Oh, les amoureux !

Vincent Raymond | Mardi 7 février 2017

Que faire lorsqu'on est en couple et cinéphile — mais aussi quand on est cinéphile et en quête de l'âme sœur ? Se rendre dans une salle obscure, pardi ! Chacun(e) vous le dira : c'est le meilleur endroit pour vivre une histoire passionnée ou, à défaut, passionnante. Alors, si vous promenez vos guêtres du côté de Seyssins, le 14 février prochain, jour de la Saint-Valentin, plongez dans un grand bain d'affection et de tendresse, seul(e) ou accompagné(e), grâce au double programme consacré à Wes Anderson : vous en sortirez réconcilié avec la vie et scotché à votre galant(e).

Avec À bord du Darjeeling limited (2008), vous suivrez une fratrie en train de se rabibocher à l'occasion d'un voyage de deuil dépaysant ; et dans le somptueux La Vie aquatique (2005) — vrai faux biopic de Cousteau plus crédible et poétique que L'Odyssée (2016) — vous partagerez le quotidien d'un impavide explorateur des hauts fonds, Steve Zissou, incarné par le non moins impassible Bill Murray, sur fond de reprises de Bowie en portugais par Seu Jorge… Pas mal comme sérénade romantique.

Si vous avez l'âme plus encline à la mélancolie, optez pour la séance du ciné-club du Belvédère, consacrée à Étreintes brisées (2009), de Pedro Almodóvar. Appartenant à la veine tragique de l'œuvre du président de la prochaine édition du festival de Cannes, ce film ne figure pas parmi ses plus grands succès. Mais il raconte une de ces histoires d'amour inachevées, donnant un besoin irrépressible de se blottir dans les bras de l'être aimé.

Soirée Les Amoureux de Wes Anderson, le mardi 14 février à 19h30 à l'Espace Victor-Schoelcher, Seyssins

Étreintes brisées de Pedro Almodóvar le mardi 14 février à 20h30 au Belvédère, Saint-Martin-d'Uriage.

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Festival du film pour enfants : tout pour les plus jeunes !

ECRANS | Villard-Bonnot et Vizille accueillent du 19 au 31 octobre leur traditionnel événement cinéma entièrement tourné vers le jeune public. Que du bonheur !

Vincent Raymond | Mardi 20 octobre 2020

Festival du film pour enfants : tout pour les plus jeunes !

L’emblème choisi pour orner l’affiche de sa 22e édition (la Calamity "jeune" de Rémi Chayé, arborant un air résolu) illustre merveilleusement la combativité du Festival du film pour enfants. S’il a dû revoir sa logistique (adieu, les salles temporaires de Vizille !) et sacrifier quelques-uns de ses rendez-vous conviviaux (bye-bye, les petits en-cas gourmands avant et après certaines séances !) à cause de cette satanée pandémie, l’événement tient fermement ses rênes : plus de vingt-cinq films sont au programme, des animations conservées et la compétition maintenue ! Surtout, la thématique retenue cette année donne foi en le futur : "Rêvons l’avenir". Comme toujours, les films en lice sont divers et récents, dans une acception large du terme : figurent notamment De toutes nos forces de Nils Tavernier, Le Vent se lève de Miyazaki (2014), Lamb de Yared Zeleke, Le Roi des masques de Wu Tian-Ming (2015), Tous en scène d

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"L'Odyssée de Choum" : de la chouette animation !

