"M" : un film initial signé Sara Forestier

ECRANS | Elle est bègue ; il n’ose lui avouer qu’il ne sait pas lire. Malgré une foule de barrières, ils vont tenter de s’aimer. Pour sa première réalisation de long-métrage, Sara Forestier opte pour la complexité d’une romance abrupte nourrie de réel, de vécu et de non-dit. De beaux débuts.

Vincent Raymond | Lundi 13 novembre 2017

Photo : Ad Vitam


Les gens lisses sont sans histoire. Pas les discrets. En dépit de quelques exubérantes spontanéités télévisuelles lors de remises de trophées ou d'une altercation avec un partenaire ayant conduit à son éviction d'un tournage, Sara Forestier appartient sans équivoque à cette seconde catégorie d'individus – rien de commun donc avec ces "it-girls" précieuses usant de tous les canaux médiatiques pour étaler leur ridicule suffisance.

La preuve ? Elle n'a pas converti sa consécration dans Le Nom des gens (2010) en un passeport pour les premiers plans (et le tout-venant), ralentissant même la cadence pour choisir des rôles parfois plus succincts mais avec du jeu et de l'enjeu (La Tête haute). Mais aussi, on le comprend enfin, pour peaufiner l'écriture et la réalisation de son premier long-métrage succédant à trois courts ; démontrant au passage que devenir cinéaste pour elle n'a rien d'une toquade.

Aime le mot dit

Le changement d'état, de statut, par l'accomplissement artistique est précisément l'un des sujets de M : Lila, lycéenne brillante mais renfermée du fait de son bégaiement, gagne de la confiance en soi et se met à écrire lorsque Mo, un électron libre, s'intéresse à elle. Or si Lila peine à parler, Mo cache son illettrisme.

Cet argument de l'incommunicabilité aurait pu donner lieu ailleurs à une comédie sentimentale redoutable ; Sara Forestier se démarque ici du gag pataud pour creuser les drames ayant mené ses personnages à ces destins si tourmentés. Leurs vies lestées d'absences sont denses, leur histoire intime apparaît aussi heurtée que sensuelle – rarement le désir féminin aura été montré aussi crûment, et cependant dans son naturel le plus humide.

À la fois autrice et comédienne, Forestier ne vampirise pourtant pas le film, mesurant la présence de son personnage à l'écran, avec cette même justesse qui rend la trentenaire crédible dans la peau d'une ado de 17 ans. Cet art d'allier contraires et contrastes se retrouve dans sa capacité à former une œuvre cohérente parsemée d'icônes du chaos (Jean-Pierre Léaud en père démissionnaire, Christophe à B.O.) : sous la rigueur, la sauvagerie couve et avec elle l'âpreté des enfances mal aimées, des banlieues boiteuses, des économies parallèles, du déterminisme… Tout un contexte embrassé sans pathos et décrit à mots couverts. Mais d'une voix déjà assurée.

M
de et avec Sara Forestier (Fr., 1h 38) avec également Redouanne Harjane, Jean-Pierre Léaud, Liv Andren, Nicolas Vaude…


M

De Sara Forestier (Fr, 1h38) avec Sara Forestier, Redouanne Harjane...

De Sara Forestier (Fr, 1h38) avec Sara Forestier, Redouanne Harjane...

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Mo est beau, charismatique, et a le goût de l'adrénaline. Il fait des courses clandestines. Lorsqu'il rencontre Lila, jeune fille bègue et timide, c'est le coup de foudre. Il va immédiatement la prendre sous son aile. Mais Lila est loin d'imaginer que Mo porte un secret : il ne sait pas lire.


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Musilac annonce dix noms supplémentaires

Festival | Après l'annonce de vingt premiers artistes à l'affiche du festival Musilac 2022 à Aix-les-Bains, l'organisation vient de dévoiler dix autres noms.

Valentine Autruffe | Lundi 22 novembre 2021

Musilac annonce dix noms supplémentaires

Dutronc & Dutronc, Gaëtan Roussel, Metronomy, Alt-J, Juanes, Tim Dup, Claire Laffut, Feu! Chatterton, Kas:st et Lilly Wood and the Prick : voici les dix noms qui s'ajoutent au line-up de Musilac 2022, qui se tiendra du 6 au 10 juillet à Aix-les-Bains, au bord du lac du Bourget. Pour rappel, les premiers atistes annoncés sont Angèle, Benjamin Biolay, Dropkick Murphys, Fat Freddy’s Drop, Hatik, -M-, Declan McKenna, Nada Surf, Niska, Nothing But Thieves, Orelsan, Parcels, Queens of the Stone Age, Rilès, Simple Minds, Sum 41, Skunk Anansie, Tones and I, Vianney, Zucchero.

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Concours Podium : découvrez les quatre lauréats !

Danse | A l’issue de deux soirées de représentation ce week-end à La Rampe, les quatre lauréats du concours de danse Podium ont été désignés par le public et le jury.

Valentine Autruffe | Lundi 22 novembre 2021

Concours Podium : découvrez les quatre lauréats !

Quatre compagnies de danse bénéficieront, l’an prochain, de la Tournée Podium. Elles ont été sélectionnées parmi douze propositions, vendredi et samedi soir, à La Rampe. Pour les pièces en solo et duo, présentées vendredi, le jury de professionnels a choisi B4 summer de Mercedes Dassy (Belgique). Pour les pièces de groupe, c’est Muyte Maker, de Flora Détraz (France), qui a été sélectionnée. Vendredi soir, le public a préféré Learning from the Future, de Colette Sadler (Royaume-Uni), et samedi, c’est Entropie de Léo Lérus (France, Guadeloupe) qui a été le coup de cœur des spectateurs. Les lauréats seront programmés, pour la saison 2022-2023, parmi les dix-sept scènes partenaires de Podium, réparties un peu partout en France, et dans le réseau des « voisins » de ces théâtres. La répartition des tournées sera annoncée prochainement. Si Podium est bel et bien un concours, c’est avant tout l’occasion pour les compagnies de montrer leur travail à des professionnels ; en dehors des soirées de spectacles, des temps d’échanges informels ont été

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"La Morsure de l’Âne" par Émilie Le Roux : « Ce texte nous a attendus »

Théâtre | La nouvelle création de la compagnie Les Veilleurs, mise en scène par la Grenobloise Emilie Le Roux, aborde le sujet de la vie et la mort. Pensée aussi bien pour les enfants que pour leurs parents, La Morsure de l’Âne, issue d’un texte de Nathalie Papin, sera jouée du 30 novembre au 4 décembre à la MC2 de Grenoble.

Valentine Autruffe | Lundi 22 novembre 2021

« Vivez, mourez, mais choisissez enfin ! » Tout au long du spectacle, accompagné d’un âne malicieux, Paco oscille entre pulsions de vie et de mort, visité par des créatures, des personnages, des membres de sa famille, dans un univers onirique. Que faire ? Emilie Le Roux s’attaque, avec la compagnie Les Veilleurs, à un thème aussi difficile qu’universel : la mort, et comment on vit avec la conscience de cette inéluctable fin. Après Le Pays de Rien, c’est une nouvelle fois un texte de Nathalie Papin qui est mis en scène, coproduit par la MC2, en partenariat avec l’Espace 600. « C’est sûrement le seul texte de Nathalie Papin qui n’a pas été monté ! On doit le faire depuis 12 ou 13 ans ; on attendait que ce soit le moment, que la compagnie soit capable de porter le projet. Ce texte nous a attendus », commente Emilie Le Roux. Sujet ardu, mais abordé avec l’intelligence et la finesse que l’on connaît à Nathalie Papin, et « beaucoup de malice. Ce ne sont pas des blagues, mais une forme d’humour qui permet de prendre de la distance. Son écriture est très concise, sans bavardage ; cela peut paraître simple au premier abord, mais si l’on s’y penche

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No One Is Innocent fourbit ses armes à la Belle Electrique

ACTUS | L’inépuisable groupe métal No One Is Innocent a terminé cette semaine une résidence de quelques jours à la Belle Electrique, afin de peaufiner la tournée Ennemis 2022.

Valentine Autruffe | Vendredi 19 novembre 2021

No One Is Innocent fourbit ses armes à la Belle Electrique

Bientôt trente ans que No One Is Innocent écluse toutes les scènes rock et métal du pays et au-delà, avec toujours la même verve chantée en français. Cette semaine, le groupe a passé quelques jours en résidence à Grenoble, à la Belle Electrique, afin de préparer son retour sur les routes (No One ne s’en éloigne jamais bien longtemps) avec un nouvel album, Ennemis, sorti en octobre 2021. Quelques Zénith au programme de lives qui seront toujours aussi rugueux ; il suffit d’écouter le titre qui porte le disque, Forces du désordre, pour imaginer la furie prendre possession de la fosse… De quoi exulter contre les ennemis de No One, explicitement rhabillés pour l’hiver dans Les Hyènes de l’info, La Caste ou Polit Blitzkrieg. Rendez-vous le 19 mai 2022 à la Belle Electrique pour le concert grenoblois de No One is Innocent. Et pour les impatients inconditionnels du genre, on se note aussi la date du 5 février à la Halle Tony Garnier de Lyon, où No One sera accompagné d’Ultra Vom

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À Échirolles, on fabrique les emplois de demain

ACTUS | L'association Solidarité pour l'emploi à Échirolles-Ouest (SOLEEO) a inauguré mardi 16 novembre ses nouveaux locaux dans l'ancienne maison de l'égalité femmes/hommes dans le quartier de la Luire. Tête de pont du dispositif national Territoire Zéro Chômeurs de Longue Durée (TZCLD), l'association est prête à relever le défi de mettre fin au chômage sur le territoire imparti.

