"Embrasse-moi !" : du genre raté

ECRANS | de Océanerosemarie & Cyprien Vial (Fr., 1h26) avec Océanerosemarie, Alice Pol, Grégory Montel...

Vincent Raymond | Mardi 4 juillet 2017

Photo : Christophe Brachet


Enchaînant les petites amies, Océanerosemarie est installée… dans l'instabilité. Mais lorsqu'elle rencontre Cécile, une sculpturale photographe célibataire, elle promet de changer. Chiche ?

Connue pour fustiger à la scène comme à la ville les pratiques discriminatoires envers la communauté LGBT (notamment le refus d'accorder le mariage pour tous), l'autrice/actrice fait ici un grand pas en faveur de l'égalité : elle prouve qu'on peut signer en France une bluette lesbienne tout aussi calamiteuse que les navrantes comédies romantiques hétéro faisant florès. Pour autant, commettre une profession de foi qui nivelle artistiquement par le sous-sol, est-ce si productif ? Pense-t-elle réellement qu'il faille recourir à une esthétique de salle de bains et de sitcom réunies, un étalage de poncifs sur le "L World" et Michèle Laroque en second rôle pour faire évoluer les mentalités ?

Embrasse-moi ! trahit une forme de candeur ; comme si Océanerosemarie avait sous-estimé la complexité du genre dont elle tente ici de s'emparer. Ne s'improvise pas Billy Wilder, Richard Curtis, ni Nora Ephron qui veut.


Embrasse-moi !

De Océanerosemarie, Cyprien Vial (Fr, 1h26) avec Océanerosemarie, Alice Pol...

De Océanerosemarie, Cyprien Vial (Fr, 1h26) avec Océanerosemarie, Alice Pol...

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Océanerosemarie déborde de vie, d’amis et surtout d’ex-petites amies. Mais elle vient de rencontrer Cécile, la "cette-fois-c'est-vraiment-la-bonne" femme de sa vie ! Il est temps pour Océanerosemarie de grandir un peu pour réussir à la conquérir. En sera-t-elle seulement capable ?


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"J’irai mourir dans les Carpates" : fatale carapate

ECRANS | ★★☆☆☆ ​De et avec Antoine de Maximy (Fr., 1h36) avec également Alice Pol, Max Boublil…

Vincent Raymond | Mardi 8 septembre 2020

En tournage dans les Carpates de son émission J’irai dormir chez vous, Antoine de Maximy est victime d’un accident mais son corps n’est pas retrouvé. Flairant quelque chose de suspect, sa monteuse entreprend de reconstituer son parcours à l’aide des cassettes rescapées… L’idée de cette vraie-fausse disparition aurait-elle germé chez Maximy pour se démarquer de la funeste destinée de Philippe de Dieuleveult, son devancier globe-trotteur télévisuel lui aussi tout de rouge vêtu ? Elle débouche en tout cas sur un film ambivalent. D’un côté, un intéressant objet conceptuel sur la sémiologie de l’image (et sur ce que son contenu, authentique ou fictionnalisé, révèle) racontant via un faux film-footage la construction d’une émission grâce au montage autant que les coulisses d’une prod télé lambda. De l’autre, une comédie sentimentalo-policière un brin laborieuse pour envelopper cette mise en abyme. Et surtout un sentiment de discordance lié au choix de têtes de gondoles trop connectées à la fiction traditionnelle pour se greffer à une aventure à l’interzone du documenteur.

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"L’Aventure des Marguerite" : malle du transport

ECRANS | De Pierre Coré (Fr., 1h26) avec Alice Pol, Clovis Cornillac, Lila Gueneau…

Vincent Raymond | Mardi 7 juillet 2020

1942. Le père de Marguerite a disparu à la guerre et l’adolescente se languit de son retour. 2019. Margot, sosie de la précédente, doit passer trois jours avec le nouveau copain de sa mère qu’elle trouve lourd. À cause d’une malle magique, les deux jeunes filles vont se substituer l’une l’autre… Comme une étrange impression de se retrouver devant un J’aime Lire mis en images… Pas si loin, en fait, puisque cette comédie fantastique d’aventure est adaptée d’un roman jeunesse signé Vincent Cuvellier. Si le travail visuel est propre, rythmé par le va-et-vient permanent entre les deux époques, la partie 1942 se révèle beaucoup plus riche en rebondissements épiques que le segment contemporain, Marguerite s’adaptant très (trop) vite à l’univers de science-fiction XXIe siècle. Les scénaristes ne se sont pas non plus trop préoccupés des inévitables questions de paradoxes temporels, pourtant le sel de ces histoires ainsi que des ressorts dramatiques de premier choix. On ignore quel destin attend ce film d’ambiance automnale un 14 juillet en salles, il fera certainement un meilleur score une après-midi de n

