"Des rêves sans étoiles" : prison de filles

ECRANS | de Mehrdad Oskouei (Irn., 1h16) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 19 septembre 2017

Photo : Les Films du Whippet


Iran. Des jeunes femmes à la lisière de la majorité sont filmées dans leur quotidien de détenues d'un centre de "réhabilitation" pour mineures. Souvent en rupture de famille, certaines sont délinquantes, d'autres enceintes, voire mères ; toutes dans l'angoisse de leur sortie…

Voilà un projet intéressant sur le papier, qui peine pourtant à aller au-delà de ses évidentes bonnes intentions. Notamment parce que le réalisateur parasite son propre film, en intégrant des interviews qu'il réalise, voix off, avec les détenues. De témoin, il devient acteur des événements ; il interagit avec ceux.

À ces "tête-à-tête" trop polis pour être honnêtes (ont-ils été répétés ? ont-ils été surveillés durant le tournage ?), on préfère les rares séquences d'imprévus, plus crues, montrant la détresse d'une gamine tétanisée par l'irruption de ses parents, ou une autre effondrée parce que sa grand-mère refuse de l'accueillir. Le cours d'instruction religieuse, abordant la question de l'égalité homme-femme, est aussi un grand moment.

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"The Last Hillbilly" : chroniques des Appalaches

ECRANS | ★★★☆☆ De Thomas Jenkoe & Diane-Sara Bouzgarrou (Fr.-Qat., 1h20) documentaire En salles le 30 décembre.

Vincent Raymond | Mardi 8 décembre 2020

Au fin fond du Kentucky, dans une montagne jadis exploitée pour son charbon, subsistent quelques rares familles, dont celle de Brian. Mémorialiste et aède des "derniers bouseux" de cette contrée, il donne une vision intérieure, volontiers bucolique, de cette population souvent oubliée et généralement assimilée aux "white trash" dégénérés (les consanguins de Délivrance, la famille de Cletus dans Les Simpson) ou que le dénuement conduit aux lisières du monde social (Winter’s Bone), puis politique (voir les interlocuteurs de Claus Drexel dans son documentaire America). Même si Brian n’a pas le côté survivaliste extrême du Captain Fantastic de Matt Ross, il partage avec lui une forme d’érudition naturaliste plus proche de Thoreau que de Trump. The Last Hillbilly rappelle que cette Amérique existe, au même titre qu’existe chez nous la Creuse ou la Lozère, et que si elle souffre, elle est attachée à son territoire et n’a pas encore abandonné tout espoir. Pour combien de temps encore ?

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"Un pays qui se tient sage" : et dans un triste État…

ECRANS | ★★★★☆ Documentaire de David Dufresne (Fr., 1h26)

Vincent Raymond | Mercredi 30 septembre 2020

Le comble pour un journaliste-documentariste est de signer un film en phase avec l’actualité. Hélas, serait-on tenté d’ajouter à propos de celui de David Dufresne, édifiant travail d’information et d’analyse sociologique, intellectuelle, historique sur les violences policières (et leurs conséquences) observées et subies par les manifestants français depuis 2017. Coïncidence : cela correspond à l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Élysée. Alors que le nouveau dispositif de sécurité (le "schéma national du maintien de l’ordre") tout juste paru laisse entendre que tous les journalistes et observateurs des manifestations (et donc potentiels témoins d’exactions policières) seront désormais susceptibles d’être interpelés pendant l’exercice de leur métier, en violation de leur imprescriptible droit d’informer, Un pays qui se tient sage tombe à pic. Dufresne a en effet collecté toutes ces images captées durant le mouvement des Gilets jaunes notammen

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Fête grandeur nature au Pot au Noir

Événement | Week-end / La Fête à Rivoiranche aura bien lieu cette année : trois jours et plusieurs spectacles en plein air, dans le Trièves, ça ne se loupe pas !

Aurélien Martinez | Mardi 8 septembre 2020

Fête grandeur nature au Pot au Noir

C’est l’un des lieux culturels de la région les plus bucoliques, niché à une trentaine de kilomètres au sud de Grenoble, en pleine nature, dans le Trièves, près du village de Saint-Paul-lès-Monestier. Son nom ? Le Pot au Noir, « espace de travail et de création en milieu rural » piloté par le comédien Valère Bertrand et actif depuis plus de 20 ans. Une bulle de nature (dans un monde culturel tout de même très bétonné) qui, chaque année, organise sa fameuse Fête à Rivoiranche, du nom du lieu-dit. Une fête qui, malgré le coronavirus, aura bien lieu cette année, et tant mieux ! Sur trois jours, on pourra alors découvrir plusieurs spectacles (on ne va pas tous vous les lister ici parce que ce serait fastidieux à lire, mais sachez que ce sera varié, tant sur les genres que sur les formes – oh, une « petite bacchanale agricole » par la décalée Julie Desprairies ; oh un film qui montrera de la danse dans le Musée de Grenoble grâce à la compagnie Épiderme ; oh un vide-grenier artistique…), le tout pensé en lien avec la compagnie grenobloise L’Atelier du metteur en scène Benjamin Moreau, associée au lieu. Comm

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"Mamacita" : la mamatriarche

ECRANS | Documentaire de Jose Pablo Estrada Torrescano (Mex., 1h15)

Vincent Raymond | Mardi 11 février 2020

Bientôt centenaire, la Mexicaine Mamacita n’a rien d’une grand-mère gâteau. Partie de rien, cette femme à poigne, ayant réussi à monter une chaîne de salons de beauté, avait fait promettre à son petit-fils parti étudier le cinéma en Allemagne qu’il lui consacrerait un film. Le voici… Impressionnante, irritante et attachante à la fois… Au fil de ses images, Jose Pablo Estrada Torrescano révèle sans filtre une maîtresse-femme assumant fièrement sa coquetterie et son autorité (voire, son autoritarisme), mâtinée d’une redoutable mauvaise foi chronique. Mais cet aplomb d’acier, conjugué à son tempérament baroque, apparaît comme le pilier de sa résilience, Mamacita ayant eu à dépasser les revers de fortune de ses parents. Bien que volontiers rudoyé par son aïeule, Jose Pablo Estrada Torrescano va parvenir à force de présence et de bienveillance à lui arracher des confidences très intimes sur son rapport à ses "fantômes" et lui faire fendre l’armure pour la première fois de sa tumultueuse vie. Mamacita aurait-elle livré toutes ces vérités sans l’interface artéfactuelle de la caméra et donc la certitude d’une part de postérité ? Rien n’est moins sûr. Ce qu’elle livre

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"Nous le peuple" : constituante tuée dans l’œuf

ECRANS | De Claudine Bories et Patrice Chagnard (Fr., 1h39) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 17 septembre 2019

2018. À l’occasion du projet de réforme constitutionnelle, trois groupes travaillent ensemble, échangeant par vidéo. Les uns sont en prison, d’autres dans un lycée ; les troisièmes sont issus d’une association de mères de famille en banlieue parisienne. Que naîtra-t-il de leurs débats ? On peut légitimement entrer à reculons dans ce film, redoutant une confiscation de la parole par des médiateurs socio-cu ou le téléguidage par un quelconque sous-bureau d’un vague ministère de la cohésion de la Ville et de la participation participative. Et puis non : l’association agréée d’éducation populaire, Les Lucioles du Doc, à l’initiative de ces ateliers, reste discrète, stimulant les réflexions. Quant aux intervenants, ils sont loin d’être des figurants ou déconnectés de la "chose constitutionnelle" – ce texte commun, fédérateur et garant des valeurs nationales. Leur voix est patiemment recueillie, soupesée et, naturellement, des propositions plus vastes qu’une somme de revendications individuelles se forment au sein de cette agora virtuelle. Hélas, la réussite de ce processus démocratique (entérinant la viabilité d’une démarche participative) va se fracasser contre

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Une fête (à Rivoiranche) bien perchée

Événement | Samedi 14 et dimanche 15 septembre, on aura droit à la traditionnelle fête de rentrée du Pot au noir. On vous en dit plus, notamment pour les néophytes !

