Une chanson pour ma mère

ECRANS | De Joël Franka (Fr, 1h35) avec Sylvie Testud, Patrick Timsit, Dave

Aurélien Martinez | Lundi 25 mars 2013

Survivant d'une époque plus lointaine mais qui ne fait pas plus rêver que celle de l'affreux Stars 80, Dave avait su résister jusque-là à la réhabilitation par voie cinématographique ; sa présence sur les canaux télé et son aura plus mineur justifiant aussi sans doute l'absence de nécessité. Son nom au générique d'Une chanson pour ma mère, comédie à l'anglaise réunissant une famille de bras cassés kidnappant le fameux chanteur pour faire plaisir à leur maman malade et en sursis, avait de quoi faire peur. Si le film ne fait pas de miracles, s'évertuant à enchaîner des situations un peu trop improbables et pataudes aux moyens de personnages commodément stupides, Dave se révèle de loin le meilleur acteur du casting et une vraie surprise. Sans sombrer dans la complaisance kitsch, Joël Franka observe avec une réelle affection un Dave attachant qui, transformé malgré lui en levier d'une grande réconciliation familiale, devient un joli héros ordinaire.

Jérôme Dittmar


Une chanson pour ma mère

De Joël Franka (Fr-Bel, 1h35) avec Patrick Timsit, Dave...

De Joël Franka (Fr-Bel, 1h35) avec Patrick Timsit, Dave...

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Quelque part dans les Ardennes, aujourd’hui… C’est parce qu’ils adorent leur maman qui est en train de disparaitre, que les membres de cette famille décomposée décident de lui offrir le plus incroyable des cadeaux d'adieu: Dave, le chanteur, son idole, en personne !


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Xabi Molia : « Je place Kad Merad au même rang que Denis Podalydès »

ECRANS | Dans la peau d’un petit escroc à l’aura pâlissante, Kad Merad effectue pour "Comme des rois" de Xabi Molia une prestation saisissante, troublante pour lui car faisant écho à sa construction d’acteur. Rencontre croisée.

Vincent Raymond | Lundi 30 avril 2018

Xabi Molia : « Je place Kad Merad au même rang que Denis Podalydès »

Xabi Molia, quelle a été la genèse de Comme des rois ? Xabi Molia : L’idée est venue d’une manière assez amusante. Il faut savoir que j’ai le profil du bon pigeon : j’adore qu’on me raconte des histoires. Je me suis donc fait arnaquer assez régulièrement, et notamment une fois à la gare Montparnasse. Pendant que j’attendais le départ de mon train, un type est monté et m’a raconté une histoire très alambiquée… Je ne saurais la raconter, mais l’enjeu c’était 20 euros. Je me souviens m’être méfié et l’avoir poussé dans ses retranchements ; mais lui retombait sur ses pattes, trouvait de nouveaux trucs pour que son histoire tienne debout. Bref, il me prend ces 20 euros et je ne le revois évidemment jamais. J’ai d’abord été déçu de m’être fait délester de 20 euros. Mais finalement, il les avait quand même gagnés de haute lutte ! Et j’ai imaginé ce que ce type avait peut-être dit à sa femme le matin : « bon bah moi aujourd’hui je vais Gare Montparnasse, j’ai un nouveau

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"Comme des rois" : l’embrouille en héritage

ECRANS | Un bonimenteur de porte-à-porte à la rue donne malgré lui le virus de la comédie à son fils… Avec son troisième long-métrage, le réalisateur français Xavi Molia signe une splendide comédie sociale aux accents tragiques, portée par Kacey Mottet-Klein et Kad Mérad, touchants dans l’expression maladroite d’une affection mutuelle.

