"Sur quel pied danser"... ne sait pas sur quel pied danser !

ECRANS | de Paul Calori & Kostia Testut (Fr., 1h25) avec Pauline Etienne, Olivier Chantreau, François Morel...

Vincent Raymond | Mardi 5 juillet 2016

Photo : Loin derrière l'Oural


Que voilà un titre bien inspiré pour cette œuvre au séant certes remuant, mais ballottant entre deux sièges ! Portant la noble ambition de marier comédie musicale et film social en s'intéressant à la condition d'ouvrières de la chaussure flouées par leur immonde patron (pléonasme), elle rate son émulsion, sans parvenir non plus à mener aucun des deux projets artistiques à son terme. D'autant qu'osciller en permanence d'un conflit ouvrier traité au premier degré sur l'échelle Dardenne, au merveilleux évaporé et bariolé façon Demy, requiert du spectateur plus que de la souplesse : de la tolérance.

Passons sur le fait que les séquences dansées pâtissent de cadrages étriqués et d'un montage dur comme une semelle ; que le premier chorus à l'usine souffre d'être comparé à Dancer in the Dark auquel il renvoie immanquablement, il reste encore une fausse bonne idée à déplorer : avoir confié à un aréopage de belles plumes (Jenne Cherhal, Albin de la Simone, Olivia Ruiz, Clarika…) le soin d'écrire paroles et musiques des chansons. Certes, la démarche participative est louable, mais le manque d'unité regrettable…


Sur quel pied danser

De Paul Calori, Kostia Testut (Fr, 1h25) avec Pauline Etienne, Olivier Chantreau...

De Paul Calori, Kostia Testut (Fr, 1h25) avec Pauline Etienne, Olivier Chantreau...

voir la fiche du film


Alors que Julie pense décrocher un CDI dans une fabrique d'escarpins de luxe, un plan social vient chambouler ses rêves de stabilité : entre lutter aux côtés d'ouvrières frondeuses ou bien faire profil bas, la jeune femme ne sait sur quel pied danser. Mais quand Samy, un camionneur aussi roublard que charmeur, vient prêter main forte au combat, ce n'est déjà plus la même chanson…


entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Grenoble : zoom sur 8 œuvres du campus

ESCAPADES | Sur le campus de Saint-Martin-d'Hères, on peut trouver des étudiants, des bâtiments en béton, et de nombreuses œuvres d’art signées de grands noms comme Alexander Calder ou François Morellet. En voici huit devant lesquelles nous passons parfois sans prêter attention, alors qu’elles méritent largement tout notre intérêt. Par Alice Colmart et Ismaël Bine

La rédaction | Mardi 3 avril 2018

Grenoble : zoom sur 8 œuvres du campus

Dans ses rues, dans ses jardins, sur ses murs, le campus de Saint-Martin-d'Hères regorge de joyaux de l'art contemporain. Des sculptures, des mosaïques ou encore des fresques dont on ne soupçonne parfois pas l’existence tant certaines sont discrètes. « Ces œuvres sont installées en permanence, les étudiants passent à côté tous les jours ou presque et ne s’en rendent pas forcément compte. Même les personnels, qui sont parfois là depuis 20 ans, ne voient pas nécessairement ce qu’il y a autour d’eux. Pour identifier les créations, il faut les montrer du doigt. » C’est de cette manière que pendant plus d’une heure, Lisa Pak, guide en charge de la valorisation du patrimoine pour Un Tramway nommé culture (le service culturel de la fac), nous a dévoilé huit œuvres plus ou moins bien cachées sur les 175 hectares du campus. Pour la plupart, elles sont nées d’une loi appelée « 1 % artistique ». « Lors de la construction d’un bâtiment public, une école, une université, une gendarmerie…, 1 % du budget hors fondation est réservé à l’achat ou la commande d’une œuvre contemporaine. L’objectif étant bien sûr de valoriser l’art contemporain.

Continuer à lire

"Baden Baden" : chronique d'un été

ECRANS | de Rachel Lang (Fr./Bel., 1h34) avec Salomé Richard, Claude Gensac, Swann Arlaud

Vincent Raymond | Mardi 3 mai 2016

Concentré d’époque, Baden Baden appartient à cette catégorie de films ayant l’art de fixer une ambiance. Il tire sa substance originale non pas d’un dialogue brillant ou d’une construction scénaristique habile, mais de l’atmosphère qu’il parvient à restituer. À partir d’un argument ténu (le retour sur un coup de tête d’une jeune femme lisse de prime abord chez sa grand-mère à Strasbourg), la chronique d’un été particulier va se dérouler, au gré de séquences en apparence décousues, mais suffisamment allusives pour que l’on puisse recomposer dans les grandes lignes le passé compliqué de la protagoniste (ses amours éteintes, ses distorsions familiales…) comme son présent (une existence vaguement à la dérive). Cette plongée dans la vie de l’inconnue qui nous est donnée pour héroïne se fait avec un minimum d’éléments ; une série de mises en situations jouant sur l’humour à froid et la longueur des plans. Il y a autant d’art chez l’auteure à échafauder ce puzzle, que de plaisir pour le spectateur à l’assembler. Quant au bout-à-bout de ces fragments, s’il ne délivre pas de réponse (puisqu’il n’y a pas de mystère à proprement parler), il nous donne l’impression de co