Adeline Gailly | Mardi 10 septembre 2019

Une fête (à Rivoiranche) bien perchée

Elle fait partie de ces petites fêtes, au milieu des montagnes, aux portes du Trièves. La Fête à Rivoiranche n'en est pas moins connue de ses habitué.e.s depuis des années – 22 pour être précis ! Théâtre, clown et lectures se mêleront telle « une explosion d'art » selon les organisateurs, samedi 14 et dimanche 15 septembre, dans ce hameau de Saint-Paul-lès-Monestier. Derrière cette effervescence se cache le Pot au noir, un lieu de création artistique créé en 1997 par le comédien Valère Bertrand. « Il s'agit essentiellement de résidences d'artistes pluridisciplinaires », explique Sophie Mulliez, administratrice de l'association. Rien d'étonnant donc à ce que les compagnies actuellement en résidence s'emparent du lieu pour la fête. En effet, cette année, la programmation de la Fête à Rivoiranche n'a pas été établie par le fondateur du Pot au noir mais par le metteur en scène et comédien Julien Guill de la compagnie Provisoire. « Nous lui avons laissé carte blanche, précise Sophie Mulliez. Il a choisi d'inviter des artistes avec qui il a l'habitude de travailler. » O

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Patriarcat hors-jeu avec le festival Foot d’Elles

ECRANS | En parallèle de la Coupe du monde de football féminin est organisé partout en France ce festival de cinéma sous-titré « dribbler la différence ». On s'est penchés sur sa déclinaison grenobloise.

Élise Lemelle | Mardi 11 juin 2019

Patriarcat hors-jeu avec le festival Foot d’Elles

Pour la première fois, les stades français accueillent la Coupe du monde de football féminin (elle a commencé le 7 juin). Et pour l’occasion, le festival Foot d’Elles voit le jour, surprenante alliance entre ballon rond et cinéma. Visant à rappeler à quel point le foot peut agir comme facteur d’insertion sociale et professionnelle pour les femmes, Foot d’Elles parcourt la France entière avec une programmation axée autour de six thématiques allant d’un historique du foot féminin français jusqu’à la déconstruction des représentations sociales en passant par les actions essentielles pour une meilleure parité. Une majorité de documentaires composent la sélection, brossant le portrait d’héroïnes et de héros se battant pour faire évoluer les mentalités. Pour donner un écho à ces projections, une série de débats est prévue, histoire d’approfondir les questions soulevées par les films. Chaque ville-étape bénéficiant d’une sélection différente, la programmation grenobloise comptera six œuvres diffusées dans six lieux différents – des cinémas, des associations ou encore en plein air. Citons notamment Les Filles du stade (mardi 25 juin à

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"Piranhas" : l’or dur de Naples

ECRANS | De Claudio Giovannesi (It, 1h52) avec Francesco Di Napoli, Ar Tem, Alfredo Turitto…

Vincent Raymond | Mardi 4 juin 2019

Naples, années 2010. La quinzaine conquérante, Nicola trépigne d’envie devant les gangs, leur argent facile et la crainte qu’ils inspirent, autant qu’il abhorre leur manière de rançonner les gens. En se liguant avec une famille sur le carreau, il va prendre le contrôle de son quartier… Adapté d’un roman de Roberto Saviano (qui en a co-écrit le scénario), Piranhas poursuit son examen des milieux mafieux entrepris avec Gomorra, l’enquête (suivie par le film de Matteo Garrone) qui avait mis en lumière le fonctionnement de la Camorra… et lui vaut la constante protection de la police. Mais à la différence de ce précédent opus qui pratiquait le patchwork et la juxtaposition de lambeaux d’événements pour restituer l’emprise tentaculaire de l’organisation criminelle et privilégiait une forme "documentarisante", Piranhas ne craint pas d’adopter une structure plus conventionnelle d’un récit fictionnel. En se focalisant sur une l’ambition magnétique du poisson-pilote de ce gang de bébés requins, Nicola. Son étonnante androgynie de Bowie napolitain distingue le jeune homme du groupe avant même qu’il n’ait manif

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"Le Fils" : la fabrique russe des petits soldats

ECRANS | D'Alexander Abaturov (Rus-Fr, 1h11) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 28 mai 2019

Deux trajectoires parallèles : celle du cousin du réalisateur, Dima, soldat d’excellence russe mort au combat, et celle des nouvelles recrues aspirant à rejoindre le corps d’élite des Spetsnaz dont Dima était issu. D’un côté, le deuil sobre ; de l’autre, l’exaltation d’une jeunesse ultra patriote… On aimerait que cela fût une fiction et non point un documentaire. Mais Alexander Abaturov dépeint une réalité crue et froide : celle de super-soldats contemporains interchangeables et soudés au sein d’une unité impatiente de servir la mère Russie. N’était leur marinière rouge, ils pourraient être les bidasses du Full Metal Jacket (1987) de Stanley Kubrick effectuant leurs classes sous les ordres d’instructeurs les conditionnant psychologiquement et physiquement, sélectionnant les plus solides (environ un quart du contingent), seuls aptes à porter le distinctif béret rouge des Spetsnaz. Entre les parcours dans la boue, les pugilats "pour de rire" (avec pommettes en charpie et nez explosé), les cérémonies d’hommage aux aînés tombés pour la patrie, le documentariste glisse des instants de la vie des parents orphelins de Dima, trompant leur pe

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Emily Blunt : « Mary Poppins est une super-héroïne qui place les autres au centre de l’histoire »

ECRANS | Suite lointaine d’un des plus grands triomphes des Studios Disney qui avait glané 5 Oscar (dont celui de la meilleure actrice pour Julie Andrews), "Le Retour de Mary Poppins" est le Disney de Noël 2018. Rencontre avec le réalisateur et l’interprète de la nounou magique.

