Gangster squad

ECRANS | De Ruben Fleischer (ÉU, 1h52) avec Josh Brolin, Ryan Gossling, Sean Penn…

Christophe Chabert | Mercredi 30 janvier 2013

Photo : Ph : Wilson Webb © Village Roadshow Films (BVI)


Le ratage de ce Gangster squad est plutôt surprenant : un casting en or, une relecture du film de gangsters par un cinéaste habile à revigorer les codes des genres (son Zombieland était grandiose à ce niveau)… Assez vite, il faut se rendre à l'évidence : le script n'est qu'un laborieux décalque de celui des Incorruptibles, sans les dialogues admirables de David Mamet, mais avec beaucoup de grandes phrases toutes plus ridicules les unes que les autres.

Du coup, les acteurs sortent les rames : Sean Penn a beau en faire des caisses dans le rôle de Mickey Cohen, on ne voit que son maquillage qui lui donne des allures de freak grotesque. Très mauvais aussi, Josh Brolin, mâchoire serrée et front plissé tout du long. On aimerait sauver le duo archi-glamour Emma Stone-Ryan Gossling du naufrage, mais ils ressemblent plutôt à des icônes lisses sorties d'un poster d'époque.

Quant à la mise en scène, desservie par une photo numérique d'une absolue laideur, elle tente de noyer le poisson en en rajoutant dans la violence (et même le gore). Peine perdue : le film se traîne jusqu'à sa scène finale hallucinante, véritable spot de pub pour le LAPD (Los Angeles Police Department). Désolant !

Christophe Chabert


Gangster Squad

De Ruben Fleischer (ÉU, 1h53) avec Ryan Gosling, Josh Brolin... Los Angeles, 1949. Mickey Cohen, originaire de Brooklyn, est un parrain impitoyable de la mafia qui dirige la ville et récolte les biens mal acquis de la drogue, des armes, des prostituées et – s’il arrive à ses fins – de tous les paris à l’ouest de Chicago.
Pathé Échirolles 4 rue Albert Londres Échirolles
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"La Favorite" : dames de cœur, à qui l’honneur ?

ECRANS | Deux intrigantes se disputent les faveurs de la cyclothymique Anne d’Angleterre afin d’avoir la mainmise sur le royaume… Une fable historique perverse dans laquelle l'actrice Olivia Colman donne à cette reine sous influence un terrible pathétique et le réalisateur Yórgos Lánthimos le meilleur de lui-même.

Vincent Raymond | Lundi 4 février 2019

À l’aube du XVIIIe siècle. La Couronne d’Angleterre repose sur la tête d’Anne (Olivia Colman). Sans héritier malgré dix-sept grossesses, maniaco-dépressive, la souveraine se trouve sous la coupe de Sarah (Rachel Weisz), sa dame de compagnie et amante (par ailleurs épouse de Lord Marlborough, le chef des armées), laquelle en profite pour diriger le royaume par procuration. Lorsque Abigail (Emma Stone), cousine désargentée de Sarah, arrive à la cour, une lutte pour obtenir les faveurs de la Reine s’engage… Demandez à Shakespeare, Marlowe, Welles, Frears, Hooper… La royauté britannique constitue, plus que tout autre monarchie, une source inépuisable d’inspiration pour la scène et l’écran. Au-delà de la fascination désuète qu’elle exerce sur son peuple et ceux du monde, elle forme en dépit des heurts dynastiques une continuité obvie dans l’Histoire anglaise, lui permettant de s’incarner à chaque époque dans l’une des ses figures, fût-elle fantoche. Telle celle d’Anne (1665-1714). Son humeur fragile la fit ductile, favorisant un jeu d’influences féminin inédit que La Favorite raconte san

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Ryan Reynolds : « Deadpool est un personnage dingue, plus grand que la vie »

ECRANS | Derrière le masque de Deadpool se trouve Ryan Reynolds, beau gosse aux traits d’esprits aussi caustiques que le personnage immortel à qui il a donné vie au cinéma. Vous suivez ? Justement, il parle de la suite, "Deadpool 2".

