Voir et revoir le cinéma jeune public

Christophe Chabert | Mardi 3 février 2015

Le festival Voir ensemble du Méliès propose cette année encore quinze jours de films jeune public judicieusement sélectionnés parmi l'actualité du genre, mais aussi dans son histoire, récente ou lointaine. Le parrain de cette édition n'est autre que le grand Jean-François Laguionie, un des maîtres de l'animation française, qui présentera son superbe Le Tableau ainsi que des images inédites de son prochain film, Louise en hiver, lors de l'ouverture du festival le 7 février. Ouverture qui se poursuivra avec l'avant-première du très attendu Shaun le mouton, nouvelle production des studios Aardman, reprenant le personnage de la fameuse série télé et sidekick comique d'un des plus fameux épisodes de Wallace et Gromit, Rasé de près.

Des avant-premières, il y en aura d'autres au cours du festival, réunies dans une compétition où figure notamment l'excellent Spartacus et Cassandra, dont on vous parle page 4, mais aussi un inédit de Karel Zeman, le Méliès tchèque, Le Baron de Crac, tourné en 1961. Zeman sera aussi à l'honneur à travers un beau programme de courts-métrages judicieusement intitulé La Magie de Karel Zeman, son long Voyage dans la préhistoire (photo) et un stage basé sur son univers, qui conduira à la réalisation d'un film à la manière du cinéaste.

Enfin, en plus des nombreuses animations, ateliers et goûters, des soirées thématiques (sur l'Inde et l'animation japonaise) et trois ciné-concerts seront proposés tout au long d'un festival riche et ambitieux.

Christophe Chabert

Voir ensemble
Du samedi 7 au dimanche 22 février, au Méliès


Voir ensemble

Festival jeune public

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Séances de rattrapage nocturnes

Reprises | Parmi l’impressionnante (et bienvenue) offre cinématographique illuminant les nuits d’été iséroises, focus sur quelques films à ne pas manquer…

Vincent Raymond | Jeudi 8 juillet 2021

Séances de rattrapage nocturnes

Marche avec les loups Signé par un ardent défenseur du peuple loup (déjà auteur de La Vallée des loups), ce road movie en forme de journal de bord suit pendant deux ans un jeune canidé à la conquête d’un nouveau territoire. Passionnant et pédagogique, démontant les a priori autant qu’il montre comment cuisiner une omelette aux truffes minute, ce documentaire est pareil à un conte. En vrai. Au parc Charly-Guibbaud (Gières) le 6 juillet, à 22h. Funan Inspiré de l’histoire familiale du réalisateur, ce film d’animation (lauréat du plus prestigieux prix en la matière, le Cristal à Annecy en 2018) évoque le conflit cambodgien à l’époque des Khmers Rouges qui n’étaient pas des tendres. De ce fait, la projection est assortie d’un avertissement — des scènes, des propos ou des images pouvant heurter la sensibilité des spectateurs. Mais il y a

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L’embarras du choix

Programmation | Au-delà de la japanimation, d’autres merveilles seront également visibles lors des trois festivals. Voir Ensemble offre ainsi, jusqu’au 1er mars, un choix (...)

Martin de Kerimel | Mardi 18 février 2020

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Au-delà de la japanimation, d’autres merveilles seront également visibles lors des trois festivals. Voir Ensemble offre ainsi, jusqu’au 1er mars, un choix élargi de films d’animation, dont quelques courts de la réalisatrice française Florence Miailhe, marraine de la manifestation. Le programme comprend d’autres propositions françaises, le premier film d’animation réalisé par une femme indienne (Bombay Rose) et des œuvres venues d’Allemagne, de Roumanie ou de Norvège, notamment. On prêtera par ailleurs un œil attentif aux films proposés en images réelles, parmi lesquels un Pinocchio signé Matteo Garrone, le très attractif Ballon d’or originaire de Guinée, et It must be heaven du Palestinien Elia Suleiman. Comme à Grenoble, La Mure joue la carte de la diversité, avec 24 films au total : du 2 au 8 mars, Plein les yeux proposera ainsi quelques inédits, plusieurs sorties encore récentes (Le voyage du docteur Dolittle, Sonic le film, Le Prince oublié…) et d’autres un peu plus anciennes (Terra Willy, Donne-moi des ailes, Shaun le Mouton…). Du côté de Saint-Égrève, du 21 au 26 février, la programmation s’annonce

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"Shaun le Mouton : la ferme contre-attaque" en avant-première dimanche à Mon Ciné

ECRANS | Dernière née des créatures des Studios Aardman, Shaun le Mouton a conquis le petit écran avant de triompher sur le grand. Le voici de retour avec toute sa (...)

