Soirées pré-Oscars avec "La La Land" et "Jackie"

Avant-premières | Deux gros événements cinéma à venir : samedi 21 janvier, "La La Land" sera en avant-première dans plusieurs cinémas de la ville. Et le mardi 24 janvier, c'est "Jackie" que les spectateurs du Club pourront découvrir avant sa sortie officielle. De quoi se préparer en beauté pour la cérémonie du 26 février.

Vincent Raymond | Mardi 17 janvier 2017

À présent que les Golden Globes ont été remis, couronnant d'un septuor inédit de statuettes la comédie musicale La La Land de Damien Chazelle (réalisateur du fameux Whiplash), la cote du film pour les Oscars monte plus haut que le contre-ut de la Reine de la Nuit. Et le désir pour nous public de le voir avant sa sortie prévue la semaine prochaine, le mercredi 25 janvier, également. Le distributeur SND l'a bien compris ; aussi a-t-il consenti à programmer une batterie d'avant-premières un peu partout en France, histoire d'étancher les impatiences et d'alimenter davantage le bouche à oreille. Détail amusant : elles ont toutes lieu au même moment, samedi à 19h30.

Quant à Jackie de Pablo Larrain, biopic de Mme Bouvier-Kennedy-Onassis, il a déjà fait forte impression à Venise, et pourrait valoir selon les échotiers un second trophée à Natalie Portman après celui remporté pour The Black Swan. Quoi qu'il en soit, le public hexagonal pourra se faire sa propre opinion avant la cérémonie prévue le 26 février, puisque le film sera sur les écrans le mercredi 1er et en avant-première grenobloise le mardi 24 janvier au Club. Vous pourrez donc découvrir ces deux grands favoris en moins d'une semaine. Comme diraient les Kennedy, on ne va pas se laisser abattre.

La La Land
Au Club et au Pathé Échirolles samedi 21 janvier à 19h30

Jackie
Au Club mardi 24 janvier à 19h45


La La Land

De Damien Chazelle (ÉU, 2h08) avec Ryan Gosling, Emma Stone...

De Damien Chazelle (ÉU, 2h08) avec Ryan Gosling, Emma Stone...

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Au cœur de Los Angeles, une actrice en devenir prénommée Mia sert des cafés entre deux auditions. De son côté, Sebastian, passionné de jazz, joue du piano dans des clubs miteux pour assurer sa subsistance. Tous deux sont bien loin de la vie rêvée à laquelle ils aspirent… Le destin va réunir ces doux rêveurs, mais leur coup de foudre résistera-t-il aux tentations, aux déceptions, et à la vie trépidante d’Hollywood ?


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"First Man - le premier homme sur la Lune" : (presque) bon comme la Lune

ECRANS | de Damien Chazelle (ÉU, 2h20) avec Ryan Gosling, Claire Foy, Jason Clarke…

Vincent Raymond | Lundi 15 octobre 2018

De son entrée à la Nasa comme pilote d’essai à son retour victorieux de la Lune, la trajectoire professionnelle et intime de Neil Armstrong dit "Mister Cool", un ingénieur doté d’une intelligence, d’une chance et d’un sang-froid peu communs qui fut le premier terrien à fouler le sol lunaire… L’engouement exagéré pour ce film d’élève appliqué qu’était La La Land aura eu la vertu de propulser Damien Chazelle vers un sujet plus ambitieux : l’aventure exploratoire la plus stupéfiante de l’Histoire. Le cinéaste la raconte en la restreignant à un individu réduit à son absence apparente d’affects – n’est-il pas paradoxal de posséder des qualités surhumaines, voire inhumaines, pour devenir le "Premier Homme" ? La désormais légendaire impassibilité (inexpressivité, version bienveillante) de Ryan Gosling sied à merveille pour figurer le non moins fameux flegme de l’astronaute, et le montrer dans ce qui fait sa banalité : sa dévotion mécanique à sa mission. Chazelle suggè

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Une toile sous les étoiles : notre sélection de films en plein air pour cet été

Sélection | Des amis et/ou de la famille, le soleil qui se couche, une petite couverture pour s’asseoir, un écran géant et des bons films : comme chaque été, les communes de l’agglomération grenobloise proposent plusieurs séances de cinéma en plein air à celles et ceux qui ne passent pas les deux mois d’été au bord de la mer (ou ailleurs). Sélection du meilleur, en toute subjectivité bien sûr.

