Awards 2014 cinéma

Christophe Chabert | Mardi 23 décembre 2014

L'award du meilleur film : Nymphomaniac

Avant même sa sortie, le (double) film de Lars von Trier a créé la polémique, qui ne s'est pas calmée lorsque le premier volume est arrivé sur les écrans. De fait, on ne peut pas dire que Nymphomaniac ait fait l'unanimité, loin de là… Mais de tous les films de 2014, il paraît avec le recul (et l'arrivée, imminente, de sa version intégrale en DVD, celle souhaitée par l'auteur et qui lui donne sa pleine puissance opératique) le plus synchrone avec une certaine idée d'un cinéma authentiquement contemporain. Relecture très libre des Mille et une nuits, Nymphomaniac déploie pour raconter l'histoire de Joe, nymphomane autoproclamée, un dispositif où chaque chapitre est un nouveau mode de récit, et chaque récit une petite machine à produire de la figuration et de l'émotion. Drôle, cruel, violent et, bien sûr, pornographique, il s'affirme aussi comme une synthèse remarquable de tout le cinéma de Lars von Trier, mais dans une humeur moins dépressive qu'Antichrist et Melancholia. Objet unique, singulier, visionnaire et envoûtant, Nymphomaniac est le genre de film qui gagnera au fil des ans de la valeur et s'imposera, un jour, comme le classique de son auteur.

L'award du pire film : Salaud, on t'aime

Que le dernier film de Claude Lelouch soit le nanar le plus involontairement drôle de l'année, là où la plupart des comédies françaises ne donnent même pas envie de rire et où un Luc Besson brouille jusqu'au vertige la frontière entre l'intelligence et la connerie, c'est un fait que l'on vous laisse le soin de (ne pas) contester. Pas de scénario, mais une suite de scènes qui se ressemblent toutes, sans tension dramatique, façon vacances à la montagne, avant basculement dans un polar que personne n'avait vu venir – et pour cause, il débarque de nulle part dans le film. Un Johnny Hallyday égal à lui-même dans le bredouillage et le regard vide, des actrices paumées (pauvre Sandrine Bonnaire, pauvre Valérie Kapriski) et une mise en scène qui consiste essentiellement à faire des inserts sur les couchers de soleil et à mettre du Moustaki sur la bande-son. Un désastre qu'il était bon de récompenser, ce qui vaut aussi couronnement de la carrière du cinéaste, dont les navets ont alimenté depuis des années les blagues potaches au sein de la rédaction.

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"The House that Jack built" : la mort va si bien à Lars von Trier

ECRANS | Le cinéaste danois s'insinue dans la tête d’un serial killer aux ambitions (prétentions ?) esthétiques démesurées pour en retirer une symphonie en cinq mouvements criminels. Une variation sur la mégalomanie et le perfectionnisme artistiques forcément un brin provoc’ mais adroitement exécutée.

Vincent Raymond | Lundi 15 octobre 2018

Jack (Matt Dillon) aurait tellement voulu être architecte… Un destin contraire l’a fait ingénieur et affligé de TOC lui empoisonnant la vie, surtout lorsqu’il vient de commettre un meurtre. Car si l’on y réfléchit bien, le principal tracas de Jack, c’est de devoir obéir à ses pulsions de serial killer… Peu importe si son esthétique ou ses dogmes évoluent au fil de sa prolifique filmographie (et lui confèrent au passage l’apparence d’un splendide magma), Lars von Trier parvient à assurer à celle-ci une indiscutable cohérence par son goût maladif du défi stylistique et de la provocation morale, que celle-ci transparaisse dans la diégèse ou dans le discours d’accompagnement. Épouser, comme ici, le point de vue d’un détraqué jouissant dans l’esthétisation de la mise à mort de ses victimes participe évidemment de cette démarche : la mécanique humaine et celle, perverse, du suspense conduisent inconsciemment le spectateur de The House tha

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Rentrée cinéma 2018 : et voici les films qui feront les prochains mois

ECRANS | Quels sont les cinéastes et, surtout, les films à ne pas louper avant la fin de l'année ? Réponses en presque vingt coups – dix-neuf pour être précis.

La rédaction | Mardi 4 septembre 2018

Rentrée cinéma 2018 : et voici les films qui feront les prochains mois

Les Frères Sisters de Jacques Audiard Sortie le 19 septembre Escorté par son inséparable partenaire et coscénariste Thomas Bidegain, Jacques Audiard traverse l’Atlantique pour conter l’histoire de deux frères chasseurs de primes contaminés par la fièvre de l’or. Porté par l’inattendue fratrie John C. Reilly/Joaquin Phoenix (à l’œil puant le vice et la perversité), ce néo-western-pépite empli de sang et de traumas ne vaut pas le coup, non, mais le six-coups ! Climax de Gaspar Noé Sortie le 19 septembre Une chorégraphe a réuni une équipe internationale de danseurs pour son nouveau projet qu’elle achève de répéter dans une salle isolée. Après un ultime filage, la troupe s’octroie un réveillon festif sur la piste, s’enivrant de musique et de sangria. Mais après quelques verres, les convives se mettent à vriller sérieusement. Qu’y avait-il donc dans cette satanée sangria ? Noé compose un cocktail de survival et de transe écarlate à déguster séance hurlante.

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Claude Lelouch : « Je crois à l’incroyable fertilité du chaos »

ECRANS | Claude Lelouch, qui vient de sortir son nouveau film "Chacun sa vie", n’en a pas fini avec l’envie de filmer. Et ce n’est pas parce qu’il tourne autour des Hospices qu’il songe à l’hospice : son truc à lui, ce serait plutôt les bons auspices…

Vincent Raymond | Jeudi 16 mars 2017

Claude Lelouch : « Je crois à l’incroyable fertilité du chaos »

Comment avez-vous repéré les talents d’acteur de Me Dupond-Moretti ? Claude Lelouch : C’est mon métier, je ne sais rien faire d’autre (sourire). C’est quelqu’un que j’ai admiré. J’avais l’impression de voir Lino Ventura : ce type a une force incroyable ! Je l’ai rencontré par un copain, on a sympathisé et il m’a invité à une audience. Sa plaidoirie a duré 1h30, le temps d’un long-métrage. Pendant cette durée, j’ai regardé tous les gens qui jugeaient l’accusé et je me suis dit c’était eux qu’il fallait juger : l’avocat général qui réclame la perpétuité, le président qui se prend pour Dieu, les gens dans la salle qui viennent pour déguster le malheur des autres, les jurés… J’ai imaginé que tous avaient des casseroles : on a tous les qualités de nos défauts, on a tous des jardins secrets. Est-ce la vie qui vous donne l’envie de faire du cinéma, ou bien le cinéma qui vous donne le plaisir de la vie ? Je vie une double histoire d’amour avec le cinéma et la vie. L’un renforce l’autre, ils sont complémentaires pour moi. La vie est le plus grand scénariste du monde ; je lui dois tout. J

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"Chacun sa vie" : Lelouch est toujours lelouchien

ECRANS | Entièrement récoltée à Beaune, la 46e cuvée de Claude Lelouch a un goût de déjà-bu. Pas étonnant, venant d'un réalisateur ayant autant de bouteille…

