Les Ogres

ECRANS | Léa Fehner tend le barnum de son deuxième long métrage au-dessus du charivari d’une histoire familiale où les rires se mêlent aux larmes, les sentiments fardés aux passions absolues… Qu’importe, le spectacle continue ! Vincent Raymond

Vincent Raymond | Mardi 15 mars 2016

Surprenant de voracité, le titre ne ment pas : Les Ogres est bien un film-monstre. Car pour évoquer de manière lucide le quotidien d'une troupe tirant le diable par la queue, confondant la scène et la vraie vie, l'enfant de la balle (voire, enfant de troupe) Léa Fehner n'aurait pu faire moins que cette chronique extravagante, profuse, débordante de vie. D'une durée excessive (2h25) et cependant nécessaire, cette œuvre vrac et foutraque rend compte du miracle sans cesse renouvelé d'un spectacle né d'un effarant chaos en coulisses, produit par la fusion d'une somme d'individus rivaux soumis à leurs démons, leurs passions et jalousies.

Quel cirque !

Ogres, ces saltimbanques le sont tous à des degrés divers, se nourrissant réciproquement et sans vergogne de leur énergie vitale – à commencer par le propre père de la cinéaste. Chef de bande tout à la fois charismatique et pathétique, odieux et investi dans le fonctionnement de la compagnie qu'il dirige en pote-despote, il tiendrait même de Cronos, dévorant ses enfants comme le Titan mythologique. Si Léa Fehner a su dépeindre les relations complexes se nouant au sein de ce groupe d'artistes cabossés, se querellant volontiers pour des tromperies passées ou les faveurs dont certains jouissent au détriment d'autres, il faut aussi reconnaître une forme de courage à François Fehner d'avoir endossé un tel rôle… ne lui laissant, en définitive, pas le beau rôle. Quoique… Il est toujours difficile de situer la frontière entre l'intimité réelle d'un comédien et celle qu'il offre en représentation, et donc de savoir jusqu'où va son impudeur contrôlée.

Solaire et enlevé, y compris dans ses (nombreuses) séquences d'affrontement cruel ou d'émotion douloureuse, Les Ogres appartient à ce genre de films rendant justice à l'univers du spectacle vivant, et surtout à ceux dont la flamme intérieure se consume pour lui. Car les meilleures évocations du théâtre sur grand écran – Opening Night (1978) de Cassavetes en tête – parlent de fragilité, de rupture imminente, d'autodestruction ; de précarité générale : sentimentale souvent (l'amour semble une comédie aussi peu sérieuse que celles jouées pour le public), sociale, parfois. Soumis à une foule d'aléas et au nomadisme, le métier est réduit à l'incertitude chronique. Mais il est, fantastique paradoxe, animé d'une pulsion ineffable et d'une énergie contagieuse.

Les Ogres de Léa Fehner (Fr., 2h25) avec Adèle Haenel, Marc Barbé, Lala Dueñas, François Fehner…


Les Ogres

De Léa Fehner (Fr, 2h25) avec Adèle Haenel, Marc Barbé... Ils vont de ville en ville, un chapiteau sur le dos, leur spectacle en bandoulière. Dans nos vies ils apportent le rêve et le désordre. Ce sont des ogres, des géants, ils en ont mangé des hommes, des femmes, des enfants, du théâtre et des kilomètres.
UGC Ciné-Cité Confluence 121 cours Charlemagne Lyon 2e
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Une colère sociale encore contenue ?

Printemps culturel | Samedi 20 mars au matin, au cinquième jour d’occupation de la MC2, un nouveau rassemblement a été organisé sur son parvis, dans le calme. On y a vérifié que le gouvernement était attendu sur la réouverture des lieux de spectacle, mais pas seulement. Nous sommes allés à la rencontre de ceux qui, acteurs du monde culturel, élus ou citoyens solidaires, se sont réunis, pour prendre le pouls du mouvement.

La rédaction | Samedi 20 mars 2021

Une colère sociale encore contenue ?

Compte-rendu : Martin de Kerimel Témoignages : Hugo Verit et Martin de Kerimel Ce qui s’est passé samedi… Descendus du tram, nous sommes arrivés à la MC2 un peu avant 11h, sous un vent glacial. Un rassemblement devait y démarrer à l’heure pile, à l’appel du Syndeac et de l’Association des Scènes nationales, mais il n’y avait alors pas grand-monde dehors. Encore peu de fleurs visibles, également, alors même qu’il avait été proposé aux participants d’en apporter pour défendre un « printemps inexorable », évoqué en son temps par le poète chilien Pablo Neruda. La MC2 étant occupée, ses portes étaient ouvertes. Il nous a suffi d’entrer pour constater que c’est là, dans un premier temps, que les personnes mobilisées avaient décidé de se réunir. La foule s’est progressivement densifiée. Avec le froid et les contraintes sanitaires, le nombre des présents nous est apparu encore modeste à l’échelle de l’agglo grenobloise… Vers 11h20, en ressortant de la MC2, on est entré dans le vif du sujet. Artistiquement, d’abord, avec une courte performance d’acrobates en équilibre les uns sur les autres, puis un

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Et maintenant, la MC2 !

Mobilisation | Douze jours après le Théâtre de l’Odéon, à Paris, la MC2 a rejoint, mardi 16 mars à la mi-journée, la liste des théâtres occupés en France. Le mouvement, qui associe des artistes, des techniciens et des étudiants, s’organise pour durer. Jusqu’à quand ? Sur place, personne n'a encore pu répondre à cette question.

Martin de Kerimel | Mardi 16 mars 2021

Et maintenant, la MC2 !

De la musique. Des gens assis sur les marches. En haut, des banderoles encore vierges de tout message et d'autres en cours de fabrication. Il y avait plusieurs dizaines de personnes mardi 16 mars, à 14h30, sur le parvis de la MC2, et au moins le même nombre dans le hall, à l’intérieur. « Vers midi, nous étions encore 300 ou 400 », nous a assuré une représentante syndicale sur place. Parmi ceux-là, des représentants des syndicats, donc, CGT, Syndeac, Synavi, mais aussi des artistes indépendants et des étudiants, tous déterminés, semble-t-il, à occuper les lieux de manière durable. Avec quel objectif ? « Celui de peser sur le gouvernement », nous a répondu un autre syndicaliste présent. Pour obtenir quoi ? À ce stade, il est difficile de donner une liste exhaustive des revendications, mais, évidemment, la plupart tournent autour de la situation des acteurs de la culture. Réouverture des salles de spectacle, mise en place de protocoles sanitaires adaptés, organisation d’assises au niveau régional, création de droits sociaux nouveaux et/ou prolongation

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En attendant le public...

SCENES | Le spectacle vivant, c'est leur métier : à défaut de pouvoir se produire en public, les compagnies de théâtre et de danse réfléchissent à leur avenir, continuent parfois de travailler et attendent impatiemment un retour à la normale. Nous sommes allés à la rencontre de quatre d'entre elles, dans l'agglo grenobloise. Témoignages.

La rédaction | Jeudi 28 janvier 2021

En attendant le public...

Bruno Thircuir – La Fabrique des petites utopies Dans la région grenobloise, La Fabrique des petites utopies, compagnie qui « tente de raconter le monde d’aujourd’hui de manière politico-poétique », est une institution en place depuis 21 ans. D’où, sans doute, le fait que l’équipe traverse plutôt sereinement cette période compliquée comme nous l’a expliqué son metteur en scène Bruno Thircuir lorsqu’on lui a demandé comment il allait. « Ça va. On a la chance de travailler, d’être en répétition [dans la région grenobloise comme ailleurs en France – NDLR] puisque, bien avant toute cette crise, on avait monté un joli temps de création pour notre nouveau spectacle jeune public Et si l’océan dont les premières dates de jeu n’auront lieu que début mars. On peut donc continuer notre activité pendant ce temps, avec même un petit papier en poche pour r

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Talents précoces

Théâtre | L'Axe de Création du Théâtre Prémol proposera le spectacle "Shifumi" samedi 24 et dimanche 25 octobre à 17h. Reportage en coulisses.

Martin de Kerimel | Mardi 20 octobre 2020

Talents précoces

Elles s’appellent Nouria, Cécile, Alison, Marie, Gabrielle, Emma et Marisa. Eux, Pédro, Eliot, Lilian et Benjamin. Tous ont entre 14 et 20 ans, vivent à Grenoble et dans l’agglo. Les 24 et 25 octobre, ils seront sur la scène de Prémol pour présenter Shifumi, un spectacle théâtral, musical et dansé, d’abord prévu au printemps : c’était avant que le confinement ne les oblige à patienter et à reprendre les répétitions beaucoup plus tard. Malgré le trac, ils ont donc hâte que le rideau se lève ! Shifumi est le fruit d’un travail collectif, mené dans la logique d’exigence d’une troupe professionnelle, chacun étant traité à égalité avec les autres. C’est le principe de l’Axe de création : en complément des enseignements artistiques proposés à Prémol, cette initiative vise à permettre aux jeunes participants, engagés sur la durée, d’aborder diverses disciplines, quel que soit leur niveau initial. L’idée est aussi de libérer leur parole sur des et faits d’actualité qui les choquent, les inquiètent, leur paraissent injustes ou les mettent en colère. Á éviter qu’ils n’en viennent à exprimer leur mal-être par la violence, aussi.

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"Zaï zaï zaï zaï" : société de consommation, tu m’auras pas

Théâtre | Quand la bande dessinée à succès "Zaï zaï zaï zaï" de Fabcaro est adaptée sur scène en fiction radiophonique par le Théâtre de l’Argument, ça donne un spectacle aussi drôle qu’inquiétant sur ce qu’il dit en filigrane de notre monde actuel – tout part d’un simple oubli de carte de fidélité pour finir en paranoïa sécuritaire nationale ! On en a parlé avec son metteur en scène Paul Moulin avant le passage de la compagnie par l’Odyssée d’Eybens.

