Un Moi(s) de cinéma #6

ECRANS | Chaque mois, Le Petit Bulletin vous propose ses coups de cœur cinéma des semaines à venir en vidéo.

Christophe Chabert | Mercredi 3 juin 2015

Au sommaire de ce sixième numéro :

Cannes 2015 : bilan rapide
Loin de la foule déchaînée de Thomas Vinterberg
Vice Versa de Pete Docter
Une seconde mère d'Anna Muylaert


Loin de la foule déchaînée

De Thomas Vinterberg (Angl-EU, 1h59) avec Carey Mulligan, Juno Temple... Epoque victorienne, dans la campagne anglaise la jeune héritière Bathsheba Everdene se fait courtiser par trois hommes de différentes classes sociales.
UGC Ciné-Cité Confluence 121 cours Charlemagne Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Une seconde mère

D'Anna Muylaert (Brés, 1h52) avec Regina Casé, Michel Joelsas... Depuis plusieurs années, Val travaille avec dévouement pour une famille aisée de Sao Paulo, devenant une seconde mère pour le fils. L’irruption de Jessica, sa fille qu’elle n’a pas pu élever, va bouleverser le quotidien tranquille de la maisonnée…
Le Zola 117 cours Émile Zola Villeurbanne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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" Drunk" : qui abuse, boira…

Cinéma | Boire / Thomas Vinterberg s’empare d’une théorie tordue pour s’attaquer à un nouveau "pilier culturel" scandinave : la surconsommation d’alcool. Une fausse comédie et une vraie étude de mœurs à voir cul sec.

Vincent Raymond | Mardi 6 octobre 2020

Ils sont quatre potes, au bas mot quadragénaires et profs dans le même lycée. Quatre à ressentir une lassitude personnelle et/ou professionnelle. Quatre à se lancer, « au nom de la science » dans une étude secrète : tester la validité de la théorie d’un chercheur norvégien postulant qu’un humain doit atteindre une alcoolémie de 0, 5 g/L pour être dans son état normal : désinhibé et créatif. Commence alors une longue descente, et pas qu’aux enfers… Drunk se décapsule sur une séquence qu’on croirait documentaire, montrant ce qui ressemble à une soirée d’intégration entre étudiants (en réalité, il s’agit d’élèves de terminale), en train de se livrer à une sorte de compétition sportive. Sauf qu’ici, l’enjeu pour les participants n’est point tant de courir vite, mais pour chacun d’engloutir le contenu d’une caisse de bière, de le vomir, avant d’aller semer sa "bonne humeur" éthylique dans les rues de la ville et ses transports en commun. Ce ne sont pas tant les débordements (somme toute minimes et potaches) causés par ces lycéens bien peignés qui choquent ; plutôt le regard bienveillant, amusé voire nost

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"Kursk" : sous l'eau, personne ne vous entendra crier...

ECRANS | de Thomas Vinterberg (Bel-Lux, 1h57) avec Matthias Schoenaerts, Léa Seydoux, Colin Firth…

Vincent Raymond | Mardi 6 novembre 2018

Août 2000. Victime d’une avarie grave, le sous-marin nucléaire russe Kursk gît par le fond en mer de Barents avec quelques survivants en sursis. Les tentatives de sauvetage par la flotte nationale ayant échoué, la Royal Navy britannique propose son aide. Mais Moscou, vexé, fait la sourde oreille… On avait quitté Thomas Vinterberg évoquant ses souvenirs d’enfance dans La Communauté (2017), récit fourmillant de personnages centré sur une maison agrégeant une famille très élargie. Le réalisateur danois persiste d’une certaine manière dans le huis clos avec cette tragédie héroïque en usant à bon escient des "armes" que le langage cinématographique lui octroie. Sobrement efficace (l’excès en la matière eût été obscène), cette superproduction internationale (Matthias Schoenaerts, Colin Firth, Léa Seydoux...) travaille avec une enviable finesse les formats d’image pour modifier le rapport hauteur/largeur et ainsi renforcer l’impression d’enfermement, comme elle dilate le temps ou le son dans les instants

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Rentrée cinéma 2018 : et voici les films qui feront les prochains mois

ECRANS | Quels sont les cinéastes et, surtout, les films à ne pas louper avant la fin de l'année ? Réponses en presque vingt coups – dix-neuf pour être précis.

La rédaction | Mardi 4 septembre 2018

Rentrée cinéma 2018 : et voici les films qui feront les prochains mois

Les Frères Sisters de Jacques Audiard Sortie le 19 septembre Escorté par son inséparable partenaire et coscénariste Thomas Bidegain, Jacques Audiard traverse l’Atlantique pour conter l’histoire de deux frères chasseurs de primes contaminés par la fièvre de l’or. Porté par l’inattendue fratrie John C. Reilly/Joaquin Phoenix (à l’œil puant le vice et la perversité), ce néo-western-pépite empli de sang et de traumas ne vaut pas le coup, non, mais le six-coups ! Climax de Gaspar Noé Sortie le 19 septembre Une chorégraphe a réuni une équipe internationale de danseurs pour son nouveau projet qu’elle achève de répéter dans une salle isolée. Après un ultime filage, la troupe s’octroie un réveillon festif sur la piste, s’enivrant de musique et de sangria. Mais après quelques verres, les convives se mettent à vriller sérieusement. Qu’y avait-il donc dans cette satanée sangria ? Noé compose un cocktail de survival et de transe écarlate à déguster séance hurlante.

