Shadow Days

ECRANS | de Zhao Dayong (Chi., 1h35) avec Li Ziqian, Liang Ming, Liu Yu…

Vincent Raymond | Mardi 29 mars 2016

Sujet tabou s'il en est pour la société chinoise, la politique publique de contrôle des naissances (et singulièrement dans les campagnes) ne fait pas partie des questions que le régime doit apprécier de voir traitées. Loin de renvoyer la réussite fulgurante des grands centres urbains du "pays aux deux régimes", Shadows Days décrit des zones rurales délabrées, abandonnées par la modernité, où l'autorité locale (le maire) entretient avec la capitale des relations ambigües : d'un côté application à la lettre de directives barbares (stérilisation de force des femmes trop fécondes), de l'autre pratique sereine de la prévarication ou du népotisme.

Ce grand écart moral se double d'une perte très symbolique de repère spirituel et idéologique : frappé par la maladie, le maire ne sait plus Gotesman littéralement Gotesman à quel saint se vouer. Naviguant d'un exorcisme traditionnel à l'exhumation d'une statue de Mao, tentant le christianisme, il cherche une lueur d'espoir. En vain. Voilà qui ajoute au pessimisme de Zhao Dayong : que reste-t-il à un pays dévorant ses enfants, s'il n'a même plus de perspective d'avenir ? Ce ne sont pas les jours d'ombre promis par le titre qui l'attendent, mais des jours sombres… VR


Shadow Days

De Zhao Dayong (Chi, 1h30) avec Li Ziqian, Liang Ming... Pour échapper à un passé trouble, Renwei revient en compagnie de sa fiancée dans son village natal, dont son oncle est le maire, après 20 ans d’absence. Situé dans les montagnes, à la frontière de la Chine et de la Birmanie, le village de Zhiziluo a bien changé et s’est vidé de ses habitants, la plupart étant partis tenter leur chance en ville. Manquant de bras, l’oncle de Renwei propose à ce dernier de travailler pour le planning familial…
Le Club 9 bis, rue Phalanstère Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Pour Halloween, ce sera sorcières, robots et chaos avec l'asso grenobloise ARCAN

CONNAITRE | Déjà à l’origine de plusieurs évènements de grande ampleur dédiés à la découverte des arts numériques dans des cadres insolites, la jeune association ARCAN remet le couvert samedi 31 octobre et dimanche 1er novembre avec l’intrigante proposition "Rituels + Machines + Fossiles" au Musée archéologique. On vous en dit plus.

Damien Grimbert | Mardi 20 octobre 2020

Pour Halloween, ce sera sorcières, robots et chaos avec l'asso grenobloise ARCAN

"Arts numériques" : comme beaucoup de termes dans l’air du temps, l’expression peut sembler un peu vague pour le commun des mortels, simple à définir mais nettement plus complexe à décrire et encore plus à circonscrire. Contre toute attente, pourtant, cette dimension un peu floue, un peu flottante, l’Association Ressource pour la Création Artistique Numérique (ARCAN) s’en accommode très bien, comme l’expliquent sans ambages Jérôme Villeneuve, James Leonard et Clara Girousse. « Dans les arts numériques, le pluriel est très important : on a souvent tendance à réduire ça une scénographie mêlant VJ et DJ alors que le terme recouvre des approches artistiques très diverses qui vont de la musique au spectacle vivant en passant par les arts visuels. Et ce qui est intéressant, c’est de confronter des formes qui ne sont justement pas forcément cohérentes entre elles. » Paradoxalement, pourtant, si l’adjonction d’une dimension technologique ouvre de nouvelles perspectives excitantes à chacune de ces disciplines, elle restreint aussi souvent leur portée à un public particulier dans des lieux très spécifiques, créant

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Chez Papapy comme chez mamie

GUIDE URBAIN | Salon de thé / Christian Keller a vécu plusieurs vies. Sa dernière en date s’organise autour du Papapy, un salon de thé/restaurant situé place de Gordes où l’on appréciera autant son art de cuisiner que de chiner.

