Lundi 16 décembre, 20h30 : "Fargo" (1995 — Joel et Ethan Coen)

Christophe Chabert | Mercredi 2 octobre 2013

Un vendeur de voitures décide, pour payer ses dettes, de faire enlever sa femme et de faire payer la rançon à son beau-père riche et radin. Il fait appel à deux tueurs, l'un volubile, l'autre mutique, mais le plan parfait va se transformer en une longue cavale sanglante.

Prix de la mise en scène à Cannes, Fargo est un des films les plus forts de frères Coen. À partir d'un fait-divers réel, ils en font une tragédie sur un monde livré au hasard et à l'absurde, qu'ils tournent dans les grandes étendues enneigées du Dakota du Nord. Le génie des dialogues, le casting parfait — Steve Buscemi, Peter Stormare, Willaim H. Macy et la fidèle Frances MacDormand en femme flic enceinte jusqu'aux dents — la musique bouleversante de Carter Burwell et bien sûr une mise en scène majestueuse, font de Fargo un des classiques du cinéma américain des années 90.

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"Brooklyn Secret" : Mari à tout prix ?

ECRANS | D'Isabel Sandoval (É.-U. et Phi., 1h29) avec Isabel Sandoval, Eamon Farren, Ivory Aquino...

Vincent Raymond | Mardi 23 juin 2020

Aide-ménagère d’origine philippine, Olivia s’occupe d’Olga, grand-mère juive de Brooklyn dont le petit-fils prodigue Alex vient de rentrer au bercail. Espérant obtenir des papiers définitifs en épousant un Étasunien contre rémunération, Olivia a un secret : elle est née homme… Présenté lors du dernier festival Écrans Mixtes, ce nouveau film d’Isabel Sandoval tresse plusieurs fils avec une délicatesse rare : chacun des brins pris à part a beau nous être familier (pour avoir figuré dans la trame d’œuvres précédentes), leur agencement compose ici un motif des plus harmonieux, où cohabitent, sans qu’aucun jamais ne recouvre l’autre, plusieurs discours comme autant de voix témoignant de conditions particulières. La situation d’Olivia, dans l’espoir d’une régularisation, fait ainsi écho à celle de la génération d’Olga et de la communauté juive de Brighton Beach. Un temps, on croirait voir une mise en images de la chanson de Mort Shuman, Brooklyn by the Sea. Bruit de fond nourrissant l’inquiétude ambiante, des fragments de discours de Trump contextualisent

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"Working Woman" : chronique d'un harcèlement (malheureusement) ordinaire

ECRANS | De Michal Aviad (Isr, 1h32) avec Liron Ben-Shlush, Menashe Noy, Oshri Cohen…

Vincent Raymond | Mardi 16 avril 2019

Alors que son mari peine avec son restaurant, Orna trouve un job dans l’immobilier où son efficacité fait merveille. Mais son patron commence à se livrer à des allusions déplacées et des privautés. Orna le tient à distance et n’en dit rien à son mari. Jusqu’au geste de trop… La mécanique est hélas trop connue, mais il n’est jamais inutile de rappeler la terrible spirale qui conduit un·e supérieur·e à user de son autorité sur un·e subalterne pour obtenir des faveurs. De montrer son approche prédatrice mâtinée de bienveillance cauteleuse et d’allusions libidineuses passant pour de la familiarité complice. En réalité, il s’agit d’une stratégie perverse visant à déstabiliser la victime : flattée pour ses compétences, puis son apparence, Orna est ensuite rendue coupable de susciter du désir chez son "pauvre" patron. Lequel manie dans le même temps la carotte économique ou joue de son influence pour la rendre redevable, silencieuse et donc finalement soumise à ses caprices. Mais si la réalisatrice israélienne Michal Aviad a appelé son film Working Woman, c’est bien parce que son héroïne se définit par sa force de travail e

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"Marche ou crève" : jusqu’au bout des limites