Vincent Raymond | Mardi 8 octobre 2019

Dernière née des créatures des Studios Aardman, Shaun le Mouton a conquis le petit écran avant de triompher sur le grand. Le voici de retour avec toute sa ménagerie dans La Ferme contre-attaque à l’occasion d’une séance très particulière à Mon Ciné, dimanche 13 octobre à 15h. Non seulement il s’agit d’une avant-première (le film sort le 19 octobre), mais elle se déroule dans le cadre de Ciné-ma différence favorisant l’accueil des spectateurs en situation de handicap et donc le mélange des publics. Deux bonnes raisons supplémentaires d’y aller.

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Voir Ensemble : le cinéma à hauteur d'enfant au Méliès

Festival | Le cinéma grenoblois propose du mercredi 14 au dimanche 25 février la sixième édition de son incontournable festival dédié au jeune public. On détaille le programme.

Aliénor Vinçotte | Mardi 6 février 2018

Voir Ensemble : le cinéma à hauteur d'enfant au Méliès

C’est peu dire que le cinéma le Méliès fait ce qu’il faut pour mériter son label "jeune public". Par exemple, tout au long de l’année, il accueille dans ses salles les enfants (et leurs parents) pour des séances suivies d’un débat. Et, surtout, lorsqu’arrivent les vacances de février, il organise Voir Ensemble, festival avec une trentaine de films pour jeunes spectateurs et spectatrices. Lors de cette sixième édition, où onze films tenteront de décrocher le Prix du public, neuf avant-premières seront projetées. Parmi elles, le célèbre classique américain Croc-Blanc (photo) de Jack London pour la première fois dans une adaptation animée, en présence de son réalisateur Alexandre Espigares (le film sortira fin mars). Certaines séances seront suivies d’ateliers, d’autres accompagnées par des cinéastes – comme Jean-Michel Bertrand, auteur du documentaire en compétition La Vallée des loups sorti il y a un an. Un hommage sera également rendu à la société de distribution jeune public Les Films du préau, qui

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Le grand (pas si) méchant Benjamin Renner

ECRANS | L'auteur et réalisateur français, à qui l'on doit le très beau film d'animation "Ernest et Célestine" (2012), est le parrain de la nouvelle édition de Voir Ensemble, festival jeune public du cinéma le Méliès. Il ouvrira la manifestation ce mercredi 22 février.

François Cau | Mardi 21 février 2017

Le grand (pas si) méchant Benjamin Renner

« J'avais déjà essayé de l'inviter l'année dernière, sans succès » se souvient Marco Gentil, qui s'occupe du festival Voir Ensemble. Mais les années se suivent et ne ressemblent pas : en 2017, le réalisateur français Benjamin Renner, auteur en 2012 du très beau film d'animation Ernest et Célestine, sera présent. Et en parrain de l'édition, comme le veut la tradition de Voir Ensemble, il a signé l'affiche du festival. Apparu sur les écrans en 2007 avec son court-métrage La Queue de la souris, l'ancien élève de la Poudrière à Valence (« seule école française d'animation dédiée à la réalisation » selon son site) s'est rapidement imposé comme un auteur à suivre. Recourant volontiers à de grandes thématiques (comme la différence, l'acceptation, le géant face au petit), il a également fait preuve d'un flair remarquable montrant qu'il savait bien s'entoure

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Ensemble, c’est tout (animé) !

Festival / Du mercredi 22 février au samedi 4 mars | Soufflant cette année ses cinq bougies, Voir Ensemble, l’excellent festival jeune public organisé par le cinéma le Méliès, s'est construit une solide réputation d'oasis poétique et éducative pour toute la famille. Le programmateur Marco Gentil nous présente son (déjà grand) "bébé".

Julien Homère | Mardi 14 février 2017

Ensemble, c’est tout (animé) !

