À vous de voir : l'embarras du choix à Saint-Egrève

Festival | Les Rencontres cinématographiques de Saint-Egrève reviennent pour « 6 jours de fête autour du cinéma ». En tout, 34 films dont 9 avant-premières et 10 films jeune public seront projetés. Présentation de cette deuxième édition prévue du 17 au 22 février, à la Vence scène.

Julien Homère | Jeudi 16 février 2017

Photo : ARP Sélection


Pour ceux qui ont du temps libre et raffolent des buffets à volonté, le festival de Saint-Egrève À vous de voir promet pour sa deuxième édition un mélange de saveurs capable de rassasier la plus vorace des gourmandises. En guise de mise en bouche le vendredi 17 février, un concert des partitions de Nino Rota ou encore Georges Delerue donnera le "la" à "Musique et cinéma", la thématique du festival ici accommodée sur scène par 120 chanteurs servis show pendant 2 heures.

Ce hors-d'œuvre déjà copieux avalé, optez pour un vol-au-vent à travers les montagnes mongols en compagnie de La Jeune Fille et son aigle (photo), documentaire d'Otto Bell. Si vous êtes soucieux des questions sociétales, vous ne resterez pas sur votre faim : Un paese di Calabria, là présenté par sa co-réalisatrice Shu Aiello, et Chez nous de Lucas Belvaux (en avant-première) montreront les côtés tantôt lumineux, tantôt sombres des crises migratoires européennes.

Quant aux enfants, ils ne seront pas privés de désert (avec Sahara de Pierre Coré) ; ils auront même droit à un supplément glace (grâce à L'Empereur de Luc Jacquet). Ces six jours pour le 7e art, riches de 34 films, se concluront par un digestif de luxe : un orchestre s'accordera le temps d'un ciné-concert pour le chef-d'œuvre muet d'Alfred Hitchcock, Chantage. Bon appétit !

A Vous de voir, 2e édition des rencontres cinématographiques de Saint-Egrève
A la Vence scène du vendredi 17 au mercredi 22 février

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"L’Aventure des Marguerite" : malle du transport

ECRANS | De Pierre Coré (Fr., 1h26) avec Alice Pol, Clovis Cornillac, Lila Gueneau…

Vincent Raymond | Mardi 7 juillet 2020

1942. Le père de Marguerite a disparu à la guerre et l’adolescente se languit de son retour. 2019. Margot, sosie de la précédente, doit passer trois jours avec le nouveau copain de sa mère qu’elle trouve lourd. À cause d’une malle magique, les deux jeunes filles vont se substituer l’une l’autre… Comme une étrange impression de se retrouver devant un J’aime Lire mis en images… Pas si loin, en fait, puisque cette comédie fantastique d’aventure est adaptée d’un roman jeunesse signé Vincent Cuvellier. Si le travail visuel est propre, rythmé par le va-et-vient permanent entre les deux époques, la partie 1942 se révèle beaucoup plus riche en rebondissements épiques que le segment contemporain, Marguerite s’adaptant très (trop) vite à l’univers de science-fiction XXIe siècle. Les scénaristes ne se sont pas non plus trop préoccupés des inévitables questions de paradoxes temporels, pourtant le sel de ces histoires ainsi que des ressorts dramatiques de premier choix. On ignore quel destin attend ce film d’ambiance automnale un 14 juillet en salles, il fera certainement un meilleur score une après-midi de n

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L’embarras du choix

Programmation | Au-delà de la japanimation, d’autres merveilles seront également visibles lors des trois festivals. Voir Ensemble offre ainsi, jusqu’au 1er mars, un choix (...)

