supplétifs à un caïd (à front de taureau, forcément) appréciant leur brutalité meurtrière. En fait, c’est leur puissance allégorique, peckinpahesque (du nom du fameux réalisateur américain) pourrait-on dire, qui fascine Laurent Teyssier ; leur potentiel de destruction massive annonçant un finale façon puzzle. Même si Vincent Rottiers lèg

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"Nocturama" : les bombes de la jeunesse par Bertrand Bonello

ECRANS | Après deux films en costumes ("L’Apollonide" et "Saint Laurent"), "Nocturama" signe le retour de Bertrand Bonello au plus-que-présent de l’allégorique pour l’évocation d’une opération terroriste menée par un groupuscule de jeunes en plein Paris. Brillant, brûlant et glaçant.

Vincent Raymond | Mardi 30 août 2016

Voici des temps absurdes où l’on en vient à redouter les attentats autant pour leur inqualifiable barbarie que pour leurs conséquences sur la diffusion des œuvres cinématographiques susceptibles de les évoquer. Où, en somme, des auteurs proposant une lecture analytique souvent clairvoyante des métaphénomènes sociétaux voient la carrière de leur film avortée parce que leur fiction s’accorde avec l’actualité, ou lui fait un cuisant écho. Made in France de Nicolas Boukhrief et Bastille Day de Peter Watkins ont déjà payé un lourd tribut en étant retirés de l’affiche ; quant à l’extraordinaire Les Cowboys de Thomas Bidegain, il a senti le vent du boulet. Espérons que Nocturama, déjà écarté du Festival de Cannes, ne subira pas de sanction supplémentaire, au nom de la "préservation de l’ordre public". Car soustraire des yeux du

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"L’Origine de la violence" : Élie Chouraqui ose affronter le passé

ECRANS | Absent des écrans depuis presque une décennie, Élie Chouraqui revient avec un film inégal dans la forme mais prodigieusement intéressant sur le fond. Pas vraiment étonnant car il pose, justement, des questions de fond.

Vincent Raymond | Mardi 24 mai 2016

Comme beaucoup de cinéastes, d’artistes ou tout simplement d’êtres, Élie Chouraqui est double. Parfois il s’engage dans une veine sentimentale, dans le film-chorale “superficiel et léger” façon Les Marmottes ; parfois il montre sa face la plus tourmentée dans des œuvres graves, profondes – indiscutablement les plus réussies. Man on Fire (1989) ou Harrison’s Flowers (2000) constituent ainsi des repères précieux dans sa filmographie ; L’Origine de la violence pourrait les rejoindre – et ce en dépit d’une facture parfois un peu bancale, qu’un budget étriqué peut justifier. Bien qu’il s’agisse ici d’une adaptation d’un roman de Fabrice Humbert, l’œuvre en résultant s’avère éminemment personnelle ; une sorte de synthèse où il opère une réconciliation entre ses thèmes de prédilection : la famille, la mémoire et la guerre – pas n’importe laquelle, la Seconde Guerre mondiale. Partant questionner les silences intimes, les non-dits et les interdits (lors d’un voyage au camp de co

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Tout en haut du monde

ECRANS | De Rémi Chayé (Fr, 1h20) animation

Vincent Raymond | Mardi 26 janvier 2016

Tout en haut du monde

Le renouveau de l’animation viendrait-il de la diversité européenne ? Car même si l'on trouve mille qualités à Vice-Versa, Dragons voire à L’Âge de glace, ces films souffrent tout de même d’un regrettable conformisme esthétique – quand ils ne succombent pas à certains tics et gimmicks narratifs. Comme si la créativité de leurs auteurs n’avait le droit de s’exprimer qu’à l’intérieur d’un champ clos produisant des fruits ronds, colorés et sucrés, à la saveur prévisible. De notre côté de l’Atlantique, les cinésates ont une autre approche. Parce qu’ils ne cherchent pas à rivaliser dans la restitution de la réalité (cette course à l’échalote technique servant d’argument aux films ayant les scénarios les plus pauvres), ils investissent l’écriture en traitant de sujets plus segmentants et moins glamour, tout en réfléchissant à la dimension plastique de leurs œuvres. Découvrir Tout en haut du monde, c’est avoir le regard ébloui par une bourrasque de pureté et de clarté. R

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La Fille du patron

ECRANS | De et avec Olivier Loustau (Fr, 1h38) avec Christa Théret, Florence Thomassin…

