"Ouvert la nuit" : Paris à la Baer étoile

ECRANS | Farandole joyeusement erratique à travers un Paris nocturne sublimé, cette déambulation d’un directeur de théâtre aussi fantasque qu’impécunieux signe le retour du cinéaste-interprète Edouard Baer pour un film-synthèse superlatif : la plus mélancolique, hilarante, aboutie et (surtout) réussie de ses réalisations.

Vincent Raymond | Lundi 9 janvier 2017

Photo : Pascal Chantier


Inconséquent charmeur jonglant avec les mots et les promesses, épris de l'instant et du talent des autres, Luigi (Edouard Baer lui-même) gère depuis vingt ans un théâtre parisien grâce à de l'argent qu'il n'a pas. À la veille d'une première, il doit pourtant en trouver en urgence. Ainsi qu'un singe. Le voici en cavale dans la capitale, escorté par une stagiaire de Sciences Po au caractère bien trempé. La nuit est à lui !

Accompagner Edouard Baer n'a pas toujours été chose aisée : les délires de ses personnages de dandys logorrhéiques, en semi roue libre au milieu d'une troupe de trognes, nécessitaient d'être disposé à l'absurdité, comme à l'humour glacé et sophistiqué cher au regretté Gotlib. Mais de même que Jean-Pierre Jeunet a réussi à cristalliser son univers dans Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain, Baer est parvenu à réunir ici la quintessence du sien.

Mais si les deux auteurs partagent, outre la présence d'Audrey Tautou à leur générique, le plaisir d'entretenir une troupe fidèle et une affection certaine pour le Paris d'antan, les différences s'arrêtent là : Baer n'aime rien tant que faire voler les contraintes et les cadres, voir jaillir la vie et les imprévus, quand Jeunet se claquemure dans ses intérieurs et millimètre jusqu'à la moindre syllabe.

Nuit magique, nuit de bazar

Pareil à une invocation aux zigzags du destin, ou à une bouffée d'optimisme forcené dans un océan marasmatique, Ouvert la nuit s'autorise toutes les invraisemblances apparentes sans jamais verser dans l'invraisemblable. Au fil de saynètes magiquement agencées pour donner une continuité fluide, il traverse de part en part un territoire abolissant toutes les frontières d'espace, de classe sociale et de temps par la vertu unificatrice de cette nuit engendrant d'éphémères et brumeuses fraternités.

Peuplé de personnages pittoresques et de rencontres, parsemé d'un amour inconditionnel et enfantin, cousu d'un humour potache et pas tache, Ouvert la nuit est enfin un film d'essence purement parisienne – mais il s'agit là, une fois n'est pas coutume, d'un compliment.

Ouvert la nuit
de et avec Édouard Baer (Fr., 1h37) avec également Sabrina Ouazani, Audrey Tautou, Grégory Gadebois, Michel Galabru…


Ouvert la nuit

De Edouard Baer (Fr, 1h36) avec Edouard Baer, Sabrina Ouazani...

De Edouard Baer (Fr, 1h36) avec Edouard Baer, Sabrina Ouazani...

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Luigi a une nuit pour sauver son théâtre. Une nuit pour trouver un singe capable de monter sur les planches et récupérer l'estime de son metteur en scène japonais ; une nuit pour regagner la confiance de son équipe et le respect de sa meilleure amie - qui est aussi sa plus proche collaboratrice... et pour démontrer à la jeune stagiaire de Sciences Po, tellement pétrie de certitudes, qu'il existe aussi d'autres façons dans la vie d'appréhender les obstacles...


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Des courts ailleurs

ECRANS | Après l’édition virtuelle de 2020, la Cinémathèque de Grenoble renoue avec une forme plus classique de son Festival du film court. Tout en changeant de décor.

Martin de Kerimel | Mardi 29 juin 2021

Des courts ailleurs

Cette fois, il n’a pas été possible d’occuper la place Saint-André : le Festival du film court en plein air sera lancé cette année sur l’Anneau de vitesse du parc Paul-Mistral, mercredi 30 juin, à partir de 21h. Ensuite, et jusqu’au 4 juillet, les projections de la compétition officielle auront lieu sur ce même site à 21h ou 21h30, précédées d’autres au cinéma Juliet-Berto, dès 19h. Une Nuit blanche est également prévue à Juliet-Berto le 2 juillet, qui commencera à minuit. Ce même jour et jusqu’au 5, des séances de rattrapage seront possibles au cinéma Le Club. La Cinémathèque de Grenoble, organisatrice de l’événement, ne revient pas sur ses fondamentaux : il s’agit toujours d’attirer le public le plus large possible, adultes et enfants, connaisseurs et simples curieux, tout en mettant en valeur ce qui peut faire la richesse de la création contemporaine. Une réelle vitalité ! Tout part d’un choix draconien : preuve que la crise sanitaire n’a pas tari l’envie des artistes, la Cinémathèque a reçu 2234 propositions de courts, issus de 91 pays, et en a retenu une soixantaine. Plusieurs prix sont en jeu, susceptibles de doper la carrière des grands petits films

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Grenoble : la Ville se positionne

Été culturel | On savait déjà que, pour son édition 2021, le Festival Magic Bus allait quitter l’Esplanade et rejoindre l’Anneau de Vitesse. La Ville de Grenoble a confirmé, vendredi 30 avril en fin de matinée, qu’elle prévoit d’autres événements culturels sur le site. Premiers détails.

Martin de Kerimel | Vendredi 30 avril 2021

Grenoble : la Ville se positionne

Bis… ou ter repetita : l’été dernier, après plusieurs mois de confinement, la Ville de Grenoble témoignait d’une intention d’accompagner le rebond de la culture, en programmant une "saison" d’événements en plein air, déclinée en quatre programmations de quinze jours et 188 propositions différentes (pour 214 levers de rideau). Plus tard, au début de cette année, elle a récidivé avec les Éclats de culture, une mini-série d’événements extérieurs organisée le 14 janvier, dans chacun des secteurs de la ville. Et voilà que l’on nous annonce pour le début de l'été « une programmation culturelle et festive », adaptée aussi aux normes sanitaires. Avec plusieurs partenaires locaux du monde culturel, la Ville travaille à la mise en place d’une scène à l’Anneau de Vitesse du parc Paul Mistral. Jusqu’à 1000 personnes devraient pouvoir trouver place autour de cette structure éphémère. « Y seront accueillis, du 17 juin au 9 juillet : le Festival Magic Bus, une programmation de la Bobine, une soirée exceptionnelle proposée par la MC2 et le Festival du Film Court en Plein Air, indique un communiqué. Cette scène sera aussi le théâtre de l’édition exception

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Festival du film italien de Voiron : Comencini, pour commencer

ECRANS | Temporairement privé de salle, le Festival du film italien de Voiron se réinvente en ligne en consacrant une mini-rétrospective à un grand maître transalpin, Luigi Comencini.

Vincent Raymond | Vendredi 19 mars 2021

Festival du film italien de Voiron : Comencini, pour commencer

Comme nous vous l’annoncions le mois dernier, l’association Amitié Voiron Bassano planchait une parade numérique pour permettre à ses fidèles de célébrer, fût-ce à distance, un printemps italien cinéphile. Les conditions n’étant pas réunies pour que le traditionnel festival se déroule sur les écrans du cinéma PASSr’L, c’est donc de chez soi que chacune et chacun visionneront la programmation de ce rendez-vous concocté en partenariat avec le réseau des bibliothèques du Pays Voironnais : six films ont en effet été sélectionnés pour être consultables en ligne jusqu’au 15 avril — en attendant (espérant) une édition plus “normale“ et partagée en septembre. Six œuvres prélevés dans l’abondante filmographie du prolifique Luigi Comencini (1916-2007), et qui forment donc ici une manière d’hommage. Six fois Luigi Annonçons-le d’emblée : il ne s’agit pas d’u

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Festival du film pour enfants : tout pour les plus jeunes !

ECRANS | Villard-Bonnot et Vizille accueillent du 19 au 31 octobre leur traditionnel événement cinéma entièrement tourné vers le jeune public. Que du bonheur !

Vincent Raymond | Mardi 20 octobre 2020

Festival du film pour enfants : tout pour les plus jeunes !

L’emblème choisi pour orner l’affiche de sa 22e édition (la Calamity "jeune" de Rémi Chayé, arborant un air résolu) illustre merveilleusement la combativité du Festival du film pour enfants. S’il a dû revoir sa logistique (adieu, les salles temporaires de Vizille !) et sacrifier quelques-uns de ses rendez-vous conviviaux (bye-bye, les petits en-cas gourmands avant et après certaines séances !) à cause de cette satanée pandémie, l’événement tient fermement ses rênes : plus de vingt-cinq films sont au programme, des animations conservées et la compétition maintenue ! Surtout, la thématique retenue cette année donne foi en le futur : "Rêvons l’avenir". Comme toujours, les films en lice sont divers et récents, dans une acception large du terme : figurent notamment De toutes nos forces de Nils Tavernier, Le Vent se lève de Miyazaki (2014), Lamb de Yared Zeleke, Le Roi des masques de Wu Tian-Ming (2015), Tous en scène d

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Montagnards et Indiens

Festivals | Deux événements cinéma arrivent sur les écrans de l’agglo ces prochains jours. On tourne d’abord son regard vers le 15e Festival du film international (...)

