Mirage d'amour avec fanfare

ECRANS | de Hubert Toint (Bel./Fr./Sui., 1h37) avec Marie Gillain, Jean-François Stévenin, Eduardo Paxeco.…

Vincent Raymond | Mardi 22 mars 2016

Sans être à proprement parler un testament, cette œuvre posthume du Bernard Giraudeau-scénariste abrite tout ce que cet artiste polyvalent et voyageur appréciait : les grands espaces, l'Amérique du Sud, les ambiances révolutionnaires, les romances tragiques et une dose d'épopée picaresque…

Bref, un conte contemporain (ou presque : début du XXe siècle) taillé pour contenir ces paramètres ; un vrai mirage, en somme, à l'image du cinéma, permettant aux amoureux de l'histoire de se retrouver à leur manière. Joliment photographié, gentiment sensuel, sympathiquement désuet, ce film est réglé comme du papier à musique ; il lui manque hélas le souffle d'impro l'écartant de la partition un peu trop connue…VR


Mirage d'amour avec fanfare

De Hubert Toint (Bel-Fr, 1h37) avec Marie Gillain, Jean-François Stévenin...

De Hubert Toint (Bel-Fr, 1h37) avec Marie Gillain, Jean-François Stévenin...

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Hirondelle, responsable de la fanfare d’accueil pour l’arrivée du Président chilien, va faire la connaissance de Bello Sandalio. Cette rencontre improbable débouchera-t-elle sur l’amour, celui qui rend heureux à jamais ?


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"Jeunesse" : c’est Conrad qu’on rate

ECRANS | de Julien Samani (Fr., Por., 1h23) avec Kévin Azaïs, Jean-François Stévenin, Samir Guesmi…

Vincent Raymond | Mardi 6 septembre 2016

À force, les cinéastes devraient savoir que transposer un roman de Joseph Conrad dans le monde contemporain n’est pas sans risque : Welles s’y était cassé les dents et Coppola a failli y perdre la raison (avant d’accoucher, il est vrai, du chef-d’œuvre monstre Apocalypse Now, adaptation libre de la nouvelle Au cœur des ténèbres). Peu superstitieux, Julien Samani s’est jeté à l’eau en portant à l’écran Jeunesse, un récit partiellement autobiographique qui devient, hélas, une chronique initiatique aussi vague que démodée. Comment croire en effet qu’en 2016, un jeune gars puisse traîner sur un port dans l’espoir d’embarquer sur un cargo pour aller faire fortune en Afrique ? Comment admettre qu’un matelot novice devienne en l’espace de deux séquences et un regard distrait sur son manuel un sous-officier expérimenté ? Pour faire "authentique", sans doute, Samani ranime des figures légendaires : le vieux capitane, loup de mer roublard et éthylique (campé par un Jean-François Stévenin en mode Haddock) et son lieutenant, incapable de se départir d’un rictus patibulaire comme de son cure-dent (on plaint les gencives de Samir Guesmi), ainsi

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Toutes nos envies

ECRANS | De Philippe Lioret (Fr, 2h) avec Marie Gillain, Vincent Lindon…

Christophe Chabert | Vendredi 4 novembre 2011

Toutes nos envies

«Librement inspiré du roman d’Emmanuel Carrère», dit le générique. C’est un euphémisme. De D’autres vies que la mienne, Philippe Lioret n’a retenu que le squelette : le dernier combat d’une juge atteinte d’une maladie incurable contre les sociétés de crédit provoquant sciemment le surendettement de leurs clients. Tout le reste n’est qu’un remake de son précédent Welcome. Le plus frappant, c’est l’absence d’urgence dans la narration : plus occupé à mettre en scène les silences que l’action, Lioret en oublie que son sujet repose sur un double contre-la-montre. Seul le mélodrame l’intéresse ; même quand il invente une mère de famille surendettée, c’est pour la dépeindre comme une femme exemplaire (on n’est pas chez les Dardenne) et en faire une future maman de substitution à la juge condamnée. On ne s’intéresserait aux problèmes des autres que quand ils finissent par s’inviter dans notre quotidien… Chez Carrère, la chose était bien plus métaphysique ! Même le trouble amoureux qui devrait naître entre Gillain et Lindon ne donne lieu qu’à de pauvres rebondissements vite évacués par la pudibonderie du récit. Tout ici est aseptisé, plat, s

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