La rédaction | Mardi 3 juillet 2018

Une toile sous les étoiles : notre sélection de films en plein air pour cet été

L’Ascension Lundi 9 juillet à Échirolles (Village Sud, placette Pôle Jacques-Prévert) Lundi 30 juillet à Saint-Martin-d’Hères (terrain sportif Henri Maurice) Vendredi 17 août à Saint-Égrève (parc de l'Hôtel de Ville) Jeudi 30 août à Eybens (devant le CLC) L’an passé sortait en salle ce feel-good movie multipliant les plans plein cadre sur des personnages aux mines réjouies et bienveillantes, respirant l’air pur des montagnes et le bonheur de vivre. Soit l’histoire d’un jeune gars de Saint-Denis parti sans préparation aucune à l’assaut de l’Everest afin de conquérir la fille dont il est épris. Pas révolutionnaire, mais sympathique… Ma vie de courgette Mercredi 11 juillet à Fontaine (parc de la Poya) Jeudi 12 juillet à Grenoble (jardin du Musée de l’Ancien Évêché) Jeudi 19 juillet à Grenoble (parc Soulage) Jeudi 2 août à Crolles Là, on est sur l’un des meilleurs films de 2016 grâce à sa délicatesse, sa sensibilité dépourvue de sensiblerie et son

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"Jackie" : queen Kennedy, queen Portman

ECRANS | de Pablo Larraín (E.-U., 1h40) avec Natalie Portman, Peter Sarsgaard, Greta Gerwig…

Vincent Raymond | Mardi 31 janvier 2017

Novembre 1963. JFK vient d’être assassiné et sa désormais veuve Jackie Bouvier-Kennedy reçoit un journaliste dans sa résidence glacée pour évoquer l’attentat de Dallas, mais aussi son avenir. Au fil de la discussion, elle se remémore pêle-mêle les jours heureux à la Maison-Blanche, les préparatifs des obsèques et la journée fatale… À l’instar de Neruda sorti il y a un mois, Jackie est un biopic transgressif où le sujet principal ayant la pleine conscience de sa future place dans l’Histoire se permet d’en soigner les contours en abrasant la moindre irrégularité apparente : la si lisse Mrs. Kennedy affirme ainsi ne pas fumer… en écrasant une de ses innombrables cigarettes ; la si droite Jackie tient debout… gavée de calmants et d’alcool. Dans la famille Kennedy, l’apparence prime sur l’expression publique d’un quelconque affect privé ; qu’importent les circonstances, Jackie se doit de participer à l’écriture de la glorieuse geste de cette dynastie. La construction achronologique du fi

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"La La Land" : vintage d’or hollywoodien

ECRANS | À Los Angeles, cité de tous les possibles et des destins brisés, Damien Chazelle déroule l’histoire en cinq saisons de Mia (Emma Stone), aspirante actrice, et Seb (Ryan Gosling), qui ambitionne d’ouvrir son club de jazz. Un pas de deux acidulé vers la gloire, voire l’amour réglé à l’ancienne, par l’auteur du pourtant très contemporain "Whiplash". Un aspirateur à Oscars ?