Jérémy Tronc | Mardi 8 septembre 2020

Chez Papapy comme chez mamie

Après un début de carrière dans la marine nationale, quelques années dans l’immobilier d’entreprise puis comme producteur de spectacles et gérant de restaurant, quelle casquette allait bien pouvoir endosser Christian Keller ? C’est la toque de chef-cuistot qu’il choisit de porter avec le lancement de Papapy, place de Gordes. Christian assure en effet l’intégralité de la partie cuisine de ce salon de thé/restaurant. « Je suis agréablement surpris, ça marche fort », assure-t-il. Son pari : miser sur la qualité et l’originalité. « J’en ai marre de voir ces franchises qui s’installent partout. D’une ville à l’autre tout se ressemble. » Avant la cuisine, la première chose que l’on apprécie au Papapy, ce sont les meubles et la décoration. Tout a été chiné avec goût par Christian à Emmaüs, même la vaisselle destinée aux clients. La décoration est unique, réconfortante, le lieu est rempli de fragments d’histoires et de vies passées, rassemblés entre ces murs pour une nouvelle destinée. Pour assurer les 30 couverts quotidiens, Christian se lève tôt car il doit d’abord s’approvisionner en produits frais, dont les légumes qu’il cultive dans son jardin avec son f

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André Téchiné : « "L'Adieu à la nuit", c'est le regard de quelqu’un de ma génération sur ces jeunes radicalisés »

ECRANS | Le réaliateur français place sa huitième collaboration avec Catherine Deneuve sous un signe politique et cosmique avec ce film dans lequel une grand-mère se démène pour empêcher son petit-fils de partir en Syrie faire le djihad. Où l’on apprend qu’il aime la fiction par-dessus tout…

Vincent Raymond | Mardi 23 avril 2019

André Téchiné : «

Pourquoi avoir choisi d’aborder ce sujet ? Comme toujours, c’est la conjonction de plusieurs choses. On part souvent d’un roman qu’on adapte à l’écran ; là j’avais envie d’une démarche inverse, de partir de tout le travail d’enregistrements, d’entretiens et de reportages fait par David Thomson sur tous ces jeunes qui s’engageaient pour la Syrie et sur ces repentis qui en revenaient. Comme c’était de la matière brute, vivante, et qu’il n’y avait pas de source policière ni judiciaire, j’ai eu envie de mettre ça en scène ; de donner des corps, des visages, des voix. Dans les dialogues du film, il y a beaucoup de greffes, d’injections qui viennent de la parole de ces jeunes radicalisés. Mais j’avais envie que ça devienne un objet de cinéma : la fiction, c’était pour moi le regard sur ces radicalisés de quelqu’un de ma gén

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"L'Adieu à la nuit" : Catherine Deneuve, grand-mère la lutte

ECRANS | Une grand-mère se démène pour empêcher son petit-fils de partir en Syrie faire le djihad. André Téchiné se penche sur la question de la radicalisation hors des banlieues et livre avec son acuité coutumière un saisissant portrait d’une jeunesse contemporaine. Sobre et net.

Vincent Raymond | Vendredi 19 avril 2019

Printemps 2015. Dirigeant un centre équestre, Muriel (Catherine Deneuve) se prépare à accueillir Alex (Kacey Mottet Klein), son petit-fils en partance pour Montréal. Mais ce dernier, qui s’est radicalisé au contact de son amie d’enfance (Oulaya Amamra), a en réalité planifié de gagner la Syrie pour effectuer le djihad. Muriel s’en aperçoit et agit… Derrière une apparence de discontinuité, la filmographie d’André Téchiné affirme sa redoutable constance : si le contexte historique varie, il est souvent question d’un "moment" de fracture sociétale, exacerbée par la situation personnelle de protagonistes eux-mêmes engagés dans une bascule intime – le plus souvent, les tourments du passage à l’âge adulte. Ce canevas est de nouveau opérant dans L’Adieu à la nuit, où des adolescent·es en fragilité sont les proies du fondamentalisme et deviennent les meilleurs relais des pires postures dogmatiques. Muriel, ou le temps d’un départ Sans que jamais la ligne dramatique ne soit perturbée par le poids de la matière documentaire dont il s’inspire, L’Adieu à

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Les trois soirées de la fin avril

MUSIQUES | Direction le Drak-Art, le Black Lilith et la Bobine.

