Rencontres autour du film ethnographique : filmer l'autre pour (mieux) le comprendre

Festival | Zoom sur la 21e édition du célèbre festival grenoblois prévue du lundi 13 au dimanche 19 novembre.

Alice Colmart | Mardi 7 novembre 2017

Photo : Wild Bunch Distribution.


Le cinéma et l'anthropologie sont nés avec une ambition commune : appréhender et affiner notre connaissance du monde dans toute sa diversité. Depuis 1996, l'association grenobloise Oasis (Œuvres artistiques et scientifiques / individus et sociétés), qui travaille à la promotion de projets mêlant ces deux domaines d'activité, propose ses Rencontres autour du film ethnographique dans différents cinémas (le Méliès, Mon Ciné, la Cinémathèque...) et lieux (le campus, le 102...) de l'agglo.

Une semaine de projections durant laquelle les spectateurs sont poussés à s'interroger grâce à divers films récents comme Appunti del passaggio, évoquant le parcours des migrants du sud vers le nord de l'Europe ; Go Back sur l'accueil des réfugiés ; ou encore La couleur du caméléon racontant le parcours d'une migrante homosexuelle. « Cette année, on parle des "corps en passage" » nous explique Nina Moro, coordinatrice du projet. « On souhaitait s'attaquer à l'actualité en évoquant la migration via le corps et ce que l'on a à l'intérieur de soi. »

Autres thèmes mis en exergue cette année : la transexualité dans Mourir comme un homme (2009) ou la bipolarité dans Je ne me souviens de rien (2017). « On étudie dans ces films la transformation des corps et leur acceptation au sein même de la société. » À noter également la diffusion du documentaire Los Pintos (1982) en présence du réalisateur Régis Hébraud, parti étudier il y a plus de 30 ans les rituels et la transe pratiqués dans la tribu mexicaine des Tarahumaras.

L'ouverture du festival, en amont (jeudi 9 novembre), sera elle plus "grand public" avec la projection en avant-première du film 12 jours de Raymond Depardon (photo), dans lequel « le cinéaste-photographe aborde la question de la liberté et du consentement dans un hôpital psychiatrique » nous précise Nina Moro.

Cette année rime également avec pluridisciplinarité puisque sont prévues une performance dansée (L'eau par-delà le feu) ou encore une exposition photo-vidéo baptisée Three thousand worlds.

XXIe Rencontres autour du film ethnographique
Dans divers lieux du lundi 13 au dimanche 19 novembre
Programme complet sur http://ethnocine.msh-alpes.fr


12 jours

De Raymond Depardon (Fr, 1h27) documentaire

De Raymond Depardon (Fr, 1h27) documentaire

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Avant 12 jours, les personnes hospitalisées en psychiatrie sans leur consentement sont présentées en audience, d’un côté un juge, de l’autre un patient, entre eux naît un dialogue sur le sens du mot liberté et de la vie.


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Rencontres autour du film ethnographique : voyage au bout de la nuit

Festival | Pour leur 23e édition, les Rencontres autour du film ethnographique se focalisent sur le thème alléchant de la nuit. Et proposent, du vendredi 8 au lundi 18 novembre, une programmation d’une époustouflante diversité dans son contenu mais également sa forme.

Damien Grimbert | Mardi 5 novembre 2019

Rencontres autour du film ethnographique : voyage au bout de la nuit

On ne va pas se mentir. Pour le néophyte, un festival dédié au film ethnographique peut a priori sembler une proposition un peu pointue, voire intimidante. Ce dont a parfaitement conscience Jacopo Rasmi, coordinateur du festival aux côtés de Nina Moro : « On est très attentifs à cette notion d’accessibilité : on essaie de construire une programmation très variée, pour permettre au public d’entrer dans le festival avec des films immédiatement abordables pour ensuite transiter vers d’autres formes de cinéma plus exigeantes ou expérimentales. Il y a vraiment l’idée d’accompagner chaque spectateur, à la fois par le biais d’intervenants, qui vont pouvoir créer une forme d’échange entre le film et le public, et par la création de moments de convivialité où l’on peut boire un verre, manger, discuter de manière informelle… ». À ce titre, l’espace du Train Fantôme de la compagnie Ici Même, à côté de l’Estacade, se transformera le temps du festival en une sorte de quartier général permanent pour accueillir le spectateur. Errances nocturnes

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Des Rencontres autour du film ethnographique pour « sortir d’une vision "exotique" de l’ethnographie  »

Festival | Fortes d’une programmation aussi dense que variée, qui s’étend du vendredi 9 au dimanche 25 novembre dans plus d’une douzaine de lieux différents, les XXIIe Rencontres autour du film ethnographique veulent également s’ouvrir à un public plus large, comme nous l’explique Jacopo Rasmi, l’un des trois coordinateurs du festival.