Vincent Raymond | Lundi 13 mars 2017

Attendre de Lelouch qu’il fasse autre chose que du Lelouch reviendrait à espérer d’un chat et d’une souris un concert d’aboiements. Si le cinéaste s’est jadis montré capable de détonner, pour répondre à un violent désamour du public (en témoigne le singulier Roman de gare), il ferait plutôt en règle générale sien l’aphorisme de Cocteau : « Ce qu’on te reproche, cultive-le : c’est toi ». Chacun sa vie est, à cette enseigne, un parfait exemple de monoculture lelouchienne – certes "hors-sol", puisque totalement tourné à Beaune, où le virevoltant réalisateur a installé son école de cinéma. Il troque donc ses plans de Tour Eiffel ou de Champs-Élysées contre de larges vues de la place Carnot, microcosme valant ici pour le monde entier. La Beaune année Autour de cette esplanade noyée sous le piano-jazz ininterrompu d’un assommant festival estival gravitent donc des êtres divers, soumis aux petits ou grands tracas de la vie, qui auront pour point commun de se retrouver tous témoins, jurés, juges, défenseur ou public dans une salle d’audience lors d’un procès final… Faut-il s’étonner qu

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PB d'or 2015 : bonus

ACTUS | Cette année à Grenoble, on a notamment eu droit à de la politique culturelle difficile à suivre et de l'art contemporain dans la tourmente.

Aurélien Martinez | Mardi 22 décembre 2015

PB d'or 2015 : bonus

Le PB d’or du truc qu’on regarde d’un œil depuis longtemps sans toujours vraiment comprendre ce que c’est : la politique culturelle de la Ville de Grenoble Bon, on ne va pas encore tirer sur l’ambulance, mais quand même… On a pourtant essayé de comprendre, on est allés à tous les "chantiers de la culture" organisés par la mairie, on a disséqué toutes les paroles publiques du maire Éric Piolle et, surtout, de son adjointe aux cultures Corinne Bernard… Pourtant, rien n’y fait, on ne comprend toujours pas où ils veulent aller quand ils parlent de culture – la chasse aux gros ? le local à tout prix ? la culture jugée élitiste à la poubelle ? (oui, on se pose les mêmes questions que l’an passé). Et on n’est visiblement pas les seuls, le milieu culturel grenoblois, qui avait énormément soutenu Éric Piolle pendant la campagne des municipales de 2014, semblant lui aussi de plus en plus remonté après diverses décisions municipales abruptes – comme

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PB d'or 2015 : expo

ARTS | En 2015, on est tombés amoureux d'un musée et d'un artiste.

Charline Corubolo | Mardi 22 décembre 2015

PB d'or 2015 : expo

Le PB d'or de l'artiste grenoblois qui dominera bientôt la peinture contemporaine : Johann Rivat La première incursion de Johann Rivat dans nos colonnes remonte à novembre 2011. Depuis, le peintre grenoblois ne cesse d'envahir les murs de la région avec ses toiles de révoltes urbaines aux couleurs hallucinantes : la galerie Showcase en mai 2014, l'exposition Confidences d'outre-tombe pour le versant contemporain avec son crâne « d'anniversaire » (qui a fait la une du PB), une participation à l'exposition collective Who's afraid of picture(s) en mars 2015 à l’École supérieure d'art et design Grenoble, une autre

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PB d'or 2015 : musique et soirées

MUSIQUES | 2015 aura été marquée par l'ouverture d'une nouvelle salle à Grenoble et la confirmation du talent d'une artiste que l'on suit depuis longtemps au Petit Bulletin.

Aurélien Martinez | Mardi 22 décembre 2015

PB d'or 2015 : musique et soirées

Le PB d’or de la salle qui n’a pas déçu : la Belle électrique On en parlait depuis vingt ans de cette salle de 1000 places à Grenoble, pensée comme un intermédiaire entre un immense Summum et d’autres plus petits lieux. Inaugurée en janvier dernier avec une grosse soirée gratuite, la Belle électrique a rapidement trouvé son rythme de croisière entre têtes d’affiche populaires, musiciens moins bankables et soirées électro jusqu’à 6 heures du matin. Du coup, le public s’est très vite emparé de cet espace remarquablement pensé et aménagé qui, au passage, a ringardisé pas mal de salles plus classiques. « Une salle de 2015 » comme nous l’expliquait son boss à l’ouverture. Et aussi de 2016, 2017, 2018, 2019… Le PB d’or du meilleur album grenoblois : Alwâne de Djazia Satour Certes, il est sorti fin 2014, mais c’est cette année qu’on l’a découvert sur scène, en février à l’Ampérage pour être précis :

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PB d'or 2015 : théâtre et danse

SCENES | Cette année, deux spectacles de théâtre nous ont fait un bien fou. Et un ponte de la danse a dû faire ses cartons.

Aurélien Martinez | Mardi 22 décembre 2015

PB d'or 2015 : théâtre et danse

Le PB d’or des spectacles grenoblois qui font du bien : Rue des voleurs (Bruno Thircuir) et Mon frère, ma princesse (Émilie Le Roux) Que ce soit avec le roman Rue des voleurs de Mathias Énard (sur un jeune ­Marocain qui finira à Barcelone) ou la pièce jeune public Mon frère, ma princesse de Catherine Zambon (sur un gamin de cinq ans qui veut simplement porter des robes), deux metteurs en scène grenoblois (Bruno Thircuir de la Fabrique des petites utopies et Émilie Le Roux des Veilleurs) ont, cette année, embrassé avec finesse des thèmes sociétaux forts pourtant sujets aux crispations et aux délires les plus dingues – la question des migrants pour l’un et celle des études de genre pour l’autre. En a résulté deux spectacles dépassionnés et, surtout, passionnants qui illustrent parfaitement comment des artistes peuvent défendre un discours humaniste et intelligent simp

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PB d'or 2015 : cinéma

ECRANS | De cette année de cinéma, on a retenu un chef-d’œuvre charnel et une escroquerie familiale.

Vincent Raymond | Mardi 22 décembre 2015

PB d'or 2015 : cinéma

Le PB d’or du film le plus fantas(ma)tique : Love de Gaspar Noé Le fait qu’un groupuscule obscurantiste ait pleurniché auprès des tribunaux pour restreindre sa diffusion en réclamant que lui soit infligée une interdiction aux moins de 18 ans en raison de « scènes de sexe non simulées » (noooon ? pas possible dans un film qui s’appelle Love et qui traite d’une relation charnelle) confirme son statut de chef-d’œuvre. Car accuser Love d’outrage aux bonnes mœurs (comme Les Fleurs du mal ou Madame Bovary en leur temps) équivaut à décerner à Gaspar Noé un légitime brevet d’auteur classique contemporain. La moindre des choses : le cinéma qu’il propose s’attache à renouveler son médium, à dépasser ses contraintes et susciter des ressentis inédits chez les spectateurs. Love explore le champ de l’intime et de l’amoureux en utilisant des codes visuels du cinéma sensuel et la 3D autour d’un récit dramatiquement complexe, bannissant symétriquement l’hypocrisie de la représentation et la complaisa

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Un + une

ECRANS | De Claude Lelouch (Fr, 1h53) avec Jean Dujardin, Elsa Zylberstein, Christopher Lambert…

Vincent Raymond | Mardi 8 décembre 2015

Un + une

Le vétéran à la caméra virevoltante puise ici dans sa pire veine : l’auto-caricature ravie. Choix délibéré et paresseux pour celui qui se félicite de ne savoir faire que de « des films de Lelouch » (c’est-à-dire mettant en scène un homme et une femme succombant à une passion réciproque alors que rien ne laissait présager la naissance d’une idylle entre eux), oubliant sa capacité à se réinventer lorsqu’il s’en donne la peine – voir son Roman de gare (2007). Cherchant à insuffler de l’exotisme à son scénario, à défaut d’originalité, l’auteur l’a donc tourné en Inde. Mais cette délocalisation se révèle inopérante : elle semble avoir l’unique vocation d’offrir un cadre bariolé et folklorique aux interminables palabres du duo Zylberstein-Dujardin, enchaînant les aphorismes philosophico-romantiques, et aux chevrotements du pauvre Christophe Lambert, tandis que Francis Lai déverse son piano-bar. À se demander qui, du compositeur en roue libre ou des comédiens se regardant jouer à faire de l’impro dirigée, est le plus embarrassant.