Aurélien Martinez | Mardi 22 septembre 2020

Depuis la sortie en 2015 de la bande dessinée Zaï zaï zaï zaï, tout le monde aime l’auteur français Fabcaro. Les metteurs et metteuses en scène notamment, qui adaptent de plus en plus ses œuvres au plateau – à Grenoble, Grégory Faive jouera bientôt son récent roman Le Discours (et en proposera justement une première lecture à Eybens mardi 29 septembre). En 2017, la compagnie le Théâtre de l’Argument s’est elle aussi confrontée à une production de Fabcaro. Ça aurait dû être pour une unique fois comme nous l’a expliqué le metteur en scène Paul Moulin, sauf que le succès a très vite été au rendez-vous. Les dates de tournée ont alors commencé à s’enchaîner à la vitesse grand V – à Eybens, ils joueront pour la 95e fois (mais sans Blanche Gardin et Adèle Haenel, qui étaient dans la distribution initiale). « Tout est parti d’une commande du Théâtre de Rungis dans lequel nous avons été en résidence pendant trois ans, qui nous a demandé une petite forme à jouer une fois un midi dans le foyer du théâtre. On s’est alors demandé ce que l’on avait préféré lire dernièrement et certains d’

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« Il fallait qu’on soit présent »

Théâtre Prémol | Après deux mois et demi de fermeture, le Théâtre Prémol présente sa saison à venir d’une manière un peu particulière, avec de petits événements en plein air. Élisabeth Papazian, sa directrice, nous en dit plus.

Nathalie Gresset | Mardi 23 juin 2020

« Il fallait qu’on soit présent »

« C’était inconcevable de clore la saison sans revoir les artistes, les usagers du théâtre, et sans arriver à rétablir la connexion entre les habitants et cet espace de culture. » Pour Élisabeth Papazian, directrice du Théâtre Prémol, l’annonce de la fermeture des salles de spectacle le 14 mars dernier a été d’autant plus difficile à entendre que l’institution avait rouvert depuis cinq mois seulement, après quatre ans et demi d’arrêt causé par un incendie. « La joie de la réouverture a été vite ternie par ce confinement, qui nous a tous touchés. J’écoutais avec beaucoup d’espoir chaque annonce du gouvernement concernant le déconfinement. Dès que la date du 11 mai est tombée, je me suis dit qu’on allait pouvoir faire quelque chose prochainement et qu’il fallait qu’on soit présent. » « Renouer avec la culture » Même si la date précise de réouverture du théâtre n’est alors pas encore connue, la directrice contacte les artistes programmés en 2020-2021 pour leur proposer de participer à une présentation de saison quelque peu atypique. « Comme on ne savait pas si on allait pouvoir accueillir le public en salle et dans quelles conditions, on

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"Le Grand Théâtre d'Oklahama" : une place au soleil

Théâtre | Voilà un spectacle, découvert il y a plus d’un an et demi au Festival d’Avignon, que l’on aurait pu facilement oublier vu sa délicatesse non tape-à-l’œil, qui (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 12 mars 2020

Voilà un spectacle, découvert il y a plus d’un an et demi au Festival d’Avignon, que l’on aurait pu facilement oublier vu sa délicatesse non tape-à-l’œil, qui est pourtant resté inconsciemment gravé en nous. Une création imaginée avec les comédiennes et comédiens handicapés mentaux de la compagnie professionnelle Catalyse (une troupe mise sur pied dans les années 1980 par Madeleine Louarn) baptisée Le Grand Théâtre d'Oklahama et construite autour de l’univers de Franz Kafka. Son titre provient du dernier chapitre de L’Amérique, roman inachevé du Pragois, et plusieurs autres textes de l’auteur ont servi de matériau de base. Soit un récit comme une sorte de mise en abyme sur le monde du spectacle : sur scène, on suit les aventures d'un homme juif exilé qui s'installe aux États-Unis et rejoint un théâtre qui « emploie tout le monde et met chacun à sa place ». Même si ce lieu ne fait pas forcément rêver (quelle scénographie astucieuse !), il offre un espoir à des personnages cabossés qui en ont besoin… Mais cette bulle tant convoitée ne risque-t-elle pas d’être à l’image de la société dans son ensemble ? Le Grand Th

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Des nerfs de glace

Théâtre | Un nouveau solo au programme du Théâtre du Risque : Honorine Lefetz joue une caissière de supermarché coincée dans une réserve frigorifique. Une prestation physique et drôle, qui dérive lentement vers autre chose.

Martin de Kerimel | Mardi 10 mars 2020

Des nerfs de glace

L’adage dit que le malheur des uns fait le bonheur des autres. C’est vrai : en découvrant cette pauvre Charlotte piégée dans un réfrigérateur géant, on a d’abord trouvé ça amusant. Notre sourire s’est toutefois vite transformé en un rictus grimaçant. On a repensé à Jack Nicholson dans Shining quand, lui aussi enfermé dans une chambre froide, il anticipe sa vengeance contre sa femme, partie avec la clé. Claustrophobes, s’abstenir ! Un premier solo Givrée, la pièce de Karin Serres dont Honorine Lefetz s’est emparée, n’a cependant pas d’autre point commun avec les élucubrations littéraires de Stephen King, fussent-elles retravaillées par l’audacieux Stanley Kubrick. La comédienne se retrouve seule sur scène pour la première fois et aborde son rôle avec un bel aplomb : l’idée vient de Sébastien Geraci, le metteur en scène attitré de la compagnie, qui a proposé à ses comédiens de choisir chacun un solo, afin d’en créer une série. Après l’épatant Florian Delgado dans Enfin la fin, Honorine Lefetz livre à son tour une performance intense, sans s’économiser. Presque constamment en mouvement, elle donne l’impression de réellement lutter co

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Réouverture du Théâtre Prémol : « C’était fondamental de ne pas abandonner ce territoire en matière de culture »

ACTUS | À Grenoble, samedi 19 octobre, quatre ans et demi jour pour jour après l’incendie qui a détruit le bâtiment, le Théâtre Prémol du Village olympique ouvre de nouveau ses portes. Élisabeth Papazian, directrice du théâtre géré par l’association MJC Théâtre Prémol, nous en dit plus sur les coulisses de ce lieu « si singulier ».

Nathalie Gresset | Mardi 15 octobre 2019

Réouverture du Théâtre Prémol : « C’était fondamental de ne pas abandonner ce territoire en matière de culture »

« Nous sommes restés debout toute la nuit du 18 au 19 avril 2015 lors de l’incendie du théâtre, nous resterons debout toute une nuit pour sa réouverture. » Pour Élisabeth Papazian, directrice des lieux depuis 2011, il était important d’organiser un événement exceptionnel et doté d’une forte dimension symbolique pour marquer l’ouverture du nouveau Théâtre Prémol et « essayer de tourner la page sur quatre ans et demi de souffrance, de traumatisme et d’attente ». Ainsi, dans la nuit du samedi 19 au dimanche 20 octobre, le théâtre se fera l’hôte de nombreuses prestations artistiques, grâce à la complicité d’artistes et d’habitants, qui ont tous répondu présent pour célébrer cet « endroit singulier qui fait partie de l’histoire du quartier et joue un rôle important ». « Très vite après l’incendie, la municipalité s’est engagée à reconstruire ce théâtre. Pour nous, cette décision était importante car c’était fondamental de ne pas abandonner ce territoire en matière de culture. » Créé en 196

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Un Théâtre Sainte-Marie-d'en-bas pour « offrir à Grenoble un lieu dédié aux musiques de création »

ACTUS | Récemment nommé par la Ville de Grenoble pour gérer le Théâtre Sainte-Marie-d’en-bas, le Centre international des musiques nomades (CIMN), qui organise chaque printemps le festival Les Détours de Babel, vient tout juste de démarrer sa saison. Son directeur Benoît Thiebergien nous éclaire sur la singularité du projet culturel qu’il a imaginé pour ce lieu qui sera désormais destiné à faire dialoguer les musiques et les cultures.

Benjamin Bardinet | Mardi 1 octobre 2019

Un Théâtre Sainte-Marie-d'en-bas pour « offrir à Grenoble un lieu dédié aux musiques de création »

Vous venez de prendre la direction du Théâtre Sainte-Marie-d’en-bas. Comment avez-vous imaginé la programmation de ce lieu ? Benoît Thiebergien : Le projet que j’ai proposé à la Ville reste le même que celui du Centre international des musiques nomades qui est la structure porteuse du festival Les Détours de Babel. Il s’agit donc d’offrir à la ville un lieu dédié aux musiques de création, à la croisée des formes contemporaines, improvisées et traditionnelles et surtout à la richesse de leur dialogue. Il n’y avait jusqu’à présent pas vraiment de lieu dédié à ces esthétiques. Cela vient donc combler un manque et surtout enrichir l’offre musicale grenobloise. Quels seront les temps forts et les singularités de votre programmation ? Le théâtre va devenir un lieu de fabrique, d’élaboration, un espace qui donne le temps aux artistes de construire leurs projets. Il y aura donc une permanence artistique à travers des résidences qui vont s’enchaîner presque toutes les semaines et dont le public sera invité à découvrir le travail à l’occasion des soir

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Cirque : les quatre spectacles que nous attendons avec impatience

Panorama de rentrée culturelle 2019/2020 | Direction la MC2, l'Hexagone et le Grand Angle.