ECRANS | de Margaux Bonhomme (Fr, 1h25) avec Diane Rouxel, Jeanne Cohendy, Cédric Kahn…

Vincent Raymond | Mardi 4 décembre 2018

Elisa vit avec son père et sa sœur Marion dont le handicap a eu raison du noyau familial : la mère, épuisée de s’en occuper et seule à militer pour un placement en institution, a préféré quitter la maison. Alors Elisa prend le relai de son père, au risque de sacrifier son avenir… La dédicace finale, « à ma sœur », laisse peu de doute sur l’inspiration de la réalisatrice Margaux Bonhomme, et sur la charge personnelle autant qu’affective pesant sur ce film. De fait, Marche ou crève déroule un schéma tristement banal dans la galaxie du handicap : nombreuses sont les familles à connaître une rupture, favorisée par la polarisation extrême suscitée par l’enfant réclamant une attention plus soutenue mais aussi résultant de l’accumulation de stress et de fatigue causée par l’absence de relais par des tiers – on parle là de conséquences privées et intimes d’une politique publique insuffisante. Ici, ni la mère, ni le père, ni la sœur ne veulent être soupçonnés de mal aimer Marion (ce que signifie le recours au placement en institution), et ils s’obstinent dans le dévouement sacerdotal jusqu’à un isolement mortifère. R

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"Le Poulain" : l’art de miser sur le bon cheval

ECRANS | de Mathieu Sapin (Fr., 1h37) avec Alexandra Lamy, Finnegan Oldfield, Gilles Cohen…

Vincent Raymond | Mardi 18 septembre 2018

Étudiant surdiplômé, Arnaud (Finnegan Oldfield) se retrouve fortuitement embauché comme assistant d’une directrice de campagne électorale (Alexandra Lamy) à l’approche de la Présidentielle. À ses côtés, il va découvrir la réalité d’un métier où l’image compte davantage que les mots, et les opportunités que les convictions… Cela ne pouvait finir autrement. À force de se frotter à la sphère politique (pour ses reportages dessinés en immersion lors de la présidentielle 2012 ou dans les coulisses élyséennes) ; à force de frayer avec Gérard Depardieu, des exploitants (le documentaire Macadam Popcorn) mais aussi des confrères illustrateurs ayant déjà franchi le pas (Joann Sfar, Riad Sattouf…), Mathieu Sapin était forcé de passer à la réalisation. Et d’aborder la chose politique par la voie intérieure. Voyage d’un candide apprenant à nager dans un marigot de requins, cette fable documentée ne prétend pas brosser un portrait fidèle des sous-ca

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"Une suite qui dérange : le temps de l’action" : Al Gore, de la suite dans les idées

ECRANS | Dix ans après "Une vérité qui dérange", le Prix Nobel de la Paix et ex vice-président étasunien Al Gore poursuit son combat en faveur de l’environnement, alors que l’actualité mêle COP21, cataclysmes climatiques et élection d’un climato-sceptique à la tête des États-Unis. On se bouge ?

Vincent Raymond | Vendredi 22 septembre 2017

« Notre maison brûle et nous regardons ailleurs. » Les mots prononcés en 2002 par Jacques Chirac durant le sommet de Johannesburg pourraient figurer dans chacun des one-Gore-show que Al le pèlerin promène de par le monde. Sortes de monologues nourris de Powerpoint ; d’images sans cesse réactualisées de villes dévastées par des catastrophes météorologiques ; de diagrammes pour certains affolants (l’élévation de la température moyenne), pour d’autres encourageants (l’évolution de la production d’énergie renouvelable et l’abaissement de son coût), ces conférences servent une nouvelle fois de socle à un documentaire. Reconverti prêcheur, l’ancien politicien se fait l’avocat médiatique de la planète, le témoin de ses haut-le-cœur et, plus intéressant, lobbyiste au service de sa cause : il est montré comme ayant favorisé la ratification de l’Inde à l’accord de Paris. Dégagé de tout mandat, mais jouissant d’une aura et d’un capital sympathie considérables (que ce film, malin, contribue à accroître), Gore prouve que dans son cas ne plus gouverner, c’est agir et prévoir. Un film Gore Ne craignant jamais de mouiller sa chemise ni de tremper ses cha

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Quinzaine du Canada : une conférence sur Leonard Cohen vendredi

CONNAITRE | Jusqu’au 18 juin, le Centre d’études canadiennes de Grenoble organise une bien nommée Quinzaine du Canada faite de conférences-débats, spectacles, (...)