Vincent Raymond | Lundi 30 avril 2018

Volubile embobineur, Joseph a connu des jours meilleurs dans l’escroquerie. Pour se sortir de cette période un peu délicate, il pense pouvoir compter sur sa famille, et en particulier sur Micka, son fils qu’il a patiemment formé. Mais ce dernier rêve d’exercer ses talents ailleurs : sur scène. Aspirer à être comme un roi, c’est un peu construire des châteaux en Espagne : viser un objectif prestigieux, tout en sachant inconsciemment en son for intérieur qu’il est d’une essence incertaine. On ne pourrait mieux résumer le personnage de Joseph, artisan-escroc à l’ancienne dont les talents de hâbleur ne lui permettent plus que de ramasser des miettes dans un monde contemporain le dépassant chaque jour davantage. Bateleur sans public, il demeure seigneur révéré d’une famille soudée dans le délit, mais assiste impuissant à la rébellion paradoxale de son fils dont il réprouve les choix et déplore l’absence de conscience criminelle. Un fils qui, de surcroît, le surpasse dans sa branche. Art, niaque et arnaques Xabi Molia avait entre ses doigts un sujet de tragédie shakespearienne et de comédie italienne, une pichenette pouvant faire pencher son film d’un c

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"The Disaster Artist" : le fort minable James Franco

ECRANS | de et avec James Franco (ÉU, 1h44) avec également Dave Franco, Seth Rogen…

Vincent Raymond | Lundi 5 mars 2018

Narré du point de vue de Greg Sestero, apprenti acteur fasciné par l’excentrique Tommy Wiseau, son condisciple en cours de théâtre, The Disaster Artist raconte comment ce dernier écrivit, produisit et dirigea The Room (2003), un drame si mauvais qu’il fut sacré nanar culte. Hollywood suit à sa façon le dicton "léché, lâché, lynché" : à l’envers. En clair, une personnalité qui se ridiculise ou déchaîne la vindicte populaire devient, après une nécessaire phase de purgatoire, le substrat idéal pour un film – l’alchimie des studios transformant le vil plomb du réel en or au box-office. Souvent réservés aux politiques (Nixon, Bush), récemment à la patineuse Tonya Harding, ces biopics volontiers endogènes puisent ainsi dans la masse insondable des casseroles californiennes. On se souvient que Ed Wood (1994) avait permis à Burton non seulement payer un tribut sincère au roi de la série Z, mais de participer à sa postérité. The Disaster Artist ne pe

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"Marie-Francine" : retour en grâce pour Valérie Lemercier

ECRANS | Valérie Lemercier célèbre la rencontre de deux quinquas bouillis par la vie dans une comédie sentimentale touchante ranimant les braises d’une délicatesse désuète. Un beau couple de personnages qu’épouse un duo d’acteurs idéal : la cinéaste et l’extraordinaire Patrick Timsit.

Vincent Raymond | Lundi 29 mai 2017

Tuiles en cascades pour la quinquagénaire Marie-Francine : son mari la quitte pour une jeunette, elle perd son boulot de chercheuse puis doit retourner vivre chez ses parents (et supporter leurs manies hors d’âge). Une éclaircie tempère ce chaos : sa rencontre avec Miguel, un cuisinier attentionné traversant peu ou prou les mêmes galères qu’elle. Et si le bonheur était à venir ? On avait laissé, pour ne pas dire abandonné, Valérie Lemercier seule face à la Bérézina que constituait 100% Cachemire (2013), film trahissant un essoufflement ultime dans sa mécanique de comédie. Comme une fin de cycle en triste capilotade. Changement de ton et de registre ici avec ce qui pourrait bien être la plus belle réussite de la cinéaste : sous l’impulsion de sa coscénariste Sabine Haudepin, Valérie Lemercier sort en effet de sa zone de confiance, au-delà de l’aimable charge contre les bourgeois – plus prévisible que corrosive chez elle. Certes, elle s’octroie également le (petit) rôle de la jumelle snobinarde de Marie-Francine, clone des emplois qu’elle

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Gilles Bastin : « Le journalisme comme contre-pouvoir peut disparaître »

Interview de Gilles Bastin | Alors qu’aura lieu cette semaine, dans le cadre de l’exposition "Incroyable presse !" de la Bibliothèque d'étude et du patrimoine, une conférence-débat avec plusieurs grands noms du journalisme, nous avons rencontré Gilles Bastin, codirecteur de l’École de journalisme de Grenoble qui a participé à l’élaboration deux des événements. Avec lui, nous avons parlé liberté d’expression, contre-pouvoir ou encore éducation aux médias.