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Festival Stéréogramme Passionata : popcorn et pellicule au 102

Cinéma | Films expérimentaux, found footage, fictions audacieuses, documentaires de création… C’est à un gigantesque brassage de genre et formats cinématographiques que nous convie le festival Stéréogramme Passionata, organisé vendredi 6 et samedi 7 avril au 102.

Damien Grimbert | Mardi 3 avril 2018

Festival Stéréogramme Passionata : popcorn et pellicule au 102

À l’origine étaient cinq collectifs, de dimension variable et basés dans différentes villes, mais réunis par la même passion frénétique et débordante pour la collection, diffusion, manipulation et fabrication d’ « images en mouvement » : Gran Lux à Saint-Étienne, Météorites à Lyon, Le Spoutnik à Genève, Vidéodrome 2 à Marseille et Art Toung! à Grenoble. À force de se croiser d’un événement à un autre, vint logiquement l’idée de se réunir le temps d’un week-end pour échanger en bonne et due forme. Et plutôt que de rester dans l’entre-soi, de convier le public à la fête. C’est ainsi qu'est né, de façon très informelle, le festival Stéréogramme Passionata, avec une première soirée de projection le vendredi réunissant un moyen-métrage choisi par chacun des collectifs, suivie dès le lendemain d’une journée en forme de feu d’artifice cinématographique qui transformera temporairement le 102 en véritable multiplexe alternatif, avec différentes séances projetées dans quatre ou cinq salles différentes. Au programme ce soir Forcément, le rassemblement d’un si grand nombre de fondus de pellicule n’allait pas accoucher d’une programma

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"La Communauté" : ensemble tout devient possible, non ?

ECRANS | Le Danois Thomas Vinterberg, réalisateur du célèbre "Festen", renoue avec son thème de prédilection (l’étude des dynamiques de groupes en vase clos) en exhumant des souvenirs de sa propre enfance au sein d’une communauté. Chroniques sans filtre d’un passé pour lui révolu.

Vincent Raymond | Lundi 16 janvier 2017

Les années 1970, au Danemark. Plutôt que de revendre la vaste demeure familiale qu'ils ont héritée, Erik, Anna et leur fille Freja la transforment en une communauté ouverte à une poignée d’amis ainsi qu’à quelques inconnus démocratiquement sélectionnés. Le concept est splendide, mais l’idéal se heurte vite aux murs de la réalité… À l’inverse de Festen (1998), film adapté en pièce de théâtre, La Communauté fut d’abord un matériau créé pour les planches à Vienne avant d’être transposé pour l’écran. Pourtant, et bien que le sujet s’y prête, Thomas Vinterberg ne se laisse jamais enfermer par le dispositif du huis clos. Prétexte de l’histoire, ce foyer partagé ne fusionne pas les personnages en une masse compacte façon "auberge espagnole" à la sauce nordique : il aurait plutôt tendance à les individualiser, à diffracter leurs trajectoires. À sa manière, la communauté agit en effet comme un accélérateur sur ces particules élémentaires que sont les individus, provoquant collisions et (ré)percussions, mais également des créations d’"espèces chimiques" inconnues – en l’occurrence, des situations inenvisageables aupar

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Thomas Vinterberg : « "La Communauté" est mon film le plus personnel »

Interview | Avant de reprendre les repérages de son prochain film, le réalisateur de "La Communauté" revient sur ce projet largement autobiographique ayant pris naissance sur les planches…

Vincent Raymond | Mardi 17 janvier 2017

Thomas Vinterberg : «

Votre nouveau film La Communauté doit beaucoup à l’expérience de la scène, et notamment aux comédiens qui ont improvisé le matériau initial en votre compagnie. Peut-on donc considérer qu’il s’agit d’une œuvre collective ? Thomas Vinterberg : Oui, en effet. Bien que tout film soit le résultat d’un travail collectif, et en particulier celui-ci, il s’agit pourtant de mon film le plus personnel. Diriger son épouse actuelle dans un film inspiré par son propre passé, est-ce un moyen d’unifier toutes ses vies dans un objet idéal – un film à la fois symbolique et sentimental ? J’ai engagé mon épouse parce que j’aime la filmer, mais aussi parce que ma manière favorite de travailler est d’écrire pour des acteurs que j’adore et que je connais bien. Durant notre tournage en Suède, en sa compagnie et celle de plusieurs de mes meilleurs amis, la vie est devenue par instants… idéale. C’est l’expérience de travail la plus joyeuse que j’aie jama

