"Les Grands Esprits" : Denis Podalydès, le velours côtelé et la platitude

ECRANS | de Olivier Ayache-Vidal (Fr., 1h46) avec Denis Podalydès, Léa Drucker, Zineb Triki…

Vincent Raymond | Lundi 11 septembre 2017

Photo : Michaël Crotto


Un agrégé de lettres sentencieux exerçant dans un lycée prestigieux se trouve victime de sa forfanterie et muté pour un an dans un collège difficile de banlieue. Arrivant coincé comme un chien dans un jeu de quilles, il fera l'unanimité en juin auprès de ses collègues et ouailles…[bâille] Remix entre Le plus beau métier du monde, L'École pour tous et Entre les murs, ce premier long-métrage d'Olivier Ayache-Vidal ne peut décemment pas revendiquer l'originalité ; aimable, il reste bien naïf dans sa vision des choses : dans la vraie vie, ça finit rarement aussi bien.

Reposant grandement sur l'aptitude naturelle de Denis Podalydès à porter du velours côtelé et à citer des grands textes (bien sûr, Luchini aussi aurait pu convenir, mais il devait avoir conseil de classe), cette comédie qui prétend se jouer des présupposés aligne les clichés comme un cancre. Vision rousseauiste des élèves, atténuation de la réalité, sauvetages-miracles... : il n'y a guère que l'évocation des filandreuses procédures internes qui soit drôle, car elle paraît pour le coup en-deçà de la réalité.

Doit faire ses preuves en salles.


Les Grands esprits

De Olivier Ayache-Vidal (Fr, 1h46) avec Denis Podalydès, Léa Drucker...

De Olivier Ayache-Vidal (Fr, 1h46) avec Denis Podalydès, Léa Drucker...

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François Foucault, la quarantaine est professeur agrégé de lettres au lycée Henri IV, à Paris. Une suite d’évènements le force à accepter une mutation d’un an dans un collège de banlieue classé REP +. Il redoute le pire. A juste titre.


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"La Sainte Famille" : ministère à mère

ECRANS | De et avec Louis-Do de Lencquesaing (Fr., 1h30) avec également Marthe Keller, Léa Drucker, Laura Smet…

Vincent Raymond | Mardi 17 décembre 2019

Sa femme s’éloigne, son frère se sépare, son aristocrate de mère le fait tourner en bourrique, sa grand-mère n’est plus très vaillante, sa cousine lui fait de l’œil ; il a du mal avec ses filles… Malgré cet environnement intime bancal, le novice en politique Jean est nommé ministre de la Famille… La particule de son patronyme laisse supposer que l’auteur-interprète principal a pioché dans un décor, disons, familier : celui d’une lignée enracinée dans l’aristocratie ou la grande bourgeoisie, habituée aux parquets point de Hongrie des beaux quartiers parisiens, prenant ses quartiers de campagne dans quelque gentilhommière d’Île-de-France ; où l’usage veut que les enfants voussoient leurs parents. Un contexte où sa silhouette mi-guindée, mi-ébahie, évolue visiblement en pays de connaissance. Si on ne peut dire qu’on n’a jamais vu de films avec des familles de bourges en crise (c’est même le fonds de commerce d’un certain cinéma français), ce qui tranche ici, c’est « la pudeur des sentiments », pour reprendre Gainsbourg : les situations se résolvent davantage dans l’écoute et l’étreinte que dans l’hystérie collective, tout mucu

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"Le Meilleur reste à venir" : que de promesses !

