Play it again, une réunion de classiques

ECRANS | Première édition pour Play it again, festival national consacré au cinéma de patrimoine, relayé à Grenoble par le cinéma le Club.

Christophe Chabert | Mardi 21 avril 2015

Est-ce l'influence grandissante du festival Lumière à Lyon ? Toujours est-il que pour la première fois, une opération nationale aura lieu cette semaine autour du cinéma de patrimoine, à l'initiative de l'ADFP (Association des distributeurs de films de patrimoine), permettant de redécouvrir dans une centaine de salles françaises des classiques restaurés, certains fort populaires, d'autres beaucoup plus méconnus.

À Grenoble, c'est Le Club qui se fera le relais local de l'opération, baptisée "Play it again" en référence à une réplique (fictive) de Casablanca, en proposant une sélection éclectique et réjouissante de huit films. Pas d'immenses raretés, cependant ; plutôt des classiques qu'il est bon d'avoir vu (si ce n'est pas encore le cas) ou de revoir (car ça ne fait pas de mal non plus).

Comment résister en effet à la copie restaurée du mythique Le Bon, la brute et le truand, dernier western de la trilogie signée Sergio Leone autour de l'homme sans nom incarné par Clint Eastwood ? Ou à l'errance sublime d'Harry Dean Stanton dans le désert de Paris, Texas – à comparer avec celle de James Franco dans les neiges sentimentales d'Every thing will be fine du même Wenders ?

Ou encore à ce grand trip parano et halluciné qu'est Seconds, où John Frankenheimer met en pièces le mythe américain de la deuxième chance à coups de visions cauchemardesques et orgiaques ? Ou enfin au plus étrange et fascinant de tous les films réalisés par Ingmar Bergman, Persona (photo), dont la force d'attraction est d'autant plus puissante grâce à la restauration menée par StudioCanal autour des classiques du maître suédois ?

La réponse est non, on ne peut pas, et juste pour ça, "Play it again" est effectivement un événement dont on espère qu'il connaîtra de nombreuses autres éditions.

Christophe Chabert

Play it again, du mercredi 22 au mardi 28 avril, au Club


Le Bon, la brute et le truand

De Sergio Leone (Es-It, 3h) Clint Eastwood, Eli Wallach...

De Sergio Leone (Es-It, 3h) Clint Eastwood, Eli Wallach...

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Pendant la Guerre de Sécession, trois hommes, préférant s'intéresser à leur profit personnel, se lancent à la recherche d'un coffre contenant 200 000 dollars en pièces d'or volés à l'armée sudiste.


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Play it again, réunion de classiques

Festival | Prenez un fauteuil pour faire un saut dans le passé : vous allez voir ce que vous allez voir, voire revoir autrement ce que vous avez déjà vu…

Vincent Raymond | Mardi 7 septembre 2021

Play it again, réunion de classiques

« Du passé, faisons salles combles ! » : telle pourrait être la devise de Play it again ! Se déroulant dans les cinémas français membres de l’ADRC (Agence nationale pour le développement du cinéma en régions), ce festival met chaque année à l’honneur des œuvres du patrimoine fraîchement restaurées afin de leur redonner pleine et entière existence sur grand écran. En cette période post-confinement qui a vu la consommation de films classiques augmenter sur les plateformes, une telle manifestation peut contribuer à ranimer l’appétit et la curiosité de découvrir des “nouveautés anciennes” là où elles s’épanouissent le mieux : dans les salles. Brillant par son éclectisme, le millésime 2021 compte une vingtaines de titres, dont des programmes de courts et même l’avant-première du nouveau Thoret, Michael Cimino, un mirage américain. Impossible toutefois de déguster l’ensemble du programme — les cinémas piochent dans les sélections mises à disposition — ; il y a toutefois de quoi se régaler malgré tout avec les assortiments concoctés par les écrans grenoblois. Le Club et le Méliès, comme à

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Bertrand Belin : des hommes qui tombent

Rock | Énigmatique, cryptique, sec comme un coup de bec, de plus en plus le verbe belinien semble évoluer vers l'abstraction, un far west d'épure et de (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 28 janvier 2020

Bertrand Belin : des hommes qui tombent

Énigmatique, cryptique, sec comme un coup de bec, de plus en plus le verbe belinien semble évoluer vers l'abstraction, un far west d'épure et de chanson à l'os qui affronte la réalité comme le pic vert attaque l'arbre, à coups répétés et millimétrés. Persona, où Bertrand Belin démontre à quel point son "parler fou" est le langage de la lucidité, se nourrit ainsi d'une logique implacable pour déciller les aveugles. Le terme Persona est multiple : Bergman et ce film où une femme parle pour une autre ; masques des acteurs des tragédies antiques et aujourd'hui, ô cynisme, typologie marketing d'acheteurs fantasmés, que le marché tient dans son viseur. Belin se glisse ainsi dans la peau de persona, pour mieux boire leurs déboires et en recracher la glossolalie navrée et ironique. Hommes qui vacillent (Sur le cul, De corps et d'esprit), travailleurs pauvres aux reflets jaunes (Camarade), personnages au bord de la rupture ou en chute très libre (sublime Glissé redres

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Retour vers le 7e art patrimonial avec le festival Play it again

ECRANS | Rendez-vous au Club et au Méliès du lundi 16 au mardi 24 avril.