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The Assassin

ECRANS | de Hou Hsiao-hsien (Taï, 1h45) avec Shu Qi, Chang Chen, Yun Zhou…

Vincent Raymond | Mardi 8 mars 2016

The Assassin

Où l’expression "rester interdit devant une certaine beauté" (ou une beauté incertaine) revêt un sens inaccoutumé… Mais avec Hou Hsiao-hsien, ce type de situation tend à dépasser le cadre de l’exception — le cinéaste taïwanais semblant estimer l’hermétisme comme une langue raffinée dont il convient d’user pour maintenir à distance un public profane. En l’occurrence, le procédé se révèle curieux lorsque l’on s’attelle à un "wu xia pian" (un film de sabre chinois), genre éminemment populaire, remis au goût du jour par le très chorégraphié Tigre et Dragon (2000) du – toujours – génial Ang Lee. Refusant, sans doute, de s’abaisser à signer un film totalement épique ou spectaculaire (aurait-il peur de déchoir ?), HHH verse ici dans une abstraction esthétique floue certainement très symbolique. Mais à la différence d’un Tarkovski, d’un Bergman ou d’un Kubrick (voire d’un Malick dans ses bons jours), il ne va pas au bout sa démarche et paraît comme incapable de se résoudre à une dissolution narrative absolue qui ferait de ses œuvres de purs objets contemplatifs – même ses séquences de combats sont à Tsui Hark ou John Woo ce que Rivette pourrait être à

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La Terre et l’Ombre

ECRANS | De César Acevedo (Col., 1h37) avec Haimer Leal, Hilda Ruiz, Edison Raigosa…

Vincent Raymond | Mardi 2 février 2016

La Terre et l’Ombre

Heureusement que le métal fin ne s’oxyde pas ! Sans quoi, la Caméra d’or reçue par César Acevedo pour son premier film en mai dernier sur la Croisette aurait terni avant que son œuvre n’arrive sur les écrans. Cela dit, le délai observé par La Terre et l’Ombre entre son sacre et sa sortie respecte son apparente discrétion et son rythme lent. Une lenteur insistante, d’ailleurs, aussi esthétisée que l’image est composée avec un luxe de symétries et de clairs-obscurs. Cette gravité contemplative en vient à déranger, tant elle semble s’enivrer de sa propre beauté tragique, allant jusqu’à détourner l’attention du spectateur des vrais sujets : l’agonie du fils du vieux héros, et ce que le film révèle des conditions de vie infâmes des journaliers colombiens. Non qu’il faille, par principe, assigner une forme crasseuse et tremblotante à un drame social, mais opter pour un maniérisme très cosmétiqué n’est sans doute pas l’alternative la plus heureuse…

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Une seconde mère

ECRANS | Val est femme de ménage pour une famille bourgeoise de Sao Paulo, avec qui elle habite vingt-quatre heures sur vingt-quatre ; elle est même devenue (...)

Christophe Chabert | Mardi 23 juin 2015

Une seconde mère

Val est femme de ménage pour une famille bourgeoise de Sao Paulo, avec qui elle habite vingt-quatre heures sur vingt-quatre ; elle est même devenue une deuxième mère pour Fabinho, le fils un peu glandeur qui prépare des études d’architecture. Sauf que Val a aussi une fille, Jessica, qu’elle a abandonnée et à qui elle se contente de payer les études à distance, mais qui va débarquer dans sa vie – et dans la maison de ses employeurs – chamboulant les règles strictes imposées à sa mère. Qu’on ne s’y trompe pas, Anna Muylaert n’a pas choisi la voie du drame social pour évoquer ce qui est le thème principal du nouveau cinéma brésilien, au diapason de la réalité du pays : la lutte des classes persistante malgré le boom de son économie. Une seconde mère oscille entre le rire et les larmes, tirant vers une forme de marivaudage où les valets et les maîtres s’observent, se défient, se mélangent parfois, s’écartent souvent. C’est l’idée principale de la mise en scène : le cadre est souvent découpé en deux, posant une frontière entre chaque partie puis les faisant dialoguer par une théâtralité assumée (Val qui commente cachée dans la cuisine les agissements de la famille)

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Vice-Versa : la Révolution Pixar

ECRANS | "Vice-Versa", chef-d’œuvre absolu signé Pete Docter, est un nouveau cap pour la révolution initiée depuis vingt ans par les studios Pixar dans le cinéma d’animation. Ou comment une bande de geeks est venue bousculer le monstre Disney, qui n’est pas parvenu à tuer leur créativité. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 16 juin 2015