Vincent Raymond | Mardi 5 janvier 2016

La Fille du patron

Premier long-métrage de fiction d’un fidèle de Kechiche formé de surcroît au documentaire, La Fille du patron ne surprendra donc pas par son réalisme social, à la tonalité presque anglaise : un courant affectif et solidaire lie entre eux les protagonistes, mais aussi les attache à leur usine, qui est comme un prolongement organique de leur être. Ce qui étonnera en revanche, c’est la détermination sans faille du personnage Vital campé par le réalisateur : chacun de ses choix (dans la sphère professionnelle ou privée) est irrévocable – remords et regrets lui étant étrangers. Un caractère entier et droit, couplé à un profil plutôt taciturne, conférant à ce héros prolo le mixte de mystère et de charisme expliquant la fascination qu’il exerce sur la fameuse “fille du patron”, au-delà des clichés relatifs aux différences d’âges, de milieux sociaux... S’écartant des insupportables standards réclamant de la happy end, La Fille du patron s’achève tout en nuances, confirmant si besoin était l’ineptie du manichéisme simpliste…

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Dheepan

ECRANS | Jacques Audiard a décroché une Palme d’or avec un très bon film qui n’en avait pourtant pas le profil du parfait lauréat, même si cette histoire de guerrier tamoul cherchant à construire une famille en France et se retrouvant face à ses vieux démons est plus complexe que son pitch ne le laisse croire. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 19 août 2015

Dheepan

Prenons une métaphore footballistique : si Un prophète était dans la carrière de Jacques Audiard un tir cadré et De Rouille et d’os un centre décisif, Dheepan fait figure de passe en retrait… Ce qui ne veut pas dire qu’elle ne conduira pas à un but, et c’est bien ce qui est arrivé à Cannes, puisque le film est reparti avec une Palme d’or qui a surpris tout le monde. Mais c’est peut-être le propre des grands films que d’apparaître sous un jour fragile tout en laissant la sensation d’assister à quelque chose de fort qui nous accompagnera longtemps après. Dheepan s’ouvre sur la préparation d’un bûcher où l’on va brûler des cadavres. Nous sommes au Sri Lanka et la guerre civile se termine, soldant la défaite des Tigres tamouls. Parmi eux, Dheepan observe les dépouilles de ses compagnons avec résignation ; la guerre est derrière lui, mais que lui réserve l’avenir ? C’est une femme, Yalini, qui lui offre une porte de sortie : elle traverse le camp de réfug

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Jupettes et fixettes au CCC

ECRANS | Après la Cinémathèque, c’est au tour du Centre Culturel Cinématographique de faire sa rentrée cette semaine. Le toujours éclectique ciné-club entame sa saison ce (...)

Christophe Chabert | Mardi 30 septembre 2014

Jupettes et fixettes au CCC

Après la Cinémathèque, c’est au tour du Centre Culturel Cinématographique de faire sa rentrée cette semaine. Le toujours éclectique ciné-club entame sa saison ce mercredi 1er octobre avec un monument, la version restaurée de Ben Hur, peplum biblique maousse de William Wyler ; en contrepoint, le mercredi suivant, c’est l’autrement plus iconoclaste Vie de Brian des Monty Python qui sera présentée, hilarant détournement des évangiles dont le finale chanté sur l’air d’Always look ont the bright side of life est un véritable gospel cinéphile. Autre moment important de cette saison, le cycle consacré à la folie sur grand écran, dont chaque film offre une illustration singulière : le faux cinglé projeté dans un asile aux méthodes radicales (Jack Nicholson dans Vol au dessus d’un nid de coucou de Milos Forman), la jeune femme sujette à une forme de schizophrénie homicide (Catherine Deneuve dans Répulsion de Polanski), la jalousie maladive d

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Bodybuilder

ECRANS | De et avec Roschdy Zem (Fr, 1h44) avec Vincent Rottiers, Yolin François Gauvin, Marina Foïs…

Christophe Chabert | Mardi 30 septembre 2014

Bodybuilder

Faire un film réaliste et honnête sur le milieu du bodybuilding français est un défi inattendu de la part de Roschdy Zem, dont c’est le troisième long en tant que réalisateur après deux tentatives (Mauvaise foi et Omar m’a tuer) assez catastrophiques, chacune à leur manière. La vision de ces corps monstrueux et l’appréhension de l’esprit quasi philosophique qui préside à leur transformation produisent d’ailleurs parfois un certain vertige. Mais c’est surtout grâce à la présence incroyable de Yolin François Gauvin, sommet de virilité tranquille dont le visage et la voix impassibles semblent déconnectés de son impressionnante masse musculaire, que le film trouve une vraie raison d’être. Il rejoint ainsi la belle lignée des Ventura ou Michel Constantin, anciens boxeurs devenus acteurs charismatiques du cinéma populaire français. Mais Zem n’est pas Melville ou Giovanni, et plutôt que de lui offrir une solide intrigue de polar, il le plonge dans une très banale histoire de transmission père / fils compliquée, dans laquelle Vincent Rottiers fait assez pa