Vincent Raymond | Mercredi 19 décembre 2018

Emily Blunt : « Mary Poppins est une super-héroïne qui place les autres au centre de l’histoire »

Signer la suite d’un film considéré comme un classique depuis un demi-siècle a de quoi impressionner, non ? Rob Marshall : À chaque étape, cela a été impressionnant. Et un travail colossal. Mais si quelqu’un devait s’atteler à la tâche, je voulais que ce soit moi, car ce film signifie énormément pour beaucoup de personnes de ma génération. Il fallait que cette suite reflète dignement l’esprit du film de 1964, même si la barre était particulièrement haute. Avec mes co-scénaristes Dave Magee et John de Luca, nous avons dû créer un script pour lier les parties musicales entre elles. Car les livres de P. L. Travers fonctionnent par épisodes ; il n’y a pas vraiment de narration liant les chapitres les uns aux autres. Puisque Le Retour de Mary Poppins dépeint l’époque de la Grande Dépression à Londres, il fallait comprendre les difficultés de cette période et trouver un écho très contemporain. C’était un exercice d’équilibriste d’arriver à cett

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"Le Retour de Mary Poppins" : Mary à tout prix (et pareille à elle-même)

ECRANS | De Rob Marshall (ÉU, 2h10) avec Emily Blunt, Lin-Manuel Miranda, Ben Whishaw…

Vincent Raymond | Lundi 17 décembre 2018

Trente ans se sont écoulés depuis le départ de Mary Poppins. La voici de retour, quasi identique, pour s’occuper des enfants de Michael Banks, alors que leur père, jeune veuf, s’emploie à sauver leur maison d’une saisie. Heureusement, sa magie sera le sucre qui aidera la médecine à passer… Disons-le tout net, cette suite est une délicieuse mine de paradoxes. Tout d’abord parce qu’elle s'applique davantage à répliquer l’opus initial qu’à le prolonger, histoire de montrer l’immutabilité de la nounou – laquelle, pourtant, a changé de physionomie en changeant d’interprète (Emily Blunt). Ainsi le ramoneur est-il ici remplacé par un allumeur de réverbères (même genre de monte-en-l’air, en plus propre sur lui) ; l’oncle Albert s'envolant au plafond troqué par une cousine Topsy vivant tête-bêche ; la séquence champêtre en animation par… une séquence champêtre en animation (avec une touche de cabaret en sus). Bénéficiant des évolutions techniques contempora

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"Premières Solitudes" : Claire Simon et la jeunesse, une affaire qui roule

ECRANS | de Claire Simon (Fr, 1h40) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 13 novembre 2018

À l’occasion d’un partenariat au long cours avec les élèves d’une classe d'un lycée d’Ivry, la cinéaste Claire Simon instaure un jeu de rôle leur permettant, par le dialogue, de dévoiler les coulisses de leur vie et de livrer devant la caméra des secrets que leurs potes ne soupçonnaient pas… « On se côtoie tous les jours, mais on ne sait rien les uns les autres » : tel est, en substance, le déclencheur de ce film mû non par une curiosité voyeuriste, mais l’envie sincère de partager le parcours de vie de ses compagnons d’études. Sans avoir peur de mettre les pieds dans le plat avec une question embarrassante ; sans craindre le regard des autres lorsqu’une confidence s’étrangle dans un sanglot. Or, il y a dans ce groupe en apparence banal beaucoup de fractures secrètes, de récits de divorces parentaux, de sentiment d’abandon ou de solitude avérée, d’adoptions… La force des confessions, parfois déchirantes, est estomaquante et compense une construction formelle fragile, voire bancale : un bout à bout de séquences au cadrage incertain, à la lumière inconstante ou au montage minimaliste. Après Récréations, 800 km de différenc

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"Blue" : Disneynature prend l'eau

ECRANS | de Keith Scholey & Alastair Fothergill (ÉU, 1h18) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 27 mars 2018

Dans le sillage des grands dauphins, à travers les mers et les océans… Un environnement liquide d’une valeur incommensurable, peuplé d’une faune extraordinaire de diversité et de menaces ; où la beauté le dispute à la fragilité. Jadis lancé par Cousteau (et repris depuis, notamment par Jacques Perrin), le message de Blue est clair comme de l’eau de roche : la faune marine mérite d’être protégée, c’est une question de survie pour l’écosystème planétaire. Et cette nouvelle production Disneynature (la division documentaire et environnement du studio californien) se dote des "armes" conventionnelles pour le faire passer : trouver d’attachants protagonistes pour susciter l’empathie et offrir les plus spectaculaires prises de vues possibles. Si grâce aux progrès de la technique, les images sont en effet d’un piqué et d’une richesse chromatique saisissante, les personnages choisis comme fil rouge (les dauphins) restent prisonniers d’un anthropomorphisme un peu dépassé, appuyé par une narration un peu invasive – désolé Cécile de France. L’image nue se suffit à elle-même. D’autant que le film comp

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"America" : plongée saisissante dans l'Amérique profonde (et trumpiste)

ECRANS | de Claus Drexel (ÉU, 1h22) documentaire

Vincent Raymond | Lundi 12 mars 2018

Alors que la campagne présidentielle américaine de 2016 bat son plein, le documentariste Claus Drexel fait une longue escale à Seligman, Arizona. Et donne la parole à ces ressortissants de l’"Amérique profonde" dont les voix comptent autant que celles, plus médiatisées, des côtes est et ouest. À la manière d’un zoom, le documentaire America complète et approfondit le We Blew it (2017) de Jean-Baptiste Thoret, tourné partiellement (et concomitamment) à Seligman : on note d’ailleurs quelques protagonistes en commun, dont le coiffeur vétéran. Avec Martin Weill pour l’émission Quotidien, Drexel est l’un des rares à avoir ausculté la réalité, pressentant ce qu’aucune bonne conscience (malgré le précédent Bush/Gore) ne se résolvait à considérer comme possible. Prenant le temps d’interroger longuement des citoyens (gens ordinaires, électeurs, militants ou non), le documentariste a fouillé une conscience sociale baignée plus qu’abreuvée par les discours de propagande

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"L'Insoumis" : un portrait un peu gauche de Jean-Luc Mélenchon

ECRANS | de Gilles Perret (Fr, 1h35) documentaire

Vincent Raymond | Vendredi 16 février 2018

Au soir du premier tour de l’élection présidentielle de 2017, on s’étonnait de ne pas avoir dès 20h de déclaration à chaud ni d’images de Jean-Luc Mélenchon. Cette absence médiatique du bouillonnant candidat, si présent durant la campagne, était-elle consécutive à la stupéfaction, la déprime ou une bouderie de se retrouver classé quatrième à l’issue du scrutin ? Près d’un an plus tard, cet instant d’actualité, devenu fragment d’histoire immédiate, nous parvient grâce à la "caméra embarquée" exclusive d’une production privée (le paradoxe s’avère pour le moins étrange concernant le champion de La France Insoumise) ; celle du documentariste Gilles Perret, alors en train de tourner son portrait. Las, on devrait parler d’hagiographie tant le film du bon camarade Perret, partageant les idées de Mélenchon, s’emploie à renvoyer du candidat un reflet flatteur, visant à rectifier la caricature de loup-garou ordinairement diffusée par ses adversaires. D’un côté comme de l’autre, il s’agit pourtant de propagande, et aucune n’est donc recevable... Proche idéologiquement de son sujet, Perret peut difficilement adopter une distance critique

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"Atelier de conversation" : ceci est un documentaire optimiste

ECRANS | de Bernhard Braunstein (Aut.-Fr., 1h10) documentaire

Vincent Raymond | Lundi 5 février 2018

Pareille à un aquarium, une drôle de salle posée au milieu de la Bibliothèque publique d’information du Centre Pompidou accueille chaque semaine des étrangers résidents en France pour une session de discussion dans la langue de Molière. Un sacré melting-pot – pardon : mélange. Bribes de séances, fragments d’échanges captés lors de ces ateliers, intervenants de tous les pays filmés en plan rapproché devant s’acquitter une seul règle (parler en français)… Le dispositif, des plus minimalistes, suffit à bâtir un film d’une incroyable richesse humaine en télescopant les unes contre les autres les destinées de celles et ceux qui s’expriment ici, dans le sanctuaire du groupe. Chacun·e vient lesté·e de son histoire – qui réfugié·e, qui étudiant·e, qui retraité·e – et participe à la construction d’un récit contemporain d’une authentique mixité. La volonté commune de maîtriser l’idiome du pays hôte est supérieure à toute considération, et les emportements naissants sont vite apaisés par les modératrices et modérateurs du lieu, garants de la stricte neutralité de l’enclave. Document sur des gens