Eloïse Bonnan | Mercredi 17 novembre 2021

À Échirolles, on fabrique les emplois de demain

Au 2, rue Pablo-Picasso, l’association Solidarité pour l’emploi à Échirolles-Ouest (SOLEEO) a inauguré mardi ses nouveaux locaux en présence de son président Georges Van Billoen et de Claire Dupin, future directrice de l’association, des représentants des collectivités locales, ainsi que de tous les participants du projet Territoire Zéro Chômeurs de Longue Durée (TZCLD). Ce bassin de 9400 habitants sera-t-il l’un des 50 nouveaux territoires ambitieux à expérimenter le dispositif, qui veut résorber le chômage de longue durée ? Verdict en début d’année 2022. En attendant, la campagne de financement participatif citoyen pour venir en aide aux premiers investissements de l’association est lancée. Malgré une « candidature solide » comme l’affirme Loëva Labye, cheffe de projet TZCLD à Grenoble Alpes Métropole, et le « soutien indéfectible » exprimé par Christophe Ferrari au nom de la métropole toute entière, personne ne dit que le cahier des charges est fastoche... Produire des emplois en fonction des compétences des salariés Créée le 17 mars dernier, l’association SOLEEO doit préfigurer la future Entreprise à but d’emploi (E

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"Oranges Sanguines" : pas de quartier !

Le film de la semaine | Deuxième incursion du maître de La Compagnie des Chiens de Navarre au cinéma après le bancal Apnée, Oranges Sanguines rectifie le tir pour viser juste dans plusieurs directions à la fois : politique, économie, famille, adolescence… Un tableau acerbe et féroce de la société française, façon puzzle.

Vincent Raymond | Mercredi 17 novembre 2021

Pendant qu’un ministre des Finances tente de gérer en coulisses l’étouffement d’un scandale médiatique (en clair, ses fraudes fiscales), un couple de vieillards surendettés essaie de se sortir de sa mouise en participant à un concours de rock. Et une adolescente rêve à sa première fois. Mais, méfiance, dans la campagne profonde, un frappadingue attend son heure pour commettre des agressions sexuelles. La France, en 2021… Passer des planches à la caméra est rarement une sinécure pour les metteurs en scène, qui doivent apprendre à changer de dimension : réduire les trois de la scène à deux pour l’écran, et puis dompter le temps à coup d’ellipses et de montage. Jean-Christophe Meurisse avait sans doute besoin d’ajustements à l’époque d’Apnée, objet peu mémorable aux faux-airs de prototype ; il en a tiré de vertigineuses leçons pour ces Oranges Sanguines. Volontairement “impur” dans sa forme — une construction de saynètes se succédant avant de s’entremêler rend le fil de sa narration discontinu, mais l’effet mosaïque en résultant sert admirablement le propos — ce film

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"Cinéma de quartier" haute intensité

ECRANS | Après quatre années d’absence, le Cinéma de quartier des Barbarins Fourchus revient à la Salle Noire pour deux séances exceptionnelles, le temps de mettre en lumière deux œuvres hors-normes et insensées venues respectivement de Hong Kong et du Japon.

Damien Grimbert | Mardi 16 novembre 2021

Pourvoyeuses d’un cinéma bis fauché, fantasmatique et volontiers transgressif, tout entier voué à la satisfaction des pulsions primales de spectateurs en quête de dépaysement et de sensations fortes à l’issue d’une dure journée de travail, les salles de quartier ont depuis longtemps disparu de nos villes. Pour autant, leur héritage populaire, et la cohorte de films à petit budget mêlant sexe, violence, action et aventure qui les accompagnaient, sont maintenus en vie par intermittence depuis maintenant une bonne quinzaine d’années par le cinéma de quartier des Barbarins Fourchus. Pour cette nouvelle mouture après une longue, trop longue, pause, la formule a néanmoins (temporairement ?) changé : finis les double-programmes réunissant films de kung-fu, horreur gothique et westerns italiens des années 60 et 70, et place à deux films asiatiques plus récents mais tout aussi démentiels, faisant écho sans détour à la période de pandémie et de confinement traversée. Vers l’infini et au-delà Dans Symbol (2009), deuxième long-métrage de l’humoriste japonai

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"Le Fils" : si maman si ; si seulement

Théâtre | Il était une fois une famille catholique de l'Ouest de la France, que l'on pourrait classer du côté de la petite bourgeoisie. Il était une fois une mère qui, (...)

Aurélien Martinez | Mardi 16 novembre 2021

Il était une fois une famille catholique de l'Ouest de la France, que l'on pourrait classer du côté de la petite bourgeoisie. Il était une fois une mère qui, progressivement, va embrasser la cause des traditionalistes. C'est l'époque du vote de la loi dite du mariage pour tous, et de ces manifestants bien décidés à ce que cette, selon eux, « menace contre la famille » ne soit pas adoptée. C'est, surtout, l'époque où des gamins étaient traînés dans les cortèges pour scander des slogans du type « un papa, une maman, on ne ment pas aux enfants ». Leur a-t-on demandé, à eux, ce qu'ils en pensaient vraiment de tout ça ? Avec Le Fils, l'autrice Marine Bachelot Nguyen a construit un texte fort (quoiqu'un brin balisé) sur une mère aveuglée par son combat. En jouant autant sur le "je" que sur une parole plus extérieure à la troisième personne du singulier, elle a offert à la comédienne Emmanuelle Hiron la possibilité d'incarner avec recul cette militante sur le tard. Son monologue captive alors pendant une heure, notamment grâce au travail sobre du metteur en scène David Gauchard – qu

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Brigid Dawson & The Mothers Network, la Californie sous la pluie

Folk | On dit souvent que les artistes sont en grande partie le produit de leur environnement. Une analyse sans doute un peu cliché, mais qui s’applique à la (...)

Damien Grimbert | Mardi 16 novembre 2021

Brigid Dawson & The Mothers Network, la Californie sous la pluie

On dit souvent que les artistes sont en grande partie le produit de leur environnement. Une analyse sans doute un peu cliché, mais qui s’applique à la perfection à la musique de Brigid Dawson, chanteuse et claviériste pendant pas loin de dix ans au sein de la fameuse formation de garage rock psychédélique californienne Thee Oh Sees. Et la Californie, berceau ensoleillé de la contre-culture des 60’s et terre d’accueil de l’utopie hippie, est bel et bien présente en esprit au sein de Ballet of Apes, son premier album solo sous le nom Brigid Dawson & The Mothers Network : voix apaisée, ambiances planantes, ballades folk langoureuses au doux parfum psychédélique… Mais elle n’est pas la seule. Elevée en Angleterre dans une famille de musiciens (son père était un pianiste de jazz), Brigid Dawson a passé une bonne partie de sa jeunesse à vivre consécutivement entre ces deux pays, et sa musique s’en ressent. Une sorte de spleen pluvieux et mélancolique infuse en permanence en arrière-plan, et la rencontre de ces deux univers opposés donne, dans ses meilleurs moments, une singularité peu commune à ce Ballet of Apes, qu’on est assez impatients de découvrir

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Ygal Ohayon, explorateur des années 90

DJ | On a souvent tendance à sous-estimer l’incroyable travail d’archéologie musicale auquel se livrent les DJs les plus chevronnés. Après avoir dépoussiéré et remis (...)

Damien Grimbert | Mardi 16 novembre 2021

Ygal Ohayon, explorateur des années 90

On a souvent tendance à sous-estimer l’incroyable travail d’archéologie musicale auquel se livrent les DJs les plus chevronnés. Après avoir dépoussiéré et remis au goût du jour, pendant des décennies, les perles les plus obscures des années 70 et 80, c’est ainsi désormais au tour des musiques électroniques du début des années 90 d’être redécouvertes et célébrées. Et dans le cas d’Ygal Ohayon, ancien manager du label parisien Versatile de de 2005 à 2015 et aujourd’hui membre des collectifs Antinote et Deviant Disco, on parle plus précisément de la constellation des musiques dansantes downtempo en provenance d’Italie, d’Autriche et d’Allemagne qui revisitaient l’héritage du "cosmic sound" européen en y adjoignant des influences ethniques d’une confondante naïveté et quelques emprunts aux technologies musicales naissantes de l’époque. Tout cela vous semble passablement obscur ? Imaginez des nappes de synthé planantes, des percussions tribales, des samples vocaux étranges et volontiers kitsch et des rythmiques lourdes, lentes et obsédantes entre house au ralenti, space disco mollassonne et trance sous codéine. Le plus surprenant là-dedans ? Un charme aussi envoût

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Festival international du film nature et environnement : écran vert !