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"Les Parfums" : Et néanmoins patronne…

Cinéma | De Grégory Magne (Fr., 1h40) avec Emmanuelle Devos, Grégory Montel, Gustave Kervern…

Vincent Raymond | Mardi 23 juin 2020

En galère de boulot, Guillaume devient le chauffeur d’Anna Walberg, "nez" indépendante dans l’univers de la parfumerie et femme si exigeante qu’elle a épuisé tous ses prédécesseurs. Mais Guillaume va s’accrocher en lui tenant tête. Une manière de leur rendre service à tous les deux… Devenu un visage familier grâce à la série 10%, Grégory Montel avait éclos en 2012 aux côtés du regretté Michel Delpech dans le très beau L’Air de rien, première réalisation de Stéphane Viard et… Grégory Magne. Après l’ouïe, celui-ci s’intéresse donc à l’odorat mais conserve peu ou prou un schéma narratif similaire puisque son héros ordinaire-mais-sincère parvient à nouveau à redonner du lustre à une vieille gloire recluse prisonnière de son passé et/ou ses névroses, tout en s’affirmant lui-même ; la différence majeure réside dans le fait qu’une relation fatalement plus sentimentale que filiale se noue ici entre les protagonistes. Loin d’être une bluette à l’anglaise où les deux tourtereaux roucoulent après avoir fait chien et chat pendant l’essentie

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"Le Dindon" : Feydeau-do

ECRANS | De Jalil Lespert (Fr., 1h25) avec Dany Boon, Guillaume Gallienne, Alice Pol…

Vincent Raymond | Mardi 24 septembre 2019

Séducteur impénitent, Pontagnac suit chez elle Victoire qu’il aimerait mettre dans son lit, ignorant qu’elle est l’épouse de son ami Vatelin. Quand celui-ci apparaît, il faut composer. Encore plus quand un autre soupirant de Victoire débarque. Et davantage à l’irruption de Mme Pontagnac… Transposer une pièce de Feydeau : pourquoi pas ? La situer au début des années 1960 : l’idée se défend, révélant à quel point les codes de la bourgeoisie patriarcale ont peu évolué jusqu’au schisme sociétal de 68. Reste la question de l’adaptation de Jalil Lespert… C’est-à-dire pas uniquement un ripolinage cosmétique visant à "actualiser" ici quelques répliques, là du décor, ailleurs des situations ou des personnages ; juste rendre le matériau compatible avec les contraintes propres à l’écran. Bien sûr, il ne faut pas attendre d’un vaudeville sa métamorphose en fresque de David Lean (ce serait un contresens stupide) mais à tout le moins qu’il trouve une équivalence dans sa mécanique rythmique. Ici, seul le deuxième acte parvient à s’abstraire de la langue pour donner vie aux corps en osant burlesque et absurde : le premier reste prisonnier d’une exposi

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"Moi, Maman, ma mère et moi" : sa mère la fantôme

ECRANS | de Christophe Le Masne (Fr, 1h27) avec Grégory Montel, Olivia Côte, Philippe Rebbot…

Vincent Raymond | Mardi 12 février 2019

Après vingt ans d’absence, Benoît est de retour dans la maison familial pour faire du tri avant, peut-être, de la vendre. Entre deux engueulades avec son frère et ses sœurs, il subit les visites intempestives et insistantes de sa mère. Problème : elle est morte l’année d’avant… Du réalisme magique made in Pays de la Loire, pourquoi pas après tout… À condition de ne pas être trop regardant sur l’intrigue, façon secret de famille de feuilleton estival, et de tolérer l’arythmie générale qui réclame de supporter dix minutes plan-plan à chaque fois qu’il y a quinze secondes dynamiques. Dommage, car il y a de bonnes idées ou personnages (comme le voisin magnétiseur susceptible) au milieu des incohérences (le puzzle intact après trois décennies au bord de la flotte). Pour cette réunion de famille, le cinéaste Christophe Le Masne a fait appel à des interprètes ayant tous un haut potentiel de sympathie. Sans doute est-ce parce que lui-même comédien, il a eu la délicatesse de laisser à chacune et chacun un "solo" leur permettant d’avoir une partition face au groupe. L’attention, louable, a le défaut d’être un peu trop systématique et de se borner à la