Martin de Kerimel | Mardi 6 octobre 2020

Montagnards et Indiens

Deux événements cinéma arrivent sur les écrans de l’agglo ces prochains jours. On tourne d’abord son regard vers le 15e Festival du film international Pastoralismes et grands espaces, du 8 au 11 octobre. Au programme du cinéma Le Club : des documentaires sur la vie des éleveurs français, suisses, italiens, argentins ou sénégalais, au format court et long. En outre, des rencontres citoyennes et débats sont organisés, ainsi que des expositions – certaines ont déjà ouvert, à la Maison de la montagne ou à la Crique Sud, par exemple. Le programme complet est en ligne : www.festival-pastoralismes.com. On change d’horizon la semaine suivante, avec la quatrième édition du Grenoble Indian Film Festival. L’événement est programmé du 15 au 18 octobre, avec une large sélection de courts métrages et un long, Made in Bangladesh, présentés à la Vence Scène de Saint-Égrève (samedi 17 à 20h30). Là aussi, de nombreuses animations connexes sont prévues, avec des professionnels du cinéma. L’association organisatrice espère pouvoir compter sur ses hôtes indiens, a monté une page Facebook et devrait publier toutes les infos sur

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"Yakari, le film" : indien vaut mieux que deux tu l’auras

ECRANS | De Xavier Giacometti & Toby Genkel (Fr.-All.-Bel, 1h22) animation

Vincent Raymond | Mardi 7 juillet 2020

Parce qu’il a sauvé le mustang sauvage Petit-Tonnerre au péril de sa vie, le petit Sioux Yakari se voit récompensé par son animal-totem, Grand-Aigle : désormais, il aura la faculté de comprendre la langue des animaux. Un don bien utile, car pour l’heure, il est perdu et loin de chez lui… Une thématique inconsciente galopait-elle cette année au Festival du film d’animation d’Annecy ? L’Ouest, le vrai, consacré à travers le magnifique Calamity (à l’automne sur les écrans) sert également de toile de fond à cette nouvelle adaptation de la BD de Derib + Job précédemment transposée par deux fois en série télévisée : en 1982 (de manière aussi calamiteuse que Les Schtroumpfs à la même époque), puis en 2005 sous l’heureuse supervision de Xavier Giacometti. Ce même réalisateur est encore à la manœuvre pour raconter, en investissant au mieux le grand écran et en usant d’une animation fluide, la "formation" de Yakari. Il co-signe donc ici une manière de reboot replaçant chacun des protagonistes dans sa fonction ou son histoire, y compris certains, comme Arc-en-ciel et Graine-d

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FilmmakErs

ECRANS | Comédienne, productrice, distributrice, Julie Gayet est aussi réalisatrice d’une série de trois documentaires s’intéressant à la place ténue dont les femmes (...)

Vincent Raymond | Mardi 11 février 2020

FilmmakErs

Comédienne, productrice, distributrice, Julie Gayet est aussi réalisatrice d’une série de trois documentaires s’intéressant à la place ténue dont les femmes cinéastes disposent dans ce métier décidément toujours très masculin – pourtant, 50/50 en 2020 ! En compagnie de Mathieu Busson, co-auteur de ce film (vive la parité !), celle qui fut interprète d’Agnès Varda comme de Dominique Farruggia présentera donc l’ultime volet de FilmmakErs et participera ensuite à un débat. Rendez-vous au Club lundi 18 février, à 20h15.

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"Mamacita" : la mamatriarche

ECRANS | Documentaire de Jose Pablo Estrada Torrescano (Mex., 1h15)

Vincent Raymond | Mardi 11 février 2020

Bientôt centenaire, la Mexicaine Mamacita n’a rien d’une grand-mère gâteau. Partie de rien, cette femme à poigne, ayant réussi à monter une chaîne de salons de beauté, avait fait promettre à son petit-fils parti étudier le cinéma en Allemagne qu’il lui consacrerait un film. Le voici… Impressionnante, irritante et attachante à la fois… Au fil de ses images, Jose Pablo Estrada Torrescano révèle sans filtre une maîtresse-femme assumant fièrement sa coquetterie et son autorité (voire, son autoritarisme), mâtinée d’une redoutable mauvaise foi chronique. Mais cet aplomb d’acier, conjugué à son tempérament baroque, apparaît comme le pilier de sa résilience, Mamacita ayant eu à dépasser les revers de fortune de ses parents. Bien que volontiers rudoyé par son aïeule, Jose Pablo Estrada Torrescano va parvenir à force de présence et de bienveillance à lui arracher des confidences très intimes sur son rapport à ses "fantômes" et lui faire fendre l’armure pour la première fois de sa tumultueuse vie. Mamacita aurait-elle livré toutes ces vérités sans l’interface artéfactuelle de la caméra et donc la certitude d’une part de postérité ? Rien n’est moins sûr. Ce qu’elle livre

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"Sonic le film" : hérisson carré contre Carrey hérissant

ECRANS | De Jeff Fowler (É.-U., 1h40) avec James Marsden, Jim Carrey, Tika Sumpter…

Vincent Raymond | Mercredi 12 février 2020

Exilé sur la planète Terre, le hérisson bleu Sonic vit heureux caché dans une petite ville, jusqu’au jour où il déclenche accidentellement une gigantesque décharge énergétique. Le gouvernement dépêche un savant fou, le Dr Robotnik, pour tirer les choses au clair… La nostalgie n’ayant pas d’âge, chacun·e éprouve une douce mélancolie à la remembrance des décors de sa jeunesse. Quand les septuagénaires susurrent Âmes fifties, les quinqua beuglent L’Île aux enfants et les trentenaires s’emparent de leur console pour se taper des parties de Sonic. Point commun à tous ces comportements innocents : la recherche d’un plaisir régressif et irénique ; le retour à ce fameux paradis perdu à l’âge adulte, auquel ils accèdent par saccades lors de ces plongées dans le bleu des souvenirs… ou du logo Sega, en l’occurrence. Sonic le film illustre bien cette quête sans fin (n’est-ce d’ailleurs pas le propre d’un jeu vidéo d’être construit en quête ?) en révélant le désir un brin réactionnaire des fans de tout retrouver intact – la polémique sur l’évolution morphologique de leur personnage fétiche née de la première bande-annonce en tém

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Du nouveau dans les salles

ECRANS | C’est sur une hausse bien timide de la fréquentation dans les cinémas grenoblois que 2019 s’est achevée : avec 1 865 831 spectateurs, soit +1% par rapport à 2018, on devrait même parler d’une étonnante stabilité quand l’ensemble de l’Hexagone progresse de 6%.

Vincent Raymond | Mardi 14 janvier 2020

Du nouveau dans les salles

Pourtant, les blockbusters ont été au rendez-vous pour motiver le public, et la diversité des films programmés sur les écrans commerciaux de l’agglomération (en particulier dans les sites art et essai) avait de quoi satisfaire toutes les sensibilités cinéphiles. Cette année débutante n’est pas avare de promesses. Au rayon festivals Les réjouissances débutent cette semaine avec le festival des Maudits films (du 16 au 26 janvier, voir l’article qui lui est consacré). Plus traditionnel, le 23e Festival Télérama (du 15 au 21 janvier) réactive 16 films parmi les plus appréciés de l’année art & essai 2019, à suivre au Club et au Méliès. La place reste à 3, 50€ sur présentation du pass. Il faudra ensuite patienter un mois, soit les vacances scolaires : du 21 au 26 février se tiendra à La Vence Scène la 5e édition de À vous de voir, Les rencontres cinématographiques de Saint-Égrève. Au programme : du cinéma jeune public, à l’instar de son homologue du Méliès au titre voisin,

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Rencontres autour du film ethnographique : voyage au bout de la nuit

Festival | Pour leur 23e édition, les Rencontres autour du film ethnographique se focalisent sur le thème alléchant de la nuit. Et proposent, du vendredi 8 au lundi 18 novembre, une programmation d’une époustouflante diversité dans son contenu mais également sa forme.

Damien Grimbert | Mardi 5 novembre 2019

Rencontres autour du film ethnographique : voyage au bout de la nuit

On ne va pas se mentir. Pour le néophyte, un festival dédié au film ethnographique peut a priori sembler une proposition un peu pointue, voire intimidante. Ce dont a parfaitement conscience Jacopo Rasmi, coordinateur du festival aux côtés de Nina Moro : « On est très attentifs à cette notion d’accessibilité : on essaie de construire une programmation très variée, pour permettre au public d’entrer dans le festival avec des films immédiatement abordables pour ensuite transiter vers d’autres formes de cinéma plus exigeantes ou expérimentales. Il y a vraiment l’idée d’accompagner chaque spectateur, à la fois par le biais d’intervenants, qui vont pouvoir créer une forme d’échange entre le film et le public, et par la création de moments de convivialité où l’on peut boire un verre, manger, discuter de manière informelle… ». À ce titre, l’espace du Train Fantôme de la compagnie Ici Même, à côté de l’Estacade, se transformera le temps du festival en une sorte de quartier général permanent pour accueillir le spectateur. Errances nocturnes

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Droit de regard sur les vacances : notre sélection de propositions jeune public

Jeune public | Pour ce numéro de trois semaines qui couvre l’entièreté des vacances scolaires, la rédaction du Petit Bulletin s’est mise en mode jeune public avec une sélection de propositions culturelles à vivre avec des enfants. Exposition, cinéma, concert et spectacle : suivez-nous !