Vice-Versa : la Révolution Pixar

« Objets inanimés, avez-vous donc une âme ? » On ne sait pas si John Lasseter et ses camarades des studios Pixar ont lu Lamartine, mais ils auraient pu graver cette fameuse citation au frontispice de leurs bureaux. Au moins en ont-ils donné une version 2.0 à travers leur mythique logo : une lampe fait des bons comme à pieds joints, lançant des œillades de lumière au spectateur avant d’aller écraser et remplacer le I de Pixar. L’objet doté de personnalité, de vie et d’humour : un véritable credo à la source de leurs premiers travaux, mais aussi l’amorce de la révolution Pixar. C’est d’abord un pied de nez à la tradition Disney : là où la firme du haut château s’intéressait avant tout aux héros des contes classiques (de Blanche-Neige à Pinocchio) et à l’humanisation des animaux (Bambi, Dumbo, la centaine de dalmatiens ou encore les Aristochats), Pixar choisit de laisser la figure humaine dans l’ombre et ne se consacre à nos amis les bêtes que si celles-ci lui autorisent un changement radical d’échelle. Avec les deux Toy story et Mille et une pattes, réalisés par le grand manitou John Lasseter (épaulé par le non moins influent Andrew Stanton, f

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Vice-Versa

ECRANS | Les studios Pixar et Pete Docter donnent une singulière lecture de ce que l’on appelle un film-cerveau en plongeant dans la tête d’une fillette de onze ans pour suivre les aventures de… ses émotions ! Aussi ambitieux qu’intelligent, drôle, émouvant et exaltant, "Vice-Versa" est une date majeure dans l’histoire du cinéma d’animation. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 16 juin 2015

Vice-Versa

Vice Versa tombe à pic pour rappeler deux choses essentielles : d’abord que les studios Pixar sont de grands aventuriers du cinéma, des pionniers qui ne se reposent pas sur leurs lauriers et semblent se nourrir de défis toujours plus ambitieux. Il a fallu huit ans au génial Pete Docter, déjà auteur de Monstres et Compagnie et de Là-haut, pour venir à bout de Vice Versa ; on comprend à sa vision à quel point tous les projets montés par le studio entre temps n’étaient que des récréations (parfois formidables comme Toy Story 3 ou Rebelle, parfois décevantes comme les suites de Cars et de Monstres et Compagnie) en attendant d’accoucher de cette œuvre majeure. Deuxième rappel : le cinéma d’animation n’est pas, co

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Loin de la foule déchaînée

ECRANS | De Thomas Vinterberg (Ang-ÉU, 1h59) avec Carey Mulligan, Matthias Schoenaerts, Michael Sheen…

Christophe Chabert | Mardi 2 juin 2015

Loin de la foule déchaînée

Après La Chasse, où son savoir-faire virait à la manipulation contestable, Thomas Vinterberg continue sa carrière sinueuse avec cette nouvelle adaptation du roman de Thomas Hardy. Au XIXe siècle dans le Dorset anglais, une femme, Batsheba Everdene, va déchaîner les passions des hommes : d’abord celles de Gabriel Oaks, un berger taciturne mais droit, puis de William Boldwood, un propriétaire terrien psychologiquement fragile, et enfin du sergent Troy, un soldat dont elle tombera follement amoureuse. Vinterberg approche cette matière hautement romanesque avec une fidélité scrupuleuse, montrant comment d’une suite de hasards peut surgir une forme de fatalité : la perte d’un cheptel, un héritage imprévu, un mariage raté à cause d’une erreur sur le nom de l’église… Les personnages, malgré ces incessants revirements du destin, gardent tous leur droiture et leurs principes : Batsheba cherche à préserver sa liberté et son indépendance, Oaks se pose en ange gardien dissimulant ses sentiments derrière sa droiture morale, Boldwood ronge son frein sans comprendre pourquoi elle se refus

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Ritournelles cannoises

ECRANS | À chaque édition du grand raout cannois ses petites musiques. En voici deux parmi celles que nous avons entendues depuis le début des festivités. Au sens propre comme au figuré.

Christophe Chabert | Mardi 26 mai 2015

Ritournelles cannoises

À trois, on y va (ou pas) L’amour, est-ce mieux à deux ou à trois ? La question aura hanté plusieurs films cannois, à commencer par celui de Philippe Garrel, L’Ombre des femmes, en salles ce mercredi. Le couple formé par Stanislas Merahr (falot) et Clotilde Coureau (formidable) vole en éclats lorsque chacun entreprend une liaison adultère. Mais là où la femme l’accepte muettement, le mari se met en rage lorsqu’il apprend l’infidélité de sa compagne. Soit un portrait de la muflerie ordinaire traitée façon Garrel (scope et noir et blanc, cafés et chambres à coucher) avec toutefois plus de rigueur que d’ordinaire. Étrangement, Love de Gaspar Noé est presque la version psychédélique, proustienne et sexuelle de L’Ombre des femmes. Là encore, on assiste à une histoire d’amour qui passe du pair à l’impair, puis s’y fracasse. Certes, Noé filme une scène de triolisme (un mec, deux filles) comme un moment de plénitude sensuelle sublime ; mais c’est une acmé dont on ne peut que redescendre et la suite est plus cruelle. Là encore, c’est l’homme qui en prend pour son grade, incapable d’assumer ses pulsions mai

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Cannes, de l’amour plein les yeux…

