Frank

ECRANS | De Lenny Abrahmson (Irl, 1h35) avec Michael Fassbender, Domhnall Gleeson, Maggie Gyllenhaal…

Christophe Chabert | Mardi 3 février 2015

Photo : © Irish film board


Quelque part en Irlande, Jon, un jeune musicien, rêve de rock et de gloire, mais végète chez ses parents. Le hasard le met sur la route d'un groupe avant-gardiste dont le claviériste vient de devenir fou ; Jon le remplace au pied levé et découvre, médusé, que le chanteur ne se montre qu'avec une énorme tête en carton-pâte sur scène… mais aussi en privé ! Frank est-il un génie torturé ou un as du buzz post-Daft punk ? Et, par conséquent, Frank-le film est-il une comédie sarcastique ou un hommage à ces doux dingues qui ont construit la légende du rock'n'roll ?

Difficile de trancher au départ, tant Abrahamson brouille les pistes, fidèle à un certain esprit de la comédie british qui force le trait de la caricature tout en l'adoucissant d'un sirop émotionnel qu'on sent souvent sincère. Mais il n'arrive jamais à résoudre cette contradiction de base : peut-on faire un film aussi calibré et normé sur des personnages à ce point en dehors des clous, refusant à tout prix de vendre leur âme au "music business" ?

Frank pose par ailleurs une autre question, fondamentale pour quiconque s'intéresse à un si grand acteur : Michael Fassbender est-il magnétique de la tête aux pieds ou seulement en dessous des épaules ? On choisit la première option ; conséquence : n'importe quel inconnu aurait pu se glisser dans la grosse tête de Frank, ça n'aurait pas changé grand-chose à l'arrivée.

Christophe Chabert


Frank

De Lenny Abrahamson (Angl-Irl, 1h35) avec Domhnall Gleeson, Maggie Gyllenhaal...

De Lenny Abrahamson (Angl-Irl, 1h35) avec Domhnall Gleeson, Maggie Gyllenhaal...

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Jeune musicien rêvant d’être une rock star, Jon croise le chemin d’un groupe de pop avant-gardiste à la recherche d’un nouveau clavier. Il devient vite le protégé de Frank, leur leader, aussi fascinant que mystérieux...


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"L'Envolée" : l’adolescence au tapis

ECRANS | De Eva Riley (G.-B., 1h23) avec Frankie Box, Alfie Deegan, Sharlene Whyte…

Vincent Raymond | Mardi 7 juillet 2020

Mère décédée, père au comportement infantile, démissionnaire et absent… À 14 ans, Leigh s’assume toute seule, tenant grâce à la gymnastique. Las, ses résultats sont en berne depuis peu. L’arrivée d’un grand frère, jusqu’alors inconnu et un brin voyou, va faire évoluer son caractère… Rien de nouveau sous le soleil de cette satanée Angleterre : une banlieue entre pavillons premier prix et villas de quartiers huppés, de la misère sociale, des ados qui zonent et des adultes qui picolent. Et puis, au club gym, Leigh la petite prolo se fait chambrer par les “copines“ trop stylées, trop méchantes, trop blondes, trop friquées, trop pétasses… Avouons que le cadre est connu, proche du cliché. Mais Eva Riley sait se centrer sur le ressenti de son personnage et le transmettre sans un mot de trop. Confrontée trop tôt à la solitude, Leigh cherche des yeux une attention : ses regards vers les autres mères en disent long. Pas forcément quelqu’un qui l’admire, juste une présence qui fasse d’elle une “fille normale“, et non une orpheline mendiant de l’affection… et refusant la pitié tout à la fois. La relation ambiguë, semi-incestueu

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Doublé Capra : du bonheur pour cinéphiles

Reprises | Le grand cinéaste américain est à l'honneur du Ciné-Club et de la Cinémathèque de Grenoble, qui projettent deux de ses films parmi les plus emblématiques les 18 et 20 décembre.

Vincent Raymond | Mardi 17 décembre 2019

Doublé Capra : du bonheur pour cinéphiles

Heureux cinéphiles grenoblois qui, en moins d’une semaine, vont se régaler les yeux avec deux classiques de Frank Capra ! On pourrait parler de hasard de programmation entre le Ciné-Club et la Cinémathèque, mais y a-t-il vraiment un hasard à l’approche de Noël lorsque l’un des deux films projetés se trouve être La Vie est belle (photo, 1946) ? Depuis sa sortie, ce long métrage est aux États-Unis indissociable des fêtes de fin d’année, tant il incarne l’esprit (et le miracle) de Noël. On y suit George, un brave type (le prototype de l’altruiste capresque, incarné par Jimmy "homme-de-la-rue" Stewart) sur le point de se supprimer, sauvé grâce à l’intervention providentielle d’un apprenti ange lui révélant à quel point le monde serait un enfer pour les autres s’il n’existait pas. Malgré les années, l’histoire demeure très moderne, si l’on y réfléchit : l’ange a recours à une vérité alternative pour étayer ses propos, et fait œuvre de coach en développement personnel pour convaincre George de sa valeur intrinsèque. Soooo 2019 ! Autre monument, mais au rayon comédie dramatique, New York-Miami (1934) avec Claudette Colbert e

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"Ne croyez surtout pas que je hurle" : remontage (de moral)

ECRANS | De Frank Beauvais (Fr., 1h15) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 24 septembre 2019

De même que Man Ray s’abstenait d’appareil photographique pour réaliser ses images-photogrammes, Frank Beauvais a signé un long-métrage sans avoir (lui-même) eu recours à une caméra. Entre essai, journal intime et documentaire, Ne croyez surtout pas que je hurle est en effet constitué uniquement d’images d’archives, ou plutôt de séquences (parfois très courtes, de l’ordre de la seconde) empruntées aux quelque 400 films que le cinéaste a visionnés de manière compulsive durant les quelques mois pendant lesquels il a vécu en état dépressif quasi reclus dans un village alsacien après une rupture amoureuse. Commentant de manière clinique son aboulie et sa déréliction, Beauvais dégoise sur son environnement duquel il se sent (avec une certaine morgue parisienne, notons-le) très différent et dont il craint par conséquent la potentielle animosité. De son point de vue, tous les sépare : lui, l’urbain artiste cultivé homosexuel ; eux, les épais germaniques hétéros – on mettra sur le compte du chagrin d’amour l’outrance réductrice et globalisante de son propos. Si le propos de la voix off est parfois très intime, il n’est jamai

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"X-Men : Dark Phoenix" : 50 nuances de Grey

ECRANS | De Simon Kinberg (ÉU, 1h40) avec James McAvoy, Sophie Turner, Michael Fassbender…

Vincent Raymond | Mercredi 5 juin 2019

1992. Partie avec les X-Men à la rescousse d’astronautes en détresse, Jean Grey est submergée par un magma cosmique qui déchaîne ses pouvoirs en puisant dans les aspects obscurs de son passé. Incontrôlable et dangereuse, elle rejette Xavier et compte sur l’aide de Magneto… L’absence de Bryan Singer, mis à l’index pour des accusations d'agression sexuelle, serait-elle à déplorer ? Force est de reconnaître que l’avance prise par la bande à Xavier sur la troupe de Stark a fondu comme la calotte polaire : la vitesse déployée par les Avengers dans le diptyque habité par Thanos a rattrapé et ordonné l’accumulation foutraque (parfois poussive) qui diluait les enjeux à force de tonalités divergentes. Limitant ses spin-off aux aventures de Wolverine (achevées en apothéose dans Logan), voire à l’inclassable Deadpool, les X-Men avaient pour eux une cohérence globale, conséquence directe des schémas narratifs reposant sur des oppositions duelles (Xavier contre Magneto, humanité contre mutants…) ; de bonnes rivalités bipolaires fondées sur des présupposés manichéens ainsi que sur la puissance du psychisme, de l’affect, de la télékinésie… Un équilibre binai

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Mom’s I’d like to surf : « Faire redécouvrir la surf music »

Concert | Jeudi 14 mars à la Source, on a rendez-vous avec le groupe grenoblois Mom’s I’d like to surf. L’occasion, avec le bassiste Franck Leard, de lever le voile sur la surf music, genre musical plus connu que ce qu’on ne croit.

