"La Confession" : Romain Duris, prêtre

ECRANS | de Nicolas Boukhrief (Fr., 1h56) avec Romain Duris, Marine Vacth, Anne Le Ny…

Vincent Raymond | Mardi 7 mars 2017

Photo : SND


Un village pendant l'Occupation. Militante communiste farouchement athée, Barny entame une joute rhétorique avec le nouveau prêtre, le fringant Léon Morin, dont la beauté et les sermons électrisent ses concitoyennes. À son corps défendant, la jeune femme sent ses certitudes vaciller et un sentiment naître en elle. Serait-ce la foi ou bien l'amour ?

Au commencement était le Verbe… Nicolas Boukhrief, auteur dernièrement du film au parcours chaotique Made in France, oublie (presque) pour une fois le cinéphile en lui pour revenir à l'essence des mots ; à l'histoire derrière le roman (et Prix Goncourt) de Béatrix Beck (Léon Morin, prêtre), bien avant le film de Melville qui l'a presque oblitéré. Des mots que Boukhrief vénère et qu'il enveloppe, pour les transcender, de chair grâce à des comédiens à l'intensité indéniable : Romain Duris, séducteur comme un Gérard Philipe méphistophélique, et Marine Vacth, regard acier en fusion, à la stupéfiante maturité.

Hors de leur duo, cette tension se dissipe : le contexte comme les personnages secondaires apparaissent comme fabriqués, théâtraux, alors qu'ils sont censés "aérer" leurs huis clos et tête-à-tête. C'est là la limite du film : réussir à capturer l'intime et l'indicible, tout en peinant à rendre un ensemble convaincant. Un défaut bien véniel qui ne vaut pas le purgatoire.


La Confession

De Nicolas Boukhrief (Fr, 1h56) avec Romain Duris, Marine Vacth...

De Nicolas Boukhrief (Fr, 1h56) avec Romain Duris, Marine Vacth...

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Sous l’Occupation allemande, dans une petite ville française, l’arrivée d’un nouveau prêtre suscite l’intérêt de toutes les femmes... Barny, jeune femme communiste et athée, ne saurait cependant être plus indifférente. Poussée par la curiosité, la jeune sceptique se rend à l’église dans le but de défier cet abbé : Léon Morin. Habituellement si sûre d’elle, Barny va pourtant être déstabilisée par ce jeune prêtre, aussi séduisant qu’intelligent. Intriguée, elle se prend au jeu de leurs échanges, au point de remettre en question ses certitudes les plus profondes. Barny ne succomberait-elle pas au charme du jeune prêtre ?


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Nicolas Boukhrief : « Je voulais faire un portrait de femme »

ECRANS | Dix-huit mois après la sortie en salles avortée de "Made in France", le cinéaste revient avec un projet mûri pendant vingt ans : une nouvelle adaptation de "Léon Morin, prêtre".

Vincent Raymond | Mardi 7 mars 2017

Nicolas Boukhrief : « Je voulais faire un portrait de femme »

Cette nouvelle adaptation du livre Léon Morin, prêtre de Béatrix Beck n’en porte pas le titre. Vous a-t-il été confisqué ou interdit à cause, justement, de l’adaptation de Jean-Pierre Melville sortie en 1961 ? Nicolas Boukhrief : Non, pas du tout. Les gens se rappellent plus du film de Melville que de son livre – qui est une histoire autobiographique, un portait de l’homme qui l’avait tellement bouleversée. Appeler le film Léon Morin, prêtre ne me convenait pas, puisque je voulais surtout faire un portrait de femme et que le personnage de Barny soit très mis en avant. Du coup, La Confession est venu assez vite. Hitchcock disait que tout titre doit être une interrogation pour le spectateur, ou une promesse. Tant qu’on n’a pas vu le film, on ne sait pas quelle est la confession, ni qui confesse quoi à qui. Après

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Boukhrief : « "Made in France" ne sera pas maudit »

ECRANS | Après les attentats de novembre, Nicolas Boukhrief avait pris avec philosophie et dignité la non-sortie sur les écrans de son “Made in France”, sur une cellule djihadiste qui doit semer le chaos au cœur de Paris. Il découvre qu’un festival à Grenoble (Les Maudits films) le présente en exclusivité… Propos recueillis par Vincent Raymond

Vincent Raymond | Mardi 19 janvier 2016

Boukhrief : «

Votre film est programmé dans le cadre du Festival des maudits films. Il y a là une ironie tragique… Nicolas Boukhrief : Pour le public, c’est surtout l’occasion de le voir dans la dimension pour laquelle on l’a conçu. Et d’apprécier le travail du chef-opérateur sur l’image et celui sur le son. Et quel honneur d’être programmé dans le même festival que Sorcerer de Friedkin ! À quel moment avez-vous fait le deuil d’une diffusion sur grand écran ? Franchement, après le Bataclan [sa sortie était prévue le mercredi suivant – NDLR]. Après ce qui s’était passé dans une salle de spectacle, j’aurais été étonné que beaucoup de cinémas le prennent. Moi-même, si j’avais été exploitant, j’ignore ce que j’aurais fait, c’est complexe… D’ailleurs, ce film a été très difficile à faire, dès sa phase de production. Mais il n’était pas fait pour provoquer : c’est un état des lieux. Ayant été critique, vous savez qu’une œuvre maudite finit par rencontre

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Sortie repoussée pour le film "Made in France"

ECRANS | Initialement prévu sur les écrans ce mercredi 18 novembre, le film de Nicolas Boukhrief a été déprogrammé par son distributeur. Par dignité. Pour éviter d’être accusé de récupération. "Victime" immatérielle indirecte de la tragédie du 13 novembre, "Made in France" mériterait pourtant d'être largement diffusé dans les circonstances actuelles… Vincent Raymond

Vincent Raymond | Lundi 16 novembre 2015

Sortie repoussée pour le film

« Le premier qui dit la vérité… » chantait Guy Béart. Made in France n’est certes pas le premier film à aborder la question de la radicalisation islamiste, mais il le fait avec force. Au moment où cet article est rédigé, il se peut qu’il finisse par être encore moins vu que les précédents, des films produits avec des bouts de ficelles, sortis en catimini et suspectés au mieux de fantasmer sur "les banlieues", sur le fanatisme ; au pire de faire de lit d’un extrémisme politique grandissant en instrumentalisant un contexte social calamiteux. D’user, pour faire court, de moyens sales à des fins douteuses. Mais en réalité, comme pour Philippe Faucon avec La Désintégration, Made in France de Nicolas Boukhrief glace par sa dimension non pas prophétique, mais simplement lucide. Par son effrayante clairvoyance. Son analyse brute d’une situation dont nous refusions d’admettre la possibilité. Sine die, ciné diète ? Lorsque les attentats de janvier ont révulsé la France, le film, déjà tourné, s’est trouvé pris en

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