Alan Menken : « Avec Disney, c'est dans le journal que je découvre mon prochain projet ! »

ECRANS | Alan Menken a conquis en 1992 deux de ses nombreux Oscars pour la B.O. de "La Belle et la Bête". Toujours fringant et tressautant, il a ajouté quelques titres pour la nouvelle version en prises de vue réelles qui sort ce mercredi 22 mars. Rencontre autour d’un piano.

Vincent Raymond | Mardi 21 mars 2017

Après le film d'animation et la comédie musicale, vous signez ici votre 3e partition pour La Belle et la Bête. Vous êtes encore inspiré ?

Alan Menken : Quand on est chez Disney, on ne sait jamais où on en est, ni si on en a fini. Maintenant, ils parlent de faire La Petite Sirène et Aladdin en images réelles. Vous savez, ils ne me demandent pas mon avis. C'est dans le journal que je découvre quel sera mon prochain projet !

Comment composez-vous ?

Toujours de la même manière : je recherche l'arc dramatique de l'œuvre en elle-même, puis j'essaie de construire un arc musical qui l'épouse et permette d'en suivre l'évolution. Pour le premier film de 1991, il fallait que la musique dénote et connote la France, mais aussi de la romance, du mystère.

Le fait que ce soit un film d'animation musical pour Disney, avec des personnages enchantés, a coloré et ouvert la partition. S'il s'était agi de faire une musique pour La Belle et la Bête de Cocteau, ça aurait été tout autre chose : on est ici dans le cadre très spécifique d'une "comédie musicale de Disney".

À partir de quel moment considérez-vous une chanson comme suffisamment bonne et finie ?

J'ai une sorte de flair ; je le sais. Bon, il y a des critères objectifs : il faut que les paroles, la musique, mais aussi l'entrée et la sortie du dialogue ainsi que la trame fonctionnent. Ensuite, il ne faut pas perdre de vue que les gens que vous avez en face de vous sont souvent au premier degré ; qu'il prennent les choses très directement. Donc, la chanson ne doit pas être trop léchée, ni trop achevée.

À chaque fois, il faut voir comment une chanson est portée, comment elle est présentée. Finalement, une chanson qui fonctionne, c'est une chanson qui a une bonne accroche, comme Be Our Guest (il chante).

Comment avez-vous travaillé avec les acteurs de ce film ?

Pour être honnête, je n'ai travaillé avec eux qu'au studio d'enregistrement, quand les répétitions étaient faites et les chansons déjà acquises. Ça a été plus simple avec certains qu'avec d'autres : Ewan McGregor, Luke Evans et Josh Gad connaissaient leur truc, ils étaient dedans.

Pour Emma Watson, ça a été un peu plus compliqué : elle était plus anxieuse, il a fallu qu'elle s'approprie les chansons et qu'elle les apprenne. Quant à Dan Stevens, l'interprète de la Bête, il n'avait jamais chanté…


La Belle et la Bête

De Bill Condon (EU, 2h09) avec Emma Watson, Dan Stevens...

De Bill Condon (EU, 2h09) avec Emma Watson, Dan Stevens...

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Fin du XVIIIè siècle, dans un petit village français. Belle, jeune fille rêveuse et passionnée de littérature, vit avec son père, un vieil inventeur farfelu. S'étant perdu une nuit dans la fôret, ce dernier se réfugie au château de la Bête, qui le jette au cachot. Ne pouvant supporter de voir son père emprisonné, Belle accepte alors de prendre sa place, ignorant que sous le masque du monstre se cache un Prince Charmant tremblant d'amour pour elle, mais victime d'une terrible malédiction.


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"L'Appel de la forêt" : loup y es-tu ?

ECRANS | La destinée de Buck, bon gros chien arraché à sa famille du sud des États-Unis pour être revendu au Yukon en pleine fièvre de l'or ; son parcours de maître en (...)

Vincent Raymond | Mardi 18 février 2020

La destinée de Buck, bon gros chien arraché à sa famille du sud des États-Unis pour être revendu au Yukon en pleine fièvre de l'or ; son parcours de maître en maître et son éveil à son instinct primitif, jusqu'à ce que le loup en lui parvienne enfin à s'exprimer à nouveau… À l’instar de Joseph Conrad, Jack London "vécut" avant d’écrire (même s’il sut marier les deux de concert) et donc écrivit sur l’aventure en connaissance de cause. Ce n’est sans doute pas un hasard si ses romans d’apprentissage rencontrent encore aujourd’hui un succès inentamé par-delà les générations et au-delà des transpositions. En témoigne la récente variation sur Martin Eden signée par Pietro Marcello. Plus remarquable encore est le fait que le roman d’apprentissage d’un non-humain, un chien, touche autant nos congénères ; d’autant qu’à rebours de son époque flattant l’industrialisation triomphante, London y exaltait des valeurs quasi rousseauistes de retour à la nature ! Par un des étranges renversements auxquels l’Histoire nous a habitués, les notions de recherche ou de préservation de l’étincelle de sauvagerie innée sont au cœur des préoccupations contemporaines : à