Cinema | De Julien Bisaro, Sonja Rohleder, Carol Freeman (Fr.-Bel., 0h38)

Vincent Raymond | Mardi 28 janvier 2020

La parade nuptiale d’un oiseau pour trouver l’élue de son nid ; l’amitié entre un oiseau naufragé et une jeune baleine ; la course-poursuite entre un bébé chouette et son puîné dans l’œuf emporté par une tempête… Trois courts métrages exceptionnels à voir sans tarder ! L’exemple récent de films d’animation atypiques partis de France ou d’Europe à la conquête du monde, glanant les récompenses (après avoir éprouvé toutes les peines à se financer…), devrait rendre les spectateurs plus vigilants : qu’elles soient longues ou courtes, ces œuvres animées brillent souvent par leur inventivité graphique, leur poésie narrative et visuelle ou leur intégrité artistique les conduisant hors des sentiers rebattus. Et combien dépaysants se révèle la plupart des programmes estampillés "jeune public", effervescent laboratoire du cinéma contemporain ! Judicieusement composé autour des volatiles, celui-ci est un mixe de techniques : 2D minimaliste colorée et épurée pour Le Nid de Sonja Rohleder, peinture sur verre (image par image, donc) pour le déchirant L’Oiseau et la Baleine de l’opiniâtre Carol Freeman et enfin 2D digitale (au rendu

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"Douleur et gloire" : autoportrait de Pedro Almodóvar en vieil artiste

ECRANS | Un cinéaste d’âge mûr revisite son passé pour mieux se réconcilier avec les fantômes de sa mémoire et retrouver l’inspiration. Avec son nouveau film en compétition au Festival de Cannes, Pedro Almodóvar compose une élégie en forme de bilan personnel non définitif illustrant l’inéluctable dynamique du processus créatif.

Vincent Raymond | Mardi 14 mai 2019

Le temps des hommages est venu pour Salvador Mallo, cinéaste vieillissant que son corps fait souffrir. Son âme ne l’épargnant pas non plus, il renoue avec son passé, se rabiboche avec d’anciens partenaires de scène ou de lit, explore sa mémoire à la racine de ses inspirations… Identifiable à son auteur dès la première image, reconnaissable à la vivacité de ses tons chromatiques, mélodiques ou narratifs, le cinéma de Pedro Almodóvar semble consubstantiel de sa personne : une extension bariolée de lui-même projetée sur écran, nourrie de ses doubles, parasitant sa cité madrilène autant que ses souvenirs intimes sans pour autant revendiquer l’autobiographie pure. Pourtant, à la différence de Woody Allen (avec lequel il partage l’ancrage urbain et le goût de l’auto-réflexivité), le démiurge hispanique est physiquement absent de ses propres films depuis plus de trente ans. Il parvient cependant à les "habiter" au-delà de la pellicule, grignotant l’espace épi-filmique en imposant son visage-marque sur la majorité de l’environnement iconographique – il figure ainsi sur nombre de photos de tournages, rivalisant en notoriété avec les vedettes qu’il dirige. Pour

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Grands espaces pour grands écrans au Ciné-Club de Grenoble...

ECRANS | ... qui propose notamment de (re)voir le mythique "2001, l’Odyssée de l’espace" mercredi 10 avril.

Vincent Raymond | Lundi 8 avril 2019

Grands espaces pour grands écrans au Ciné-Club de Grenoble...

Vous avez vu Roma ? Sur Netflix ? Et sur votre portable ? OK, il est temps de remettre les choses à l’endroit. Non pas grâce une projection du film d'Alfonso Cuarón dans une salle obscure (maintenant que le mal est fait, il faudrait pour cela attendre une conjonction de la Lune en Jupiter dans la maison de Kamoulox), mais avec "Grands espaces, Grand écran", le nouveau cycle du Ciné-Club qui vous prouve dans les grandes largeurs que certains films se conçoivent pour être vus et revus ad libitum en salle dans une intimité partagée. Après avoir convoqué Les Cheyennes de John Ford en ouverture, c’est l’indémodable 2001, l’Odyssée de l’espace (1968, photo) de Stanley Kubrick qui vient donner mercredi 10 avril de la profondeur (sans 3D) métaphysique à l’humanité et son histoire. Si chacune des visions de ce film-monde apporte une nouvelle interrogation (à défaut d’élucider toutes les questions précédentes), sa découverte dans son format "natif" (puisqu’il fut tourné en 65mm) garantit des émotions inédites. En particulier dans l’ultime segment du film, Jupiter et au-delà de l’infini, qui donne sa pleine mes

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"2001 : l'odyssée de l'espace" s'est fait une beauté grâce à Christopher Nolan

ECRANS | Il y a 50 ans sortait en salle un film devenu culte depuis même s’il n’est pas forcément le plus abordable de son auteur : 2001 : l'odyssée de l'espace (...)

