Supercondriaque

ECRANS | De et avec Dany Boon (Fr, 1h47) avec Kad Merad, Alice Pol...

Benjamin Mialot | Mardi 25 février 2014

« Ne te déplaise... Je n´aime que la comédie à la française ! » chantait la Ruda Salska au début du siècle, listant dans un de ces tubes festivo-lettrés dont elle avait le secret de poilantes pellicules de Pierre Richard, Philippe de Broca ou Joël Seria. À la vision du dernier méfait de Dany Boon, énième clou rouillé dans le cercueil du genre, on se dit que le groupe aurait été bien en peine de l'actualiser.

Rien à sauver en effet dans cette histoire d'hypocondriaque que la fille de son médecin traitant confond avec le chef d'une rébellion sévissant dans un état balkanique fictif (à ce niveau, ce n'est plus de la "capillotraction", c'est du scalp à mains nues), sorte d'adaptation consensuelle et lourdement archétypale du Malade imaginaire par le prisme de La Totale de Claude Zidi.

Surtout pas l'interprétation de son réalisateur : si derrière la caméra, Boon se prend pour le Francis Veber de la grande époque (toute proportion gardée), il n'évoque devant, avec ses grimaces pantelantes et ses cris de trisomique malentendant, qu'un Michel Leeb lancé dans un numéro d'imitation de Sinok, le colosse bercé trop près du mur des Goonies.

Au bout d'une heure quarante-cinq d'un tel traitement, si vous n'êtes pas pris d'une envie pressante d'envahir le Nord-Pas-de-Calais, c'est que vous vous êtes assoupi dès la première gorgée de solution hydro-alcoolique. Chanceux.

Benjamin Mialot


Supercondriaque

De Dany Boon (Fr, 1h47) avec Dany Boon, Alice Pol, Kad Merad...

De Dany Boon (Fr, 1h47) avec Dany Boon, Alice Pol, Kad Merad...

voir la fiche du film


Romain Faubert est un homme seul qui, à bientôt 40 ans, n’a ni femme ni enfant. Le métier qu’il exerce, photographe pour dictionnaire médical en ligne, n’arrange rien à une hypocondrie maladive qui guide son style de vie depuis bien trop longtemps et fait de lui un peureux névropathe.


entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

"Le Lion" : l’espion qui venait de l’asile

ECRANS | De Ludovic Colbeau-Justin (Fr., 1h35) avec Dany Boon, Philippe Katerine, Anne Serra…

Vincent Raymond | Mardi 28 janvier 2020

Médecin en hôpital psychiatrique, Romain s’est vu confier le cas de Léo Milan, "le Lion", un malade surexcité se disant agent secret. Quand la compagne de Romain disparaît, le Lion y voit un coup des services ennemis et accepte d’aider son toubib, à condition qu’il le fasse évader… Inépuisable mais loin d’être simple à réussir, le buddy movie est un genre payant lorsque sa mécanique, bien huilée, est respectée : il suffit en général d’allier deux caractères dissemblables, et plus spécifiquement d’adjoindre à un costaud sûr de lui un velléitaire ayant le tracassin (clown banc & auguste), et de les plonger dans une quête : compte à rebours, poursuite, fuite etc. Force est de constater que les scénaristes du duo Matt Alexander ont respecté les codes à la lettre. Et que l’association fonctionne entre Dany Boon – de plus en plus attiré par les emplois physiques – et Philippe Katerine — qui ne surexploite pas ici, à raison, son aura de Pierrot lunaire. Cavale burlesque autant que film d’action dans la lignée des Bébel-Lautner (la B.O. très blaxploitation en rajoute une jolie couche vintage années 1970), la réalisation de Ludovic Colbeau-Justin est à la

Continuer à lire

"Une belle équipe" : sorties de leur réserve

ECRANS | De Mohamed Hamidi (Fr., 1h35) avec Kad Merad, Alban Ivanov, Céline Sallette…