Aurélien Martinez | Mardi 6 juin 2017

Quinzaine du Canada : une conférence sur Leonard Cohen vendredi

Jusqu’au 18 juin, le Centre d’études canadiennes de Grenoble organise une bien nommée Quinzaine du Canada faite de conférences-débats, spectacles, projections, expositions, lectures… En fans ultimes pas encore remis de sa mort, on retient forcément dans le riche programme la conférence du vendredi 9 juin à 18h30 à la Bibliothèque du centre-ville consacrée à l’immense Leonard Cohen. Qui, oui, était canadien. Christophe Lebold, maître de conférences à l’Université de Strasbourg où il enseigne la littérature américaine et la culture rock, analysera « les multiples trajectoires » de l’œuvre du poète-musicien. We are his men.

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Voreppe croise les regards cinématographiques

ECRANS | Le cinéma Art et Plaisirs lance son cycle mensuel Regards Croisés avec un bijou des frères Coen : "Fargo". Rendez-vous vendredi 9 septembre.

Vincent Raymond | Mardi 6 septembre 2016

Voreppe croise les regards cinématographiques

Après une fin août proprement caniculaire, on aurait presque hâte de goûter à des températures inversement extrêmes. Quoi de plus rafraîchissant qu’une virée dans le Minnesota hivernal pour l’un des polars les plus frappés tournés par les frères Coen ? Sorti (bien emmitouflé) il y a déjà vingt ans, Fargo est un bijou d’humour noir au milieu des étendues blanches, où le sordide le dispute à l’absurde. On y suit la pathétique combine d’un vendeur de voitures ayant ourdi l’enlèvement de son épouse par des demi-sel pour renflouer ses finances. Évidemment, rien ne se déroule comme prévu : les cadavres tombent en avalanche, jusqu’à ce qu’une placide policière enceinte jusqu’à la mandibule fasse cesser ces floconneries… Prix de la mise en scène à Cannes, Oscar pour la comédienne Frances McDormand et pour le scénario signé par les Coen, Fargo est un must de la comédie macabre. Un excellent choix pour entamer la nouvelle saison du rendez-vous Regards Croisés institué par le cinéma Art et Plaisirs de Voreppe, qui propose chaque mois un grand film du patrimoine, ayant en général bénéficié d’une restauration récente et présenté par Laurent Huyart.

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Brooklyn

ECRANS | de John Crowley & Paul Tsan (Irl./G.-B./Can., 1h53) avec Saoirse Ronan, Domhnall Gleeson, Emory Cohen…

Vincent Raymond | Mardi 8 mars 2016

Brooklyn

Avec Une éducation, on avait découvert que le cœur de l’auteur britannique Nick Hornby était plus vaste qu’un stade de foot, et que son âme vibrait à d’autres musiques que sa playlist de 33t rock. Brooklyn, dont il est à nouveau scénariste, enfonce le clou puisqu’il y raconte à nouveau le parcours semé d’embûches d’une jeune femme s’affranchissant de toutes les tutelles (parentale, religieuse, culturelle…) pour s’accomplir, quitte à faire le deuil d’une partie de son identité. Portrait de femme moderne (dans l’acception du XXe siècle, mais qui pourrait revenir à la mode eu égard au conservatisme ambiant), d’une migrante qui plus est (sujet brûlant d’actualité), Brooklyn ne s’écarte pas du classicisme attendu. Saoirse Ronan n’est pas à blâmer : elle s’en tient aux limites de son personnage et de ce film plus anecdotique que définitif. Quant à Hornby, espérons pour lui qu’il s’ouvre à d’autres schémas… VR

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Fargo, du sang sur la neige

ECRANS | On continue cette semaine notre rétrospective "20 ans de PB, 20 ans de ciné" en se téléportant en 1996, mais surtout en rendant hommage à un tandem de cinéastes (...)