La rédaction | Mardi 17 septembre 2019

Cirque : les quatre spectacles que nous attendons avec impatience

Campana Le Cirque Trottola est une compagnie fascinante, qui revient à la MC2 (enfin, devant, car sous chapiteau) après sa réussite Matamore, jouée plus de 300 fois ici et là. Un peu sombres, parfois inquiétants mais constamment jubilatoires, Bonaventure Gacon et Titoune rejoignent de nouveau la piste et tentent d'établir un lien entre eux, à tâtons. Car le cirque, ce ne sont pas que des performances (même s'il y en a ici, entre trapèze et portés acrobatiques) mais une atmosphère, un regard sur le monde… Grandiose et émouvant à la fois. À la MC2 du vendredi 29 novembre au mercredi 11 décembre Möbius Pur déploiement poétique et virtuose des possibilités de l’acrobatie aérienne, incroyable émanation d’une énergie collective : il y a quatre ans, la pièce Il n’est pas encore minuit de la compagnie circassienne XY nous avait bluffés. Nous serons très heureux de retrouver les dix-neuf acrobates avec une nouvelle création ; et ce d’autant plus qu’elle a été accompagnée pa

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Théâtre : quinze pièces pour une saison parfaite

Panorama de rentrée culturelle 2019/2020 | Des créations très attendues, des succès enfin à Grenoble, des découvertes... Suivez-nous dans les salles grenobloises et de l'agglo.

La rédaction | Mardi 17 septembre 2019

Théâtre : quinze pièces pour une saison parfaite

La Buvette, le tracteur et le curé Et voici la nouvelle pièce de l’inénarrable humoriste dauphinois Serge Papagalli, qui sera créée début octobre et tournera ensuite dans pas mal de villes autour de Grenoble. Avec toujours cette fameuse famille Maudru, dont Aimé, le chef de famille (Papagalli lui-même, parfait), et Désiré, le neveu un peu attardé (Stéphane Czopek, grandiose). Où cette fois, visiblement, il sera question d’une énième reconversion de cet agriculteur à la retraite, mais aussi d’un curé un peu strict nouvellement venu. Vivement les retrouvailles ! À partir d’octobre dans de nombreuses villes de l’Isère Tournée complète sur www.papagalli.fr Incertain Monsieur Tokbar

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"Portrait de la jeune fille en feu" : consumée d’amour

ECRANS | Sur fond de dissimulation artistique, Céline Sciamma filme le rapprochement intellectuel et intime de deux femmes à l’époque des Lumières. Une œuvre marquée par la présence invisible des hommes, le poids indélébile des amours perdues et le duo Noémie Merlant / Adèle Haenel, qui a récolté le Prix du scénario au dernier Festival de Cannes.

Vincent Raymond | Lundi 16 septembre 2019

Fin XVIIIe. Officiellement embauchée comme dame de compagnie auprès d’Héloïse, Marianne a en réalité la mission de peindre la jeune femme qui, tout juste arrachée au couvent pour convoler, refuse de poser car elle refuse ce mariage. Une relation profonde, faite de contemplation et de dialogues, va naître entre elles… Il est courant de dire des romanciers qu’ils n’écrivent jamais qu’un livre, ou des cinéastes qu’ils ne tournent qu’un film. Non que leur inspiration soit irrémédiablement tarie au bout d’un opus, mais l’inconscient de leur créativité fait ressurgir à leur corps défendant des figures communes, des obsessions ou manies constitutives d’un style, formant in fine les caractéristiques d’une œuvre. Et de leur singularité d’artiste. Ainsi ce duo Héloïse-Marianne, autour duquel gravite une troisième partenaire (la soubrette), rappelle-t-il le noyau matriciel de Naissance des pieuvres (2007) premier long-métrage de Céline Sciamma : même contemplation fascinée pour une jeune femme à l’aura envoûtante, déjà incarnée par Adèle Haenel, mêmes souffrances dans l’affirmation d’une ide

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"Le Daim" : peau d’âme

ECRANS | Revenant de quelques infortunes artistiques, Jean Dujardin se prend une belle veste (au sens propre) taillée sur mesure par Quentin Dupieux en campant un monomaniaque du cuir suédé. Un conte étrange et intrigant totalement à sa place lors de la dernière Quinzaine des réalisateurs cannoise.

Vincent Raymond | Lundi 17 juin 2019

Ça a tout l’air d’une tocade, et pourtant… Georges, 44 ans, a tout quitté pour acheter une fortune la veste en daim de ses rêves, au fin fond d’une région montagneuse. Ainsi vêtu, il se sent habité par une force nouvelle et se lance dans un projet fou, aidé par Denise, la barmaid du coin… Propice aux films de zombies (plus nombreux que des doigts sur un moignon de mort-vivant), l’année serait-elle aussi favorable aux récits de fringues maudites ? Après In Fabric de Peter Strickland (la déclinaison sur-diabolique de La Robe d'Alex van Warmerdam en salle prochainement), Le Daim renoue avec cette vieille tradition héritée de la mythologie où l’habit influe sur l’humeur ou la santé de celui qui le porte. À l’instar de la tunique de Nessus fatale à Hercule ou de la tiare d’Oribal pour les lecteurs d’Alix, le blouson ocre va conditionner Georges, le menant à supprimer ses semblables – comprenez ceux du porteur de daim ainsi que tous les autres blousons du monde. Vaste programme aurait pu dire dit de Gaulle. Aux franges du réel Ce n’est certes pas la première fois que Quentin Dupieux dote un objet inan

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30 ans d’Europe avec les Rencontres du jeune théâtre européen

Festival | Zoom sur la 31e édition du festival grenoblois prévue du vendredi 28 juin au dimanche 7 juillet.

Aurélien Martinez | Mardi 18 juin 2019

30 ans d’Europe avec les Rencontres du jeune théâtre européen

31e édition pour les Rencontres du jeune théâtre européen qui, on peut l’écrire sans trop se mouiller, sont devenues avec le temps une institution grenobloise. Une institution vieille de 30 ans (sa naissance remonte à 1989, année de la chute d’un fameux mur) qui n’a pourtant rien d'un mastodonte malgré l’ambition clairement affichée dans le titre. Il s’agit plutôt, pour l’association le Créarc qui la pilote (et qui a aussi mis en place un réseau du jeune théâtre européen), de « faire vivre l’idée d’une Europe riche de ses différences et de ses ressemblances dans les domaines de la culture, du théâtre et de la citoyenneté » (extrait de l’édio rédigé par le directeur Fernand Garnier). Pendant une grosse semaine, on pourra donc croiser pas mal d’artistes étrangers à Grenoble : beaucoup d’Européens, forcément, mais aussi des Burkinabés et des Vietnamiens afin d’élargir la focale de ces Rencontres. Tout ce beau monde (19 compagnies de 12 pays différents en tout) présentant dans plusieurs lieux de la ville (dans des salles ou à l’air libre) des spectacles aux formes variées mais toujours dans la langue d’origine des artis

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"Le Jour du grand jour" : le jour d’un grand spectacle

Spectacle | La géniale compagnie Dromesko s'installe sur le parvis de la MC2 pendant deux semaines (du 2 au 13 avril pour être précis) avec deux spectacles entre cirque, théâtre, musique et danse.

Nadja Pobel | Mardi 26 mars 2019

Avant même de voir ce qu’il en retourne, il y a ces titres : Le Jour du grand jour pour ce travail dévoilé en 2014, et Le Dur désir de durer, dernière création en date (2017) des Dromesko. Au-delà des assonances et répétitions verbales, il est dans les deux cas question de plonger au cœur de l’intime. Concernant Le Jour du grand jour, seul spectacle des deux que nous ayons vu, il s’agit d’une série de cérémonies inscrites au cœur d’un dispositif bi-frontal particulièrement adapté. Les mines déconfites, le stress des grandes occasions, le rire, les piaillements des familles réunies : toutes les expressions humaines se condensent dans ces 90 minutes entre enterrements, mariages et baptêmes. Mais, dans ces rituels bien calibrés, l’étrangeté guette comme l’animalerie de la compagnie est bien sûr de la partie : un cochon déroule de son groin le tapis rouge, un oiseau échassier défie avec majesté l’assemblée… Ni tout à fait du cirque (quoique cette compagnie soit une des pionnières de son profond renouvellement

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Igor : « Chez Dromesko, personne n’est dressé ! »

Spectacle | Depuis 1990, le Théâtre Dromesko, fondé par le couple charismatique Igor et Lily, propose des spectacles atypiques entre cirque, théâtre, danse et musique, comme on avait par exemple pu s’en rendre compte il y a dix ans avec le fabuleux "Arrêtez le monde, je voudrais descendre". Bonne nouvelle : voilà le duo, leurs interprètes et leurs animaux de retour avec leur baraque-théâtre posée sur le parvis de la MC2 pendant deux semaines pour donner leurs deux dernières créations : "Le Jour du grand jour" et "Le Dur désir de durer". Ça méritait bien une interview du fameux Igor Dromesko.

Aurélien Martinez | Mardi 26 mars 2019

Igor : « Chez Dromesko, personne n’est dressé ! »

Diriez-vous que vous venez du monde du cirque ? Igor Dromesko : Pas tout à fait du cirque… Moi, je suis allé quatre fois dans ma vie au cirque quand j’étais petit, emmené par mes parents ! Mais on peut dire que dans les années 1980, avec Bartabas et mon frère Branlo, on a un peu donné naissance à ce que l’on appelle aujourd’hui le nouveau cirque, pas tant avec Zingaro [compagnie renommée de théâtre équestre aujourd’hui pilotée par Bartabas – NDLR] qu’avec le Cirque acrobatique et burlesque du Baron Aligre… En 1990, vous rompez pourtant avec Bartabas pour créer, avec votre femme Lily, la compagnie Dromesko et votre premier (et mythique) spectacle La Volière Dromesko. Quelle était votre idée à l’époque ? On n’a jamais d’idée, on est plus sur des envies ! Pas parce qu’on est bêtes et qu’on vit en caravane, mais parce qu’on fonctionne à l’instinct et au ressenti… La Volière, c’est parti quand Lily était enceinte de notre deuxième fille : à chaque fois qu’elle sortait, au lieu de s’offrir des tartes aux fraises et autres fixettes de femme enceinte, elle achetait des oiseaux. On

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"Perdu connaissance" : Adrien Béal dans les plis de la vérité

Théâtre | Les questionnements qui nourrissent les spectacles du metteur en scène Adrien Béal sont a priori inépuisables, comme on pourra une nouvelle fois le constater à l'Hexagone de Meylan.