La rédaction | Mardi 15 octobre 2019

Droit de regard sur les vacances : notre sélection de propositions jeune public

Une exposition pour « sensibiliser les enfants à la montagne » Avec, comme l’écrivait Stendhal (on connaît nos auteurs au PB), « au bout de chaque rue, une montagne », Grenoble semble être la ville idéale pour proposer l’exposition Petits Monts et merveilles, destinée aux 3-6 ans et organisée par la Casemate (le centre de culture scientifique local) dans le cadre de sa "Saison pour la planète". « Nous vivons entourés de montagnes et c’est important de sensibiliser les enfants à ce sujet. Certains vivent en ville, n’ont pas forcément la chance d’y aller, et cette exposition est aussi l’occasion de la leur faire découvrir », explique Armelle Chaléon, médiatrice à la Casemate. Une fois passées les portes du lieu, les enfants se retrouvent immergés dans l’univers montagnard à travers divers jeux et activités, m

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Toutes les couleurs de l’Inde avec le Grenoble Indian Film Festival

ECRANS | Rendez-vous du jeudi 17 au dimanche 20 octobre à Grenoble, Saint-Martin-d'Hères et Saint-Égrève.

Damien Grimbert | Mardi 15 octobre 2019

Toutes les couleurs de l’Inde avec le Grenoble Indian Film Festival

Troisième édition pour le Grenoble Indian Film Festival, organisé par l’association I.C.E. dans l’objectif de dévoiler toute la diversité du cinéma indien contemporain. Outre une pléiade d’ateliers en tout genre, une exposition de peinture et une soirée « Bollywood Night », la majeure partie de la programmation sera bien sûr dédiée au… cinéma, avec pas moins de sept films projetés. Parmi ces derniers, trois blockbusters très attendus, chacun dans un registre très différent : Chhichhore de Nitesh Tiwari accompagne ainsi au fil des ans et des aléas de la vie un groupe d’amis qui s’est formé à l’université, tandis que Kalank d’Abhishek Varman (photo) joue la carte de la grande fresque historico-romantique flamboyante dans des décors majestueux. Enfin, Mission Mangal de Jagan Shakti s’inspire d’une histoire vraie pour retracer le lancement d’une mission spatiale à destination de Mars. À noter, également, un documentaire de Pan Nalin sur la médecine ayurvédique (Ayurveda), un film anglais de Gurinder Chadha sur un jeune immigré indien passionné par Bruce Springsteen (Music of my life), un intrigant fil

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Le Festival d'humour et de création de Villard-de-Lans ? « L'histoire d'un groupe de copains » qui dure depuis 30 ans !

Festival | Du mardi 29 octobre au samedi 2 novembre aura lieu la 30e édition du Festival d'humour et de création de Villard-de-Lans. Retour sur les origines de ce « grand petit festival », comme se plaît à le nommer Gilles Balesta, son président.

Adeline Gailly | Mardi 15 octobre 2019

Le Festival d'humour et de création de Villard-de-Lans ? « L'histoire d'un groupe de copains » qui dure depuis 30 ans !

Né il y a 30 ans, le Festival d'humour et de création de Villard-de-Lans est « l'histoire d'un groupe de copains tout simplement » résume Gilles Balesta. Spectateur de la première heure et président de l'événement depuis 20 ans, il se rappelle cette première nuit de café-théâtre, là où tout a commencé, en 1989, avec une petite troupe de théâtre amateur. « Ils avaient invité d'autres troupes qu'ils connaissaient. Puis, au fur et à mesure des années, ils ont pu se produire dans la salle des fêtes de Villard, ont obtenu des moyens de la commune et c'est ainsi que le festival est né. » Aujourd'hui, l'événement rassemble des artistes multidisciplinaires, entre théâtre, chansons, contes, humour et bien d'autres, proposant une quinzaine de spectacles sur cinq jours. Avec un seul leitmotiv : « maintenir le même niveau de qualité et d'exigence ». Exit la vulgarité et « priorité à la création » insiste Gilles Balesta. Des énergies nouvelles Mais les rencontres entre artistes constituent le cœur de l'événement. « Ils sont présents toute la semaine. Ils n'arrivent pas la veille

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Un Festival du film court en plein air de Grenoble comme « reflet de la société d’aujourd’hui »

Festival | La 42e édition du Festival du film court en plein air de Grenoble, plus ancien rendez-vous du genre en France, se tiendra du 2 au 6 juillet sur la place Saint-André et dans plusieurs lieux de Grenoble. Avec un programme alléchant que Peggy Zejgman-Lecarme, directrice de la Cinémathèque, nous a minutieusement détaillé.

Alice Colmart | Mardi 18 juin 2019

Un Festival du film court en plein air de Grenoble comme « reflet de la société d’aujourd’hui »

Un écran de cinéma sur la place Saint-André pour y projeter des courts-métrages français et internationaux, ces films d’une durée inférieure à une heure, c’est le pari que se lancent chaque été depuis 42 ans les membres de la Cinémathèque de Grenoble. Et avec 10 000 spectateurs lors des dernières éditions, on peut dire que le festival a fait ses preuves. « C’est le plus ancien rendez-vous du film court en France » expliquait fièrement Peggy Zejgman-Lecarme, directrice de la Cinémathèque depuis 2016, le jour de la conférence de presse de l’événement. « C’est un festival grand public mais exigeant. Par exemple, ce n’est pas parce que c’est en plein air que la diffusion sonore n’est pas optimale. On mise vraiment sur la qualité. Et grâce à ça, c’est plaisant d’entendre dire par certains grenoblois que l’été ne commence pas tant que le festival n’a pas débuté ! » Demandez le programme Au total 59 films, visionnés en amont et sélectionnés par un jury professionnel, seront en compétition pour plusieurs prix. « Nous avons reçu 2 500 courts-métrages qui, globalement, sont le reflet de la société d’aujourd’hui. Il y a

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"Raoul Taburin" : le supplice du deux-roues

ECRANS | De Pierre Godot (Fr, 1h30) avec Benoît Poelvoorde, Édouard Baer, Suzanne Clément…

Vincent Raymond | Mercredi 17 avril 2019

En dépit de ses efforts, et depuis son enfance, Raoul Taburin (Benoît Poelvoorde) n’est jamais parvenu à se tenir sur un vélo. L’ironie du sort fait que tous le prennent pour un crack de la bicyclette et qu’il est devenu le champion des réparateurs. L’arrivée d’un photographe dans son village va changer son destin… Cette libre adaptation de l’album illustré de Sempé ressemble à une rencontre entre L’Homme qui tua Liberty Valance (1962) (pour sa fameuse morale "Quand la légende dépasse la réalité, on publie la légende" condamnant certains imposteurs malgré eux à supporter leur gloire indue) avec le réalisme magique, rendant anodin le surgissement d’éléments surnaturels. Ici, la bicyclette verte de Raoul paraît douée d’une vie propre, et le feu du ciel frapper ceux à qui il s’ouvre de ses secrets. Cela pourrait aussi bien être des hallucinations ou des coïncidences ; à chacun de déterminer son seuil tolérance à la poésie. Mettre en mouvement un conte narrant l’impossibilité pour un personnage de défier la gravité sur son vélo tient de la gageure, mais Pierre Godeau relève le gant en respectant la tonalité dél

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Festival des Maudits Films : la passion du bis

ECRANS | Onzième édition pour le Festival des Maudits Films, qui revient du mardi 22 au samedi 26 janvier au cinéma Juliet-Berto avec une équipe renouvelée mais un objectif inchangé : faire découvrir l’époustouflante richesse du cinéma bis à travers un vaste panorama d’œuvres souvent méconnues. Et passées au crible par nos soins ci-dessous, histoire de vous repérer au sein de cette programmation foisonnante.

Damien Grimbert | Mardi 15 janvier 2019

Festival des Maudits Films : la passion du bis

Les apparences sont parfois trompeuses : le plus ancien des films projetés cette année dans le cadre du festival, Les Chasses du comte Zaroff (1932 ; à voir mercredi 23 janvier à 20h) d’Irving Pichel et Ernest B. Schoedsack, est également l’un des plus rythmés et des plus palpitants. Tourné en même temps, dans les mêmes décors et par la même équipe que le mythique King Kong, cette aventure à mi-chemin entre thriller horrifique et récit d’aventure accumule en l’espace d’à peine 63 minutes les moments de bravoure avec une grâce infinie. On est donc là sur l'un des immanquables de cette nouvelle édition du Festival des Maudits Films. Tout comme cette autre pépite : Des monstres attaquent la ville (1954 ; vendredi 25 à 18h) de Gordon Douglas, avec sa colonie de fourmis géantes issues d’une mutation génétique, qui reste sans doute l’une des plus grandes réussites de la vague de films de science fiction surfant sur la peur du nucléaire en vogue dans les années 1950. Toujour

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Et le cinéma indien conquit Grenoble

Festival | Sorti de l’ombre mais pas encore des clichés auxquels l’inconscient collectif a trop souvent tendance à le cantonner, le cinéma indien bénéficie désormais de réseaux de promotion et de distribution très dynamiques à Grenoble. Décryptage avant de se rendre fin décembre à la Nef et à Mon Ciné pour le Grenoble Indian Film Festival.