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"My Wonder Women" : Gloria aux lassos

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Vincent Raymond | Mardi 17 avril 2018

Université de Harvard, années trente. Chercheur en psychologie avec son épouse, le Pr Marston recrute pour l’assister une étudiante, qui devient l’amante du couple. Ce ménage à trois leur vaut d’être virés. Marston rebondit en instillant ses théories dans une BD féministe, Wonder Woman… La première authentique héroïne de comics méritait bien qu’on rétablisse les conditions particulières de sa genèse faisant d’elle un personnage ontologiquement transgressif, épousant les penchants SM et le goût pour le bondage de son créateur que la censure et le politiquement correct tentèrent d’atténuer à plusieurs reprises. Dominatrice, indépendante, désinhibée, dotée d’un audacieux caractère, Wonder Woman est un fantasme accompli en même temps qu’un modèle d’émancipation. Hélas, le révisionnisme esthétique dont la fiction s’est fait une spécialité ordinaire (notamment en glamourisant à outrance les protagonistes) résonne ici comme une contradiction absolue. Plutôt que de préférer l’évocation réaliste (on ne parle pas de ressemblance ni de mimétisme), la réalisatrice Angela Robinson a opté pour un trio de mannequins aux mensurations parfaites, qu’e

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"Message from the King" : la vengeance dans la peau

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Vincent Raymond | Mardi 9 mai 2017

Parti du Cap, Jacob King atterrit en urgence à Los Angeles. Il a sept jours et 600 $ pour retrouver sa sœur Bianca, mystérieusement disparue. Très vite, il découvre son corps à la morgue mais aussi qu’un réseau de dealers, un producteur pédophile et un dentiste vénal sont liés à sa mort… Il a dû se faire plaisir Fabrice Du Welz, en tournant ce film aux faux-airs de blaxploitation, où les bas-fonds crasseux du New York des années 1970 sont troqués contre un L.A. contemporain, alliant visage sinistre et indécente opulence. En bon disciple du cinéma de genre, il respecte le cahier des charges, en réunissant une cohorte d’affreux aussi patibulaires que pervers, une donzelle en danger, dont le sauvetage assurera la rédemption du héros – qui a forcément un carnaval de choses à se reprocher, de l’abandon de sa sœur aux avoinées qu’il distribue. Jacob King a, en outre, des accents eastwoodiens, marquant physiquement les coups qui lui sont prodigués. On pourrait croire à un pur film d’action et d’ambiance, misant davantage sur l’efficacité que sur l’inventivité de son script. Mais un ultime et (très) léger twist lui donne un supplément de relief, en j

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"La Belle et la Bête" : il était (encore) une fois…

ECRANS | de Bill Condon (É.-U., 2h14) avec Emma Watson, Dan Stevens, Luke Evans...

Vincent Raymond | Mardi 21 mars 2017

La jeune et pure Belle accepte de prendre la place de son père, capturé par la Bête – un prince charmant transformé en monstre par une sorcière. L’amour que Belle va lui porter pourrait lever le charme ; hélas, Gaston, un bellâtre bélître et jaloux, va tout faire pour les séparer… C’est au tour de La Belle et la Bête (1991) de bénéficier de la vaste entreprise de transposition du répertoire animé en prises de vues réelles. Appartenant au second "âge d’or" de la firme Disney, il se trouve donc archi-cousu de chansons (bien plus encore que Cendrillon ou Le Livre de la Jungle), voire conçu comme une comédie musicale. Une romance appelant du merveilleux, du chamarré et de la fantaisie, là où la trame supporterait volontiers un supplément de mélancolie, de gothique, de fantastique. Ici, les crocs de la Bête disparaissent bien vite lorsque Belle commence à l’amadouer ; et les personnages/objets parlants secondaires, adjuvants destinés à adoucir le cadre terrifiant, prennent une telle place qu’ils envahissent l’écran – d’autant qu’ils sont tous campés en V.O. par des comédiens plus connus que les premiers rôles à l’image.

