Les Flingueuses

ECRANS | De Paul Feig (ÉU, 1h57) avec Sandra Bullock, Melissa McCarthy…

Christophe Chabert | Jeudi 11 juillet 2013

Deux scènes très drôles encadrent Les Flingueuses : la première, attendue, voit la géniale Melissa McCarthy, qui n'a pas exactement un corps de film d'action, courser un dealer claudiquant. La poursuite dure la longueur d'un étal de fruits et légumes, et Paul Feig la filme en un seul plan fixe, transformant les limites physiques de la comédienne en pure puissance comique. Plus tard, c'est au tour de Sandra Bullock de faire l'expérience de cette action au ralenti, rampant dans un couloir d'hôpital un flingue à la main. C'est sans doute ce qu'il y a de mieux dans ce buddy cop movie au féminin, dont l'intrigue paresseuse n'est qu'un prétexte pour la confrontation de ses deux stars, l'une flic dans les rues de Boston, vulgaire et cash, l'autre agent modèle du FBI, coincée et rigide.

Le reste permet quelques beaux numéros, notamment de McCarthy, tornade dont on n'est pas près de se lasser, et d'autres beaucoup plus lourdingues, comme cette scène de beuverie dans un bar plutôt vulgos. Toutefois, au détour d'un gag gore et macabre ou d'une séance de pétage de plombs familial, Les Flingueuses retrouve un peu de l'esprit trash qui avait fait le sel de Mes meilleures amies.

Christophe Chabert


Les Flingueuses

De Paul Feig (ÉU, 1h57) avec Sandra Bullock, Melissa McCarthy...

De Paul Feig (ÉU, 1h57) avec Sandra Bullock, Melissa McCarthy...

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D'un côté il y a l’agent spécial du FBI, Sarah Ashburn, une enquêtrice rigoureuse et méthodique dont la réputation la précède. De l'autre l’agent de police de Boston, Shannon Mullins, reconnue pour son fort tempérament. Ces deux représentantes de la loi radicalement opposées sont obligées de faire équipe.


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Gravity, effet spatial

ECRANS | En propulsant le spectateur en apesanteur au côté d’une femme perdue dans l’immensité sidérale, Alfonso Cuarón ne réussit pas seulement une révolution technique, mais donne aussi une définition nouvelle de ce qu’est un film d’auteur. Et marque une date dans l’Histoire du cinéma. Textes : Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 16 octobre 2013

Gravity, effet spatial

Le silence, la terre, et un panoramique excessivement lent, comme si la caméra elle-même flottait dans l’espace. On distingue ensuite une silhouette lointaine dans un scaphandre, tournant autour d’une station spatiale arrimée au satellite Hubble, en cours de réparation. Mission de routine pour ces astronautes américains : l’un, Matt Kowalsky, chevronné et effectuant sa dernière sortie – un Georges Clooney égal à lui-même, c’est-à-dire dans un professionnalisme hawksien et une décontraction absolue – l’autre, Ryan Stone, passant pour la première fois du laboratoire aux travaux pratiques dans l’immensité spatiale – Sandra Bullock, fabuleuse, transmuée par un rôle qui la pousse vers une gamme complète d’émotions. D’ailleurs, durant cette introduction déjà furieusement immersive, le dialogue, remarquablement écrit, cherche une simplicité que l’on retrouvera dans la ligne claire de son récit, et relève du badinage ordinaire ; Stone supporte mal le tangage lié à l’apesanteur, Kowalsky raconte des histoires sur sa jeunesse et sa femme, un troisième astronaute s’amuse à faire des pirouettes, et Houston – Ed Harris, une voix sans visage – guide la mission en se mêlant aux plaisan

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Mes meilleures amies

ECRANS | De Paul Feig (ÉU, 2h04) avec Kristen Wiig, Maya Rudolph, Rose Byrne…

François Cau | Mardi 12 juillet 2011

Mes meilleures amies

Jusqu’ici très geek et masculines, les productions Apatow changent de genre avec ce film où les hommes sont réduits au statut de pénis parlants (à l’exception d’un flic attachant et sensible), tandis qu’une poignée de filles se préparent à jouer les demoiselles d’honneur (d’où le titre original, Bridesmaids) sur fond de rivalités entre Annie, pâtissière au chômage, et Helen, bourge friquée, pour avoir les faveurs de la future mariée Lilian. Annie est interprétée par l’épatante Kristen Wiig, également auteur du scénario, qui a réuni au casting la plupart de ses comparses issues de sa troupe d’improvisation. Cette générosité complice est la qualité et la limite de Mes meilleures amies : Feig et Apatow semblent avoir accepté toutes les propositions de leurs comédiennes, gonflant la durée et laissant beaucoup de déchets comiques au milieu de quelques séquences parfois hilarantes. Mes meilleures amies répond aussi aux dérives mercantiles de Sex and the city (la scène d’essayage où les marques sont inventées et qui se termine par une hallucinante explosion scatologique) et à la beauferie de Very bad trip (ici, le

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