Pierre Deroudilhe | Mardi 10 avril 2018

Retour vers le 7e art patrimonial avec le festival Play it again

Ce sont « les films d’hier dans les salles d’aujourd’hui » que nous propose cette année l’Association des distributeurs de films de patrimoine avec son festival Play it again, sorte de voyage dans le temps à la rencontre de certaines des plus grandes gloires du cinéma. Tout commencera le lundi 16 avril avec la projection au cinéma le Club, en amont du festival (et ensuite au Méliès dans la foulée) et en lien avec l’association Dolce Cinema, du film Le Bel Antonio (1960, photo) du réalisateur italien Mauro Bolognini, dans lequel les parents d’une jeune femme demandent le divorce du mariage heureux de leur fille car ce dernier n’est pas consommé. En effet, l’amour rend impuissant le bel Antonio, le mari en question à la réputation de Don Juan. Une comédie d’abord, une tragédie ensuite, nos sourires se fondent en gravité face à la dénonciation violente des mœurs que porte le film. En tout, sur les quinze classiques en version restaurée sélectionnés par le festival, une dizaine seront projetés au Club et au Méliès. Comme Les Moissons du ciel

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"Personal Shopper" : Assayas invente le film fantastique-lol

ECRANS | de Olivier Assayas (Fr., 1h45) avec Kristen Stewart, Lars Eidinger, Sigrid Bouaziz…

Vincent Raymond | Mardi 13 décembre 2016

Avec Personal Shopper, Olivier Assayas s’essaie au "film fantastique-lol", truc si improbable qu’il devrait prêter à rire tant il se prend indûment au sérieux. Las, d’aucuns lui ont dû lui trouver une insondable profondeur, une beauté ineffable, au point de le juger digne de figurer dans un palmarès. En découle un aberrant Prix de la mise en scène à Cannes, dépouillant de fait Cristian Mungiu de l’intégrité de ses justifiés lauriers pour Baccalauréat. On suit donc ici une jeune Américaine, Maureen, chargée de garnir la penderie parisienne d’une quelconque vedette, entre une session d’emplettes et une vague séance de spiritisme. Car Maureen, plus ou moins médium ayant perdu son frère jumeau, guette sa manifestation post mortem… Prolongation morne et inutile du ticket Kristen Stewart-Olivier Assayas, après l’inégal

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Rentrée cinéma 2016 : comme un (faux) air de déjà-vu

ECRANS | Un "Harry Potter", un "Star Wars", un Marvel, un Loach Palme d’or… Non non, nous ne sommes pas victimes d’un sortilège nous faisant revivre en boucle la dernière décennie, mais bel et bien face à la rentrée cinéma 2016. Une rentrée qui nous promet tout de même quelques belles surprises, plus ou moins tapies dans l'ombre. Tour d'horizon.

Vincent Raymond | Jeudi 25 août 2016

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Après un gros premier semestre dévolu aux blockbusters, la fin de l’année accueille traditionnellement le cinéma d’auteur – exception faite des incontournables marteaux-pilons de Thanksgiving et Noël, conçus pour vider une bonne fois pour toutes les goussets des familles. Dans cette catégorie, les candidats 2016 sont, dans l’ordre, Les Animaux fantastiques de David Yates (16 novembre), spin off de la franchise Harry Potter, et Rogue One : A Star Wars Story de Gareth Edwards (14 décembre). Qui de Warner ou Disney l’emportera ? Mystère... Un peu avant (26 octobre), Benedict Cumberbatch tentera de déployer la bannière Marvel dans le film de Scott Derrickson, Doctor Strange – un second couteau parmi les superhéros. Cette impression d’avoir à faire à des versions alternatives ou dégraissées de vieilles connaissances se retrouve aussi chez Tim Burton qui signe avec Miss Peregrine et les enfants particuliers (5 octobre) un nouveau conte fantastique sans Helena Bonham Carter, ni Johnny Depp, ni son compositeur fétiche Danny Elfman ! Au moins, on peut espérer un sou

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