ECRANS | S’il y a eu de belles choses dans la deuxième moitié de la compétition cannoise – les films de Jia Zhang-ke et Jacques Audiard en premier lieu – cette édition 2015 restera dans les mémoires grâce à deux films uniques en leur genre : "Vice Versa" de Pete Docter et "Love" de Gaspar Noé. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 26 mai 2015

Cannes, de l’amour plein les yeux…

La semaine dernière, on se demandait de quel côté du filet la balle allait tomber concernant la compétition cannoise. Alors qu’il ne nous reste plus que deux films à découvrir – Chronic de Michel Franco et le Macbeth de Justin Kurzel (nous avons bouclé ce numéro le vendredi 22 mai, lundi férié oblige) –, le verdict reste toujours incertain. En tout cas, il fallait avoir un goût pour les montagnes russes, les films passant sans transition de la splendeur au navet. Parmi ces derniers, il faut faire un sort à Youth de Paolo Sorrentino ; chaleureusement accueilli par les festivaliers, donné favori par beaucoup pour la Palme, il s’agit pourtant d’un monument de beauferie satisfaite confite dans une série de gimmicks visuels et scénaristiques, un film pour seniors éprouvant, écrit n’importe comment et qui permet à une poignée d’acteurs vétérans de se lancer dans un cabotinage effréné et pathétique – mention spéciale à une Jane Fonda perruquée façon travelo brésilien. Sorrentino confirme qu’il réussit un film sur deux ; après le superbe La G

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Cannes 2015 : une compétition la tête à l’envers

ECRANS | Entre déceptions, ratages et réussites inattendues, la compétition du 68e festival de Cannes est, à mi-parcours, encore difficile à cerner, le renouvellement souhaité n’ayant pas toujours porté ses fruits. Mais on peut déjà en dégager deux films majeurs : "Le Fils de Saul" de László Nemes et "Carol" de Todd Haynes. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 18 mai 2015

Cannes 2015 : une compétition la tête à l’envers

En laissant à la porte de la compétition quelques très grands auteurs contemporains (Arnaud Desplechin, Apichatpong Weerasethakul – dont on s’apprête à découvrir le nouveau film) pour faire de la place à des cinéastes encore jeunes et parfois novices dans la "top list" du festival, Thierry Frémaux avait pris le risque assumé de surprendre. À mi-parcours, on ne se hasardera pas à faire de généralités, ni même à lancer de grandes phrases définitives sur la réussite d’une telle position, car chaque exemple semble produire son contre-exemple, tel metteur en scène acclamé et palmé pouvant livrer une de ses œuvres les plus abouties pendant qu’un autre, au statut similaire, se fourvoyait dans une énorme plantade. Idem pour les nouveaux venus : si la plupart ont peiné à justifier l’honneur qui leur a été fait, c’est pour l’instant un premier film qui a fait la plus forte impression au sein de la compétition. Promotion ratée À la case déceptions, s’empilent déjà les noms de Yorgos Lanthimos et Joachim Trier. Avec The Lobster, Lanthimos montre dès son quatrième film, pourtant tourné dans des conditions bien plus confortables que le

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Tous nos articles sur Cannes 2015

ECRANS | Avec un blog quotidien mais aussi les critiques des films qui sortent simultanément à leur présentation au festival, vivez le 68e festival de Cannes à travers le regard du Petit Bulletin.

Aurélien Martinez | Jeudi 14 mai 2015

Tous nos articles sur Cannes 2015

Le blog quotidien est à retrouver ici. Bonne lecture.

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La Chasse

ECRANS | La calomnie d’une enfant provoque un déchaînement de violence sur un innocent assistant d’éducation. Comme un contrepoint de son tube "Festen", Thomas Vinterberg montre que la peur de la pédophilie est aussi inquiétante que la pédophilie elle-même, dans un film à thèse qui en a la qualité (efficace) et le défaut (manipulateur). Critique et interview. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 8 novembre 2012

La Chasse

On sort de La Chasse un peu sonné, pris comme le héros dans un engrenage asphyxiant où chaque tentative pour rétablir la vérité l’enfonce dans le désespoir et renforce l’injustice à son encontre. Thomas Vinterberg a de toute évidence réussi son coup : il laisse peu de place à la réflexion durant ces 110 minutes – jusqu’à sa fin "ouverte" narrativement, mais totalement close philosophiquement. Les interrogations viendront après, une fois la distance retrouvée avec un spectacle efficace mais fondamentalement pipé. La Chasse raconte comment Lucas, assistant d’éducation en bisbille avec sa femme pour la garde de son fils, va voir le ciel lui tomber sur la tête après qu’une des petites filles de l’école où il travaille l’ait accusé de « lui avoir montré son zizi ». L’enfant a en fait une réaction d’amoureuse déçue face à un homme qu’elle avait identifié comme un possible père de substitution, lui prodiguant l’affection que son vrai paternel ne lui témoignait plus. La calomnie va prendre des proportions terribles : di