Damien Grimbert | Mardi 18 décembre 2018

Et le cinéma indien conquit Grenoble

C’est un cinéma haut en couleur, à l’image du pays qui l’a vu naître. D’une énergie, d’une diversité et d’une richesse sans commune mesure. Et suivi avec passion par d’innombrables pays d’Asie, du Moyen-Orient et d’Afrique. Pourtant, depuis sa (relative) reconnaissance internationale à l’orée des années 2000, le cinéma indien reste souvent regardé en France avec une certaine condescendance. Réduit au statut de simple curiosité folklorique un peu extravagante, sur la base d’une vision limitée et surtout complètement obsolète. Car l’industrie cinématographique évolue à une vitesse impressionnante en Inde. Les critères en vigueur il y a encore dix ans semblent aujourd’hui totalement dépassés, dans le domaine du cinéma d’auteur indépendant comme dans celui des blockbusters de studio. Pour peu qu’on fasse preuve d’un minimum de curiosité, il n’a pourtant jamais été aussi facile de se tenir à jour. Ainsi, à Grenoble, la plupart des films indiens en vue bénéficient désormais d’une exploitation en salles quelques jours seulement après leur sortie en Inde… Du cinéma indien toute l'année Une visibilité accrue qui repose entièrement sur le travai

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Les films qui nous regardent : errances et trajectoires

Documentaires et ciné | Du mardi 18 au jeudi 20 décembre, on pourra découvrir ici (au CCN2) et là (à la Cinémathèque) trois films forts. On vous les présente.

Damien Grimbert | Mardi 11 décembre 2018

Les films qui nous regardent : errances et trajectoires

Cycle de trois films programmé à Grenoble par la cinéaste Alice Diop et la chorégraphe Latifa Laâbissi, Les films qui nous regardent propose une immersion intime et singulière au sein de différents microcosmes méconnus du plus grand nombre. Vers la tendresse (2015) d’Alice Diop, visible mardi 18 décembre au Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2), questionne ainsi plusieurs jeunes hommes d’une cité de banlieue sur leur rapport à l’amour et l’intimité, dans un univers où la mise en scène de la virilité tient le double rôle de bouclier protecteur et de prison. Brûle la mer (2014) de Nathalie Nambot et Maki Berchache, à voir mercredi 19 décembre au cinéma le Club, suit quant à lui les désillusions de jeunes Tunisiens ayant quitté leur pays pour le France après le renversement du président Ben Ali. Enfin, seul film de fiction du lot, Simone Barbès ou la vertu (1980, photo) de Marie-Claude Treilhou, diffusé jeudi 20 décembre à la Cinémathèque, accompagne les déambulations nocturnes d’une ouvreuse de

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Des Rencontres autour du film ethnographique pour « sortir d’une vision "exotique" de l’ethnographie  »

Festival | Fortes d’une programmation aussi dense que variée, qui s’étend du vendredi 9 au dimanche 25 novembre dans plus d’une douzaine de lieux différents, les XXIIe Rencontres autour du film ethnographique veulent également s’ouvrir à un public plus large, comme nous l’explique Jacopo Rasmi, l’un des trois coordinateurs du festival.

Damien Grimbert | Mardi 6 novembre 2018

Des Rencontres autour du film ethnographique pour « sortir d’une vision

Comment définiriez-vous l’objectif de ces Rencontres ? Jacopo Rasmi : Il s'agit de construire une alliance entre le support filmique, notamment le cinéma documentaire, et toute une série de questionnements qui se situent plus dans le champ des sciences sociales : l’ethnologie et l’anthropologie bien sûr mais aussi la sociologie, la réflexion politique…On essaie ainsi de choisir des thèmes – le corps l’année dernière, la ville cette année… – qui sont propres à la fois au cinéma et aux sciences sociales. Vous proposez donc une vision assez ouverte du cinéma ethnographique… En effet : tout le cinéma documentaire, qui est notre champ d’action privilégié, consiste à filmer des formes de vie, des gestes culturels, des manières de vivre… Et ça tombe tout de suite dans un domaine qui peut être celui de la réflexion anthropologique ou sociologique avec des questionnements autour des êtres humains, des sociétés, de la manière dont on vit ensemble, des variations entre nos modes de vie… Pour nous, la relation entre cinéma et ethnographie e

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Festival du film pour enfants : à 20 ans, on est toujours un enfant

ECRANS | Rendez-vous au Jeu de Paume (Vizille) et à l’Espace Aragon (Villard-Bonnot) du lundi 22 au mercredi 31 octobre pour découvrir l'alléchante programmation de cette vingtième édition.

Vincent Raymond | Mardi 16 octobre 2018

Festival du film pour enfants : à 20 ans, on est toujours un enfant

D’ordinaire, on dit vingt ans et toutes ses dents ; ce n’est peut-être pas forcément le cas pour le public de cette manifestation ayant l’âge de connaître de régulières visites de la Petite Souris. Avec son appellation très premier degré, le Festival du film pour enfants (organisé à Vizille et Villard-Bonnot) ne trompe pas sur la marchandise. Laquelle est de haute qualité : plutôt que de compiler les films sortis ces derniers mois sur les écrans, la programmation balaie un spectre large, brassant les styles, les provenances, les formats et les origines. Résultats ? 45 œuvres réparties en cinq sections pour découvrir les films d’actualité (ainsi que des avant-premières dont celle de Miraï, ma petite sœur de Mamoru Hosoda – photo), ceux d’animation, du patrimoine (dans la "malle au trésors"), la compétition (qui intègre des film anciens ou récents) et, nouveauté de l’année, une programmation baptisée XL. S’y retrouvent des courts et longs-métrages s’adressant à des jeunes ados (à l’affiche notamment, les excellents

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"Mademoiselle de Joncquières" : mensonges et trahisons (et plus si affinités)

ECRANS | d'Emmanuel Mouret (Fr, 1h49) avec Cécile de France, Edouard Baer...

Vincent Raymond | Lundi 10 septembre 2018

Pour se venger du Marquis des Arcis, auquel elle a cédé malgré la funeste réputation de libertin qui le précédait, Mme de La Pommeraye ourdit une complexe machination amoureuse contre lui en embauchant deux aristocrates déclassées, Mlle de Joncquières et sa mère. Mais peut-elle impunément user de l’amour comme d’un poison ? Deux pensées se télescopent à la vision de ce film. L’une : que le XVIIIe siècle, avec son amour des mots et ses mots d’amour, était taillé pour la plume stylisée prompte à (d)écrire les tourments chantournés qu’affectionne le réalisateur Emmanuel Mouret depuis ses débuts. L’autre, concomitante : pourquoi ne l’a-t-il pas exploré plus tôt ! Or, rien n’est moins évident qu’une évidence ; Mouret a donc attendu d’être invité à se pencher sur cette époque pour en découvrir les délices. Et se rendre compte qu’il y avait adéquation avec son ton. S’inspirant, comme le cinéaste Robert Bresson, d’un extrait de Jacques le Fataliste de Denis Diderot, Mouret l’étoffe et ajoute une épaisseur tragique et douloureuse. Là où Les Dames du Bois de Boulogne (1945) du premier se contentait d’une cynique mécanique

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Peggy Zejgman-Lecarme : « Le court-métrage a le même fonctionnement qu’un haïku »

Festival | Du mardi 3 au samedi 7 juillet, la place Saint-André sera, pour la 41e année consécutive, illuminée par le Festival du film court en plein air de Grenoble organisé par la Cinémathèque et sa directrice Peggy Zejgman-Lecarme. Interview.

Alice Colmart | Lundi 25 juin 2018

Peggy Zejgman-Lecarme : « Le court-métrage a le même fonctionnement qu’un haïku »

Le festival promouvra cette année « la création, la jeunesse et la vitalité d’un cinéma contemporain ambitieux et engagé ». C’est-à-dire ? Peggy Zejgman-Lecarme : Avant tout, les propositions doivent parler au plus grand nombre tout en étant qualitatives et doivent être des films avec lesquels les cinéastes se sont fait plaisir. Côté style, sur les 2400 productions envoyées, il y a très peu de comédies, comme chaque année, mais plus de drames, de tragédies, de films sociaux, témoins de ce qu’est la société d’aujourd’hui. L’année dernière, les sujets touchaient aux migrations et aux migrants. Cette année, ça parle de leurs intégrations, comme par exemple Abu Adnan de Sylvia Le Fanu en ouverture. La condition des femmes revient aussi dans les propositions comme Même pas mal, petit animal de Juliette Kempf sur l’histoire d’une mère célibataire qui veut organiser elle-même l’anniversaire de son enfant et qui doit en même temps répondre à une commande urgente en graphisme. D’autres films à nous conseiller avant de poursuivre ? C’est difficile, je

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Séances en courts au Festival du film court en plein air de Grenoble

Festival | La 41e édition est prévue du mardi 3 au samedi 7 juillet.