Alice Colmart | Mardi 12 mars 2019

Mom’s I’d like to surf : « Faire redécouvrir la surf music »

S’il y a bien un remède efficace contre l’hiver, c'est le groupe grenoblois Mom’s I’d like to surf, dont les morceaux basés sur la surf music sentent bon les vagues, l’air marin et le sable. « On a constitué le groupe en 2013 alors qu’on jouait dans des bars » raconte Franck Leard, alias Frankie GoodLord, le bassiste de cette aventure musicale également composée des guitaristes Joris Thomas et Carolina Zviebel et du batteur Matthieu Billard. « Ce qu’il y a d’intéressant, c’est qu’on est plusieurs à venir d’univers différents, comme Carolina qui est issue de la musique classique et qui est formée au violon, ou Matthieu, ex-batteur de punk reconverti au jazz. Pourtant, on s’est tous retrouvés autour d’un même style. » Ensemble, ils se sont ainsi intéressés à la surf music, genre aux sonorités énergiques et planantes... « C’est un style instauré dans les années 1960 dont le but à la base était d’essayer, à travers une musique jouissive car rapide, de traduire la pratique du surf, avec cette impression de

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"Une affaire de famille" : chronique d'une famille pas si ordinaire

ECRANS | de Hirokazu Kore-eda (Jap, 2h01) avec Lily Franky, Sakura Andô, Mayu Matsuoka…

Vincent Raymond | Mardi 11 décembre 2018

Le fantasque Osamu est l’affectueux père d’une famille vivant de petites rapines et autres combines. Un jour, il ramène à la maison une gamine maltraitée par ses parents et convainc sa femme de la recueillir comme si elle était leur fille… Personne ne niera que le réalisateur japonais Hirokazu Kore-eda a de la suite dans les idées lorsqu’il s’agit de dresser des portraits de familles nippones singulières – c’est-à-dire appelées à se reconfigurer à la suite de la perte ou de l’ajout subit d’un membre. Pour Une affaire de famille, palme d'or du dernier Festival de Cannes, il empile les tranches de vies canailles, s’amusant dans un premier temps à faire défiler des instantanés du "gang" Osamu. Plus attendrissant que redoutable, ce père aimant tient davantage du bras cassé folklorique "toléré" par ses victimes que du féroce yakuza. Si le point de vue rappelle celui de The General (1997) de John Boorman ou les Arsène Lupin dans la

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Hirokazu Kore-eda : « "Une affaire de famille" est un film sur les gens invisibles »

ECRANS | Actuellement à Paris pour le tournage (et montage) de son nouveau film qu’il espère soumettre au prochain Festival de Cannes, Kore-eda nous parle de cette "Affaire de famille" qui lui a valu la Palme d’or 2018. Entretien.

Vincent Raymond | Mardi 11 décembre 2018

Hirokazu Kore-eda : «

Vous êtes-vous, pour Une affaire de famille, inspiré d’un fait réel ? Hirokazu Kore-eda : Pas à proprement parler d’un fait divers réel en particulier, mais de plusieurs petits incidents ayant agité les médias japonais qui m’ont nourri pour imaginer cette histoire. Deux sources, principalement. D’une part, ces enfants ne déclarant pas le décès de leurs parents et qui en conservaient le cadavre afin de continuer à percevoir leur pension de retraite. Cela avait fait un peu "sensation" dans les médias. D’autre part, l’histoire d’une famille d’Osaka qui volait à l’étalage et complétait ses revenus en revendant les articles dérobés. Ils avaient été arrêtés parce qu’ils n’avaient jamais réussi à se séparer de deux cannes à pêche. Je me suis dit que le père et le fils adoraient pêcher ensemble et qu’ils n’avaient pu se résoudre à les vendre. Et c’est comme cela qu’est venue la première image du film : celle d’un père et d’un fils dont les liens ne sont pas des liens

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"Love addict" : pour un flirt avec Kev Adams...

ECRANS | de Frank Bellocq (Fr, 1h33) avec Kev Adams, Mélanie Bernier, Marc Lavoine...

Vincent Raymond | Mardi 17 avril 2018

Séducteur compulsif, Gabriel a perdu son dernier job à cause de son… inextinguible besoin de conquérir les femmes. Pour conserver son nouveau poste, il a recours aux services d’une psy reconvertie coach, Marie-Zoé. Leur animosité mutuelle ne cache-t-elle pas une vague attirance ? Et si le problème cardinal des films avec Kev Adams, c’était tout simplement Kev Adams ? Dans son genre, Love Addict n’est pas si mal : pour qui s’est infligé Gangsterdam ou Les Aventures d’Aladdin, c’en est presque miraculeux. Car il s’agit d’une variation ne disant pas son nom – se peut-il qu’elle s’ignore ? – et assagie du délirant What’s New Pussycat ? (1965) de Clive Donner. Jadis scénarisée par Woody Allen, cette comédie sur un impénitent collectionneur prend au passage une sale teinte ironique à présent que ce dernier est considéré comme un vieux satyre. Le réalisateur Frank Bellocq

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"Song To Song" : Terrence Malick, toujours une note au-dessus

ECRANS | Retour à une forme plus narrative pour le désormais prolifique Terrence Malick, qui revisite ici, avec des grands noms (Natalie Portman, Ryan Gosling, Michael Fassbender, Rooney Mara...), le chassé-croisé amoureux dans une forme forcément personnelle et inédite.

Vincent Raymond | Mardi 4 juillet 2017

Deux hommes, deux femmes : leurs histoires d’amour et professionnelles, croisées ou réciproques dans l’univers musical rock d’Austin… Après le sphérique et autoréférenciel Voyage of Time (amplification des séquences tellurico-shamaniques de Tree of Life façon poème mystique à liturgie restreinte), le réalisateur Terrence Malick renoue avec un fil narratif plus conventionnel. Avec ce que cela suppose d’écart à la moyenne venant du réalisateur de À la Merveille. Song To Song prouve, si besoin en était encore, que ce n’est pas un argument qui confère à un film son intérêt ou son originalité, mais bien la manière dont un cinéaste s’en empare. Le même script aurait ainsi pu échoir à Woody Allen ou Claude Lelouch (amours-désamours chez les heureux du monde et dans de beaux intérieurs, avec les mêmes caméos de Val Kilmer, Iggy Pop, Patti Smith), on eût récolté trois films autant dissemblables entre eux que ressemblants et identifiables à leur auteur. Persistance de la mémoire En deux heures bien tassées, Malick nous offre ici un foisonnement visuel rare : un enchaînement vertigineux d

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Avec "Alien : Covenant", la bête immonde est de retour

ECRANS | Après une patiente incubation, Ridley Scott accouche, avec "Alien : Covenant", de son troisième opus dans la vieille saga "Alien" (débutée en 1979), participant de son édification et de sa cohérence. Cette nouvelle pièce majeure semble de surcroît amorcer la convergence avec son autre univers totémique, "Blade Runner". Excitant.