Cinema | De Matthieu Delaporte & Alexandre De La Patellière (Fr., 1h57) avec Fabrice Luchini, Patrick Bruel, Zineb Triki…

Vincent Raymond | Mardi 3 décembre 2019

Arthur découvre par hasard que son meilleur ami César est condamné par un cancer. Celui-ci l’ignorant, Arthur s’apprête à lui annoncer la funeste nouvelle mais un quiproquo amène César à croire que c’est son pote qui est perdu. Déstabilisé, Arthur ne va pas le détromper. Et s’enferrer… Le succès du Prénom (2012), leur précédente coréalisation, a très certainement endormi la méfiance des producteurs, appâté les comédiens autant qu’il allèchera les curieux. Pourtant, la mécanique bien huilée de ladite pièce filmée (jouée auparavant un an sur les planches) et dialoguée sans surprise mais avec adresse n’a pas grand-chose à voir avec ce succédané de Sans plus attendre (2008) : Le Meilleur reste à venir est une comédie molle bo-beauf de plus, célébrant le nombrilisme d’assujettis aux tranches fiscales supérieures, où les comédiens s’abandonnent à leurs penchants (c’est-à-dire à leurs travers) à la première occasion. Et les occasions ne manquent pas. Lorgnant le cinéma de Nakache etToledano, Delaporte et De La Patellière en offrent une version dégriffée avec les envolées classicom

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"Je promets d'être sage" : prenez garde !

ECRANS | de Ronan Le Page (Fr., 1h32) avec Pio Marmaï, Léa Drucker, François Chattot…

Vincent Raymond | Jeudi 25 juillet 2019

Lassé par ses années d’échec au théâtre, Franck (Pio Marmaï) se fait recruter comme gardien vacataire dans un musée. Sa présence suscite l’hostilité de Sybille (Léa Drucker), une consœur rigide, mais complète le staff et permet au conservateur de lancer un inventaire des collections. Au grand dam de Sybille … Imaginez ce que peut donner la rencontre d’un chien fou et d’une minette sauvage dans un magasin de porcelaine : à peu de choses près, voilà à quoi équivaut l’association entre Franck et Sybille ; deux caractères tellement dissonants qu’ils sont fatalement faits pour s’entendre. Cette comédie trépidante s’inscrit dans la droite ligne du cinéma de Pierre Salvadori, où prédominent fantaisie des situations, dialogue parsemés d’absurdités cocasses et courses-poursuites. Le réalisateur Ronan Le Page laisse quelques zones d’ombre bienvenues sur le passé de Sybille et donc la latitude de l’imaginer ou le déduire de ses actes. Quel plaisir : rien n’est plus agaçant qu’un scénario où la moindre intention a besoin d’être justifiée. Couronnée cette année pour une prestation dramatique (un registre dans lequel elle

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"Roxane" : les œufs de la rampe

ECRANS | De Mélanie Auffret (Fr, 1h28) avec Guillaume de Tonquédec, Léa Drucker, Lionel Abelanski…

Vincent Raymond | Mardi 11 juin 2019

La coopérative du village ayant mis un terme au contrat le liant à son exploitation avicole, Raymond tente le tout pour le tout pour sauver ses poules : lui, le passionné de théâtre, se filme sur Internet en train de déclamer des vers à ses gallinacés. Au cas où ça ferait un buzz… Pas très éloigné en thématique (ni sur la carte) du pathétique Normandie nue (2018), ce premier long-métrage de Mélanie Auffret touche infiniment plus juste que la pantalonnade téléfilmesque de Philippe Le Gay. Oh, il y aura bien des esprits forts pour dénigrer par principe une comédie sociale s’inscrivant dans la ruralité ou moquer certains raccourcis. N’empêche : Roxane parle avec une appréciable fraîcheur de sujets aussi profonds que ceux abordés par Hubert Charuel dans Petit paysan (2017) : le cynisme des gros agro-industriels organisant la disparition des petites exploitat

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"Plaire, aimer et courir vite" : un peu, pas du tout et pas avec les bonnes chaussures

ECRANS | Pour raconter ses jeunes années entre Rennes et Paris, quand le sida faisait rage, le cinéaste Christophe Honoré use de la fiction. Et les spectateurs se retrouvent face à un pensum dépourvu de cette grâce parfois maladroite qui faisait le charme de ses comédies musicales. En compétition à Cannes 2018.