Vincent Raymond | Mardi 15 mai 2018

Ryan Reynolds : « Deadpool est un personnage dingue, plus grand que la vie »

Ce deuxième épisode se présente davantage comme une surenchère qu’une suite du premier : l’humour et l’action sont ici amplifiés… Ryan Reynolds : Tout à fait. En étant programmé pour sortir aux beaux jours, il se devait de comporter plus d’action. Mais il fallait conserver le côté décalé du premier, et la dimension "anti-héros" du personnage. Par ailleurs, il y plus d’histoires à raconter, des nouvelles têtes – Domino, X-Forces, Cable… Bref, cela faisait beaucoup de matière pour enrichir cet opus. Quels points communs revendiquez-vous avec le personnage de Deadpool ? J’en ai beaucoup ! (rires) Dès l’instant où je l’ai rencontré voilà onze ans, j’ai insisté pour que le premier film existe, et j’ai dû aller voir tous les studios possibles pour cela. Mais finalement, cela a été un mal pour un bien : le temps ayant passé, il se trouve qu’il était beaucoup plus adapté à l’époque à laquelle nous l’avons sorti. Sinon, c’est vrai que je pense un peu comme Deadpool, mais à sa

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"Deadpool 2" : suite mortelle

ECRANS | de David Leitch (ÉU, 2h) avec Ryan Reynolds, Josh Brolin, Morena Baccarin…

Vincent Raymond | Mardi 15 mai 2018

Ayant trop exterminé de malfaisants, Deadpool reçoit en représailles une "visite" à domicile causant la mort de sa fiancée Vanessa. D’abord désespéré et suicidaire, Deadpool trouve une raison de vivre et de combattre. Ainsi que de nouveaux alliés, qu’il recrute dans sa X-Force… Et si le comédien Ryan Reynolds était en train d’accomplir avec Deadpool, en version ludique et trash, ce que Steven Spielberg avait manqué dans son récent Ready Player One : produire le divertissement adulte célébrant la culture pop dans sa jouissive transversalité absolue ? Incluse dans le cosmos Marvel officiel, mais jouant de la marginalité totale de son personnage-titre pour s’autoriser déviances, provocations et outrages, la franchise possède un enviable statut : Deadpool incarne le "Ça" de la famille, le dépositaire des pulsions inconvenantes, du mauvais goût et de la transgression. L’onanisme, le meurtre, la grossièreté ou le vice sont interdits aux autres boy-scouts ?

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"Battle of the sexes" : no zob in lob

ECRANS | de Jonathan Dayton & Valerie Faris (G.-B.-E.-U., 2h02) avec Emma Stone, Steve Carell, Andrea Riseborough…

Vincent Raymond | Mardi 21 novembre 2017

Auteur·e·s d’un redoutable hold up aux bons sentiments et au box office il y a une décennie avec sa grossière contrefaçon de petit film indépendant (Little Miss Sunshine), la paire mixte Jonathan Dayton & Valerie Faris reprend les raquettes. Pour un biopic se doublant d’un sujet de société pile dans l’air du temps : l’inégalité de traitement salarial entre les hommes et les femmes, spectacularisée lors du match de tennis mixte opposant l’ancien champion Bobby Riggs (rien à voir avec L’Arme fatale) à la n°1 mondiale Billie Jean King. Joueur compulsif et macho invétéré, le premier fanfaronnait qu’aucune athlète féminine n’était apte à défaire un porteur de testicules. Jusqu’à ce qu’il se retrouve la queue entre les jambes (6-4, 6-3, 6-3). Les boules pour lui ! Ruisselant d’une musique "contexte temporel" omniprésente, ce catalogue de grimaces attendues s’intéresse moins au sport, à la politique ou au cinéma qu’à la potentielle quantité de citations au Golden Globe et à l’Oscar qu’il peut ravir en surfant sur du consensuel lisse et joliment photographié. Ah sinon, ça fait plaisir de revoir Elisabeth Shue,

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"La La Land" : vintage d’or hollywoodien

ECRANS | À Los Angeles, cité de tous les possibles et des destins brisés, Damien Chazelle déroule l’histoire en cinq saisons de Mia (Emma Stone), aspirante actrice, et Seb (Ryan Gosling), qui ambitionne d’ouvrir son club de jazz. Un pas de deux acidulé vers la gloire, voire l’amour réglé à l’ancienne, par l’auteur du pourtant très contemporain "Whiplash". Un aspirateur à Oscars ?