Concevoir, rassembler, unir, découvrir, transmettre… Tels sont les termes qui reviennent le plus dans la bouche de Marco Gentil, le programmateur de Voir Ensemble, pour définir ce festival organisé par le cinéma le Méliès depuis 2013. Tout est parti d’une ambition assumée : transformer Les Rencontres cinématographiques en un “vrai” festival, intégrant une compétition et des films inédits. « L’idée première, la notion centrale, c’était “se voir ensemble” ; grâce à cette spécificité de la salle de cinéma qui permet de découvrir des films avec d’autres spectateurs et de partager des émotions. » Un projet en résonance avec la ligne éditoriale du Méliès – lequel fait partie de La Ligue de l’Enseignement de l’Isère et propose tout au long de l’année moult rendez-vous autour de l’éducation à l’image. Pour les petits et l’écran L’avénement de Voir Ensemble s’inscrit dans un contexte actuel des plus favorables pour le cinéma d’animation. Longtemps ghettoïsé, ce dernier séduit aujourd’hui séduit un public grandissant grâce à son inépuisable capacité d’émerveillement et d’intelligence : le succès dans les salles (pl

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"Louise en hiver" : seule au monde

ECRANS | de Jean-François Laguionie (Fr., 1h15) animation

Vincent Raymond | Mardi 22 novembre 2016

Vacancière âgée dans une station balnéaire, Louise a manqué le dernier train de retour de la saison. La voilà prise au piège dans sa maison de villégiature pour l’hiver, avec pour seule compagnie la mer, ses souvenirs et un chien… Langueur de sieste et tonalité pastel portent ce film au ralenti, comme des vaguelettes bercent un bateau amarré à quai. Bien sûr, la technique artisanale est superbe, et la maestria de Jean-François Laguionie (Le Tableau) toujours intacte, mais le format court-métrage eût été suffisant pour venir à bout des vacances involontaires de cette Madame Hulotte en retraite. Sans doute le voyage intérieur que Louise accomplit dans sa nostalgie fera-t-il écho auprès des têtes argentées ; encore faut-il que ces spectateurs consentent à aller voir un film d’animation sans bambin pour escorte – ce qui n’est pas, hélas, toujours gagné. Demeure un étonnement : pourquoi avoir attribué à Louise le timbre râpeux de Dominique Frot, alors que sa silhouette et son minois semblent avoir été calqués sur la douce Isa

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Cinéma en plein air : notre sélection estivale

ECRANS | L’été, les écrans géants fleurissent dans les villes pour divertir les citadins en mal d’évasion. Et les films choisis sont parfois de bonne – voire de très bonne – facture. La preuve avec cette sélection de projections gratuites à déguster à Grenoble et aux alentours.

La rédaction | Mardi 5 juillet 2016

Cinéma en plein air : notre sélection estivale

Microbe et Gasoil Mercredi 13 juillet à 21h30 à la Bifurk (Grenoble) Dans le cadre du festival Merci, Bonsoir !, on pourra (re)découvrir ce petit bijou signé Michel Gondry, qui carbure ici à l’humour et à la nostalgie. Soit un road movie dans une voiture bricolée avec deux ados en marge de la jeunesse versaillaise. Touchant et irrésistible. Un homme idéal Vendredi 15 juillet à 21h45 au parc d’Uriage À cause d’une imposture littéraire devenue succès de librairie, un jeune auteur est entraîné dans une spirale criminelle. Une réussite inattendue du thriller hexagonal signée Yann Gozlan, avec un Pierre Niney excellent en héros négatif. Minuscules : la vallée des fourmis perdues Mardi 19 juillet à 21h30 au Musée de l’Ancien Évêché (Grenoble) Fascinante odyssée d’une coccinelle qui prête main-forte à des fourmis noires pourchassées par des fourmis rouges. Un film qui, par l’effet conjoint de la 3D, du photoréalisme et d’une mise en scène extrêmement méticuleuse da

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Voir ensemble : pour les petits et l’écran

ECRANS | Le festival de cinéma consacré au jeune public en est à sa quatrième édition. On détaille son (réjouissant) programme.

