"Get Out" : beaucoup de bruit pour pas grand-chose

ECRANS | de Jordan Peele (É.-U., int. -12 ans, 1h44) avec Daniel Kaluuya, Allison Williams, Catherine Keener…

Vincent Raymond | Mardi 2 mai 2017

Chris part passer le week-end chez les parents de sa petite amie Rose. Avec appréhension : il ne les a jamais rencontrés ; ils sont blancs et lui noir. Après un accueil très (voire trop) bienveillant, Chris découvre un gros méchant loup, et qu'il est piégé comme un mouton à l'abattoir… Vous la voyez venir, la métaphore politique, sociale et raciale ? Avec ses gros sabots qui claquent, il faudrait être sourd jusqu'aux yeux pour ne pas la sentir arriver. Il y a cinquante ans et réduit à 26 minutes, Get Out aurait pu être un épisode génial de la série La Quatrième Dimension ; aujourd'hui, il manque un tantinet de fraîcheur – celle qui glace les omoplates.

Le film ne manque pourtant pas de bonnes idées : engagé comme une romance indé, il est insensiblement gagné par une forme d'intranquillité galopante, entrelardé de gags à la Chris Rock, avant de s'achever dans une épouvante organique que ne dédaignerait pas Cronenberg. Las, il est pénalisé par son rythme trop lent qui condamne le spectateur à prendre de l'avance sur l'intrigue. Dommage.


Get Out

De Jordan Peele (EU, 1h44) avec Daniel Kaluuya, Allison Williams...

De Jordan Peele (EU, 1h44) avec Daniel Kaluuya, Allison Williams...

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Chris et sa petite amie Rose s’apprêtent à rendre visite aux parents de celle-ci. Bien qu’elle lui assure que cela n’a aucune espèce d’importance, le jeune homme s’inquiète du fait qu’elle n’ait pas mentionné sa couleur de peau.


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"La Chanson de l’éléphant" : et revoilà Xavier Dolan

ECRANS | de Charles Binamé (Can., 1h50) avec Bruce Greenwood, Xavier Dolan, Catherine Keener…

Vincent Raymond | Mercredi 27 juillet 2016

L’appétence de Xavier Dolan pour les rôles de jeunes hommes détraqués ayant un problème avec leur môman et, accessoirement, une orientation homosexuelle, risque de l’enfermer dans un carcan dont il aura le plus grand mal à s’extraire lorsque la puberté aura achevé de le travailler. S’il s’agissait de montrer l’étendue de ses capacités de comédien, la prestation qu’il a livrée à Cannes en recevant son Grand Prix en mai dernier laissait déjà planer de sérieux doutes. A-t-il voulu camper (en anglais) un résident d’hôpital psychiatrique jouant au chat et à la souris avec le directeur de l’établissement par amour pour la pièce originale de Nicolas Billon ; pour en remontrer à ses confrères anglo-saxons ; pour s’accorder une ultime chance ou bien par pur masochisme ? Quel que soit le mobile, ses mimiques exagérées de Norman Bates canadien valorisent le jeu retenu de ses partenaires – en particulier l’excellent Bruce Greenwood. Sortie le 3 août

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