Vincent Raymond | Lundi 23 janvier 2017

N’est-il est agréable, parfois, de se rencogner dans de vieux vêtements assouplis par le temps, de déguster un mets régressif ou de revoir un film jadis adoré ? Ces doux instants où l’on semble s’installer au-dedans de soi procurent un réconfort magique… à condition qu’ils demeurent brefs. Plaisant à visiter, la nostalgie est ce territoire paradoxal où il est déconseillé de s’attarder, au risque de se trouver prisonnier de ses charmes trop bien connus. Lorsqu’un artiste succombe à la tentation de ressusciter le passé par le simulacre, il s’attire de bien faciles sympathies : celles des résidents à plein temps dans le "c’était-mieux-avant", auxquels se joignent les fervents amateurs des univers qu’il cite ou reproduit – ici, un canevas digne de Stanley Donen / Gene Kelly, habillé de tonalités musicales et colorées à la Jacques Demy / Michel Legrand, émaillé de jolis tableaux façon Leonard Bernstein / Jerome Robbins ou Vincente Minnelli. Je m’voyais déjà… Attention, il ne s’agit pas de minorer ni les mérites ni le talent de Damien Chazelle : La La Land s’avère un très honorable hommage au genre comédie musicale comme à la l

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"Inherent Vice" : polar pop, enfumé et digressif signé Paul Thomas Anderson

ECRANS | En adaptant "Vice caché" de l’immense Thomas Pynchon, Paul Thomas Anderson prouve, après "The Master", qu’il n’aime rien tant qu’aller à l’encontre de sa maîtrise, éprouvée et incontestable. De fait, ce polar pop, enfumé et digressif est un plaisir intense, où il est avant tout question de jeu, dans tous les sens du terme. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 3 mars 2015

Quelque part dans les volutes de la Californie psychédélique au début des années 70, Doc Sportello semble sortir d’un rêve évaporé lorsqu’il voit surgir chez lui son ex-petite amie, Shasta Fay, qui lui annonce qu’elle est tombée amoureuse d’un richissime promoteur immobilier – marié – et dont elle soupçonne qu’on ourdit un complot contre lui. Sportello, qui exerce la fonction de détective privé, décide d’enquêter, moitié par amour envers cette fille qu’il n’arrive pas à s’enlever de la tête, moitié par curiosité professionnelle envers un monde bien éloigné de celui de la contre-culture "beatnik", adepte de drogues et de nonchalance cool, dans lequel il baigne. Raconté comme ça, le point de départ d’Inherent Vice rappelle inévitablement les romans noirs de Raymond Chandler, ainsi que ses relectures iconoclastes par Robert Altman (Le Privé) ou les frères Coen (The Big Lebowski). Sauf que Paul Thomas Anderson n’adapte pas l’auteur du Grand Sommeil, mais un autre immense romancier américain, Thomas Pynchon. Et si

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Birdman

ECRANS | Changement de registre pour Alejandro Gonzalez Iñarritu : le cinéaste mexicain tout juste oscarisé laisse son désespoir misérabiliste de côté pour tourner une fable sur les aléas de la célébrité et le métier d’acteur portée par un casting exceptionnel et une mise en scène folle. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 24 février 2015