Vincent Raymond | Lundi 23 janvier 2017

N’est-il est agréable, parfois, de se rencogner dans de vieux vêtements assouplis par le temps, de déguster un mets régressif ou de revoir un film jadis adoré ? Ces doux instants où l’on semble s’installer au-dedans de soi procurent un réconfort magique… à condition qu’ils demeurent brefs. Plaisant à visiter, la nostalgie est ce territoire paradoxal où il est déconseillé de s’attarder, au risque de se trouver prisonnier de ses charmes trop bien connus. Lorsqu’un artiste succombe à la tentation de ressusciter le passé par le simulacre, il s’attire de bien faciles sympathies : celles des résidents à plein temps dans le "c’était-mieux-avant", auxquels se joignent les fervents amateurs des univers qu’il cite ou reproduit – ici, un canevas digne de Stanley Donen / Gene Kelly, habillé de tonalités musicales et colorées à la Jacques Demy / Michel Legrand, émaillé de jolis tableaux façon Leonard Bernstein / Jerome Robbins ou Vincente Minnelli. Je m’voyais déjà… Attention, il ne s’agit pas de minorer ni les mérites ni le talent de Damien Chazelle : La La Land s’avère un très honorable hommage au genre comédie musicale comme à la l

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"Neruda" : attrape-moi si tu peux !

ECRANS | D’un authentique épisode de la vie clandestine du poète chilien Pablo Neruda, Pablo Larrain tire un dys-biopic tenant de la farce, du polar politique et du western. Une palpitante mise en abyme de la création artistique célébrant la supériorité de tout artiste sur le commun des politiques…

Vincent Raymond | Mardi 3 janvier 2017

1948. Immense figure populaire, poète encensé, Pablo Neruda est aussi un député communiste s’opposant avec vigueur au président Videla. Lequel profite des tensions entre les grands blocs internationaux pour justifier son arrestation. Mais Neruda, pareil à une anguille, échappe à la traque menée par l’inspecteur Óscar Peluchonneau (interprété par Gael García Bernal). Et s’il ne parvient pas à quitter le pays, il va jusqu’à instaurer à distance un dialogue taquin avec son obstiné poursuivant… En préambule à son film, le cinéaste chilien Pablo Larrain aurait pu reprendre le mot de Boris Vian, à propos de L’Écume des jours : « Cette histoire est entièrement vraie puisque je l'ai imaginée d'un bout à l’autre. » Car si Neruda ne respecte pas "l’Histoire" stricto sensu ; si rien n’est authentique dans ce film, rien n’est réellement inexact. Tansformer en acte artistique un biopic d’artiste lui donne sa saveur, sa beauté et pour tout dire son véritable sens. En effet, raconter l’alpha et l’oméga d’une carrière ne présente, à part pour les indécrottables fans, qu’un intérêt médiocre : c’est ce qui di

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Rentrée cinéma 2017 : face (à face) à la nouvelle année

Panorama 2017 | Les distributeurs ont l’esprit joueur. Ou plutôt jouteur : à la manière des programmateurs des chaînes de télé, ils ont composé un mois de janvier truffé de petits duels et de combats singuliers. Une manière très… confraternelle de (se) souhaiter la bonne année…

Vincent Raymond | Lundi 2 janvier 2017

Rentrée cinéma 2017 : face (à face) à la nouvelle année

Comme si les vraies rivalités et les confrontations sérieuses du monde réel ne suffisaient pas, voilà qu’on invente des escarmouches pour les files d’attente des cinémas ! Et qu’on ne brandisse pas, pour les justifier, le prétexte d’une fréquentation à stimuler par "l’émulation" : revendiquant plus de 210 millions d’entrées réalisées en 2016, le secteur s’est rarement aussi bien porté. De telles chicaneries, ça a tout de même un petit air de cour de récré, non ? À hauteur d'ados Rayons enfantillages, Hélène Angel ouvre le bal avec Primaire (ce mercredi 4 janvier) qui fait de Sara Forestier une instit’ surinvestie prête à beaucoup pour sauver un gamin manifestant de graves signes d’abandon… au grand dam de son propre fils. On retrouve, actualisé, l’un des thèmes de L’Argent de poche (1975) de Truffaut, centré ici sur l’enseignant et amendé d’une inutile fable sentimentale avec un Vincent Elbaz peu crédible en livreur fruste. Plus convaincant est Jamais contente de Émilie Deleuze (11 janvier), adaptation de Marie Desplechin sur les désarrois d’une ado redoublante, mal dans sa peau en fami

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10 Cloverfield Lane

ECRANS | Dan Trachtenberg s’inscrit dans les pas du fameux film catastrophe apocalyptique "Cloverfield", sans pour autant en présenter une suite. Et défend plutôt un minimalisme bienvenu.

