Monstres academy

ECRANS | Déception pour le nouveau Pixar : la greffe entre l’univers de "Monstres et Cie" et celle du film de campus ne prend qu’à moitié, et le scénario paraît bien attendu par rapport à celui du précédent "Rebelle". Christophe Chabert

Christophe Chabert | Dimanche 7 juillet 2013

On se souvient avec émotion de Monstres et Cie, peut-être le film qui a fait basculer Pixar dans la cour des grands. L'allégorie sur l'entertainment hollywoodien s'y déployait à travers un récit mené tambour battant et passant par toutes les émotions possibles – la moindre des choses pour un film où le carburant était justement une émotion, en l'occurrence la peur. Plutôt que de lui donner une suite, le studio a choisi de retourner aux origines de ses héros et de greffer l'univers des terreurs d'élite sur celui du teen movie.

Sully et Bob «retournent» donc à l'université, avec un antagonisme fort : le premier n'est que le descendant un peu glandeur d'une légende de l'effroi, le deuxième est un gringalet qui veut réussir malgré ses maigres atouts et met toute son énergie dans un bachotage effréné. Le campus est à peine différent de ceux qui forment l'ordinaire du cinéma adolescent américain : des nerds et des bullies, des confréries et des soirées entre étudiants…

C'est la première déception du film : plutôt que de renouveler les codes ou d'en fournir une critique, Monstres academy se contente la plupart du temps de les reproduire en remplaçant les humains par un bestiaire de créatures bizarres, dont peu ont vraiment droit à autre chose qu'une figuration pittoresque. Comme si Pixar privilégiait la quantité à la qualité, la prolifération plutôt que l'approfondissement.

Pixar monstre ses limites…

Certes, le film prend fait et cause pour les marginaux et les losers, fidèle à la tradition Hugues-Apatow ; mais cela ne suffit ni pour étonner, ni pour créer un sous texte passionnant au sein du récit. Après le scénario tout en surprises et en subtiles interrogations existentielles de Rebelle, Monstres academy paraît bien prévisible, notamment son deuxième acte qui se concentre sur un grand tournoi de la peur, vaine et transparente surenchère face aux parties de quidditch d'Harry Potter.

Il faut attendre la dernière demi-heure pour qu'enfin la touche Pixar reprenne le dessus. C'est aussi le moment où le film sort de son cadre initial pour retrouver les terres du premier volet. Le temps d'une séquence magistrale, on constate d'ailleurs que Pixar est beaucoup plus à l'aise pour déconstruire les codes du cinéma de terreur et en livrer les clés que pour s'aventurer vers ceux de l'adolescence.

On s'en doutait : rien de moins régressif que ce studio qui, même en mode mineur, reste très au-dessus du cinéma d'animation US actuel.

Monstres academy
De  Dan Scanlon (ÉU, 1h44) animatio

Christophe Chabert


Monstres Academy

De Dan Scanlon (ÉU, 1h44 ) animation Le grand rêve de Bob Razowski de devenir une Terreur est menacé lorsque, durant sa première année de licence de Terreur à la Monstres Academy, il rencontre James P. Sullivan, dit Sulli, un vrai crack qui a un don naturel pour Terrifier.
UGC Ciné-Cité Internationale 80 quai Charles de Gaulle Lyon 6e
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"Les Indestructibles 2" : toujours aussi fort.e.s !

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Depuis qu’une aïeule a été abandonnée par son guitariste d’époux, la famille de Miguel a banni toute musique de sa vie. C’est donc un drame quand le garçonnet avoue, le Jour des Morts en plus, se destiner lui aussi à la guitare. Miguel espère trouver du soutien auprès de ses ancêtres… S’il faut aux sceptiques une preuve supplémentaire de l’existence d’un particularisme artistique des studios Pixar au sein de l’empire Disney, Coco tombe à pic : il constitue même une manière de manifeste. Là où les productions issues de la maison-mère misent sur un arsenal codifié d’éléments rassurants pour fédérer leurs publics (schématisons : la quête d’une princesse entrelardée par des torrents de chansons), la branche spécialisée dans les images de synthèse s’aventure dans des territoires insolites, plus stupéfiantes encore du point de vue narratif que technique. Une "originalité" artistique autorisée parce qu’elle s’avère globalement payante… notamment du côté du tiroir-caisse. Notes en sourdine Même si la musique est ici le moteur du personnage principal, elle ne pollue pas le film à heure fixe, ni ne le condimente tel un excipient fo

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