Vincent Raymond | Mardi 14 janvier 2020

Un seul point. C’est ce qu’il manque à l’équipe de foot de Clourrières pour assurer son maintien. Sauf que les joueurs ont tous été suspendus après une bagarre. Alors, l’entraîneur monte une équipe féminine pour les trois ultimes rencontres. Et se heurte à l’hostilité machiste du village… Alors qu’il s’apprêtait à en débuter le tournage en 2018, Kad Merad prévenait que ce film n’aurait rien à voir avec Comme des garçons, cette comédie-fiction bâtie sur l’histoire de la première équipe de France de football féminine. On le confirme : Mohamed Hamidi ne s’intéresse ni à la romance ni à la reconstitution historique, mais au difficile basculement des mentalités vers une société paritaire, le football étant le symptôme (ou le déclencheur) d'une prise de conscience : troquer le ballon contre la charge domestique ordinairement dévolue à leurs épouses équivaut à une castration pour ces messieurs. Le réalisateur (qui, au passage, remercie ses six sœurs au générique) s’amuse à montrer à quel point la sensibilité masculine est asymétrique : chatouilleux sur leurs "privilèges" envolés, les hommes sont aveugles au fait que les affiches publicitaires utilise

Continuer à lire

"Le Dindon" : Feydeau-do

ECRANS | De Jalil Lespert (Fr., 1h25) avec Dany Boon, Guillaume Gallienne, Alice Pol…

Vincent Raymond | Mardi 24 septembre 2019

Séducteur impénitent, Pontagnac suit chez elle Victoire qu’il aimerait mettre dans son lit, ignorant qu’elle est l’épouse de son ami Vatelin. Quand celui-ci apparaît, il faut composer. Encore plus quand un autre soupirant de Victoire débarque. Et davantage à l’irruption de Mme Pontagnac… Transposer une pièce de Feydeau : pourquoi pas ? La situer au début des années 1960 : l’idée se défend, révélant à quel point les codes de la bourgeoisie patriarcale ont peu évolué jusqu’au schisme sociétal de 68. Reste la question de l’adaptation de Jalil Lespert… C’est-à-dire pas uniquement un ripolinage cosmétique visant à "actualiser" ici quelques répliques, là du décor, ailleurs des situations ou des personnages ; juste rendre le matériau compatible avec les contraintes propres à l’écran. Bien sûr, il ne faut pas attendre d’un vaudeville sa métamorphose en fresque de David Lean (ce serait un contresens stupide) mais à tout le moins qu’il trouve une équivalence dans sa mécanique rythmique. Ici, seul le deuxième acte parvient à s’abstraire de la langue pour donner vie aux corps en osant burlesque et absurde : le premier reste prisonnier d’une exposi

Continuer à lire

"Le Doudou" : canaille peluche

ECRANS | de Philippe Mechelen et Julien Hervé (Fr, 1h22) avec Kad Merad, Malik Bentalha, Guy Marchand…

Vincent Raymond | Lundi 18 juin 2018

Employé à l’aéroport de Roissy, Sofiane excelle dans les magouilles foireuses et le baratin. Découvrant l’avis de recherche d’un nounours perdu, il espère dans un premier temps escroquer des parents aux abois. Mais finit par partager l’obsession du papa excédé : retrouver le précieux doudou. Première réalisation de Philippe Mechelen et Julien Hervé, ce "buddy movie" des familles se révèle bien plus sympathique que Les Tuche, la série à succès créée par le duo. Car s’y côtoient en bonne intelligence et avec rythme de l’absurde (un maître-chien psychopathe persuadé que son dogue est sa "fille", des châtelains fin de race et hors d’âge), une pointe d’incorrection (Isabelle Sadoyan, dans son ultime rôle, campe une vieille résistante frappée d’Alzheimer révélant ses sympathies collabo) ainsi qu’une certaine tendresse de mieux en mieux assumée par Kad Merad. Paupière lourde de patriarche à la Danny Glover, effets contenus, celui-ci confirme donc dans la comédie populaire le virage pris avec

Continuer à lire

Xabi Molia : « Je place Kad Merad au même rang que Denis Podalydès »

ECRANS | Dans la peau d’un petit escroc à l’aura pâlissante, Kad Merad effectue pour "Comme des rois" de Xabi Molia une prestation saisissante, troublante pour lui car faisant écho à sa construction d’acteur. Rencontre croisée.