Christophe Chabert | Mardi 3 décembre 2013

Fargo, du sang sur la neige

On continue cette semaine notre rétrospective "20 ans de PB, 20 ans de ciné" en se téléportant en 1996, mais surtout en rendant hommage à un tandem de cinéastes régulièrement loués dans nos colonnes : Joel et Ethan Coen. Fargo leur permet de revenir sur leurs terres natales, le Minnesota froid et enneigé, où un fait divers sordide se transforme devant leur caméra en tragédie de la bêtise et de la cupidité. Jerry Lundegaard (William H. Macy), médiocre vendeur de voitures, paie deux tueurs dégénérés, l’un (Steve Buscemi) volubile et agité, l’autre (Peter Stormare) peu loquace et impassible, pour enlever sa propre femme et demander une rançon à son beau-père blindé mais radin. Bien sûr, le plan tourne au cauchemar et seule une femme flic enceinte (Frances McDormand) tente de résister à cette spirale de violence. Le génie des Coen éclate à tous les étages de Fargo : le dialogue, vertigineux, la construction scénaristique, particulièrement audacieuse avec ses digressions imprévisibles – notamment via un personnage de Japonais dépressif et mythomane – et bien sûr la mise en scène, fabuleuse. En pleine symbiose avec leur chef opérateur Roger Deakins, les Coen

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Cabaret frappé – jour 4 : des hauts et un bas

MUSIQUES | Soirée cosmopolite jeudi au Cabaret frappé, avec un concert sous le chapiteau aux couleurs du reggae et un autre sous le kiosque plus oriental... et décevant. Aurélien Martinez (sur Riff Cohen) et Eloi Weiss (sur le reste !)

Aurélien Martinez | Vendredi 26 juillet 2013

Cabaret frappé – jour 4 : des hauts et un bas

Elle avait tout pour lancer les hostilités du jeudi avec talent. Soit « un sac rempli d'influences héritées de ses multiples origines (Afrique du Nord, Sud de la France) et d'une immense culture rock que la jeune femme trimbale, quelque part entre une Camille gnaouie, Muriel Moreno (Niagara), une Natacha Atlas punk et la Claire Boucher de Grimes » comme on l’écrivait avec enthousiasme dans notre numéro festival. Sauf que, malheureusement, la sauce n’a pas pris au Cabaret frappé. Devant des Grenoblois comme toujours nombreux (les concerts gratuits de 19h, sous le kiosque, sont extrêmement suivis), Riff Cohen (puisque c’est d’elle qu’il s’agit) n’a pas su captiver l’audience, malgré les très bons musiciens qui l'accompagnaient. La faute à une approche de la scène chancelante et peu investie (il faut de la maîtrise pour s’imposer à des personnes pas forcément là pour la musique), la chanteuse semblant victime d’un buzz qu’elle n’arrive pas encore à digérer (la vidéo de son tube À

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Au Cabaret !

MUSIQUES | Tout se passe à Grenoble entre la poire et le fromage et entre kiosque (pour les concerts gratuits programmés à 19 h ou à minuit) et chapiteau. Avec néanmoins (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 12 juillet 2013

Au Cabaret !