Vincent Raymond | Vendredi 11 mai 2018

Paris, 1993. Écrivain dans la radieuse trentaine, célibataire avec un enfant, Jacques (Pierre Deladonchamps) a connu beaucoup de garçons. Mais de ses relations passées, il a contracté le virus du sida. Lors d’une visite à Rennes, il fait la connaissance d’Arthur (Vincent Lacoste), un jeune étudiant à son goût. Et c’est réciproque… Il faudrait être d’une formidable mauvaise foi pour, quelques mois après le triomphe de 120 battements par minute, taxer Christophe Honoré d’opportunisme parce qu’il situe son nouveau film dans les années 1990 à Paris – ces années de l’hécatombe pour la communauté homosexuelle, ravagée par le sida. Car Plaire, aimer et courir vite s’inscrit dans la cohérence de sa filmographie, dans le sillage de Non ma fille, tu n’iras pas danser (20

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Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri : « Les rapports de pouvoir entre les gens nous passionnent »

ECRANS | Entre cuisine, dépendance et grand jardin, Place publique, nouveau ballet orchestré par Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri, tient de la comédie de caractère, s’inscrivant dans la lignée du théâtre de Molière – au point de tendre à respecter la triple unité classique (d’action, de temps et de lieu). Une féroce et mélancolique vanité dont on a parlé avec eux deux.

Vincent Raymond | Lundi 16 avril 2018

Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri : « Les rapports de pouvoir entre les gens nous passionnent »

Quel a été le point de départ de l’écriture de Place publique ? Agnès Jaoui : C’est très difficile pour nous de dire quand et par quoi cela a commencé : plusieurs thèmes à la fois, des idées, des personnages… Et comme souvent, quand on commence l’écriture, on se dit : tiens, peut-être que ce sera une pièce… L’unité de temps et de lieu faisait partie de notre cahier des charges personnel, au contraire du film précédent, Au bout du conte, qui avait cinquante-trois décors ! Jean-Pierre Bacri : On a des thèmes préférés, comme les rapports de pouvoir entre les gens – parce qu’il y en a forcément entre deux personnes, c’est comme ça, c’est la nature humaine et ça nous passionne de jouer ça. Avec le désir d’égratigner certains personnage

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"Place publique" : le sens de la garden party

ECRANS | de et avec Agnès Jaoui (Fr, 1h38) avec également Jean-Pierre Bacri, Léa Drucker, Kévis Azaïs…

Vincent Raymond | Lundi 16 avril 2018

Pendaison de crémaillère chez Nathalie (Léa Drucker), productrice télé über-parisienne qui s’est trouvé un château à la campagne. S’y croisent Castro (Jean-Pierre Bacri), star du petit écran en perte de vitesse, son ex Hélène (Agnès Jaoui), leur fille (Nina Meurisse), ainsi qu'une foule de convives plus ou moins célèbres. Ça promet une bonne soirée… D’un côté, de petits maîtres cyniques torpillés par leur acrimonie, des jaloux vieillissants renvoyés à leur verte bile, des prétentieux décatis punis par où ils ont péché ; de l’autre, une valetaille issue du bas peuple qui finit par s’affranchir de cette caste prétentieuse en s’acoquinant au passage avec sa progéniture… Que d’êtres factices aux egos majuscules ; que d’individus attachants portant leur misère pathétique en sautoir. Avec Place publique, Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri (elle à la réalisation, eux deux au scénario et à l'écran) b

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"Jusqu’à la garde" : entre la mère et le pire de famille

ECRANS | Drame familial anxiogène au réalisme brut et à l’interprétation terrifiante de vérisme, le premier long-métrage de Xavier Legrand offre à Denis Ménochet un rôle de monstre ordinaire le faisant voisiner avec le Jack Nicholson de "Shining" au rayon des pères perturbés.