Ecologie | Si ces dernières années les prises de conscience et les alternatives écologiques ont fleuri, certains organismes s’attellent à la tâche depuis déjà (...)

Jérémy Tronc | Mardi 16 novembre 2021

Festival international du film nature et environnement : écran vert !

Si ces dernières années les prises de conscience et les alternatives écologiques ont fleuri, certains organismes s’attellent à la tâche depuis déjà longtemps. À l’image de France nature environnement Isère, association de protection de la nature qui milite depuis près de 50 ans et revient à partir du 25 novembre avec son Festival international du film nature et environnement pour une 35e édition qui s’annonce riche. Jusqu’au 5 décembre, une sélection de 27 courts et longs-métrages (sur 230 reçus cette année) sera projetée, entre films contemplatifs et documentaires engagés, avec toujours cette volonté de sensibiliser le public et de proposer des solutions en vue d’une paix des ménages entre l’Homme et la nature. Notez parmi les temps forts la soirée d’ouverture (le 25/11) avec le parrain de cette édition, Laurent Baheux, photographe animalier reconnu dans le monde entier et activiste de la protection environnementale. Lors de la soirée de clôture (le 5/12), le jury décernera les fameux prix “Hérisson” aux meilleures réalisations. Festival international du film nature et environnement du 25 novembre au 5 décembre à Grenoble et agglomération.

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Le Mois de la photo : votre attention s'il vous plaît !

ARTS | Jusqu'au 5 décembre, la Maison de l'Image organise le Mois de la photo, avec une exposition principale à l'Ancien musée de peinture et des multiples propositions dans d'autres lieux de Grenoble et de l'agglo. Le Petit Bulletin est parti à la découverte de deux expositions qui méritent l'attention, et ça tombe bien car l'attention est le thème principal de cette édition 2021.

Eloïse Bonnan | Mardi 16 novembre 2021

Le Mois de la photo : votre attention s'il vous plaît !

Le Mois de la photo, manifestation annuelle portée par la Maison de l’Image, a débuté le 5 novembre à Grenoble. L’espace d’un mois complet, l’Ancien musée de peinture et l’ensemble des lieux partenaires abritent en leur sein de séduisantes propositions artistiques. Ces dernières déclinent les nuances de l’attention, thème principal de l’édition 2021. Deux oeuvres photographiques ont particulièrement retenu la nôtre : Solitude Cosmique de Yulia Grigoryants exposé à double titre à la Maison de l’International (dans les cadres du Mois de la photo et du Mois de l’Arménie en Isère) ; et La mémoire en miroir d’Ina Thiam à l’Ancien musée de peinture. A travers Solitude Cosmique, la photographe indépendante arménienne Yulia Grigoryants raconte l’isolement et la solitude des trois derniers employés vivant à l’intérieur d’une Station de recherche sur les rayons cosmiques construite à l'époque soviétique. Les balades esseulées, la silhouette voûtée du cuisinier âgé de 70 ans, des pièces à vivre défraîchies, l’eau stagnante du lac Qari, l’ancien matériel scientifique et le sol enneigé deux tiers de l’an

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Concerto en braille

ACTUS | « Tu sais, une machine Perkins, normalement c’est pas pour faire de la musique. Moi ça me sert à écrire en braille parce que je suis déficient visuel (...)

Jérémy Tronc | Mardi 16 novembre 2021

Concerto en braille

« Tu sais, une machine Perkins, normalement c’est pas pour faire de la musique. Moi ça me sert à écrire en braille parce que je suis déficient visuel et que je ne lis pas en noir comme les voyants. » Fadi, 9 ans, élève à l’école élémentaire Ferdinand-Buisson, participe à un étonnant projet avec neuf autres de ses camarades. Tous en situation de handicap visuel, ils répètent depuis quelques semaines, aux côtés de 30 élèves-musiciens du collège Charles-Munch, le Concerto pour machines Perkins, œuvre de François Rossé pour ensemble instrumental et machines à écrire en braille, utilisées ici comme instrument de percussions. « Les machines constituent un pupitre comme les autres, avec une partition écrite pour elles », explique Christophe Louboutin, professeur de guitare au Conservatoire et intervenant sur le projet. « C’est un morceau contemporain d’une grande exigence artistique, comportant des passages improvisés et d’autres très écrits. Pour les malvoyants, des repères sonores leur permettent de savoir à quels moments ils doivent intervenir. Ce qu’ils joueront pendant la pièce est loin d’être anodin. » L’œuvre a été co

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En salle : "Oranges sanguines", Haut et fort", "De son vivant", "Les Magnétiques"...

Th?ma | C'est la clef, dit-on, du succès d’un film. Bien plus que les critiques. Mais le bouche-à-oreille peut aussi évoquer des histoires de bouches… et d’oreilles…

Vincent Raymond | Mardi 16 novembre 2021

En salle :

Voix et parole vont souvent de pair, en particulier dans le vocable politique. En pleine précampagne électorale, Jean-Christophe Meurisse des Chiens de Navarre sort avec Oranges sanguines (17/11) un bijou corrosif évoquant (notamment) la figure du politique et son usage de la langue de bois à travers un ministre gérant en coulisses l’étouffement d’un scandale médiatique. Volontairement “impur” dans sa forme — une construction de saynètes rend le fil de sa narration discontinu, mais l’effet mosaïque en résultant sert admirablement le propos — ce film choral restitue l’impureté de la chose publique, les arrangements boiteux, les masques sociaux et l’hypocrisie ambiante dont, pourtant, personne n’est dupe. Dialogue, distribution, jeu sont impeccables, et si l’on rit devant ces polaroïds du cynisme contemporain érigé en norme, c’est jaune : qui est le plus monstrueux ? Chacun fabrique le monstre de son prochain. Tragiquement drôle ! Oh, ouïe, encore ! À la même date, mais plus près des tympans, une rom’-com’ charmante, cocasse et touchante de & avec Pascal Elbé, On est fait pour s’entendre (17/11) dans lequel il incarne un prof se découvra

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"L'Événement" : La peur au ventre

Le film de la semaine | Mûrie de longues années par Audrey Diwan, cette adaptation d’Annie Ernaux saisit l’ascèse et la précision de l’autrice, pour la transmuter en portrait dépourvu de pathos d’une éclaireuse engagée malgré elle dans une lutte à la fois intime et secrète. Un souffle de vivacité autour d’un sujet toujours brûlant — l’avortement. Un Lion d’Or à la clef.

Vincent Raymond | Mardi 16 novembre 2021

Brillante élève, Anne ambitionne de suivre des études de lettres et de devenir écrivaine. La découverte d’une grossesse totalement inattendue menace ses plans, mais dans la France provinciale de 1963, avorter est un crime passible de prison pour qui le commet et qui le facilite. Entre secret, honte et résolution, Anne tente de trouver des informations, de l’aide, des solutions… Tout pour que son avenir ne soit pas obéré par un événement non désiré… Trente-trois ans plus tard, un même regard. Qui interpelle et prend à témoin le public. Deux femmes, comme deux faces d’une même pièce, liées par leur “condition” et singulièrement par une postérité comparable. Deux affiches de films distingués à Venise qui se répondent en nous tendant un miroir. Et résonne en sourdine la terrible mise en garde de Simone de Beauvoir : « N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant » En 1988, Une affaire de femmes

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Audrey Diwan : « Ce que je voulais, c’est être à l’épure »

L’Événement | Parmi les invités d’honneur du 30e festival de Sarlat, la réalisatrice Aurey Diwan tout juste laurée de son Lion d’Or à la Mostra de Venise pour le coup de poing "L’Événement" — et également au centre de toutes les attentions depuis que "Bac Nord" (qu’elle a coscénarisé) triomphe au box-office. L’occasion de reprendre avec elle le fil d’une conversation entamée en 2019 entre Avignon et Gérardmer…

Vincent Raymond | Mardi 16 novembre 2021

Audrey Diwan : « Ce que je voulais, c’est être à l’épure »

Lors de notre précédente discussion, à l’époque de Mais vous êtes fou, vous évoquiez déjà votre travail sur l’adaptation de L’Événement… Audrey Diwan : J’avais déjà commencé il y a deux ans ? Au bout d’un moment on ne sait plus : comme les livres, les films, et les histoires d’écriture nous portent, c’est difficile de circonscrire la période de travail. Quand j’ai commencé à écrire, je pensais au livre depuis longtemps — je l’avais lu quelques années avant. L’angle que vous avez choisi, c’est de raconter l’histoire dans le film au présent alors que le récit par Annie Ernaux dans le livre est au passé… Je crois que c’est la clé que je cherchais. D’abord, c’est toujours complexe de mettre en scène l’auteur cherchant son œuvre — mais ça peut se faire. Ensuite, ce qui me plaisait moins dans cette idée, et la raison pour laquelle j’ai élagué cette partie du texte, c’est que si j’avais montré Annie Ernaux en train de regarder cette histoire, je l’aurais mise dans le rétro

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"A la vie", la mort aux trousses

SCENES | Ce qui demeure ; Saint-Félix, enquête sur un hameau français : on a souvent vu à la MC2 la metteuse en scène Élise Chatauret et son théâtre construit à (...)

