Panique chez les jouets

ECRANS | De Joël Simon, Bruno Collet, Vincent Patar et Stéphane Aubier (Fr-Belg, 43 min) animation

Christophe Chabert | Mardi 25 novembre 2014

À l'approche de Noël, les programmes réunissant plusieurs courts pour enfants se multiplient. Mais Panique chez les jouets est clairement à part. S'adresse-t-il vraiment au jeune public ? Sans doute, mais il y a fort à parier que les adultes y prendront autant, voire plus, de plaisir. Notamment face à La Bûche de Noël, servi en dessert du programme, le nouveau délire de Patar et Aubier, créateurs des mythiques PicPic André, qui reprennent les personnages de leur long Panique au village pour trente minutes de conte de Noël parfumé à la bière belge.

On y retrouve cette alliance démente entre minimalisme et littéralité (les trois personnages principaux, Cowboy, Indien et Cheval, sont des figurines de… cowboy, d'indien et de cheval) autorisant ensuite toutes les élucubrations – comme tenter de récupérer la dernière bûche du supermarché, achetée par le fermier Steven, grand numéro vocal d'un Poelvoorde braillard et hilarant, ou organiser une soirée techno avec la police et le garde-barrière. Depuis Panique au village, l'animation des personnages a gagné en souplesse, l'hystérie est moins systématique et le scénario, plutôt bien charpenté. L'air de rien, ce petit film est un des trucs les plus barrés et réjouissants qu'on ait vu cette saison, et on se réjouit de sa sortie en salles.

Christophe Chabert


Panique chez les jouets

De Joel Simon, Bruno Collet, Vincent Patar (Fr, 42 min) animation

De Joel Simon, Bruno Collet, Vincent Patar (Fr, 42 min) animation

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"Chien Pourri, la vie à Paris !" : destin de cabot

Cinéma | ★★★☆☆ Animation De Davy Durand, Vincent Patar & Stéphane Aubier (Fr.-Bel.-Esp., 1h00) En salles dès le 7 octobre

Vincent Raymond | Mardi 6 octobre 2020

Il ressemble à une serpillère mitée, empeste alentour, possède un Q.I. négatif mais Chien Pourri est un brave toutou plutôt chanceux. Tant mieux, car d’autres bestioles lui cherchent des noises, à lui et à son pote Chaplapla… Cette irrésistible adaptation d’une série jeunesse parue à l’École des Loisirs se déroule dans un Paris de carte postale, mais conserve le décalage de ton dont Aubier & Patar (les papas de Pic Pic André Show, ici rejoints par Davy Durand) sont coutumiers. À la fois naïfs et potaches, les épisodes de ce programme joliment troussé jouent sur un registre pue-pue cracra aussi hilarant pour les petites que les grandes narines.

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Ernest et Célestine

ECRANS | Il y a le bas, le monde des souris ; et il y a le haut, celui des ours. Le travail des uns s’appuie sur celui des autres : pendant que les ours se (...)

Christophe Chabert | Mardi 4 décembre 2012

Ernest et Célestine

Il y a le bas, le monde des souris ; et il y a le haut, celui des ours. Le travail des uns s’appuie sur celui des autres : pendant que les ours se pourrissent les dents à se gaver de sucreries, dont le commerce assure la prospérité des nantis, les souris récupèrent leurs ratiches qu’elles liment de manière à s’en faire de superbes dentiers avec lesquels elles pourront ronger et creuser des galeries. Ainsi va l’ordre de la société dans Ernest et Célestine, et les institutions veillent à ce que celui-ci ne soit jamais déréglé : policiers, juges et éducateurs ne sont pas que pour garantir la pérennisation du système. Sauf qu’un jour, l’imprévisible se produit : une petite souris nommée Célestine décide de prendre son indépendance, refuse le métier de dentiste à laquelle on la promet et n’écoute plus les injonctions de sa mère supérieure. Elle s’aventure à la surface et y fait la rencontre d’Ernest, qui lui aussi ne veut pas vivre selon la norme : il est un peu artiste, un peu mendiant, très paresseux. De leur rencontre va naître une utopie douce où la bohème ébranle le conformisme social. On l’aura compris, Ernest et Célestine n’est pas seulement une fable

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Panique au village

ECRANS | De Vincent Patar et Stéphane Aubier (Fr/Belg/Lux, 1h16) animation

François Cau | Vendredi 23 octobre 2009

Panique au village

Révélés par la géniale anthologie Pic Pic André et leurs amis, Vincent Patar et Stéphane Aubier adaptent ici pour le grand écran leurs formats courts du même nom, en restant fidèles à leur délicieux credo : de l’animation surannée plaçant des figurines dans des situations grotesques, le tout servi par un humour faisant la part belle à une hystérie finement dosée. Pour l’anniversaire de Cheval, Coboy et Indien se mettent en tête de lui construire un barbecue. Une erreur de commande et les voilà avec 50 millions de briques sur les bras, et les catastrophes de s’enchaîner tandis que Cheval désespère de séduire madame Longrée, la prof de piano du Village. Evacuons tout de suite le principal bémol : certes, le ton est moins percutant, dilué sur une durée de long-métrage, qu’en cinq minutes. Patar et Aubier, conscients de cette limite, parviennent cependant à maintenir le cap de leur univers, tout en le rendant accessible aux novices. Le comique de répétition cher à leur cœur revêt ici une ampleur dramatique inédite, à même de lasser sur la longueur si leurs maîtres d’œuvre n’avaient pris le soin de mûrement l’inscrire dans un récit foutraque – pour peu qu’on soit d’humeur no

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