Aurélien Martinez | Mardi 24 janvier 2017

Gilles Bastin : « Le journalisme comme contre-pouvoir peut disparaître »

Quel est le but de l’exposition Incroyable presse ? Redorer le blason d’un secteur de plus en plus contesté par le grand public ? Gilles Bastin : L’origine de l’expo, c’est évidement Charlie Hebdo, avec cette idée que la presse d’opinion a violemment été attaquée. Ce traumatisme a convaincu le service municipal des bibliothèques de Grenoble qu’il fallait absolument retisser du lien entre la société et ses médias. Au-delà de l'attentat, il y a en effet un contexte de défiance qui dure depuis des années. L’exposition, qui prend pour référence une période historique large (du XVIIe siècle à nos jours), apparaît comme un plaidoyer pour la liberté d’expression face aux différentes formes de censure… Oui, et plus encore, il s’agit de montrer le rôle que joue la presse dans une démocratie. À savoir pas simplement garantir la liberté d’expression mais aussi avoir un rôle d’enquête, de contre-pouvoir… On ne voulait pas faire juste une exposition qui soit pleine de bons sentiments sur le f

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"Moi, Daniel Blake" : une couronne pour le Royaume des démunis

Cinéma | Lorsqu'un État fait des économies en étouffant les plus démunis, ceux-ci s’unissent pour survivre en palliant sa criminelle négligence. Telle pourrait être la morale de cette nouvelle fable dramatique emplie de réalisme et d’espérance, qui a valu à Ken Loach sa seconde – et méritée – Palme d’or.

Vincent Raymond | Lundi 24 octobre 2016

Avec sa bouille de Michel Bouquet anglais, Daniel Blake a tout du brave type. En arrêt maladie après un accident cardiaque, il doit sacrifier aux interrogatoires infantilisants et formatés de l’administration, menés par des prestataires incompétents (l’État a libéralisé les services sociaux), pour pouvoir reprendre son boulot ou bénéficier d'une allocation. Assistant à la détresse de Katie, mère de famille paumée rabrouée par une bureaucrate perversement tatillonne, Daniel s’attache à elle et l’épaule dans sa galère alors que son propre cas ne s’améliore pas. Tout épouvantable qu’il soit dans ce qu’il dévoile de la situation sociale calamiteuse des plus démunis au Royaume-Uni (merci à l’administration Cameron pour ses récentes mesures en leur défaveur), Moi, Daniel Blake se distingue par sa formidable énergie revendicative positive, en montrant que les "assistés" n’ont rien de ces profiteurs cynique mis à l’index et enfoncés par les conservateurs. Ils font même preuve d’une admirable dignité face à l’incurie volontaire de l’État, refusant le piège de la haine envers le plus faibles qu’eux (le facile pis-aller de la discrimination à l

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Dave Clarke, icône techno

MUSIQUES | Rendez-vous ce samedi soir à la Belle électrique.

Damien Grimbert | Mardi 11 octobre 2016

Dave Clarke, icône techno

Originaire de Brighton, en Angleterre, mais désormais installé à Amsterdam, Dave Clarke, 48 ans au compteur dont près de 25 derrière les platines, est l’une des figures majeures de la scène électronique européenne. Grandi à la dure, en sacrifiant toute forme de confort pour réussir à vivre de sa passion, il a construit sa réputation autour de sets techno implacables, sans concession mais jamais opaques pour autant, électro, hip hop, breakbeat et IDM faisant également partie de son ADN musical. Les années passant, il s’est ainsi imposé comme l’un des rares artistes capables de jouer avec la même ferveur dans les plus gros festivals mondiaux comme dans les clubs à l’étiquette plus underground. Icône invite Dave Clarke À la Belle électrique samedi 15 octobre à 23h

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Davet & Lhomme : Cash Investigation

CONNAITRE | Zoom sur leur ouvrage "La Clé. Révélations sur la fraude fiscale du siècle" qui revient sur l'affaire SwissLeaks.