Aurélien Martinez | Lundi 11 juin 2018

Il y a 50 ans sortait en salle un film devenu culte depuis même s’il n’est pas forcément le plus abordable de son auteur : 2001 : l'odyssée de l'espace de Stanley Kubrick, accompagné au scénario d’Arthur C. Clarke. « Une expérience visuelle dont l’interprétation est laissée libre à tout un chacun » comme l’avait déclaré à l’époque le cinéaste à Playboy. Une œuvre phare dans l’histoire du cinéma, avant-gardiste sur de nombreux points (sur l’intelligence artificielle notamment), dont le réalisateur Christopher Nolan, souvent présenté comme un héritier potentiel de Kubrick, a supervisé la restauration afin de la diffuser dans des conditions similaires à celles de sa sortie. Après une projection événement à Cannes dans une copie en 70 mn, le film sort dans toute la France (à la Nef à Grenoble) ce mercredi 13 juin en version numérique. Grandiose, forcément grandiose.

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"L’Île aux chiens" : Wes Anderson a toujours du chien

ECRANS | Le cinéaste Wes Anderson renoue avec le stop motion pour une fable extrême-orientale contemporaine de son cru, où il se diversifie en intégrant de nouveaux référentiels, sans renoncer à son originalité stylistique ni à sa singularité visuelle. Ces chiens eussent mérité plus qu’un Ours argenté à Berlin.

Vincent Raymond | Jeudi 5 avril 2018

Sale temps pour les cabots de Megasaki ! Prétextant une épidémie de grippe canine, le maire de la ville décide de bannir tous les toutous et les parque sur une île dépotoir. Atari, 12 ans, refuse d'être séparé de son Spots adoré. Il vole un avion pour rallier l’Île aux chiens. Ce qu’il y découvrira dépasse l’entendement… Peu de cinéastes peuvent se targuer d’être identifiables au premier coup d’œil, qu’ils aient signé un film d’animation ou en prises de vues réelles. Tel est pourtant le cas de Wes Anderson, dont le cosmos se trouve, à l’instar d’une figure fractale, tout entier contenu dans la moindre de ses images. Martelée par trois tambourineurs asiates dans une pénombre solennelle, l’ouverture de L’Île aux chiens est ainsi, par sa "grandiloquente sobriété", un minimaliste morceau de bravoure "andersonien" en même temps qu’une mise en condition du public. Au son mat des percussions, celui-ci entame sa plongée dans un Japon alternatif nuke-punk, synthèse probable entre le bidonville de Dodes'kaden ! (film d'Akira Kurosawa sorti en 1970) et le sur

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"Lady Bird" : au nid soit qui mal y pense

ECRANS | de Greta Gerwig (ÉU, 1h34) avec Saoirse Ronan, Laurie Metcalf, Tracy Letts…