Aurélien Martinez | Mardi 16 novembre 2021

Ce qui demeure ; Saint-Félix, enquête sur un hameau français : on a souvent vu à la MC2 la metteuse en scène Élise Chatauret et son théâtre construit à partir d'enquêtes sur le terrain. Avec À la vie, nouveau spectacle qui vient tout juste d'être créé (nous ne l'avons pas vu), elle s'intéresse à la douloureuse question de la fin de vie. Accompagnée de son équipe, elle a ainsi passé plusieurs semaines en milieu hospitalier et dans un centre d’éthique clinique. En découlera sans doute un théâtre original dans sa forme et souvent fort dans ce qu'il convoque, à découvrir du mardi 30 novembre au samedi 4 décembre. Avec notamment sur scène, Justine Bachelet, comédienne littéralement magnétique – même si tout ceci est très subjectif, on vous l'accorde. A la vie du 30 novembre au 4 décembre à la MC2, Grenoble

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Les jubilations premières de Nick Pulpman

Rock | Cela fait plusieurs années que l’on suit les pérégrinations musicales de Nick Pulpman, plus particulièrement au sein de Hold Station qui, nourri par les excès (...)

Hugo Verit | Mardi 16 novembre 2021

Les jubilations premières de Nick Pulpman

Cela fait plusieurs années que l’on suit les pérégrinations musicales de Nick Pulpman, plus particulièrement au sein de Hold Station qui, nourri par les excès créatifs de King Gizzard & The Lizard Wizard, fit les belles heures du rock psychédélique grenoblois. Plusieurs années qu’on l’écoute avec plaisir jouer pour l’un, chanter pour l’autre, sans jamais vraiment permettre à son ego de briller en pleine lumière. Dommage, qu’on se disait. On ne se le dit plus. Après un premier EP un peu trop vite fabriqué (mais déjà prometteur) paru à la sortie du confinement, Nicolas Delmas a cette fois pris le temps nécessaire pour réaliser un grand premier album, nommé Shambles. Le temps de digérer une histoire d’amour compliquée, voire dévastatrice ; le temps de transformer son amertume en chansons expiatoires ; le temps de s’entourer de ses plus proches amis musiciens pour leur donner du relief. Produit par Koonda Holaa – pointure inclassable du blues –, Shambles est une sorte d’hommage au rock dans sa dimension la plus classique (et donc, peut-être, la plus essentielle), de la ballade lou-reedienne Plastic People aux accents metal de Quarantine

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Tympan dans l’œil, le son live du cinéma

Festival | Le ciné-concert ? Oubliez le cliché du film muet ancestral en noir et blanc accompagné de morceaux au piano. Il a bien plus à proposer. Démonstration lors (...)

Jérémy Tronc | Mardi 16 novembre 2021

Tympan dans l’œil, le son live du cinéma

Le ciné-concert ? Oubliez le cliché du film muet ancestral en noir et blanc accompagné de morceaux au piano. Il a bien plus à proposer. Démonstration lors du festival Le tympan dans l’œil, qui met un point d'honneur à présenter ce genre sous toutes ses formes, filmographiques ou musicales. « On est dans une approche plus moderne, plus dynamique, on veut réactualiser les codes musicaux et se baser sur des films parlants », annonce Damien Litzler, son directeur. Quatorze spectacles répartis dans huit salles partenaires sont proposés cette année, pour tous publics, adulte ou familial (sept propositions), novice ou plus exigeant. Une édition 2021 nettement plus riche que les précédentes et surtout tournée vers l’international, un axe de développement amorcé par l’association Stara Zagora, organisatrice du festival depuis 11 ans. Le concert d’ouverture d’Asian Dub Foundation sur le film La Haine de Mathieu Kassovitz témoigne de cette évolution. « Plein de gens ont découvert le ciné-concert à l’occasion de cette soirée », se réjouit Damien Litzler. L’association propose aussi à chaque édition au moins deux créations originales afin « d’enrichi

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Écran Total pour plaisir total

Festival | Au Scrabble, cette semaine compterait triple vu la densité de la programmation. La 19e édition d’Écran Total mérite en effet pleinement son nom et tient, (...)

Vincent Raymond | Mardi 16 novembre 2021

Écran Total pour plaisir total

Au Scrabble, cette semaine compterait triple vu la densité de la programmation. La 19e édition d’Écran Total mérite en effet pleinement son nom et tient, avec 21 films au menu, la promesse de son slogan — « un autre regard sur le cinéma ». Sans section thématique prédéfinie (outre la traditionnelle et indispensable case jeune public), il permet toutefois de suivre des itinéraires informels correspondant aux grandes tendances de sa sélection. Ainsi est-il possible de privilégier une dominante environnementale avec Rouge, Barrages - L’eau sous haute tension, l’excellent La Croisade de Louis Garrel, La Panthère des Neiges… Ou bien de se focaliser sur des questions sanitaires et sociales, toujours pregnantes, avec Ceux qui travaillent (sur l’exploitation par le capitalisme), La Fracture (sur l’hôpital et les Gilets jaunes — combo), Une vie démente (sur Alzheimer), Debout les femmes ! (sur les métiers du lien),

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En BD, la Grenobloise Coline Picaud raconte le parcours d'exilés

ACTUS | Dans le cadre du festival Migrant’Scène, Coline Picaud sera à la librairie Decitre pour dédicacer sa bande dessinée "Personne ici ne sait qui je suis". Professeure de français pour étrangers, elle y relate le destin de certains de ses "apprenants" exilés.

Hugo Verit | Mardi 16 novembre 2021

En BD, la Grenobloise Coline Picaud raconte le parcours d'exilés

Ils s’appellent Zabihullah, Télémilé, Méri, Golindya, Sutha, Maha… Ils viennent d’Afghanistan, de Guinée, du Brésil, d’Érythrée, du Sri-Lanka ou de Syrie. Tous sont des personnages de la bande dessinée Personne ici ne sait qui je suis, dans laquelle Coline Picaud raconte son quotidien en tant que professeure de français pour étrangers à la Maison des habitants du centre-ville de Grenoble. Enfin, ce n’est pas vraiment son histoire qu’elle raconte, plutôt celles de ces exilés qui ont quitté leur pays pour des raisons très diverses (amour, travail, guerre, pauvreté…) : « La Maison des habitants est l’un des rares endroits où des gens très différents se mélangent, avec un point commun : ils apprennent le français. Je voulais montrer la multitude de parcours qui existent et que tout démarre, à chaque fois, d’une décision individuelle. Ce ne sont pas des groupes qui partent, mais bien des individus. » Sur « la route des morts » Des individus qui, une fois dans notre pays, sont pourtant ramenés en permanence à leurs origines et jugés à l’aune de la méconnaissance abyssale des Français. Coline Picaud s’emploie donc, dans ce livre, à remettre un p

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Bandit Bandit : The Artists, les vrais

Electro-rock | Les amateurs de télé-crochets – ou les fans hardcore du groupe – auront peut-être aperçu Bandit Bandit un samedi soir de septembre en prime-time sur France (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 16 novembre 2021

Bandit Bandit : The Artists, les vrais

Les amateurs de télé-crochets – ou les fans hardcore du groupe – auront peut-être aperçu Bandit Bandit un samedi soir de septembre en prime-time sur France 2. Le groupe lyonnais participait à la première de l'émission-événement (c'est du moins comme cela qu'elle était présentée) de l'animateur omniprésent et bavard que l'on appelle Nagui. La chose fut un ratage complet : pour l'émission (qui battit des records de médiocrité en termes d'audience et de rythme, sans doute à cause de la propension de Nagui à ramener son énorme fraise à tout bout de champ) comme pour le groupe, malheureusement et injustement éliminé d'entrée. Moins du fait d'une prestation ratée (elle ne le fut pas) que parce que le rock, ma bonne dame, on s'en est vite aperçu, n'est plus guère télégénique en 2021 (quand Nagui, autoproclamé "M. Musique" du service public qualifie l'électro-rock de Bandit Bandit de "metal" dans une émission qui, plus qu'autre chose, cherche un hybride d'Eddy de Pretto et Claudio Capéo, il n'y a plus rien à espérer). On peut néanmoins se consoler et consoler le duo formé par Maëva Nicolas et Hugo Herleman (qui ont sûrement d'autres chats à fouetter que de se morfondre)

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Une bonne rencontre, un soir à l'Ampérage...

