"Journal intime" de Nanni Moretti mercredi à la Nef

Vincent Raymond | Mardi 14 juin 2016

Ultime rendez-vous de la saison pour le cycle Un fauteuil pour 2 (qui mériterait ici de s'appeler "Une selle pour deux-roues"), avec la projection de Journal intime (1993), méditation itinérante de Nanni Moretti à travers les rues de Rome, choisie par Delphine Nadjar-Arthaud, la présidente du Vespa Club Dauphinois.

Mélange d'autodérision, de nostalgie et de considérations douces-amères sur l'état du monde (principalement, de l'Italie), c'est aussi une incitation à la vie méridionale.

Rendez-vous le mercredi 15 juin à 20h15 au cinéma La Nef.


Journal Intime

De Nanni Moretti (1993, It-Fr, 1h40) avec Nanni Moretti, Antonio Petrocelli...

De Nanni Moretti (1993, It-Fr, 1h40) avec Nanni Moretti, Antonio Petrocelli...

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Journal intime est composé de trois épisodes dans lesquels Nanni Moretti joue son propre rôle dans une sorte de dialogue avec son journal intime comme le suggère le titre.


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"Un fauteuil pour deux" jeudi à la Nef avec le PDG des liqueurs Chartreuse

ECRANS | Les soirées "Un fauteuil pour deux" au cinéma la Nef ? On connaît la chanson : notre camarade Manuel Houssais de France Bleu Isère invite une personnalité (...)

Vincent Raymond | Mardi 5 février 2019

Les soirées "Un fauteuil pour deux" au cinéma la Nef ? On connaît la chanson : notre camarade Manuel Houssais de France Bleu Isère invite une personnalité grenobloise à venir présenter un film qui lui tient à cœur. S’ensuit une projection et une discussion. La prochaine, jeudi 7 février à 20h, va vous mettre l’eau à la bouche (avec modération bien entendu) puisque c’est Emmanuel Delafon, le PDG des liqueurs Chartreuse qui est convié afin de partager son amour pour Les Confessions de Roberto Andó. Non point une adaptation de Rousseau, mais une fable politico-policière et financière avec Daniel Auteuil et Toni Servillo sortie en 2017. Nunc est bibendum.

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Votons Barbarins !

reprise | Les fameux Barbarins fourchus, du nom de ce collectif artistique bien connu à Grenoble, seront jeudi 27 avril à la Nef pour un cinéma de quartier atypique et bien d'actualité. Avec notamment sur l'écran, un film du bien barré Jean-Pierre Mocky...

Vincent Raymond | Lundi 24 avril 2017

Votons Barbarins !

Le 7 mai, vous aurez à accomplir votre devoir civique à l’occasion du second tour de la présidentielle. Auparavant, octroyez-vous un temps de décontraction citoyenne en assistant à la réunion publique organisée le jeudi 27 avril par les Barbarins fourchus dans le cadre du rendez-vous cinéphile "Un fauteuil pour deux" du journaliste Manuel Houssais. Leur profession de foi conjointe est des plus séduisantes, puisqu’elle propose de renouer (pour une séance exceptionnelle à la Nef) avec l’esprit des cinémas de quartier : de l’ouvreuse aux chocolats glacés en passant par les attractions, bandes-annonces, actualités et courts-métrages. Clou du programme, un grand film constitue l’apogée spectaculaire de cette soirée de gala. Et pour coller à notre actualité particulièrement portée sur la chose politique, c’est une comédie dramatico-satirique qui a été choisie : Y a-t-il un Français dans la salle ? (1982) de Jean-Pierre Mocky. Adaptation du premier volet d’un diptyque de son vieux complice Frédéric Dard, ce film-chorale narre les désarrois d’Horace Tumelat (Victor Lanoux, glabre et sobre), chef de parti politique en pleine ascension

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Un bout d'Italie à Voiron

ECRANS | Zoom sur la vingt-neuvième édition de la manifestation qui s'intéresse autant aux légendes du cinéma qu'aux nouveaux venus. Vincent Raymond