Vincent Raymond | Lundi 26 février 2018

Exigeant d’être appelée Lady Bird par son entourage, Christine ambitionne d’étudier à New York. Pour l’heure lycéenne à Sacramento, elle cache ses origines modestes, tendant à se rapprocher de ses condisciples plus populaires et plus huppées. Quitte à trahir ses amis… ou elle-même. Chronique du tournant du siècle, ce portrait d’une ado aspirant à une vie intellectuellement exaltante, hors d’un ordinaire familial qu’elle toise d’un regard systématiquement dépréciatif, s’inspire du passé de la réalisatrice. Quinze ans après les faits, Greta Gerwig les revisite en effet dans la position de celle qui a franchi les obstacles, figurant aujourd’hui parmi une certaine élite branchée du cinéma. Dans la bande de Noah Baumbach (il partage sa vie) et Wes Anderson (elle partage son producteur), frayant quand ça lui chante avec les studios, la comédienne fait ici ses débuts solo de cinéaste. Qui croirait qu’elle a gravité dans une mouvance alternative au vu du résultat ? Film indé formaté, avec personnage d’ado de province rebelle, ultra mature mais naïf (ça plaît à NY, LA ou en Europe), enjeu social et premières amours décevantes, cet auto-biopic s’inscri

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Quand le cinéma brûle d’amour grâce à Almodóvar

Soirée cinéma | Rendez-vous mercredi 14 février (oui, jour de la Saint-Valentin) à l'Espace Victor-Schoelcher de Seyssins pour le constater.

Aurélien Martinez | Mardi 6 février 2018

Quand le cinéma brûle d’amour grâce à Almodóvar

Il y a plusieurs façons de passer une bonne Saint-Valentin. Celles et ceux qui ont concocté la saison culturelle commune des villes de Seyssinet-Pariset et Seyssins ont visiblement pensé qu’un 14 février parfait se déroulerait devant un écran de cinéma, et avec deux grands films du tout aussi grand réalisateur espagnol Pedro Almodóvar. À savoir Volver, succès critique et public à sa sortie en 2006 avec une Penélope Cruz royale, et le plus vieux (1989) mais plus culte Femmes au bord de la crise de nerfs. Plus culte puisqu’il correspond à la période moins institutionnelle et plus débridée (voire vaudevillesque) de l’Espagnol, fer de lance de la fameuse Movida des années 1980, lorsque le corset dans lequel le feu dictateur Franco tentait de maintenir l’Espagne a craqué de tous les côtés dans une impressionnante et foutraque vague créatrice. Avec, au centre de ce récit à plusieurs entrées, la grandiose Carmen Maura (photo), égérie almodovarienne par excellence que l’on retrouve d’ailleurs dans Volver, film avec lequel elle signa son grand retour dans la galaxie du cinéaste après plus de 15 ans d’

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"Julieta" : Almodóvar se met à nu

ECRANS | de Pedro Almodóvar (Esp., 1h36) avec Emma Suárez, Adriana Ugarte, Daniel Grao…

Vincent Raymond | Mercredi 18 mai 2016

Accrochant un nouveau portrait de femme abattue aux cimaises de sa galerie personnelle, le cinéaste madrilène semble avoir concentré sur cette malheureuse Julieta toute la misère du monde. Avec son absence de demi-mesure coutumière, Almodóvar l’a en effet voulue veuve, abandonnée par sa fille unique, dépressive, en délicatesse avec son père et rongée par la culpabilité. Un tableau engageant – qui omet de mentionner son amie atteinte de sclérose en plaques… Construit comme une lettre à l’absente, Julieta emprunte la veine élégiaque de l’auteur de La Fleur de mon secret. On est très loin des outrances, des excentricités et des transgressions des Amants passagers (2013), son précédent opus façon purge s’apparentant à un exercice limite de dépassement de soi – et qui s’était soldé par un colossal décrochage. Revenu les pieds sur terre, Almodóvar se met ici au diapason de sa bande originale jazzy : en sourdine. Au milieu de ce calme relatif, seules les couleurs persistent à crier – les personnages et le montage faisan

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"The Grand Budapest Hotel" : Wes Anderson à tous les étages

ECRANS | Avec "The Grand Budapest Hotel", Wes Anderson transporte son cinéma dans l’Europe des années 30, pour un hommage à Stefan Zweig déguisé en comédie euphorique. Un chef-d’œuvre génialement orchestré, aussi allègre qu’empreint d’une sourde inquiétude.

