Pendant mai

ECRANS | De Chris Marker et Pierre Lhomme (1962, fr, 2h18) documentaire

Christophe Chabert | Jeudi 6 juin 2013

C'était un mois de mai froid et pluvieux, ce qui a visiblement affecté le moral des Français plus que les soubresauts politiques. Non, ce n'est pas de mai 2013 dont on parle, mais de mai 1962 ; les accords d'Evian viennent d'être signés, mais l'OAS continue de poser des bombes dans Paris. C'est la trame de fond du Joli mai, documentaire de 1963 tourné par Chris Marker et le chef opérateur Pierre Lhomme, celle que raconte en voix-off Yves Montand en ouverture de la deuxième partie. Il faut prendre ce mot "trame" au sens strict : les Parisiens interviewés par Marker et Lhomme n'évoquent jamais directement ce contexte, et ce n'est pas le but des entretiens.

L'idée, c'est plutôt de faire le point sur l'aspiration au bonheur de ces gens choisis dans toutes les strates sociales et dans tous les quartiers de la capitale. Des cités en construction entourées de terrains vagues à la rue Mouffetard et son esprit popu en voie d'extinction, des intellectuels dont Marker moque la posture en les entrecoupant de plans de chats – on peut le créditer d'avoir inventé sans le vouloir le concept de lolcats ! – jusqu'à cet étudiant noir qui raconte le choc culturel provoqué par sa visite à Clermont-Ferrand ; tous font un point sur une France prospère mais déjà inquiète, qui sent l'individualisme et son pendant, la solitude, monter en son sein.

Le Joli mai est passionnant à redécouvrir soixante ans plus tard dans les échos qu'il trouve avec la France d'aujourd'hui, mais il vaut aussi grâce à l'extraordinaire portrait d'une ville que Marker et Lhomme magnifient par des plans sublimes construits sur des réseaux de lignes entrecroisées ou parallèles qui dessinent des perspectives visuellement inédites.


Le Joli Mai

De Chris Marker (Fr, 2h16) documentaire

De Chris Marker (Fr, 2h16) documentaire

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Paris, mai 1962. La guerre d'Algérie vient de s'achever avec les accords d'Evian. En ce premier mois de paix depuis sept ans, que font, à quoi pensent les Parisiens ? Chacun témoigne à sa manière de ses angoisses, ses bonheurs, ses espoirs.


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Chris Marker miaule encore

ECRANS | On en aura la preuve lundi à la Cinémathèque avec la reprise d'un film culte du cinéaste français.

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Chris Marker miaule encore

Personne ne connaît Christian Bouche-Villeneuve, mais tout le monde a croisé un jour ou l’autre l’un de ses (nombreux) avatars. Le dernier d’entre eux était le félin Guillaume-en-Égypte, alias numérique bien commode pour se substituer à la présence charnelle d’un monsieur alors âgé pour l’état civil (91 ans pile à sa mort en 2012) mais cependant toujours jeune d’esprit. Un autre pseudonyme, très graphique, a accompagné sa prolifique carrière de cinéaste – et celui-là, le 7e art n’est pas près de l’oublier : Chris Marker. Complice du jeune Alain Resnais, Marker expérimente avec lui la forme de l’essai, avant de signer avec constance des œuvres toujours aussi engagées dans la forme que dans le fond : Cuba Si, La Jetée, Le Joli Mai, Sans Soleil… Chats perchés (2004), choisi par la Cinémathèque pour amorcer une rencontre avec le philosophe Alexandre Costanzo à l’occasion du cycle Traversées urbaines, nous replonge dans le Paris de 2002. Éternel curieux (et défenseur du street-art), Marker se sa

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