Vincent Raymond | Mardi 8 mars 2016

Un bout d'Italie à Voiron

Énumérer les liens entre l’Italie et le pays voironnais étant superfétatoire, venons-en à l’essentiel : la tenue d’un festival du film transalpin s’imposait à Voiron. PassrL Les Écrans s’acquitte depuis fort longtemps de cette nécessaire besogne, avec un plaisir d’autant plus marqué (on le suppose) que la production de la Péninsule, sinistrée durant le règne médiatico-politique de Silvio Berlusconi, revient progressivement à un niveau qualitatif et quantitatif des plus acceptables. Parmi les 13 films programmés lors de cette édition 2016 figurent en effet les noms de grands anciens comme les Taviani avec leurs Contes italiens (donnant le plaisir de revoir la sublime Jasmine Trinca), Marco Bellocchio avec Sangue del mio Sangue ou le “jeune” vétéran Nanni Moretti pour Mia Madre (illuminé par Marguerita Buy). La nouvelle garde se trouve elle aussi bien représentée, avec l’excellent polar politique

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Mia Madre

ECRANS | Méditation mélancolique sur l’acceptation de l’inéluctable et réflexion sur la transmission, le nouveau Nanni Moretti est surtout un splendide portrait de femme au bord de la crise de nerfs, ainsi qu’au seuil d’une nouvelle vie. Vincent Raymond

Vincent Raymond | Mardi 1 décembre 2015

Mia Madre

Comme Almodóvar en son temps, Moretti s’était présenté à Cannes avec une œuvre aux échos mélodramatiques abordant sous toutes ses coutures le rapport à la mère. Longtemps pressenti comme un vainqueur possible de la Palme d’Or, Nanni avait finalement été écarté par le jury, comme Pedro autrefois… Les festivals sont des foires mettant en concurrence des films dissemblables, dont on n’apprécie les qualités singulières que lorsqu’ils sont vus à distance les uns des autres ; alors seulement ils ont leur chance d’être considérés pour ce qu’ils ce sont. Mia Madre n’a rien des tressautants carnets politico-caustiques de Moretti ; et s’il appartient à cette veine réservée qui avait donné La Chambre du fils (le plus consensuel de ses films, Palme d'Or en 2001), il est heureusement davantage marqué de son sceau, en versant dans l’ironie et l’onirisme. Ce triple portrait de femmes (grand-mère, mère, fille) se centre sur une réalisatrice en plein marasme personnel et professionnel. Une femme entre deux âges mais dans sa globalité, qui assume un tournage compliqué, dont la vie privée s’effiloche – la mère se meurt peu à peu, la fille s’affranchit doucement. Et acco

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Carte blanche pour salle obscure

ECRANS | Pensées par le journaliste de France Bleu Manuel Houssais et la boss du cinéma La Nef Monique Adira, les soirées "Un fauteuil pour deux" convient une personnalité iséroise à partager avec le public son amour pour un film. C’est le maire de Grenoble Éric Piolle qui inaugure ce mercredi ce nouveau rendez-vous mensuel avec "Les Ailes du désir" de Wim Wenders.

Vincent Raymond | Lundi 28 septembre 2015

Carte blanche pour salle obscure

Malraux avait esquissé l’idée d’un Musée imaginaire, Truffaut écrit sur « les films de [sa] vie »… Toutes les œuvres sont constitutives de notre identité ; et notre penchant naturel nous pousse à les partager afin de propager les émotions si vives qu’elles ont suscitées en nous. De par son dispositif (une forme de liturgie profane), le 7e art rend cette transmission à la fois aisée et conviviale ; ce que les soirées Un fauteuil pour deux vont s’employer à prouver à la Nef grâce au journaliste Manuel Houssais qui les organise. Totalement déconnectées de l’actualité cinématographique, elles proposent à une sommité locale, quelle que soit son origine professionnelle (politique, artistique, sportive, économique…), de venir présenter un film figurant dans son panthéon personnel. Pour expliquer le lien affectif – pour ne pas dire intime – la rattachant à cette œuvre, mais aussi échanger très librement avec la salle, en dehors des cadres conventionnels. Cet exercice réclame la pleine contribution de l’intervenant, qui non seulement accepte de dévoiler un peu son jardin secret, mais revendique in fine son choix programmatique, don

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Épisode MMXV : une rentrée cinéma en Force

ECRANS | Cette rentrée 2015 ressemble à une conjonction astronomique exceptionnelle : naines, géantes, à période orbitale longue ou courte, toutes les planètes de la galaxie cinéma s’alignent en quelques semaines sur les écrans. Sortez vos télescopes ! Enfin… chaussez vos lunettes. Vincent Raymond