Vincent Raymond | Mardi 9 mai 2017

Avec

L’ouverture d’Alien : Covenant se fait sur un œil se dessillant en très gros plan. Ce regard tout neuf et empli d’interrogations est porté par l’androïde David, création du milliardaire Peter Weyland. Aussitôt s’engage entre la créature et son démiurge une conversation philosophique sur l’origine de la vie, où affleure le désir de la machine de survivre à son concepteur. L’image mimétique d’un instinct de survie, en quelque sorte. Cet œil inaugural, immense et écarquillé, reflétant le monde qui l’entoure, fait doublement écho non à Prometheus, préquelle de la saga sorti en 2012, mais à l’incipit de Blade Runner (1982) du même Ridley Scott. L’œil y apparaît pareillement, pour réfléchir un décor futuriste et comme miroir de l’âme : c’est en effet par l’observation des mouvements de la pupille lors du fameux test de Voight-Kampff que l’on parvient à trier les authentiques humains de leurs simulacres synthétiques, les "répliquants". Le David

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"À ceux qui nous ont offensés" : fiche le camp !

ECRANS | de Adam Smith (É-U., 1h39) avec Michael Fassbender, Brendan Gleeson, Lyndsey Marshal…

Vincent Raymond | Mardi 28 février 2017

Colby Cutler règne en parrain despotique sur les siens, commanditant casses et larcins à tout va. Las de cette existence hors-la-loi, son fils Chad s’apprête à quitter sa roulotte avec femme et enfants pour se fixer dans une maison en dur. Mais Colby n’a pas l’intention de le laisser partir… Après Brad Pitt dans Snatch, voici Michael Fassbender en nouvelle incarnation du Gitan britannique – rien à voir avec leurs cousins du continent, souvent représentés de manière moins glamour chez Kusturica ou Gatlif. Ce constat mis à part, les problématiques rencontrées par cette population au Royaume-Uni sont identiques : pilote chevronné voulant se ranger des voitures, Chad goûte à l’ostracisme lorsqu’il s’aventure hors du clan. Un rejet que subit également sa progéniture, au grand bonheur de Colby : croyant à une forme de déterminisme social, un statu quo renforce son emprise sur le groupe. Film complexe, multiple, À ceux qui nous ont offensés marie à la fois le drame aux reflets shakespeariens et le polar sec, que rythment les courses-poursuites en bagnoles hurlantes et les dialogues au phrasé tourmenté, chahuté par

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"Assassin’s Creed" : game over

ECRANS | Le jeu vidéo culte trouve une nouvelle vie au cinéma grâce à Justin Kurzel et des stars comme Michael Fassbender, Marion Cotillard ou encore Jeremy Irons. Sauf que cette vie-là tombe totalement à plat.

Vincent Raymond | Mardi 20 décembre 2016

Censé être exécuté par injection, Cal se réveille dans une étrange institution où des scientifiques l’incitent à plonger dans sa mémoire génétique afin de trouver le moyen d’éradiquer à jamais toute pulsion de violence chez l’Homme. Héritier d’une séculaire guilde, les Assassins, adversaires immémoriaux des Templiers, Cal va affronter son passé… et le présent. Dans cette histoire où deux vilaines sectes s’entretuent à travers les âges pour contrôler l’humanité, difficile de comprendre laquelle est la moins pire – laissons aux complotistes le soin de les évaluer selon leurs critères tordus. Difficile aussi, d’y trouver son content en terme d’originalité spectaculaire : à force d’en garder sous la pédale pour alimenter d’hypothétiques suites, les films d’action peinent à se suffire à eux-mêmes ; d’épiques, ils deviennent elliptiques. Badaboum Son origine vidéoludique devrait irriguer Assassin’s Creed de trouvailles visuelles, le rendre aussi innovant et immersif qu’un Christopher Nolan des familles. Las ! Justin Kurzel ne fait qu’enquiller bastons chorégraphiées et combats de sabres pour yamakasi en toile d

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Michael Fassbender : « Je ne suis pas un gamer »

ECRANS | Après avoir campé dans "Steve Jobs" un créateur d’ordinateur, Michael Fassbender endosse pour l’adaptation du jeu vidéo "Assassin’s Creed" le double rôle de Cal et d’Aguilar, coiffant en sus la casquette de coproducteur. Il mise gros jeu…

Vincent Raymond | Mardi 20 décembre 2016

Michael Fassbender : « Je ne suis pas un gamer »

Êtes-vous à la base adepte des jeux vidéo ? Je ne suis pas un gamer, mais je me suis mis à Assassin’s Creed après avoir accepté d’entrer dans ce projet – par respect pour les gens d’Ubisoft d’une part, de l’autre parce que j’avais envie de connaître ce monde qu’ils avaient créé et qu’ils m’avaient tellement bien expliqué. Pour m’inspirer également de la "physicalité" du personnage que je devais interpréter, dans ses mouvements pour les combats, dans sa pratique du parkour… Mais je ne suis pas le seul à m’être totalement immergé dans cet univers : ma partenaire de jeu Ariane Labed a été plutôt hardcore dans sa préparation : elle allait tellement fort dans les combats avec les cascadeurs qu’elle a fini avec la main en sang ! Votre personnage est amené à puiser au fond de sa "mémoire génétique". Avez-vous déjà éprouvé ce besoin pour les besoins d’un rôle ? Je suis pas sûr que cela soit le cas. En général, j’interprète à l’écran des personnages existant ou ayant existé ; je puise alors des informations sur eux en regardant des vidéos sur Youtube ou en lisant des livres qu’ils ont écri

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Supplément d’Âme ce samedi à la Belle électrique

MUSIQUES | Entre la Belle électrique et le duo house berlinois Âme, alias Kristian Beyer et Frank Wiedemann, c’est décidemment une affaire qui marche. Après un premier (...)

Damien Grimbert | Mardi 6 décembre 2016

Supplément d’Âme ce samedi à la Belle électrique

Entre la Belle électrique et le duo house berlinois Âme, alias Kristian Beyer et Frank Wiedemann, c’est décidemment une affaire qui marche. Après un premier passage lors du festival Jour & Nuit en 2014, un deuxième au printemps 2015 peu après l’ouverture de la salle, et un troisième quelque mois plus tard pour Wiedemann (venu cette fois présenter son side-project Howling), Âme est donc de nouveau de retour ce samedi à Grenoble, cette fois en format live. Alors certes, pour la prise de risque et le renouvellement, on repassera ; mais au vu de l’acuité, de la finesse et de l’expérience du duo pour faire vibrer les dancefloors, on ne va pas se plaindre non plus. Âme (live) + Jennifer Cardini + Konstantin + Omaria À la Belle électrique samedi 10 décembre à 23h

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"Captain Fantastic" : à qui père gagne

ECRANS | de Matt Ross (E.-U., 1h58) avec Viggo Mortensen, Frank Langella, George Mackay…