Birdman

Partons du titre complet de Birdman : la surprenante vertu de l’ignorance. De la part d’un cinéaste aussi peu modeste qu’Alejandro Gonzalez Iñarritu, ce sous-titre a de quoi faire peur, tant il nous a habitués dans ses films précédents (Babel, Biutiful, ...) à donner des leçons sur la misère du monde sous toutes ses formes. Or, Birdman séduit par sa volonté de ne pas généraliser sa fable, circonscrite entre les murs d’un théâtre à Broadway : ici va se jouer à la fois une pièce adaptée de Raymond Carver et la tragi-comédie d’un homme ridicule, Riggan Thompson. Des années avant, il était la star d’une série de blockbusters où il jouait un super héros ; aujourd’hui, il tente de relancer sa carrière et gagner l’estime de ses contemporains en jouant et mettant en scène du théâtre "sérieux". Le naufrage de son existence ne se résume pas seulement à ses habits de "has been" : sa fille sort d’une cure de désintox, son mariage a sombré et il se fait écraser par une star mégalomane et égocentrique, Mike Shiner, plus roué et cynique que lui pour conquérir les

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Last days of summer

ECRANS | De Jason Reitman (ÉU, 1h51) avec Kate Winslet, Josh Brolin…

Christophe Chabert | Mardi 29 avril 2014

Last days of summer

Chronique antidatée années 80 d’un jeune garçon qui voit sa mère, un peu dépressive, retrouver le goût de la vie et des tartes à la pêche en hébergeant un taulard en fuite, puis en tombant amoureuse de lui, Last days of summer tente un étrange croisement entre le mélo à oscars et la production Amblin / Spielberg, référence assumée dans les posters accrochés aux murs de l’ado. La greffe ne prend pas vraiment, notamment dans la laborieuse exposition du film, où tout semble factice et artificiel, à commencer par le brusque syndrome de Stockholm qui voit la maman succomber aux charmes du bad guy sexy qui la séquestrait une scène auparavant. La suite est plus intéressante, et Jason Reitman, cinéaste sans personnalité qui adapte son artisanat en fonction des scénarios qu’il illustre, réussit à attraper quelque chose de l’émoi adolescent et de ses troubles pulsions, ainsi qu’un petit parfum mélancolique qui ne sauve pas le film de l’anodin, mais l’empêche de sombrer dans l’ennui. Christophe Chabert

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La Vie rêvée de Walter Mitty

ECRANS | Ben Stiller passe à la vitesse supérieure en tant que réalisateur avec ce modèle de comédie romantique d’une classe visuelle permanente, où il s’agit de faire d’un héros du quotidien le vestige d’une époque en train de disparaître. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 17 décembre 2013

La Vie rêvée de Walter Mitty

Que se serait-il passé si Walter Mitty, plutôt que d’envoyer un poke sur un site de rencontres à sa collègue de bureau, l’avait simplement abordée dans la vraie vie ? Rien d’exceptionnel sans doute, et c’est sur ce gouffre initial que se bâtit toute l’ampleur romanesque mais aussi toute la philosophie de La Vie rêvée de Walter Mitty, cinquième film de Ben Stiller derrière une caméra, le plus abouti, le plus étonnant aussi. Mitty, que Stiller incarne avec un sens exceptionnel du tempo qu’il soit comique ou dramatique, est un monsieur tout le monde tel que Capra aimait les peindre. De Capra à Capa, il n’y a qu’un pas que le film franchit en le faisant travailler au service photo de Life, institution de la presse américaine sur le point de déménager en ligne, décision prise par une bande d’idiots cravatés et barbus – c’est tendance – entraînant le licenciement d’une partie des salariés. Mitty doit gérer l’ultime couverture du journal, réalisée par un photographe légendaire et solitaire, lui aussi aux prises avec la grande mutation du XXIe siècle : il refuse le numérique et n’aime que l’argentique. Sauf qu’il

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The Amazing Spider-Man

ECRANS | Après un ravalement de casting, Spider-Man revient pour raconter à nouveau ses origines. Entre faiblesse des enjeux, mise en scène approximative et acteurs sous-employés, était-ce vraiment nécessaire ? Jérôme Dittmar