Nadja Pobel | Lundi 25 mars 2019

Annoncé comme un spectacle questionnant la vérité en s’appuyant sur la manière dont le philosophe Michel Foucault l’a traitée, Perdu connaissance, créé en octobre dernier au Centre dramatique national de Dijon, est aussi une pièce sur la solitude. Peut-être celle-ci révèle-t-elle d’ailleurs, presque au sens chimique, l’intériorité de chacun des six protagonistes… Avec cette scénographie imposante et intrigante matérialisant une loge de gardienne d’école, le metteur en scène Adrien Béal dispose ainsi d’un lieu à recoins et à coulisses laissant entrevoir le dehors et cachant des mystères à l’image du texte elliptique, écrit au plateau au cours d’improvisations. Cette fille débarquée dans la loge où vivait sa sœur qui a littéralement « perdu connaissance » est-elle vraiment celle qu’elle prétend être devant la directrice d’école suspicieuse de prime abord ? Cette dernière est-elle aussi lisse qu’elle apparaît alors que, durant des années, elle et son mari n’ont pas utilisé entre eux la verbalisation – « c’était plus équilibrant que de se parler des choses du quotidien » ? Adrien Béal, qui nous avait dé

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Antonio Placer : « Ce qui se passe résiste à notre compréhension »

ACTUS | Alors que la Ville de Grenoble n'a pas souhaité les reconduire à la tête du Nouveau Théâtre Sainte-Marie-d'en-bas qu'ils dirigent depuis 2015, le musicien espagnol et son équipe tentent de « rétablir la vérité » sur ce dossier.

Aurélien Martinez | Mardi 12 mars 2019

Antonio Placer : « Ce qui se passe résiste à notre compréhension »

Une visite dans tous les recoins de la chapelle et de ses annexes pour prouver « l’état délabré » de la bâtisse qu’ils gèrent depuis 2015 (et qu’ils ont tenté de remettre sur pied avec les moyens du bord), puis une série de questions-réponses nourrie par de nombreux documents comptables afin de prouver leur bonne foi : la semaine dernière, Antonio Placer, directeur du Nouveau Théâtre Sainte-Marie-d'en-bas, et Jean-François Carcelén, président de l'association Musiques créatives du sud, ont souhaité défendre leur bilan devant quelques journalistes. Et, surtout, « rétablir la vérité » après leur non-reconduction par la Ville de Grenoble à la tête de ce théâtre du quartier Très-Cloîtres. Car à la suite d'un nouvel appel à projets lancé l’an passé, c’est le Centre international des musiques nomades du festival Les Détours de Babel qui gérera le lieu dès septembre. « Ce qui se passe résist

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Le Théâtre Sainte-Marie-d'en-Bas change de main

ACTUS | C'est l'équipe des Détours de Babel qui l'occupera dès septembre 2019.

La rédaction | Mercredi 9 janvier 2019

Le Théâtre Sainte-Marie-d'en-Bas change de main

« Le Centre international des musiques nomades s'installera au Théâtre Sainte-Marie-d'en-Bas à partir de septembre 2019 » : c’est par un communiqué publié mi-décembre que l’association qui porte le festival Les Détours de Babel a rendu public la décision prise par la Ville de Grenoble de lui confier les clés de ce lieu culturel du quartier Très-Cloîtres. C’en est donc fini pour le projet porté depuis quatre ans par le musicien Antonio Placer – même s’il nous a assuré être très proche des équipes du festival et qu’il pourrait donc revenir dans le lieu sous une autre forme. « Dans la continuité de la vocation musicale et de l’esprit d’ouverture du projet précédent, le Centre international des musiques nomades fera vivre en musique le Théâtre Sainte-Marie-d’en-Bas pour trois saisons. Espace privilégié de rencontres musicales inédites, lieu de croisement des imaginaires d’aujourd’hui, il sera le prolongement naturel du festiva

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Un Festival international de théâtre action « pour avoir un regard sur le monde »

Festival | Et revoici le Fita dont la neuvième édition se déroulera du mercredi 14 au samedi 24 novembre dans divers lieux de Grenoble et de l’agglo. Avec, comme à chaque fois, un florilège de spectacles militants (huit cette année) que Laurent Poncelet, metteur en scène de la compagnie Ophélia Théâtre qui pilote l’événement, nous présente.

Alice Colmart | Mardi 13 novembre 2018

Un Festival international de théâtre action « pour avoir un regard sur le monde »

« On compte encore rassembler autour de questions contemporaines, sociales, politiques, économiques » : voilà comment Laurent Poncelet, directeur du Fita (Festival international de théâtre action), décrit l’événement qu’il porte depuis neuf éditions. « Je me suis inspiré d’un concept venu à l’origine de Belgique : un festival qui parlait de questions contemporaines en mettant essentiellement en avant des créations collectives. On l’a transformé un peu, en partant de l’idée que si une thématique forte est traitée, peu importe le genre concerné, un texte d’auteur par exemple, on pourra inclure la pièce à la programmation. » Et cette année, les spectacles, joués par des compagnies françaises comme internationales « pour avoir un regard sur le monde, l’objectif étant de voir des choses qu’on ne voit pas d’habitude », tournent autour « du témoignage ». Des témoignages qui peuvent à la fois être autobiographiques comme dans Ma vie en prison, « spectacle prévu au

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"En liberté !" : les magnifiques

ECRANS | Pour compenser ses années de taule, un innocent commet des délits. Sans savoir qu’il est "couvert" par une policière, veuve de celui qui l’avait incarcéré à tort, elle-même ignorant qu’un collègue amoureux la protège… Encore un adroit jeu d’équilibriste hilarant signé Pierre Salvadori, porté par l'excellent duo Adèle Haenel – Pio Marmai.

Vincent Raymond | Lundi 29 octobre 2018

Policière, Yvonne élève son fils dans la légende de son défunt époux Santi, flic héroïque mort en intervention. Découvrant fortuitement que celui-ci était un ripou de la pire espèce, elle entreprend de réhabiliter une de ses victimes, et cause son pesant de dommages collatéraux… Après une parenthèse semi-tendre célébrant les épousailles de la carpe et du lapin (Dans la cour, avec Deneuve et Kervern), Pierre Salvadori revient à ses fondamentaux : une comédie portée par des bras cassés, émaillée d’un franc burlesque et construite autour de mensonges plus ou moins véniels. Qu’ils proviennent de mythomanes pathologiques ou d’affabulateurs·trices d’occasion, qu’ils visent à duper ou à adoucir la vie de ceux qui en sont les destinataires, les gauchissements de la vérité constituent en effet la trame régulière du cinéma salvado

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"Un peuple et son roi" : astre déchu

ECRANS | Dans cette fresque révolutionnaire entre épopée inspirée et film de procédure, Pierre Schoeller semble fusionner "Versailles" et "L’Exercice de l’État", titres de ses deux derniers longs-métrages de cinéma. Des moments de haute maîtrise, mais aussi d’étonnantes faiblesses. Fascinant et bancal à la fois.

Vincent Raymond | Mardi 25 septembre 2018

1789. La Bastille vient de tomber, et le roi quitte Versailles après avoir signé la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen soumise par l’Assemblée. Dans les rues de Paris, la famille d’un souffleur de verre est portée par ce vent d’espérance. Et si le peuple avait enfin voix au chapitre ? Moment-clé de notre histoire, tournant civilisationnel du fait de sa résonance sur les nations voisines, de son potentiel dramatique et de ses conséquences contemporaines, la Révolution française constitue un morceau de choix pour tout amateur de geste épique, de combats d’idées et d’élans tragiques. Filmer l’exaltation d’une guerre civile éclatant sous l’auspice des Lumières et la conquête de la liberté par le peuple a déjà galvanisé Abel Gance, Sacha Guitry ou Jean Renoir. Comme eux, Pierre Schoeller rallie ici la quintessence des comédiens de son époque : le moindre rôle parlé est donc confié à un·e interprète de premier plan – Gaspard Ulliel, Adèle Haenel, Olivier Gourmet, Louis Garrel, Izïa Higelin, Laurent Lafitte, Denis Lavant... Le défilé en est étourdissant, mais pas autant que celui des députés ayant à se prononcer par ordre alphabétique de circons

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L'Europe sous toutes les coutures avec les Rencontres du jeune théâtre européen

Festival | Et c'est parti pour la 30e édition des bien nommées Rencontres du jeune théâtre européen organisées chaque année début juillet à Grenoble par le Créarc (Centre de création de recherche et des cultures). Mais encore ?

