"Saint Amour" : 3 questions à Kervern et Delépine

ECRANS | Rencontre avec les deux réalisateurs du film "Saint Amour". Propos recueillis par Vincent Raymond

Vincent Raymond | Mardi 1 mars 2016

Refaites-vous la route des vins pour présenter votre film ?

La stratégie de notre distributeur étant de ne faire aucune avant-première, nous n'allons que dans les cinémas nous suivant depuis le début ou que nous aimons bien. Comme nous nous voyons rarement [Delépine vit à Angoulême, Kervern à Paris – NDLR], ça nous permet aussi de réfléchir au film suivant —car on écrit au dernier moment, lorsque l'on a une trame sûre. En ce moment, on tourne depuis un bon moment autour d'un sujet sans l'atteindre. Mais on a tourné autour de Saint Amour au moins quatre ans avant de le concrétiser…

Le tournage au Salon de l'Agriculture a-t-il été aisé ?

C'est un truc de dingue : 20 minutes du film ont été tournées en 2 jours et demi là-bas, quasiment en caméra cachée, avec des acteurs à forte personnalité. On a obtenu l'accord du Salon pour tourner des ambiances, pas pour des scènes de comédie – elles devaient être réalisées en studio. Mais en studio, ça perd tellement de charme, de force, de vie… Et alors que pour les films précédents, on avait pris le parti de plans-séquences assez léchés, avec des formes de tableaux cinématographiques, on s'est doté ici d'une seconde caméra. Ça a changé la donne, et il a fallu conserver ce style sur l'ensemble du film.

Qui a eu l'idée de confier l'affiche à Floc'h ?

Notre distributeur, encore lui ! Les photos de tournage étaient bien, mais toujours à côté de la plaque, car aucune n'était posée. Là, au moins, c'est une vraie affiche. Et puis, on a le regard qui s'arrête, avec ce verre de vin offert...


Saint Amour

De Benoit Delépine et Gustave Kervern (Fr, 1h41) avec Gérard Depardieu, Benoît Poelvoorde...

De Benoit Delépine et Gustave Kervern (Fr, 1h41) avec Gérard Depardieu, Benoît Poelvoorde...

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Tous les ans, Bruno fait la route des vins… sans quitter le salon de l’Agriculture ! Mais cette année, son père, Jean, venu y présenter son taureau champion Nabuchodonosor, décide sur un coup de tête de l’emmener faire une vraie route des vins afin de se rapprocher de lui.


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Saint Amour

ECRANS | Le millésime 2016 de Benoît Delépine et Gustave Kervern, les plus illustres cinéastes grolandais, est arrivé et il n’a rien d’une pochade : derrière son nez rouge de clown, "Saint Amour" dissimule une histoire d’amour(s) tout en sobriété… Notre film de la semaine. Vincent Raymond

Vincent Raymond | Mardi 1 mars 2016

Saint Amour

Pour un réalisateur, jongler les yeux bandés avec un baril de pétrole ouvert et un flambeau doit certainement se révéler plus sécurisant que diriger la paire Depardieu-Poelvoorde partant en goguette sur la route des vins. Sur le papier, Kervern et Delépine n’étaient donc pas trop de deux face au fameux duo. Cela dit, les risques étaient limités pour les compères, étant donné leur proximité avec les comédiens (déjà pratiqués dans Mammuth et Le Grand Soir) ; leur science commune du jus de la treille. Cette "communion d’esprit" explique comment et pourquoi les auteurs ont pu mener leur barque sans dériver. Spirituel ou spiritueux ? Mais Saint Amour ne se limite pas à son germe éthylique : l’essence de ce road movie, c’est le voyage de quelques centimètres

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