Aurélien Martinez | Mardi 19 juin 2018

Séances en courts au Festival du film court en plein air de Grenoble

Depuis 1978 se tient à Grenoble un festival dédié au court-métrage, forme cinématographique peu visible à l’année mais qui, pourtant, a permis à pas mal de cinéastes de faire leurs gammes – des grands noms d’aujourd’hui comme Michel Ocelot, Leos Carax, Mathieu Kassovitz ou encore François Ozon ont présenté des œuvres à Grenoble. Et qui, surtout, s’avère tout aussi riche que les autres (et notamment ce fameux long-métrage). Pour s’en rendre compte, il n’y a qu’à voir la sélection affûtée (des propositions légères que la brièveté renforce côtoient des films plus pointus) proposée chaque année par la Cinémathèque de Grenoble aux manettes de l’événement – au passage l’un des plus anciens de France sur le sujet. Un festival principalement en plein air, sur la place Saint-André attenante à la Cinémathèque, qui est autant un temps fort cinématographique qu’un moment tout simplement agréable à vivre face à l’écran géant pour les quelque 10 000 spectateurs présents selon les chiffres communiqués. « Après une 40e édition qui célébrait

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"Liberté 13 films-poèmes de Paul Éluard" : graines d’Éluard

ECRANS | de 13 réalisateurs (Fr., 0h42) animation

Vincent Raymond | Mardi 6 mars 2018

Ils sont 13 jeunes cinéastes achevant leur formation dans les plus prestigieuses écoles d’animation, et toutes et tous ont planché sur quelques vers de Paul Éluard (1895-1952), livrant leur vision originale de son univers poétique. En tout liberté, bien entendu. S’inscrivant dans la suite des programmes de courts-métrages dédiés à Prévert et Apollinaire, ce nouveau florilège de la série En sortant de l’école met en lumière l’œuvre d’un "apparenté surréaliste" dont la notoriété est souvent, hélas, réduite au seul – et incontournable – Liberté. Sa délicatesse, en amour comme en fantaisie, s’avère un combustible merveilleux pour de jeunes illustrateurs dont l’inspiration carbure à l’éclectisme. Et si le tableau final tient du coq-à-l’âne stylistique, des grandes lignes thématiques s’y répondent comme ce sentiment indicible qu’est l’attachement (moins grandiloquent que la passion et plus profond) ou la fascination pour la mer. On notera également quelques stupéfiantes réussites graphiques, tels Poisson de Arthur Sotto (minimaliste, mais d’un design supérieur), L’Alliance d’Eugène Boitsov (irrésistible de

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Festival des Maudits Films : maudit soit le bon goût

ECRANS | On vous parle de la dixième édition du fameux festival grenoblois qui se déroulera du mardi 23 au samedi 27 janvier au cinéma Juliet Berto.

Damien Grimbert | Lundi 22 janvier 2018

Festival des Maudits Films : maudit soit le bon goût

Un brin moins diversifiée qu’à l’accoutumée (les films américains et les années 1980 se taillent cette année la part du lion), la programmation de cette dixième édition du Festival des Maudits Films ne démérite pas pour autant, loin s’en faut. Outre un très bon film noir des années 40 (Péché Mortel de John M. Stahl, le mercredi) et une série B gothique 60’s signée Roger Corman (L’Halluciné avec Boris Karloff et Jack Nicholson, le jeudi), on est ainsi ravis de pouvoir découvrir sur grand écran le génial Performance de Nicolas Roeg et Donald Cammell (le vendredi), ovni filmique des années 1970 à la croisée du film de gangster britannique et du psychédélisme le plus débridé. Cette année, les nostalgiques des vidéo-clubs de seconde zone des années 1980 seront également à la fête, avec un classique du cinéma trash signé Frank Henenlotter (Frankenhooker, le jeudi), deux films d’action décomplexés à haute teneur en testostérone (The Punisher et Flic ou Zombie, tous deux réalisés par Mark Goldblatt, le samedi) et une flopée de films musicaux kitschs à souhait aussi sympas que datés (Beat Street, Kiss co

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Festival des Maudits Films : « Montrer des films qu’on ne voit jamais en salles »

ECRANS | Dixième édition déjà pour le Festival des Maudits Films, destiné aux amateurs de cinéma décalé – au sens très large du terme. Pour fêter cet anniversaire, et avant de présenter la programmation de cette année, on a rencontré sa directrice Karel Quistrebert, histoire de revenir avec elle sur les bases de cet événement atypique totalement "PB compatible".

Alice Colmart | Lundi 22 janvier 2018

Festival des Maudits Films : « Montrer des films qu’on ne voit jamais en salles »

Films d'horreur saugrenus, comédies délirantes, classiques mésestimés… Depuis sa création, le Festival des Maudits Films propose chaque année une sélection aux allures de vidéo-club géant grâce à sa patronne Karel Quistrebert qui, derrière son apparente timidité et sa longue frange cachant une partie de ses yeux, se montre très bavarde lorsqu’il s’agit de parler de cinéma. Et de son bébé. « L’idée du festival est de faire connaître des films qu’on ne voit jamais en salles, des films souvent plus rétro que modernes. Même si, pour moi, il y a des films rétro qui sont d’une modernité folle comme Citizen Kane par exemple. » Cet éclectisme cinématographique qu’elle défend et qui l’a amenée à créer un tel festival, Karel Quistrebert le doit à son éducation. « Si, pour beaucoup, les réalisateurs que j’apprécie sont morts, je m’intéresse à tout. Mes parents m’ont transmis la passion du cinéma très jeune. Chez moi, il n'y avait jamais de censure. Mon père me montrait des films de John Wayne, Clint Eastwood, Lino Ventura ; et ma mère m’emmenait toujours a

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Maudits films : le festival commence mardi soir

ECRANS | Du mardi 23 au samedi 27 janvier se déroulera au cinéma Juliet Berto la 10e édition de l’incontournable Festival des Maudits Films, dédié au cinéma bis. Si (...)

Damien Grimbert | Mardi 16 janvier 2018

Maudits films : le festival commence mardi soir

Du mardi 23 au samedi 27 janvier se déroulera au cinéma Juliet Berto la 10e édition de l’incontournable Festival des Maudits Films, dédié au cinéma bis. Si on en parlera plus en détail la semaine prochaine, d’ici là ne manquez pas la projection inaugurale de ce mardi avec l’intriguant Dr Jekyll & Mr Hyde de Gérard Kikoïne, relecture cocaïnée du classique de Robert Louis Stevenson par un pionnier du cinéma pornographique français – qui viendra d’ailleurs dédicacer son livre Kikobook quelques heures plus tôt à la librairie Decitre.

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"Les Films de l’été" : être ou avoir l’été

ECRANS | Programme de deux films : Rien sauf l'été de Claude Schmitz et Le temps de l'été de Emmanuel Marre

Vincent Raymond | Mardi 9 janvier 2018

Loin des clichés plage/montagne, cet assemblage de deux courts-métrages ultra primés propose deux "faces B" de l’été se déroulant dans des "non-lieux" de vacances, avec des personnages pour le moins décalés. L’étrangeté ambiante doit sans nul doute aux ascendances belges des films ; un je-ne-sais-quoi d’absurdité faisant écho à cette intangible sensation que, durant la saison chaude, tout est possible. Et l’éternité, à portée de main. Vague décalque fantaisiste de L’Année dernière à Marienbad d'Alain Resnais croisé avec Le Diable par la queue de Philippe de Broca, Rien sauf l’été projette un jeune homme en recherche de quiétude dans un château en réfection, peuplé d’une famille bizarre mais accueillante. Quant au Temps de l’été, il suit l’autoroute vers le sud de la France en compagnie d’un fils, de son père et du vieux pote suicidaire de ce dernier. Dans les deux cas, les instants de vie se succèdent et s’empilent, sans qu’il y ait forcément d’histoire à raconter : le moment est capturé dans la fugacité de son évocation, comme la fraîcheur d’une glace à l’eau ou la morsure cuisante de l’as

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PB d'or 2017 : cinéma

C'était 2017... | Où l'on a profité de ce bilan de fin d'année pour dégager une tendance.

Vincent Raymond | Mardi 19 décembre 2017

PB d'or 2017 : cinéma

Le PB d'or de la contre-tendance de l'année : les films à forme baroque Et si le temps des films à dominante beige avait vécu ? Et si le public éprouvait un sentiment de surdose face à ces productions froides et intérieures, se complaisant (parfois avec talent) dans la "grègitude" des choses, le bon cafard des familles, la déliquescence sordide des corps et/ou de l’esprit ? Et si le César décerné au Elle de Paul Verhoeven équivalait à un chant du cygne ? Le rejet public et critique du Happy End de Michael Haneke, figure de proue du genre, n’a rien d’anodin. Pour contrer les films miroirs, beaux objets trop lisses, trop plats, trop froids, les spectateurs réclament de l’accident, de l’éclat. Bref, que le miroir se brise et diffracte un peu, au lieu de se borner à refléter dans les limites du cadre. Voilà pourquoi on saluera avec ce PB d'or

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Rencontres autour du film ethnographique : filmer l’autre pour (mieux) le comprendre

Festival | Zoom sur la 21e édition du célèbre festival grenoblois prévue du lundi 13 au dimanche 19 novembre.