Tout se passe à Grenoble entre la poire et le fromage et entre kiosque (pour les concerts gratuits programmés à 19 h ou à minuit) et chapiteau. Avec néanmoins une exception le 28 juillet avec un concert final de Dark Dark Dark qui méritera bien de monter jusqu'au Ciel pour l'occasion. Et puisqu'on parle d'occasion, Le Cabaret frappé est toujours l'occasion de (re)découvrir dès le premier soir de bien étranges créatures comme le Big Ukulele Syndicate qui reproduit l'esprit de l'Ukulele Orchestra of Great Britain, fameuse formation de reprise tous horizons au Ukulele donc (d'où le nom). Le même soir, le métissage musical se poursuivra avec le folk hybride de la canadienne d'origine haïtienne Melissa Laveaux et le soul man casqué Cody Chesnutt.   Le mardi, on se refait un coup de 14 juillet avec neuf jours de retard. Au programme : l'électro-rock de Pan en gu

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Kiff Cohen

MUSIQUES | Si l'on en croit la théorie selon laquelle une partie de notre destin est dictée par notre nom (toute considération du phénomène « fils de... » mise à part), (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 19 juin 2013

Kiff Cohen

Si l'on en croit la théorie selon laquelle une partie de notre destin est dictée par notre nom (toute considération du phénomène « fils de... » mise à part), reconnaissons qu'avec un prénom (Riff) et un nom (Cohen, comme Leonard) pareils, la jeune franco-israélienne Riff Cohen avait tout pour finir chanteuse et musicienne. Ce serait-elle appelée Miche Poilâne, les choses eussent été probablement assez différentes. On ne saura jamais. Riff Cohen est donc la dernière représentante d'une scène israélienne de plus en plus vivace et de plus en plus visible par chez nous. Née à Tel Aviv, elle est parisienne de cœur depuis un bon moment – d'où le titre de son album, A Paris, chanté en Français (beaucoup) sur des textes écrits par sa mère, en hébreu (un peu) et en arabe (sur un morceau). Pour le reste, c'est un sac rempli d'influences héritées de ses multiples origines (Afrique du Nord, Sud de la France) et d'une immense culture rock que la jeune femme trimbale, quelque part entre une Camille gnaouie, Muriel Moreno (Niagara), une Natacha Atlas punk et la Claire Boucher de Grimes. C'est un fait, la même innocente folie parcourt ces fille

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Tu seras un homme

ECRANS | De Benoît Cohen (Fr, 1h27) avec Aurelio Cohen, Jules Sagot, Éléonore Pourriat…

Christophe Chabert | Vendredi 3 mai 2013

Tu seras un homme

Faire un film en famille et non pas un film de famille ; c’est le projet modeste de Benoît Cohen, qui tourne autour du sujet depuis Nos enfants chéris. On retrouve dans Tu seras un homme la fidèle Éléonore Pourriat devant la caméra et au scénario, son fils Aurélio dans un des deux rôles principaux, pour une fiction qui se conclut par un « à mon père » qui en dit long. Théo, un apprenti comédien recalé à l’Ensatt ( École des arts et techniques du théâtre, à Lyon) doit jouer les baby-sitters auprès de Léo, un gamin intelligent mais fragile et renfermé, et arrive peu à peu à développer avec lui une forte amitié, qui lui renvoie à la fois l’image de l’enfant qu’il est encore et celle de l’adulte qu’il espère devenir. La première partie est assez belle : Cohen réussit à créer une vraie atmosphère dans cette maison coupée de tout, et une belle figure de père anxieux et débordé (Grégoire Monsaingeon, très bon). Le film perd ensuite le fil lorsque débarquent des comédiens fêtards emmenés par l’ex de Théo, comme un sursaut scénaristique inutile qui traduit peu

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Cabaret Frappé 2013 : un début de prog

ACTUS | La vitrine de la vitalité musicale de Grenoble qu'est le Cabaret Frappé (cette année du 22 au 27 juillet) a commencé à lever doucement le voile sur sa (...)