Vincent Raymond | Mardi 9 février 2016

Voir ensemble : pour les petits et l’écran

En vertu de quel décret les adultes seraient-ils les seuls à profiter des joies d’un festival de cinéma ? Dévorer du film peut en effet se faire à tout âge, y compris au plus tendre. Les spectateurs du Méliès le savent d’autant mieux que la salle grenobloise propose chaque mois un film ciblé jeune public agrémenté d’une discussion, à l’occasion de son cycle Voir Ensemble… Lequel se transforme en dizaine festive durant les vacances de février. Programmant une trentaine d’œuvres dont la plupart récentes et la moitié en avant-première ou inédites, Voir Ensemble vaut autant par la qualité de sa sélection (l’art et essai est préféré au tout-venant des studios) que par la richesse des interventions attendues pour cette édition. Ouverte par son parrain Rémi Chayé, auteur de l’enthousiasmant Tout en haut du Monde, elle accueillera notamment le réalisateur-illustrateur Benjamin Renner, dont on reverra avec bonheur le tendre

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Un Moi(s) de cinéma #5

ECRANS | Chaque mois, Le Petit Bulletin vous propose en vidéo ses coups de cœur cinéma des semaines à venir

Christophe Chabert | Mardi 31 mars 2015

Un Moi(s) de cinéma #5

Au sommaire de ce cinquième numéro : • Shaun le mouton de Nick Park • Lost River de Ryan Gosling • Taxi Téhéran de Jafar Panahi • Every Thing Will Be Fine de Wim Wenders

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Shaun le mouton

ECRANS | Les studios Aardman se sont transcendés avec cette adaptation des aventures de Shaun, dont Mark Burton et Richard Starzac respectent les partis pris initiaux (gags burlesques, rythme trépidant et pas une ligne de dialogue) en y ajoutant un esprit anar réjouissant. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 31 mars 2015

Shaun le mouton

La jeunesse, c’est l’âge de l’enthousiasme, des grands projets, de la vie libre et insouciante. Et puis le train-train quotidien s’installe, la routine du travail, des jours qui se ressemblent et des amis que l’on ne regarde plus. En cinq minutes déjà formidables, Shaun le mouton raconte ainsi comment un fermier passe de la joie d’élever son cheptel de moutons à l’application machinale d’un planning abrutissant pour lui, mais aussi pour ses animaux, proches de la dépression. À la faveur d’une publicité entrevue sur le flanc d’un bus, les moutons se prennent à rêver d’évasion, échafaudant un plan pour échapper à la surveillance de leur berger et de son chien Bitzer, lui aussi en plein relâchement. Commence alors une aventure débridée et impossible à décrire tant elle fourmille de trouvailles visuelles. On n’est pas des moutons ! Car Shaun le mouton, adaptation d’une série animée autour d’un personnage apparu dans Rasé de près, une des aventures de Wallace et Gromit, est avant tout un défi de mise en scène : raconter une histoire sans avoir recours aux dialogues, remplacés par des borborygmes et une gamme presque symphoniq

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Un festival (pas si) jeune public

ECRANS | Bien plus qu’un festival jeune public, Voir ensemble propose, quinze jours durant au Méliès, de réfléchir autour d’un cinéma qui cherche à éveiller la curiosité des spectateurs, jeunes comme moins jeunes, avec un focus pour cette deuxième édition sur le son et la musique. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 25 février 2014

Un festival (pas si) jeune public

Vacances scolaires obligent, les festivals de cinéma jeune public prennent leurs quartiers dans les salles françaises. Certes, depuis l’instauration du tarif unique à 4€ pour les moins de 14 ans, c’est un peu la fête tout le temps pour les jeunes spectateurs, avec ce risque d’infantiliser toute la production et – ça a commencé – de voir les écrans truster par des films animés ineptes et régressifs. D’où l’utilité de Voir ensemble, le festival proposé par Le Méliès : son ambition n’est pas de compiler la production récente et à venir pour faire tourner le tiroir-caisse, mais bien de mettre en perspective les films présentés avec des stages, des rencontres et des soirées spéciales. Autre particularité : Voir ensemble ne cherche pas uniquement la nouveauté à tout crin, puisque cette édition n’hésite pas à proposer les copies neuves de trois classiques restaurés. D’abord Le Voyage de Chihiro, chef-d’œuvre qui consacra son auteur Hayao Miyazaki comme un des grands cinéastes de son temps grâce au Lion d’or obtenu à la Mostra de Venise – Lion qu’il a loupé, et c’est regrettable, avec son dernier et superbe