Punk | L’autre soir à l’Ampérage, on a croisé David, la moitié de Churros Bâtiment. Un duo dont nous louons dès que possible la puissance émotionnelle, l’honnêteté du propos (...)

Hugo Verit | Mardi 16 novembre 2021

Une bonne rencontre, un soir à l'Ampérage...

L’autre soir à l’Ampérage, on a croisé David, la moitié de Churros Bâtiment. Un duo dont nous louons dès que possible la puissance émotionnelle, l’honnêteté du propos et tout l’amour contenu dans leur "cold-grunge" tonitruant, débordant de joyeuse mélancolie. Alors, on lui a demandé à quoi ressemblerait leur prochain concert, prévu le 25 novembre sur cette même scène de l’Ampérage : « Ce sera que des nouveaux morceaux du prochain album Tendre Macaque qui paraîtra en fin d’année ou début 2022. Ça ressemblera plutôt à ce qu’on faisait dans notre disque Couteau. » On l’a remercié pour ces infos réjouissantes, on lui a promis qu’on y serait et on est rentré parce qu’il commençait à se faire un peu tard. As a New Revolt + Churros Bâtiment le 25 novembre à l’Ampérage

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Un autre regard sur les migrations

Festival | Avec le festival Migrant’Scène, l’association la Cimade souhaite déconstruire le regard parcellaire et biaisé que porte une partie des Français sur les populations exilées. Un travail d’information et de sensibilisation qui semble nécessaire en ces temps où les débatteurs politiques multiplient les raccourcis et les effets de manche sur le sujet.

Hugo Verit | Mardi 16 novembre 2021

Un autre regard sur les migrations

Doit-on encore s’en étonner ? Le débat médiatique en vue de la prochaine élection présidentielle tourne une fois de plus (en boucle) autour de l’immigration. Et il ne s’agit pas d’en parler avec sérieux, honnêteté, bienveillance, exigence intellectuelle ni altruisme. Non voyons, l’heure est encore à la mauvaise foi doublée d’un racisme de plus en plus assumé. C’est le triomphe des grandes phrases vides qui flattent l’instinct grégaire d’une certaine partie de la population, volontiers sujette à l’ignorance, et donc à la peur. Face aux fantasmes, brandis comme des étendards sur les plateaux de télévision et surtout les réseaux sociaux (ces nouveaux champs de bataille), l’action de la Cimade semble plus que jamais nécessaire. Glissement idéologique Fondée en 1939 dans le but de venir en aide aux habitants évacués d’Alsace et de Lorraine lorsque débute la Seconde Guerre mondiale, cette association ne cesse depuis d

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Patriarchie, l'asso qui mêle "connerie et activisme"

Féminisme | Après le succès du faux magazine féminin lancé par Pauline Rochette, Patriarchie a pris l'allure officielle d'une association portée par une équipe de bénévoles qui tend à s'élargir. Implantée à Grenoble depuis mai, Patriarchie partage ses engagements féministes avec le public autour d'ateliers très variés (drag, tattoo, etc.).

Eloïse Bonnan | Mardi 16 novembre 2021

Patriarchie, l'asso qui mêle

Peut-être en scrollant, êtes-vous déjà tombé fortuitement sur la gazette digitale Patriarchie magazine, imaginée par la grenobloise Pauline Rochette. Avec des titres bien acres comme SEXO se forcer pour faire plaisir, Être un objet c’est être utile, CARRIÈRE Ces femmes sans cœur... Sur fond d’illustrations soignées, ses créations (ou collaborations) séduisent un public sensibilisé aux luttes féministes et plus largement les initiés au second degré. La recette de son succès ? Il vient naturellement de ces mains délicates, très inspirées par le nuage d’amour et de bienveillance qui entoure les femmes et les minorités dans notre société. Trêve de plaisanterie. En surfant sur les codes de la presse féminine avec un ton nettement plus trash, Patriarchie magazine s’attaque au pied de biche à bon nombre de messages, représentations et codes dont la presse féminine est entre autres un vecteur. Et spoiler alerte, ce magazine n’est que “coquille vide”, à l’image des exemples dont il fait la satire. Il n’empêche que ses unes ont été appréciées à Grenoble durant le week-end du 8 mars 2020, et rencontrent un franc succès sur les réseaux

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"Blanche-Neige, histoire d'un prince" : ils se marièrent et eurent beaucoup de malheurs

Théâtre | Une histoire très connue comme on nous ne l’a jamais racontée : avec "Blanche-Neige, histoire d'un prince", l’autrice Marie Dilasser a livré un texte bourré d’intelligence et d’humour qui nous transporte des années après le fameux baiser. Le metteur en scène Michel Raskine en a fait un excellent spectacle pour tous (petits et grands) à découvrir mardi 23 novembre à l'Hexagone de Meylan.

Aurélien Martinez | Mardi 16 novembre 2021

Les aventures de Blanche-Neige, on les connaît, notamment grâce à Walt Disney. La méchante reine jalouse de la beauté de sa belle-fille, la pomme empoisonnée, les nains sympathiques, le prince salvateur… « Ils se marièrent, furent heureux et eurent beaucoup d'enfants » comme il est coutume de terminer chaque conte. Mais ensuite ? C'est la question que se sont posée l'autrice Marie Dilasser et le metteur en scène Michel Raskine dans le spectacle Blanche-Neige, histoire d'un prince. Et, heureusement, ils se sont éloignés du sentier bordé de bons sentiments… L'histoire était belle, la suite moins. Le couple s'ennuie. Surtout Blanche-Neige, qui se retrouve, géante, dans un royaume ravagé par les fastes de son despote d'époux tout rabougri. Écologie, féminisme, jeu sur le genre (Blanche-Neige est interprétée par un homme, le prince par une femme) : Marie Dilasser et Michel Raskine se sont amusés à dynamiter le fameux conte des frères Grimm, en gardant les références populaires qui font récit mais en les emmenant ailleurs. 101 nains Blanche-Neige, histoire d'un prince est ains

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GRRRE Games, coups de poker réussis

ACTUS | GRRRE Games est l’une des deux maisons d’édition de jeux de société installées à Grenoble et se distingue en misant sur une certaine originalité. Un parti pris qui fait mouche dans un marché en pleine expansion.

Hugo Verit | Mardi 16 novembre 2021

GRRRE Games, coups de poker réussis

Voilà trois ans que les Grenoblois Céline et Florian Grenier ont lancé leur maison d’édition de jeux de société, GRRRE Games. Après une première sortie remarquée début 2019 (Dany et son thème original consacré au dédoublement de la personnalité) puis le gros succès de Nidavellir en 2020 avec 70 000 boîtes vendues à travers le monde, ce couple de passionnés dispose aujourd’hui d’un catalogue de huit jeux, dont les deux derniers (Fragments et Les Contes Émerveillés) viennent de paraître ce mois-ci : « Comme on ne dépend pas financièrement de notre entreprise (personnellement, j’exerce en tant que médecin généraliste), on peut se permettre de prendre des risques et d’éditer des jeux qui sont un peu en décalage par rapport à l’offre globale, que ce soit dans le thème pour Dany, dans les graphismes noirs et blancs pour Nidavellir ou dans le gameplay pour KamiMaï, un jeu japonais que personne n’osait éditer », explique Florian. « Réfléchir sans trop se prendre la tête » Un parti pris qui leur permet d’exister sans trop de problèmes dans un marché en pleine expansion. En France, un millier de

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Delgrès, kimbé raid pa moli

Blues créole | Au Petit Bulletin, depuis quelque temps, on aime d’amour le créole antillais. Alors le 19 novembre, "pardoné mwen si mwen pas ka réponn", on sera au (...)

Valentine Autruffe | Mardi 16 novembre 2021

Delgrès, kimbé raid pa moli

Au Petit Bulletin, depuis quelque temps, on aime d’amour le créole antillais. Alors le 19 novembre, "pardoné mwen si mwen pas ka réponn", on sera au Diapason à Saint-Marcellin pour écouter Delgrès. Et on conseille à "toute moune" d’y aller aussi. Après Mo Jodi en 2018, le trio formé par Pascal Danaë, Baptiste Brondy et Rafgee défend 4 Ed Maten (4 heures du matin), nouvelle fusion étincelante entre guitare dobro, soubassophone et textes de Pascal Danaë, qui parlent toujours de l’exil, du racisme et de l’esclavage, plaies béantes dans le cœur des Antilles, mais aussi de liberté, de héros oubliés, d’injustice. Le blues de la Nouvelle Orléans rencontre l'âme créole des Antilles, enfin sur scène. Delgres le 19 novembre au Diapason (Saint-Marcellin)

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T’as pas changé Sinsé !