Alice Colmart | Mardi 7 novembre 2017

Rencontres autour du film ethnographique : filmer l’autre pour (mieux) le comprendre

Le cinéma et l’anthropologie sont nés avec une ambition commune : appréhender et affiner notre connaissance du monde dans toute sa diversité. Depuis 1996, l’association grenobloise Oasis (Œuvres artistiques et scientifiques / individus et sociétés), qui travaille à la promotion de projets mêlant ces deux domaines d’activité, propose ses Rencontres autour du film ethnographique dans différents cinémas (le Méliès, Mon Ciné, la Cinémathèque...) et lieux (le campus, le 102...) de l'agglo. Une semaine de projections durant laquelle les spectateurs sont poussés à s’interroger grâce à divers films récents comme Appunti del passaggio, évoquant le parcours des migrants du sud vers le nord de l'Europe ; Go Back sur l’accueil des réfugiés ; ou encore La couleur du caméléon racontant le parcours d’une migrante homosexuelle. « Cette année, on parle des "corps en passage" » nous explique Nina Moro, coordinatrice du projet. « On souhaitait s’attaquer à l’actualité en évoquant la migration via le corps et ce que l’on a à l’intérieur de soi. »

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Festival du film pour enfants de Vizille et Villard-Bonnot : enfants, tous au ciné !

ECRANS | Du lundi 23 au mardi 31 octobre, c'est dans ces deux villes que ça se passera pour le jeune public. Avec un grand nombre de films, récents ou non, qui démontrent brillamment la pertinence de cette manifestation cinématographique.

Vincent Raymond | Vendredi 20 octobre 2017

Festival du film pour enfants de Vizille et Villard-Bonnot : enfants, tous au ciné !

Les congés scolaires sont une bonne raison d’aller au cinéma – ne le répétez pas, mais TOUT est toujours un bon prétexte pour se rendre dans les salles. D’autant que les vacances de la Toussaint annoncent traditionnellement le Festival du film pour enfants du Jeu de Paume de Vizille, rejoint depuis l'an passé par l’Espace Aragon de Villard-Bonnot. Au menu de ce festin d’images, un savant panachage de sorties récentes (Zombillénium, Le Grand méchant renard et autres contes, Your Name, Jamais contente), d’avant-premières (Wallace et Gromit : cœurs à modeler) et d’œuvres déjà entrées – voire ancrées – dans le patrimoine. La liste est tellement longue que deux sections ont été nécessaires pour les présenter. Baptisée à juste titre La Malle aux trésors, la première intègre l’éternel Mon voisin Totoro (photo) de Miyazaki et le montage de films

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Peggy Zejgman-Lecarme : « J’ai des grandes envies pour le festival »

Festival | Alors que va commencer mardi 4 juillet la quarantième édition du Festival du film court en plein air de Grenoble, rencontre avec la directrice de la Cinémathèque de Grenoble qui pilote l'événement.

Aurélien Martinez | Mardi 27 juin 2017

Peggy Zejgman-Lecarme : « J’ai des grandes envies pour le festival »

Vous êtes arrivée à la Cinémathèque de Grenoble il y a un peu plus d’un an, mais on peut dire que c’est véritablement votre première édition à la tête du festival… Peggy Zejgman-Lecarme : C’est exactement ça. L’année dernière, j’ai eu le luxe de pouvoir observer sans avoir à organiser [son prédécesseur Guillaume Poulet était encore en poste – NDLR], de voir comment l’événement fonctionnait de l’intérieur. Ça a été très enrichissant. Pour votre première édition, vous tombez sur une particulière : la quarantième ! Pourtant, aucun gros événement n’est organisé autour de cet anniversaire… On le fête quand même en essayant notamment de valoriser l’histoire du festival avec une rencontre, une séance spéciale, une exposition d’affiches… Cette histoire se glisse donc à plein d’endroits différents. Après, si vous pensez plus à une grande fête d’anniversaire, avec des choses très exceptionnelles, on a fait aussi avec la réalité de notre structure –

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Grenoble éprise de courts depuis 40 ans

Festival | Le Festival du film court en plein air de Grenoble fête du 4 au 8 juillet sa quarantième édition. Si ce rassemblement dédié aux courts-métrages n’est pas le plus grand de France, il est indéniablement le plus ancien. Retour sur son histoire en compagnie de l’un de ses créateurs, le journaliste spécialiste des courts-métrages Gilles Colpart, qui sera d'ailleurs présent samedi 8 juillet pour une conférence sur le festival.

Nicolas Joly | Mardi 27 juin 2017

Grenoble éprise de courts depuis 40 ans

« Les films ne doivent pas dormir dans un tiroir, mais être montrés. » Telle est la devise de la Cinémathèque de Grenoble depuis sa création en 1962. On ne peut qu’approuver. C’est dans cette optique qu’elle organise le Festival du film court en plein air de Grenoble depuis maintenant 40 ans. Et si les projections de courts-métrages place Saint-André attirent aujourd’hui jusqu’à 10 000 personnes, l’événement a pourtant connu des débuts bien plus modestes, lors de sa première édition en 1978. Le journaliste Gilles Colpart, chargé de la programmation de cette première édition et maintes fois juré presse lors des suivantes, en garde un souvenir amusé. « Au début c’était très amateur. Le palmarès ne se faisait pas sur une scène. Michel Warren [premier directeur de la Cinémathèque, à l’initiative de la création du festival – NDLR] montait sur une sorte d’échafaudage et faisait les annonces en lisant son papier à la lampe de poche. » Il faut dire que l’ambition à l’origine du projet n’était pas de faire de ce rassemblement ce qu’il est aujourd’hui. « Il n’y avait pas la conscience pleine et ent

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Festival du film court en plein air de Grenoble : 40 éditions, pour faire court

Festival | Du mardi 4 au samedi 8 juillet, Grenoble sera une nouvelle fois la place forte du court-métrage grâce à son fameux festival.

Charline Corubolo | Mardi 20 juin 2017

Festival du film court en plein air de Grenoble : 40 éditions, pour faire court

40e cru forgé à la pellicule contemporaine dans son format réduit, le Festival du film court en plein air de Grenoble organisé par la Cinémathèque pose ses bobines soigneusement sélectionnées et son écran place Saint-André du 4 au 8 juillet. Une formule qui a fait ses preuves depuis 1978, faisant de la manifestation la plus vieille du genre en France. Mais c’est surtout une formule qui réserve chaque année de belles surprises. Au programme, chiffré, de cette 40e édition (qui est la première pour la nouvelle directrice Peggy Zejgman-Lecarme) : 28 films en compétition provenant de 16 pays, 22 hors compétition pour la sélection "Regards", 8 jeune public. Conservant le modèle de deux sessions de projection, l’une à 20h30 dans le cinéma Juliet Berto puis une autre place Saint-André à 22h, l’événement explore cette année la liberté sous toute ces formes : politique, sociétale ; et tous ces formats : animation, documentaire, expérimental. Quelques nouveautés à noter : un ciné-vélo est organisé au Musée dauphinois le 9 juillet, ainsi qu’un concours photo visant à réinterpréter l’affiche du festival – si la chaise ne vous inspire

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Bienvenue cher Grenoble Indian Film Festival !

Festival | Zoom sur la prometteuse première édition de ce rendez-vous cinématographique proposé du vendredi 16 au mardi 20 juin dans trois cinémas grenoblois.

Vincent Raymond | Mardi 13 juin 2017

Bienvenue cher Grenoble Indian Film Festival !

Toute première édition d'un festival se devant d’être saluée, souhaitons donc la bienvenue au Grenoble Indian Film Festival par un cordial "Namasté !". Initié par l’association Indian Cinema Events, ce nouveau rendez-vous tire parti de l’immensité des cultures indiennes et de la variété de leur expression cinématographique, dépassant la caricature sucrée-épicée des films masala – personnages semblant avoir pioché dans la penderie de Liberace, intermèdes musicaux plus sucrés que des loukoums, longueur démesurée… Qu’on se rassure : le GIFF ne délaisse pas les productions Bollywood pour autant. Il programme notamment les opus 1 & 2 du Baahubali de SS. Rajamouli, ainsi qu’un incontournable Shah Rukh Khan (LA méga star du genre) : Fan, de Maneesh Sharma. Il a aussi la bonne idée de consacrer une large section à l’art et essai (terme assez flou, car englobant ce qui n’est pas bollywoodien). L’ouverture se fera sur l’excellent

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Après "Guy Môquet", Villeneuve la série est de retour avec "Africa"

Initiative | Après le succès de son précédent "Guy Môquet", présenté au Festival de Cannes et nommé aux César, le collectif Villeneuve la série revient sur le devant de la scène avec "Africa", projeté mardi 11 avril à l’Espace 600 dans le cadre d’un double-programme.