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«Mes films parlent de la fragilité humaine»

ECRANS | Rencontre avec Thomas Vinterberg, réalisateur de "La Chasse". Propos recueillis par Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 8 novembre 2012

«Mes films parlent de la fragilité humaine»

Partez-vous toujours d’un sujet pour vos films et, dans le cas de La Chasse, s’agissait-il de la sacralisation de la parole de l’enfant ?Thomas Vinterberg : Mes films viennent d’endroits très variés, mais toujours de quelque chose qui relève de la fragilité humaine. Mon prochain film parlera du rejet d’une femme vieillissante, à cause de sa chair. Festen parlait d’un secret profondément enfoui chez un personnage. Dans La Chasse, j’étais intéressé à la fois par l’enfant et par l’homme en tant que victimes. Il y a entre eux une amitié très forte, presque une histoire d’amour. C’est un très bon couple, tous les deux rejetés par leur famille et c’est pour cela qu’ils se comprennent si bien. Pas sur un plan sexuel, évidemment… Dans le cas de la petite fille, à cause d’un mensonge, tout son monde s’écroule autour d’elle, ce qui est très touchant. Quant à l’histoire de Lucas, elle m’intéresse car il est sacrifié sur l’autel du besoin qu’ont les gens d’incarner leurs peurs à travers un bouc émissaire. Dans les cas réels que j’ai étudiés, le

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Voire à revoir

ARTS | Depuis 1987, l’école du Magasin accueille chaque année des étudiants venant du monde entier pour suivre pendant un an un programme de formation aux (...)

Laetitia Giry | Mardi 17 juillet 2012

Voire à revoir

Depuis 1987, l’école du Magasin accueille chaque année des étudiants venant du monde entier pour suivre pendant un an un programme de formation aux pratiques curatoriales, au terme duquel une exposition organisée par leurs soins voit le jour. Le crû de cette année présente Le monde entier observe, un retour sur l’expérience de la Vidéogazette, première chaîne locale qui a pris place à la Villeneuve de 1973 à 1976. Avec force documents d’époque – articles de presse, affiches et extraits vidéo –, le parcours souligne la liberté de la chaîne comme sa propension salutaire à créer du débat public. Pour accompagner cette enquête, des œuvres d’artistes contemporains viennent pointer le factice et la vacuité de la télévision traditionnelle : ici un prompteur faisant défiler un texte hautement critique à l’égard du langage télévisuel, là une installation de plateau télé avec fond bleu mettant le visiteur en situation d’enregistrement, l’amenant à ressentir le décalage entre le discours et les modes de production audiovisuelle. Ou, notre préférée : un patchwork de vidéos glanées sur Youtube, représentant des danseurs improvisés devant leur webcam et formant un puzzle au ridicule qui fait

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Beaucoup d’amour, peu d’érections

ECRANS | Le 65e festival de Cannes arrive déjà à mi-parcours de sa compétition, et celle-ci paraît encore bien faible, avec ce qui s’annonce comme un match retour de 2009 entre Audiard et Haneke et une forte tendance à la représentation du sentiment amoureux. Christophe Chabert

Aurélien Martinez | Lundi 21 mai 2012

Beaucoup d’amour, peu d’érections

Serait-ce la nouvelle loi cannoise ? Pour une année de compétition passionnante, la suivante serait forcément décevante ou mineure. Le cru 2009 était exceptionnel, celui de 2010 fut cauchemardesque ; l’édition 2011 était brillante, celle de 2012 a démarré piano. Tout avait pourtant bien commencé avec un film d’ouverture extraordinaire, Moonrise kingdom de Wes Anderson, et la projection du Audiard, De rouille et d’os. Puis vint le temps des désillusions : par exemple Après la bataille de Yousri Nasrallah, qui se complait dans une forme de soap opéra ultra-dialogué alors qu’il avait manifestement l’envie de retrouver le lustre des grands mélodrames égyptiens. Évoquant la Révolution récente, le cinéaste tombe dans le piège du cinéma à sujet, didactisme balourd que l’intrigue sentimentale ne vient pas alléger, au contraire. Nasrallah veut aborder tous ses enjeux en même temps, mais oublie complètement de les mettre en scène. Catastrophe aussi avec Paradis : Amour d’Ulrich Seidl, où la misanthropie du réalisateur éclate à tous les plans. Fustigeant à la fois les vieilles Autrichiennes qui vont au Kenya pour se payer une tranche de tourisme sexuel e

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A fond les manettes - Novembre 2010

CONNAITRE | Chaque mois, la sélection jeux vidéo du Petit Bulletin. Novembre 2010 : du post-apocalyptique, du science-fictif, du gothique, du fabuleux et de l'onirique. Tout cela, c'est dans notre sélection des jeux qu'il ne fallait pas manquer le mois dernier. Benjamin Mialot