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"12 jours" : Raymond Depardon épuise son filon

ECRANS | de Raymond Depardon (Fr., 1h27) documentaire

Vincent Raymond | Lundi 27 novembre 2017

Film de demande plus que de commande, 12 jours de Raymond Depardon répond à une invitation de tourner dans un établissement psychiatrique (en l’occurence, le Vinatier à Bron, près de Lyon) avec des patients hospitalisés sans consentement lors de leur présentations devant un juge des libertés et de la détention – celle-ci devant se dérouler au plus tard 12 jours après leur première admission. S’ensuivent donc dix auditions, à la queue leu-leu. Dix portraits entre détresse et absurde de la "folie" ordinaire, et surtout un épuisant sentiment de déjà-vu. Car malgré tout le respect et toute l’estime que l’on porte au réalisateur français, force est de constater qu’il éprouve de moins en moins l’envie de sortir du cadre et des repères qu’il a jadis balisés. 12 jours transpose en effet de manière manière mécanique son dispositif de Délits flagrants ou de 10e chambre, instants d’audience dans un décor lui aussi familier pour le cinéaste, qui avait déjà arpenté avec San Clemente

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"L'École de la vie" : entre deux

ECRANS | de Maite Alberdi (Fr.-Chi-.P.-B., 1h32) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 14 novembre 2017

La vie quotidienne dans une école chilienne spécialisée accueillant des adultes atteints du syndrome de Down (la Trisomie 21) : le travail à l’atelier gastronomie, l’amitié et les histoires de cœur minées par les décisions des tuteurs légaux… La réalisatrice chilienne Maite Alberdi cadre les élèves serrés, dans une très grande proximité, à l’extrême limite parfois de l’intimité gênante (sans franchir la ligne jaune de l’obscénité), gardant parents et éducateurs dans un flou visuel volontaire. Ce dispositif tranché facilitant la focalisation sur ses héros (Rita, au régime, qui tente de soustraire du chocolat en cachette ; Anita et Andrés désireux de se marier malgré l’opposition parentale...) et permettant d’adopter plus aisément leur point de vue, est sans doute la meilleure idée de ce documentaire. L’École de la vie laisse en effet une impression mitigée, découlant pour partie des méthodes en apparence paradoxales de l’école. Certes, les élèves semblent disposer d’une liberté d’action complète et s’épanouir lorsqu’ils préparent de la pâtisserie, mais ils sont étrangement infantilisés dans des cours où on leur demand

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"L’Assemblée" : Mariana Otero au plus près de Nuit debout

ECRANS | de Mariana Otero (Fr., 1h39) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 17 octobre 2017

Fin mars 2016. Le projet de loi de réforme du code du travail (dite loi El Khomri) provoque l’inquiétude de nombreux salariés. À Paris, des citoyens occupent la place de la République où ils tiennent réunions et assemblée générales durant des semaines. C’est Nuit debout. Du crépuscule du soir à son petit matin bien blême, Marina Otero arrive à condenser l’utopie boiteuse de Nuit debout dans ce qu’elle a de sympathique, de spontané et de désorganisé. Même sans connaître l’issue du mouvement, on lit dans cette micro résurgence d’un mai-68 hivernal (plus diurne que nocturne) son inéluctable inaboutissement : l’agora de la place de la République semble pleine, mais bien vide du peuple authentique (combien d’ouvriers, de précaires réels, de pauvres ?). Et si faible face aux forces de l’ordre, qui dispersent gaz lacrymogènes et manifestants avec une redoutable efficacité. Vécu de l’intérieur, en sympathie avec les apprentis néo-démocrates de la place, L’Assemblée est un document pour mémoire ; la trace mélancolique de ce mois de mars d’une centaine de jours…

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La belle vingtaine de la Fête à Rivoiranche

Festival | En ce troisième week-end de septembre, le Pot au Noir fait sa rentrée culturelle avec un événement de taille : la 20e édition de la Fête à Rivoiranche. Au programme 20 spectacles pour démontrer la richesse du festival pluridisciplinaire de spectacle vivant organisé par la salle, mais surtout faire la fête comme il se doit lorsqu’on a 20 ans.

Charline Corubolo | Mardi 12 septembre 2017

La belle vingtaine de la Fête à Rivoiranche

Il est ennuyeux de croire qu’à 20 ans on devient raisonnable. Pour parer à cet ennui, la Fête à Rivoiranche organisée par le Pot au Noir, « espace de travail et de création en milieu rural » situé dans le magnifique domaine de Rivoiranche à Saint-Paul-lès-Monestier, dans le Trièves, suit l’adage des breuvages alcoolisés : tel un bon whisky de 20 ans d’âge, elle devient meilleure avec le temps, tout en restant enivrante, voire chargée. Du vendredi 15 au dimanche 17 septembre, le festival va ainsi souffler ses 20 bougies avec 20 représentations. « En septembre 1998, nous donnions un premier rendez-vous au public, et depuis, nous n’en avons jamais loupé un. Pour cette 20e édition, on réinvite les 6 artistes présents lors de la première et on fait la fête sur deux soirs et deux jours » nous confie le comédien Valère Bertrand, à la tête de cette salle labellisée "scène ressource départementale". La manifestation pluridisciplinaire promet un week-end haut en couleur mai

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"Barbara" : si le film est mauvais

ECRANS | de et avec Mathieu Amalric (Fr., 1h37) avec également Jeanne Balibar, Vincent Peirani…

Vincent Raymond | Lundi 4 septembre 2017

Une comédienne endosse pour les besoins d’un film le rôle de le chanteuse Barbara. On la suit hors et sur le plateau, tentant de s’approprier ce personnage fantasque et nocturne ; cette icône qui, en réalité, est une idole que fantasme un réalisateur obsessionnel… Mathieu Amalric succombe à son tour à la mode du biopic, tentant une approche conceptuelle d’un fragment de l’existence de la longue dame brune. En l’occurrence, il mêle les répétitions d’une actrice-jouant-Barbara à des images d’archives de l’authentique Barbara répétant en tournée. Un collage-hommage dont on devine l’intention : montrer la convergence de démarches artistiques absolues tout en provoquant un trouble visuel et mental chez le spectateur grâce à la "performance" de la comédienne. Las ! De confusion, il n’y a guère : le mélange d’images fait surtout rejaillir l’artifice et l’inanité du simulacre. Si Jeanne Balibar, tristement horripilante dans le surjeu maniéré dont elle est coutumière, semble donner l’impression de se regarder jouer – et de s’écouter chanter –, Amalric se ménage une issue en campant un cinéaste vivant dans ses rêves d

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"Macadam Popcorn" : grandeurs et évolutions des petits commerces de cinéma

ECRANS | de Jean-Pierre Pozzi (Fr., 1h19) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 20 juin 2017

Voici un documentaire que l’on voudrait aimer par principe ; autant pour son sujet que pour l’opiniâtreté de sa démarche et ses (modestes) tentatives formelles. Jean-Pierre Pozzi et son camarade le dessinateur Mathieu Sapin y écument la France des salles de cinéma alternatives, après le passage au "tout numérique", et donnent la parole aux défenseurs acharnés de l’exception "art et essai" – ces propriétaires de salles maintenant coûte que coûte leurs écrans dans le paysage. Scandé de trop rares séquences animées, ce road movie leur a pris des mois, voire des années. Hélas, une partie de leur énergie s’est diluée au fil du temps, et le film s’en ressent : on devine à sa réalisation bancale, à son montage façon coq-à-l’âne et à l’absence hurlante de continuité que les protagonistes (au jeu merveilleusement approximatif) ont dû caler les sessions de tournage au gré de leurs disponibilités. Cette forme inachevée, parasitant un fond édifiant (notamment les témoignages d’intervenants pittoresques, aventureux et sympas) montre les limites d’un cinéma militant privilégiant les intentions à l’énonciation.