Martin de Kerimel | Mardi 18 février 2020

L’embarras du choix

Au-delà de la japanimation, d’autres merveilles seront également visibles lors des trois festivals. Voir Ensemble offre ainsi, jusqu’au 1er mars, un choix élargi de films d’animation, dont quelques courts de la réalisatrice française Florence Miailhe, marraine de la manifestation. Le programme comprend d’autres propositions françaises, le premier film d’animation réalisé par une femme indienne (Bombay Rose) et des œuvres venues d’Allemagne, de Roumanie ou de Norvège, notamment. On prêtera par ailleurs un œil attentif aux films proposés en images réelles, parmi lesquels un Pinocchio signé Matteo Garrone, le très attractif Ballon d’or originaire de Guinée, et It must be heaven du Palestinien Elia Suleiman. Comme à Grenoble, La Mure joue la carte de la diversité, avec 24 films au total : du 2 au 8 mars, Plein les yeux proposera ainsi quelques inédits, plusieurs sorties encore récentes (Le voyage du docteur Dolittle, Sonic le film, Le Prince oublié…) et d’autres un peu plus anciennes (Terra Willy, Donne-moi des ailes, Shaun le Mouton…). Du côté de Saint-Égrève, du 21 au 26 février, la programmation s’annonce

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Deux soirées avec Alfred Hitchcock à la Cinémathèque de Grenoble

ECRANS | Au faîte de sa gloire hollywoodienne, Alfred Hitchcock se pencha au mitan des années 1950 sur le petit écran pour y semer de nouvelles graines. La récolte (...)

Vincent Raymond | Mardi 12 mars 2019

Deux soirées avec Alfred Hitchcock à la Cinémathèque de Grenoble

Au faîte de sa gloire hollywoodienne, Alfred Hitchcock se pencha au mitan des années 1950 sur le petit écran pour y semer de nouvelles graines. La récolte s’avéra tout aussi fructueuse que sur le grand, en témoigne la série Alfred Hitchcock présente dont il réalisa quelques épisodes, parmi lesquels la Cinémathèque de Grenoble a composé la programmation d’une soirée (prévue jeudi mars à 20h) promettant d’allier virtuosité et esprit ludique. Le lendemain, le public aura droit à un de ces exercices de style dont le Maître raffolait : avec Lifeboat (1944), sur un scénario de Steinbeck, Hitch s’offre un huis clos sur une embarcation de sauvetage, en résolvant ironiquement le problème de sa traditionnelle apparition – lui qui détestait de surcroît l’eau. Une curiosité à voir.

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"L'Empereur de Paris" : Vidocq, retour gagnant

ECRANS | De Jean-François Richet (Fr, 1h50) avec Vincent Cassel, Freya Mavor, Denis Ménochet…

Vincent Raymond | Mardi 18 décembre 2018

Galérien évadé reconverti en marchand, Vidocq (Vincent Cassel) veut prouver au chef de la sûreté non seulement qu’il est innocent des crimes dont on l’accuse, mais aussi que les méthodes de la police sont dépassées. Alors il recrute son équipe de repentis et emplit les prisons à sa façon… Quand le cinéma historique télescope ironiquement l’actualité… Non pas en présentant l’ascension d’un ancien truand vers les sommets du pouvoir, mais en montrant comment l’État sait parfois sinueusement manœuvrer pour garantir son intégrité. Qui mieux que Vidocq peut incarner ce mélange de duplicité talleyrandesque et de méritocratie à la française ? Cette légende dorée du proscrit devenu superflic, usant de la langue et du surin de la canaille pour mieux protéger le bourgeois. Un "bon" voyou, en somme, et donc un parfait personnage pour le réalisateur Jean-François Richet qui s’offre ici une reconstitution épique et soignée remplaçant avantageusement la blague ésotérico-fantastique de Pitoff avec Depardieu (2001), et rappelant la série avec Brasseur. Son film souscrit aux exigences du divertissement, mais magnifie les côtés sombres, les alcôves et le

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À vous de voir : une fête du cinéma avant l'heure à Saint-Égrève

Festival | Rendez-vous du vendredi 9 au mercredi 14 février à la Vence Scène pour découvrir un paquet de films. Dont des très bons !

Aliénor Vinçotte | Mardi 6 février 2018

À vous de voir : une fête du cinéma avant l'heure à Saint-Égrève

« Six jours de fête autour du cinéma » attendent les férus de 7e art à la Vence Scène de Saint-Égrève, où le festival À vous de voir revient pour sa 3e édition. Au programme, trente-quatre films (dont onze en avant-première) et neuf destinés au jeune public. Des films de tous genres attendent donc les spectateurs, de la comédie loufoque Les Tuche 3 à la saisissante enquête journalistique L’Apparition de Xavier Giannoli, en passant par la dernière œuvre en date de Clint Eastwood, Le 15h17 pour Paris (photo). Le festival invite également au voyage avec

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"Rebecca" forever

ECRANS | Le seul film d'Hitchcock qui ait obtenu l'Oscar du meilleur film sera projeté jeudi 21 décembre à Mon Ciné.