Christophe Chabert | Mardi 25 février 2014

The Grand Budapest Hotel, au départ, c’est un livre, lu par une jeune fille blonde sur un banc enneigé de la ville de Lutz, à côté de la statue de son auteur. Ce livre raconte l’histoire du Grand Budapest Hotel telle qu’elle fut rapportée à l’écrivain lors d’un séjour dans ses murs au cours des années 1960 par le propriétaire de l’hôtel, Zéro Moustapha. Cette histoire est aussi celle de Mr Gustave, concierge du Grand Budapest du temps de sa splendeur dans les années 1930, juste avant le début de la guerre, mentor et ami de Zéro. Le Grand Budapest Hotel était alors un bastion du luxe et du raffinement au cœur de l’Europe, dans la République de Zubrowka. À l’arrivée, The Grand Budapest Hotel est un film de Wes Anderson, autrement dit une pure création : rien de tout cela n’existe, tout a été réinventé par l’imaginaire du cinéaste. Mais ce monde fantaisiste laisse deviner en transparence la véritable Histoire européenne, du temps de ses heures les plus tragiques. Partition virtuose La narration en poupées russes qui lance le film – un récit à l’intérieur d’un récit à l’intérieur d’un récit –, redoublé par les const

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Wes Anderson : « Mes tournages sont assez chaotiques »

ECRANS | Dans la reproduction de la chambre d’Antoine Lumière à Lyon (qui pourrait être le décor d’un de ses films) et à l'occasion de la sortie de "The Grand Budapest Hotel", rencontre avec Wes Anderson à propos de Stefan Zweig, de sa famille d’acteurs, de transmission et des tatouages d’Harvey Keitel…

Christophe Chabert | Mardi 25 février 2014

Wes Anderson : « Mes tournages sont assez chaotiques »

Wes Anderson : Est-ce un «entretien» [en français dans le texte, NdlR] ou une interview ? Appelons-ça un «entretien»… The Grand Budapest Hotel est votre premier film à se dérouler en Europe et c’est aussi votre premier film historique… Faire un film sur l’Europe, c’était le point de départ. J’ai passé beaucoup de temps en Europe au cours des dix ou douze dernières années et, plus récemment, j’ai beaucoup lu Stefan Zweig et d’autres textes à propos de l’Europe. C’est pour cela aussi que j’ai choisi un contexte historique. Mon ami Hugo et moi avions l’idée d’un personnage inspiré par quelqu’un que l’on connaît, mais nous l’avons situé dans le passé uniquement à cause de Zweig. Sans adapter une histoire de Zweig, nous avons essayé d’adapter sa personnalité d’écrivain. Vous avez choisi une époque, mais vous avez inventé un pays imaginaire. Est-ce pour être fidèle à votre style personnel ou est-ce pour éviter des références trop directes à la guerre, la Shoah ou le communisme ? Non, je pense que nous nous y référons malgré tout. Et je me fich

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"Les Amants passagers" : Pedro Almodóvar en mode low cost

ECRANS | De Pedro Almodóvar (Esp, 1h31) avec Javier Camara, Carlos Areces…

Christophe Chabert | Jeudi 21 mars 2013

Après un incident technique, un avion est en perdition au-dessus de Tolède, attendant une solution pour un atterrissage forcé. Le personnel de bord, stewards plus ou moins ouvertement pédés, drogue les passagers de la classe éco et tente de régler la situation avec les "privilégiés" (un tueur, un banquier corrompu, une mère maquerelle, un couple en voyage de noces, un homme volage). On voit bien la métaphore filée par Pedro Almodóvar derrière ce récit de pure fantaisie : alors que les mœurs évoluent en Espagne (un des stewards a même un mari !), l’économie régresse vers un archaïsme de classe dirigé par des puissants en pleine déréliction. Point de vue intéressant, mais qui se heurte très vite au désir du cinéaste de retrouver l’esprit movida de ses premiers films. Ce maître du scénario invente ainsi un récit complètement décousu, qui n’avance pas vraiment et se contente d’empiler les saynètes inégales. Les Amants passagers ne trouve jamais sa vitesse de croisière, même si l’ensemble n’est jamais déplaisant à suivre. Alors que