Stéphane Duchêne | Dimanche 14 avril 2013

Cabaret Frappé 2013 : un début de prog

La vitrine de la vitalité musicale de Grenoble qu'est le Cabaret Frappé (cette année du 22 au 27 juillet) a commencé à lever doucement le voile sur sa programmation 2013. Et notamment, on cite, les « couleurs chaudes » de ce qui sera la 15e édition : on ne fera à personne l'affront de présenter Cody ChesnuTT, le king du R'n'B premium et de la soul cool.   Auteur d'une double carrière, la première en Jamaïque, la seconde en France depuis les années 2000, le reggae man Winston McAnuff revient avec Fixi, accordéoniste de Java, groupe de rap-musette avec lequel le Jamaïquain avait déjà collaboré.   Jamaïque en force toujours avec U-Roy, référence incontournable du dancehall et du raggamuffin. Rien que de très solide et référencé donc.

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Alex Cross

ECRANS | De Rob Cohen (ÉU, 1h41) avec Tyler Perry, Matthew Fox…

Jerôme Dittmar | Lundi 17 décembre 2012

Alex Cross

Promis à un oubli quasi instantané que ne revaloriseront pas des bacs à DVD toujours plus désertés, Alex Cross mérite probablement son sort de série B sacrifiée. Non parce que tout est à jeter dans cet énième polar, au contraire, les fondations ne sont pas plus mauvaises qu'ailleurs : un flic intègre et bon père de famille bascule lorsque sa femme est tuée par l'assassin psychopathe qu'il pourchasse. Customisé à renforts de crise économique (un peu au loin), le pitch pouvait facilement servir de prétexte à un effort de mise en scène dans la pure tradition du genre. Sauf que piloté par Rob Cohen (Fast and Furious, La Momie 3), c'est beaucoup demander. À peine au niveau du pire des épisodes d'Esprits criminels, le film, fade, sans la moindre idée pour se donner un semblant de style et alourdi par son casting – Tyler Perry est aussi intéressant qu'un camion vide, Matthew Fox en tueur fou fait peine à voir –, se traîne comme un boulet. Un exemple parfait d'amateurisme total. Jérôme Dittmar

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Dans la vallée, oh, oh...

MUSIQUES | « Tiens, si on faisait un festival de blues dans le Grésivaudan ? Et si on l’appelait Bluesaudan ? Mouais... Attends, on peut inverser sinon... (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 21 juin 2012

Dans la vallée, oh, oh...

« Tiens, si on faisait un festival de blues dans le Grésivaudan ? Et si on l’appelait Bluesaudan ? Mouais... Attends, on peut inverser sinon... Grésiblues, qu’est-ce que t’en penses ? Ça claque, non ? » (monologue complètement fictif, bien entendu). En effet, ça claque. D’autant plus que depuis douze ans, l’idée est parfaitement mise en pratique par l’équipe du festival. Cette dernière a ainsi investi la vallée située entre Grenoble et Chambéry, pour une manifestation itinérante qui propose chaque soir des concerts gratuits dans six communes. Outre les ateliers à destination des amateurs et encadrés par des artistes (la marque de fabrique du festival), c’est la programmation qui chaque année retient l’attention. Cette fois-ci, le public aura entre autres droit à Pat « Mother Blues » Cohen (photo) : venue tout droit de la Nouvelle-Orléans, elle a écumé les différentes scènes de la ville à un rythme effréné, offrant au public sa voix impressionnante et groovy, comme l’on peut aisément s’en rendre compte sur les vidéos live disponibles sur le web. Sinon, Philippe Grancher, que beaucoup considèrent comme l'un des meilleurs guitaristes de blues en France (même lui, puisque l’on retro

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Hugo Cabret

ECRANS | Sous couvert d’un conte familial aux accents dickensiens, Martin Scorsese signe une œuvre ambitieuse et intemporelle, où il s’empare de la 3D pour redonner vie au cinéma des origines et à un de ses maîtres, Georges Méliès.