Continuer à lire

Eden

ECRANS | Présenté comme un film sur l’histoire de la French Touch, "Eden" de Mia Hansen-Love évoque le mouvement pour mieux le replier sur une trajectoire romanesque : celle d’un garçon qui croyait au paradis de la house garage et qui se retrouve dans l’enfer de la mélancolie. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 18 novembre 2014

Eden

Nuits blanches et petits matins. L’extase joyeuse des premières soirées techno-house où le monde semble soudain s’ouvrir pour une jeunesse en proie à un nouvel optimisme, prête à toutes les expériences et à toutes les rencontres ; et ensuite la descente, le retour chez soi, la gueule de bois, le quotidien de la vie de famille et des disputes amoureuses. Cette courbe-là, Eden la répète à deux échelles : la plus courte, celle des cérémonies du clubbing d’abord sauvages, puis ritualisées via les soirées Respect ; et la plus large, celle de son récit tout entier, où l’utopie de la culture house-garage portée par son héros se fracasse sur la réalité de l’argent, des modes musicales et du temps qui passe. Aux États-Unis, on appelle ça un "period movie", un film qui embrasse une époque et un mouvement, de ses prémisses à son crépuscule. Eden, quatrième film de Mia Hansen-Love, répond en apparence à ce cahier des charges puisqu’il s’étend sur une dizaine d’années, à la charnière des années 90 et des années 2000, celles où la France a été une tête chercheuse du mouvement techno avec en figures de proue les deux membres de Daft Punk, Thomas Bang

Continuer à lire

La Religieuse

ECRANS | De Guillaume Nicloux (Fr, 1h54) avec Pauline Étienne, Louise Bourgoin, Isabelle Huppert…

Christophe Chabert | Mercredi 13 mars 2013

La Religieuse

Pour avoir beaucoup défendu Guillaume Nicloux dans ces colonnes, on sait aussi à quel point les échecs répétés (et souvent injustes) de ses films dans les salles l’ont rendu amer et méfiant. Cette nouvelle adaptation de La Religieuse montre en effet un cinéaste qui, sans mauvais jeu de mots, ne sait plus à quel saint se vouer pour séduire le public, et lorgne ouvertement vers le triomphe de Des hommes et des dieux. Comment expliquer autrement sa quasi-démission dans la mise en scène, qui confond austérité et académisme, à la lisière du téléfilm, embourbée dans l’uniforme grisaille des murs et des habits sacerdotaux, les chuchotements du cloître et le recto tono de la voix off ? Le problème, c’est que si Beauvois affichait une empathie (contestable) pour ses moines, Nicloux doit faire avec l’anticléricalisme du roman de Diderot, qu’il tente de désamorcer jusqu’au contresens. Il faut attendre l’arrivée d’Isabelle Huppert, d’une surprenante drôlerie, pour qu’un peu de folie entre dans le film. Trop tard, car l’encéphalogram

Continuer à lire

Le Grand retournement

ECRANS | De Gérard Mordillat (France, 1h17) avec Jacques Weber, François Morel, Patrick Mille...

Aurélien Martinez | Vendredi 18 janvier 2013

Le Grand retournement

À chaque crise ses films d'époque. C'est en suivant cet adage pour le renverser par le langage et nos traditions que Gérard Mordillat adapte la pièce de Frédéric Lordon, D'un retournement l'autre - Comédie sérieuse sur la crise financière. Par le langage, le verbe et donc l'écriture, puisque tout dans cette relecture des événements sous l'ère Sarkozy (ici roitelet égaré entouré de banquiers peu scrupuleux et bardé de conseillers zélés) est joué comme du Molière et de façon purement théâtrale, jusqu'au décor épuré. On n’a rien contre ce genre d'expérience (d'autres l'ont fait depuis belle lurette), mais il faut dire que le procédé, pas très malin cinématographiquement, se révèle vite assez saoulant. Entendre chanter en alexandrin la novlangue bancaire pour s'en moquer joyeusement amuse deux minutes, mais l'ironie du dispositif ne va pas très loin. Pire, les banalités satiriques s'enchaînent jusqu'à transformer le tout en petite pochade pouet-pouet bien de chez nous. Jérôme Dittmar

Continuer à lire

Un Deschiens chez Molière

SCENES | Les 14 et 15 novembre, toujours au Théâtre municipal, on retrouvera l’inénarrable et souvent très bon François Morel dans Le Bourgeois Gentilhomme de Molière (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 5 septembre 2012

Un Deschiens chez Molière

Les 14 et 15 novembre, toujours au Théâtre municipal, on retrouvera l’inénarrable et souvent très bon François Morel dans Le Bourgeois Gentilhomme de Molière mis en scène par Catherine Hiegel, ancienne sociétaire de la Comédie-Française. Si l’on n’attend pas grand chose d’une énième version de la pièce déjà montée des centaines de fois, on imagine que Morel se glissera à merveille dans les habits de Monsieur Jourdain.

Continuer à lire