Vincent Raymond | Mardi 11 octobre 2016

Un père de famille survivaliste radical se résigne à quitter sa forêt avec ses six enfants pour assister aux obsèques de son épouse – leur mère. En découle une confrontation initiatique avec la prétendue "civilisation", ainsi que les proches de la défunte, hostiles à son choix d’existence… La présence de Viggo Mortensen au générique aurait dû nous mettre la puce à l’oreille : Captain Fantastic tranche avec ces faux films indé fabriqués par les studios dégueulant de mièvrerie et d’archétypes middle-class – telle l’escroquerie aux bons sentiments Little Miss Sunshine, pour ne pas la citer. Le doute subsiste pourtant lorsque la petite famille abandonne son cocon über-rousseauiste pour embarquer à bord de Steve, le car post-hippie : la succession de sketches montrant à quel point les (magnifiques) enfants super-éduqués valent bien mieux que tous les dégénérés rencontrés au fil du chemin, se révèle en effet un peu longuette. On croit ensuite deviner une issue réglée comme du papier à musique de feu de camp. Mais l’histoire, dans un soubresaut étonnant, offre aux personnages un dénouement si éloigné des chemins balisés e

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Du glamour et du Hell-O-Tiki au Maïly’s

MUSIQUES | Ce jeudi, le bar à concerts grenoblois se met en mode "Mondo Exotic !" avec une soirée entre surf rock garage, DJ et shows burlesques.

Damien Grimbert | Mardi 14 juin 2016

Du glamour et du Hell-O-Tiki au Maïly’s

Porteuse d’un univers visuel et sonore riche et chamarré, la pop culture américaine des années 1960 sera à l’honneur ce jeudi à l’occasion de la soirée Mondo Exotic !. Organisé à l’initiative de l’association BBB (pour Burlesque, Bigoudis et Bricolage), de retour après quelques années d’absence, cet événement pas comme les autres sera placé sous le double signe d’une thématique « hawaïenne » (surf music, exotica, sculptures tiki, torches et cocktails colorés) et d’une programmation pluridisciplinaire réunissant performances burlesque, concert live et DJ-set. Après une première partie glamour à souhait qui verra défiler les numéros de Velma Von Bon Bon (en photo), Aleksei Von Wosylius, X’tatix Doll et Wanda De Lullabies sous le regard bienveillant de la maîtresse de cérémonie Bettina Corleone, ce sera au tour de la formation belge Hell-O-Tiki de prendre d’assaut la scène. Auteur d’un surf rock garage irréprochable influencé conjointement par la musique de Dick Dale, le cinéma d’horreur kitsch des années 1960 et les comédies grivoises de Russ Meyer, le quatuor masqué formé en 2009 à Arlon cédera ensuite la place aux sélections acidulées du DJ lyonnais Frank’n’Fu

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"X-Men : Apocalypse" : le boss, c'est Bryan Singer !

ECRANS | En mettant ses mutants aux prises avec le premier d’entre eux, Apocalypse, Bryan Singer boucle une seconde trilogie des X-Men épique. Et montre que, de tous les réalisateurs de productions Marvel déferlant sur les écrans ces temps-ci, c’est bien lui le patron.

Vincent Raymond | Mardi 17 mai 2016

Lorsqu’une franchise achemine sur les écrans son huitième opus en seize années d’existence, le plus docile et bienveillant des spectateurs est fondé à émettre quelques inquiétudes quant à la pertinence du film. Heureusement, il existe des exceptions ; des sagas parvenant à coups de rebondissements intrinsèques à dépasser le stade de la “suite” et de la resucée, sachant se réinventer ou créer une singularité – James Bond en est un parangon. Dans le vaste univers Marvel (en expansion continue), la tradition (du tiroir-caisse) impose à une série de se développer par ramifications autour de ses personnages-phares, puis de faire tabula rasa en lançant un reboot… tout en s’affadissant. Sauf pour X-Men, îlot d’exception dans un océan tanguant vers les rivages du morne ordinaire. Oh, cela ne signifie pas que l’ensemble de l’octalogie mérite d’être portée aux nues (un ventre mou modelé par Brett Rattner et Gavin Hood la plombe), mais elle présente, outre sa remarquable longévité, une capacité à absorber ses propres spin-off (Wolverine) et reboots (

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Jodorowsky's Dune

ECRANS | de Frank Pavich (É.-U., 1h30) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 15 mars 2016

Jodorowsky's Dune

Faut-il remercier Pavich, ou bien le maudire d’avoir permis à Jodorowsky de dévoiler les coulisses de son film maudit Dune ? Restée à l’état de projet très avancé, cette adaptation du roman de Frank Herbert avait tout pour devenir l’œuvre prophétique qu’il ambitionnait : un credo artistique, des moyens considérables alloués par un producteur esthète, un contexte mystique favorable (nous somme en 1975) et une distribution réunissant The Pink Floyd, Dalí, Welles ou Mick Jaeger… À ce stade, on est déjà à l’agonie ; “Jodo” nous achève en expliquant la genèse de son armée de “guerriers” (Mœbius, Dan O’Banon, Giger…). Si son Dune n’a pas vu le jour, ce qui faisait son ferment (à défaut d’épice…) a ensemencé toute la SF des années suivantes, de Alien à Matrix. En cela, le projet initial de révolutionner l’histoire du cinéma a bien été accompli… sans que “Jodo” n’ait eu besoin de recourir lui-même à la pellicule, comme un contributeur de l’ombre. Ce documentaire lui renvoie l’ascenseur et la lumière : à l’instar de Lost in la Mancha consacré au désastre du Don Quichotte de Terry Gilliam, Jodorowsky’s Dun

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Brooklyn

ECRANS | de John Crowley & Paul Tsan (Irl./G.-B./Can., 1h53) avec Saoirse Ronan, Domhnall Gleeson, Emory Cohen…

Vincent Raymond | Mardi 8 mars 2016

Brooklyn

Avec Une éducation, on avait découvert que le cœur de l’auteur britannique Nick Hornby était plus vaste qu’un stade de foot, et que son âme vibrait à d’autres musiques que sa playlist de 33t rock. Brooklyn, dont il est à nouveau scénariste, enfonce le clou puisqu’il y raconte à nouveau le parcours semé d’embûches d’une jeune femme s’affranchissant de toutes les tutelles (parentale, religieuse, culturelle…) pour s’accomplir, quitte à faire le deuil d’une partie de son identité. Portrait de femme moderne (dans l’acception du XXe siècle, mais qui pourrait revenir à la mode eu égard au conservatisme ambiant), d’une migrante qui plus est (sujet brûlant d’actualité), Brooklyn ne s’écarte pas du classicisme attendu. Saoirse Ronan n’est pas à blâmer : elle s’en tient aux limites de son personnage et de ce film plus anecdotique que définitif. Quant à Hornby, espérons pour lui qu’il s’ouvre à d’autres schémas… VR

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Room

ECRANS | de Lenny Abrahamson (Can./Irl., 1h58) avec Brie Larson, Jacob Tremblay, Joan Allen…