Christophe Chabert | Jeudi 8 décembre 2011

Hugo Cabret

Dans la première partie d’Hugo Cabret, le jeune orphelin Hugo délaisse un temps les horloges de la Gare Montparnasse pour emmener sa nouvelle amie Isabelle au cinéma. Elle n’y est jamais allée, son père — qu’elle appelle Papa Georges — vouant une haine inexplicable envers ses images en mouvement. Dans cette salle obscure où les deux gamins sont rentrés clandestinement, on diffuse Monte là-dessus, avec Harold Lloyd suspendu dans le vide se retenant aux aiguilles d’une immense pendule. Ce parallèle entre les activités d’Hugo et la fiction qu’il regarde n’est pas ce qui intéresse la mise en scène de Martin Scorsese. En effet, le cinéaste ne cherche pas la rime mais le contraste. Car si l’image du film dans le film reste obstinément dans sa 2D originelle, celle des deux enfants face à lui est en 3D, et les rayons lumineux du projecteur découpent à la perfection leurs silhouettes avant de se jeter hors de l’écran vers le spectateur, à son tour émerveillé. En quelques plans, Scorsese trace un pont fulgurant entre l’image cinématographique des débuts du XXe siècle, muette, en noir et blanc, plate mais véhiculant l’émotion naïve des films pionniers,

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Bandes originales

MUSIQUES | Avec sa puissance d’évocation hors normes, il était tout à fait naturel que la musique de Leonard Cohen soit cooptée par le 7e art. Petit tour d’horizon de ses greatest hits ciné. FC

François Cau | Jeudi 9 septembre 2010

Bandes originales

Everybody knows Sans doute le morceau le plus cinématographiquement emblématique de Leonard Cohen, qui n’a pas manqué de le faire redécouvrir à toute une nouvelle génération. Tiré de l’album I’m your man (1988), Everybody knows est l’un des titres les plus dark de son auteur, qui distille de sa voix caverneuse comme jamais une suite de généralités désabusées, un fatalisme esquissé du demi-sourire de celui qui n’a plus rien à perdre : le monde est pourri, les pauvres restent pauvres, personne ne fait rien, on ne peut pas aimer sans trahir, et tout le monde le sait. Le tout enrobé d’une production lancinante, qui vous hante pour ne plus vous lâcher. Utilisé une première fois au cinéma dans Pump up the volume (Allan Moyle, 1990), Everybody knows y est l’hymne on ne peut plus évident de l’émission d’Harry la Trique, l’animateur de radio pirate lycéenne interprété par un Christian Slater alors au top de sa coolitude. Une récupération adorablement adolescente de ce titre définitif, dans l’un des derniers teen movies contestataires d’années 80 moribondes en termes d’identité culturelle pour la génération en construc

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Voir Cohen et mourir

MUSIQUES | Que ceux qui ont loupé Leonard Cohen l’année dernière aux Nuits de Fourvière se rassurent : l’émotion des retrouvailles se reproduira cet été à Vienne. On se sent déjà tout chose. Aurélien Martinez

François Cau | Vendredi 10 juillet 2009

Voir Cohen et mourir

La billetterie avait été prise d’assaut en moins de deux, les places se revendant au marché noir jusqu’à quatre fois le prix initial. Il faut dire que c’était un véritable évènement : après quinze ans d’absence (il s’était retiré dans un monastère bouddhiste près de Los Angeles), Leonard Cohen remontait sur scène, passait par la France, et s’offrait même une date dans la région (à Lyon pour être précis). Dans les rangs des invités, quelques politiques et artistes tendances étaient venus voir la bête, pour pouvoir ensuite déclamer fièrement "j’y étais". Une bête qui s’averra phénoménale : à soixante-quatorze ans, l'auteur-compositeur-interprète de "tubes" comme Suzanne, I’m your man ou encore Hallejuah (si bien repopularisé par Jeff Buckley que l’on en avait presque oublié la version originale) arrive toujours à transcender le public lors de concerts généreux et très cérémoniaux. L’été dernier, il était donc là, au milieu de la scène, look façon parrain des années 30, accompagné de son groupe et de trois choristes. Et semblait flotter, porté par un public au paroxysme du bonheur, chacune des chansons se terminant par des salves d’applaudissements que Co

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