Alice Colmart | Mardi 19 juin 2018

L'Europe sous toutes les coutures avec les Rencontres du jeune théâtre européen

Pas de changements pour la 30e édition des Rencontres du jeune théâtre européen, mais toujours une même ambition : « faire en sorte d’ouvrir le théâtre à tous et pas qu’à une certaine élite » selon Jordan Nicoletti, chargé de communication du Créarc (l’association qui porte l’événement). Ainsi, pendant une semaine, 15 compagnies de 12 pays différents (Italie, Royaume-Uni, France, Roumanie, Portugal, Grèce, Pologne, Lituanie...) fouleront le sol grenoblois afin de se produire en plein air ou dans une des quatre salles de l’agglo qui accueillent le festival (l'Espace 600, le Théâtre 145, la salle Olivier Messiaen et le Musée archéologique). Et ainsi rencontrer le public. Théâtre en VO Proposés en langues maternelles, les spectacles toucheront à plusieurs genres, du théâtre de répertoire, classique et contemporain, à la création collective en passant par le théâtre-action, « un mouvement initié à Grenoble par Fernand Garnier [le fondateur du Créarc – NDLR] et dont les textes partent de sujets de société ». Autre forme abordée, le théâtre de l’opprimé, forme militante élaboréee par le drama

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Belledonne en cirque : « Créer un cirque à ciel ouvert »

Festival | Samedi 23 et dimanche 24 juin, c'est du côté de Revel, dans le massif de Belledonne, que ça va se passer. On vous en dit plus.

Alice Colmart | Mardi 19 juin 2018

Belledonne en cirque : « Créer un cirque à ciel ouvert »

Samedi 23 et dimanche 24 juin est prévue la deuxième édition du festival Belledonne en cirque, au bord du lac de Freydières à Revel (massif de Belledonne). « L’idée était de créer un cirque à ciel ouvert pour changer des chapiteaux et des lieux fermés. On a voulu transformer cet espace destiné aux skieurs, aux randonneurs, aux grimpeurs, en un lieu artistique » explique Marie Maton, co-fondatrice du festival organisé par l’association Kafé sauvage. Au cœur de la nature s’installera donc un véritable cabaret circassien où se succéderont des jongleurs, des clowns, ou encore des acrobates comme ceux de la cie La Tête sur les Étoiles « qui mixe plusieurs disciplines : du jonglage, de la musique en live, du clown ». Et si le festival aspire à « rendre ces arts accessibles à tous, notamment en proposant un prix d’entrée libre », il prévoit également des initiations – au monocycle, à la jongle, à la bascule coréenne... « Le but est de montrer que ce n’est pas si compliqué que ce que l’on se l’imagine. » Au programme s’ajoutent également une projection Back to the Fjords, « film qui mê

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Théâtre municipal de Grenoble : « On est au tout début de quelque chose »

ACTUS | Encore des changements du côté du Théâtre municipal de Grenoble qui va accueillir deux artistes en résidence dès la saison prochaine (Pascale Henry et Julie Desprairies). Et va véritablement clarifier la nouvelle ligne artistique qui prend forme depuis plusieurs saisons.

Aurélien Martinez | Mardi 29 mai 2018

Théâtre municipal de Grenoble : « On est au tout début de quelque chose »

Ça (se) cherche en matière culturelle du côté de la municipalité de Grenoble depuis l’élection de l’équipe Piolle en 2014. Et ça (se) cherche notamment autour de la question du Théâtre municipal, approchée d’abord timidement avant de devenir un axe de travail majeur pour la direction des affaires culturelles de la Ville et l’adjointe aux cultures Corinne Bernard. Avec deux décisions marquantes : celle, en 2015, de véritablement rattacher les deux théâtres du bout du cours Berriat (le 145 et le Poche) au Théâtre municipal (ils étaient auparavant gérés par le collectif d’artistes Tricycle, débarqué houleusement) ; et celle, qui a pris forme progressivement depuis deux saisons, de demander à l’équipe dirigeante de faire une programmation moins estampillée théâtre de boulevard privé – ce qui était le créneau de la salle depuis pas mal de temps. « Pour moi, un théâtre municipal doit remplir des missions de service public, et du coup il ne peut pas fonctionner comme un théâtre privé

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Grenoble : zoom sur 8 œuvres du campus

ESCAPADES | Sur le campus de Saint-Martin-d'Hères, on peut trouver des étudiants, des bâtiments en béton, et de nombreuses œuvres d’art signées de grands noms comme Alexander Calder ou François Morellet. En voici huit devant lesquelles nous passons parfois sans prêter attention, alors qu’elles méritent largement tout notre intérêt. Par Alice Colmart et Ismaël Bine

La rédaction | Mardi 3 avril 2018

Grenoble : zoom sur 8 œuvres du campus

Dans ses rues, dans ses jardins, sur ses murs, le campus de Saint-Martin-d'Hères regorge de joyaux de l'art contemporain. Des sculptures, des mosaïques ou encore des fresques dont on ne soupçonne parfois pas l’existence tant certaines sont discrètes. « Ces œuvres sont installées en permanence, les étudiants passent à côté tous les jours ou presque et ne s’en rendent pas forcément compte. Même les personnels, qui sont parfois là depuis 20 ans, ne voient pas nécessairement ce qu’il y a autour d’eux. Pour identifier les créations, il faut les montrer du doigt. » C’est de cette manière que pendant plus d’une heure, Lisa Pak, guide en charge de la valorisation du patrimoine pour Un Tramway nommé culture (le service culturel de la fac), nous a dévoilé huit œuvres plus ou moins bien cachées sur les 175 hectares du campus. Pour la plupart, elles sont nées d’une loi appelée « 1 % artistique ». « Lors de la construction d’un bâtiment public, une école, une université, une gendarmerie…, 1 % du budget hors fondation est réservé à l’achat ou la commande d’une œuvre contemporaine. L’objectif étant bien sûr de valoriser l’art contemporain.

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"La Dernière saison" : le Cirque Plume au crépuscule

Cirque | Critique enthousiaste du spectacle que la compagnie présentera au Grand Angle de Voiron du vendredi 2 au jeudi 8 mars.

Nadja Pobel | Mardi 27 février 2018

Créé dans leur fief de Besançon en mai dernier, le spectacle La Dernière saison signe la fin de l'aventure du Cirque Plume. L'équipe, toujours menée par les fondateurs (dont le directeur Bernard Kudlak), achève là sa formidable aventure née au début des années 1980 avec cette idée de « fédérer un public large sans étiquette sociale prédéfinie ». C'est toujours le cas sous leur chapiteau qui accueille un millier de spectateurs durant les trois années (nécessaires à sa rentabilité) d'exploitation du spectacle. Eux qui ont commencé leur carrière bien avant que les arts du cirque ne soient institutionnalisés n'ont eu de cesse de creuser le même sillon : celui de l'authentique et de la rigueur. Et si leur précédent spectacle Tempus fugit n'était à nos yeux qu'un catalogue de numéros trop vus, celui-ci est habité par une poésie qu'ils revendiquent à tel point que l’atmosphère, les bruits inquiétants et les gestes simples (une danse avec une plume par exemple) sont plus émo

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Premier lever de rideau pour le Théâtre des gens

Nouveau lieu | Rendez-vous samedi 13 janvier pour découvrir une nouvelle salle pilotée par l’École des gens et son directeur Guillaume Lavie.

Alice Colmart | Mardi 9 janvier 2018

Premier lever de rideau pour le Théâtre des gens

Samedi 13 janvier ouvrira rue Nicolas Chorier un nouveau théâtre privé : celui de l’École des gens, école de théâtre associative créée en 2013 qui a logiquement baptisé le lieu le Théâtre des gens. Dans cette salle de 90m², qui vient en extension à l’école, amateurs et professionnels seront invités à répéter et se produire. « On a lancé un appel à projets destiné aux groupes de danse, de théâtre ou encore de musique. Aucun style n’est imposé, on ne privilégie ni le contemporain ni le classique. On souhaite travailler avec la singularité des artistes pour qu’ils libèrent leur parole artistique et politique » nous détaille Guillaume Lavie (photo), directeur pédagogique de la formation et metteur en scène. « Pour commencer, on proposera un spectacle tous les quinze jours. À terme, on espère présenter un spectacle par semaine. » Mais le projet ne s’arrête pas là. « L’idée est de créer un lien entre les structures théâtrales grenobloises. Les élèves de la Basse cour seront par exemple invités à se produire aux cotés de nos élèves

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PB d'or 2017 : spectacle vivant

C'était 2017... | Avec une nouvelle initiative passionnante et un théâtre qui change.

Aurélien Martinez | Mardi 19 décembre 2017

PB d'or 2017 : spectacle vivant

Le PB d’or de l’initiative enthousiasmante : les Grands rassemblements Fin décembre 2016, Rachid Ouramdane et Yoann Bourgeois, les deux nouveaux directeurs du Centre chorégraphique national de Grenoble, lançaient à la MC2 la première édition d’une drôle d’aventure : les Grands rassemblements, « temps partagés avec le public » construits autour de spectacles, de performances, d'ateliers, d'échanges… En envahissant deux soirs de suite tous les lieux du théâtre, des salles de spectacle aux studios en passant par le bar et le hall, les artistes qu’ils ont invités (principalement des chorégraphes et des circassiens) ont proposé un moment d’une grande intensité pour le public, qui n’avait qu’à se laisser porter par le mouvement – et s’émouvoir devant le concert de Yaël Naim avec des circassiens, l’une des plus belles choses vues ces dernières années. Logique donc que nous ayons mis en "une" du journal en mai dernier

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Elisabeth Papazian : la battante

Portrait | En avril 2015, le Théâtre Prémol, situé dans le quartier grenoblois Village Olympique, a été ravagé par un incendie criminel. Alors que sa reconstruction est prévue pour 2019, nous avons rencontré Elisabeth Papazian, qui depuis fait tout pour que les activités du lieu perdurent.