François Cau | Jeudi 25 novembre 2010

A fond les manettes - Novembre 2010

Fallout : New Vegas(Obsidian Entertainment / Bethesda Softworks) – Sur PC, PS3 et Xbox 360Un miracle du niveau la résurrection de Lazare, voilà ce qu'est New Vegas. La comparaison n'est pas trop forte quand on se souvient dans quel état les branques de Bethesda Softworks avait laissé Fallout, franchise phare du jeu de rôle : vidée de sa substance, de sa subtilité et de sa maturité. Des scories dont les développeurs d'Obsidian, légitiment portés au pinacle l'an passé à la sortie d'Alpha Protocol, ont fait table rase. Univers post-apocalyptique d'une cohérence à toute épreuve, dialogues taillés aux ciseaux pour bonsaï, personnages crédibles et pas monochromes, mécanismes impeccablement huilés (quêtes à tiroirs, caractéristiques déterminantes, gestion de la survie et de la réputation), humour et sous-texte sociologique sophistiqués, toute la sève des deux premiers opus coule dans ce spin-off, au point que l'inévitable héritage du troisième (interface mal pensée, moteur graphique périmé, vue à la première personne injustifiée) en devient supportable. Passionnant en l'état, inépuisable quand les modders auront pris les choses en main.

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A fond les manettes - Octobre 2010

CONNAITRE | Chaque mois, la sélection jeux vidéo du Petit Bulletin. Octobre 2010 : du «vroum», du «uuuungh», du «clac clac clac», du «kaboom» et du «woosh». Tout cela, c'est dans notre sélection des jeux qu'il ne fallait pas manquer le mois dernier.

François Cau | Mercredi 13 octobre 2010

A fond les manettes - Octobre 2010

F1 2010(Codemasters) – Sur PlayStation 3, Xbox 360 et PCLa dernière fois qu'un jeu de Formule 1 vous a vraiment fait vibrer, c'était quand ? Nous, en bons vieux cons, c'était en 1998 à la sortie de Grand Prix Legends. Non, pardon, c'était il y a une paire de semaines, lorsque l'on s'est lancé dans F1 2010. Il faut dire que son développeur n'est pas le premier venu puisqu'il s'agit de Codemasters, grand pourvoyeur de belles mécaniques de pixels avec les séries DiRT et GRID. Comme ces deux gammes, F1 repose sur un bel équilibre entre simulation pure et dure (désactivation des aides de conduite, nombreux réglages) et arcade décomplexée (déformations cosmétiques, menus intégrés). Graphiquement, l'Ego Engine maison fait des merveilles et, à grands renforts d'effets météo dynamiques et de circuits fidèlement reproduits, génère des sensations d'une crédibilité et d'une immersivité à toutes épreuves. Volant conseillé, cela va sans dire, d'autant que vous pourrez le rentabiliser avec le volet 2011, dont on espère qu'il exploitera à fond le prometteur volet «relations publiques» entrevu dans le mode Carrière.

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A fond les manettes - Septembre 2010

CONNAITRE | Chaque mois, la sélection jeux vidéo du Petit Bulletin. Septembre 2010 : une love story pleine de bourre-pifs, des vers de terre lourdement armés, le retour d'une archéologue à la détente facile et dont le prénom n'est pas Indiana, une quête de vengeance à faire baver de plaisir le tandem Tarantino-Rodriguez et des Siciliens arrondissant leurs fins de mois à coups de fusils à pompe Remington : tout cela, c'est dans notre sélection de «jeux vidéo qu'il ne fallait pas manquer le mois dernier». Benjamin Mialot

François Cau | Vendredi 17 septembre 2010

A fond les manettes - Septembre 2010

SCOTT PILGRIM VS. THE WORLD(Ubisoft Montréal - Ubisoft) – Sur Playstation 3Alors que les Anglo-saxons se bidonnent depuis plus d'un mois devant l'adaptation au cinéma par Edgar Wright (Shaun of the Dead) du roman graphique de Bryan Lee O'Malley, nous, pauvres Français, allons devoir patienter jusqu'en décembre pour voir de quel bois se chauffe Scott Pilgrim. Heureusement pour les fans de ce gentil branleur obligé de botter le derrière des sept ex maléfiques de sa dulcinée, l'adaptation vidéoludique de ses mésaventures est d'ores et déjà jouable sous la forme d'un bon vieux beat'em all des familles, et on vous la recommande. Pas tant pour son gameplay, défoulant mais guère moins répétitif que celui de ses glorieux ancêtres (Final Fight, Streets of Rage...) en dépit de son arsenal indécent et de son système de progression emprunté aux jeux de rôle, mais pour sa réalisation délicieusement old-school. Laquelle, de gros sprites pixelisés en musiques MIDI survitaminées, excuse une maniabilité trop rigide et une difficulté limite rébarbative. Carton jaune en revanche pou

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Qu’avez-vous fait de nos idoles ?

CONNAITRE | Jeux vidéos / La collusion entre cinéma et jeux vidéos se fait de plus en plus marquée. En témoignent ces titres, sortis récemment sur les principaux supports (PS2, X-Box, PC), dont le but est plus de fournir un compLément aux fans hardcore que de prolonger efficacement l’aventure visuelle. FC

Christophe Chabert | Mardi 3 janvier 2006

Qu’avez-vous fait de nos idoles ?