Vincent Raymond | Mardi 8 mars 2016

Room

Étonnante symétrie que celle de ce film, construit en diptyque (ou, si l’on suit la mode, comme une mini-série en deux épisodes accolés) ; deux volets successifs sur l’enfermement. Au mitant de Room intervient la libération (haletante) de la mère et du fils qu’elle a eu en captivité. Et au huis clos entre ces deux êtres fusionnels succède alors le traumatisme… de la gestion post-traumatique : le fils découvre un monde infini et s’épanouit, sa génitrice se claquemure en elle-même. Un concentré d’Œdipe qui se résoudra dans la séquence finale. Malgré quelques lourdeurs (le pesant accent porté sur le fiston, sur lequel il faudrait qu’on s’extasie), Room s’en sort plutôt bien dans la catégorie enlèvement-réclusion : une vision du très mitigé À moi seule (2012) Frédéric Videau, inspiré de l’affaire Natascha Kampusch, permet de s’en convaincre… Il est, à plus d’un titre, intéressant que les votants de l’Académie des Oscars aient salué l’interprétation de la comédienne principale de Room. Une fois n’est pas coutume, ils ne se sont pas fait embobiner par la prestation de l’en

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"The Revenant" : Iñárritu et DiCaprio ont vu l'ourse

ECRANS | Délaissant comme Tarantino les déserts arides au profit des immensités glacées, Alejandro González Iñárritu poursuit sa résurrection cinématographique avec un ample western épique dans la digne lignée d’Arthur Penn et de Sydney Pollack. Un "survival" immersif et haletant mené par des comédiens au poil, dont le potentiellement oscarisé DiCaprio. Vincent Raymond

Vincent Raymond | Mardi 23 février 2016

Aux États-Unis, on excelle dans la culture de l’art du paradoxe. Le pays suit avec un mixte de répulsion et de plaisir la campagne pour l’investiture républicaine menée par Donald Trump, populiste démagogue, ouvertement xénophobe, avide de succéder au premier chef d’État noir de son Histoire ; au même moment, la société s’émeut de voir les membres de l’Académie des Oscars (présidée par l’Afro-Américaine Cheryl Boone Isaacs) s’entre-déchirer à qui mieux-mieux au sujet du manque de représentativité des minorités visibles parmi les candidats à la statuette. Au Texas et en Californie, une muraille-citadelle gardée a été érigée ces dernière années pour préserver le territoire de toute intrusion ; tandis qu’à Hollywood le cinéma sort de l’impasse en empruntant une diagonale mexicaine. Issus de familles de classe moyenne ou supérieure, Guillermo del Toro, Alfonso Cuarón ou Alejandro González Iñárritu n’ont pas fui de misérables villages (tels que fantasmés par les conservateurs hostiles aux mouvements migratoires) pour profiter des avantages supposés du systè

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"Steve Jobs" : Boyle et Sorkin réinventent le biopic

ECRANS | Après s’être notamment égaré en racontant les tribulations gore d’un randonneur se sciant le bras pour survivre (“127 heures”), Danny Boyle avait besoin de se rattraper. Il fait le job avec une évocation stylisée du patron d’Apple, première super-pop-star économique du XXIe siècle. Vincent Raymond

Vincent Raymond | Mardi 2 février 2016

« Penser “différent” »… Érigé en précepte par Steve Jobs lui-même, le slogan exhortant à la rupture créative et intellectuelle semble avoir guidé le scénariste Aaron Sorkin et le réalisateur Danny Boyle dans ce travail d'adaptation de la biographie (autorisée) du charismatique fondateur d’Apple : un pavé signé par Walter Isaacson détaillant par le menu l’existence de Jobs et listant les innovations à mettre à son actif. Plutôt que de se lancer dans une illustration chronologique standard, visant l’exhaustivité en suivant le sempiternel et prévisible « sa vie, son œuvre », l’un et l’autre ont emprunté un chemin de traverse. Jobs ayant été, au-delà de toutes les controverses, une manière de stratège imposant sa vision d’une réalité distordue (et finalement, modelant la réalité à ses désirs), Sorkin et Boyle lui ont donc taillé un écrin biographique hors norme. Pour le cinéaste, cela passait par l’abandon de marques de fabrique virant au tic, comme les effets de montage épileptoïdes ou le recours à une bande originale utilitaire, ma

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Ex-Machina

ECRANS | Pour son premier film derrière la caméra, Alex Garland, ex-scénariste de Danny Boyle, s’aventure dans la SF autour du thème de l’intelligence artificielle, dont il livre une variation qui peine à trouver sa forme, entre didactisme dialogué et sidération visuelle. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 2 juin 2015

Ex-Machina

Imitation game a popularisé la figure d’Alan Turing auprès du grand public ; sans le succès du film, il est peu probable que les spectateurs comprennent spontanément à quoi Alex Garland fait référence dans Ex-Machina. On y voit un informaticien remporter, lors d’un prologue expéditif, une sorte de loterie interne à son entreprise pour aller passer un séjour auprès de son patron dans sa somptueuse villa isolée du reste du monde. Assez vite, il se rend compte que loin d’être des vacances, il s’agit encore et toujours de travail – n’y voyez pas là une quelconque critique sociale, nous sommes dans le futur. En l’occurrence, faire passer un test de Turing à une androïde sexy dotée d’une intelligence artificielle, histoire de voir si celle-ci prend conscience de son caractère robotique ou si elle persiste à se considérer comme humaine – auquel cas, le test est réussi. Ex-Machina devient alors un long développement autour de la scène inaugurale de Blade runner, le réplicant moustachu étant remplacé par une bimbo diaphane au corps inachevé, laissant

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Frank Capra, grand cinéaste pour toujours

ECRANS | Pourquoi Frank Capra a-t-il bénéficié, au sein de la critique française, de moins de littérature élogieuse que certains de ses contemporains cinéastes comme (...)

Christophe Chabert | Mardi 28 avril 2015

Frank Capra, grand cinéaste pour toujours

Pourquoi Frank Capra a-t-il bénéficié, au sein de la critique française, de moins de littérature élogieuse que certains de ses contemporains cinéastes comme Howard Hawks, Ernst Lubitsch ou John Ford ? Pourtant, qui n’a pas pleuré devant La Vie est belle ? Ri devant New-York Miami ? Éprouvé un frisson lors du grand discours de James Stewart à la fin de Monsieur Smith au Sénat ? Réaction franco-française face à un cinéaste ô combien américain, c’est-à-dire fier de son pays même s’il n’hésite pas à en critiquer le fonctionnement – avec dans l’idée, centrale chez lui, de l’améliorer en le rendant plus à l’écoute du peuple. Fils de paysans italiens, arrivé en Amérique à l’âge de 6 ans, marqué par les ravages de la dépression de 1929, Capra adopte les valeurs (libérales) et l’esprit patriotique américains. Après des débuts chaotiques, il trouve son style en prenant pleinement la mesure de ce qu’est un spectacle cinématographique fédérateur : il accélère le rythme et travaille sa mise en scène pour intensifier les émotions sur l’écran. Ses premiers films, très rares (Amour défendu, La Ruée et La Grande muraille) sont pour

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X-Men : Days of future past

ECRANS | Pour son retour à la mythologie X-Men, Bryan Singer signe un blockbuster stimulant visuellement, intellectuellement et politiquement, où il se plaît à courber l’espace et le temps, dans sa narration comme dans la chair de ses plans. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 20 mai 2014