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"Moonrise Kingdom" : l'amour à hauteur d'enfant

ECRANS | Poussant son art si singulier de la mise en scène jusqu'à des sommets de raffinement stylistique, Wes Anderson ose aussi envoyer encore plus loin son ambition d'auteur, en peignant à hauteur d'enfant le sentiment tellurique de l'élan amoureux.

Christophe Chabert | Lundi 21 mai 2012

Revoici Wes Anderson, sa griffe de cinéaste intacte, dès les premiers plans de Moonrise Kingdom. Sa caméra explore frontalement une grande demeure comme s'il visitait une maison de poupée dont il découperait l'espace en une multitude de petits tableaux peuplés de personnages formidablement dessinés. Au milieu, une jeune fille aux yeux noircis au charbon, cousine pas si lointaine de Marion Tenenbaum, braque une paire de jumelles vers nous, spectateurs. Ce n'est pas un détail : d'observateurs de ce petit théâtre, nous voilà observés par cette gamine énigmatique, dont on devine déjà qu'elle a un train d'avance sur les événements à venir. L’art de la fugue Par ailleurs, la bande-son se charge, via un opportun tourne-disque, de nous faire un petit cours autour d'une suite de Benjamin Britten. Où l'on apprend que le compositeur, après avoir posé la mélodie avec l'orchestre au complet, la rejoue façon fugue en groupant les instruments selon leur famille. Là encore, rien d'anecdotique de la part d'Anderson. Cet instant de pédagogie vaut règle du jeu du film à venir, où il est question d'enfance (qui n'est pas un jeu), de f

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"La Piel que habito" : la mue de Pedro Almodóvar

ECRANS | Pedro Almodóvar revient aux récits baroques et teintés de fantastique de sa jeunesse, la maturité filmique en plus, pour un labyrinthe des passions bien noir dans lequel on s’égare avec un incroyable plaisir.

Christophe Chabert | Mercredi 6 juillet 2011

La Piel que habito se déroule à Tolède l’année prochaine, mais il se passe aussi bien avant ce présent qui n’est pas le nôtre. De ce laps temporel qui enjambe gentiment notre actualité pour aller fouiller dans le passé et anticiper un futur proche où la science sans contrôle ne servira plus que les désirs de ceux qui la maîtrisent, Pedro Almodóvar fait plus qu’une pirouette narrative ; c’est un vrai geste de cinéaste, retournant aux sources de son œuvre pour lui donner un nouveau souffle, là où ses derniers films avaient tendance à s’enfoncer dans un auto-académisme à base de scénarios virtuoses et réflexifs et de mélodrames au féminin mis en scène avec une élégance glacée. Il faut remonter à Matador ou La Loi du désir pour trouver chez lui une histoire aussi tordue, qui n’hésite pas à emprunter les voies du cinéma de genre (le fantastique en tête, avec des références très assumées aux Yeux sans visage de Georges Franju et au Frankenstein de James Whale) pour distraire à tous les sens du terme le spectateur de son horreur fondamentale. Que l’on ne dévoilera pas, histoire d’être fidèle aux souhaits de l’auteu

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Cannes jour 9 : Dans sa peau

ECRANS | La piel que habito de Pedro Almodovar. L'Exercice de l'État de Pierre Schoeller.