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Le Top Flop 2014 des lecteurs

ECRANS | Le Top 10 des lecteurs 1. Gone girl de David Fincher 2. Mommy de Xavier Dolan 3. The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson 4. Her de Spike (...)

Christophe Chabert | Mardi 23 décembre 2014

Le Top Flop 2014 des lecteurs

Le Top 10 des lecteurs 1. Gone girl de David Fincher 2. Mommy de Xavier Dolan 3. The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson 4. Her de Spike Jonze 5. Dallas buyers club de Jean-Marc Vallée 6. Only lovers left alive de Jim Jarmusch 7. Interstellar

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Le Top Flop 2014 du PB

ECRANS | Le Top 2014 du PB 1. Nymphomaniac de Lars Von Trier 2. Winter sleep de Nuri Bilge Ceylan 3. The Grand Budapest hotel de Wes Anderson 4. Adieu au (...)

Christophe Chabert | Mardi 23 décembre 2014

Le Top Flop 2014 du PB

Le Top 2014 du PB 1. Nymphomaniac de Lars Von Trier 2. Winter sleep de Nuri Bilge Ceylan 3. The Grand Budapest hotel de Wes Anderson 4. Adieu au langage de Jean-Luc Godard 5. Gone girl de David Fincher 6. Leviathan d’Andreï Zviaguintsev 7.

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Awards 2014 expo

ARTS | L'award de l'expo la plus geek : À quoi tu joues ? Depuis juin dernier, la Casemate (le centre de culture scientifique grenoblois) s'est transformée en (...)

Charline Corubolo | Mardi 23 décembre 2014

Awards 2014 expo

L'award de l'expo la plus geek : À quoi tu joues ? Depuis juin dernier, la Casemate (le centre de culture scientifique grenoblois) s'est transformée en temple du jeu vidéo dans lequel néons lumineux et manettes revisitées ouvrent une faille spatio-temporelle au cœur de la technologie. Cette « expo-à-jouer » dévoile des moteurs de recherche ultra high-tech comme le minitel, des jeux très XXIe siècle comme le Pac Man pédalo, et plein d'autres surprises. Sans conteste la meilleure manifestation sur la culture geek à Grenoble cette année, qui se prolonge jusqu'au 26 juillet, juste avant l'arrivée de Marty et Doc. L'award de l'expo contemporaine qui casse trois pattes à un canard : The Blackbird must be flying &

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Award 2014 bonus

ACTUS | L’award de l’élue sympa : Corinne Bernard On l’a croisée plusieurs fois (notamment en septembre pour un grand entretien) : oui, Corinne (...)

Aurélien Martinez | Mardi 23 décembre 2014

Award 2014 bonus

L’award de l’élue sympa : Corinne Bernard On l’a croisée plusieurs fois (notamment en septembre pour un grand entretien) : oui, Corinne Bernard, la nouvelle adjointe « aux cultures » de la Ville de Grenoble arrivée aux affaires suite à l’élection d’Éric Piolle en mars dernier, est on ne peut plus sympathique. Bon, par contre, pour ce qui est de la politique culturelle de cette nouvelle équipe, c’est plutôt flou. Si des questions légitimes sont posées (le projet de certains lieux emblématiques comme le théâtre municipal, la répartition des subventions, la place de l’émergence…), pour l’instant, on n’arrive pas vraiment à déceler la ligne directrice de tout ça – la chasse aux gros ? le local à tout prix ? la culture jugée élitiste à la poubelle ? Puis franchement, le mot culture au pluriel dans l’intitulé de la délégation, ça sert vraiment à quelque chose ? Mais comme au PB on est très optimistes, et qu’un coup de pied dans la fourmilière peut avoir du bon s’il n’est pas administré en mo

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Awards 2014 musique

MUSIQUES | L’award de la langue qu’on aime bien entendre : le français Juillet 2014 : le groupe Frànçois & the Atlas Mountains livre le meilleur concert de la (...)

Aurélien Martinez | Mardi 23 décembre 2014

Awards 2014 musique

L’award de la langue qu’on aime bien entendre : le français Juillet 2014 : le groupe Frànçois & the Atlas Mountains livre le meilleur concert de la seizième édition du Cabaret frappé – non, ce n’était pas celui de Tricky ! Octobre 2014 : les Innocents, groupe culte des années 90 à la musique intemporelle, se reforment en mode duo et passent par la Source de Fontaine. Novembre 2014 : le "pop father" Étienne Daho enflamme littéralement la MC2. Trois exemples qui ont une fois de plus confirmé (ou démontré à ceux qui l’ignoraient) que

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Awards 2014 théâtre

SCENES | L’award de celui qui aurait dû recevoir un award depuis longtemps : Grégory Faive Octobre 2011 : le CLC d’Eybens, lieu notamment tourné vers la création (...)

Aurélien Martinez | Mardi 23 décembre 2014

Awards 2014 théâtre

L’award de celui qui aurait dû recevoir un award depuis longtemps : Grégory Faive Octobre 2011 : le CLC d’Eybens, lieu notamment tourné vers la création contemporaine locale, propose un cycle consacré au monologue. Parmi les trois propositions, on découvre celle de Grégory Faive autour du Petit lexique amoureux du théâtre de Philippe Torreton, qui évoque avec humour tous les à-côtés de son art. Alors qu’on s’attendait à une petite forme bien sympathique à la durée de vie limitée, on assiste à l’éclosion d’une aventure théâtrale passionnante (baptisée Pourvu qu'il nous arrive quelque chose) qui grandira et s’épanouira au fil des mois dans des salles toujours plus grandes. Après quinze jours de représentation en mai dernier à la MC2 et un festival d’Avignon cet été, le spectacle continue encore sa tournée – il sera au Grand Angle et à la Faïencerie la saison prochaine. Un vérita

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Salaud, on t’aime

ECRANS | De Claude Lelouch (Fr, 2h04) avec Johnny Hallyday, Eddy Mitchell, Sandrine Bonnaire…