X-Men : Days of future past

Un futur dévasté, peuplé de camps et de charniers, où humains et mutants sont ensemble victimes de robots (les « sentinelles ») capables d’imiter les éléments et les métaux ; et l’Amérique des années 60, encore traumatisée par la mort de Kennedy et en pleine crise du Vietnam, où Nixon développe sa politique réactionnaire et où les mutants commencent à se structurer en mouvement révolutionnaire. Le défi de ce X-Men : Days of future past consiste à replier le futur sur le passé en une seule temporalité fictionnelle, enjambant le présent qui avait été celui de la première trilogie et dont Bryan Singer avait su tirer de stupéfiants blockbusters engagés et personnels, bourrés de sous-textes et développant ses personnages comme autant d’icônes de la culture populaire. Ce nouveau volet, qui marque son retour aux manettes mais aussi en grande forme après les déconvenues Superman et Jack le chasseur de géants, en ajoute une poignée dès son ouverture, impressionnante. Au milieu d’un décor en ruine, une mutante aide ses camarades à combattre les sentinelles en creusant des brèches spatio-temporelles qui forment autant de trouées visuelles à l’int

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12 years a slave

ECRANS | Après "Hunger" et "Shame", Steve McQueen adapte l’histoire vraie de Solomon Northup, homme libre devenu esclave, mais hésite entre grande forme hollywoodienne et effets de signature, entre son héros au parcours édifiant et l’esclavagiste fascinant incarné par sa muse Fassbender. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 15 janvier 2014

12 years a slave

Django unchained, Lincoln, 12 years a slave ; la question de l’esclavage aura inspiré récemment des cinéastes importants, chacun avec leur angle et leur manière. Western pop et politique marqué par la blaxploitation pour Tarantino, biographie dialectique, lyrique et fordienne pour Spielberg… L’approche de Steve McQueen est la plus frontale : le film se targue de regarder en face la question, ce que résume le premier plan où les esclaves alignés regardent la caméra et le spectateur. Au centre de ce théâtre ordinaire de l’asservissement, Solomon Nothrup ne se distingue pas du groupe, et pourtant son histoire est littéralement extra-ordinaire : homme libre, marié et père, violoniste dans la bonne société new-yorkaise, il est kidnappé et vendu à un propriétaire sudiste qui finira à son tour par le céder pour éponger ses dettes à un autre "maître" plus cruel et violent. La figure de Nothrup lance 12 years a slave sur

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Cartel

ECRANS | La rencontre entre Cormac McCarthy et le vétéran Ridley Scott produit une hydre à deux têtes pas loin du ratage total, n’était l’absolue sincérité d’un projet qui tourne le dos, pour le meilleur et pour le pire, à toutes les conventions hollywoodiennes. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 12 novembre 2013

Cartel

Il y a sans doute eu maldonne quelque part. Comment un grand studio hollywoodien a-t-il pu laisser Cormac McCarthy, romancier certes adulé mais absolument novice en matière d’écriture cinématographique, signer de sa seule plume ce Cartel, le faire produire par la Fox et réaliser par un Ridley Scott réduit ces dernières années à cloner sans panache ses plus grands succès (Robin des Bois, sous-Gladiator, Prometheus, sous-Alien…) ? Le film est en tout point fidèle à la lettre et à l’esprit de ses œuvres littéraires : omniprésence de la corruption morale, déliquescence d’un monde livré à la sauvagerie et s’enfonçant dans une régression inéluctable vers le chaos, voilà pour l’esprit ; pour la lettre, c’est là que le bât blesse, tant McCarthy se contrefout éperdument des règles élémentaires de la dramaturgie cinématographique. Pas d’expositions des personnages, de longues conversations plutôt virtuoses dans leur façon d’exprimer les choses sans vraiment les nommer, mais qui versent aussi dans une emphase sentencieuse explicitant autant les intentions de l’auteur que la réalit

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Une chanson pour ma mère

ECRANS | De Joël Franka (Fr, 1h35) avec Sylvie Testud, Patrick Timsit, Dave

Aurélien Martinez | Lundi 25 mars 2013

Une chanson pour ma mère

Survivant d'une époque plus lointaine mais qui ne fait pas plus rêver que celle de l'affreux Stars 80, Dave avait su résister jusque-là à la réhabilitation par voie cinématographique ; sa présence sur les canaux télé et son aura plus mineur justifiant aussi sans doute l'absence de nécessité. Son nom au générique d'Une chanson pour ma mère, comédie à l'anglaise réunissant une famille de bras cassés kidnappant le fameux chanteur pour faire plaisir à leur maman malade et en sursis, avait de quoi faire peur. Si le film ne fait pas de miracles, s'évertuant à enchaîner des situations un peu trop improbables et pataudes aux moyens de personnages commodément stupides, Dave se révèle de loin le meilleur acteur du casting et une vraie surprise. Sans sombrer dans la complaisance kitsch, Joël Franka observe avec une réelle affection un Dave attachant qui, transformé malgré lui en levier d'une grande réconciliation familiale, devient un joli héros ordinaire.

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Boule et Bill

ECRANS | D'Alexandre Charlot et Frank Magnier (Fr, 1h30) Avec Marina Foïs, Frank Dubosc, Charles Crombez

Aurélien Martinez | Lundi 25 février 2013

Boule et Bill

La BD et le cinéma français, c'est un peu l'échec permanent. Pour preuve encore ce Boule et Bill, nouvelle catastrophe industrielle gagnée d'avance vu le matériau d'origine. Ce qui étonne le plus dans cette adaptation, c'est sa capacité à décevoir. Boule et Bill le film n'est pas la comédie neuneu pour marmots à laquelle on pouvait s'attendre. Oui, il y a quelques gags, mais qui tombent tous à plat. Oui, on entend la voix du chien qui pense et c'est navrant. Le plus curieux, c'est que les auteurs du film se foutent presque de Roba et de sa mythologie, reléguée aux cinq dernières minutes. Ils préfèrent s'intéresser à l'époque où la BD vivait son heure de gloire, tournant un film rétro au look bâtard sur l'émancipation de la femme dans la France des années 70. Seule compte ainsi la mère, héroïne d'un film pensé comme une préquelle réflexive à la BD, où le père serait Roba découvrant son inspiration après avoir fui la cité dortoir où sa famille s'était installée. Nul, et à la fois limite intriguant. Jérôme Dittmar

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Sexe, drogue et cervelle crue

ECRANS | Quel cinéaste plus approprié pour une séance de minuit que l’électron libre survolté et subversif Frank Henenlotter ? Figure de proue du cinéma trash 80’s qui a (...)