Damien Grimbert | Mardi 23 avril 2019

Les trois soirées de la fin avril

26.04.19 > Drak-Art Bassodrome Outlook Festival Launch Party C’est un rituel désormais bien établi : en amont de sa nouvelle édition, l’Outlook Festival, rendez-vous incontournable de tous les amateurs de bass music organisé chaque mois de septembre en Croatie, fait étape à Grenoble le temps d’une soirée de lancement en collaboration avec l’équipe du Bassodrome. L’occasion d’une grosse fiesta des familles sur fond de UK garage, bassline, jungle et drum’n’bass, où s’entrecroisent au line-up figures de proue (Monty, DJ Blazin’) comme artistes locaux (Seoul 76, Clapsky, Jagerbang). 26.04.19 > Black Lilith Motel Midnight Figures tout juste émergentes de la scène parisienne, OG D. et Basei, jeunes DJs et producteurs originaires respectivement de Montreuil et du sud de la France, font partie de cette nouvelle génération d’artistes qui a décidé de ne pas choisir entre trap d’Atlanta, baile funk du Brésil et afro-house d’Angola. Un cocktail d’influences détonnant et farouchement dansant que les deux artistes viendront présenter à l’occasion de leur soirée Motel Midnight, après

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Grand bain musical à Musilac

Festival | Vieilles gloires, valeurs sûres, piliers de festoche, jeunes pousses, smoothies de genres et autres étrangetés à découvrir : le festival lacustre Musilac, prévu du jeudi 12 au dimanche 15 juillet à Aix-les-Bains (Savoie), va baigner l'été musical d'un éclectisme qui attire les foules comme les amateurs éclairés, jusqu'à les confondre. La preuve avec la programmation détaillée par jour.

Stéphane Duchêne | Mardi 19 juin 2018

Grand bain musical à Musilac

Old Wave le jeudi D'une certaine manière, s'il fallait un hymne en ouverture de cette édition 2018 de Musilac, il pourrait consister en trois bouts de refrains se répondant depuis le fin fond des âges 80 ; quand les uns martèleraient « I Just can't get enough », les autres répondraient « Don't you forget about me » ou « Always the sun ». Car, on l'aura compris, c'est une soirée très marquée "ressac de la new wave" que celle du jeudi, avec Depeche Mode, Simple Minds et The Stranglers – quand bien même les carrières de chacun de ces groupes britanniques n'auraient pas résisté d'égale manière au passage du temps. Pour le reste, on notera que J. Bernardt, transfuge des Belges de Balthazar, remplacera numériquement son collègue Warhaus, présent l'an dernier ce même soir ; que le rock indé répondra présent avec le Stroke Albert Hammond Jr. (le meilleur d'entre eux, sans doute), Findlay et The Mistery Lights ; que les amateurs de bizarrerie en auront pour leur compte avec le black metal-gospel-blues de Z

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"Machines sonores" : sculptures pour les oreilles signées Frédéric Le Junter

Exposition | Présentation des installations à la poésie subversive que propose le musicien dans le cadre du festival Les Détours de Babel.