Aurélien Martinez | Mardi 8 mars 2016

Davet & Lhomme : Cash Investigation

En France, le monde du journalisme d’investigation, où les plumes mettent en lumière ce que les puissants aimeraient bien laisser secret, est un petit univers : quelques titres (Le Monde donc, mais aussi Mediapart, Le Canard enchaîné…) trustent le marché via des figures bien identifiées qui peuvent même parfois s’apparenter à des rock stars. Il n’y a qu’à aller sur le site web de Gérard Davet et Fabrice Lhomme (oui, les deux journalistes ont leur propre site web, sobrement intitulé www.lhomme-davet.fr) pour se rendre compte que ces deux-là n’ont rien contre se mettre en scène, dans le but bien sûr de promouvoir leurs infos – leurs "scoops" même. Comme cette fameuse affaire SwissLeaks, faisant intervenir 100 000 exilés fiscaux (« beaucoup de gens de votre rég

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Gérard Davet : « On donne juste des faits »

CONNAITRE | Gérard Davet et Fabrice Lhomme, deux journalistes d’investigation officiant au quotidien "Le Monde", seront vendredi à Grenoble à l'invitation du média en ligne "Particité". Ils évoqueront notamment les dessous de l’affaire SwissLeaks, la « fraude fiscale du siècle » qu’ils ont développée dans leur ouvrage "La Clef". L’occasion de parler en amont avec Gérard Davet de fraude fiscale, de journalisme d’investigation et de clef USB. Par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 8 mars 2016

Gérard Davet : « On donne juste des faits »

Dans votre ouvrage La Clef, sous-titré « révélation sur la fraude fiscale du siècle », vous revenez sur les dessous de l’affaire SwissLeaks que vous avez révélée dans les colonnes du journal Le Monde. Tout est donc parti d’une clef USB… Gérard Davet : On enquêtait sur cette histoire depuis fin 2013. En janvier 2014, on a fait un premier article dans Le Monde où l’on révélait des délits de fraude fiscale commis par la banque HSBC en France. À la suite de cet article, on a contacté d’autres personnes. Et l’une d’entre elles est venue nous voir avec une clef USB contenant des dizaines de milliers de comptes de clients d’HSBC de par le monde. Mais pas n’importe quels clients : des clients très fortunés qui, dans 95% des cas, contournaient les lois fiscales en cachant leur argent avec la complicité de la banque. Cette clé USB, un peu magique, nous a alors permis d’ouvrir les coffres d’HSBC et de comprendre les ressorts de la fraude fiscal

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Coup de crayon

ARTS | « Du dessin ? En noir et blanc ? » Gommez vos préjugés ! Regroupant les œuvres d’une vingtaine d’artistes français et américains, "Pure Drawing", à découvrir au centre d'art Spacejunk, est de loin l’une des expos les plus vivifiantes du moment. Damien Grimbert

Damien Grimbert | Lundi 7 janvier 2013

Coup de crayon

Longtemps considéré comme une sorte de "parent pauvre" de l’art, traité avec un mélange égal de compassion et de dédain, le dessin a, comme tant d’autres formes artistiques jugées mineures, tiré parti de ses contraintes techniques pour développer une créativité qu’on serait bien en peine de retrouver ailleurs. C’est du moins le constat qu’on est amenés à tirer au sortir de Pure Drawing, une exposition qui regroupe un vaste éventail de créations contemporaines d’une fraîcheur inégalée. Si la partie américaine, qui regroupe des artistes comme Dave Cooper, Chris Mars, Billy Norrby ou Nicola Verlato, fait surtout la démonstration des capacités techniques exceptionnelles d’artistes qu’on se réjouit déjà de retrouver dans des expositions ultérieures, la partie française, plus aventureuse, s’attache quant à elle à remettre en cause, non sans une certaine audace, un certain nombre de présupposés hâtifs. « La recherche d’un langage pur » « Un bon dessin, ce n’est pas forcément un dessin bien fait, c’est plutôt un dessin vrai, franc, qui raconte quelque chose » explique Morgan Navarro, commissaire d’exposition de la partie française de