Damien Grimbert | Mardi 4 avril 2017

Après

Installé dans le quartier de la Villeneuve depuis la fin de l’année 2010, le collectif Villeneuve la série a pour objectif de « mettre en place des projets qui investissent les habitants du quartier dans la création de films » comme nous le résume Naïm Aït-Sidhoum. « Au début, on avait un projet de série télé – d’où le nom du collectif – qui s’est ensuite transformé en projet de production de courts-métrages pour le cinéma. Notre première réalisation vraiment aboutie, c’est Guy Môquet, qu’on a tourné durant l’été 2013 et qui est sorti l’année suivante. » Comédie romantique moderne et malicieuse, le film de 30 minutes connaît l’honneur d’une projection à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes, d’une nomination aux César en 2016 et d’une diffusion sur France 2. Mais le collectif ne s'arrête pas là... « Coupler Africa à un film qui n’a rien à voir avec la Villeneuve » C’est en 2015 que commence le tournage d’Africa, nouv

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Vues d'en face : regardez-nous, encore et encore

Festival | Zoom sur la nouvelle édition (un brin réduite par rapport aux précédentes) du festival international du film gay et lesbien de Grenoble prévue principalement au cinéma Le Club. Une manifestation on ne peut plus nécessaire.

Julien Homère | Lundi 3 avril 2017

Vues d'en face : regardez-nous, encore et encore

Le printemps arrive, l’heure d’hiver passe et Vues d’en face revient. Du haut de ses 17 ans, en dépit d'une baisse drastique des subventions départementales et régionales qui l'a contraint à réduire la voilure, le Festival international du film gay et lesbien de Grenoble fait tout pour devenir majeur. Et prouve une nouvelle fois sa nécessité à ceux qui en douteraient. Cruelle époque, cruels films… Dans une société qui cloisonne et compartimente les sexualités, les œuvres sélectionnées montrent ainsi la place difficile de l’homosexualité dans la maladie (le court-métrage P*to F*ggot), la famille (le drame Plus jamais seul, en ouverture), l’exode (le très alambiqué Fronteras) ou le monde adolescent (Heartstone, film islandais éveillant la curiosité… mais il faudra attendre la clôture pour le découvrir). Kiki, documentaire de Sara Jordenö s

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Philippe Katerine, génial après tout : la preuve en dix chansons

Playlist | Depuis 25 ans, Philippe Katerine se promène dans le vaste monde de la chanson française, naviguant à sa marge tel un dadaïste pop tout en produisant par moments, et presque sans le faire exprès, de véritables tubes. Pour bien comprendre tout le génie qui se cache derrière le personnage fantasque, on remonte le fil de l’histoire en dix titres emblématiques de son parcours.

Aurélien Martinez | Lundi 13 mars 2017

Philippe Katerine, génial après tout : la preuve en dix chansons

1996 : Parlez-vous anglais Mr Katerine ? Après Les Mariages chinois, premier album qu’il enregistre tout seul dans son coin, et L'Éducation anglaise, deuxième tentative sur laquelle il ne chante carrément pas (c’est sa sœur et sa compagne de l’époque qui s’y collèrent), Phillipe Katerine publie en 1996 Mes mauvaises fréquentations, bijou qui lancera véritablement sa carrière. On perçoit déjà un côté gentiment décalé, à l’image de ce Parlez-vous anglais Mr Katerine ? très bossa-nova, même si le plus grand des voyants aurait bien eu du mal à prédire la voie (ou plutôt les voies) suivie(s) ensuite par Katerine. 1999 : Je vous emmerde Présent sur Les Créatures, album ambitieux enregistré avec la formation jazz et musique improvisée The Recyclers, ce morceau emmène Katerine sur un terrain qu’il va de plus en plus affectionner au fil des ans : celui de la chanson théâtrale, où la forme compte autant que le fond. Ici, c’est un Katerin

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De vendredi à dimanche, c'est Grési’Films

ECRANS | Pendant trois jours, l’Espace Aragon participe, aux côtés du cinéma Bel’Donne à Allevard et du Jean-Renoir à Pontcharra, à un super week-end de cinéma, programmant (...)

Vincent Raymond | Mercredi 15 mars 2017

De vendredi à dimanche, c'est Grési’Films

Pendant trois jours, l’Espace Aragon participe, aux côtés du cinéma Bel’Donne à Allevard et du Jean-Renoir à Pontcharra, à un super week-end de cinéma, programmant des films du matin au soir, des courts-métrages et des animations. Cerise sur projo, plusieurs avant-premières sont prévues dont Django et Corporate tournés dans la région ainsi que Sage Femme et Paris la Blanche. Du vendredi 17 au dimanche 19 mars à l’Espace Aragon, Villard-Bonnot

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Festival des maudits films 2017 : notre sélection énamourée

ECRANS | Vaste et méconnue constellation peuplée de perles cinématographiques en tout genre, le cinéma bis sera à l’honneur cette semaine à l’occasion de la neuvième édition du Festival des maudits films. Histoire de rendre hommage à la fabuleuse diversité de la programmation, on a (presque) vu tous les films présentés. Voici notre sélection, à découvrir au cinéma Juliet Berto.

Damien Grimbert | Mardi 17 janvier 2017

Festival des maudits films 2017 : notre sélection énamourée

Hitcher : terreur sur la route Certains réalisateurs signent parfois un coup d’éclat inaugural tellement intense qu’ils ne réussiront jamais à l’égaler par la suite. C’est le cas notamment de l’Américain Robert Harmon, auteur en 1986 avec Hitcher d’un thriller routier absolument unique en son genre, baignant dans une atmosphère d’étrangeté aussi trouble qu’envoûtante. Après avoir pris en stop un personnage inquiétant sur une route déserte, un jeune homme va progressivement se trouver plongé dans un véritable cauchemar éveillé, traqué à la fois par l’autostoppeur psychopathe (incarné par un Rutger Hauer iconique comme jamais) et par les forces de police qui le pensent coupable des meurtres commis par son poursuivant. Porté par une réalisation éblouissante, Hitcher n’explique jamais le rapport trouble et chargé de sous-entendus sexuels qui unit le chasseur et sa proie, embarquant le spectateur dans une odyssée routière aux confins du fantastique qui laisse la porte ouverte à une myriade d’interprétations. Jeudi 19

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Festival des Maudits Films : ça commence mardi !

ECRANS | Du mardi 17 au samedi 21 janvier au cinéma Juliet Berto se déroulera la 9e édition de l’incontournable Festival des Maudits Films, dédié au cinéma bis… de B à Z. On (...)

Damien Grimbert | Mardi 10 janvier 2017

Festival des Maudits Films : ça commence mardi !

Du mardi 17 au samedi 21 janvier au cinéma Juliet Berto se déroulera la 9e édition de l’incontournable Festival des Maudits Films, dédié au cinéma bis… de B à Z. On y reviendra, comme à notre habitude, de façon bien plus détaillée la semaine prochaine, mais ne considérez surtout pas ça comme un prétexte pour rater la projection inaugurale de ce mardi dédiée au film culte Le Retour des Morts-Vivants. Première et quasi dernière incursion derrière la caméra de Dan O’Bannon, scénariste pour John Carpenter (Dark Star), Ridley Scott (Alien) et Tobe Hooper (Lifeforce), Le Retour des Morts-Vivants est surtout l’un des tout premiers films à insuffler un peu d’humour potache et de décontraction à l’univers plutôt anxiogène du film de zombies. Résultat, une comédie horrifique ultra-rythmée et furieusement 80’s, mêlant dans un cocktail parfaitement dosé punks survoltés, militaires débordés et zombies dévoreurs de cerveaux. Un vrai classique ! Le Retour des Morts-Vivants Mardi 17 j

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Edouard Baer : « L’humour Baer ? Un humour pas drôle! »

Rencontre | On se l’imagine souriant, légèrement décoiffé, la main fouillant la poche droite de sa veste à la recherche d’un hypothétique briquet ou d’un trousseau de clés fantôme. Et c’est ainsi qu’il apparaît, affable, érudit et charmeur. Tel qu’en lui-même, et en Luigi, son lui-autre dans son nouveau film (réussi) "Ouvert la nuit". Interview.

Vincent Raymond | Lundi 9 janvier 2017

Edouard Baer : « L’humour Baer ? Un humour pas drôle! »

Quelle est la distance entre Luigi, votre personnage dans Ouvert la nuit, et vous-même ? Edouard Baer : Elle est totale parce que j’ai vraiment écrit un personnage de fiction à partir de choses que je connais ou que j’ai vécues ; à partir de gens que j’ai croisés, comme Jean-François Bizot [le créateur d’Actuel et de Nova – NDLR] que j’admirais ou certains producteurs de cinéma. J’ai mélangé des sentiments, des peurs et des envies… Luigi, c’est moi, très exagéré, en bien et en mal : il est beaucoup plus enthousiasmant, plus courageux et, j’espère, plus sombre, plus menteur et manipulateur. Si on se croit suffisant pour être un personnage de cinéma, il faut aller voir un psy ! Même les grands maîtres de l’ego-cinéma comme Woody Allen – qui, dans la vraie vie, fait de la boxe – s’inventent un personnage de fiction. Que vous a apporté Benoît Graffin, votre co-scénariste, dans l’écriture d’un film en apparence aussi personnel ?