Vincent Raymond | Mardi 19 décembre 2017

Première incursion hollywoodienne d’Hitchcock à l’invitation de David O. Selznick, Rebecca (1940) hurle son extraction britannique par toutes les perforations de sa pellicule : du cadre à l’auteur du roman Daphne du Maurier en passant par les très shakespeariens interprètes Laurence Olivier et Judith Anderson (alias Mrs Danvers). Un fragment d’Angleterre presque intact qui remporta l’Oscar du meilleur film et qui convainquit Alfred de persister aux États-Unis. À y repenser, les votants étaient culottés de désigner un film dont la narratrice et héroïne (campée par Joan Fontaine) n’est pas nommée, où tout le monde semble la menacer, en particulier un personnage très occupé à vivre une passion homosexuelle quasi-nécrophile. Des thèmes prometteurs qui annoncent les chefs-d’œuvre à venir, mais que l’on ne savoure pleinement qu’après avoir effectué un pèlerinage à Manderley… À (re)voir jeudi 21 décembre à 16h30 à Mon Ciné (Saint-Martin-d’Hères)

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Grenoble : les bons plans des Mondaines

Auteures invitées | Les oiseaux chantent, le soleil brille de mille feux, et les envies de sortie reprennent de plus belle. C’est enfin le printemps ! Pour profiter un max des plaisirs grenoblois, nous, l’équipe des Mondaines qui dévoilons chaque semaine sur notre blog les spots les plus tendances de notre ville, vous avons concocté un street-parcours validé à 100% afin de rendre votre journée PAR-FAITE ! Mode, déco, food, détente… Vous nous suivez ?

Mary et Noemi, co-fondatrices des Mondaines | Mardi 25 avril 2017

Grenoble : les bons plans des Mondaines

Le Brunch ultime : Point Bar C’est bien connu, pour avoir des forces, un bon petit-déjeuner est de rigueur ! Voici une adresse incontournable, nichée dans le si mignon quartier des Antiquaires : le Point Bar, que notre équipe a testé, re-testé et approuvé à chaque fois ! Petit-déjeuner gourmand la semaine, brunch dévoré le week-end, le tout saupoudré d’une sacrée dose de bonne humeur amenée par Violaine et Laura, deux copines passionnées par la Good Food. Pour ne donner que quelques exemples, vous pourrez y déguster des saveurs d’ici comme les œufs à la coque et leurs mouillettes de beurre salé, le muesli maison et son lait froid ou encore le saumon délicieusement fumé, mais aussi des goûts d’ailleurs comme le filet mignon à la cacahuète et aux épices ou les tartines de houmous. Mais psssst, conseil d’amies : pensez à réserver, surtout le week-end pour le brunch ! Point Bar, 31 rue Servant Helena et Moi, les belles matières pour des vêtements de qualité

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Lucas Belvaux : « "Chez nous", un film pour participer au débat »

Interview | Cinéaste dont l’éclectisme n’est plus à prouver depuis sa "Trilogie" (2003), Lucas Belvaux revendique sans faux-fuyant sa volonté de contribuer à la réflexion démocratique.

Vincent Raymond | Lundi 20 février 2017

Lucas Belvaux : «

Etait-il envisageable de tourner Chez nous pour la télévision, ou d’en faire une prédiffusion télévisée pour être sûr qu’il soit davantage vu ? Lucas Belvaux : Non, je n’y ai même pas pensé. À la télé, les contraintes sont telles que j’aurais été moins libre : les budgets, le rythme – non pas de tournage, mais de production – et l’écriture sont très cadrés. Ce sont des films qu’il faut faire dans une liberté absolue. Vous aviez l’impératif du calendrier électoral… Bien sûr : il fallait sortir avec l’élection présidentielle pour participer au débat. Le même film, quelle que soit l’issue de l’élection, n’avait pas le même sens s’il sortait après. C’était avant ou jamais. Mais si la sortie du film est programmée par les élections, l’envie est née avant, pendant le précédent, Pas son genre. On tournait à Arras ave