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Stars 80

ECRANS | Projet improbable emmené par l’équipe d’"Astérix aux jeux olympiques" autour de la réunion de vieilles gloires du "Top 50", "Stars 80" fascine par son envie farouche d’être aussi médiocre que son pitch. Y avait-il une autre issue ? Peut-être… Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 22 octobre 2012

Stars 80

Si tant est qu’on aime le cinéma et la musique, il n’y a aucun espoir au moment où l’on franchit les portes de Stars 80 : ce sera affreux, il ne peut pas en être autrement. Imaginer Thomas Langmann aux commandes d’une fiction retraçant l’histoire vraie de deux producteurs qui décident de monter un show avec les vedettes du Top 50 dans les années 80 (quelques noms, juste pour mesurer l’enfer : Début de soirée, Jeanne Mas, Sabrina, Émile et Images…), c’est déjà une sorte de cauchemar. Et pourtant, à la vision du film, quelque chose d’étrange se produit : Stars 80 n’est pas bon, nos yeux piquent et nos oreilles saignent à de nombreuses reprises durant ses 110 minutes, mais on se dit qu’on passe toujours à deux doigts d’une improbable réussite. Il suffit pour cela de se rappeler qu’il y a deux mois sortait Magic Mike ; sur le papier, l’idée est proche : raconter le passé de strip-teaseur de Channing Tatum, et dresser la chronique d’un groupe humain soudé par un métier alimentaire qu’ils exercent pourtant avec professionnalisme et dignité. Scénaristique

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La Vie d'une autre

ECRANS | De Sylvie Testud (Fr-Lux-Bel, 1h37) avec Juliette Binoche, Matthieu Kassovitz...

Aurélien Martinez | Vendredi 10 février 2012

La Vie d'une autre

Pour son premier film, Sylvie Testud adapte La Vie d'une autre de Frédérique Deghelt, roman sous influence américaine à en juger par son pitch : alors qu'elle termine ses études et tombe amoureuse, une jeune femme se réveille quinze ans plus tard, mariée, mère, aux commandes d'une multinationale et dans un appartement parisien à dix millions d'euros. Soit le script de Big ou de 30 ans sinon rien, en plus bourgeois et maquillé à la française. Quels enjeux une fois rigolé avec le gap spatio-temporel et cet autre moi (facile quand le personnage est blindé) ? Le comique s'évaporant, sans génie et plombé par Juliette Binoche à moitié folle, le film dévoile son intrigue : le couple en crise, situation difficile quand la veille on rencontrait l'autre. Il y avait de quoi s'amuser ou tirer une leçon de philosophie avec si peu. Testud tente le coup, mais se limite à un laïus flou sur le temps qui passe pour dire qu'il faut profiter de la vie. Bah oui, l'eau ça mouille. Jérôme Dittmar

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Lourdes

ECRANS | de Jessica Hausner (Autriche-Fr, 1h35) avec Sylvie Testud, Léa Seydoux, Bruno Todeschini…

François Cau | Mardi 12 juillet 2011

Lourdes

En matière de film sur Lourdes, Le Miraculé de Jean-Pierre Mocky paraissait indépassable, pour peu qu’on goûte les farces énormes et anticléricales. On pouvait craindre que Jessica Hausner, disciple d’Haneke et réalisatrice du glacial Hôtel, en prenne le contre-pied absolu. En fait, pas tant que ça, et c’est la bonne surprise de Lourdes. Les cadres implacables d’Hausner ne sacralisent rien, mais renvoient les rituels à leur dimension ridicule, inquiétante ou absurde. Elle retrouve même l’ambiance de complot paranoïaque de son film précédent, le miracle qui touche la paralytique Sylvie Testud étant interprétable de multiples façons : coup de foudre amoureux ou simulacre orchestré par la vieille femme qui partage sa chambre ? Toujours sur le fil (la post-synchronisation tue tout naturel dans le jeu des acteurs), parfois un peu ostentatoire dans sa mise en scène, Lourdes trouve toutefois un ton singulier, un comique de l’étrangeté permanente pas désagréable. CC Sortie le 27 juillet.

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