Alice Colmart | Mardi 28 novembre 2017

Elisabeth Papazian : la battante

« Mais où vais-je chanter, où vais-je danser ? m’a t-on demandé affolé. » Adossée à la chaise de son bureau, Elisabeth Papazian, dont le regard sombre est perçant et la chevelure maîtrisée par un bandeau, revient, la voix nouée, sur l’incendie criminel que son théâtre a subi il y a deux ans. Dans la nuit du 18 au 19 avril 2015, près des trois quarts de la toiture du Théâtre Prémol sont ainsi partis en fumée tandis que la salle, ainsi qu’une partie du dojo et de la MJC attenants, ont été détruits. « Ça a été un véritable choc pour les habitants » nous assure celle pour qui cet événement « traumatisant » a fait l’objet d’une réelle remise en question. « A-t-on bien fait les choses ? » s’est demandé la Grenobloise qui, depuis 25 ans, est investie dans la vie du quartier Village Olympique. « J’ai dû gagner leur confiance » « Le projet Prémol, théâtre socioculturel au service de la culture et des habitants, est né en 1991, alors que je travaillais au s

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Cinq spectacles de cirque (mais pas que) à voir cette saison

Panorama de rentrée culturelle 2017/2018 | Une sélection à base d'acrobaties mais aussi de western, de clown ou encore d'humour.

La rédaction | Jeudi 14 septembre 2017

Cinq spectacles de cirque (mais pas que) à voir cette saison

Le syndrome de Cassandre Champion du monde de magie avec Baltass, un numéro de balles vu près d'un million de fois sur Youtube, Yann Frisch a poussé plus loin son talent et a même déconstruit son savoir-faire dans cette pièce qui tourne partout et émeut. Il est un clown qui tombe le masque ; plutôt que de faire rire de ses maladresses, il voudrait faire croire ce qu'il raconte. Alors il se fait sombre, sort sa mère en tissu d'un cercueil, escamote des tours et touche au cœur. À l’Hexagone du 17 au 19 octobre Halka Le Groupe Acrobatique de Tanger est une compagnie de cirque impressionnante, qui maîtrise l’art du spectaculaire (ils seront quatorze acrobates sur scène) et de la pyramide humaine. Si nous n’avons pas encore vu leur nouvelle création, on en attend beaucoup. À la Rampe (Échirolles) les 12 et 13 décembre Minuit

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Ciel, mon Théâtre municipal de Grenoble change !

Politique culturelle | Depuis deux saisons, un vent d’air frais souffle du côté du Théâtre municipal de Grenoble. Finies (en partie) les pièces de boulevard bourrées de stars désuètes ; bonjour les spectacles décalés qu’on ne voyait pas assez dans les autres salles de l’agglo. Et si ce Théâtre municipal qui, au passage, fêtera ses 250 ans l’an prochain, était le nouveau lieu hype à Grenoble ?

Aurélien Martinez | Mardi 12 septembre 2017

Ciel, mon Théâtre municipal de Grenoble change !

Au Petit Bulletin, nous avons au fond d’un bureau des boîtes bourrées d’anciennes plaquettes de saison, ce qui nous permet de mesurer concrètement les changements au fil des ans dans les différentes salles de spectacle de l’agglo. Et quand on se penche sur le cas du Théâtre municipal de Grenoble, on se rend compte qu’ils sont énormes en comparant le programme 2017/2018 à celui, pioché au pif, de 2011/2012. Il y a six ans, on était principalement sur des vaudevilles, classiques ou contemporaines, bourrées de têtes d’affiche vues à la télé – Thierry Lhermitte, Josiane Balasko, Claude Brasseur, Patrick Chesnais, Isabelle Mergault, Roland Giraud, Martin Lamotte ou encore Jean-François Balmer. Oui, tout ce beau monde en une seule saison, ce qui plaisait beaucoup à un certain public – qu’on ne prendra pas le risque de qualifier pour ne vexer personne ! Aujourd’hui, si on croise encore quelques noms connus ici et là (Martin Lamotte, Bruno Solo et Barbara Schulz seront les prochains mois sur les planches de la rue Hector-Berlioz), on se trouve face à une programmation plus variée, et surtout plus risquée, avec des propositions audacieuses qui donnent

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Robin Campillo : « J'ai un point de vue de militant de base »

ECRANS | Auréolé du Grand prix du jury au dernier Festival de Cannes, le scénariste et réalisateur de "120 battements par minute", en salle le 23 août, revient sur la genèse de ce film qui fouille dans sa mémoire de militant.

Vincent Raymond | Vendredi 21 juillet 2017

Robin Campillo : « J'ai un point de vue de militant de base »

Comment, avec un tel sujet (« Début des années 1990 ; alors que le sida tue depuis près de dix ans, les militants d'Act Up-Paris multiplient les actions pour lutter contre l'indifférence générale »), évite-t-on de tomber dans le piège du didactisme ? Robin Campillo : Ça fait longtemps que se pose pour moi le problème des scénarios qui prennent trop le spectateur par la main comme un enfant et qui expliquent absolument tout ce que vivent les personnages. La meilleure façon que j’aie trouvée, c’est de reprendre ce truc à Act Up-Paris : il y avait un type qui, à l’accueil, expliquait très bien comment fonctionnait la prise de parole. Mais ensuite, quand on était dans le le groupe, on ne comprenait absolument plus rien à la manière dont fonctionnaient les gens : il y avait trop d’informations ! On s’apercevait que le sujet sida était éclaté en plein d’autre sujets, et on était perdus. J’ai donc voulu jeter le spectateur dans cette arène, comme dans une piscine pour qu’il apprenne à nager tout seul. Je voulais qu’il n’ait pas le temps de réagir à ce qui se produisait, aux discours ni aux actions, lui donner l’impression q

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"120 battements par minute" : charge virale

ECRANS | de Robin Campillo (Fr., 2h20) avec Nahuel Perez Biscayart, Arnaud Valois, Adèle Haenel…

Vincent Raymond | Mardi 4 juillet 2017

Histoires de révoltes et de combats. Celles des militants d’Act Up Paris à l’orée des années 1990 pour sensibiliser à coups d’actions spectaculaires l’opinion publique sur les dangers du sida et l’immobilisme de l’État. Et puis la romance entre Nathan et Sean, brisée par la maladie… Grand Prix à Cannes, ce mixte d’une chronique politique et d’une histoire sentimentale est aussi une autobiographie divergée de son réalisateur Robin Campillo. Ancien membre d’Act Up, il a toute légitimité pour évoquer le sujet de l’intérieur, en assumant sa subjectivité, et tenant compte du temps écoulé. Le portrait collectif qu’il signe n’est ainsi ni un mausolée aux victimes, ni un panégyrique aux survivants, ni un documentaire de propagande : il s’inscrit dans un contexte historique, à l’instar d’un conflit armé. Campillo emprunte d’ailleurs sa construction aux films de guerre, chaque génération ayant les siennes – les AG étant les réunions d’état-major avant les actions et manifs ; le champ de bataille les lieux d’intervention. Sauf qu’il y a ici deux guerres à mener : l’une, visible, contre les institutions et les labos pharmaceutiques ; l’autre, intime, contre le vir

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Rencontres du jeune théâtre européen : jeunes de tous pays, unissez-vous !

Festival | Ces Rencontres, organisées à Grenoble, ont au moins une qualité : elles ne mentent pas sur la marchandise, annonçant clairement la couleur dans leur nom. Zoom sur la nouvelle édition prévue du vendredi 30 juin au dimanche 9 juillet.

Aurélien Martinez | Mercredi 21 juin 2017

Rencontres du jeune théâtre européen : jeunes de tous pays, unissez-vous !

C'est parti pour une nouvelle édition des Rencontres du jeune théâtre européen. « 9 jours de spectacles, de cafés-débats, d’ateliers, d’échanges artistiques entre théâtre, danse, musique, écriture ; 9 jours de dialogue international entre jeunes comédiens appartenant à 14 compagnies de 12 pays différents. » Niveau pays invités, en plus de la France, on retrouvera l’Allemagne, la Belgique, l’Espagne, l’Italie, le Royaume-Uni, la Pologne, la Roumanie, la Hongrie et la Lituanie ; ainsi que deux autres pas forcément européens géographiquement parlant mais dont la présence fait évidemment sens : le Burkina Faso et le Canada. Sinon, concrètement, pendant le festival, on découvrira des spectacles dans plusieurs salles de l’agglo ou en plein air (avec notamment une parade-spectacle en clôture avec tous les participants des Rencontres – cette année sur Œdipe Roi de Sophocle), en VO pour la plupart et, fait non négligeable, présentés gratuitement. Voilà pour l’explication du principe. Mais, au-delà de ce seul aspect, les Rencontres ont, bien sûr, d’autres qualités. Dont celle, primordiale, d’am

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Parc des arts à Grenoble : où en est-on ?

Inauguration | Dimanche 9 avril sera inauguré à Grenoble, dans le quartier Mistral, le Théâtre de verdure, petit amphi de 100 places situé à quelques mètres du Prunier sauvage. On a rencontré Brahim Rajab de ce même Prunier pour en savoir plus sur cette première étape du futur Parc des arts censé voir le jour en 2019.

Aurélien Martinez | Mardi 4 avril 2017

Parc des arts à Grenoble : où en est-on ?