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"L’Empereur" : l’éternel retour du manchot

ECRANS | de Luc Jacquet (Fr., 1h24) documentaire avec la voix de Lambert Wilson

Vincent Raymond | Mardi 14 février 2017

Ni suite, ni remake du film qui avait apporté à Luc Jacquet il y a douze ans une notoriété mondiale, L’Empereur s’avance (en dandinant) comme une extension de La Marche de l’Empereur. Suivant littéralement ab ovo le cycle de l’existence de son animal fétiche, ce récit aurait pu se nommer "Une histoire immortelle" (mais il était déjà retenu par Orson Welles) voire "Le Miraculé" si Mocky n’en avait eu l’idée plus tôt. Car le palmipède du titre va devoir braver mille dangers pour accéder à l’âge adulte. Et chacun des flashbacks constituant ce doc-nature relatera un de ces périls, lui donnant des reflets de film à suspense : comment l’œuf survit au froid ; comment le poussin éclôt, grandit malgré les conditions extrêmes et les prédateurs sur la banquise, avant de rejoindre l’océan, guidé par son instinct pour se jeter (ou pas) à l’eau… Riches d’images stupéfiantes, dont certaines combinant intelligence et poésie (les manchots vus à l’envers sous l’eau, semblent voler vers les hauts-fonds), ce voyage antarctique narré par Lambert Wilson se double d’un hymne à la fragilité de la vie et de la Natur

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"Chez nous" : Lucas Belvaux dans les coulisses de l'extrême droite

ECRANS | Désireux d’éveiller les consciences en période pré-électorale, Lucas Belvaux lance un coup de poing idéologique en démontant la stratégie de conquête du pouvoir d’un parti populiste d’extrême droite. Toute ressemblance avec une situation contemporaine n’est pas fortuite…

Vincent Raymond | Lundi 20 février 2017

Lucas Belvaux s’y attendait, il n’a donc pas été surpris : depuis la diffusion de la bande-annonce de son nouveau long-métrage, quelques élus du parti en ayant inspiré le scénario ont d’autorité (forcément) assimilé Chez nous à « un navet » (sic). Et considéré qu’il s’agissait d’un « film de propagande » (re-sic) n’ayant pas sa place sur les écrans, à deux mois du premier tour de l’élection présidentielle. Cela, bien entendu, sans l’avoir vu. Pourquoi un tel effroi de leur part ? Est-ce bien raisonnable de craindre de la résonance d’un si modeste film ? Sans doute : ils savent l’opinion malléable et supposent Chez nous susceptible de rappeler aux oublieux ces mécanismes à la Machiavel, permettant de manipuler le peuple en douceur – avec son consentement de surcroît. L’effet haine La protagoniste de cette histoire y est choisie par un cadre du Bloc Patriotique, parti populiste d’extrême droite, pour être tête de liste aux municipales de sa petite ville du No

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Pierre Coré : « J’aime qu’il y ait des niveaux de lecture pour chaque public. »

ECRANS | Le réalisateur de Sahara revient sur la conception de son premier long métrage d'animation. Où l'on apprend comment un éléphant ivre influence une danse serpentine…

Vincent Raymond | Mardi 30 novembre 1999

Pierre Coré : « J’aime qu’il y ait des niveaux de lecture pour chaque public. »

N’était-ce pas risqué de choisir des serpents pour héros ? C’était une terre vierge : c’est la première fois que l’on fait un film avec des serpents un peu gentils — le contraire de Kaa dans Le Livre de la jungle ou de Persiffleur dans Robin des bois chez Disney. Quand j’en ai parlé aux animateurs, ils trouvaient le concept fort, mais en commençant à réfléchir, ils comprenaient pourquoi on ne l’avait jamais fait (rires). J’avais déjà des dessins sur lesquels j’avais enlevé les crochets et les langues fourchues, qui sont effrayants ; j’avais aussi pensé à suggérer les écailles comme des tatouages au henné pour les femelles et ethniques pour les mâles. Ou mis des yeux frontaux comme les mammifères. Anthropomorphiser un serpent est compliqué pour un animateur, on a donc beaucoup travaillé pour trouver des postures. Ici, rien n’est naturel ; il y a une licence permanente pour leur permettre d’avancer de façon rectiligne alors qu’ils se meuvent de manière sinusoïdale. Et lorsqu’ils vont vite, ils font des sauts rappelant des dauphins, des gazelles ou des belettes — c’est-à-dire des animaux qu’on aime. L’observation de vrais