Vincent Raymond | Lundi 30 avril 2018

Xabi Molia : « Je place Kad Merad au même rang que Denis Podalydès »

Xabi Molia, quelle a été la genèse de Comme des rois ? Xabi Molia : L’idée est venue d’une manière assez amusante. Il faut savoir que j’ai le profil du bon pigeon : j’adore qu’on me raconte des histoires. Je me suis donc fait arnaquer assez régulièrement, et notamment une fois à la gare Montparnasse. Pendant que j’attendais le départ de mon train, un type est monté et m’a raconté une histoire très alambiquée… Je ne saurais la raconter, mais l’enjeu c’était 20 euros. Je me souviens m’être méfié et l’avoir poussé dans ses retranchements ; mais lui retombait sur ses pattes, trouvait de nouveaux trucs pour que son histoire tienne debout. Bref, il me prend ces 20 euros et je ne le revois évidemment jamais. J’ai d’abord été déçu de m’être fait délester de 20 euros. Mais finalement, il les avait quand même gagnés de haute lutte ! Et j’ai imaginé ce que ce type avait peut-être dit à sa femme le matin : « bon bah moi aujourd’hui je vais Gare Montparnasse, j’ai un nouveau

Continuer à lire

"Comme des rois" : l’embrouille en héritage

ECRANS | Un bonimenteur de porte-à-porte à la rue donne malgré lui le virus de la comédie à son fils… Avec son troisième long-métrage, le réalisateur français Xavi Molia signe une splendide comédie sociale aux accents tragiques, portée par Kacey Mottet-Klein et Kad Mérad, touchants dans l’expression maladroite d’une affection mutuelle.

Vincent Raymond | Lundi 30 avril 2018

Volubile embobineur, Joseph a connu des jours meilleurs dans l’escroquerie. Pour se sortir de cette période un peu délicate, il pense pouvoir compter sur sa famille, et en particulier sur Micka, son fils qu’il a patiemment formé. Mais ce dernier rêve d’exercer ses talents ailleurs : sur scène. Aspirer à être comme un roi, c’est un peu construire des châteaux en Espagne : viser un objectif prestigieux, tout en sachant inconsciemment en son for intérieur qu’il est d’une essence incertaine. On ne pourrait mieux résumer le personnage de Joseph, artisan-escroc à l’ancienne dont les talents de hâbleur ne lui permettent plus que de ramasser des miettes dans un monde contemporain le dépassant chaque jour davantage. Bateleur sans public, il demeure seigneur révéré d’une famille soudée dans le délit, mais assiste impuissant à la rébellion paradoxale de son fils dont il réprouve les choix et déplore l’absence de conscience criminelle. Un fils qui, de surcroît, le surpasse dans sa branche. Art, niaque et arnaques Xabi Molia avait entre ses doigts un sujet de tragédie shakespearienne et de comédie italienne, une pichenette pouvant faire pencher son film d’un c

Continuer à lire

"La Ch’tite famille" : Dany Boon ne perd pas le Nord

ECRANS | de et avec Dany Boon (Fr., 1h47) avec également Laurence Arné, François Berléand, Line Renaud…