Benjamin Bardinet | Mardi 27 mars 2018

Coquillages, boîtes de conserve éventrées, assiettes ébréchées, tourne-disques obsolètes, tuyaux vétustes… Réalisées à partir d’un bric-à-brac d’objets de récupération, les Machines sonores de Frédéric Le Junter, présentées à l’Ancien musée de peinture dans le cadre du festival Les Détours de Babel, sont porteuses d’une poétique subversive qui mérite justement le détour. Déclenché par les visiteurs grâce à des interrupteurs déglingués, le mouvement mécanique de ces assemblages bringuebalants produit des ambiances sonores inquiétantes dont le hasard et l’incertitude sont les surprenants complices. « À force de voir des musiciens jouer comme des machines, j’ai eu envie de créer des machines qui joueraient comme des musiciens » explique le musicien français en note d’intention. Aux antipodes des pratiques artistiques minimales dont la prétention dissimule parfois mal la vacuité conceptuelle, il propose des pièces bricolées avec une énergie débordante témoignant de l’urgence de réinjecter de la vie dans une création contemporaine parfois un peu trop aseptisée. Face à ces œuvres, le public, attent

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Low Jack : la techno sans forcer

MUSIQUES | Auteur de fabuleux DJ-sets où les genres s’entrecroisent pour libérer une énergie primitive et sauvage, et d’une série d’albums hétéroclites à la croisée de la club culture et des musiques expérimentales, Low Jack défend une vision des musiques électroniques aussi singulière qu’excitante. Il sera de passage ce samedi à l’Ampérage à l'invitation de l'association grenobloise Micropop. Rencontre.

Damien Grimbert | Mardi 10 mai 2016

Low Jack : la techno sans forcer

C’est une remarque qui arrive très tôt, au bout de quelques minutes à peine d’interview : « La techno à proprement parler, je n’en joue pas tant que ça. Ce qui m’intéresse, c’est surtout l’idée de répétition, d’intensité, de dimension primitive, sauvage, physique… » Loin de s’enfermer dans un registre trop uniforme, le DJ-set selon le Parisien né au Honduras Low Jack, c’est surtout un vaste champ des possibles où se côtoient les influences les plus diverses : indus, post-punk, dub, ambient, musiques ethniques traditionnelles, noise, drone, power electronics, électro-funk, house, hip-hop, ghetto et bass music… « J’ai une définition du genre assez large, il y a certaines musiques que je vais recontextualiser en les confrontant à d’autres morceaux plus contemporains, et c’est surtout la façon de les jouer, de les intégrer les uns à la suite des autres, qui va me permettre de les désigner comme quelque chose de "techno", et de les jouer dans un club à 3h du mat. ». Une approche qui doit sans doute aux origines rap de l’artiste (« ça a été un point d’entrée pour tout le reste, la techno, la house, la musique industrielle… Par effet de domino, chaque st

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Zhao Dayong : « La Chine est en transition »

ECRANS | Rencontre avec le réalisateur de "Shadow Days", en salle ce mercredi 30 mars. Propos recueillis par Vincent Raymond

Vincent Raymond | Mardi 29 mars 2016

Zhao Dayong : « La Chine est en transition »

Comment peut-on tourner sereinement un film aussi critique sur et dans la Chine contemporaine ? Zhao Dayong : Je savais bien que le sujet ne passerait pas la censure, c’est pour cela que je n’ai pas pensé à le diffuser en Chine. De plus, je n’ai pas demandé d’autorisation de tournage — mais c’est classique pour un film indépendant chinois à petit budget. Malgré tout, il a été montré sur place lors de 3 ou 4 projections privées. Mais devant moins de 1000 spectateurs. Le cinéma chinois nous montre d’habitude le progrès, l’urbanisation, mais oublie le monde rural… La Chine est dans une étape de transition : les frontières entres les villes et les régions rurales ne sont pas très claires et l’on peut sentir parfois deux civilisations en même temps. L’endroit choisi pour le tournage était dans les années 1960-1970 un centre administratif (on voit beaucoup de vestiges de la Révolution culturelle). Mais ensuite, la ville a été désertée, elle est devenue cette cité fantôme, très triste… Votr

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Quand on a 17 ans

ECRANS | Deux ados mal dans leur peau se cherchent… et finissent par se trouver à leur goût. Renouant avec l’intensité et l’incandescence, André Téchiné montre qu’un cinéaste n’est pas exsangue à 73 ans. Vincent Raymond