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Voir (et revoir) ensemble

CONNAITRE | Début ce mercredi du festival Voir ensemble consacré au cinéma jeune public, avec une programmation témoignant d’un bel éclectisme et d’une ouverture maximale sur le monde. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 18 février 2013

Voir (et revoir) ensemble

Pour ceux qui pensent que le cinéma jeune public se résume à des grosses productions animées mais sans âme venues des studios hollywoodiens ou à des recueils de courts-métrages inégaux regroupés selon l’âge des enfants auxquels ils se destinent, le festival Voir ensemble remet les pendules à l’heure. Oui, les plus jeunes spectateurs ont aussi droit de succomber à la beauté filmique d’un Ozu, à l’humour slapstick de Jerry Lewis, au réalisme sentimental d’un Comencini et aux documentaires délicats de Nicolas Philibert. C’est tout le pari de Voir ensemble, festival qui prolonge l’action menée tout au long de l’année par le Méliès dans son programme d’éducation à l’image. Pas d’ornières donc dans la programmation, mais au contraire une ouverture maximale sur tous les âges du cinéma, pour tous les âges des spectateurs. Visions nipponnes Niveau contemporain, on ne peut que conseiller à nouveau quelques œuvres marquantes de ces derniers mois, Ernest et Célestine et

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Le long voyage de l’animation française

ECRANS | Longtemps désertique, avec quelques rares oasis de créativité, le cinéma d’animation français a connu depuis dix ans une fulgurante accélération au point de devenir à la fois une industrie et un laboratoire. À l’occasion de la sortie d’"Ernest et Célestine", futur classique du genre, retour non exhaustif sur une histoire en devenir.

Christophe Chabert | Mardi 4 décembre 2012

Le long voyage de l’animation française

Jean Image et Paul Grimault : les pionniers Si les frères Lumière ont inventé le cinéma en prise de vues réelles et si, selon l’hilarante leçon donnée pour les vingt ans du Groland par Bertrand Tavernier, ce sont les sœurs Torche qui ont créé le cinéma de la Présipauté, le cinéma d’animation français a pour parrain – ça ne s’invente pas – Jean Image. Il fut le premier à produire un long-métrage animé en couleurs, Jeannot l’intrépide (1950). Librement inspiré du Petit poucet, le film fait le tour du monde et pose les bases de l’animation à la française : jeu sur les perspectives et les motifs géométriques, imaginaire enfantin mais non exempt d’une certaine noirceur, musique cherchant à accompagner le graphisme plutôt qu’à illustrer les péripéties. Image œuvrera toute sa vie pour faire exister le dessin animé en France, en devenant son propre producteur, en se lançant dans des projets ambitieux (des adaptations des Mille et une nuits ou du Baron de Münchausen) et, surtout, en créant le fameux festival du cinéma d’animation d’Annecy. Il s’en est toutefois fallu de peu pour que ce titre de pionnier ne lui soit ravi par Paul Grimault.

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Le maître et les élèves

CONNAITRE | Ce mercredi 7 décembre à 14h, le cinéma Le Méliès accueille le vétéran de l’animation française Jean-François Laguionie, à l'occasion de la projection de son nouveau (...)

Aurélien Martinez | Lundi 5 décembre 2011

Le maître et les élèves

Ce mercredi 7 décembre à 14h, le cinéma Le Méliès accueille le vétéran de l’animation française Jean-François Laguionie, à l'occasion de la projection de son nouveau film Le Tableau. Une œuvre d’un très grand raffinement comme nous l’écrivions lors de sa sortie il y a deux semaines (article sur notre site internet). Rencontrer le réalisateur, qui se fait très rare sur les écrans (L'Ile de Black Mór, son précédent film, était sorti en 2004), est donc une occasion en or pour appréhender toute la richesse de son art. Car derrière son esthétisme soigné proche d’un Paul Grimault, Jean-François Laguionie développe un discours fort et intelligent comme on en voit trop rarement dans les films destinés au jeune public. Dans Le Tableau, il divise ainsi une société en trois castes, où l’une, arrogante, dénigre le droits aux autres d’exister, les obligeant à se cacher. Les deux autres, évidemment, reproduisant entre elles les inégalités venues du dessus. AM

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