Anniversaire | En trente ans, on a pris des cheveux blancs, on n’arrive plus à se coucher après minuit, on est pompette après deux bières, on a une plus belle voiture et un (...)

Valentine Autruffe | Mardi 16 novembre 2021

T’as pas changé Sinsé !

En trente ans, on a pris des cheveux blancs, on n’arrive plus à se coucher après minuit, on est pompette après deux bières, on a une plus belle voiture et un plus grand appart’, on est passé de la hardtek à l’ambient et du trash metal au folk... En revanche les Sinsé, eux, n’ont pas varié d’un pouce dans le paysage grenoblois. Ils persistent invariablement, depuis Première Récolte et jusqu’à 30 ans, à s’offusquer des travers de notre société sur des envolées cuivrées et des cordes 100% reggae, à illustrer leurs affiches et jaquettes de bons vieux dessins de feuilles de cannabis et à faire chalouper leurs fans. Ils continuent aussi leurs grandes réunions festives sur scène, et quelle meilleure occasion pour festoyer que l’anniversaire de leurs trente ans ? Sinsémilia le 27 novembre à 19h30 au Summum

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Podium, entrez dans la danse

Concours | Douze compagnies de danse, réparties sur deux soirées, présenteront à La Rampe des extraits d’une vingtaine de minutes de leurs créations. Avec un enjeu tout (...)

Valentine Autruffe | Mardi 16 novembre 2021

Podium, entrez dans la danse

Douze compagnies de danse, réparties sur deux soirées, présenteront à La Rampe des extraits d’une vingtaine de minutes de leurs créations. Avec un enjeu tout particulier : quatre prix seront remis, deux à l’issue du vote du public, deux autres par un jury de professionnels. C’est la seconde édition du concours Podium (anciennement Reconnaissance), imaginé par le Pacifique et également porté par le CCN2 et La Rampe. Pour les spectateurs, c’est surtout une excellente façon d’appréhender la danse, discipline qu’ils ont souvent du mal à aborder. « Le public pense parfois que la danse n’est pas pour lui. Pourtant, le langage du corps est universel, ça passe au-delà des mots », souligne Marie Roche, directrice du Pacifique. On n’est pas obligé de comprendre la danse, il suffit de la ressentir. L’aspect concours permet en sus de comparer et d’en parler avec son voisin, cerner pourquoi on aime ou pas. « L’objectif de Podium est de montrer des spectacles dont on juge qu’ils n’ont pas été assez vus, et qui méritent de l’être. En période de pandémie, je vous laisse imaginer… » La sélection des douze pièces, parmi 41 propositions au départ, a été assur

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"Les Éternels" : combat land

MARVEL | Après Thanos, une nouvelle menace s’abat sur la Terre. Mais pas de panique, un autre groupe de super-héros va faire le job. Ni Dune, ni dieux, Chloé Zhao adapte le premier volet de la série signée par l’alter ego de Stan Lee, le dessinateur Jack Kirby. Et ça fonctionne plutôt bien si l’on excepte quelques concessions à l’air du temps…

Vincent Raymond | Mercredi 3 novembre 2021

En “sommeil” depuis des siècles, les Éternels — un groupe d’êtres surnaturels envoyés par une entité cosmique sur Terre pour la protéger des Déviants, de féroces prédateurs — se réactive et se reforme lorsqu'une escouade de monstres qu’ils croyaient exterminés, se met à les attaquer, prenant la vie de leur cheffe, Ajak. Commence une implacable traque autour du monde, ainsi qu’un compte à rebours dont le déclenchement s’est lancé à leur insu des millénaires plus tôt… Nouvel aiguillage dans le MCU : après Avengers : Endgame (2019) se soldant par la défaite de Thanos, les Éternels relèvent le gant — expliquant au passage pourquoi ils n’ont jamais interféré dans les affaires du réducteur de populations de l’univers : bons petits soldats, il devaient s’en tenir à la mission assignée par leurs boss, Arishem. Comme dans chacune des branches marvelliennes, il s’agit donc pour une poignée de super-veilleurs de sauver notre planète d’une entité résolue à l’asservir ou la détruire ; les humains “ordinaires” (c’est-à-dire non mutants) étant à nouveau des sous-produits narratifs : tout

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Comment le design scandinave a envahi l’Occident

CONNAITRE | Chez maman ou au resto du coin, où que l’on aille, on a 90% de chance de croiser un meuble d’obédience scandinave. Simple et clair, le style suédois et (...)

Valentine Autruffe | Mardi 16 novembre 2021

Comment le design scandinave a envahi l’Occident

Chez maman ou au resto du coin, où que l’on aille, on a 90% de chance de croiser un meuble d’obédience scandinave. Simple et clair, le style suédois et consort rayonne dans tout l’Occident. Partons sur les bonnes bases : le fondement du design, c’est l’utilité alliée à la beauté. Quant à la Scandinavie, elle regroupe trois pays (Suède, Norvège, Danemark). Et non, l’engouement pour le design suédois n’est pas né avec Ikea. Une fois cela dit, rendez-vous avec Laurent Abry, historien de l’art, qui date très précisément le moment où le monde s’est épris du mobilier nordique. « La grande exposition de Stockholm en 1930 a donné un coup de projecteur sur le style scandinave », grâce à la présence de deux de ses précurseurs, Ferdinand Boberg et Eero Saarinen. Père de la chaise tulipe, ce dernier a « eu un impact très important sur la nouvelle génération de designers, qui vont beaucoup s’en inspirer ». Dans son sillage, Alvar et Aino Aalto, Arne Jacobsen et ses "ant chairs" (chaises fourmis), Hans Wegner - courtisé par John F. Kennedy pour le confort de ses chaises, Verner Panton et ses transats épurés… Aujourd’hui encore, la créativité scandinave es

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Du beau, du bon, du Bonnard

ARTS | L'exposition de l'année au musée de Grenoble, "Pierre Bonnard, les couleurs de la lumière", ouvre au public le 30 octobre. Notre avis : c'est magnifique.

Benjamin Bardinet | Vendredi 29 octobre 2021

Du beau, du bon, du Bonnard

On n’avait pas trop de doutes et on vous le confirme : l’exposition du musée de Grenoble est magnifique ! En abordant le remarquable travail de coloriste de Bonnard par le prisme de la lumière, le parcours proposé nous plonge littéralement dans la flamboyance singulière de cette approche picturale. Qu’il soit au Grand-Lemps, en Normandie, dans le Sud de la France, à l’intérieur d’un cabaret parisien ou à la table de sa salle à manger, Bonnard excelle à révéler des ambiances lumineuses complexes grâce à un travail permanent de la couleur. Et si dans ses tableaux on voit souvent sa compagne Marthe à la toilette il est certain que nous prenons un bain avec elle – un bain chromatique qui devrait nous imprégner pour un moment. Le jaune solaire des mimosas, les verts luxuriants des jardins printaniers, le bleu miroitant des surfaces liquides ; chacune de ces explorations de couleurs est une invitation à plonger notre regard dans la peinture et à en apprécier les infinies variations. La vibration troublante de la

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Au musée de Grenoble : "Il y a chez Bonnard une recherche d’harmonie"

ARTS | En choisissant d’aborder Bonnard par le prisme de la lumière, le musée de Grenoble propose tout à la fois un retour sur l’ensemble de son œuvre et une réflexion sur la singularité de son approche. Nous en avons discuté avec Guy Tosatto, directeur du Musée de Grenoble et Sophie Bernard, co-commissaire de l’exposition.  

Benjamin Bardinet | Vendredi 29 octobre 2021

Au musée de Grenoble :

Depuis plusieurs années, le musée de Grenoble consacre régulièrement des expositions à des périodes méconnues ou peu étudiées de grandes figures de l’histoire de l’art. Pour Bonnard, vous avez plutôt fait le choix d’une entrée thématique : la lumière. Pouvez-vous nous expliquer ce parti pris ? Guy Tosatto : Pour Bonnard, l’aborder par un point particulier me semblait restrictif. L’idée était de couvrir l’ensemble de l’œuvre, de présenter toutes ses facettes, avec une parenthèse sur les arts graphiques car, dans les dernières expositions qui lui ont été consacrées, c’est un corpus qui n’avait pas été abordé et qui me semblait intéressant. Finalement, c’est Isabelle Cahn, la conservatrice du musée d’Orsay, qui a eu cette proposition d’aborder Bonnard par le biais de la couleur, avec comme fil rouge la lumière. Il y a en effet chez lui cette quête de transcrire la lumi&egra

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Azu Tiwaline, transe rythmique

MUSIQUES | C’est une musique électronique hautement singulière que propose la productrice franco-tunisienne Azu Tiwaline : des polyrythmies complexes, (...)