Vincent Raymond | Mardi 29 mars 2016

Quand on a 17 ans

On avait un peu perdu de vue André Téchiné depuis quelques années : le cinéaste a pourtant tourné sans relâche (et en rond), s’inspirant volontiers de faits divers pour des films titrés de manière la plus vague possible – La Fille du RER, L’Homme qu’on aimait trop… Un cinéma à mille lieues de ses grandes œuvres obsessionnelles et déchirantes des années 1970-1990, de ses passions troubles, lyriques ou ravageuses. Comme si le triomphe des Roseaux sauvages (1994), puisé dans sa propre adolescence, avait perturbé le cours initial de sa carrière… Cela ne l’a pas empêché d’asséner de loin en loin un film pareil à une claque, à une coupe sagittale dans l’époque – ce fut le cas avec Les Témoins (2007), brillant regard sur les années sida. Le chenu et les roseaux De même que certains écrivains trouvent leur épanouissement en tenant leur journal intime, c’est en prenant la place du chroniqueur que Téchiné se révèle le plus habile, accompagnant ses personnages de préférence sur un

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Avant Danny Boyle, les autres Steve Jobs sur écran

ECRANS | Alors que sort ce mercredi 3 février le très attendu "Steve Jobs" de Danny Boyle, retour sur la figure du boss d'Apple dans les films de cinéma ou de télévision, que ça soit dans des fictions ou des documentaires.

Vincent Raymond | Mardi 2 février 2016

Avant Danny Boyle, les autres Steve Jobs sur écran

Mélange de coups d’éclat, d’échecs cinglants, d’incessantes résurrections professionnelles et de drames personnels, la vie du fondateur d’Apple était de nature à inspirer les esprits romanesques – d’autant plus titillés par son culte maladif du secret et son art consommé d’une communication maîtrisée. Hollywood ne pouvait rester indifférent à cette poule aux œufs, ou plutôt aux pommes d’or. Le petit écran fut le premier à s’intéresser au phénomène avec Les Pirates de la Silicon Valley (1999) de Martyn Burke, tourné juste après le retour gagnant de Jobs aux manettes de la firme de Cupertino. Racontant sur un mode semi-drolatique l’émergence d’une nouvelle industrie, ce téléfilm se centre sur le portrait croisé des deux frères ennemis Bill Gates (Anthony Michael Hall) et Steve Jobs (Noah Wyle, le Dr Carter de la série Urgences). L’orignal apprécia tellement la performance qu’il invita Wyle à l’imiter à ses côtes, sur la scène de l’Apple Expo 2000. Jobs eut aussi droit à de nombreuses parodies ; la plus fameuse sous les traits de Steve Mobbs, patron de Mapple en 2008 dans l’épisode Les Apprentis Sorciers de la série

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Cabaret frappé jour 2 : girls and (surtout) boys

MUSIQUES | Mardi soir au Cabaret frappé, les girls et les boys bands ont fait la loi (musicale). Avec des esthétiques on ne peut plus variées, et un public nombreux du coup beaucoup plus réveillé que la veille. Enfin, on parle surtout de nous dans cette dernière phrase !

Aurélien Martinez | Mercredi 22 juillet 2015

Cabaret frappé jour 2 : girls and (surtout) boys

L'ouverture fut déconcertante ; la deuxième soirée a elle été sans (mauvaises) surprises. Ce qui est plutôt une bonne chose, vu qu'on se doutait bien qu'un plateau associant Sallie Ford et Bikini Machine ne pouvait que fonctionner. Sallie Ford donc pour commencer sous le chapiteau à 21h, en mode "girls band" comme on l'expliquait ici. Accompagnée de trois musiciennes (dont une batteuse survoltée), elle a fait le show. Ambiance rock de la fin de la dernière décennie à la The Breeders, loin du rockabilly de l'ancien projet de l'Américaine. Sonorités "garage" qui, hier soir, s’accommodaient parfaitement avec le mode concert. Le

