Vues d'en face : regardez-nous, encore et encore

Festival | Zoom sur la nouvelle édition (un brin réduite par rapport aux précédentes) du festival international du film gay et lesbien de Grenoble prévue principalement au cinéma Le Club. Une manifestation on ne peut plus nécessaire.

Julien Homère | Lundi 3 avril 2017

Le printemps arrive, l'heure d'hiver passe et Vues d'en face revient. Du haut de ses 17 ans, en dépit d'une baisse drastique des subventions départementales et régionales qui l'a contraint à réduire la voilure, le Festival international du film gay et lesbien de Grenoble fait tout pour devenir majeur. Et prouve une nouvelle fois sa nécessité à ceux qui en douteraient.

Cruelle époque, cruels films… Dans une société qui cloisonne et compartimente les sexualités, les œuvres sélectionnées montrent ainsi la place difficile de l'homosexualité dans la maladie (le court-métrage P*to F*ggot), la famille (le drame Plus jamais seul, en ouverture), l'exode (le très alambiqué Fronteras) ou le monde adolescent (Heartstone, film islandais éveillant la curiosité… mais il faudra attendre la clôture pour le découvrir). Kiki, documentaire de Sara Jordenö sur le milieu du voguing new-yorkais lauréat du Teddy Award l'an dernier à la Berlinale, sera aussi de la "party" (photo).

Programmation internationale oblige, rares sont les cinéastes à pouvoir être sur place. Saluons donc la présence à la projecton de son féministe Sorcières, mes sœurs de la réalisatrice Camille Ducellier.

Narrant les origines du combat homosexuel et sa représentation, la conférence "Celles et ceux qui ont osé" du journaliste et critique de cinéma Didier Roth-Bettoni offrira une redécouverte importante de son histoire. Et pour l'illustrer, quoi de mieux que de se laisser emporter par les vagues salées du mélo avec un chef-d'œuvre en "after" du festival (au cinéma Juliet-Berto) : Les Larmes amères de Petra von Kant​ (photo) du regretté Rainer Werner Fassbinder. Avant d'aller boumer à la Bobine pour la soirée de clôture.

Vues d'en face
Au Club (et ailleurs pour certains événements) jusqu'au mercredi 12 avril


Les larmes amères de Petra von Kant

After festival, film de Rainer W. Fassbinder (1972, All, 2h04)
Salle Juliet Berto Passage de l'ancien Palais de Justice Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


M to Me

Exposition de photographies
L'Atelier du 8 2 rue Raymond Bank Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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