Damien Grimbert | Mardi 2 novembre 2021

Azu Tiwaline, transe rythmique

C’est une musique électronique hautement singulière que propose la productrice franco-tunisienne Azu Tiwaline : des polyrythmies complexes, envoûtantes et percussives. Des basses puissantes et massives, parfois noyées dans des échos dub. De lointaines résurgences moyen-orientales. Du silence, beaucoup de silence. Et très peu de mélodies. Contrairement à ce que ce résumé un peu abrupt pourrait laisser entendre, le charme opère très vite. Dès la première écoute à vrai dire. Car si l’ensemble reste passablement dépouillé et soigneusement gommé de tout ornement superflu, l’austérité n’est pas pour autant de mise. Chaleureuse et minimaliste, avant-gardiste tout en restant toujours accessible, la musique d’Azu Tiwaline constitue avant tout une formidable invitation à la transe. Il faut dire qu’avant d’émerger en 2020 avec ce nouveau pseudo, un EP remarqué sur le label anglais de référence Livity Sound (Magnetic Service), et un album entier sur le label marseillais IOT Records (Draw Me A Silence), la productrice avait déjà derrière elle un parcours conséquent. Ayant grandi en Côte d’Ivoire, née d’un père cambodgien et d’une mère tunisienne d’origin

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Hunee, Flegon et Casper Tielrooij, groove planétaire

Electro | Il y a les soirées faites pour se défouler sauvagement sur le dancefloor, et celles, plus subtiles, qui prennent soin de vous faire voyager tout en (...)

Damien Grimbert | Mardi 2 novembre 2021

Hunee, Flegon et Casper Tielrooij, groove planétaire

Il y a les soirées faites pour se défouler sauvagement sur le dancefloor, et celles, plus subtiles, qui prennent soin de vous faire voyager tout en dansant. C’est dans cette deuxième catégorie que s’est spécialisée la scène d’Amsterdam, regroupée autour de quelques pôles de référence comme le festival Dekmantel, le label Rush Hour ou encore la fameuse Red Light Radio. Et quel artiste plus représentatif de cette scène que le DJ crate-digger d’origine sud-coréenne Hunee (en photo), dénicheur de raretés vintage oubliées en provenance de tout le globe ? House, soul, funk, disco mais également new age japonais, minimal wave new-yorkaise, zouk caribéen, techno expérimentale hollandaise ou mbalax sénégalais… Entre ses mains expertes, toutes les styles musicaux se réunissent dans une même quête d’un groove magique et enchanteur, à même de fédérer les danseurs jusqu’au petit matin. Déjà passé à la Belle Electrique à plusieurs reprises, il viendra cette fois accompagné du Hollandais Casper Tielrooij, moitié du duo Dekmantel Sound System, et tout aussi expert quand il s’agit de zigzaguer entre bhangra du Pendjab, house millésimée, proto-électro et musiques subsahariennes. A leurs

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Le Midi / Minuit change de mains

Nouvelles têtes | « C’est un heureux hasard. On a entendu dire dans un bar que l’ancienne équipe souhaitait arrêter et trouver des gens pour reprendre le flambeau. Et (...)

Hugo Verit | Mardi 2 novembre 2021

Le Midi / Minuit change de mains

« C’est un heureux hasard. On a entendu dire dans un bar que l’ancienne équipe souhaitait arrêter et trouver des gens pour reprendre le flambeau. Et nous, cela faisait quelque temps qu’on cherchait un endroit pour travailler ensemble ! » Voilà comment Fanny, Joseph, Romain et Anouck (absente ce jour-là), les nouveaux responsables du Midi / Minuit, racontent comment ils se sont retrouvés ici. Tous intermittents du spectacle ou en passe de le devenir, ils ont donc investi ce petit théâtre associatif de la rue Saint-Laurent (25 places assises environ) en septembre dernier : « On aime ce lieu très particulier, qui a une vraie identité, où on a l’impression d’entrer chez sa grand-mère. On laisse la porte ouverte et les passants s’arrêtent par curiosité. Ce n’est pas vraiment un théâtre mais on y fait du théâtre. D’autant qu’on a la place pour accueillir des compagnies en résidence et permettre la rencontre entre des artistes locaux et extérieurs. » Que les habitués des lieux se rassurent, l’esprit du Midi / Minuit demeure avec la nouvelle équipe qui reprend les murs, l’association et le projet. Au programme, un plateau libre une fois par mois, mais aussi l

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La bibli de A à Z

Visite | La Bibliothèque d’étude et du patrimoine (BEP), rouverte au public il y a moins d’un an après des travaux de réhabilitation, se dévoile lors d’une visite spéciale le 13 novembre. L’occasion d’en savoir plus sur son architecture et les trésors patrimoniaux qu’elle renferme.

Hugo Verit | Mardi 2 novembre 2021

La bibli de A à Z

Elle trône à l’entrée de la ville, comme un gros paquebot échoué. Inaugurée en 1960, la Bibliothèque d’étude et du patrimoine (BEP), toute en béton armé, ne fait pas forcément l’unanimité chez les Grenoblois, par son architecture un peu brutale. « C’est justement l’objet de la visite que nous organisons le 13 novembre : faire redécouvrir l’architecture XXe siècle peu connue et pas vraiment appréciée à sa juste mesure. Pourtant, ça vaut la peine de lever les yeux, surtout quand on a des explications », précise Isabelle Westeel, directrice de la Bibliothèque municipale de Grenoble. Pour les explications, comptez sur Pierre Voisin, chargé de l’action culturelle à la BEP, qui mène la visite et commence par rappeler les contraintes non négligeables auxquelles l’architecte Jean Benoit a dû faire face lorsqu’on lui confie le soin, en 1952, de construire une bibliothèque universitaire (qui deviendra municipale en 1970) sur un terrain compliqué de 1800 m² : « Une parcelle très étroite, comprimée entre la prison d’un côté, où se trouve l’actuel cinéma Chavant, et la caserne militaire Hoche de l’autre. Il est donc obligé de bâtir en hauteur et assume cette

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La Bosnie dans l’objectif

Photographie | Les amoureux des Balkans peuvent se réjouir, le troisième étage de la librairie Arthaud accueille actuellement une exposition qui croise le regard de deux (...)

Benjamin Bardinet | Mardi 2 novembre 2021

La Bosnie dans l’objectif

Les amoureux des Balkans peuvent se réjouir, le troisième étage de la librairie Arthaud accueille actuellement une exposition qui croise le regard de deux photographes sur la Bosnie-Herzégovine. Milomir Kovačević (dit Strasni), témoigne du Sarajevo des années 1980 à travers le portrait de ses habitants et une approche qui oscille entre humanisme et sobriété documentaire. De son côté la Française Aude Labrosse, grâce à des tirages très travaillés, dévoile son attachement à ce pays en alternant portraits de personnes rencontrées, moments de convivialité partagée, ruines de la guerre et paysages à la grandiose simplicité. Une manière de nous inciter à porter notre regard sur ce pays souvent méconnu, pourtant au cœur de l'Europe et de son histoire. Sarajevo, ville de ma jeunesse/Chroniques bosniennes, à la librairie Arthaud, jusqu'au 20 novembre

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Les vêtements ont-ils un sexe ?

GUIDE URBAIN | Une collection de vêtements non pré-assignée à un genre, voilà le créneau sur lequel vient de se lancer la marque grenobloise Intrépide studio. Tee-shirts roses, (...)

Jérémy Tronc | Mardi 2 novembre 2021

Les vêtements ont-ils un sexe ?

Une collection de vêtements non pré-assignée à un genre, voilà le créneau sur lequel vient de se lancer la marque grenobloise Intrépide studio. Tee-shirts roses, hoodies noirs, sweats mauves ou bordeaux, peu importe son sexe, son orientation sexuelle, sa morphologie : les 24 pièces de la collection d’Intrépide studio sont censées être portées indifféremment par tout le monde. À une époque où le vêtement se fait de plus en plus “sans genre”, la démarche de la marque est-elle purement opportuniste ou bien « authentique et sincère » comme elle le proclame ? Justine Blanchin, sa créatrice, nous répond : « Nous avons imaginé une marque qui soit la plus éthique et la plus proche possible de nos valeurs. Nous voulions qu’elle apporte de la visibilité à ceux qui n’en ont pas, qu’elle donne une vraie représentation de la société et qu’elle soit parfaitement transparente. » Elle nous assure d’ailleurs avoir vérifié les bonnes conditions de travail de l’entreprise marocaine qui fabrique les vêtements, tous en coton bio labellisé GOTS.

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"Les Olympiades", grands ensembles

Le film de la quinzaine | Retour au bercail pour Jacques Audiard après la parenthèse western des Frères Sisters avec une chronique contemporaine urbaine d’une sensuelle vitalité : le portrait d’un quartier métissé et d’une jeunesse qui l’est tout autant, enveloppé dans un noir et blanc somptueux et des volutes composées par Rone. Une symphonie pour quatre corps.