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La Marche

ECRANS | De Nabil Ben Yadir (Fr, 2h) avec Tewfik Jallab, Olivier Gourmet, Charlotte Le Bon, Vincent Rottiers…

Christophe Chabert | Mercredi 20 novembre 2013

La Marche

La marche contre le racisme et pour l’égalité, partie des Minguettes de Vénissieux il y a trente ans, méritait mieux que ce navet dont les maladresses se retournent contre son message même. La caractérisation des marcheurs est au-delà du stéréotype, et leur évolution est conduite avec d’énormes sabots, quand cela ne relève pas de l’aberration totale. Ainsi du personnage de Philippe Nahon, franchouillard grognon et raciste qui finit en défenseur fervent d’une France métissée ; mais les autres sont à l’avenant, telle cette pseudo Fadela Amara qui découvre, après une bonne dizaine de séquences à éructer en féministe courroucée, que le dialogue apaisé, c’est bien en fait. Tout est exagéré, outré, noyé dans un humour de multiplexe et, pire du pire, écrit avec un manuel de scénario à l’Américaine sur les genoux. Le film a donc besoin sans cesse de désigner des ennemis pour créer du conflit dramatique, et en général ce sont les péquenauds français, forcément cons, intolérants, fermés, méchants qui en prennent pour leur grade ­– mais même SOS Racisme se fait tacler dans les cartons de fin ! La nuance n’est donc pas le fort de La Marche, mais la mise en scène non plus, s

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L’Homme qui rit

ECRANS | De Jean-Pierre Améris (Fr, 1h33) avec Gérard Depardieu, Marc-André Grondin, Christa Theret…

Christophe Chabert | Jeudi 20 décembre 2012

L’Homme qui rit

Il y a quelque chose d’involontairement comique à voir sortir, deux semaines après Le Hobbit, cet Homme qui rit signé Jean-Pierre Améris. Là où Jackson étire chaque ligne de Tolkien jusqu’à la nausée, Améris compresse façon César le roman de Victor Hugo ; là où Le Hobbit surjoue l’épique, L’Homme qui rit ramène tout le grandiose hugolien à une platitude de téléfilm tourné dans les pays de l’Est. De la tempête initiale au grand discours de Gwynplaine devant le Parlement, la mise en scène est d’une pauvreté désarmante, incapable de donner du souffle aux images sinon en les inondant d’une musique pompière ou en creusant les fonds verts de décors numériques laids à pleurer. C’est simple, on se croirait dans un plagiat de Tim Burton filmé par Josée Dayan ! Si Depardieu reste digne au milieu du naufrage, Marc-André Grondin ne sait visiblement pas dans quel film il est embarqué, et Christa Theret, qu’on aime beaucoup pourtant, joue les aveugles comme au temps du muet, les yeux écarquillés et les bras tendus en avant. Grotesque, et c’est rie

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Voie rapide

ECRANS | De Christophe Sahr (Fr, 1h30) avec Johan Libéreau, Christa Théret…

Aurélien Martinez | Mardi 17 juillet 2012

Voie rapide

Rencontre improbable entre Fast and furious et le cinéma des frères Dardenne, ce premier film raconte la culpabilité d’Alex, un amateur de tuning (Libéreau) qui, un soir, tue un jeune garçon sur la voie rapide qui le ramenait à son domicile et décide de cacher l’accident à sa copine Rachel (Christa Théret, actrice définitivement épatante). Contre toute attente, Christophe Sahr trouve systématiquement la bonne distance entre réalisme social et envie de spectacle pour raconter l’errance morale de son héros. La peinture du milieu est crédible sans sombrer dans la caricature, et le film choisit de retranscrire le tourment qui s’empare d’Alex en faisant de sa passion un reflet de sa psyché. Plus Alex s’enfonce dans le remords, plus sa voiture se déglingue, comme si sa culpabilité atteignait l’ensemble de son environnement. Parfois démonstrative, la mise en scène n’hésite pourtant pas à aller fouiller dans des zones dérangeantes, comme lorsqu’Alex se rapproche, y compris physiquement, de la mère de la victime (Isabelle Candelier, inattendue). Tourné vite et pour un budget ridicule, Voie rapide est un objet fragile, mais évidemment sincère, avec des défauts mais aussi un appétit de cin

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