Vincent Raymond | Mardi 15 mars 2016

10 Cloverfield Lane

En 2008, Matt Reeves électrochoquait le principe du film catastrophe apocalyptique en hybridant faux "found footage" et monstres exterminateurs dans Cloverfield : une expérience de cinéma aussi accomplie du point de vue théorique que spectaculaire. Ni suite, ni spin-off classique, 10 Cloverfield Lane s’inscrit dans sa lignée en combinant atmosphère de fin du monde, huis clos sartrien avec potentiel(s) psychopathe(s)… et monstres exterminateurs. Producteur des deux volets, J.J. Abrams pourrait lancer une franchise en s’attaquant ensuite au mélo, à la comédie musicale, au polar : tout peut convenir, du moment qu’on ajoute “Cloverfield” dans le titre et intègre des monstres en codicille ! Si Cloverfield montrait une fiesta virant au massacre, puis au survival, 10 Cloverfield Lane démarre privé de toute insouciance par une rupture pour se précipiter, très vite, dans le confinement subi d’un bunker et sa promiscuité. C’est que les temps ont changé : l’inquiétude et la paranoïa règnent. Plus pressante, la menace n’est plus le seul fait d’entités étrangères ; elle émane aussi de bon gros "rednecks" se révélant immédiatement plus dangereux m

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The Voices

ECRANS | Marjane Satrapi s’exile aux États-Unis pour s’approprier une commande de film d’horreur à petit budget qu’elle transforme en comédie sanglante et cinglante à l’esprit très 80’s. Sympathique même si l’affaire peine à tenir la longueur. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 10 mars 2015

The Voices

Il faut imaginer ce que The Voices aurait pu être si Marjane Satrapi ne s’en était emparé pour lui faire subir une torsion toute personnelle : un de ces films d’horreur pour ados comme il s’en produit à la pelle, où l’esprit de sérieux n’est qu’une façade pour masquer le cynisme mercantile. Le film raconte comment un schizophrène tout juste sorti de l’asile, suivi de près par sa psychiatre et tenu en laisse par une puissante camisole chimique, finit par craquer son vernis de ravi de la crèche et retomber dans ses pulsions homicides. D’entrée, Satrapi repeint son univers aux couleurs irréelles d’un arc-en-ciel de bonheur, quand bien même celui-ci napperait un paysage d’usines et de banlieues branlantes ; l’effet Prozac contamine une mise en scène qui choisit l’option humour noir et transforme le minet Ryan Reynolds en une parodie de lui-même, sourire extatique figé perpétuellement sur son visage de puceau imberbe. Lorsqu’il rentre chez lui après une journée à bosser et à tenter de séduire la belle secrétaire de son entreprise (Gemma Arterton, parfaite incarnation du charme canaille de la "girl next door british") plutôt que de nourrir son cha

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Whiplash

ECRANS | Pour son premier film, Damien Chazelle raconte une initiation artistique muée en rapport de domination, et filme la pratique de la musique comme on mettrait en scène un film de guerre. Une affaire de rythme, de tempo et de ruptures parfaitement maîtrisée d’un bout à l’autre. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 23 décembre 2014

Whiplash

La répétition d’un coup de baguette sur une caisse claire, de plus en plus rapide, comme des coups de feu ou, selon le titre, des coups de lasso – whiplash. Le rythme, rien que le rythme. Une demi-seconde en trop ou une demi-seconde trop tôt et vous êtes mort. En face, l’homme censé vous guider dans votre apprentissage, votre mentor, est aussi votre pire ennemi, celui que vous craignez le plus car ses jugements font autorité. Lui, le rythme, il le fracasse sèchement afin de vous mettre à terre, plus bas que terre même, pour que vous vous releviez ensuite le mors aux dents et que vous repartiez au combat, plus déterminé que jamais. Ce qui ne tue pas rend plus fort, dit l’adage nietzschéen. Le succès est la meilleure des revanches, complète un dicton américain. Whiplash, premier film impressionnant de Damien Chazelle, raconte tout cela, et beaucoup plus encore. Un élève doué Voici donc Andrew (Miles Teller, échappé des romances pour ados comme The Spectacular now et Divergente) qui intègre une prestigieuse école de musique pour deve

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Cannes 2014, jours 9 et 10 : La fin - enfin !