Aurélien Martinez | Lundi 2 juillet 2012

The Amazing Spider-Man

Hollywood a toujours pratiqué l'amnésie forcée. Suites, remakes et désormais reboot, recycler ou faire table rase est une pratique courante. Dix ans après le premier film de Sam Raimi, Sony remet donc les compteurs à zéro de Spider-Man pour relancer sa licence. Mais comment tout recommencer avec si peu d'intervalle entre les films ? En ne changeant rien. The Amazing Spider-Man n'a pas la prétention de raconter autre chose que l'histoire de son héros adolescent, et tant pis si elle est connue. Tout ou presque ce qui fait la mythologie du personnage est donc rapatrié ici : la figure du geek transformé en justicier, la découverte des pouvoirs et la jouissance qui en découle, la perte de l'oncle Ben et la fabrication d'une icône héroïque populaire. Si le film se veut malgré tout une variation (le Lézard remplace le Bouffon vert ; Gwen Stacy devient la première amoureuse de Peter Parker), il suit les mêmes traces que son aîné, sauf que le casting a changé, et ce n'est qu'une partie du problème. Aucun motif ni regard La différence entre

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This must be the place

ECRANS | Sean Penn en rocker glam vieillissant et déprimé qui part à la recherche du tortionnaire nazi de son père mort : c’est l’improbable, déroutant et en fin de compte attachant nouveau film du réalisateur d’Il Divo. Christophe Chabert

François Cau | Jeudi 7 juillet 2011

This must be the place

Imaginez un Robert Smith dépressif dans une maison art-déco de Dublin, traînant au supermarché avec sa pote gothique, faisant de la pelote basque dans sa piscine vide… Voici Cheyenne, anti-héros du nouveau film de Paolo Sorrentino, sous les traits d’un Sean Penn grimé en chanteur de Tokio Hotel viré vieux travelo. Réaction logique du spectateur : prendre ce type pour un crétin et regarder ce petit monde tourner en rond dans les cadres chiadés du réalisateur comme une mauvaise contrefaçon du cinéma des frères Coen — la présence de Frances MacDormand dans le rôle de la femme de Cheyenne pousse d’autant plus à la comparaison. Après une demi-heure de ce manège agaçant, Sorrentino commence à renverser tous ses clichés. This must be the place s’avère alors graduellement attachant, en dépit d’une partie dramatique où Cheyenne part aux Etats-Unis à la recherche du nazi qui a torturé son père, road movie qui frôle plus d’une fois la sortie de route. Le rocker philosophe Le film réussit toutefois son pari pour deux raisons : d’abord, nous faire épouser le regard de Cheyenne sur le monde, cette ironie qui en fait un sage au milieu des fous. Sur c

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Fair game

ECRANS | De Doug Liman (ÉU, 1h46) avec Sean Penn, Naomi Watts…

François Cau | Jeudi 28 octobre 2010

Fair game

Espionne pour la CIA, Valerie Plame a eu le malheur d’être mariée à un diplomate américain, Joe Wilson, qui révéla dans la presse le bidonnage des preuves sur les armes de destruction massive en Irak. Pour allumer un contre-feu, l’Agence lève l’alias de Valerie, ce qui provoque son licenciement et son discrédit. Beau sujet au demeurant : comment au nom d’une raison d’état défaillante, une vie peut être ruinée jusque dans son intimité (c’était aussi celui de L’Échange de Clint Eastwood). Fair game, pourtant, ne tire de cet argument qu’une pénible fiction de gauche hollywoodienne, avec tous les tics du genre : un excès de dramatisation, des grands sentiments en lieu et place d’une véritable réflexion, une mise en scène qui confond efficacité et précipitation. L’ordinaire du cinéma anti-Bush, un peu à la bourre pour le coup, et qu’un film comme Green zone avait largement ringardisé. Reste le couple Watts-Penn. OK, ils en font des tonnes ; mais ils donnent de la consistance humaine à ce film schématique, simpliste et dans le fond, anodin. CC

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