Vincent Raymond | Lundi 26 février 2018

Designer star, Valentin s’est créé un passé d’orphelin par honte de sa famille nordiste prolétaire. L’irruption inopinée de celle-ci chamboule son quotidien ultra-maniaque et est la cause indirecte d’un accident le rendant amnésique mais aussi ch’ti à nouveau. Un malheur ? Une chance. On se souvient que le précédent Dany Boon, Raid dingue​ (2017), était littéralement inégal : après un début burlesque très convenable, le film s’enlisait dans la gaudriole franchouillarde improbable à base de travestis avec accent d’Europe centrale – Christian Clavier aurait été lapidé s’il s’était commis là-dedans. Par un effet de symétrie assez singulier, La Ch’tite famille souffre d’un commencement désastreux (sur-caricatures de bouseux du Nord et de Parisiens prétentieux, défilé de copains people, décors hurlant le studio), que rattrape une suite à dominante tendre, illuminée par Laurence Arné – dont le personnage insupportable de prime abord évolue (et c’est heureux) très favorablement. Ce retour aux basiques a tout de la piqûre de rappel inconsciente : Dany Boon doit sa gloire et sa fortun

Continuer à lire

Marseille

ECRANS | de et avec Kad Merad (Fr., 1h39) avec également Patrick Bosso, Venantino Venantini…

Vincent Raymond | Mardi 15 mars 2016

Marseille

Si Kad Merad était un post-adolescent imbu de son importance capillaire, on se gausserait de lui comme de son film maladroit, emberlificoté dans ses bonnes intentions et, finalement, spectaculairement avorté. Mais l’homme, plus encore son absolue sincérité ou son absence de cynisme, désarment toute intention médisante. Alors, on s’abstient. À l’inventeur du Kamoulox, il sera beaucoup pardonné. VR

Continuer à lire

Bis

ECRANS | De Dominique Farrugia (Fr, 1h38) avec Franck Dubosc, Kad Merad…

Christophe Chabert | Mardi 17 février 2015

Bis

C’est un cas d’école : comment le succès d’un film d’auteur français (Camille redouble) conduit à un dérivé opportuniste et commercial qui en reprend exactement la même formule – ce Bis signé Dominique Farrugia. Impossible d’oublier cette donnée pendant qu’on regarde cette comédie, pourtant pas la plus nulle engendrée par le cinoche français ces derniers temps. Il y a certes les éternels jeux de mots foireux qu’affectionne l’ex-Nul et qui nous donnent plutôt envie de chialer de dépit ; et une fin d’un conservatisme tellement inouï et assumé qu’on se demande si Farrugia ne fait pas déjà campagne pour la réélection de Sarkozy en 2017. Ceci mis à part, dans le foutoir ambiant, il y a quelques bonnes idées, notamment celle qui montre ces deux vieux-jeunes tenter de convaincre la secrétaire de Claude Berri de produire les futurs succès du box office hexagonal. Voir Kad Merad voler l’idée des Ch’tis à Dany Boon est assez amusant, mais la réaction sceptique de la secrétaire l’est plus encore, venant corroborer l’idée qu’un succès e

Continuer à lire

Eyjafjallajökull

ECRANS | D'Alexandre Coffre (Fr, 1h32) avec Valérie Bonneton, Dany Boon

Christophe Chabert | Mardi 24 septembre 2013

Eyjafjallajökull

Tel le produit d’une éruption volcanique incontrôlée, Eyjafjallajökull est un grand mixe de comédie des contraires façon Francis Veber, de comédie du remariage style Hollywood classique et de comédie cartoonesque tendance Vil le coyote. Sur le papier, un tel projet paraît enthousiasmant… Mais avec Dany Boon dans le coffre arrière – littéralement, lors d’une séquence du film – puis une main sur le volant du scénario et un œil dans le rétro de la mise en scène, c’est évidemment une toute autre affaire, chaque ingrédient venant affadir le précédent pour un résultat plutôt branlant. Cette longue scène de ménage sur les routes d’Europe n’ose jamais aller au bout de son incongruité, ramenant les écarts d’humour noir et méchant dans le giron du conformisme tout public – tout ce chambard pour un mariage ; notez l’audace. On le sait, la comédie française est à la peine depuis un bon moment ; il faut reconnaître à Alexandre Coffre le désir de lui filer un petit coup de boost. On sent hélas que les décideurs cravatés de l’entertainment hexagonal ont mis ici les deux pieds sur le frein. Christophe Chabert