Damien Grimbert | Lundi 21 janvier 2013

Sexe, drogue et cervelle crue

Quel cinéaste plus approprié pour une séance de minuit que l’électron libre survolté et subversif Frank Henenlotter ? Figure de proue du cinéma trash 80’s qui a grandi dans l’atmosphère trouble des salles miteuses de la 42e Rue, adepte des tournages-commandos, des budgets microscopiques et du mauvais goût irrévérencieux, ce fils spirituel de John Waters signe avec Elmer, le remue-méninges un film profondément ancré dans son environnement, celui de l’urbanité insalubre et sauvage du New York pré-Giuliani. Petit parasite bleuté au look ouvertement phallique, Elmer prend pour hôte Brian, jeune homme sans histoire qu’il va rendre complètement accro en lui injectant une substance hallucinogène violente à même le cerveau. Pour obtenir de nouvelles doses, Brian va en échange devoir approvisionner la créature en cervelle fraîche… Film fauché et rebelle au mauvais esprit assumé, Elmer… aborde le thème de l’addiction à la drogue sans détour, mais armé d’un humour noir décapant… Elmer le remue-méninges, de Frank Henenlotter (1988), vendredi à minuit salle Juliet Berto

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Plan de table

ECRANS | De Christelle Raynal (Fr, 1h30) avec Frank Dubosc, Elsa Zylberstein, Audrey Lamy…

François Cau | Vendredi 6 avril 2012

Plan de table

Dans The Player, Robert Altman montrait des producteurs capables de donner leur feu vert à n’importe quel projet, même le plus stupide, pourvu que Julia Roberts joue dedans. Vingt ans plus tard, ce n’est plus de la fiction, il semble que ce soit la même chose en France avec Frank Dubosc. Pourtant incroyablement mauvais, ce comédien qui n’a jamais réussi à comprendre qu’il n’était plus en one man show mais qu’il jouait avec d’autres acteurs sur le plateau continue donc à se commettre dans des films aberrants. Plan de table surfe donc sur tout ce qui est dans l’air (la comédie de mariage, le concept du ou bien, ou bien, la critique à peu de frais d’un matérialisme dans lequel les personnages se vautrent à longueur de temps) sans la moindre rigueur dans l’écriture ou la mise en scène. Confondant précipitation et rythme, Christelle Raynal raconte tout à 400 à l’heure, excès de vitesse dont les acteurs sont les premières victimes, condamnés à la grimace, au cabotinage ou au profil bas. Naufrage ! CC

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"Gardenia" : fin de partie

Cabaret | Le cabaret va fermer ses portes. Une dernière fois, les artistes qui l’ont fait vivre montent sur les planches. Des travestis, accompagnés de deux femmes, (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 6 janvier 2012

Le cabaret va fermer ses portes. Une dernière fois, les artistes qui l’ont fait vivre montent sur les planches. Des travestis, accompagnés de deux femmes, qui ont tout simplement vieilli, et qui remballent maintenant les costumes de leur vie passée. Mais avant, ils s’offrent donc un ultime tour de piste, où seront abordés, dans un même élan, la fuite du temps, les rêves brisés, l’humour potache… Une mise en abyme élaborée par trois Belges : l’artiste pluridisciplinaire Frank Van Laecke, le chorégraphe Alain Platel des Ballets C. de la B. (on se souvient de son fabuleux Out of Context vu à la MC2 la saison dernière), et surtout Vanessa Van Durme, comédienne à l’origine du projet, que l’on avait déjà pu découvrir dans le très beau spectacle Regarde maman, je danse, mis en scène par Frank Van Laecke et programmé à la Rampe en 2008. De ce ménage à trois est ainsi né un Gardenia

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A dangerous method

ECRANS | La rivalité entre Freud et son disciple Carl Gustav Jung, un sujet complexe mais idéal pour David Cronenberg, qu’il rend passionnant pendant 45 minutes, avant de laisser la main à son scénariste, l’académique Christopher Hampton. Christophe Chabert

François Cau | Vendredi 16 décembre 2011

A dangerous method

Au détour d’une séquence de séduction entre Sabina Spielrein (Keira Knightley, qui donne beaucoup d’elle-même à ce personnage de femme hystérique découvrant la nature sexuelle de son mal) et Carl Gustav Jung (Michael Fassbender, loin de l’animalité de Shame, comme cherchant à déchirer le corset moral qui l’enserre), celle-ci lui dit : «Dans chaque homme, il y a une part féminine». L’admirateur de David Cronenberg saisit instantanément ce qui renvoie à l’œuvre du cinéaste canadien : la sexualité comme révélateur de la confusion des genres. A dangerous method raconte le conflit entre Freud, qui pense que tout est explicable par la nature libidinale des êtres, et Jung, qui croit que certains phénomènes proviennent d’un inconscient collectif. Mais il dit aussi qu’il y a une part d’inexplicable dans le désir et que la chair prend toujours le dessus sur le cerveau. Malaise dans la civilisation Comment raconter cette rivalité intellectuelle sans s’empêtrer dans des couches de dialogues explicatifs ? Cronenberg trouve de belles parades à cet écueil : par la mise en scène, comme lors de ce passage remarquable où le dispositif d’analyse inventé par Jung se transforme en

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Shame

ECRANS | Révélé par l’uppercut Hunger, le tandem Steve McQueen (réalisateur) et Michael Fassbender (acteur) enfonce le clou avec Shame, portrait entre extase et agonie d’un trader atteint de dépendance sexuelle, porté par un geste de cinéma extraordinaire de culot. Christophe Chabert

François Cau | Vendredi 2 décembre 2011

Shame

C’est par un crescendo incandescent que Steve McQueen nous attire à l’intérieur de son deuxième film, Shame. Crescendo musical où une envolée de cordes lyriques accompagne les images, mais aussi crescendo émotionnel dont l’inachèvement vaut comme raccourci du film dans son ensemble. Pourtant, il n’y a presque rien : un homme assis dans le métro regarde fixement la femme assise en face de lui, jolie, très maquillée, d’abord gênée par ce regard, puis curieuse et enfin complice. Elle se lève à la station suivante, on s’aperçoit qu’elle a une bague au doigt, elle sort de la rame. Il hésite quelques instants, puis se lève à son tour, tente de la rattraper mais elle a disparu dans la foule des passagers. Ce pourrait être un hommage au Brève rencontre de David Lean, le début d’un mélodrame à vous tirer des larmes. Ce sera l’inverse : une descente aux enfers. Car cet homme beau et attirant — normal, c’est le magnétique Michael Fassbender qui l’incarne, se livrant une fois encore à corps perdu à son metteur en scène Steve McQueen, qui l’avait révélé dans Hunger — nage dans un épais brouillard affectif, complètement accro au sexe, que ce soient des vidéos pornos sur le net, des call girls

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X-Men: Le Commencement

ECRANS | Sous l’impulsion de Matthew Vaughn et de son producteur Bryan Singer, ce reboot de la saga mutante a le mérite de poser de bonnes questions, et nous venge avec les honneurs des récents blockbusters super-héroïques. François Cau

Christophe Chabert | Mardi 24 mai 2011

X-Men: Le Commencement

Tout le monde a sa propre vision du super-héros. Un individu extraordinaire, à même de pallier ses (nos ?) frustrations en devenant quelqu’un d’autre ; une métaphore de toutes les minorités, vouées à se dépasser face à l’adversité ; ou juste un frimeur en costume moulant qui, “en vrai“, tiendrait deux minutes dans une favela brésilienne. Mais par un savant mélange de simili hasard et d’opportunisme qui fait marcher son usine à rêves depuis de trop nombreuses décennies, Hollywood nous a récemment imposé un seul modèle, à travers les figures d’Iron Man, Green Hornet et Thor : le fils à papa arrogant, m’as-tu-vu, qui se lance dans la baston justicière comme d’autres feraient un caprice pour qu’on leur achète un scooter, avant de réaliser que bon sang de bois, quand on a de grands pouvoirs, on a comme qui dirait de grandes responsabilités Et de fait, on redoute dans les séquences d’introduction de X-Men : le commencement que la recette ne soit de nouveau appliquée sur la personne du mythique Professeur Xavier, qu’on a toujours connu vieux - pardon, sage - chauve et en fauteuil roulant. Ici, on a affaire à un jeune diplômé bourge, dragueur et picoleur, un peu trop