Vincent Raymond | Lundi 5 février 2018

L’an dernier, il fallait en remontrer au jury de la Mostra de Venise pour se distinguer : la sélection était en effet aussi éclectique qu’éclatante, comptant notamment Three Billboards…, Mother!, The Shape of Water, Downsizing et L’Insulte. Face à une telle concurrence, qui aurait misé sur le premier long-métrage de Xavier Legrand ? Qui aurait imaginé qu’il figurerait doublement au palmarès, meilleur réalisateur et meilleur premier film ? Au moins le public de son court-métrage Avant que de tout perdre, prologue de ce film raisonnant aussi fort qu’un uppercut. Jusqu’à la garde s’ouvre dans l’intranquillité d’une audience de séparation entre les époux Besson. Elle, frêle, craintive mais décidée de s’éloigner de lui, massif, menaçant au regard lourd. Entre eux, la garde de leurs enfants. Une fille bientôt majeure et un fils, revendiqué par chacun… Legrand, comme son nom l’indique Xavier Legrand réussit à prolonger (et non adapter) l’argument d’un court-métrage qui tenait autant par l'intensité de la situation que par l’unité de temps (on y voyait une femme et ses

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"La Mécanique de l'ombre" : affaires intérieures

ECRANS | de Thomas Kruithof (Fr.-Bel., 1h33) avec François Cluzet, Denis Podalydès, Sami Bouajila…

Vincent Raymond | Mardi 10 janvier 2017

Solitaire, chômeur et buveur repenti, un comptable (François Cluzet) est recruté par un discret commanditaire pour retranscrire à la machine à écrire des écoutes téléphoniques enregistrées sur cassettes magnétiques. Sans le savoir, il va pénétrer dans les sordides coulisses de l’appareil d’État… Un thriller politique s’inscrivant dans le contexte de ces officines supposées gripper ou fluidifier les rouages de notre république bénéficie forcément d’un regard bienveillant. Pas parce qu’il alimente la machine à fantasmes des complotistes (fonctionnant sans adjonction de carburant extérieur) mais parce qu’elles recèlent autant de mystères et d’interdits que les antichambres du pouvoir américaines, si largement rebattues. Comme un creuset où se fonderaient entre elles les affaires Rondot, Squarcini, Snowden et Takieddine, cette première réalisation de Thomas Kruithof est à la fois très concrète et pétrie de symboles (tel celui du puzzle l’objet fétiche du héros ; une structure complexe rendue inopérante dès lors que la plus misérable pièce fait défaut). Esthétiquement composé en Scope, ce film à la lisière de l’enquête intérieure

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La Chambre bleue

ECRANS | Comme un contre-pied à "Tournée", Mathieu Amalric livre une adaptation cérébrale, glacée et radicale d’un roman de Simenon, où l’exhibition intime se heurte au déballage public, laissant dans l’ombre le trouble d’un amour fou et morbide. Intrigant. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 13 mai 2014

La Chambre bleue

Que s’est-il passé dans la chambre bleue ? Le film fait d’abord semblant de ne rien cacher des ébats auxquels se sont livrés Julien et Esther, qui se sont connus au lycée et se retrouvent, quadras et mariés, pour vivre une passion adultère. Mathieu Amalric filme leurs corps nus dans des compositions ouvertement picturales et fragmentées, soulignées par une image au format carré et un usage méticuleux des longues focales : une lèvre mordue, un sexe féminin, une main qui caresse un ventre ; et au milieu une goutte de sang sur un drap immaculé, qui trouvera un écho plus tard dans un éclat de confiture qui tombe sur un sol blanc. Cette déconstruction de l’espace s’accompagne d’une déconstruction du temps : un crime a été commis et Julien se retrouve devant des policiers, un avocat, un psychologue… Qui a tué qui et pourquoi ? La Chambre bleue n’a pourtant rien d’un polar et ce qui intéresse Amalric dans le roman de Simenon, c’est un tout autre mystère : celui qui unit deux amants dont le secret est soudain dévoilé aux yeux de tous. C’est ce mystère qui rode dans les interstices des plans, au carrefour d’une mise en scène faussement exhibitionniste et du déballage méd