Christophe Chabert | Mardi 1 avril 2014

Salaud, on t’aime

En hommage à son ami Georges Moustaki (« qui vient de nous quitter », est-il dit deux fois dans le dialogue au cas où on ne serait pas au courant), Claude Lelouch fait entendre sur la bande-son de Salaud, on t’aime Les Eaux de mars. Jolie chanson qui dit le bonheur du temps qui s’écoule, de la nature et des plaisirs fugaces. Soit tout ce que le film n’est pas, torture ultime où en lieu et place de cascade, on a surtout droit à un grand robinet d’eau froide déversant les pires clichés lelouchiens sur la vie, les hommes, les femmes, l’amitié, le tout en version "vacances à la montagne". La vraie star du film, ce n’est pas Johnny, marmoréen au possible, mais un aigle que Lelouch filme sous toutes les coutures. Se serait-il découvert un caractère malickien sur le tard ? Pas du tout ! Cette fixette sur l’animal est une des nombreuses stratégies pour remplir cette interminable histoire de retrouvailles entre un mauvais père et ses quatre filles – qu’il a appelées Printemps, Été, Automne, Hiver ; Claude, arrête la drogue ! Son meilleur ami et médecin (Eddy Mitchell, tout content de faire du playback sur la scène chantée de Rio Bravo, et c’est

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Berlinale 2014, jour 3 : vraies et fausses valeurs

ECRANS | "Nymphomaniac volume 1" (version longue) de Lars von Trier. "Kreuzweg" de Dietrich Brüggemann. "Historia de miedo" de Benjain Naishtat. "A long way down" de Pascal Chaumeil.

Christophe Chabert | Lundi 10 février 2014

Berlinale 2014, jour 3 : vraies et fausses valeurs

Dans un festival de cinéma, les journées se suivent et ne se ressemblent pas. Après un samedi fracassant, ce dimanche fut des plus décevants, avec un retour en force de l’auteurisme frelaté qui, jusqu’ici, était resté gentiment à la porte. Le meilleur film du jour, et de très très loin, n’était pas une surprise du tout, puisqu’il s’agissait de la version longue de Nymphomaniac volume 1. Soit le montage voulu par Lars von Trier, avec la totalité des plans de sexe explicite et la durée imaginée par l’auteur. Niveau cul, disons-le, s’il y a là plus de bites en érection et de coïts en insert que dans la version courte, on reste loin du porno annoncé. En revanche, le rythme de cette version est très différent de celle sortie en salles, et cela ne fait désormais plus aucun doute : Nymphomaniac est une des œuvres cinématographiques les plus importantes de ces dernières années. La mise en scène gagne en ampleur, en beauté, en profondeur, gardant tout ce q

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Nymphomaniac volume 2

ECRANS | Fin du diptyque de Lars von Trier, qui propulse très haut sa logique de feuilleton philosophique en complexifiant dispositif, enjeux, références et discours, prônant d’incroyables audaces jusqu’à un ultime et sublime vertige. On ose : chef-d’œuvre ! Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 23 janvier 2014

Nymphomaniac volume 2

5+3. Cette addition, qui lançait la vie sexuelle de Joe dans le premier volume de Nymphomaniac, est aussi la répartition choisie par Lars von Trier entre les chapitres de chaque partie. 5 pour le coït vaginal et le volume 1 ; 3 pour la sodomie et le volume 2 qui, de facto, fait un peu plus mal que le précédent… Après nous avoir laissés sur un climax diabolique, où la nymphomane hurlait : «Je ne sens plus rien !», von Trier reprend les choses là où elles en étaient : dans la chambre de Seligman, qui ne va pas tarder à expliquer les raisons de sa chaste attitude face au(x) récit(s) de débauche de Joe-Gainsbourg ; et dans celle de Joe-Martin et de Jerome, premier amant, grand amour idéalisé, compagnon et père de son enfant. Mais avant d’embrayer sur un nouveau chapitre et un nouvel épisode entre fantasme (romanesque) et fantasme (sexuel), le voilà qui digresse déjà en flashback sur Joe-enfant et son premier orgasme où lui apparaissent deux icônes qu’elle prend pour des visions de la vierge Marie, mais que Seligman va rectifier en gr

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Festival des Arcs : première partie

ECRANS | "Les Sorcières de Zugarramurdi" (Alex de la Iglesia), "Nymphomaniac volume 1" (Lars von Trier), "Ida" (Pawel Pawlikowski), "Tonnerre" (Guillaume Brac)

Christophe Chabert | Vendredi 20 décembre 2013

Festival des Arcs : première partie

Le festival du cinéma européen des Arcs — et les Journées DIRE, on va expliquer tout ça assez vite — fait irrésistiblement penser à un film (européen) récent, L’Enfant d’en haut d’Ursula Meier. La station vit sur quatre niveaux d’altitude, de Bourg Saint-Maurice aux Arcs 2000 (Savoie), et il s’agit de faire la navette — littéralement, ce qui, un jour de neige, fout autant le vertige que d’assister à sa première projection de Gravity — entre les différents sites. Et plus on monte, plus c’est la profession — exploitants, distributeurs, presse — qui s’accapare les lieux, tandis que le public reste majoritairement en bas — ce qui ne veut pas dire qu’il n’a pas droit à d’excellents films, bien au contraire. Le festival se répartit ainsi en trois grandes sections : la compétition, composée de films inédits ; les avants-premières et les séances spéciales, qui mettent en avant quelques événements à v

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Awards 2013 cinéma

ECRANS | L'award du meilleur film : Gravity d’Alfonso CuarónDepuis Les Fils de l’homme, on savait que Cuarón était un visionnaire… Avec Gravity, il l’a démontré au-delà de (...)

Christophe Chabert | Vendredi 20 décembre 2013

Awards 2013 cinéma

L'award du meilleur film : Gravity d’Alfonso CuarónDepuis Les Fils de l’homme, on savait que Cuarón était un visionnaire… Avec Gravity, il l’a démontré au-delà de toutes les attentes, créant un spectacle cinématographique inédit tout en prolongeant ses obsessions d’auteur, réussissant à la fois une œuvre intimiste et immersive, simple et ouverte sur l’infini. Par ailleurs, le cinéaste mexicain a inventé une sorte de blockbuster minimaliste ; on est curieux de savoir quelles leçons Hollywood tirera de cette expérience…  L'award du pire film : Tip Top de Serge Bozon C’est devenu une habitude : l’award du pire film de 2013 revient à une grosse arnaque, qui déguise son incompétence derrière de la fausse légèreté. Il n’y a rien de plus lourd, pourtant, que ce

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Le Top Flop de la rédaction 2013

ECRANS | Top 10 1/ Gravity d’Alfonso Cuarón2/ Inside Llewyn Davis de Joel & Ethan Coen3/ Mud de Jeff Nichols4/ Spring breakers d’Harmony Korine5/ L’Inconnu (...)

Christophe Chabert | Vendredi 20 décembre 2013

Le Top Flop de la rédaction 2013

Top 10 1/ Gravity d’Alfonso Cuarón2/ Inside Llewyn Davis de Joel & Ethan Coen3/ Mud de Jeff Nichols4/ Spring breakers d’Harmony Korine5/ L’Inconnu du lac d’Alain Guiraudie6/ La Vie d’Adèle : chapitres 1 & 2 d’Abdellatif Kechiche7/

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Le Top Flop des lecteurs 2013

ECRANS | Top 10 1/ Django unchained de Quentin Tarantino2/ Gravity d’Alfonso Cuarón3/ La Vie d’Adèle : chapitres 1 & 2 d’Abdellatif Kechiche4/ Mud de Jeff (...)