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À contre-courant

ECRANS | Dans le sublime The Swimmer, Burt Lancaster rentre chez lui en traversant toutes les piscines qui le séparent de sa maison cossue aux alentours de New York. Mais en creux, Frank Perry filme en 1968 le crépuscule du héros hollywoodien, bientôt noyé sous un nouveau cinéma. Christophe Chabert

François Cau | Lundi 11 avril 2011

À contre-courant

La beauté étrange qui se dégage de The Swimmer, film oublié, redécouvert, et prêt aujourd’hui à prendre sa véritable place dans l’Histoire du cinéma, tient d’abord à son esthétique un peu fanée. On a le sentiment d’un Technicolor délavé, comme un souvenir de la splendeur visuelle de Sirk ou Minnelli. The Swimmer n’a pourtant rien d’un film de studio ; il se déroule à l’air libre, et c’est même sa raison d’être puisque son personnage principal, Neddy Merrill, y prend la décision saugrenue de rentrer chez lui en nageant à travers toutes les piscines de ses voisins jusqu’à sa maison. Neddy Merrill sort littéralement de nulle part au début du film : on apprend qu’il est parti longtemps, mais pourquoi cet homme riche, ayant tenu un rôle majeur dans cette communauté de bourgeois aisés vivant dans la friquée de New York, a pris ses distances, il faudra beaucoup de brasses (coulées), de vagues (à l’âme) et de plongeons (en enfer) pour le découvrir. Dernier plongeonPerry concentre pourtant tout le passé de Merrill dans le présent de son récit, et c’est en cela que The Swimmer fascine. Chaque rencontre, chaque étape viendra révéler au spectateur le véritable visage de Merrill. L’

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«Des histoires en images, et en spectacle»

SCENES | Fondateur de la compagnie La Cordonnerie, Samuel Hercule propose des spectacle étonnants, à mi-chemin entre le cinéma et le spectacle vivant, qui s’adressent aux enfants et aux adultes. Rencontre avec un homme qui pèse avec talent le poids des mots. Propos recueillis par Dorotée Aznar

François Cau | Lundi 29 novembre 2010

«Des histoires en images, et en spectacle»

Petit Bulletin : Qui êtes-vous Samuel Hercule ?Samuel Hercule : Je suis comédien et réalisateur. En 1997, j’ai créé la compagnie La Cordonnerie et, depuis quatorze ans, nous fabriquons des cinés-concerts. Nous avons commencé avec le cinéma muet, pour évoluer vers des formes de cinéma plus «modernes». Au début, notre travail avait sans doute quelque chose d’un peu caricatural, cela s’est affiné. L’arrivée de Métilde, il y a sept ans (Métilde Weyergans, réalisatrice et scénariste, NdlR), nous a amenés à nous tourner davantage vers le texte. Désormais, nous écrivons les scenarii tous les deux et Métilde assure la narration sur scène, en direct. Nous racontons des histoires en images, et en spectacle. Pourquoi avez-vous choisi de travailler sur le mythe de Frankenstein alors que les enfants d’aujourd’hui ne le connaissent pas ?Pour les enfants, Frankenstein, c’est lié à Halloween, c’est juste un masque effrayant. D’ailleurs, même dans l’esprit des adultes, cela n’est pas très clair et on a souvent confondu le Docteur Frankenstein avec sa créature… Si ce mythe nous intéressait, c’est notamment parce qu’il a été pe

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Amour monstre

SCENES | Un film muet et une bande-son en direct, c’est la signature de la compagnie La Cordonnerie. Cette fois, Samuel Hercule et sa fine équipe s’attaquent au (...)

François Cau | Mercredi 24 novembre 2010

Amour monstre

Un film muet et une bande-son en direct, c’est la signature de la compagnie La Cordonnerie. Cette fois, Samuel Hercule et sa fine équipe s’attaquent au mythe de Frankenstein avec L’Éternelle fiancée du Docteur Frankenstein, une création librement inspirée du roman de Mary Shelley et du film de James Whale. Sur scène, cinq acteurs, bruiteurs, musiciens et chanteurs assurent la bande-son, jonglant avec les instruments et un joyeux bric-à-brac. Sur l’écran, on retrouve le fameux docteur, vivant seul avec son fidèle assistant. Son temps est tout entier occupé par un projet fou : redonner la vie à des créatures qui l’ont perdue. Après un premier succès sur une grenouille, Frankenstein décide de donner une ampleur nouvelle à ses travaux en s’emparant de la dépouille encore tiède d’une jeune chanteuse de variété à succès, Anna Doray. La «nouvelle» Anna sera donc la créature du docteur, elle devra réapprendre à manger, à parler, à se déplacer, à chanter et surtout accepter son visage, marqué par une large cicatrice. La créature parviendra-t-elle à devenir humaine ? Et ceux qui ont pleuré la disparition de la chanteuse seront-ils prêts à accepter de la voir revenir ? Pas de "con

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Frankenstein in love

SCENES | Quand le docteur Frankenstein tombe amoureux, c’est d’une chanteuse de variété à qui il va tenter de redonner vie. Avec L'Éternelle fiancée du docteur (...)

François Cau | Jeudi 16 septembre 2010

Frankenstein in love

Quand le docteur Frankenstein tombe amoureux, c’est d’une chanteuse de variété à qui il va tenter de redonner vie. Avec L'Éternelle fiancée du docteur Frankenstein, une création librement inspirée du roman de Mary Shelley et du film de James Whale, la compagnie lyonnaise La Cordonnerie propose un fabuleux ciné-concert tout en musiques et bruitages en direct, à voir à la Rampe début décembre. Ce spectacle est accessible aux enfants à partir de huit ans : en les invitant à réfléchir sur la mort ou l’acceptation de la différence, Samuel Hercule et sa troupe n’oublient pas de teinter le rendu d’humour et prouvent, une fois encore, qu’une proposition pour enfant peut être intelligente, drôle et décalée.

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Fish Tank

ECRANS | Pour son deuxième long-métrage, Andrea Arnold filme à juste distance du style et du réalisme la quête identitaire et familiale d’une ado sauvage qui se rêve danseuse de hip-hop. La révélation de la rentrée. Christophe Chabert

François Cau | Jeudi 10 septembre 2009

Fish Tank

Si Red road, premier long de la réalisatrice anglaise Andrea Arnold, avait déjà séduit par sa maîtrise et son culot, Fish Tank, son nouveau film (et son deuxième prix du jury à Cannes !), confirme et amplifie cette sensation. Il faut dire que la cinéaste sait capter l’attention des spectateurs dès ses premiers plans… Quelque part entre les Dardenne et le Gus Van Sant d’Elephant, elle accompagne la marche d’une adolescente indocile, Mia (et son interprète, la remarquable Katie Jarvis), dans le paysage désolé d’une banlieue de tours et de terrains vagues, en caméra portée et écran carré — pied de nez gonflé au 16/9 triomphant. Comme pour bousculer ce programme «réaliste social» très anglais, Arnold fait basculer son introduction dans l’étrange, grâce à la rencontre avec un cheval attaché que Mia essaye de libérer. En dehors du symbole un peu appuyé (la fougue entravée est aussi celle de Mia), cet animal incongru dans le décor du film indique au spectateur que Fish Tank va s’autoriser aussi beaucoup de libertés. Mia farouche Il y a donc un fil rouge, celui de Mia : en conflit avec une mère (superbe de sensualité, et pour cause, c

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