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Rentrée cinéma 2017 : face (à face) à la nouvelle année

Panorama 2017 | Les distributeurs ont l’esprit joueur. Ou plutôt jouteur : à la manière des programmateurs des chaînes de télé, ils ont composé un mois de janvier truffé de petits duels et de combats singuliers. Une manière très… confraternelle de (se) souhaiter la bonne année…

Vincent Raymond | Lundi 2 janvier 2017

Rentrée cinéma 2017 : face (à face) à la nouvelle année

Comme si les vraies rivalités et les confrontations sérieuses du monde réel ne suffisaient pas, voilà qu’on invente des escarmouches pour les files d’attente des cinémas ! Et qu’on ne brandisse pas, pour les justifier, le prétexte d’une fréquentation à stimuler par "l’émulation" : revendiquant plus de 210 millions d’entrées réalisées en 2016, le secteur s’est rarement aussi bien porté. De telles chicaneries, ça a tout de même un petit air de cour de récré, non ? À hauteur d'ados Rayons enfantillages, Hélène Angel ouvre le bal avec Primaire (ce mercredi 4 janvier) qui fait de Sara Forestier une instit’ surinvestie prête à beaucoup pour sauver un gamin manifestant de graves signes d’abandon… au grand dam de son propre fils. On retrouve, actualisé, l’un des thèmes de L’Argent de poche (1975) de Truffaut, centré ici sur l’enseignant et amendé d’une inutile fable sentimentale avec un Vincent Elbaz peu crédible en livreur fruste. Plus convaincant est Jamais contente de Émilie Deleuze (11 janvier), adaptation de Marie Desplechin sur les désarrois d’une ado redoublante, mal dans sa peau en fami

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Un festival du film pour enfants à croquer !

ECRANS | Entre le jeudi 20 et le dimanche 30 octobre, on a rendez-vous à Vizille et Villard-Bonnot pour un grand festival de cinéma dédié au jeune public. Avec pas mal de bons films.

Vincent Raymond | Mardi 18 octobre 2016

Un festival du film pour enfants à croquer !

Si vous vous demandez comment tuer le temps en famille pendant les vacances de Toussaint, en attendant l’épouvantable soirée "maquillage horrifique et surdose de glucose" du 31 octobre, exilez-vous pour la décade avec votre progéniture au Festival du film pour enfants de Vizille, qui s'étend cette année jusqu'à Villard-Bonnot. Bien qu’il accède cette année à la majorité, ce rendez-vous demeure particulièrement à l’écoute du jeune public à qui il promet pas moins de 30 films et 300 séances. Compétitif, le festival réunit un jury constitué de jeunes spectateurs vizillois âgés de 8 à 12 ans ; ils auront à départager des œuvres aussi variées que, entre autres, Shaun le Mouton, Les Aristochats, Les Goonies, De toutes nos forces ou Une vie de chat afin de leur remettre un Grand Prix et un Prix spécial. Bien entendu, les autres spectateurs pourront eux aussi s’exprimer sur ces films (un Grand Prix du Public leur est dévolu). Ils auront également l’occasion de replonger dans "la malle au trésor", une sélection de grandes reprises intégran

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1h30 de courts : merci Mon Ciné (et la Cinémathèque)

ECRANS | Rendez-vous ce jeudi 22 septembre à Mon Ciné pour revoir le palmarès du dernier Festival du film court en plein air de Grenoble.

Vincent Raymond | Mardi 20 septembre 2016

1h30 de courts : merci Mon Ciné (et la Cinémathèque)

Juillettiste, vous avez manqué le Festival du film court en plein air de Grenoble ? N’en concevez pas de trop amer regret : des séances de rattrapage ont été pensées pour vous permettre de vous remettre à niveau ! Telle cette carte blanche à la Cinémathèque (qui porte le festival) organisée par Mon Ciné (Saint-Martin-d’Hères) jeudi 22 septembre, qui n’est rien moins que la reprise du palmarès 2016. Une bonne occasion d’embrasser en une séance ce qui a été jugé comme le meilleur de cette édition, soit 8 films – parmi lesquels quelques "vieilles" connaissances ayant déjà écumé les festivals ou reçu moult prix. C’est le cas du Grand Prix, déjà César du court-métrage d’animation en février dernier, Le Repas dominical de Céline Delvaux : cette méditation d’un jeune homme sur les sempiternels déjeuners familiaux trop arrosés et les conversations génées/gênantes sur l’homosexualité, ne manque pas d’habileté avec son style s’évadant vers les Monty Python et Topor ; en revanche, il n’a rien de bouleversant question originalité, malgré les efforts de Vincent Macaigne pour "épaissir" la voix off. Plus étonnant se révèle Journal anim

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39e marche pour le Festival du film court en plein air

ECRANS | Organisée par une Cinémathèque en plein changement, la nouvelle édition du Festival du film court en plein air de Grenoble est prévue du mardi 5 au dimanche 10 juillet. Zoom sur la prog.

Vincent Raymond | Mardi 28 juin 2016

39e marche pour le Festival du film court en plein air

Qui aurait imaginé l’an dernier à la même époque la somme de bouleversements que connaîtrait la Cinémathèque de Grenoble en moins d’une saison ? Que l’édition 2015 du festival serait l’ultime de Michel Warren en tant que spectateur, son tempétueux créateur, disparu peu après sa clôture le 28 juillet dernier ; et que celle s’apprêtant à s’ouvrir coïnciderait avec les adieux de Guillaume Poulet, qui avait pris la suite de Michel Warren en 2009 ? Avant de céder son fauteuil à Peggy Zejgman-Lecarme, le (toujours) directeur accompagne l’événement phare de l’institution grenobloise, presque quadragénaire. Toujours gratuit, toujours aussi alléchant, le rendez-vous continue de jouer la carte de l’ouverture – n’est-il pas en ple

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Hôpital Sud d'Échirolles : hospitalité pour les courts

ECRANS | En préambule au 39e Festival du film court en plein air de Grenoble prévu du 5 au 10 juillet, la Cinémathèque revient le temps d’une soirée hors les murs (...)

Vincent Raymond | Lundi 20 juin 2016

Hôpital Sud d'Échirolles : hospitalité pour les courts

En préambule au 39e Festival du film court en plein air de Grenoble prévu du 5 au 10 juillet, la Cinémathèque revient le temps d’une soirée hors les murs (mais en intérieur) sur six des œuvres primées lors de la précédente édition. L’occasion de voir deux beaux films d’animation : le délicat Sous tes doigts de Marie-Christine Courtès (Mention du Jury Jeune) et le splendidement métaphorique Somewhere down the Line (photo) de Julien Regard, Grand Prix mérité. Une programmation réalisée dans le cadre du programme régional Culture et santé et proposée le jeudi 23 juin à 20h à l'Hôpital Sud d'Échirolles.

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Encore heureux

ECRANS | De Benoît Graffin (Fr., 1h33) avec Sandrine Kiberlain, Édouard Baer, Bulle Ogier…

Vincent Raymond | Mardi 26 janvier 2016

Encore heureux

Quand des petits-bourgeois s’attellent à l’écriture d’une comédie vaguement sociale (chacun des mots mérite d’être pesé : on suit ici une famille dont le père, cadre-sup’ au chômage depuis 2 ans, squatte un studio des beaux quartiers parisiens) en faisant l’économie d’un "script doctor", la vraisemblance et la dignité en prennent pour leur grade. Quelques exemple à la volée ? L’histoire est censée se passer autour du réveillon de Noël, de surcroît en week-end ; or tout est ouvert fort tard, y compris les administrations, qui n’hésitent pas à menacer, d’ailleurs, d’expulsion… en pleine trêve hivernale. Un besoin urgent d’argent se fait sentir ? La mère s’en va troquer ses faveurs contre un chèque auprès d’un bellâtre de supérette – ah, le romantisme de la prostitution occasionnelle ! Même en ajoutant un macchabée voyageur en guise d’hypothétique ressort macabre (au point où l’on en est…), le scénario continue de tirer à hue et à dia, atteignant à peine la cheville brisée de la moindre pochade d’humour noir belge. Miséricorde pour les comédiens ; ils devaient avoir faim… VR

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Boukhrief : « "Made in France" ne sera pas maudit »

ECRANS | Après les attentats de novembre, Nicolas Boukhrief avait pris avec philosophie et dignité la non-sortie sur les écrans de son “Made in France”, sur une cellule djihadiste qui doit semer le chaos au cœur de Paris. Il découvre qu’un festival à Grenoble (Les Maudits films) le présente en exclusivité… Propos recueillis par Vincent Raymond

Vincent Raymond | Mardi 19 janvier 2016

Boukhrief : «

Votre film est programmé dans le cadre du Festival des maudits films. Il y a là une ironie tragique… Nicolas Boukhrief : Pour le public, c’est surtout l’occasion de le voir dans la dimension pour laquelle on l’a conçu. Et d’apprécier le travail du chef-opérateur sur l’image et celui sur le son. Et quel honneur d’être programmé dans le même festival que Sorcerer de Friedkin ! À quel moment avez-vous fait le deuil d’une diffusion sur grand écran ? Franchement, après le Bataclan [sa sortie était prévue le mercredi suivant – NDLR]. Après ce qui s’était passé dans une salle de spectacle, j’aurais été étonné que beaucoup de cinémas le prennent. Moi-même, si j’avais été exploitant, j’ignore ce que j’aurais fait, c’est complexe… D’ailleurs, ce film a été très difficile à faire, dès sa phase de production. Mais il n’était pas fait pour provoquer : c’est un état des lieux. Ayant été critique, vous savez qu’une œuvre maudite finit par rencontre

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