"Sing Street" : band de jeunes

ECRANS | de John Carney (Irl., G.-B, E.-U, 1h46) avec Ferdia Walsh-Peelo, Lucy Boynton, Jack Reynor…

Vincent Raymond | Lundi 24 octobre 2016

Dublin, 1985. Espérant s'attirer les faveurs de la splendide Raphina, Conor décide de monter un groupe avec ses (rares) camarades de lycée. Une manière de s'évader de la crise économique omniprésente lui valant une relégation dans un établissement public et précipitant le divorce de ses parents…

Ex-fans des eighties, directeurs de salle de concert, préparez-vous à pleurer des larmes de vinyle devant cette charmante romance à l'accent rugueux fleurant la douce nostalgie du jukebox d'une époque musicalement magique – autant qu'elle empeste l'haleine nicotinée du skin. À elle-seule, la BO de Sing Street justifie le déplacement : Joe Jackson (Steppin' Out), Daryl Hall & John Oates (l'imparable Maneater), Duran Duran, The Cure (In Between Days), sans parler des compos du groupe Sing Street, pas déshonorantes… Un concentré de la diversité bouillonnante des années new wave, en perpétuelle réinvention culturelle, mélodique, vestimentaire ; une période métamorphique en écho aux mutations inhérentes à l'adolescence.

L'Irlandais John Carney a su miraculeusement rendre tangible non seulement ce jaillissement, mais également le contexte social tourmenté ; restituer l'esthétique vidéo balbutiante de l'ère pré-MTV tout en façonnant une gentille love story avec de la vraie rébellion dedans, sans la moindre fausse note. Il mériterait un rappel.


Sing Street

De John Carney (Irl-Angl-EU, 1h46) avec Ferdia Walsh-Peelo, Lucy Boynton...

De John Carney (Irl-Angl-EU, 1h46) avec Ferdia Walsh-Peelo, Lucy Boynton...

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Dublin, années 80. La pop, le rock, le métal, la new wave passent en boucle sur les lecteurs K7. Conor, un lycéen dont les parents sont au bord du divorce, est obligé à contrecœur de rejoindre les bancs de l’école publique dont les règles d’éducation diffèrent de celles de l’école privée qu’il avait l’habitude de fréquenter. Pour impressionner la mystérieuse Raphina. Il décide de monter un groupe et de se lancer dans la musique, univers dans lequel il ne connait rien ni personne,


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Sa vie n’avait certes rien d’une comédie, mais elle fut musicale et couronnée de succès dès lors qu’il intégra ce qui deviendrait Queen. Voilà pourquoi le réalisateur Bryan Singer a pris le parti de réduire à ces dix-quinze années de carrière l’existence de Freddie Mercury. À bien des égards, la démarche est justifiée : nul besoin de traîner dans les soubassements de l’enfance pour saisir que le petit Farrokh est complexé par ses origines (qu’il n’aura de cesse de dissimuler au long de sa vie) : on le déduit de ses attitudes de jeune adulte. Plus intéressantes sont sa maturation artistique dans le groupe, l’édification artisanale du morceau-titre du film, son affirmation égotique et, dans une autre mesure, la découverte de son orientation sexuelle. No sex, we’re puritan Or c’est là où le bât blesse : la représentation de cette icône gay est, à tout le moins, ambigüe. Singer le dépeint quasiment sous les traits d’un "hétérosexuel contrarié". En effet, les seules relations charnelles montrées à l’écran sont celles de Freddie avec sa première petite amie. Par la suite, il est vaguement émoustillé à

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