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Cabaret frappé : notre sélection

MUSIQUES | Les choses ont pas mal bougé à Grenoble ces derniers mois depuis l'élection d'un maire vert. Mais pas Cabaret frappé, festival d'été de la ville, si éco-citoyen que sa programmation semble être le fruit d'un tri de talents hautement sélectif. Exemples. La rédaction

Stéphane Duchêne | Mercredi 24 juin 2015

Cabaret frappé : notre sélection

Sallie Ford Avec Slap Back (littéralement "gifler en retour" ou "rendre une gifle"), la rockeuse vintage à lunettes Sallie Ford a laissé de côté le revival rock fifties et ses oripeaux de Buddy Holly 2.0 à chromosomes XX pour un garage rock à fort effet décapant sur lequel elle a entièrement pris les rênes après la séparation d'avec The Sound Outside – remplacé par un groupe 100% féminin. Et c'est un peu des Breeders – et même des Pixies parfois – en mode psychédélique que l'on entend au détour de ces pop songs cinglantes. SD Mardi 21 juillet, sous le chapiteau Vieux Farka Touré Digne fils de son père, la légende Ali Farka Touré, Vieux Farka Touré est davantage célébré aux États-Unis où l'on sait mieux que tout vient de là et donc du blues que dans nos contrées. Son album The Secret y avait fait un carton quand, sur Mon Pays, il célèbre tout à la fois son Mali natal – se désolant de ce qui s'y passe – en une approche transversale du blues que

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Un Moi(s) de cinéma #6

ECRANS | Chaque mois, Le Petit Bulletin vous propose ses coups de cœur cinéma des semaines à venir en vidéo.

Christophe Chabert | Mercredi 3 juin 2015

Un Moi(s) de cinéma #6

Au sommaire de ce sixième numéro : • Cannes 2015 : bilan rapide • Loin de la foule déchaînée de Thomas Vinterberg • Vice Versa de Pete Docter • Une seconde mère d'Anna Muylaert

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Voyage en Chine

ECRANS | De Zoltán Mayer (Fr, 1h36) avec Yolande Moreau, Qu Jing Jing…

Christophe Chabert | Mardi 24 mars 2015

Voyage en Chine

Pas de cris, mais beaucoup de chuchotements ; le couple formé par Liliane et Richard est saisi au début de Voyage en Chine dans une torpeur dépressive que l’on imagine liée à l’usure du temps. En fait, ils viennent d’apprendre la mort de leur fils Christophe et la distance entre les deux époux se creuse de plans en plans, tous rigoureusement composés. Liliane, fatiguée des démarches administratives pour rapatrier le corps, décide d’aller le récupérer seule sur les lieux de l’accident, en Chine. Zoltán Mayer avance dans son mélodrame ténu au rythme de son héroïne et de son actrice, Yolande Moreau, formidable et dans un registre nouveau – une femme simple, mais cultivée et capable d’introspection, ce qu’elle exprime en tenant un journal où elle déverse ses regrets et sa fierté pour son enfant. Il y a là un vrai regard de cinéaste, qui met à distance toute tentation de l’exotisme et du folklore pour se concentrer sur les interactions émotionnelles entre les personnages et leur environnement. Si le contexte est celui de la Chine du Sichuan, il y a quelque chose de japonais dans la mise en scène, comme du Ozu en plus stylisé, la beauté des cadres, des déc

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Indo boutonneux

MUSIQUES | Quand on n'est pas fan, Indochine, c'est le Vietnam. Pourtant, malgré une éclipse dans les années 90, le groupe de Nicola Sirkis est depuis 30 ans l'un des grossistes de la variété française, cultivant avec science un jeunisme universel. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Lundi 25 février 2013