Christophe Chabert | Vendredi 20 décembre 2013

Le Top Flop des lecteurs 2013

Top 10 1/ Django unchained de Quentin Tarantino2/ Gravity d’Alfonso Cuarón3/ La Vie d’Adèle : chapitres 1 & 2 d’Abdellatif Kechiche4/ Mud de Jeff Nichols5/ L’Inconnu du lac d’Alain Guiraudie6/ Alabama Monroe de Felix Van Groeningen7/

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Awards 2013 bonus

ACTUS | L’award de la polémique qui fait du bien à la presse locale : celle autour de l’Ampérage C’est en avril dernier que tout a commencé. L’Ampérage, salle (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 19 décembre 2013

Awards 2013 bonus

L’award de la polémique qui fait du bien à la presse locale : celle autour de l’Ampérage C’est en avril dernier que tout a commencé. L’Ampérage, salle incontournable des nuits grenobloises située au bout du cours Berriat, se voyait contrainte par la préfecture d’arrêter d’organiser des soirées jusqu’à cinq heures du matin. Branle-bas de combat du côté des associations programmant dans le lieu, qui déplorent que l’on tue les cultures s’exprimant la nuit. « La législation n’est pas en accord avec la réalité des pratiques culturelles aujourd’hui. Ce n’est pas parce que l’on ferme à cinq heures du matin qu’on est forcément une discothèque » déplorait dans nos colonnes Thomas Antoine, président du Stud, l’association qui gère l’Ampérage. Un article qui a explosé nos compteurs de fréquentation du site, celui-ci circulant notamment de façon virale sur les réseaux sociaux (faut dire qu’on résumait plutôt bien la situation !). Comme tous ceux de nos confrères d’ailleurs, qui ont eux aussi suivi l’affaire de près. Moralité : dans l

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Awards 2013 musique

MUSIQUES | L’award du meilleur single made in Grenoble : Instant T de Peau En juin dernier, la Grenobloise Perrine Faillet, alias Peau, sortait le beau clip de (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 19 décembre 2013

Awards 2013 musique

L’award du meilleur single made in Grenoble : Instant T de Peau En juin dernier, la Grenobloise Perrine Faillet, alias Peau, sortait le beau clip de son single Instant T annonçant son second album – Archipel, qui fait suite à Première mue. Un morceau pop et synthétique nappé d’électronique d’une subtilité remarquable, à l’image de son univers musical (proche de celui d’une Émilie Simon). Et une voix en français, presque susurrée par moments, qui offre une innocence aérienne à cet Instant T. Un petit bijou dont on reparlera plus longuement en mars prochain à l’occasion du concert que donnera Peau à la Bobine, où elle sera accompagnée sur scène d’Olivier Depardon à la guitare et de Damien Litzler à la batterie.    L’award de la soirée de l’année qui a failli tomber à l’eau : celle des 20 ans du Petit Bulletin Mercredi 18 septembre, 17h. Dans une heure, nous allons fêter nos 20 ans place Vict

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Awards 2013 expo

ARTS | L’award de l’expo la plus pop : Ultracore au Magasin Si le Magasin – Centre national d’art contemporain nous perd parfois avec des expositions trop (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 19 décembre 2013

Awards 2013 expo

L’award de l’expo la plus pop : Ultracore au Magasin Si le Magasin – Centre national d’art contemporain nous perd parfois avec des expositions trop conceptuelles, celle consacrée au printemps dernier à l’artiste allemand Anselm Reyle était une réussite éclatante. À la fois puissant, ludique et accessible, le travail coloré de Reyle se trouvait magnifié par l’habile scénographie jouant avec l’obscurité et tranchant ainsi avec le kitsch assumé des œuvres présentées. Un très bon choix d’Yves Aupetitallot, le directeur des lieux, qui a permis aux Grenoblois de découvrir cet artiste dont la cote est proprement hallucinante – en 2007, il a par exemple vendu 192 000 dollars une toile estimée 25 000.

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Awards 2013 théâtre

SCENES | L’award du meilleur espoir : la compagnie des Gentils Ça fait un bout de temps que la petite bande issue en partie du conservatoire de Grenoble et (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 19 décembre 2013

Awards 2013 théâtre

L’award du meilleur espoir : la compagnie des Gentils Ça fait un bout de temps que la petite bande issue en partie du conservatoire de Grenoble et réunie autour du metteur en scène Aurélien Villard fait son nid dans le milieu grenoblois, toujours guidée par l’envie de proposer un théâtre généreux et non intimidant. On a souvent pu la croiser à l’Espace 600, qui la soutient depuis longtemps, mais aussi à l’Amphidice (sur la fac) ou au festival Textes en l’air de Saint-Antoine-l’Abbaye (Aurélien Villard vient de ce village isérois). Pourquoi un award maintenant du coup ? Parce que 2013 est véritablement l’année du décollage pour les Gentils, grâce à leur création La Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi qui vient d’être produite par le Théâtre nouvelle génération de Lyon – et non par une structure grenobloise, mais bon ! Un acte de professionnalisation (avant, c’était en mode débrouille, alors que là, tout le monde est payé) qui ouvre de nouvelles voies à ces saltimbanques adeptes du théâtre chanté et,

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Nymphomaniac, volume 1

ECRANS | Censuré ? Remonté ? Qu’importe les nombreuses anecdotes et vicissitudes qui entourent le dernier film de Lars von Trier. Avec cette confession en huit chapitres d’une nymphomane – dont voici les cinq premiers –, le cinéaste est toujours aussi provocateur, mais dans une tonalité légère, drôle et ludique qui lui va plutôt bien. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 17 décembre 2013

Nymphomaniac, volume 1

On avait laissé Lars von Trier sur la fulgurante dernière image de Melancholia, parvenu au bout de sa dépression et affirmant que le meilleur moyen d’apaiser ses tourments, c’était encore de voir le monde voler en éclats. Au début de Nymphomaniac, après avoir plongé longuement le spectateur dans le noir et une suite de bruits anxiogènes, il révèle le corps de Joe – Charlotte Gainsbourg, réduite dans ce premier volet au statut de narratrice des exploits de son alter ego adolescente, la troublante Stacy Martin – dans une ruelle sombre, ensanglantée et amochée. Passe par là un brave bougre nommé Selligman – Stellan Skarsgard – qui la recueille chez lui et lui demande ce qui s’est passé. « Ça va être une longue histoire » dit-elle, après avoir affirmé qu’elle était une « nymphomane »… En fait, l’histoire tient en deux films décomposés en huit chapitres comme autant de récits obéissant à des règles esthétiques propres, utilisant une panoplie d’artifices (ralentis, split screen, retours en arrière) et changeant sans cesse de formats (pellic

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Votez pour les Petit Bulletin awards

ACTUS | PB awards, troisième édition. Dans notre numéro du 25 décembre, nous reviendrons sur l’année culturelle écoulée. L’occasion de décerner nos traditionnels PB awards (...)

Aurélien Martinez | Mardi 3 décembre 2013

Votez pour les Petit Bulletin awards

PB awards, troisième édition. Dans notre numéro du 25 décembre, nous reviendrons sur l’année culturelle écoulée. L’occasion de décerner nos traditionnels PB awards dans toutes les rubriques (ciné, théâtre, musique, expo...). Et comme l’an passé, nous vous donnons aussi la parole. Outre notre traditionnel Top / Flop cinéma, livrez-nous vos impressions sur l’année culturelle qui s’achève. Quel concert vous a retournés ? Quel spectacle a été une claque pour vous ? Quelle expo mettriez-vous en top ? Et quelles sont vos déceptions ? Pour cela, deux possibilités : commentez cet article, ou écrivez-nous à pbawards@petit-bulletin.fr Nous publierons vos meilleures remarques dans notre numéro spécial PB Awards.