On est derrière le Prunier sauvage, salle de spectacle du quartier Mistral située dans le parc Bachelard, devant un petit amphithéâtre installé entre les arbres. C’est joli (surtout avec ce soleil), mais ça va servir à quoi ? Brahim Rajab, directeur du Prunier sauvage, répond à notre (fausse) interrogation : « C’est le Théâtre de verdure qui a été voté dans le cadre du budget participatif 2015 de la Ville de Grenoble. C’est un élément sur l’espace public destiné à tous les usages, amateurs comme professionnels, où chacun pourra proposer des spectacles, des concerts, des débats… » Coordonné par le Prunier sauvage, cet espace de 100 places va être officiellement inauguré ce dimanche 9 avril avec une batucada ou encore un spectacle de la Fabrique des petites utopies (Un mystérieux voyage en forêt). Avant d’être investi les prochains mois par plusieurs temps forts, dont un gros événement baptisé L’Été indien fin août avec pas mal d’artistes – la Fabrique, Yoann Bourgeois… Ambition collective Une inauguration qui n’est surtout qu’une étape d’un projet beaucoup plus grand : la création d’un

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Arnaud de Pallières : « Je me suis laissé envahir par mon personnage »

ECRANS | Quatre ans après "Michael Kohlhaas", Arnaud des Pallières revient avec "Orpheline". Et traite toujours de l’injustice, en épousant à nouveau le regard d’une victime combative – qui se trouve être ici une femme. Toute ressemblance avec une personne existante n’est pas fortuite…

Vincent Raymond | Mardi 28 mars 2017

Arnaud de Pallières : « Je me suis laissé envahir par mon personnage »

D’où provient cette construction fragmentaire de votre film Orpheline ? Arnaud de Pallières : Tout a commencé avec Christelle Berthevas, la coscénariste avec qui j’avais écrit Michael Kohlhaas, mon précédent film. Elle m’avait raconté son histoire par fragments, de son enfance à ses 20 ans. Je lui ai demandé si elle était d’accord pour qu’on le transforme en un film, en jetant la matière comme elle lui venait. Très tôt en amont, j’ai eu l’intuition que ce film devait respecter cette forme fragmentaire – les différentes parties, sans raconter forcément ce qui se déroule entre elles – et diffracter le personnage en quatre actrices. Christelle a accepté, bien que cela court-circuite un projet d’écriture romanesque qu’elle avait. Quand avez-vous réussi à vous approprier son histoire ? Le geste le plus ancien dont je me souvienne est intervenu à

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"Orpheline" : seule(s) au monde

ECRANS | De l’enfance à l’âge adulte, le portrait chinois d’une femme jamais identique et cependant toujours la même, d’un traumatisme initial à un déchirement volontaire. Une œuvre d’amour, de vengeance et d’injustices signée Arnaud des Pallières et servie par un quatuor de comédiennes renversantes.

Vincent Raymond | Mardi 28 mars 2017

Enseignante et enceinte, Renée reçoit la visite surprise dans sa classe de la belle Tara, fantôme d’autrefois. Peu après, la police l’arrête dévoilant devant son époux médusé sa réelle identité, Sandra. Elle qui avait voulu oublier son passé, se le reprend en pleine face : sa jeunesse délinquante, son adolescence perturbée, jusqu’à un drame fondateur. Comme vivre après ça ? Il faut rendre grâce à Arnaud des Pallières d’avoir osé confier à trois actrices aux physionomies différentes le soin d’incarner les avatars successifs d’un unique personnage. Ce parti pris n’a rien d’un gadget publicitaire ni d’une coquetterie, puisqu’il sert pleinement un propos narratif : montrer qu’une existence est un fil discontinu, obtenu par la réalisation de plusieurs "moi" juxtaposés. À chaque étape, chaque métamorphose en somme, Kiki-Karine-Sandra abandonne un peu d’elle-même, une exuvie la rendant orpheline de son identité passée et l’obligeant à accomplir le deuil de sa propre personne pour évoluer

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Mais que se passe-t-il au Conservatoire de Grenoble ?

ACTUS | Depuis quelques années, la section théâtre du Conservatoire de Grenoble semble dans la tourmente, au vu des nombreux échos nous parvenant régulièrement ici (des élèves) et là (des anciens étudiants et professeurs). Alors on a enquêté. Et en effet, presque chaque rentrée amène son lot de confrontations, de presque annulation de spectacle et de cours parfois boycottés. On remonte le fil (bien emmêlé) de cette histoire de conservatoire.

Jean-Baptiste Auduc | Mardi 21 mars 2017

Mais que se passe-t-il au Conservatoire de Grenoble ?

Dans une salle en béton sombre, défraîchie et sans fenêtre, les élèves répètent en chaussettes sur scène. Un jeune homme, face caméra, récite un texte, trébuche sur une phrase, se reprend et rigole. L’ambiance a l’air détendue en ce lundi de février. Nous sommes dans les murs du Conservatoire à rayonnement régional (CRR) de Grenoble, près de la MC2, en compagnie de la section théâtre (il y en a aussi une en danse et une en musique). Une institution prestigieuse qui a vu naître nombre de talents qui s’épanouissent aujourd’hui sur les scènes grenobloises et d’ailleurs. Car l’établissement, tourné vers les amateurs, propose également des classes Cepit (Cycle d’enseignement professionnel initial de théâtre). Mais depuis 2013, cette section théâtre du conservatoire tangue… Pendant une quinzaine d’années, deux grandes figures l’ont chapeautée : le comédien Patrick Zimmermann, qui démissionne en 2013, et la metteuse en scène Muriel Vernet, qui se retire en 2015. Ils ont suivi de nombreux acteurs débutants jusqu’à leur professionnalisation et restent très liés

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Laurent Poncelet : « Nous avons une démarche militante »

Festival International de Théâtre Action | Sept pays se retrouvent pour onze spectacles durant le Festival International de Théâtre Action (Fita), à Grenoble et dans l’agglo. On en parle avec Laurent Poncelet, de la compagnie Ophélia Théâtre qui le porte.

Jean-Baptiste Auduc | Mardi 8 novembre 2016

Laurent Poncelet : « Nous avons une démarche militante »

Avec le Fita, on rit, on danse, on joue, on parle. Tout cela en même temps. Laurent Poncelet, metteur en scène de la compagnie Ophélia Théâtre et organisateur de l’événement, n’a jamais voulu se cantonner à un seul domaine artistique. « Il y a de la danse, du théâtre, des récits et puis des arts mêlés » énumère-t-il. Un festival qui aborde des thèmes variés venant du monde entier, avec un fil reliant le tout : « l’engagement ». Les pièces traitent ainsi des questions de société, de la nourriture (avec Manger, pièce burlesque qui revient sur les modes de consommation actuels comme la malbouffe), de la Syrie (Les deux réfugiés, où deux frères racontent leur quotidien en France) ou encore du racisme (Blue's-cat, spectacle pluridisciplinaire de Côte d’Ivoire et du Burkina Faso). Cet engagement est aussi visible par les liens qu’entretient la compagnie Ophélia avec le monde associatif. « À Grenoble, il y a un réseau associatif très riche qui nous permet de faire un travail de fond. On travaille avec 60 partenaires. » Le festival, pour cette 8e édition

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Culture sous haute surveillance politique

politique culturelle | Fini le temps où les politiques culturelles étaient construites main dans la main avec les artistes et les professionnels ? Aujourd’hui, les élus semblent de plus en plus vouloir se réapproprier ce secteur avec, parfois, des méthodes abruptes et des arguments spécieux – ah, le fameux mot élitisme mis à toutes les sauces. Retour sur les derniers faits en date, notamment à Seyssinet-Pariset.

Jean-Baptiste Auduc | Lundi 31 octobre 2016

Culture sous haute surveillance politique

« On n’a pas très envie de revenir sur ce sujet. » Voilà ce qu’on nous répond à l’Ilyade de Seyssinet-Pariset lorsqu'on cherche à joindre l’équipe pour évoquer les difficultés qu’elle rencontre avec la mairie (de droite) et l’adjoint à la culture Frédéric Battin. Retour en mars 2016. La directrice de la salle de spectacle, Noémi Duez, boucle sa programmation pour la prochaine saison. Mais juste avant le dévoilement de celle-ci, la mairie lui demande un changement : sur les 17 spectacles prévus, un va devoir disparaître de la plaquette. Ce sera Vous reprendrez bien une petite danse, pièce de danse contemporaine présentant des personnes âgées. Comme l’Ilyade est une salle municipale (ce qui est le cas de nombreuses autres dans l’agglo), l’élu à la culture dispose d’un droit de regard. « Je me dois de donner une couleur à la programmation. Il nous a semblé que ce spectacle était celui qui correspondait le moins à ce que nous voulions pour l’Ilyade. » La programmation est pourtant un travail en soi, confié à la directrice et son équipe. Alors pourquoi cette décision, justifiée entre autr

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Festival de marionnettes : ainsi fait, fait, fait Pont-de-Claix

Festival jeune public | La première édition du Festival de marionnettes est organisée du lundi 24 au vendredi 28 octobre à l'Amphithéâtre de Pont-de-Claix. Avec notamment l'excellente compagnie La Pendue.