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"Le Soupirant" : l'amour comique et mélancolique par Pierre Étaix

Reprise | Pour le dernier film de sa saison, le Ciné-Club de Grenoble propose une merveille du regretté Pierre Étaix, cinéaste français à la fois petit frère de Tati et cousin européen de Jerry Lewis. Rendez-vous mercredi 7 juin.

Vincent Raymond | Vendredi 9 juin 2017

Le Ciné-Club de Grenoble propose de finir sa saison avec un premier film. Une manière originale de marier les contraires qui aurait certainement amusé le regretté Pierre Étaix, merveilleux auteur-interprète du Soupirant (1962). De mariage, il est d’ailleurs question dans cette comédie sentimentale lorgnant autant sur le "slapstick" (une forme d'humour impliquant une part de violence physique volontairement exagérée) que le poétique lunaire... On retrouve Étaix ici dans le costume raide d’un fils de famille si absorbé par l’astronomie qu’il en oublie d’en courir le guilledou, au grand dam de ses parents. Pour leur complaire (et un peu par désœuvrement), il s’essaie alors à la drague dans les rues et les nuits parisiennes. Mais sa maladresse alliée à son manque de chance le conduisent aux bras d’une fofolle, puis à s’éprendre d’une idole de la chanson, alors que le vrai amour l’attendait sous son toit, en la personne d’une blonde Suédoise au pair… Tout l’univers d’Étaix réside déjà dans

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Une affaire patrimoniale #5 : les ossements de Moirans

ESCAPADES | Notre web-série "Une affaire patrimoniale" se poursuit avec un cinquième épisode, acte II dans la catégorie "archéologie". Direction Moirans, et plus précisément la petite église Saint-Pierre dans laquelle se cachent bien des secrets, mais surtout de nombreux squelettes pour une danse macabre aussi réjouissante qu’un conte de Tim Burton. Voici, en vidéo, l’histoire rocambolesque d’une église pleine d’ossements transformée en salle des fêtes, pour finalement devenir un chantier de fouilles au début du XXIe siècle.

Charline Corubolo | Jeudi 16 mars 2017

Une affaire patrimoniale #5 : les ossements de Moirans

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"Sous peine d’innocence" : Severino Diaz, présumé coupable

ECRANS | de Pierre Barnérias (Fr., 1h34) documentaire avec Severino Diaz…

Vincent Raymond | Mardi 28 février 2017

Condamné à 15 ans de prison pour un meurtre qu’il n’a pas commis, l'Américain Severino Diaz n’a jamais plaidé coupable. À cause de cela, sa libération conditionnelle lui a à maintes fois été refusée, allongeant sa peine d’une dizaine d’années. Sans jamais entamer sa résolution… L’histoire dramatique de Diaz sert de support à un documentaire brouillon et éparpillé façon puzzle, ne sachant pas vraiment quel fil suivre : tantôt il s’intéresse au destin singulier de ce prisonnier intègre (grâce à une masse d’entretiens réalisés avec Diaz entre 2004 et 2016) ; tantôt il dresse une hagiographie de la Maison d’Abraham, institution créée par un Aveyronnais (le Père Pierre) à New York pour la réinsertion des détenus. Entre les deux, des images illustratives souvent inutiles (tels des stop-motions cache-misère semblant piochés sur Internet) ne parvenant pas à corriger la qualité médiocre des prises vue ni du montage. Dommage qu’un sujet et des personnages aussi intenses pâtissent d’une absence de point de vue aussi flagrante : ou l’auteur s’engage, ou il reste neutre, mais il ne peut demeurer dans cet entre-deux. Son indécision aggrave (voire explique) la faiblesse de

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"Le Concours" : Il ne peut en rester que soixante

ECRANS | de Claire Simon (Fr., 1h59) documentaire avec Laetitia Masson, Sylvie Verheyde, Patricia Mazuy, Vincent Dedienne…

Vincent Raymond | Mardi 7 février 2017

Héritière de l’Institut des hautes études cinématographiques, la Femis (École nationale supérieure des métiers de l'image et du son), représente l’aristocratie des écoles de cinéma et peut se targuer d’avoir formé, entre autres, Emmanuel Mouret, François Ozon, Céline Sciamma, Alice Winocour ou Emmanuelle Bercot. Son drastique écrémage à l’entrée est si réputé - 1200 postulant(e)s pour 60 élu(e)s - qu’il a inspiré la cinéaste Claire Simon. Rien d’étonnant, connaissant son appétence pour les portraits de microcosmes, en fiction ou documentaire, que ce soit les cours d’écoles dans Récréations (1992), le planning familial dans Les Bureaux de Dieu (2008) ou le bois de Vincennes pour Le Bois dont les rêves sont faits (2016). Dans Le Concours, elle suit le processus de sélection, des épreuves de pré-admissibilité à la rentrée des élèves, en témoin muette des examens et des oraux, captant le réel sans jamais intervenir. Au-delà de son léger suspense (qui sera retenu et pourquoi ?), le projet est intéressant de par sa grande transparence, puisqu'on pénètre les coulisses d’une grande institution et qu'on assiste à des délibérations — le tabou

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Ah, la Belle Époque selon Vincent Peirani et Émile Parisien

Jazz | Comptant parmi les musiciens de jazz les plus talentueux de leur génération, Vincent Peirani et Émile Parisien forment un duo pour le moins original. Alliant traditions et explorations, les deux compères prouvent qu'une histoire d'amour entre un saxophone et un accordéon est tout sauf impossible. À découvrir sur la scène de l'Hexagone de Meylan.

Gabriel Cnudde | Mardi 29 novembre 2016

Ah, la Belle Époque selon Vincent Peirani et Émile Parisien

Voilà sans doute l'un des duos les moins traditionnels de la musique actuelle. D'un côté, Vincent Peirani et son accordéon, de l'autre, Émile Parisien et son saxophone soprano. L'un comme l'autre comptent parmi les musiciens de jazz les plus talentueux de leur génération. Après une rencontre fortuite par l'intermédiaire du batteur Daniel Humair en 2009, les deux compères étaient condamnés à travailler ensemble. Parce qu'ils partagent une vision de la musique similaire, un goût de l'aventure et de l'exotisme et une excentricité réfléchie qui les poussent à repousser les frontières d'un genre parfois très codifié. Excentricité maîtrisée Sur Belle Époque (2014), premier album du duo, on est frappés par la complicité entre les deux hommes. Quand l'un met savamment en retrait son talent, c'est seulement pour laisser l'autre exprimer pleinement le sien. Sur des airs de Sidney Bechet et Duke Ellington, saxophone et accordéon se prennent la main pour une promenade enjouée dans le Paris de la Belle Époque. Souvent, ces deux instruments amoureux se complètent avec merveille, notamment sur Song of Medina (Casbah), aux teintes rock

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"The Other Side" : le Mois du documentaire joue les prolongations

ECRANS | Il devait s'arrêter ce mercredi 30 novembre. Mais c'était sans compter sur Mon Ciné, à Saint-Martin-d'Hères, qui organise une soirée jeudi 1er décembre autour du film "The Other Side". Bonne idée.