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Du vent dans mes mollets

ECRANS | De Carine Tardieu (Fr, 1h29) avec Agnès Jaoui, Denis Podalydès, Isabelle Carré…

Aurélien Martinez | Mardi 17 juillet 2012

Du vent dans mes mollets

Depuis ses courts-métrages, Carine Tardieu s’applique à regarder le monde avec les yeux des enfants, en général confrontés à des drames qui bouleversent leur naïveté. Avec Du vent dans mes mollets, l’affaire vire au procédé, et on ne voit plus que les gimmicks et les formules à l’écran. Le ripolinage général, la brocante vintage 80 qui sert de direction artistique ou le jeu sur les différents régimes d’image, tout cela distrait sans cesse de l’histoire racontée, il est vrai pas palpitante en soi. Non seulement le film est surproduit, mais il est aussi surécrit, de la voix-off singe savant de sa jeune héroïne au jeu lassant sur les dialogues en franglais entre les parents Jaoui et Podalydès, ou encore une galerie de seconds rôles stéréotypés à souhait. Même quand le film aborde des rivages plus troubles, notamment sexuels, il s’avère d’un grand puritanisme, sur la forme comme sur le fond. Et en devient, du coup, assez irritant. Christophe Chabert

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Adieu Berthe !

ECRANS | De et avec Bruno Podalydès (Fr, 1h40) avec Denis Podalydès, Isabelle Candelier, Valérie Lemercier…

Aurélien Martinez | Jeudi 14 juin 2012

Adieu Berthe !

Berthe est morte, mémé n’est plus. C’est ce qu’apprend Armand Lebrec (Denis Podalydès), la tête dans une boîte transpercée de sabres factices. Son affliction à l’annonce du décès est, elle aussi, purement factice : cette grand-mère était si discrète que tout le monde l’avait oubliée dans la famille (son père en particulier, atteint d’une forme de démence burlesque ; un numéro aussi bref que grandiose pour Pierre Arditi). De toute façon, Armand a d’autres chats à fouetter : une femme qu’il tente vainement de quitter, une autre avec qui il essaie de trouver un modus vivendi, une pharmacie appartenant à une belle-mère intrusive… Après l’inégal Bancs publics, Bruno Podalydès revient à des territoires plus familiers de son cinéma : la comédie de l’indécision sentimentale, sur un mode plus grave et plus mature, âge des protagonistes oblige. La première moitié est effectivement hilarante, notamment la peinture d

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La Conquête

ECRANS | De Xavier Durringer (Fr, 1h45) avec Denis Podalydès, Florence Pernel…

François Cau | Jeudi 19 mai 2011

La Conquête

De la part de Durringer, on s’attendait à un film en demi-teinte, mais pas vraiment à un résultat aussi affligeant. Vendu sur un mensonge par omission fleurant bon l’escroquerie (« le film a eu du mal à se monter », sous-entendu à peine masqué d’un propos a priori rentre-dedans), La Conquête, récit de l’accession de Nicolas Sarkozy au pouvoir, n’est dans sa première partie qu’une suite de sketchs pas vraiment finauds, dans l’esprit du Coluche d’Antoine de Caunes. Chacun semble jouer sa partition en se calquant sur les marionnettes des Guignols de l’Info (mention spéciale à Bernard Lecoq en Jacques « crac crac » Chirac), les scènes lapidaires ne reposent que sur des “bons“ mots qui font au mieux sourire et au pire engendrent la consternation – quand bien même ces répliques auraient été proférées par leurs modèles, encore eut-il fallu les mettre en valeur autrement que dans une mise en scène cheap dans sa logique, ses effets et sa mise en œuvre. Dans la deuxième partie, Durringer et son coscénariste Patrick Rotman, non contents de cumuler les anecdotes au lieu de raconter une histoire, cèdent à un écueil inattendu : la fascination pour leur sujet, culminan

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