Vincent Raymond | Mardi 1 septembre 2015

Épisode MMXV : une rentrée cinéma en Force

C’est l’étoile Jacques Audiard, tout de Palme laurée, qui a annoncé la fin de la trêve estivale en mettant Dheepan en orbite le 26 août. Une précocité qui n’égale pas celle de Winter Sleep l’an passé : le film de Nuri Bilge Ceylan avait jailli début août sur les écrans. Dans son sillage, l’intégralité (ou presque) du palmarès cannois va se révéler : Mon roi de Maïwenn (Prix d’interprétation féminine pour Emmanuelle Bercot) et Chronic de Michel Franco (Prix du scénario) le 21 octobre ; The Lobster de Yorgos Lanthimos (Prix du Jury) le 28 ; Le Fils de Saul de László Nemes (Grand Prix) le 4 novembre. Si l’on excepte Maïwenn, il y a là un étonnant tir groupé ; comme si les jeunes cinéastes étrangers distingués sur la Croisette s’étaient ligués pour tenter d’exister commercialement. Car la concurrence en salle sera rude : d’abord, les poid

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Habemus Papam

ECRANS | Nanni Moretti invente une fiction où la fonction (papale) réveille le vague à l’âme d’un cardinal qui se rêvait comédien. Ce n’est pas une farce mais une belle comédie douce-amère avec un Michel Piccoli formidable d’évanescence. Christophe Chabert

François Cau | Mercredi 31 août 2011

Habemus Papam

Habemus papam débute par une collision de cérémoniaux. Il y a celui qui précède l’élection d’un nouveau pape, lui-même décomposé en plusieurs petits rituels : le défilé des cardinaux en habits se poursuit par une séance de vote où chacun d’entre eux hésite sur le nom qu’il va inscrire, puis tremble à l’idée que son voisin le désigne. Là où l’on imaginait Nanni Moretti fidèle à lui-même, sacrifiant sa mise en scène sur l’autel du sarcasme, c’est l’inverse qui se produit : on a rarement vu réalisation aussi appliquée de la part du cinéaste de Journal intime, et son humour sert pour une fois la crédibilité de la situation. Si ironie il y a, elle se fait à l’encontre de l’hystérie journalistique qui fait rage à l’extérieur du Vatican, où les télés font le pied de grue en commentant l’absence d’événement — car l’élection s’éternise. Déjà, Moretti pose le principe du film : un va-et-vient entre ce qui (ne) se passe (pas) dans les murs — urbi — et la vie qui se répand anarchiquement au-dehors — orbi. Quand Moretti, psychanalyste dans la fiction, viendra à la rescousse du nouveau Pape, submergé par la tâche qui lui incombe et incapable de l’affronter, on pense qu’il va introduire cette vie

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CANNES, JOUR 3 : SÉRIEUX COMME UN PAPE

ECRANS | Habemus papam de Nanni Moretti, Polisse de Maiwenn.

François Cau | Samedi 14 mai 2011

CANNES, JOUR 3 : SÉRIEUX COMME UN PAPE

Grand écart en compétition entre un ancien palmé (Moretti) et une invitée surprise (Maiwenn) qui tous deux regardent les institutions de leur pays : l'Eglise pour l'Italien, la police, et plus précisément la brigade de prévention des mineurs (BPM) pour la Française. D'Habemus Papam, on pouvait redouter l'habituel manque de style de Moretti et même son penchant pour les situations comiques exploitées jusqu'à l'excès, les deux défauts que l'on a toujours trouvé à la partie fiction de son oeuvre. Sur ces deux points, le film est plutôt une bonne surprise. L'introduction est aussi séduisante que les cérémoniaux qui se déroulent à l'écran, et que Moretti filme avec une étonnante délectation. On a rarement vu son cinéma adopter une telle élégance, préférant laisser la satire à sa juste place (un journaliste incompétent, point) et se concentrer sur l'enjeu en cours : l'élection d'un nouveau pape par les ecclésiastiques réunis en conclave. La scène où chaque cardinal prie pour ne pas être choisi, le moment où tous hésitent avant d'inscrire un nom sur leur petit papier auraient pu virer à la plaisanterie complice ; Moretti préfère filmer la vérité de la situation, et c'est tout à son hon

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