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Gravité sur la rentrée ciné

ECRANS | Après un été en demi-teinte, les quatre prochains mois devraient confirmer le cru exceptionnel de cette année 2013. Avec les locomotives cannoises et une pléiade d’auteurs dont on trépigne de découvrir les nouveaux opus, la rentrée est en effet salement musclée. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 27 août 2013

Gravité sur la rentrée ciné

Après le marteau-piqueur estival qui faisait résonner semaine après semaine le même air connu fait de blockbusters, d’animation pour gamins décérébrés, de films d’auteur qu’on ne savait pas où mettre ailleurs et de comédies françaises dont tout le monde se fout, le cinéma reprend ses droits comme à chaque rentrée, avec des œuvres plus audacieuses et moins routinières. C’est évidemment le cas des deux gagnants du dernier Cannes, en l’occurrence La Vie d’Adèle d’Abdellatif Kechiche (9 octobre) et Inside Llewin Davis des frères Coen (6 novembre). Rien de commun toutefois entre le roman naturaliste sur les amours adolescentes déployé magistralement, trois heures durant, par Kechiche, et le vagabondage d’un folkeux dépressif et poissard dans l’Amérique des années 60 raconté en mode faussement mineur et vraiment métaphysique par les Coen. Rien, sinon une envie de pousser les murs du cinéma, en faisant imploser les limites de la durée d’un côté, et celles des structures scénaristiques de l’autre. En cela, ce sont les deux grands films insoumis de cette rentrée. On espère pouvoir y adjoindre en cours de route le nouveau Bong Jo

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De la rouille dans le moteur

ECRANS | Le Top 2012 de la rédaction et de nos lecteurs consacre deux films français, ce qui n’est pas forcément à l’image d’une année cinéma où le bon cinéma est venu de partout : des indépendants américains, du cinéma d’animation ou des cinéastes hors la loi. Bilan détaillé. Christophe Chabert

Aurélien Martinez | Mercredi 26 décembre 2012

De la rouille dans le moteur

En près de six ans de Top Flop, on n’avait jamais vu ça : un quatuor français en guise de vainqueurs et de perdants de notre référendum. Côté winners,  De rouille et d’os de Jacques Audiard et Holy Motors de Leos Carax ; côté losers,  Un plan parfait de Pascal Chaumeil et Stars 80 du tandem Langmann / Forestier. À signaler que votre Top Flop est, niveau réalisateurs, similaire à celui de 2009, où Un prophète avait fini 1er du top, et à celui de 2008 avec Astérix aux jeux olympiques premier du flop. Mais

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Le Top / Flop de la rédaction

ECRANS | Les dix meilleurs et les dix pires films de 2012 selon la rédaction du Petit Bulletin.

Christophe Chabert | Jeudi 20 décembre 2012

Le Top / Flop de la rédaction

Le Top 10 de la rédaction 1. Holy Motors de Leos Carax 2. Moonrise Kingdom de Wes Anderson 3. Cheval de guerre de Steven Spielberg 4. Les Bêtes du sud sauvage de Benh Zeitlin 5. Cosmopolis de David Cronenberg 6. Kill list de Ben Wheatley 7.

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Le Top / Flop des lecteurs

ECRANS | Les dix meilleurs et les dix pires films de 2012 choisis par nos lecteurs

Christophe Chabert | Jeudi 20 décembre 2012

Le Top / Flop des lecteurs

Le Top 10 des lecteurs 1. De rouille et d’os de Jacques Audiard 2. Bullhead de Michael R. Roskam 3. Amour de Michael Haneke 4. Moonrise Kingdom de Wes Anderson 5. Holy Motors de Leos Carax 6. Take shelter de Jeff Nichols 7. Killer Joe de William Friedkin 8.

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Awards 2012 cinéma

ECRANS | L’award du meilleur film de l’année : Holy Motors De Leos Carax, on n’attendait plus grand chose, après treize ans de silence et un Pola X extrêmement (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 19 décembre 2012

Awards 2012 cinéma

L’award du meilleur film de l’année : Holy Motors De Leos Carax, on n’attendait plus grand chose, après treize ans de silence et un Pola X extrêmement décevant. La surprise a donc été de taille lorsqu’on a découvert ce rêve éveillé qu’est Holy Motors, où Denis Lavant se promène à l’intérieur d’un monde qui ressemble à un film (de Carax), incarnant une dizaine de personnages devant des caméras invisibles, passant de l’un à l’autre grâce à une limousine blanche qui, elle-même, finira au garage comme une antiquité d’un autre siècle. Mélancolique et désenchanté dans son projet, Holy Motors est joyeux et gourmand dans son appétit de filmer, sa manière de réinvestir tous les genres pour en livrer des visions uniques, sa façon de réfléchir les grands sujets du moment par la poésie pure et l’évocation inspirée. Une œuvre unique qui a trouvé des défenseurs inattendus (de Jan Kounen à Richard Kelly, et jusqu’aux critiques de Los Angeles qui l’ont élu meilleur film étranger de l’année).   L’award du flop de l’année :

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Awards 2012 bonus

ACTUS | L’award de la meilleure une mensongère : le n°860 Pour illustrer notre dossier d’octobre dernier sur la faible place accordée aux femmes dans le monde (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 19 décembre 2012

Awards 2012 bonus

L’award de la meilleure une mensongère : le n°860 Pour illustrer notre dossier d’octobre dernier sur la faible place accordée aux femmes dans le monde culturel, on s’est creusé la tête. Pour finalement arriver à cette image guerrière qui en jetait en couverture. Que ceux qui ont pensé qu’un troisième Kill Bill sortait sur les écrans nous pardonnent.   L’award de la meilleure insulte : « Petit Bulletin, petite putain » Le Petit Bulletin est lu : on en a souvent la preuve grâce à vos réactions enflammées qui nous parviennent par lettres, mails ou sur les réseaux sociaux. En septembre sur Facebook, on est ainsi tombés sur la logorrhée d’une association qui nous reprochait (à tort en plus) de ne pas avoir causé de son événement. Avec, lovée au sein de la longue discussion multipartite, cette insulte emplie de poésie et d’amour envers la gent féminine. Du coup, on l’a affichée dans nos bureaux, et on la regarde chaque fois que l’on a

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Awards 2012 expo

ARTS | L’award de la meilleure exposition : Philippe Cognée au Musée de Grenoble Le Musée de Grenoble est un joyau local (voire plus), dirigé par un Guy Tosatto qui (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 19 décembre 2012

Awards 2012 expo

L’award de la meilleure exposition : Philippe Cognée au Musée de Grenoble Le Musée de Grenoble est un joyau local (voire plus), dirigé par un Guy Tosatto qui sait concevoir des expositions intelligentes sur des figures passionnantes de l’histoire récente de l’art. La dernière en date, visible jusqu’au 3 février, met en avant l’œuvre singulière de Philippe Cognée, peintre français qui s’inscrit dans la lignée d’artistes comme Gerhard Richter, exposé quant à lui en 2009. Un travail précieux très habilement mis en espace. Étaient également en lice pour obtenir ce (prestigieux) prix : Marc Desgrandchamps au Vog, Kimura au Musée Hébert (jusqu’au 6 janvier 2013), et