Damien Grimbert | Mardi 6 novembre 2018

Des Rencontres autour du film ethnographique pour « sortir d’une vision

Comment définiriez-vous l’objectif de ces Rencontres ? Jacopo Rasmi : Il s'agit de construire une alliance entre le support filmique, notamment le cinéma documentaire, et toute une série de questionnements qui se situent plus dans le champ des sciences sociales : l’ethnologie et l’anthropologie bien sûr mais aussi la sociologie, la réflexion politique…On essaie ainsi de choisir des thèmes – le corps l’année dernière, la ville cette année… – qui sont propres à la fois au cinéma et aux sciences sociales. Vous proposez donc une vision assez ouverte du cinéma ethnographique… En effet : tout le cinéma documentaire, qui est notre champ d’action privilégié, consiste à filmer des formes de vie, des gestes culturels, des manières de vivre… Et ça tombe tout de suite dans un domaine qui peut être celui de la réflexion anthropologique ou sociologique avec des questionnements autour des êtres humains, des sociétés, de la manière dont on vit ensemble, des variations entre nos modes de vie… Pour nous, la relation entre cinéma et ethnographie e

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"12 jours" : Raymond Depardon épuise son filon

ECRANS | de Raymond Depardon (Fr., 1h27) documentaire

Vincent Raymond | Lundi 27 novembre 2017

Film de demande plus que de commande, 12 jours de Raymond Depardon répond à une invitation de tourner dans un établissement psychiatrique (en l’occurence, le Vinatier à Bron, près de Lyon) avec des patients hospitalisés sans consentement lors de leur présentations devant un juge des libertés et de la détention – celle-ci devant se dérouler au plus tard 12 jours après leur première admission. S’ensuivent donc dix auditions, à la queue leu-leu. Dix portraits entre détresse et absurde de la "folie" ordinaire, et surtout un épuisant sentiment de déjà-vu. Car malgré tout le respect et toute l’estime que l’on porte au réalisateur français, force est de constater qu’il éprouve de moins en moins l’envie de sortir du cadre et des repères qu’il a jadis balisés. 12 jours transpose en effet de manière manière mécanique son dispositif de Délits flagrants ou de 10e chambre, instants d’audience dans un décor lui aussi familier pour le cinéaste, qui avait déjà arpenté avec San Clemente

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Lettre de Cannes #5

Festival de Cannes 2017 | Ou comment on prend un aller simple de la Black Lodge à l'Hôpital du Vinatier

Christophe Chabert | Vendredi 26 mai 2017

Lettre de Cannes #5

Cher PB, Laisse-moi te raconter une scène vue sur la Croisette, qui illustre à mon sens la folie qui gagne le festival, et peut-être plus que ça, le pays tout entier – à moins que ce ne soit le micro-climat du sud, mais je ne mange pas de ce pain-là. En plein carrefour, un type se fait renverser en scooter par une voiture. Rien de bien grave a priori, car le propriétaire du deux roues, assez vénér’, est déjà en train de tambouriner contre la vitre de l’automobiliste en le traitant de… Bon, pas besoin de te faire un dessin ou d’aligner des grossièretés. Un des mille policiers aux abords du Palais vient alors se mêler à l’affaire pour calmer le différend. Et là, sidération totale, l’homme au scooter s’adresse au représentant des forces de l’ordre – note l’expression – et lui demande s’il a le droit de « frapper » le mec dans la voiture. Sérieusement. Même pas pour rire. Gloups ! De folie, il fût question ces derniers jours dans les films de Cannes, alors que la compétition touchait à sa fin avec les films de François Ozon – rires – de Fatih Akin – argh – et de Lynne Ramsay – tout à l’heure. D’abord avec ce qui restera comme le choc ultime du festival

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Les Habitants : un Depardon décevant

ECRANS | de Raymond Depardon (Fr., 1h24) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 26 avril 2016

Les Habitants : un Depardon décevant

Raymond Depardon déplace un studio-caravane sur les routes de France, invitant les badauds à poursuivre devant sa caméra la discussion qu’ils tenaient sur le trottoir. Le cadre, fixe, est partout identique, mais les propos (re)tenus très inégaux : on passe ainsi de la philosophie de comptoir à quelques (trop rares) considérations constructives. Comme si Depardon avait manqué de matière utile dans ses rushes, et s’était cru obligé de conserver des séquences d’habitants mal à l’aise devant l’objectif, ressassant artificiellement leur conversation, ou meublant le vide par des rires gênés (voir le joli couple évoquant sa prochaine union). Le dispositif rappelle Délits flagrants, mais en moins intense du fait de son montage plus lâche. Il ressemble surtout à une sorte de face B (ou de bonus DVD grand format) du remarquable Journal de France (2012), portrait itinérant de l’Hexagone à travers ses paysages et quelques témoignages saisis sur le motif. La déception se situe donc à la mesure de l’attente. Doit-on la tempérer en affirmant que

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Journal de France

ECRANS | De Claudine Nougaret et Raymond Depardon (Fr, 1h45) documentaire

Aurélien Martinez | Vendredi 8 juin 2012

Journal de France

Les cinéastes français semblent se plaire à se retourner sur leur carrière pour en faire à la fois le discours de leur méthode et un récit biographique (Varda et Lelouch s’y sont collés récemment). Dans le cas de Raymond Depardon, l’originalité consiste à avoir confié à sa compagne et collaboratrice Claudine Nougaret le soin de retracer ce parcours il est vrai fascinant : un jeune homme hésitant entre la photographie et le cinéma, révolutionnant le photo-reportage au sein de l’agence Gamma, puis se lançant dans un monumental projet documentaire visant à montrer les « citoyens face à leurs institutions ». Journal de France alterne donc archives inédites (ou pas) et séquences contemporaines où Depardon parcourt la France profonde avec une caméra à chambre pour immortaliser paysages emblématiques et simples Français. La visite à l’intérieur de l’œuvre est évidemment passionnante, mais le voyage n’est pas en reste. On peut même, en voyant le cinéaste seul dans son van allant de places du village en places du village, pendant que sa com

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