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Noé

ECRANS | Sauf le respect qu’on doit à Darren Aronofsky, ses débuts dans le blockbuster à gros budget relèvent du naufrage intégral, et cette relecture du mythe biblique est aussi lourdingue que formatée, kitsch et ennuyeuse… Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 14 avril 2014

Noé

Qui était Noé selon Darren Aronofsky ? Un fanatique écolo, illuminé par l’annonce d’un désastre et la damnation d’une humanité corrompue, entouré par des anges envoyés par Dieu et incarnés en géants de pierre aux yeux phosphorescents. Ce résumé lapidaire de la première heure — interminable — de Noé résume dans le fond le formatage auquel est soumis ce blockbuster : un peu d’air du temps, un peu de messianisme divin (quand va-t-on nous foutre la paix avec ces stupides histoires de religion et quand passera-t-on au XXIe siècle dans cet occident que l’on dit éclairé et que l’on trouve de plus en plus obscurantiste ?) et un peu d’héroïc fantasy. Comme liant, un sérieux papal dans des dialogues qui calquent grossièrement ceux de n’importe quel serial historique actuel — Game of thrones, pour ne pas le citer. Face à ce gros foutoir en forme de kouglof indigeste et laborieux, on attend, comme dans l’expression consacrée, le déluge, car tout Aronofsky qu’il soit, c’est bien ce qu’on demande à un cinéaste qui engloutit plus de cent millions de dollars dans un film sur l’arche de Noé : filmer ce putain de déluge, même si celui-ci n’est que l’addition d’effets num

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Berlinale 2014, jours 7 et 8 : regarde les enfants grandir

ECRANS | "Boyhood" (photo) de Richard Linklater. "La Belle et la Bête" de Christophe Gans. "Macondo" de Sudabeh Mortezai. "La Deuxième partie" de Corneliu Porumboiu.

Christophe Chabert | Samedi 15 février 2014

Berlinale 2014, jours 7 et 8 : regarde les enfants grandir

La Berlinale touche à sa fin, et c’est peu de dire que le marathon fut intense — 32 films vus en huit jours ! Intense et paradoxal, car on y a vu des choses tout à fait extraordinaires, dans des conditions souvent exceptionnelles — les équipements cinématographiques berlinois sont impressionnants, et cette édition fut marquée par la réouverture du mythique Zoo Palast, entièrement rénové et d’un luxe à tomber par terre, avec ses sièges inclinables et sa moquette de dix centimètres d’épaisseur ! Le truc, c’est que ces films-là sont sans doute ceux qui auront le plus de mal à se frayer un chemin dans les salles françaises, tant ils sont par nature des objets radicaux et, disons-le, invendables. On en donnera un exemple à la fin de ce billet, mais c’est surtout au Forum, il est vrai dédié aux formes nouvelles et expérimentales, que l’on a trouvé ces objets passionnants. La compétition, elle, était médiocre. Le meilleur film, c’était d’évidence le Grand Budapest hotel de Wes Anderson, et on verra samedi soir si le jury emmené par le producteur, scénariste et bras droit de Ang Lee James Schamus nie ladite évidence et préfère, comme c’est hélas souvent le cas, se démar

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2014 : autant en emporte le Vent…

ECRANS | Après une année 2013 orgiaque, 2014 s’annonce à son tour riche en grands auteurs, du maître Miyazaki à une nouvelle aventure excitante de Wes Anderson en passant par les vampires hipsters croqués par Jarmusch et les flics tarés de Quentin Dupieux… Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 2 janvier 2014

2014 : autant en emporte le Vent…

Le Vent se lève, il faut tenter de vivre… disait le titre intégral du dernier film d’Hayao Miyazaki qui, après 25 ans au service de l’animation japonaise, a décidé de tirer sa révérence avec cette œuvre effectivement testamentaire. Réduit au seul Vent se lève pour sa sortie le 22 janvier, cette fresque narre les années d’apprentissage d’un ingénieur féru d’aviation, passion qui l’aveuglera sur la réalité de la guerre dans laquelle le Japon s’engage, mais aussi sur l’amour que lui porte une jeune fille qu’il a sauvée lors d’un spectaculaire tremblement de terre. En assumant la part la plus adulte de son cinéma et en se livrant en transparence à un troublant autoportrait en créateur obsessionnel, coupé du monde et de la vie, Miyazaki signe un chef-d’œuvre alliant splendeur plastique, force émotionnelle et intelligence du regard. Les Belles et les Bêtes Il sera le premier en cette rentrée à illuminer les écrans, mais 2014 ne sera pas en rade de grands auteurs, au contraire. On ronge bien sûr notre frein en attendant de découvrir la deuxième partie du Nymphomaniac de Lars von Trier (29 janvier), dont le

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Du poil de la bête

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Christophe Chabert | Jeudi 19 septembre 2013