ECRANS | "Jimmy’s hall" de Ken Loach (sortie le 2 juillet). "Alleluia" de Fabrice Du Welz (date de sortie non communiquée). "Whiplash" de Damien Chazelle (sortie le 24 décembre). "Sils Maria" d’Olivier Assayas (sortie le 20 août). "Leviathan" d’Andrei Zviaguintsev (sortie le 24 septembre).

Christophe Chabert | Dimanche 25 mai 2014

Cannes 2014, jours 9 et 10 : La fin - enfin !

Il faut savoir arrêter une guerre, dit-on. Un festival de cinéma aussi, avec comme bilan chiffré 32 films vus (plus trois vus avant d’y aller), et quelques blessés légers — après une telle foire, on se dit chaque année qu’on ne nous y reprendra plus. Et, quand on relit ce qu’on a écrit à chaud, on se lamente de notre propre médiocrité en se répétant obstinément que ce métier est aussi vain que stupide — peut-être la conséquence de cette arrogance insupportable qui règne à Cannes, où personne ne salue les gens qui travaillent à faire vivre le festival, mais où tout le monde saute au cou du premier imbécile friqué venu. Film de combat Il faut savoir arrêter une guerre. Oui, mais après, comment fait-on pour réconcilier les combattants ? C’est la question posée par Ken Loach dans son dernier film, Jimmy’s Hall — son dernier, disait-il avant de le présenter, mais ça avait l’air moins clair lors de la conférence de presse. Ce n’est pas une suite au Vent se lève, mais un prolongement, ce moment où, la guerre terminée, la nation irlandaise, divisée par des crimes fratricides, doit réapprendre à vivre ensemble et reformer une communaut

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Jackie - Andy Warhol

À la découverte des collections du Musée de Grenoble | [14/ 16] Nos coups de cœur issus des collections permanentes du Musée de Grenoble

Laetitia Giry | Mercredi 17 juillet 2013

Jackie - Andy Warhol

Nom de l’artiste : Andy Warhol (1928-1987) Titre de l’œuvre : Jackie Date de création : 1963 Médium : Photo et peinture Mouvement auquel l’intégrer : Pop art Analyse : En 1986, l’actuel directeur du Musée de Grenoble Guy Tosatto dirige le musée d’art contemporain de Rochechouart. C’est alors que germe dans son esprit l’idée (et surtout l’envie) d’acquérir une œuvre de Warhol. Ainsi commande-t-il un portrait de l'artiste allemand Beuys, que la mort subite de Warhol en février 1987 rend impossible, laissant le goût amer de la frustration au directeur… Arrivé à Grenoble, son idée s’est affirmée et confirmée : il veut une œuvre pop de ce génie ! Le portrait de Jackie Kennedy acquis en 2004 lui semble remplir les conditions parfaites pour représenter l’œuvre de Warhol, évoquant le rapport aux médias et aux icônes people, tout en ayant un lien direct avec "la grande histoire" (l’assassinat de son président de mari). Le portrait incarne à la fois le glamour et la vanité, il rappelle à quel point les choses sont fugitives… Et c

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No

ECRANS | Le référendum de 1988 au Chili, pour ou contre le dictateur Pinochet, raconté depuis la cellule de communication du "Non" et son publicitaire en chef : ou quand la radicalité formelle de Pablo Larraín se met au service d’un véritable thriller politique, haletant et intelligent. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 28 février 2013