François Cau | Vendredi 20 mai 2011

Cannes jour 9 : Dans sa peau

Hier, nous disions qu'il manquait à la compétition cannoise un film susceptible de rallier les suffrages des festivaliers autrement que par de la comédie nostalgique (The Artist et Le Havre sont pour l'instant les films les mieux notés par la presse étrangère). Mais ce jeudi, Almodovar est arrivé et c'est peu de dire que son nouveau film a fait son effet sur la Croisette. Vieil habitué du festival depuis Tout sur ma mère, mais jamais récompensé au-delà d'un prix de la mise en scène, Almodovar faisait face à un reproche justifié ces dernières années : ses films n'étaient jamais mauvais, mais ils répondaient un peu trop exactement à ce que l'on attend du cinéaste (un mélange de mélodrame et de réflexion sur l'illusion, qu'elle soit cinématographique ou amoureuse, dans un écrin élégant et précieux ). La Piel que habito réussit cette deterritorialisation devenue impérative : c'est un film de genre, un thriller aux relents fantastiques (pour se prémunir de tout reproche sur la crédibilité du pitch, il situe l'action à Tolède l'année prochaine). Almodovar était réticent à montrer le film à Cannes, de peur que l'on en révèle les secrets. On respectera donc sa v

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"Fantastic Mr. Fox" : fantastique M Anderson

ECRANS | Fable pour enfants et conte pour adultes, divertissement majuscule et immense film d’auteur, leçon de vie et leçon de cinéma : "Fantastic Mr. Fox" de Wes Anderson est une œuvre majeure.

Christophe Chabert | Jeudi 11 février 2010

Un couple de renards joue les Bonnie & Clyde dans les poulaillers de la région. Pendant un casse qui tourne mal, Mrs. Fox avoue à son bandit d’époux qu’elle est enceinte. Fox prend donc une décision radicale : s’embourgeoiser. Il enfile un costard et une cravate, trouve un vrai boulot (éditorialiste dans le canard local) et un vrai terrier, tandis que sa belle se met à la cuisine végétarienne et que Ash, son fiston au physique chétif, subit les moqueries des brutes de l’école. Fox recueille aussi son neveu, dont les parents sont malades, et qui s’avère un enfant modèle : sportif, élancé, éloquent. Ce joli portrait de famille est en fait pour Mr. Fox une prison domestique. Lui, le voleur de poules, voit ressurgir son instinct animal : il prépare donc un dernier coup, le cambriolage de trois fermes qui forment un consortium industriel. Ce génie du crime s’associe pour l’occasion avec Badger, un blaireau lent à la détente, et prend soin de camoufler son plan au reste de la maisonnée. Maison de poupées Fantastic Mr. Fox, inspiré par un roman de Roald Dahl, tient la distance de ce premier tiers étourdissant. La vivacité du

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"À bord du Darjeeling Limited" : Wes Anderson l'humaniste

ECRANS | Après "La Vie aquatique", Wes Anderson raffine encore son art de la comédie pince-sans-rire avec un film maîtrisé, libre et touchant sous influence manifeste de la Nouvelle Vague.

Christophe Chabert | Jeudi 13 mars 2008

Surprise ! En première partie d’À bord du Darjeeling Limited, vous verrez un petit court-métrage intitulé Hôtel Chevalier, aussi réalisé par Wes Anderson. Soit une chambre d’hôtel parisien où un homme mutique et maniaque (Jason Schwartzman, qui n’avait pas vu son talent comique si bien servi depuis Rushmore du même Anderson) attend une femme (Natalie Portman, simplement sublime). On peut considérer ce film bref et éclatant comme le sommet provisoire de la carrière de Wes Anderson : le décor se prête à son jeu favori, le plan de coupe latéral où l’on observe l’action comme si on regardait une maison de poupée ou une scène de théâtre. L’utilisation répétée d’un tube ringard, les déplacements chorégraphiés des acteurs, le recours au ralenti (a-t-on déjà écrit que les ralentis de Wes Anderson sont les plus beaux du cinéma mondial ?) et la mélancolie érotique qui se dégage de l’ensemble donnent à cette miniature son charme irrésistible. Mother India Cet "avant programme" n’est pas sans rapport avec le "grand" film qui va suivre. Parce que le personnage principal du court devient un des trois

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