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Jean-Pierre Améris : « Il faut rire de ses petites névroses »

ECRANS | Le prolifique Jean-Pierre Améris revient avec "Je vais mieux", comédie sentimentale qui parlera aux lombaires sensibles et aux reins délicats : la douleur dorsale en est en effet la colonne vertébrale…

Vincent Raymond | Vendredi 1 juin 2018

Jean-Pierre Améris : « Il faut rire de ses petites névroses »

Qu’est-ce qui vous a fait vous identifier au personnage principal du livre de David Foenkinos ? Son mal de dos ? Jean-Pierre Améris​ : Ah oui, vraiment, c’est la première chose. J'en souffre aujourd’hui pour la simple raison que je suis très grand et que je me tiens très bas, n’assumant toujours pas ma taille. L’autre jour, dans un débat avec le public, une dame m’a dit « osez être grand » ! Elle a raison : je me tiens mal car j’essaie de me mettre à hauteur des gens. Ce qui m’a vraiment amusé dans le roman, c’est le mal de dos qui raconte tout ce qu’on a de mal de nos vies : on est tous fait pareil. 43% des gens associent leur douleur physique au travail : l’ambiance, le harcèlement même. On est quand même dans un monde où l'on est malmenés : je vois le matin la tête des gens. C’est une fichue société de performance, il faut tout réussir, le familial, le conjugal, l’éducation, et les gens n’y arrivent pas. Au bout d’un moment, le corps dit : stop, je ne sais pas ce que font les neurones là-haut, mais moi j’arrête. C’est un signal d’alarme. Et vous, y parvenez-vous ?

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"Je vais mieux" : le dos, c’est dans la tête ; n'est-ce pas Jean-Pierre Améris ?

ECRANS | de Jean-Pierre Améris (Fr, 1h26) avec Éric Elmosnino, Alice Pol, Judith El Zein…

Vincent Raymond | Mardi 29 mai 2018

Au beau milieu d’un repas entre amis, Laurent est pris d’un violent mal de dos qui va persister et résister à la médecine traditionnelle, spécialisée et même alternative. Et si cette douleur était le signal d’un dysfonctionnement inconscient dans sa vie professionnelle ou privée ? Il faut toujours prêter attention aux signaux inconscients. Observez l’affiche de Je vais mieux. Sa typo ne rappelle-t-elle furieusement pas celle, si caractéristique, de Woody Allen ? La silhouette de l’échalas coiffé à la diable n’évoque-t-elle pas le Juif new-yorkais névrosé le plus célèbre du monde ? Traduction : attendez-vous à une comédie psychanalytique à forte composante autobiographique. Car bien qu’il s’agisse d’une adaptation du romancier David Foenkinos, le réalisateur Jean-Pierre Améris se retrouve tout entier dans cette histoire où la douleur d’un corps longtemps ignoré fusionne avec celle de l’âme. Héros effacé se mettant à somatiser, Laurent serait-il une forme de prolongement de ses charmants inadaptés des Émotifs anonymes (2010), timides qui, selon la formule de Brel, « portent une valise dans chaque main » ?

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"Maryline" : Guillaume Gallienne se remet à table

ECRANS | de Guillaume Gallienne (Fr., 1h47) avec Adeline D'Hermy, Vanessa Paradis, Alice Pol…

Vincent Raymond | Mardi 14 novembre 2017

Venue de sa province, Maryline se rêve comédienne. Outre la blondeur attachée à son prénom si lourd à porter, elle dégage un je-ne-sais quoi séduisant les cinéastes. Las ! Son incapacité à fendre l’armure la plombe et elle végète, quand elle ne s’auto-détruit pas dans l’alcool… La bonne nouvelle avec ce Maryline, c’est que Guillaume Gallienne a renoncé à jouer dans son second long-métrage – il nous devait bien cela, après avoir doublement imposé sa présence dans Les Garçons et Guillaume, à table ! La mauvaise, c’est le choix de la presque jeune Adeline d’Hermy, empruntée à la Comédie-Française. Son visage marqué est dépourvu de la cinégénie requise pour ce rôle : on ne perçoit jamais la radieuse séduction censée émaner de son personnage. La malheureuse semble pourtant se donner du mal pour être à la hauteur ; sans beaucoup de succès malheureusement : on est plus enclin à la conspuer avec ses opposants qu’à éprouver de la compassion