Vincent Raymond | Mardi 29 novembre 2016

En théorie, la 17e édition du Mois du film documentaire s’achève dans toute la France le mercredi 30 novembre. Pas à Saint-Martin-d’Hères, où Mon Ciné résiste encore et toujours aux règles par trop contraignantes, en prolongeant de quelques journées cette fenêtre sur ce genre d’une richesse aussi insondable que méconnue. En programmant tout d’abord le très réussi film d’Olivier Babinet Swagger, une œuvre de création collaborative s’attachant au quotidien comme aux aspirations d’ados de banlieue parisienne. Et en projetant le 1er décembre en ciné-rencontre (puis plusieurs jours ensuite en séance seule) une œuvre insolite et âpre de Roberto Minervini sortie l’an dernier : The Other Side. Auréolé d’une sélection cannoise (catégorie Un certain regard, fort appropriée), le film nous plonge dans la misère la plus crasse : celle d’un peuple déclassé vivant en Louisiane. Gueules ravagées, chicots noirâtres, silhouettes émaciées ou marquées par

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"La Philo vagabonde" : la philo selon Alain Guyard

ECRANS | de Yohan Laffort (Fr., 1h49) documentaire avec Alain Guyard

Vincent Raymond | Mardi 4 octobre 2016

Avec ses rouflaquettes, ses tatouages, son costard de chanteur nouvelle scène française et sa tchatche exaltée, Alain Guyard renverrait presque Michel Onfray au rayon des ancêtres pontifiants. Célébré comme une rockstar, le volubile philosophe intervient partout où on le sollicite (dans les campagnes reculées, en prison, sous un chapiteau, en Belgique, dans une grotte) pour diffuser de façon ludique et accessible la parole des penseurs – et surtout inciter ses auditeurs à phosphorer par eux-mêmes. Davantage qu’un émetteur de "produit culturel", Guyard se veut une manière coach intellectuel, exerçant à la gymnastique de la réflexion. Comment ne pas être séduit par cette démarche noble de propagation de la connaissance, engendrant un tel enthousiasme ? Ce que montre ce documentaire va bien au-delà du cas de Guyard, en révélant l’abyssal manque de repères ainsi que le désir de sens largement répandus et partagés parmi toutes les composantes de notre société, qui rendent chacun(e) vulnérable au discours du premier bon parleur venu – certes, lui porte et apporte des valeurs humaines, mais d’autres se servent de leur enveloppe charismatique pour charrier du vent ou du purin.

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"Aquarius" : péril en la demeure brésilienne et film grandiose

ECRANS | Guerre d’usure entre l’ultime occupante d’un immeuble et un promoteur avide usant de manœuvres déloyales : après "Les Bruits de Recife", le deuxième long-métrage du Brésilien Kleber Mendonça Filho tient tout à la fois du western, de la fable morale, du conte philosophique melvillien et de la réflexion sur le temps.

Vincent Raymond | Mardi 27 septembre 2016

Clara vit dans son petit immeuble en bord d’océan, l’Aquarius, depuis toujours. En apparence, tout le monde respecte cette ancienne critique musicale, cette brillante intellectuelle, mère de famille – elle a de surcroît survécu à la maladie. Les opinions à son encontre changent lorsqu’elle refuse une offre pour l’achat de son appartement : seule à résister à l’appât du gain, aux intimidations diverses du promoteur (et à ses manœuvres déloyales), elle essuie en sus l’hostilité des copropriétaires de l’Aquarius comme de ses enfants, favorables à la conclusion de la vente. Mais l’obstinée Clara est dans son bon droit… La Folle du logis Reparti bredouille de la Croisette, Aquarius mérite pourtant sa chance en salle. Ce combat du pot de terre contre le pot de fer est davantage qu’une chicanerie immobilière, même s’il corrobore incidemment les relations immorales entre le pouvoir (médias, religion, politique…) et les promoteurs – le Brésil est actuellement secoué par un gigantesque scandale de corruption dans lequel se retrouvent bien placées les omnipotentes entreprises de BTP du pays. Aquarius illustre surtout un très problématique (

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Les Habitants : un Depardon décevant

ECRANS | de Raymond Depardon (Fr., 1h24) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 26 avril 2016

Les Habitants : un Depardon décevant

Raymond Depardon déplace un studio-caravane sur les routes de France, invitant les badauds à poursuivre devant sa caméra la discussion qu’ils tenaient sur le trottoir. Le cadre, fixe, est partout identique, mais les propos (re)tenus très inégaux : on passe ainsi de la philosophie de comptoir à quelques (trop rares) considérations constructives. Comme si Depardon avait manqué de matière utile dans ses rushes, et s’était cru obligé de conserver des séquences d’habitants mal à l’aise devant l’objectif, ressassant artificiellement leur conversation, ou meublant le vide par des rires gênés (voir le joli couple évoquant sa prochaine union). Le dispositif rappelle Délits flagrants, mais en moins intense du fait de son montage plus lâche. Il ressemble surtout à une sorte de face B (ou de bonus DVD grand format) du remarquable Journal de France (2012), portrait itinérant de l’Hexagone à travers ses paysages et quelques témoignages saisis sur le motif. La déception se situe donc à la mesure de l’attente. Doit-on la tempérer en affirmant que

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La Sociologue et l’Ourson

ECRANS | de Étienne Chaillou & Mathias Théry (Fr., 1h18) documentaire…

Vincent Raymond | Mardi 5 avril 2016

La Sociologue et l’Ourson

On avait à peu près tout vu et entendu au moment de la présentation du projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe (dite du “mariage pour tous”). Beaucoup de passions et d’écume, empêchant toute réflexion sereine ou toute parole structurée en faveur de la loi d’être relayée dans le calme. Étienne Chaillou et Mathias Théry font table rase de cette chienlit en proposant de suivre le parcours de l’une des expertes sollicitées le temps de l’examen du projet, la sociologue Irène Théry – qui n'est autre que la mère de l’un des documentaristes. À la fois conviviale et didactique, l’approche ne manque pas d’originalité : les auteurs ont pris le parti de remplacer la plupart des intervenants dans les images d’archives par des jouets animés qui dédramatisent le sujet sans le ridiculiser. Et de rendre la sociologie vivante en illustrant de manière plaisante les exemples concrets choisis par la spécialiste dans son histoire familiale, à l’occasion des entretiens qu’elle accorde à son rejeton. Ce documentaire dispose enfin d’un autre grand mérite : il inscrit le texte dans le temps républicain, en abrasant (autant que faire se peut) la surmédiat

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No Land's Song

ECRANS | de Ayat Najafi (All./Fr., 1h31) avec Sara Najafi, Parvin Namazi, Sayeh Sodeyfi…