À l’époque de la sortie du film Silent Hill, on stigmatisait l’incapacité chronique d’Hollywood à donner une vie cinématographique à des franchises cultes dans la communauté vidéo-ludique. Mais que se passe-t-il lorsque l’émulation fonctionne dans l’autre sens ? Souvent le même effet de pure capitalisation d’un titre ancré dans l’inconscient collectif, en espérant que les clins d’œil appuyés à la légende effaceront les nombreuses scories du jeu. On commence par les pires : l’adaptation de la série 24 l’emporte haut la main. En dehors de la modélisation scrupuleuse des acteurs principaux (qui ont prêté leurs voix pour l’occase – sauf que quand on choisit bêtement de jouer en français, on subit une VF à se taper la tête contre les murs), 24 Heures Chrono le jeu vous embarque dans une intrigue linéaire au possible, truffée de cinématiques interminables et de mini-jeux aussi idiots que retors. Censé s’imposer comme le chaînon manquant entre les saisons 2 et 3, le produit ne fait que grossir de façon pas vraiment reluisante les défauts de la série. Autre trahison, et pas des moindres, le jeu Reservoir Dogs propose de reconstituer les ellipses du film. Vous pensiez que le premier chef-d’

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LOST IN GRENOBLE

MUSIQUES | Les étudiants étrangers, ça représente, en moyenne, 7000 personnes à Grenoble (sur 50000 étudiants). Grenoble compte assez de bars pour leurs permettrent de bien faire la fête. Mais la tendance reste la même : les bars branchés du centre ville. Et face au London Pub, qui peut rivaliser ? En suivant quelques fêtard internationaux, on s’est fait une petite idée. Valentine Perazio

| Mercredi 31 janvier 2007

LOST IN GRENOBLE

C’est sûr, le London Pub tout le monde connaît. Le Petit London est devenu grand, et depuis onze ans déjà, le pub de la rue Brocherie est une institution pour le fêtard international. Smaïn, le patron, a fait le tour du monde, et revient à Grenoble avec la volonté de recréer un établissement de tradition anglaise. Et ça marche. Tous les serveurs sont bilingues et font copains-copains avec les clients. Les serveurs, mexicains, anglais, turcs ou brésiliens selon la saison, ne restent pas derrière le bar. Ils vont dans la foule des buveurs de la soirée. «On fait la fête avec eux, on leur demande quel genre de musique ils veulent, on sort en boîte avec eux. Et on essaye de les aider à tout point de vue, que ce soit pour des papiers administratifs ou des conseils sur la vie quotidienne à Grenoble», explique Sofiane, serveur au London depuis près de deux ans. Ici, l’étudiant étranger n’est pas dépaysé. Des Happy Hours à 3 euros la pinte, des soirées à thèmes (soirées Pirates, Black and White), la Ladies Night en début de semaine. Pas mal de raisons pour que l’Erasmus s’y retrouve. Pour contrôler les entrées, un videur est à la porte du bar. C’est pour préserver «une clientèle étudiante,

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ON VA Où CE SOIR ?

MUSIQUES | Ami étudiant, que fais-tu de tes soirées ? Où sors-tu, où danses-tu, où bois-tu ? Intrigué par ton comportement festif, nous t’avons suivi (secrètement) dans les lieux que tu préfères pour détendre ton cerveau fatigué. Linda Kerfa

| Mercredi 31 janvier 2007

ON VA Où CE SOIR ?

Le Tord Boyaux un nom qui annonce la couleur «Des étudiants ? Il n’y a que ça ici», lance Cyril, barman. La recette du succès: «le produit, les prix, l’ambiance». Ici, le produit d’appel, c’est plutôt le vin aromatisé à 10 euros la bouteille. Et oui, comme le dit Cyril, «l’étudiant est pauvre» et il faut réussir à l’attirer. Pari réussi. Pour la musique: variété française et rétro. Mélanie, ancienne étudiante, vient depuis l’ouverture, il y a 5 ans. «C’est rare des bars avec une bonne ambiance comme ça». 22h30, les hordes d’étudiants débarquent. On enlève les quelques tabourets tolérés pendant les Happy Hours. Cyril fait le calcul : «Moins t’as de tables, plus tu rentres de monde, plus les gens font la fête, plus tu rentres d’argent». C’est parti pour la soirée : bonne en perspective, si on ne craint pas la chaleur et la proximité. Un videur filtre. «Cinq mecs avec des dreads et des tongs ne rentreront pas», prévient le barman. Ça a le mérite d’être clair... Un mardi par mois, le Tord Boyaux invite le groupe Faut qu’ça guinche. «Dans le concept, tu peux rien faire de mieux», assure Cyril. 4, rue Auguste Gaché 38000 Grenoble. Le Couche-Tard le bar où on peut écrire sur les mu

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