Continuer à lire

Le Grand méchant loup

ECRANS | De Nicolas et Bruno (Fr, 1h45) avec Benoît Poelvoorde, Fred Testot, Kad Merad…

Christophe Chabert | Mercredi 3 juillet 2013

Le Grand méchant loup

Le cinéma commercial français souffre de sa trop bonne santé ; trop d’argent, trop de calculs, trop de compromis. Le Grand méchant loup, à l’inverse, est un film profondément malade, comme l’était d’ailleurs le précédent opus de Nicolas et Bruno, La Personne aux deux personnes : un truc personnel greffé sur un remake – celui des Trois petits cochons, un gros succès québécois – un film sur la névrose, la solitude et la mort qui se planque derrière toutes les formes de comédie possibles, un casting bankable dans lequel un seul acteur intéresse vraiment les réalisateurs, qui lui donnent du coup beaucoup plus d’espace à l’écran – Poelvoorde, évidemment génial… C’est donc très bancal, peu aimable, mais ça reste singulier. Signe qui ne trompe pas : à un moment, Nicolas et Bruno pastichent gentiment Comment je me suis disputé de Desplechin. C’est pourtant un faux-fuyant, tant on sent que dans une autre économie, plus modeste, le fil

Continuer à lire

Des gens qui s’embrassent

ECRANS | De Danièle Thompson (Fr, 1h40) avec Kad Merad, Éric Elmosnino, Monica Bellucci, Lou De Laâge…

Christophe Chabert | Mardi 2 avril 2013

Des gens qui s’embrassent

Poursuivant ce qu’elle pense être une observation de la société française, Danièle Thompson invente surtout au fil des films une grande célébration des classes supérieures et de leurs valeurs : famille, religion, argent, apparences, réussite… Elle a beau, comme ici, créer des oppositions (les artistes contre les nantis, les candides contre les cyniques), ce n’est qu’une habile diversion avant la réconciliation finale – dans ce film-là, incroyablement bâclée. Et quand il s’agit de critiquer vaguement l’arrogance de ses personnages, c’est à travers des stéréotypes embarrassants, pas aidés par des comédiens parfois en pleine panade – Monica Bellucci est catastrophique en bourgeoise hystérique. Surtout, Des gens qui s’embrassent a l’ambition d’un film choral, mais se retrouve coincé dans un format de prime time d’évidence trop étroit, et qui intensifie tous ses défauts : ainsi la narration avance par bonds temporels, s’attarde sur des événements sans intérêt et passe à toute vitesse sur ce qui pourrait créer du trouble – le déterminisme amoureux qui relie les deux cousines

Continuer à lire

Un plan parfait

ECRANS | De Pascal Chaumeil (Fr, 1h45) avec Diane Kruger, Dany Boon…

Christophe Chabert | Mercredi 24 octobre 2012

Un plan parfait

Le navet français de cette rentrée, ce n’est ni Les Seigneurs, ni Astérix, ni Stars 80, tous échappant peu ou prou à l’infamie, mais bien ce calamiteux Plan parfait. C’est une surprise car Pascal Chaumeil avait su, avec son très bon Arnacœur, revitaliser un genre (la comédie française) en lui insufflant charme et légèreté, et en misant sur un impeccable double duo d’acteurs (Paradis / Duris et Damiens / Ferrier). Un plan parfait tente de refaire le coup mais le casting est sa faiblesse la plus criante : le tandem Kruger / Boon n’est jamais crédible, elle peu à l’aise avec des gags il est vrai éculés, lui jamais émouvant dans la partie romantique. Quant aux deux seconds rôles comiques, ils ont été confiés à des comédiens dont la médiocrité et la vulgarité posen

Continuer à lire

Superstar

ECRANS | Où Xavier Giannoli veut-il en venir avec cette fable où un monsieur tout-le-monde (Kad Merad, choix presque trop évident, même si l’acteur s’en sort avec (...)