Aurélien Martinez | Mardi 18 octobre 2016

Festival de marionnettes : ainsi fait, fait, fait Pont-de-Claix

En cette période où l’on est plutôt habitués à voir mourir les festivals, la naissance d’un nouveau à quelque chose de savoureux. Et d’inattendu, comme l’heureux événement arrive du côté de l’Amphithéâtre de Pont-de-Claix, salle de spectacle que la Ville avait reprise dans son giron en 2015, non sans fracas. Du coup, on a contacté Laurent Ageron, responsable de l’Amphi au sein du service culturel de la mairie, pour comprendre pourquoi il a décidé de lancer cet automne la première édition du Festival de marionnettes. « D’abord on voulait à nouveau positionner l’Amphithéâtre à l’échelle de l’agglomération. Ensuite, il y a une longue tradition du jeune public ici à l’Amphithéâtre, donc ça me semblait pertinent de continuer là-dessus. Et, enfin, il n’y a plus aujourd’hui de festival de marionnettes sur Grenoble, alors qu’il y a du public pour ça et qu’il y a sur l’agglomération des compagnies de marionnettes de première importance. » D’accord. Concrètement, lors de cette première édition organisée sur une semaine de vacances scolaires, on pourra découvrir quatre spectacles, dont la reprise de l’excellent Poli

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"La Fille inconnue" : les Dardenne, inconnus à cette maladresse

ECRANS | de Luc & Jean-Pierre Dardenne (Bel.-Fr., 1h46) avec Adèle Haenel, Olivier Bonnaud, Jérémie Renier…

Vincent Raymond | Mardi 11 octobre 2016

Une jeune médecin, s’estimant responsable de la mort d’une fille à qui elle avait refusé d’ouvrir la porte de son cabinet, mène son enquête en parallèle de la police pour établir son identité. Ses recherches perturbent beaucoup de monde… Jamais, auparavant, les Dardenne n’ont donné cette impression de passer à côté de leur film en racontant une histoire à laquelle on ne croit pas ; où l’on anticipe le moindre retournement scénaristique, même le plus improbable. Tous leurs ingrédients habituels se trouvent pourtant réunis : précarité, lâcheté, culpabilité, Gourmet, Renier, rédemption… Mais ici, ça ne prend pas. Rien que le fait de contenir une actrice explosive comme Adèle Haenel (revoyez Les Ogres ou Les Combattants pour bien apprécier l’énergie de son jeu) dans un rôle quasi statique et un cadre exigu ne cessant de se restreindre, induit de la distorsion à leur effet de réel. Et puis la vivacité

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La « petite utopie » européenne du Créarc

SCENES | Théâtre et politique, une association vieille comme… l’invention du théâtre ! La preuve une nouvelle fois en ce début juillet avec la vingt-huitième édition des fameuses Rencontres du jeune théâtre européen, organisée comme toujours par les Grenoblois du Créarc, Centre de création de recherche et des cultures. C’est-à-dire ?

Jean-Baptiste Auduc | Mardi 21 juin 2016

La « petite utopie » européenne du Créarc

Seize compagnies de onze pays différents pour une semaine de programmation théâtrale : voilà en quelques chiffres le festival organisé par le Créarc et qui se déroulera dans divers salles grenobloises. Mais les Rencontres du jeune théâtre européen, c’est avant tout un rassemblement sans égal de jeunes qui aiment et pratiquent le théâtre. Comme chaque année, les compagnies débarquent à Grenoble avec leurs créations, toutes visibles gratuitement. La plupart du temps, elles sont jouées en langue maternelle. L’occasion d’entendre des monologues en anglais, des diatribes en espagnol ou des échanges en hongrois (pour les plus polyglottes). « On peut parler de petite utopie. Parce que faire travailler ensemble 200 jeunes avec des langues différentes n’est pas facile » assure Romano Garnier, qui chapeaute le Créarc. Cette utopie, on la retrouve notamment dans la déambulation de fin de festival. Tous les acteurs répètent une partie de la pièce durant la semaine du festival. Le rendu a lieu le vendredi 8 juillet, en mouvement dans toute la ville. « Artistiquement, comme on n'a pas beaucoup de temps, ce n’est pas forcément très abouti. Mais il y a une vraie

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Août dans le Trièves avec le festival Mens alors

CONNAITRE | Entre le 8 et le 13 août, on croisera notamment le duo Arlt ou encore le spectacle "Le Petit cirque" de Laurent Bigot. Deux grands moments.

Aurélien Martinez | Lundi 18 juillet 2016

Août dans le Trièves avec le festival Mens alors

Treizième édition pour Mens alors, festival « d’échange et de création » situé à Mens (forcément), au sud de Grenoble. Et une édition qui, comme toujours, va sur plusieurs terrains, dont des passionnants. Ainsi du duo (et couple) Arlt, qu’on pourrait négligemment ranger dans la boîte chanson française, mais qui est plutôt à rapprocher de la famille des déglingueurs de langue. Arlt, ce sont ainsi des jongleries poétiques frémissantes voire bondissantes, lorgnant vers le folk, livrées en toute intimité, en mode trio pour leur concert du mercredi 10 août. À noter que d’autres beaux noms de la musique d’aujourd’hui (le bluesman suédois Bror Gunnar Jansson, le flûtiste Joce Mienniel en mode quartette, le trio du très jazzy François Raulin...) se côtoieront pendant la semaine de festivités. Côté spectacles, entre un ciné-concert pour orgue et une fantaisie théâtrale tout public, on aura notamment droit le vendredi 12 aoû

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Antonio Placer et Angélique Ionatos : indignés sans frontières

MUSIQUES | Le intense récital "Chansons indignées", entre Espagne et Grèce, continue de tournée à Grenoble et ailleurs. Il sera au Musée de Grenoble vendredi et samedi.

Aurélien Martinez | Mardi 7 juin 2016

Antonio Placer et Angélique Ionatos : indignés sans frontières

Antonio Placer, musicien espagnol installé depuis longtemps à Grenoble et nouvellement directeur du Théâtre Sainte-Marie-d’en-Bas (avec lequel il veut « célébrer les racines d'ailleurs des gens d'ici » comme il nous le déclarait en janvier), est un artiste engagé. On ne s’étonne donc pas qu’il ait baptisé son récital avec la chanteuse grecque Angélique Ionatos Chansons indignées. Une rencontre forte entre deux personnalités qui le sont tout autant même si, sur scène, les deux univers (et les deux guitares) s’imbriquent parfaitement. Et un concert « entre les îles de Lesbos et le Finisterre galicien » tout en poésie et en émotions qu’ils donnent depuis quelque temps et qu’ils joueront cette fois-ci au Musée de Grenoble, dans le cadre de l’accueil exceptionnel par ce dernier d’un tableau du fameux peintre espagnol d’origine crétoise El Greco.

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Voyage au Vietnam avec "À Ố Làng Phô"

Nouveau cirque | Spectacle pour seize acrobates du Nouveau cirque du Vietnam, "À Ô Làng Phô" est une pure merveille. À découvrir à la MC2.

Nadja Pobel | Dimanche 5 juin 2016

Voyage au Vietnam avec

À la fois exercice technique de très haut niveau mais aussi formidable documentaire sur le Vietnam, À Ố Làng Phô est une œuvre aussi personnelle qu'universelle. Si parfois ces circassiens semblent verser dans le cliché, c'est bien leur réalité qu’ils peignent et non les cartes postales d'Occidentaux en mal d'exotisme. Ainsi, ils traversent le plateau sur des vélos vacillants et surchargés de provisions, rejouent le travail à la chaîne d’une usine ressemblant à une fourmilière ou encore agitent leurs fouets culinaires immenses, comme à l'arrière-salle d'un restaurant. Très narratif, ce spectacle présente une succession de tableaux décrivant la modernisation de cette société et, comme au théâtre, un décor (ici tout en bois d’une grande élégance) abrite cette faune qui bondit, jaillit à cour, à jardin. Ils se saisissent de toutes les possibilités qu’offrent le cirque : voltige, jonglage (avec des mal nommés mâts "chinois"), contorsions (dans de drôles de demi-coques)… Un portrait de la jeunesse Tout est prétexte au jeu : que faire des paniers d'osier avec lesquels ils viennent de reconstituer une scène de marché ? En les accr

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Théâtre municipal de Grenoble : trois théâtres en un donc

ACTUS | Les théâtres 145 et de Poche, qui appartiennent à la Ville de Grenoble mais étaient gérés depuis 2011 par un collectif d'artistes, sont maintenant sous la responsabilité de la directrice du Municipal. Directrice qui vient de dévoiler sa prochaine saison, en compagnie de l'élue aux cultures de la Ville de Grenoble à l'orgine de cette fusion.

Aurélien Martinez | Jeudi 2 juin 2016

Théâtre municipal de Grenoble : trois théâtres en un donc

Voilà, c’est affiché clairement sur la plaquette de la prochaine saison du Théâtre municipal de Grenoble dévoilée la semaine dernière à la presse : le 145 et le Poche, théâtres du bout du cours Berriat dirigés pendant cinq ans par le collectif Tricycle, sont maintenant chapeautés par le Théâtre municipal, qui dispose ainsi de trois plateaux de jauges différentes (660, 240 et 150 places) pour l’ensemble de ses propositions artistiques. Même si cette réunion n’est visiblement pas encore définitive, comme l’a précisé l’élue aux cultures Corinne Bernard – « il faut qu’on trouve ensemble un chemin pour que tout le monde soit satisfait » (certains lui reprochent cette municipalisation de la culture). Sinon, niveau chiffres, il y aura la saison prochaine 90 levers de rideau sur les trois plateaux pour 48 spectacles en tout et 18 compagnies en résidence de création (principalement au 145 et au Poche). « La pari a été réussi » assure Corinne Bernard, évoquant

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Grenoble : les dossiers d'Éric Piolle et Corinne Bernard

ACTUS | En complément de la grande interview d’Éric Piolle et Corinne Bernard, zoom sur quatre sujets qui occupent en ce moment l’adjointe aux cultures de la Ville de Grenoble. Par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 5 avril 2016

Grenoble : les dossiers d'Éric Piolle et Corinne Bernard

Le Ciel / la Belle électrique Le contexte : Depuis l’arrivée de la Belle électrique en janvier 2015, la Ville repense son maillage de salles de concert. Et souhaite que cette dernière obtienne le prestigieux label "scène de musiques actuelles" avec le Ciel, petite salle située près de la place de Verdun qui se trouve en difficulté aujourd’hui faute à une baisse de subvention de la part de l’État. Corinne Bernard : « Ça y est, on a des bonnes nouvelles ! Au 1er juin, la convention smac sera effective pour les deux lieux, et tout le monde est avec nous – État, région, département. » Sur le Ciel : « La salle est utilisée 220 jours par an, on a 9 studios : il faut qu’on aille encore plus loin sur la répétition et la formation. C’est un lieu en centre-ville qui ne génère aucune nuisance sonore, on peut l’ouvrir H 24 avec un petit peu d’investissement – et c’est prévu. C’est un bijou bien caché : va juste falloir qu’on mette la lumière et qu’on dise que c’e

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