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Awards 2012 théâtre

Théâtre | Les awards des meilleurs espoirs : Émilie Geymond et Julien Anselmino À Grenoble, grâce à un vivier impressionnant (le Conservatoire d’art (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 19 décembre 2012

Awards 2012 théâtre

Les awards des meilleurs espoirs : Émilie Geymond et Julien Anselmino À Grenoble, grâce à un vivier impressionnant (le Conservatoire d’art dramatique doit y être pour quelque chose !), nous avons une poignée d’excellents comédiens. Émilie Geymond et Julien Anselmino sont de ceux-ci. Elle, interprète franchement désopilante et toujours juste, que l’on a pu voir cette année grimée en vieille dame pour un solo joué en septembre lors de la soirée de présentation de saison du Tricycle, ou en avril sur la scène du Théâtre 145 en maîtresse de maison débordée dans Une souris grise (mise en scène de Grégory Faive). Lui, comédien vu cette année dans le spectacle Lys Martagon d’Émilie Le Roux, et que l’on croisera en janvier prochain au Tricycle dans la nouvelle créa

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Awards 2012 musique

MUSIQUES | L’award du meilleur fumoir pendant un festival : la tribune du Stade des Alpes L’interdiction de fumer dans les lieux publics a poussé certains (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 19 décembre 2012

Awards 2012 musique

L’award du meilleur fumoir pendant un festival : la tribune du Stade des Alpes L’interdiction de fumer dans les lieux publics a poussé certains organisateurs de soirées à innover. Les tauliers de l’asso MixLab, qui géreront la nouvelle salle dédiée aux musiques actuelles prévue pour 2014, sont de ceux-ci. En septembre dernier, pour leur festival Jour & Nuit, ils avaient investi divers lieux patrimoniaux emblématiques de Grenoble : le Muséum d’histoire naturelle, l’école d’art... Et surtout l’un des salons du Stade des Alpes, avec vue imprenable sur la pelouse vide via les tribunes. Des tribunes transformées ainsi en fumoir, d’où l’on pouvait se reposer entre deux sets électro : classe. L’award du meilleur clip made in Grenoble : Le Topo des Monkey Theorem Présent sur leur premier album Instinct Primate, le morceau Le Topo du groupe grenoblois Monkey Theorem est agréable et efficace – on reste certes dans un rap très classique, avec néanmoins quelques ajouts groovy pertinents. Mais c’es

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Apocalypse No(w)

ACTUS | Entre supposées prédictions mayas, sortie de "4h44, dernière nuit sur terre", le dernier film d'Abel Ferrara, et autres événements thématisés « fin du monde », tout semble concorder vers un 21 décembre apocalyptique – même si on n'y fait que se bourrer la gueule. Peu étonnant quand on songe que la « fin du monde » est vieille comme... le monde. Et qu'elle n'a pas fini de nous tarauder. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 14 décembre 2012

Apocalypse No(w)

« Dans le roman qu'est l'histoire du monde, rien ne m'a plus impressionné que le spectacle de cette ville jadis grande et belle, désormais renversée, désolée, perdue […], envahie par les arbres sur des kilomètres à la ronde, sans même un nom pour la distinguer. » Ce pourrait être la voix-off du survivant d'un film post-apocalyptique déambulant dans Londres, New-York, Paris, Grenoble... Ce ne sont « que » les mots de l'explorateur américain John Lloyd Stephens, découvrant au XIXe siècle la splendeur passée d'une ancienne ville maya mangée par la jungle du Yucatan. Ces mêmes Mayas dont le calendrier aurait prévu la fin du monde pour le 21 décembre 2012. Peu importe que la Nasa elle-même ait démenti ces rumeurs dont les illuminés, les conspirationnistes et les survivalistes font leur miel et la fortune des agents immobiliers du village français de Bugarach, censé être épargné.   Qu'on la nomme Apocalypse (« révélation » dans la Bible) ou Armageddon (d'Harmaguédon, le « Waterloo » hébreu du livre de l'Apocalypse), la « fin du Monde » est depuis toujours le sujet de c

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Les Petit Bulletin awards

ACTUS | Quel concert vous a retournés cette année ? Quelle pièce de théâtre ou de danse vous a scotchés à votre siège ? Quel film vous a emportés ? Quelle expo vous a émus au (...)

Aurélien Martinez | Mardi 4 décembre 2012

Les Petit Bulletin awards

Quel concert vous a retournés cette année ? Quelle pièce de théâtre ou de danse vous a scotchés à votre siège ? Quel film vous a emportés ? Quelle expo vous a émus au point de pleurer toutes les larmes de votre corps en sortant (oui, ne mentez pas, on sait que vous êtes des grands sensibles) ? N'hésitez pas à nous livrer vos retours sur l'année culturelle écoulée*, nous les lirons avec soin. Et nous publierons même les plus pertinents dans notre édition du 26 décembre, consacrée au PB awards. À vos claviers ! Et n'oubliez pas de voter pour notre Top flop cinéma. * Pour donner votre avis, rien de plus simple: il suffit de vous créer un compte, grâce au lien en bas de cet article (oui, ce lien-ci). En quinze secondes c'est fait ! Il ne vous restera plus alors qu'à poster votre commentaire. Et d'autres commentaire

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Awards 2011 exposition

ARTS | L’award de l’expo blockbusterLe hors-les-murs du fameux et parisien Centre Pompidou sur Chagall et l’avant-garde russe (il ne fallait pas oublier la (...)

François Cau | Lundi 19 décembre 2011

Awards 2011 exposition

L’award de l’expo blockbusterLe hors-les-murs du fameux et parisien Centre Pompidou sur Chagall et l’avant-garde russe (il ne fallait pas oublier la seconde partie du titre, sous peine d’être terriblement déçu) a été l’un des grands évènements de l’année culturelle grenobloise – à l’image de ceux qui attirent les foules dans les grands musées parisiens. Il permit d’approcher au mieux l’univers foisonnant de l’artiste, et de contextualiser son art singulier à travers « un dialogue fertile » comme nous l’expliquait en mars dernier Angela Lampe, conservatrice à Beaubourg et co-commissaire de l’exposition. L’award de l’éléganceÉlégance et sobriété sont deux qualificatifs qui conviennent parfaitement à l’univers du peintre Jean-Frédéric Coviaux, que l’on a pu découvrir en février dernier à l’Espace Vallès de

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Awards 2011 musique

MUSIQUES | Awards des claques lives inattendues : Zone libre et Peter Kernel Pas vraiment galvanisante sur CD, la réunion entre la rappeuse Casey et le guitariste (...)