Aurélien Martinez | Mardi 28 août 2012

Superstar

Où Xavier Giannoli veut-il en venir avec cette fable où un monsieur tout-le-monde (Kad Merad, choix presque trop évident, même si l’acteur s’en sort avec un certain talent) est soudain considéré comme une célébrité, sans qu’il sache pourquoi ? L’argument, exactement le même que celui du segment avec Benigni dans To Rome with love, est prétexte à une confuse démonstration de la part du cinéaste d’À l’origine. Portant d’abord la faute sur des médias avides d’audience et de clics (savoureuse prestation de Louis-Do De Lenquesaing en producteur sans scrupule), Giannoli reprend ensuite en mode mineur l’idée de son film précédent : comment une foule projette sur un homme qui passait par là ses désirs et ses frustrations. Mais, à la faveur d’un nouveau coup de force scénaristique, c’est le peuple qui est à son tour dénoncé, brûlant avec la même ferveur celui qu’elle adulait hier. Comme un film à thèse qui défendrait tout et son contraire, Supe

Continuer à lire

Monsieur Papa

ECRANS | De et avec Kad Merad (Fr, 1h30) avec Michèle Laroque…

François Cau | Mercredi 25 mai 2011

Monsieur Papa

Kad Merad est partout, dans tous les films français populaires, à la télé… Le voilà en plus derrière la caméra, et on affûtait déjà nos plumes pour lui tailler un beau costard. Raté ! Monsieur Papa, sans être un grand film (loin de là, Kad ayant une confiance très limitée dans la mise en scène), étonne par sa modestie et, surtout, par son désir de ne pas suivre le diktat embarrassant de la comédie à tout prix. Les qualités principales sont à chercher dans un scénario qui prend soin de ne jamais aller tout à fait là où on l’attend (de la supercherie montée par une mère pour faire croire à son fils qu’un type ordinaire est son père et le dégoûter ainsi de vouloir le connaître, on découvre assez vite que le gamin n’est pas dupe, renvoyant ainsi la balle vers les adultes et leurs préjugés) et dans l’atmosphère flottante et triste avec laquelle Kad le filme. Situé dans le 13e arrondissement (le quartier chinois), Monsieur Papa montre un Paris rarement vu à l’écran, populaire mais pas banlieusard, aux lignes de fuite étranges et à l’exotisme terne. Intéressant, tout comme la manière, parfois, de vider le cadre autour des personnages, de laisser durer un plan, de refuser l’e

Continuer à lire

La fille du puisatier

ECRANS | De et avec Daniel Auteuil (Fr, 2h) avec Astrid Bergès-Frisbey, Kad Merad…

François Cau | Lundi 18 avril 2011

La fille du puisatier

Depuis le diptyque de Berri, Auteuil et Pagnol, c'est une grande histoire d'amour. Pour son premier film derrière la caméra, l'acteur ne pouvait donc que revenir à l'auteur fétiche qui a fait sa gloire. Sauf que les meilleurs sentiments n'ont jamais fait une grande œuvre. En adaptant La fille du puisatier, Auteuil réussit toutefois une chose : faire exister le langage de Pagnol. De manière un peu bateau, platement folklorique, mais en gardant le cœur d'une intrigue de classe où le verbe est roi. Le problème de cette adaptation de fan trop respectueux, c'est qu'il faut se coltiner un casting endimanché, une grossière mise en scène de téléfilm et Auteuil en transe, possédé par chaque dialogue. Ce qui n'est pas pire que Kad Merad avec du khôl. Jérôme Dittmar