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"Cézanne et moi" : peindre ou faire la moue

ECRANS | de Danièle Thompson (Fr., 1h54) avec Guillaume Gallienne, Guillaume Canet, Alice Pol, Déborah François…

Vincent Raymond | Lundi 19 septembre 2016

Cézanne vient visiter son camarade Zola en sa demeure, avec au cœur l’envie d’en découdre : Paul n’a pas apprécié d’avoir servi (à son insu) de modèle pour le roman d’Émile L’Œuvre. Et zou, flash-back dans leur enfance provençale, leur jeunesse bohème – sans Aznavour – mais avec de la vache enragée à Paris, leurs succès et échecs, leurs femmes ; le tout sous de la belle lumière avec de l’accent qui chante… Le cinéma qualité française n’est pas mort, il bouge encore. Enfin, il se contente d’exhaler un parfum de térébenthine patinée et de dérouler des saynètes minutieusement datées comme on arrache les feuillets d’un éphéméride. Dans cette carte postale, les deux Guillaume font ce que l’on attend d’eux : l’un "galliennise" l’exubérance méridionale libertaire jusqu’au bout du pinceau, l’autre "canettise" la componction du notable parvenu et tente de nous convaincre qu’il a un gros ventre – sans y parvenir, d’ailleurs. Vraiment, Danielle Thompson a bien fait d’arrêter les films de groupes et de familles hystériques pour se consacrer au futur contenu télévisuel des fins d’après-midis d’hiver…

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Bébé Tigre

ECRANS | De Cyprien Vial (Fr, 1h27) avec Harmandeep Palminder, Vikram Sharma…

Christophe Chabert | Mardi 13 janvier 2015

Bébé Tigre

L’adolescence, la place d’un immigré dans la société française, les méandres nauséabonds des économies parallèles… Le territoire qu’a choisi Cyprien Vial pour son premier film s’inscrit sur une carte bien connue du cinéma hexagonal, sans doute trop. C’est la limite de Bébé Tigre : il ne procure pas, loin de là, le frisson de l’inédit. Pourtant, l’histoire de Many, jeune adolescent indien ayant suivi les voies de l’immigration illégale pour venir travailler en France, où il a bénéficié de la mansuétude de son passeur et été adopté par une famille d’accueil aimante et attentionnée, est racontée avec une évidente volonté de laisser toute forme de pathos ou de discours sur le bas-côté. C’est une certitude : Cyprien Vial a le sens, devenu rare, de l’efficacité, délestant son récit de toute forme de gras, puis filmant à l’os les situations, dans l’action et la vitesse. Pas le temps de se poser des questions ; l’énergie du film est celle de son héros, tiraillé entre son envie de s’intégrer et son désir de travailler pour envoyer de l’argent à sa famille. Le dilemme moral auquel il finira par être confronté rappelle ceux que l’on trouve chez les frères Dardenne, dont Vi

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L’Air de rien

ECRANS | Un huissier de justice doit s’occuper du cas de Michel Delpech, avec qui il se lie d’amitié puis qu’il va aider à payer ses dettes. Sur cette idée aussi incongrue que formidable, Grégory Magne et Stéphane Viard signent une comédie réjouissante, toujours juste et discrètement subversive. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 1 novembre 2012

L’Air de rien

Au fin fond de la Province, là où le surendettement fait rage, Maître Grégory Morel a repris le cabinet de son père défunt en compagnie d’un associé tatillon, Max Paturel. Le quotidien de ces deux huissiers de justice consiste à se rendre chez des quidams pour expertiser leurs biens avant saisie et mise aux enchères. Un jour, Morel tombe sur un client tout sauf ordinaire : Michel Delpech ; le chanteur, retiré de la musique, vit en ermite sans le sou dans une petite maison où il fait de la cibie en amateur. Criblé de contraventions, il doit toutefois payer ses dettes. Pour Morel, c’est un cas de conscience : son père était fan de Delpech, et l’atavisme familial se heurte donc à une plus complexe affaire de transmission. Précisons : si Grégory Morel est incarné par l’incroyable Grégory Montel, révélation comique et acteur au bas mot génial, Michel Delpech est Michel Delpech. Dans son propre rôle ? Plus exactement dans les interstices énigmatiques de sa biographie, le film lui inventant notamment une expérience de producteur pour un polar à la française dont l’affic

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