Vincent Raymond | Mardi 15 mars 2016

No Land's Song

Monter un concert avec des solistes féminines au pays des mollahs, où les voix non masculines sont prohibées… Le défi que s’est lancé la compositrice Sara Najafi rappelle le pari des Chats persans (2009) de Bahman Ghobadi, en particulier son jeu de cache-cache (de caméra) permanent. Najafi use de bien des contorsions pour parvenir à ses fins, mettant les autorités face à leurs contradictions et leur suprême hypocrisie – le documentaire rappelle qu’avant 1979, les Iraniennes pouvaient librement chanter, et n’étaient pas spécialement voilées. Et malgré des déconvenues, grâce de la ruse légitime, on assiste à un concert-passerelle entre l’Iran et la France, avec, entre autres, Jeanne Cherhal et Élise Caron. VR

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Little go girls

ECRANS | de Éliane de Latour (Fr., 1h18) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 8 mars 2016

Little go girls

On ne pourra jamais reprocher à Éliane de Latour de manquer d’engagement ou d’honnêteté dans ses projets documentaires. Little go girls montre ainsi comment, parce qu’elle s’est intéressée au sort de ces prostituées ivoiriennes en les suivant et les accompagnant, la réalisatrice leur a permis de sortir de la rue et du tapin. Une aventure exemplaire, dont le rendu manque hélas épouvantablement de vie. L’exposition photographique par laquelle tout a débuté devait en concentrer davantage que ce film asthénique VR

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Merci Patron !

ECRANS | Jusqu’alors peu connu du grand public, le journal alternatif "Fakir" s’offre un splendide coup de pub en divulguant son opération de flibuste victorieuse contre la deuxième fortune française Bernard Arnault. De l’extorsion de fonds ? Non ; de justes représailles… Vincent Raymond

Vincent Raymond | Mardi 23 février 2016

Merci Patron !

Le patron de Fakir, François Ruffin, doit jubiler du bon tour qu’il joue à Bernard Arnault, inflexible capitaine d’industrie aussi jaloux de ses profits que de sa discrétion. Car avec son documentaire branquignolesque, tenant plus du carnet de notes filmé potache que de l’investigation orthodoxe, il dresse non seulement un bilan de “l’action bienfaisante” du brillant milliardaire au sein des filatures de Nord-Picardie, mais il donne surtout des visages et des noms à ses victimes directes : les Klur, une famille d'ouvriers déclassés promis à une misère noire. Puisque Bernard Arnault a fabriqué sa fortune en pratiquant de-ci de-là des entorses à la vérité (prétendant, par exemple, que sa marque Kenzo fabriquait en France alors que les usines étaient délocalisées en Pologne ou ailleurs), et de grosses fractures à l’éthique (si ce n’est pas amoral d’entasser autant de fric par pure avidité, en laissant crever toute une région…), Ruffin use de ruses pour lui faire restituer une partie de son butin. Ses armes principales étant la menace de bruit médiatique et son air de crétin inoffensif ; parfait pour tourner en ridicule un hyper-patron. Comment se paye

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Les Saisons

ECRANS | De Jacques Perrin & Jacques Cluzaud (Fr., 1h37) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 26 janvier 2016

Les Saisons

À l’instar des studios Pixar, le Jacques Perrin documentariste aura exploré tous les milieux (l’eau, l’air, la terre), produit et réalisé des œuvres plébiscités par les scolaires et signé les livres s’y rapportant. Seule différence notable, il n’a pas (encore) de parc d’attractions à sa gloire, ni de jouets à l’effigie des personnages de ses films ! Animé par une sincère volonté de sensibiliser les spectateurs à la beauté fragile du monde, aux menaces pesant sur sa faune et par conséquent sur le futur de l’Homme, l’artiste s’est engagé depuis vingt ans pour la Nature comme il le fit autrefois contre les totalitarismes. Moins planant (forcément) que Le Peuple migrateur (2001), moins naïf que le glougloutant Océans (2009), Les Saisons est de ces films contemplatifs parcourant les campagnes que l’on regarde de préférence un dimanche de fainéantise, claquemuré chez soi. L’œil mi-clos, dans un état modifié de conscience provoqué par la voix veloutée de Jacques Perrin, avec des chaussettes Meg Ryan aux pieds et une tasse de thé fumante à proximité. Chaque documentaire de Cluzaud & Perrin se posant comme un défi techni

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Au Pot au noir, le théâtre est dans le pré

ACTUS | Dix-huit ans que le Pot au noir, « espace de travail et de création en milieu rural » situé dans le magnifique domaine de Rivoiranche à Saint-Paul-lès-Monestier, dans le Trièves, célèbre chaque année la rentrée culturelle un peu avant tout le monde. À l’occasion de la nouvelle édition de cette "Fête à Rivoiranche", zoom sur ce théâtre atypique avec son directeur artistique Valère Bertrand.

Aurélien Martinez | Mardi 1 septembre 2015

Au Pot au noir, le théâtre est dans le pré

« Le Pot au noir, c’est une zone située dans l’Atlantique à équidistance du continent africain et du continent sud-américain. Une zone où, quand les alizés nord et sud ne se rencontrent pas, il n’y a pas de vent : les marins sont alors en panne. Et quand ils se croisent ça pète, c’est dangereux. Donc c’est un lieu de grand calme ou de grande agitation. Quand, à l’ouverture, on refaisait la charpente, les ouvriers nous ont dit qu’elle était de type bateau. Le terme nous a parlé. Surtout qu’en psychanalyse, le Pot au noir est un passage entre l’âge adolescent et l’âge adulte. » Voilà pour l’origine du nom de ce lieu de création artistique niché en pleine nature, dans le magnifique cadre du Trièves, au pied du Vercors, à trente minutes au sud de Grenoble. Un théâtre tout juste majeur fondé en 1997 par le comédien Valère Bertrand, avec l’idée de mettre en place un espace pour les artistes. « J’ai 30 ans à l’époque, dont dix ans de métier au sein des équipes grenobloises [il a fait le conservatoire – NDLR]. On était au moment où il y avait des équipes permanentes et où tu pouvais encore être apprenti

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Choco Bé : tragédie de poche

SCENES | Ambiance pesante pour Choco Bé, le nouveau spectacle du metteur en scène grenoblois Benjamin Moreau. Dans la chaleur guyanaise, une famille passe le temps (...)

Aurélien Martinez | Lundi 30 mars 2015

Choco Bé : tragédie de poche

Ambiance pesante pour Choco Bé, le nouveau spectacle du metteur en scène grenoblois Benjamin Moreau. Dans la chaleur guyanaise, une famille passe le temps comme elle peut. Au centre du clan, Choco, petite frappe qui cherche à se venger d’un mystérieux orpailleur. Il en mourra, laissant femme, mère, enfants, frère et amante seuls. Une fin que l’on connaît dès le début, grâce à ce prologue rameutant tous les personnages en avant-scène. Ne reste plus ensuite qu’à dérouler les événements. Cette tragédie moderne a été imaginée par Laura Tirandaz, auteure associée de près au Tricycle – elle y est en résidence pour écrire un nouveau texte. « Cela aurait pu être une tragédie de Sophocle mais ici ça se passe en Guyane » écrit Benjamin Moreau en note d’intention. Avec quelques éléments scénographiques et des costumes évocateurs, il arrive à recréer cette Guyane sur le plateau, pour laisser se déployer le récit. Il a d’ailleurs une confiance aveugle dans les mots de Laura Tirandaz, peut-être trop : sa mise en scène manque alors de corps, bande un peu mou pour faire écho aux propos du gendarme témoin du drame final. Elle s’étire, rendant le tragique pre

