Madame Bovary

ECRANS | De Sophie Barthes (Fr, 1h58) avec Mia Wasikowksa, Henry Lloyd-Hugues, Ezra Miller…

Vincent Raymond | Mardi 3 novembre 2015

Lorsque l'on décide d'adapter un classique (et quel classique, en l'occurence !), il faut soit se montrer d'une fidélité absolue, soit d'une infidélité intransigeante en massacrant jusqu'à l'histoire même, façon Tarantino. Se contenter de la tiédeur de l'entre-deux se révèle toujours un choix exécrable : celui de l'indécision ou du "par défaut".

Or c'est celui adopté par Sophie Barthes dans ce film bâtard, à la distribution anglophone qu'on croirait empruntée au Sundance Film Festival (Ezra Miller, Rhys Ifans, Paul Giamatti plus l'indispensable Olivier Gourmet, pour des raisons de coproduction, sans doute) et au décor de "film du milieu" français. La diaphane Mia Wasikowksa, très présente à l'écran en ce moment, mais bien peu prégnante, ne fait que raviver le souvenir d'Isabelle Huppert chez Chabrol, dont ce Bovary semble être une évocation persistante mais affadie.


Madame Bovary

De Sophie Bartens (Angl., 1h58) avec Mia Wasikowska, Henry Lloyd-Hughes...

De Sophie Bartens (Angl., 1h58) avec Mia Wasikowska, Henry Lloyd-Hughes...

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Emma Rouault, fraîchement sortie du couvent, épouse Charles Bovary, un médecin de campagne qui se réjouit d’avoir trouvé la compagne parfaite. Emma occupe ses journées à aménager sa nouvelle demeure, dessine, joue du piano et reçoit avec élégance les visiteurs.


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"I am not Madame Bovary" : une femme puissante

ECRANS | de Feng Xiaogang (Chin., 2h18) avec Fan Bingbing, Guo Tao, Da Peng…

Vincent Raymond | Mardi 4 juillet 2017

Six mois après un divorce bidon dans le but d'obtenir un second appartement, Li Xuelian réclame que le tribunal déclare le jugement illégal mais, paradoxalement, le confirme – son coquin d’époux s’étant recasé ailleurs. Déboutée, l’obstinée Li va d’échelon en échelon, jusqu’à Pékin. Dix ans durant… Une femme du peuple luttant avec entêtement pour son bon droit face à l’administration chinoise… La procédurière Li Xuelin ressemble beaucoup à la Qiu Ju dans le film homonyme de Zhang Yimou (1992) : à la base, son affaire paraît dérisoire ; elle prend pourtant peu à peu des dimensions éléphantesques, la plaignante refusant (à raison) toutes les solutions "amiables". Révélant les failles d’un système mangé par la corruption, elle parvient malgré elle à renverser la table, en dépit des nombreuses tentatives ourdies par les autorités pour la faire renoncer — certaines stupides, retorses, d’autres d’une perversité rare. Nul n’est besoin d’être juriste pour apprécier cette réussite de Feng Xiaogang : son portrait de femme déborde de rebondissements, souvent drôles, jusqu’à un épilogue totalement désarçonnant. Sur cette trame initiale sèche comme un ali

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