Continuer à lire

Rien à déclarer

ECRANS | De et avec Dany Boon (Fr, 1h48) avec Benoît Poelvoorde, Bouli Lanners…

François Cau | Mercredi 26 janvier 2011

Rien à déclarer

Avant le succès improbable de Bienvenue chez les Ch’tis, Boon avait écrit et mis en scène le tout pourri La Maison du Bonheur, dont le tort principal était de vouloir retranscrire sans filtre l’humour boulevardier sur grand écran, le tout pour un résultat assez douloureux. Avec les Ch’tis, le comique avait affiné le trait, et avait réussi à toucher le public français en titillant notamment ses zones érogènes régionalistes. Ce qui est foutrement révoltant avec Rien à déclarer, c’est que l’auteur qui aura su le mieux exciter les spectateurs hexagonaux ces dernières années, que Dany Boon, donc, doté du temps, du budget et de toutes les bonnes volontés nécessaires, ait volontairement choisi la voie de la facilité la plus crasse, de l’humour le plus rance, le tout sous couvert de “bonnes intentions“ soi-disant humanistes qui finissent par se retourner contre elles-mêmes – ainsi d’un final qu’on a eu beaucoup de mal à digérer, dont la moralité pourrait être “ahlala, ces racistes sont impayables“. Construit sur des ressorts comiques au mieux rebattus, au pire consternants, Rien à déclarer fait non seulement peine à voir (Bienvenue chez les Ch’tis, à côté, c’est du Lubitsch), mais confirme

Continuer à lire

Micmacs à tire-larigot

ECRANS | De Jean-Pierre Jeunet (Fr, 1h45) avec Dany Boon, Jean-Pierre Marielle, Dominique Pinon…

François Cau | Vendredi 23 octobre 2009

Micmacs à tire-larigot

Malgré ses évidentes qualités de fabrication, quelque chose ne tourne pas rond dans la mécanique bien huilée de Micsmacs à tire-larigot. Faire une comédie des David artisans et semi-clodos contre les Goliath cravatés de l’armement n’est pas un mauvais point de départ. Le film a même, dans sa première partie, de bonnes idées visuelles, notamment dans son mélange baroque de décors allant de la ferraille rétro à la moderne boîte à cons de TF1, en passant par l’architecture soviétique et l’urbanisme vert d’un tramway contemporain. Mais tout cela donne surtout un sentiment de déjà-vu, chez Jeunet beaucoup, ailleurs un peu aussi. Le souffle romanesque qui portait Un long dimanche de fiançailles (son meilleur film) laisse la place à une nouvelle galerie de trognes bricolant des inventions qui deviennent assez vite le seul carburant scénaristique du récit. Une scène pour poser les éléments et les participants à la farce à venir, une autre pour mettre le piège en place et une dernière pour le regarder se refermer ; et hop ! on recommence. Jeunet revient ainsi à la case départ, celle de Delicatessen, avec sa naïveté surjouée (Dany Boon, à ce niveau, est

Continuer à lire

Bienvenue chez les Ch’tis

ECRANS | de et avec Dany Boon (Fr, 1h46) avec Kad Merad, Zoé Felix…

Christophe Chabert | Dimanche 2 mars 2008

Bienvenue chez les Ch’tis

Sans être le film du siècle, Bienvenue chez les Ch’tis est une bonne surprise. Après son oubliable Maison du bonheur, Dany Boon démontre un certain savoir-faire en tant que réalisateur, bien relayé par un scénario (pourtant co-écrit avec les auteurs du script minable du dernier Astérix !), un casting et quelques idées solides. Il y met en scène un directeur des postes vivant dans le sud qui, après une série de magouilles loupées, est muté à Bergues, Nord Pas-de-Calais, ce qu’il vit d’abord comme une punition. Mais une fois passée la barrière de la langue (de l’accent), du climat (« Les gens du Nord ont dans le cœur / Le soleil qu’ils n’ont pas dehors » ; merci Enrico !) et des mœurs (une bonne bière ?), il découvre un monde dans lequel il retrouve les valeurs essentielles : solidarité, fraternité, hospitalité. Ce qu’on peut reprocher à Dany Boon, c’est de substituer un peu systématiquement l’intelligence du cœur à l’intelligence tout court ; aussi attachants qu’ils soient, ses personnages n’en sont pas à lire des livres ou à aller au musée — comme si on ne pouvait pas venir des classes populaires et être abonné à Téléram

Continuer à lire