Indo boutonneux

Le dernier album d'Indochine, Black City Parade, fait l'unanimité. C'est du moins le Figaro qui le dit dans une chronique essentiellement constituée de tweets de fans enamourés. Pour Gala, cité par le Figaro, et dont les critiques musicales se limitent souvent à une photo volée de Pascal Obispo le kiki à l'air à Lacanau ou de Patrick Bruel mâchonnant les amygdales d'un porte-manteau devant l'Hippopotamus de la Place de Clichy (exemples non contractuels), Indochine « impressionne » (sic), « se maintient au sommet » (sick) et « fait figure d'exception dans le paysage musical actuel ». Là, il serait pure mauvaise foi de ne pas acquiescer : en terme de ratio talent/succès public, Indochine est même un mouton à cinq pattes, un griffon, une chimère. Son succès dans les 80's ? D'une, à l'époque, le tube avarié se refourgue comme le cheval roumain aujourd'hui. De deux, Indo est à la new wave ce que les yé-yé furent au rock'n'roll : un vulgarisateur et un poisson pilote – lequel devrait s'appeler poisson-passager, se ventousant à plus grand que lui pour ramasser les miettes du festin. Celles d'Indochine furent grosses

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Globalisation musicale

MUSIQUES | Comme son nom l’indique, chacun sait que Chinese Man est un trio marseillais flanqué de MC’s californiens (Cyph 4, Lush One, Plex Rock…). Même que sur (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 4 juillet 2012

Globalisation musicale

Comme son nom l’indique, chacun sait que Chinese Man est un trio marseillais flanqué de MC’s californiens (Cyph 4, Lush One, Plex Rock…). Même que sur leur nouvel album, Racing With The Sun, la mondialisation pousse le bouchon jusqu’à inviter Taïwan MC et une flopée de rappeurs indonésiens. Ainsi va le Chinese Man aux personnalités multiples, dédoublé entre Bollywood et Jamaïque, tonalités arabisantes et Saudade lusophile. Un chasseur de dragon qui braconne sur tous les terrains, du dub au jazz en passant par la jungle, l’afro-beat et le hip-opium. On compte donc sur High Ku, Sly et Zé Matéo pour ne pas nous poser un lapin – même si c’est le signe de l’année, on prédit plutôt un séisme sino-sonique en ce qui concerne leur nouveau show. SL Chinese Man, le vendredi à 1h30

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C’est-à-dire ?

ARTS | EXPOSITION/ La Suisse Mai-Thu Perret est une artiste pluridisciplinaire. Une évidence qui saute aux yeux en parcourant The adding machine, la (...)

François Cau | Vendredi 14 octobre 2011

C’est-à-dire ?

EXPOSITION/ La Suisse Mai-Thu Perret est une artiste pluridisciplinaire. Une évidence qui saute aux yeux en parcourant The adding machine, la monographie que lui consacre en ce moment le Magasin. Ici, une immense théière dans laquelle on pénètre pour découvrir des tableaux minuscules ; là, une reproduction d’un jaguar de la cité préhispanique de Teotihuacan au Mexique ; dans la rue, une série de quatre immenses néons… Le cerveau est sans cesse sollicité, essayant de tisser des liens entre les différentes pièces, d’établir les connexions invisibles à l’œil nu. Pourquoi pas, l’art contemporain ne doit pas forcément être explicite, narratif ou figuratif – bien au contraire. Mais cette exposition frustre néanmoins par son côté capharnaüm minimaliste et arty, l’assemblage donnant la désagréable sensation d’être juste une accumulation d’œuvres disparates – la visite de presse, en compagnie de l’artiste, renforçant cette impression. Pourtant, Mai-Thu Perret dévoile au public quelques pièces intéressantes (des films, des acryliques sur tapis, de la céramique, des installations…), mêlant souvent fiction et réalité (comme sa série autour d’une communauté imaginaire de femmes part

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Un monde à l’intérieur d’un monde

ARTS | Pour son exposition de rentrée, le Magasin – CNAC accueille une nouvelle monographie : celle de l’artiste suisse Mai-Thu Perret. Curieuse bâtisseuse d’un (...)