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Pierre Coré : « J’aime qu’il y ait des niveaux de lecture pour chaque public. »

ECRANS | Le réalisateur de Sahara revient sur la conception de son premier long métrage d'animation. Où l'on apprend comment un éléphant ivre influence une danse serpentine…

Vincent Raymond | Mardi 31 janvier 2017

Pierre Coré : « J’aime qu’il y ait des niveaux de lecture pour chaque public. »

N’était-ce pas risqué de choisir des serpents pour héros ? C’était une terre vierge : c’est la première fois que l’on fait un film avec des serpents un peu gentils — le contraire de Kaa dans Le Livre de la jungle ou de Persiffleur dans Robin des bois chez Disney. Quand j’en ai parlé aux animateurs, ils trouvaient le concept fort, mais en commençant à réfléchir, ils comprenaient pourquoi on ne l’avait jamais fait (rires). J’avais déjà des dessins sur lesquels j’avais enlevé les crochets et les langues fourchues, qui sont effrayants ; j’avais aussi pensé à suggérer les écailles comme des tatouages au henné pour les femelles et ethniques pour les mâles. Ou mis des yeux frontaux comme les mammifères. Anthropomorphiser un serpent est compliqué pour un animateur, on a donc beaucoup travaillé pour trouver des postures. Ici, rien n’est naturel ; il y a une licence permanente pour leur permettre d’avancer de façon rectiligne alors qu’ils se meuvent de manière sinusoïdale. Et lorsqu’ils vont vite, ils font des sauts rappelant des dauphins, des gazelles ou des belettes — c’est-à-dire des animaux qu’on aime. L’observation de vrais

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"Sahara" : Pour qui sont ces serpents qui sifflent dans le désert ?

ECRANS | Appartenant à des peuples ne frayant jamais ensemble, Ajar le serpent des sables et Eva la serpente de l’oasis bravent les interdits en franchissant les (...)

Vincent Raymond | Mardi 31 janvier 2017

Appartenant à des peuples ne frayant jamais ensemble, Ajar le serpent des sables et Eva la serpente de l’oasis bravent les interdits en franchissant les frontières de leurs territoires. Mais leur expédition tourne mal et Eva est capturée par un montreur de reptiles. Ajar part à sa recherche… Dans le paysage plutôt singulier de l’animation français, où fleurissent d’un côté des créations aux partis pris stylistiques et/ou scénaristiques radicaux (Avril, Ma vie de courgette, Tout en haut du monde…), de l’autre de médiocres décalques des studios américains (Le Petit Prince), Sahara apparaît comme une curiosité. Car s’il emprunte à ces dernières leur esthétique “standardisée” ainsi que la bonne vieille trame d’une quête initiatique riche en personnages aux formes rondes et aux couleurs vives, le propos ne se trouve pas pour autant aseptisé. Derrière l’apparente convention se tient un buddy movie solide à l’animation tout sauf boiteuse — en même temps, a-t-on déjà vu serpent boiter… Pierre Coré n’est pas là pour épater l’œil en oubliant de raconter son histoire, il réfléchit à une harmonie d’ensemble et livre une œuvre d’une jol

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Claude Lorius mercredi soir à la Nef

ECRANS | Pour la nouvelle édition des soirées Un fauteuil pour 2, Manuel Houssais convie un scientifique pionnier dans sa discipline, aventurier, lanceur d’alerte (...)

Vincent Raymond | Mercredi 6 avril 2016

Claude Lorius mercredi soir à la Nef

Pour la nouvelle édition des soirées Un fauteuil pour 2, Manuel Houssais convie un scientifique pionnier dans sa discipline, aventurier, lanceur d’alerte sur la question du réchauffement climatique et héros de La Glace et le Ciel, plus récent film de Luc Jacquet. Ce personnage exceptionnel, Claude Lorius, sera présent pour commenter le film (qui fit la clôture de Cannes l’an passé) et converser ensuite avec le public. Rendez-vous mercredi 13 avril à 20h15 à la Nef.