No

Format carré, couleurs baveuses, image dégueu : on se demande d’abord si, à l’ère de la projection numérique, l’opérateur ne nous a pas joué un sale tour en glissant une vieille VHS dans un magnétoscope acheté sur Le bon coin. L’arrivée à l’écran de Gael Garcia Bernal achève de semer la confusion, et pour peu que l’on ne sache rien de ce que No raconte, on est en droit de se demander où Pablo Larraín veut nous emmener. Pourtant, tout va finalement faire sens. L’auteur de Tony Manero et Santiago 73, post mortem, achève avec No une trilogie sur l’histoire du Chili sous Pinochet, et sa radicalité formelle trouve ici une justification nouvelle. Nous sommes en 1988 et, face à la pression populaire, le dictateur fait un geste d’ouverture en organisant un référendum pour approuver ou rejeter sa présidence. L’opposition fait appel à un jeune publicitaire, René Saavedra, pour monter la campagne du "Non" à Pinochet. Celui-ci, ni particulièrement politisé, ni franchement hostile au régime, accepte pour une raiso

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Cannes, entre la panne et le moteur

ECRANS | Curieuse édition du festival de Cannes, avec une compétition de bric et de broc pleine de films d’auteurs fatigués, et dont le meilleur restera celui qui annonça paradoxalement la résurrection joyeuse d’un cinéma mort et enterré. Du coup, c’est le moment ou jamais de parler des nouveaux noms que le festival aura mis en orbite. Christophe Chabert

Aurélien Martinez | Vendredi 25 mai 2012

Cannes, entre la panne et le moteur

Comme il y a deux ans, le jour férié nous oblige à boucler avant la fin du festival de Cannes et la remise de la Palme d’or. Mais comme il y a deux ans, on a déjà hâte que l’affaire se termine, tant la compétition aura été laborieuse, et même parfois pénible à suivre. Surtout, sa diversité n’a pas été payante. En quelques heures, on pouvait passer d’un navet faussement personnel et vraiment putassier (le redoutable Paperboy de Lee Daniels, qui mérite des tomates après son déjà horrible Precious) à un sommet d’académisme moderniste à base d’acteurs inexpressifs, de dialogues séparés par d’interminables et grossiers silences et de plans sous tranxène sur des gars qui marchent dans les bois (le soporifique Dans la brume de Sergeï Loznitsa, qui mérite des œufs pourris après son déjà pontifiant My joy). Et on n’oubliera pas dans la liste le très Vogue Homme Sur la route de Walter Salles, où la beat generation est réduite à un clip publicitaire sur la mode des hipsters, ou encore le téléfilm de Ken Loach, La Part des anges, d’une fainéantise hallucinante que ce soit dans le déroulé de son scénario ou sa direction artistique inexist

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Tony Manero

ECRANS | De Pablo Larrain (Brésil, 1h38) avec Alfredo Castro, Amparo Noguera…

François Cau | Lundi 9 mars 2009

Tony Manero

Oh le beau projet casse-gueule que voilà : démontrer l’horrible absurdité du régime de terreur instauré par Pinochet dans les heures les plus sombres de son régime, via le prisme forcément déviant d’un fan de Tony Manero (le personnage interprété par John Travolta dans La Fièvre du Samedi Soir), dont le parcours chaotique résonne symboliquement avec les exactions du gouvernement chilien. Autant vous dire que le film de Pablo Larrain exige de son spectateur une suspension d’incrédulité à toute épreuve ! Théoriquement, le film est de fait passionnant dans l’exploitation de son postulat narratif carrément improbable, sur sa volonté kamikaze de s’attacher à la froide description d’une névrose qui finira par dévorer son protagoniste déconnecté des réalités l’entourant. Formellement, Pablo Larrain abuse un peu trop d’une complaisance misérabiliste surlignant ses intentions au lieu de leur donner l’ampleur voulue, en particulier dans sa description crue du marasme sexuel de son personnage principal. Le réalisateur nous plonge la tête dans le sordide et le pathétique sans oser s’en relever, et s’enferme volontairement dans le cinéma à thèse pour festivalier en goguette. Dommage.

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