François Cau | Vendredi 16 décembre 2011

Awards 2011 musique

Awards des claques lives inattendues : Zone libre et Peter Kernel Pas vraiment galvanisante sur CD, la réunion entre la rappeuse Casey et le guitariste Serge Teyssot-Gay a tout explosé sur la scène de la Bobine. La première s’est imposée comme une MC tonitruante, ravageuse, aux lyrics qui claquent comme autant de coups de trique bien sentis, le second a confirmé aux plus sceptiques que la réussite de Noir Désir lui devait énormément. La fusion entre hip hop et rock’n’roll a tenu tout du long, dans un équilibre incroyable de rage et de ferveur musicale. Tout aussi électrique, le set de Peter Kernel a également bousculé le public du Ciel dans ses doucereuses habitudes. Les compositions du génial White death black heart (l’un des albums de l’année, et pas uniquement à cause de l’adorable petit chat en couverture) ont été transcendées par ce trio de rock déviant, avec une énergie qui aura dévasté les hipsters les plus blasés. Sinon, Patti Smith a aussi tout défoncé

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Awards 2011 théâtre

SCENES | L’award du meilleur spectacle de l’année… voire plus : Notre terreur Car oui, des créations comme celle du collectif parisien D’ores et déjà, découvert (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 16 décembre 2011

Awards 2011 théâtre

L’award du meilleur spectacle de l’année… voire plus : Notre terreur Car oui, des créations comme celle du collectif parisien D’ores et déjà, découvert au printemps à la MC2, on n’en voit malheureusement pas tous les jours. Leur Notre terreur, relecture des derniers jours de Robespierre en s’axant sur l’exercice du pouvoir d’une poignée de révolutionnaires propulsée à la tête du Comité de salut public, fut un acte théâtral d’une très grande force, élaboré avec une méthode singulière nourrie d’improvisations. D’où, à l’époque, notre titre de Une on ne peut pluspéremptoire : « ça c’est du théâtre » ! L’award du lieu qui se cherche : Le Tricycle C’est l’idée qui avait occupé les théâtreux grenoblois pendant au moins un an : la volonté de la municipalité de co

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Melancholia

ECRANS | Versant apaisé du diptyque qu’il forme avec le torturé Antichrist, Melancholia poursuit le travail psychanalytique mené par Lars Von Trier sur la dépression et le chaos, et prouve que ses concepts ne tiennent plus vraiment leurs promesses. Christophe Chabert

François Cau | Mercredi 6 juillet 2011

Melancholia

Il est risqué de débuter un film par sa bande-annonce, l’exposé visuel d’un programme que les 120 minutes suivantes développeront à l’écran. D’autant plus risqué si ce film dans le film est d’une splendeur époustouflante, si chaque image y imprime durablement la rétine. Lars Von Trier avait déjà ouvert son précédent Antichrist, jumeau noir de ce Melancholia apaisé, par une séquence du même ordre, mais elle n’était qu’un prologue, lançant plus qu’elle ne l’anticipait le récit à venir. Dans Melancholia, tout est dit avec ces dix minutes sublimes : l’imminence de la fin du monde, qui se matérialise aussi bien par des visions cosmiques que par des focus sur une mariée flottant au-dessus d’un marais de nénuphars, connectée par des éclairs à d’autres planètes, s’arrachant à des racines qui la retiennent au sol… Après un si beau morceau de bravoure, l’excitation est de mise, mais Von Trier va vite doucher le spectateur : de tous ces tableaux fulgurants, il faut trier ce qui relève de la métaphore et ce que le cinéaste traitera dans sa littéralité. La mariée était en flammes Justine (Kirsten Dunst, pas mal) vient de se marier

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Cannes, jour 8 : Pater noster

ECRANS | Melancholia de Lars Von Trier. Pater d’Alain Cavalier.

François Cau | Jeudi 19 mai 2011

Cannes, jour 8 : Pater noster

Arrivé dans la dernière ligne droite du festival et de sa compétition, on attend toujours le film qui mettra tout le monde d’accord, celui qui trouvera le juste milieu entre film pour festival et œuvre suffisamment audacieuse pour séduire la frange la plus dure de la cinéphilie. On pensait que Melancholia, le dernier Lars Von Trier, allait jouer ce rôle. Présenté ce matin au Grand Palais, le film s’avère en définitive une des déceptions majeures de Cannes 2011. Pourtant, Melancholia démarre par dix minutes de pure sidération visuelle, où Von Trier mélange des ralentis étranges où les personnages semblent flotter au milieu des décors, et des visions spatiales d’une planète en fusion, se terminant par une spectaculaire collision avec la Terre, le tout sur fond de Wagner. C’est magnifique, impressionnant, même si on se souvient que l’ouverture d’Antichrist produisait sensiblement la même sensation. Quand le film retrouve une forme traditionnelle (et même ultra-traditionnelle pour du Lars Von Trier : scope et caméra portée, zooms et raccords dans l’axe), les choses s’enlisent dans un pénible remake de Festen. Un mariage, des invités qui règlent leurs comptes (Rampl

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D’un film à l’autre

ECRANS | De Claude Lelouch (Fr, 1h45) documentaire

François Cau | Vendredi 8 avril 2011

D’un film à l’autre

Voir Claude Lelouch revisiter l’intégralité de son œuvre alors qu’il est, à nos yeux, un des plus redoutables cinéastes français, n’était pas forcément un cadeau. Surprise : D’un film à l’autre se laisse regarder, ne serait-ce que d’un point de vue cinéphile et historique. Passé ce plaisir-là, il y a beaucoup à redire sur la vision que Lelouch donne de ses films : s’il avoue volontiers ses faux-pas initiaux, s’il ne peut passer outre ses ratages les plus spectaculaires (Un homme et une femme vingt ans déjà, Une pour toutes…), il fait diversion lorsqu’il évoque des navets genre Viva la vie ou Hommes-femmes mode d’emploi. Plus ennuyeux, le cinéaste continue à penser que le public a le dernier mot, rappelant ainsi qu’il est autant producteur qu’auteur de ses films. Confirmation quand il parle de politique : pour lui, les années 70 étaient une époque où les idéologies servaient à masquer les plus grandes escroqueries. Il n’a pas complètement tort : aujourd’hui, leur soi-disant faillite révèle au grand jour les cinéastes escrocs. Christophe Chabert

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Antichrist

ECRANS | Mélodrame psychanalytique qui vire à mi-parcours à l’ésotérisme grand-guignol, le nouveau Lars von Trier rate le virage entamé par son auteur en voulant trop en faire sans s’en donner la rigueur. Christophe Chabert

François Cau | Jeudi 28 mai 2009

Antichrist

De toute évidence, il y aura un avant et un après Antichrist dans la carrière de Lars von Trier. Son précédent film, Le Direktor, semblait atteindre les limites de sa "démission" en tant que metteur en scène, laissant une caméra automatisée cadrer l’action au hasard. Le prologue d’Antichrist en est l’exact opposé et s’affirme comme une réelle reprise en main : un sommet de maîtrise où chaque plan est une merveille plastique, magnifiant la scène traumatique qui va enclencher le récit Pendant qu’un couple fait l’amour, leur enfant tombe par la fenêtre. Eros et thanatos, deuil et culpabilité : voilà le programme des quarante minutes suivantes. Lui (Willem Dafoe) est analyste, elle (Charlotte Gainsbourg) s’enfonce dans la dépression, à la recherche de la peur fondatrice qu’il va falloir exorciser. Cette peur est une forêt, Eden, où le couple se retire pour affronter ses démons. Mais sur place, c’est un autre film qui commence, un film d’horreur faisant remonter une mythologie oubliée, le «gynocide». Messie, messie… Tout cela ne manque pas d’ambition, ni de culot ; par contre, Lars von Trier manque sérieusement de

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