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"Vertigo" : et à la fin, il n’en reste plus qu’un…

ECRANS | Le chef-d'œuvre d’Hitchcock, devenu "Sueurs froides" en français, est sans doute l'un des plus grands films de l'histoire du cinéma. Oui oui.

Vincent Raymond | Mardi 8 mars 2016

Le temps aura fini par rendre justice à l’œuvre la plus spectaculairement audacieuse d’Hitchcock. Dédaigné à sa sortie – voire méprisé par un public décontenancé que le cinéaste britannique spécialiste du suspense ait eu l’outrecuidance de s’extraire de la case où il l’avait trop tôt relégué – Vertigo (Sueurs froides en français) n’a cessé au fil des ans de gagner des admirateurs à sa somptueuse cause. Au point qu’il détrône aujourd’hui l’étalon Citizen Kane de Welles au palmarès des films les plus importants de l’histoire du cinéma, selon le classement décennal de la revue de référence Sight & Sound. Rien d’étonnant à cela : Vertigo combine la beauté tragique d’une histoire d’amour mélodramatique et macabre à un canevas policier ; il est émaillé d’innovations techniques ahurissantes (dont le travelling compensé – ou "dolly zoom" – engendrant des distorsions optiques dont ne saurait plus se passer à présent), d’une séquence onirique avant-gardiste d’anthologie et de contributions si fameuses que sa distribution à des allures de "all star game". Saul Bass signe le générique, Bernard Herrmann compose une s

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La Glace et le Ciel

ECRANS | De Luc Jacquet (Fr, 1h28) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 13 octobre 2015

La Glace et le Ciel

Dans la continuité de Il était une forêt (2013), conçu à partir des travaux du botaniste Francis Hallé, Luc Jacquet renoue avec ces pôles qu’il connaît bien (La Marche de l’Empereur) pour dresser le portrait du glaciologue Claude Lorius. Précurseur dans son domaine, explorateur, aventurier, mais aussi l’un des premiers lanceurs d’alertes sur la question du climat, Lorius a joué un rôle clé dans la sensibilisation mondiale aux problématiques environnementales, en demeurant très discret. Sans l’héroïser outre mesure, Jacquet le rétablit à sa juste place, relatant son parcours à partir d’une impressionnante variété d’archives (missions polaires, actualités etc.). Seul bémol : comme pour son précédent opus, Jacquet "prive" en off ce témoin de sa voix originale, la troquant par celle de Michel Papineschi – trop lisse, elle induit une distance qui n’a pas lieu d’être. Présenté en clôture du festival de Cannes 2015, La Glace et le Ciel est surtout un film d’ouverture pour les esprits ; un antidote pédagogique combattant scientifiquement le climato-sceptiscisme et son charlatanisme détritique, déversé sans retenue à l’appr

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Programme varié à la Vence Scène de Saint-Égrève

ACTUS | Au programme la saison prochaine, du théâtre généreux, de la musique visuelle et quelques têtes d'affiche.

Aurélien Martinez | Mardi 23 juin 2015

Programme varié à la Vence Scène de Saint-Égrève

Du côté de Saint-Égrève, l’équipe aux commandes de la salle inaugurée il y a deux ans mise elle aussi sur la pluridisciplinarité, avec quelques têtes d’affiche : les Musiciens du Louvre Grenoble en classique, Thomas Fersen en chanson, Baptiste Lecaplain en humour… En théâtre, on retrouvera avec plaisir le Et que vive la Reine ! de la compagnie des Gentils (un spectacle créé l’an passé à Eybens, relecture savoureuse d’Alice au pays des merveilles) ; et on découvrira la nouvelle adaptation d’un texte classique par l’Agence de voyages imaginaires de Philippe Car, metteur en scène qui fait du neuf intelligent, pertinent et drôle avec du vieux (cette fois-ci, il s’attaque au Conte d’Hiver de Shakespeare – photo). En musique, le groupe SZ jouera aussi à Saint-Égrève son ciné-concert

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Du neuf au nord

ACTUS | Elle est belle la nouvelle Vence scène de Saint-Égrève, construite pour remplacer l’ancienne que tout le monde s’accordait à définir comme obsolète. La maire et (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 14 novembre 2013