Du poil de la bête

Tandis que Christophe Gans met la dernière main à une nouvelle version en 3D avec Léa «Cover girl» Seydoux et Vincent Cassell, ressort en grandes pompes la copie restaurée de La Belle et la Bête de Jean Cocteau. Ce n’était pas la première adaptation de ce conte aux origines floues – quelque part aux alentours du II siècle, a priori – puisqu’une version muette en fut tirée dès 1899. Mais celle de Cocteau, tournée en 1949, a forgé un imaginaire qui tient beaucoup à l’inspiration du cinéaste-peintre-poète, et dont toutes les adaptations suivantes ont dû tenir compte. Clé de voûte de l’édifice visuel, la Bête elle-même, dont la crinière fauve, les incisives limées, le regard perçant et le port altier en font un croisement entre un aristocrate décadent et un lion trop bien nourri. C’est évidemment la fascination que Cocteau éprouvait pour Jean Marais qui transparaît dans ce monstre plus flamboyant qu’effrayant, mais c’est aussi cette fascination qui a permis au maquillage de résister à l’épreuve du temps – la beauté ne vieillit pas en art… Toute l’esthétique du film repose sur le même genre d’inventions artisanales dictées par un désir d’enchanter le monde,

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The Bling ring

ECRANS | De Sofia Coppola (ÉU, 1h30) avec Israel Broussard, Emma Watson…

Christophe Chabert | Mardi 4 juin 2013

The Bling ring

L’accueil tiède (et à nos yeux injuste) réservé à Somewhere malgré son Lion d’or à Venise a sans doute poussé Sofia Coppola à faire profil bas avec The Bling ring, qui n’affiche aucun des atours modernistes de son film précédent. Au contraire, la cinéaste illustre le fait-divers dont elle s’inspire – quatre filles et un garçon californiens dévalisent les villas des stars qu’ils adulent  – avec un minium d’effets de style. Son thème de prédilection, à savoir la fascination pour l’oisiveté et la célébrité mêlées, subit lui aussi une torsion déflationniste flagrante. Plutôt que d’épouser le regard de ses personnages, elle adopte une posture distante sinon surplombante, comme si elle tenait la chronique froide de ce qui est avant tout la répétition d’un même cérémonial. L’overdose de marques et le name dropping constant n’est plus une matière de cinéma comme auparavant, mais une observation sociologique qui tend vers un réquisitoire dont les motifs sont plutôt éculés : internet, la presse peopl

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Le Monde de Charlie

ECRANS | De Stephen Chbosky (ÉU, 1h42) avec Emma Watson, Ezra Miller, Logan Lerman…

Jerôme Dittmar | Jeudi 20 décembre 2012

Le Monde de Charlie

Avec ses airs de Breakfast Club ressuscité par le sentimentalisme existentiel d'un Cameron Crowe, Le Monde de Charlie est un peu ce teen movie fragile et précieux qu'on n'attendait plus. Un film servant les clichés du genre à la louche (début des années 90, un lycéen timide de banlieue découvre la vie au contact d'une nouvelle bande de potes marginaux), mais avec une folle envie de cristalliser ces moments miraculeux qui ont fait de l'adolescence une légende américaine. Ces moments où sur une pop song de Bowie, l'infini vous tend les bras en même temps que le regard d'une fille ou d'un ami. Aussi fin qu'appuyé, truffé de références has been, le film menace toujours de s'effondrer, jusque dans un final explicatif d'une balourdise absolue, et pourtant c'est beau. Peut-être parce que plus qu'une énième histoire de fin d'innocence à l'orée des rêves adultes, Stephen Chbosky (adaptant son best seller) tourne un film tendre et bienveillant sur une époque appelée à devenir un moment symbolique. Jérôme Dittmar

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Twilight 4 : Révélation 1ère partie

ECRANS | De Bill Condon (EU, 1h57) avec Kristen Stewart, Robert Pattinson…

François Cau | Mercredi 16 novembre 2011

Twilight 4 : Révélation 1ère partie

Rebaptisé “Twilight : Pénétration“ par quelques mauvais esprits, ce quatrième volet de l’inénarrable saga pseudo fantastique marque en effet la fin de l’abstinence pour Bella et Edward, légitimée par leur adhésion aux liens sacrés du mariage. Que les parents, les mormons et les parents mormons se rassurent, ils ne s’adonneront au supplice de la chair qu’une seule fois, et cette saillie se soldera par une grossesse extrêmement douloureuse. Et malgré les pressions de son entourage, Bella la juste n’en démordra pas et gardera l’enfant, quitte à mettre sa vie en péril. Faut-il pour autant prendre ce film pour une propagande anti-sexe et pro-life ? A vrai dire, ce n’est pas non plus comme si on nous laissait le choix, puisqu’il ne s’y passe strictement rien d’autre. Ah si : des loups-garous sont embusqués alentour, et leur assaut de trois minutes montre en main sera expédié de façon illisible. Mais le plus choquant dans ce navet à la forme indigente et au fond réactionnaire reste encore son prix : 127 millions de dollars pour un mélodrame poussif et absurdement elliptique dans un loft, avec des effets spéciaux de synthèse et une direction artistique risibles, c’est le comble de l’ind

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