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Les Bruits de Recife

ECRANS | Formidable premier film du Brésilien Kleber Mendonça Filho, cette exploration d’une psychose sécuritaire au motif incertain importe les codes du cinéma de genre dans un récit prenant, mis en scène avec un sens spectaculaire de l’espace et du son. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 18 mars 2014

Les Bruits de Recife

Un jeune couple s’embrasse goulûment dans une ruelle ; un gamin frappe son ballon contre un mur ; un chien aboie la nuit… Ce sont les bruits que les résidents de ce quartier aisé de Recife (au Brésil) entendent dans les premières séquences du film. Bruits anodins mais que cette classe moyenne paranoïaque, persuadée d’une menace alentour, prend comme la manifestation d’un danger. À cela s’ajoute le vol chronique d’autoradios et l’arrivée de deux individus proposant d’assurer jour et nuit la sécurité des habitants… Et voici lancée l’implacable mécanique de ce premier film signé Kleber Mendonça Filho – un nom à retenir impérativement. La multiplication des personnages laisse à penser que Les Bruits de Recife va travailler une chronique chorale sur le modèle Dodeskaden (film d'Akira Kurosawa sorti en 1970)… En fait, sa structure en chapitres trace un dessin beaucoup plus complexe ; si chaque destin semble avancer de manière autonome, une même angoisse sourde les réunit. Mais quelle en est la cause ? Les pauvres qui traînent dans les rues sont tous intégrés dans cet écosystème économique – les femmes de ménage comme ce marginal qui fo

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Welcome to the hotel resort

SCENES | Le texte de la pièce Hôtel resort, écrit par Laura Tirandaz (également comédienne), est une plongée à la fois dans le lieu de passage des corps qu’est un hôtel et le (...)

Laetitia Giry | Vendredi 15 février 2013

Welcome to the hotel resort

Le texte de la pièce Hôtel resort, écrit par Laura Tirandaz (également comédienne), est une plongée à la fois dans le lieu de passage des corps qu’est un hôtel et le lieu de passage des pensées et souvenirs qu’est l’esprit humain. Le fil rouge : la déambulation d’une femme de chambre de pièce en pièce. C’est ainsi à partir d’un trajet réaliste que s’élabore un univers entre rêves et fantasmes, à partir duquel se déroule une intrigue que l’on ne révèlera pas… Inspirée par le travail de la photographe Nan Goldin, l’auteur affirme que ces photos de solitude ont agi comme un déclencheur, une entrée dans le texte, mais ne constituent pas une clé de compréhension indispensable. Comme elle, elle s’intéresse aux traces laissées par la présence, la vie et l’agitation des corps. Penchée sur ce « lieu de nomadisme propre à la société contemporaine » qu’est l’hôtel, elle s’interroge également sur la façon dont on peut « s’échapper du geste aliénant du travail ». Sa réponse, elle la donne sur scène avec cinq autres comédiens jusqu’au 23 février au Théâtre de poche. Critique du spectacle au lendemain de la première... LG Critique /Hotel resort commenc

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D’un caprice à l’autre

MUSIQUES | Musique classique / Le mot tocade s’accorde bien avec celui de caprice. Il est synonyme d’un intérêt, d’un amour pour quelqu’un ou quelque chose, vif, (...)

Laetitia Giry | Vendredi 28 septembre 2012

D’un caprice à l’autre

Musique classique / Le mot tocade s’accorde bien avec celui de caprice. Il est synonyme d’un intérêt, d’un amour pour quelqu’un ou quelque chose, vif, intense, mais passager… Une sorte de caprice des désirs et des sentiments. Tocade est aussi le nom choisi pour la journée d’anniversaire de l’association Musée en musique, hébergée au Musée de Grenoble et active depuis désormais 25 ans. Un quart de siècle – et ce n’est pas rien ! – qui sera célébré ce dimanche par une succession de Caprices de l’après-midi jusqu’au soir, interprétés par Adam Laloum (photo), jeune prodige remarqué à la Roque d’Anthéron (festival de piano réputé), Fanny Clamagirand au violon (qui s’attaque à la partition tubesque et vertigineuse des Caprices de Paganini), ou encore Sonia Wieder-Atherton, violoncelliste confirmée. En guise de cerise sur le gâteau (d’anniversaire), c’est Frédéric Lodéon qui jouera le rôle de guide : producteur de radio, star patentée des ondes (France Inter et France Musique) qui fut en son temps un violoncelliste remarquable… Joli cadeau pour caprices exquis. Laetitia Giry Tocade, le dimanche 7 octobre à partir de 16h, à l’audit

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Désirs de cinéma

ECRANS | Onzième édition pour Vues d’en face, le festival international du film gay et lesbien qui, chaque année, investit le cinéma le Club. Un évènement incontournable de la vie culturelle grenobloise, qui permet de découvrir une frange souterraine du cinéma contemporain. À découvrir du 13 au 21 avril. La rédaction

Aurélien Martinez | Vendredi 6 avril 2012

Désirs de cinéma

Si l’ambition de Vues d’en face est aussi militante (surtout en cette période électorale où certains politiciens ne sont jamais à court d’arguments ubuesques – exemple : un président-candidat expliquant sans sourciller s’opposer au mariage pour tous dans le but de ne pas « sacrifier notre identité à la mode du moment »), l’idée est avant tout de défendre un certain cinéma préoccupé par la question (très large) de l’homosexualité et de ses représentations. Et si évidemment, ce genre d’évènement fait la part belle aux œuvres se contentant simplement de présenter des personnes de même sexe en train de s’aimer (comme les traditionnelles sucreries avec mecs torse nu, dont l’intérêt cinématographique est souvent très limité), on peut aussi trouver, nichées dans la programmation, quelques excellentes surprises : des films trop atypiques pour les circuits de distribution classiques, venus souvent de pays peu (voire pas du tout) représentés dans les salles françaises. Des prises de risque esthétiques ou thématiques, qui donnent toute sa force à Vues d’en face. Gros plan donc sur certains des longs-métrages qui, selon nous, feront cette édition 2012. Avec aussi un zoom sur la piè

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Piranha 3D

ECRANS | D’Alexandre Aja (ÉU, 1h28) avec Elizabeth Shue, Adam Scott…

François Cau | Jeudi 2 septembre 2010

Piranha 3D

Devenu officiellement réalisateur de remakes à Hollywood, Alexandre Aja n’a visiblement plus qu’une solution : s’amuser des commandes opportunistes qu’on lui passe en laissant libre cours à sa cinéphilie gore et déviante. Après le fiasco Mirrors, le voilà aux commandes de cette nouvelle version surfant sur la mode 3D d’une série B de Joe Dante, elle-même décalquée des Dents de la mer. Le résultat, aussi improbable que rigolo, est un grand tour de montagnes russes répondant au programme de son affiche : sea (enfin, un lac…), sex (un tas de bimbos aux mensurations affolantes) and blood (croyez-nous, ça charcle sévère, mais presque toujours dans la bonne humeur). Plus conceptuellement, Aja fait coexister à l’intérieur de ses plans deux types d’images : celles, à peine modernisées, d’un film d’exploitation années 70 (avec un petit côté Grindhouse ; d’ailleurs, voilà Eli Roth qui vient faire coucou) peuplé de clins d’œil (Christopher Lloyd en savant fou) et se déroulant essentiellement à la surface ; sous l’eau, en revanche, ce sont des images numériques déchaînées, prétextes à toutes les extravagances (sommet : un pénis avalé puis recraché par un Piranha !) et à tous les effets (on

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