Du neuf au nord

Elle est belle la nouvelle Vence scène de Saint-Égrève, construite pour remplacer l’ancienne que tout le monde s’accordait à définir comme obsolète. La maire et son équipe l’ont donc fait visiter à la presse la semaine dernière, avant l’ouverture au public qui a eu lieu le samedi 16 novembre. Au programme, deux salles classieuses parfaitement équipées (larges espaces de circulation, fauteuils dans un camaïeu de rouge, isolation phonique moderne, plein de trucs écolo...) : une petite (101 places) exclusivement dévolue au cinéma, et une plus grande (400 places) axée sur le spectacle vivant et le cinéma. Car la Vence scène 2.0. se veut un lieu culturel ambitieux, ouvert tous les jours, avec donc du cinéma 7j/7 (la 3D active est au programme) et des spectacles certains soirs – quinze pour cette année, entre de l’humour (l’excellent Gaspard Proust en ouverture), du théâtre (Papagalli notamment), de la musique (Sanseverino, les Musiciens du Louvre Grenoble, ...) et d’autres formes. Avec en plus l’arrivée du futur tram E à ses pieds, cette réalisation municipale chiffrée à 8 000 000 d

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Hitchcock

ECRANS | Quand il entreprend de tourner Psychose, Alfred Hitchcock sort du triomphe de La Mort aux trousses, un projet qu’il a longuement mûri et qui marque (...)

Christophe Chabert | Mercredi 30 janvier 2013

Hitchcock

Quand il entreprend de tourner Psychose, Alfred Hitchcock sort du triomphe de La Mort aux trousses, un projet qu’il a longuement mûri et qui marque l’apogée de son style des années 50. Craignant de se répéter – et donc de lasser le public – il voit dans l’adaptation du roman de Robert Bloch, lui-même inspiré de l’histoire vraie du serial killer Ed Gein, un nouveau territoire à explorer, plus cru, plus choquant et plus viscéral. C’est ce cinéaste, finalement plus occupé par le désir des spectateurs que par sa propre postérité, que croque Sacha Gervasi au début de Hitchcock, et c’est sa grande qualité – en plus de la légèreté gracieuse de la mise en scène : refusant les habituelles tartes à la crème sur le génie et son inspiration, il montre un metteur en scène pragmatique, calculateur et prêt à défier studios et censeurs. Dans le film, Hitchcock a un double : son épouse Alma, véritable collaboratrice artistique qui, lassée de vivre dans l’ombre de son mari, entreprend de prêter son talent à un scénariste bellâtre. Tout cela est très juste historiquement – la bio de MacGilligan en avait fait un de ses angles – mais se révèle plus

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La Corde

ECRANS | Inspiré d’une pièce de théâtre à huis clos, "La Corde" est l’un des grands classiques d’Alfred Hitchcock, qui restera dans l’histoire pour être le premier film en couleur du maître du suspens, et surtout une splendide tentative de réalisation d’un long-métrage en un seul plan-séquence. Aurélien Martinez

François Cau | Lundi 12 avril 2010

La Corde

« Le crime parfait peut être un art. Tuer peut procurer autant de joie que de créer. » Brandon, étudiant charismatique, a décidé de suivre les préceptes de son ancien directeur d’école. Ce dernier considère ainsi que le crime est « l’apanage d’une petite élite », elle seule capable de décider du sort des êtres inférieurs – qui eux, n’apporteraient rien à la société. Pour cela, aidé de son compagnon Philip (bien que l’homosexualité ne fusse jamais évoquée par Hitchcock ou la Warner, elle est sous-jacente tout au long du film), Brandon va assassiner un ancien camarade de classe, placer le corps dans un coffre au milieu du salon, et organiser ensuite une soirée avec la famille et les amis du mort. Et surtout avec Rupert Cadell, le professeur en question et l’instigateur non conscient du meurtre philosophique selon le cinéaste anglais. Véritable chef d’œuvre de psychologie et de suspens, La Corde est un incontournable du cinéma hitchcockien, le réalisateur faisant preuve ici d’un talent incontestable. Il place le spectateur dans une tension permanente, bien que ce dernier soit maître des cartes depuis le début, contrairement à la plupart des personnages. « Un truc a

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