François Cau | Lundi 12 septembre 2011

Un monde à l’intérieur d’un monde

Pour son exposition de rentrée, le Magasin – CNAC accueille une nouvelle monographie : celle de l’artiste suisse Mai-Thu Perret. Curieuse bâtisseuse d’un monde imaginaire qu’elle peuple d’objets, l’artiste travaille dans une étourdissante variété de supports : de la sculpture à la vidéo, du son à la peinture et, plus original, de la céramique au texte. The Adding Machine verra se mélanger des œuvres passées et d’autres créées à l’occasion de l’exposition, mélangées et disposées de manière à leur donner un sens nouveau, suivant le principe du cut-up élaboré par William S. Burroughs dans des essais auxquels renvoie le titre de l’exposition. Couper, coller, se fier au hasard pour assembler semble être le parti-pris de la présentation à venir. D’abord attirée par l’écriture, forte de plusieurs prix et d’une renommée internationale qui n’est plus à discuter, l’artiste nous intrigue et nous ne manquerons pas de vous en reparler en temps voulu. The Adding MachineDu 9 octobre 2011 au 8 janvier 2012 au Magasin - Cnac

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La machine à démonter le temps

ECRANS | De Steve Pink (EU, 1h40) avec John Cusack, Craig Robinson…

François Cau | Mercredi 29 septembre 2010

La machine à démonter le temps

Après cette grosse purge qu’était Copains pour toujours, l’empressement à se retaper une histoire de quadras américains redevenant “best friends forever“ le temps d’une virée n’était que très, très, très relatif. Du coup, passée l’adorable improbabilité du postulat de départ (trois camarades revivent une nuit de folie qui scella leur destinée, grâce à un jacuzzi qui les fait voyager dans le temps – eeeeeeeeeet oui), on se surprend à ricaner tendrement et à afficher de larges sourires devant cette comédie moins régressive qu’il n’y paraît. OK, l’impression de déjà vu est tenace, que ce soit dans les ressorts comiques ou dans l’exploration narrative du thème de la seconde chance (pour se dédouaner, le réalisateur a offert un second rôle à Crispin Glover, alias McFly senior dans Retour vers le Futur), mais l’alchimie entre les comédiens, la reconstitution savoureuse des années 80 ou encore un habile contournement du mélo redouté font que l’ensemble se regarde sans rougir. FC

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Bons baisers de Taïwan

SCENES | FESTIVAL / En cette fin septembre, l’Espace Aragon de Villard-Bonnot et l’Espace Paul Jargot de Crolles s’associent au Centre culturel de Taïwan à Paris (...)

François Cau | Vendredi 17 septembre 2010

Bons baisers de Taïwan

FESTIVAL / En cette fin septembre, l’Espace Aragon de Villard-Bonnot et l’Espace Paul Jargot de Crolles s’associent au Centre culturel de Taïwan à Paris pour nous concocter un mini festival centré sur les artistes de la République de Chine (l’autre nom de Taïwan). Pourquoi pas… Outre les diverses expositions et projections inhérentes à ce genre d’évènement, deux spectacles ont retenu notre attention. D’abord le Nüwa du danseur taïwanais Shang-Chi Sun (le 23 septembre à Crolles) dont les extraits que l’on a pu visionner laissent présager un très beau moment. Associant toute la technique de la danse néo-classique à un univers évoquant plutôt le tai-chi, le chorégraphe et danseur proposera un duo centré autour de la figure de Nüwa, personnage de la mythologie chinoise qui a façonné les premiers hommes avec de la glaise pour leur donner le pouvoir de procréer : ça c’est sympa. Autre proposition intrigante : le Lyonnais Éric Massé, dont certaines des créations antérieures avaient de la gueule, dévoilera son Migrances (le 8 octobre à Crolles). Un spectacle associant théâtre musical et danse dont on ne sait pas grand-chose, si ce n’est qu’il s’articulera autour de la percussionniste Yi Pi

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