Vincent Raymond | Mardi 2 novembre 2021

Inattendu dans ce registre — mais qui s’en plaindra ? —, Jacques Audiard se révèle presque une âme de grisette en s’intéressant aux marivaudages du XXIe siècle entre jeunes adultes du 13e arrondissement parisien : Émilie, Camille, Nora et Amber, trentenaires représentatifs de toutes les cultures, origines et orientations, encore dans l’âge des possibles… et de l’indécision structurelle. Jadis happé par les récits sombres scandés de conflits et de violence, le cinéaste semble ici marquer une pause plus contemplative en dévidant les fils amoureux de ses quatre protagonistes. Qu’on se rassure : en scrutant la manière dont ils s’emmêlent, s’embrouillent et se débrouillent au fil du temps, Audiard cerne des formes de violences sous-jacentes psychiques ou psychologiques pas moins brutales ni traumatisantes ! Au delà du chassé-croisé sentimental, Les Olympiades s’ancre puissamment dans le territoire éponyme du film, planté de hautes tours où vit une population brassée, pour beaucoup d’origine asiatique. En cela, ce quartier constitue une réplique du monde, mais à l’échelle r

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Masques absurdes

ARTS | Dans les jours qui viennent, vous risquez de tomber à Grenoble nez à nez avec un personnage hispide au visage partiellement masqué par toutes sortes (...)

Valentine Autruffe | Mardi 2 novembre 2021

Masques absurdes

Dans les jours qui viennent, vous risquez de tomber à Grenoble nez à nez avec un personnage hispide au visage partiellement masqué par toutes sortes d’objets : chambre à air, fleurs, banane, manique usée… C’est le projet de Guillaume Dimanche, qui pendant le dur de la crise sanitaire a pris quelque 200 selfies grotesques autour du masque qui ne nous quitte plus, et les a dispersés dans la rue. « Les germes des masques sont arrivés dans cette pénurie d'invention, dans cet enfermement intérieur. […] Bien plus que n'importe quelle revendication politique, ils ont été des signes de bonne santé, la création d'un personnage, chevelu, hirsute, effrayé, halluciné, clown, portant sur lui ce que les mots et les gestes imposaient à tous », écrit l’artiste en présentation de son travail. Intitulée Frenchmasks.SGDG (pour Sans Garantie Du Gouvernement), l’expo fera l’objet d’un accrochage public à l’Artisterie vendredi 5 novembre. Frenchmasks.SGDG dans le cadre du mois de la photo, www.maison-image.fr

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Des sous pour le Bar Radis

Financement participatif | Bon, cette fois, ça y est : le projet du Bar Radis arrive à son terme ! En cours de construction dans le quartier Flaubert, ce tiers-lieu (...)

Hugo Verit | Mardi 2 novembre 2021

Des sous pour le Bar Radis

Bon, cette fois, ça y est : le projet du Bar Radis arrive à son terme ! En cours de construction dans le quartier Flaubert, ce tiers-lieu alimentaire, qui comprendra un espace de maraîchage urbain, une serre, un atelier de transformation alimentaire et un bar-restaurant/café associatif, devrait ouvrir au public l’été prochain. En attendant, l’équipe du projet a lancé un bon vieux financement participatif il y a un mois. Objectif : 35000 euros pour acheter des équipements, organiser des animations sociales et culturelles ou encore assurer la communication. À l’heure où nous bouclons ce numéro, il reste 17 jours et un peu plus de 20000 euros à collecter. Parmi les contreparties, des paniers garnis, des ateliers gratuits ou des repas pour deux personnes au Bar Radis. www.miimosa.com/fr/projects/le-bar-radis-une-maison-de-l-alimentation-sur-les-toits

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Le blues camerounais de Maya Kutsi

Scène locale | Sorti il y a déjà trois ans, l’album Den Ane Ve Den du groupe grenoblois Maya Kutsi renferme de merveilleuses ballades blues, aux arrangements délicats, à (...)

Hugo Verit | Mardi 2 novembre 2021

Le blues camerounais de Maya Kutsi

Sorti il y a déjà trois ans, l’album Den Ane Ve Den du groupe grenoblois Maya Kutsi renferme de merveilleuses ballades blues, aux arrangements délicats, à l’image de Bia Za’a que l’on écoute en boucle afin de calmer les colères inutiles. Mais aussi des incursions funk-rock plus surprenantes comme Yaah Ah Ah qu’on dirait sortie d’un album des Red Hot (en mieux) et des morceaux issus plus directement du Bikutsi, l’esthétique musicale camerounaise dont Benny Owono et Sébastien Comito, les deux fondateurs du groupe, s’inspirent largement. Écrits en Bulu (la langue d’origine du chanteur), les refrains de Maya Kutsi ont pu se dévoiler sur des scènes non négligeables de la Cuvette (Cabaret Frappé, Col des 1000, Merci Bonsoir !) ces dernières années. Et c’est une très bonne nouvelle. Maya Kutsi le 12 novembre à la bibliothèque Abbaye-les-Bains

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Nuits blanches avec Marie Darrieussecq

CONNAITRE | Romancière à succès, Marie Darrieussecq publie un essai au titre clair comme de l’eau de roche : Pas Dormir. Qui n’a pas regardé avec effroi son réveil à 4h (...)

Valentine Autruffe | Mardi 2 novembre 2021

Nuits blanches avec Marie Darrieussecq

Romancière à succès, Marie Darrieussecq publie un essai au titre clair comme de l’eau de roche : Pas Dormir. Qui n’a pas regardé avec effroi son réveil à 4h du matin, tourné indéfiniment dans son lit, tout tenté pour enfin sombrer ? Le sommeil, quand il s’absente, est un tourment continuel. Plus qu’une simple nuit ponctuelle de nervosité, Marie Darrieussecq s’adresse aux insomniaques, les vrais. L’autrice évoque aussi bien les tourments d’aventuriers de Koh Lanta que les longues heures nocturnes de Proust, Kafka et autres monuments de la littérature, peuplée d’insomniaques. Elle raconte, avec force références allégées par un ton badin (malgré la dureté, par moments, du récit), la suite de ses tentatives pour s’endormir. En dépit de sa dimension de millefeuille bibliographique, Pas Dormir est une lecture très accessible dont la valeur réside surtout dans son aspect autobiographique livré sans fard : Marie Darrieussecq fixe le début de son insomnie chronique à la naissance de ses enfants, une inquiétude perpétuelle, montre ses innombrables boîtes de somnifères, évoque son alcoolisme. Pas Dormir est un ouvrage inhabituel par ce mélange des genre

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Les films de la quinzaine : "My Son", "Albatros", "Aline", "Cry Macho"...

Théma | Être ici et ailleurs en même temps… À la fois dans une salle de cinéma et dans l’espace narratif du film. Un espace qui donne à voir du pays en ce début novembre des plus copieux…

Vincent Raymond | Mardi 2 novembre 2021

Les films de la quinzaine :

Ça voyage ferme dès le 3 novembre avec Compartiment N°6 (3/11). Ce rail movie de Juho Kuosmanen (dans lequel une archéologue finlandaise rallie Moscou à Mourmansk en train et se lie d’amitié avec son compagnon de voyage aux abords rustauds, après avoir brisé la glace — ha ha), peut se voir comme un mode d’emploi pour apprivoiser l’âme russe rugueuse mais chaleureuse, cordiale mais volage. La faute sans doute à l’antigel englouti par litres à l’écran… Plus proche de nous, My Son (3/11) se déroule dans les froides landes d’Écosse où Christian Carion transpose le dispositif de son thriller Mon garçon : ici, c’est James McAvoy qui, sans connaître l’intrigue, lance son personnage à la poursuite des ravisseurs de son fils. Carion évite la redite inhérente à l’auto-remake grâce à un dénouement plus musclé et une micro variation finale qui ajoute en tension. Rayon policier toujours mais au pied des falaises normandes, Albatros (3/11) de Xavier Beauvois décrit le drame d’un gendarme qui, cherch

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"Peaux de vaches", drame rural

ECRANS | À l’instar de Paul Sanchez, Peaux de Vaches, le premier long métrage de Patricia Mazuy, est revenu ! Plus de trente ans après sa réalisation — bénéficiant au (...)

Vincent Raymond | Mardi 2 novembre 2021

À l’instar de Paul Sanchez, Peaux de Vaches, le premier long métrage de Patricia Mazuy, est revenu ! Plus de trente ans après sa réalisation — bénéficiant au passage d’une restauration bienvenue — ce drame rural ressuscite. Quelle mise en abyme, puisqu’on y assiste à la réapparition dans la vie (en apparence rangée) d’un paysan, d’un fantôme de son passé ayant pour traits ceux de son frère venant de purger dix ans de trou. S’ensuivent tensions et frictions sous l’œil de l’épouse du premier. Un trio de choc (Jacques Spiesser, le regretté Jean-François Stévenin, Sandrine Bonnaire) et une séance à la Cinémathèque en présence d’une cinéaste trop rare mais toujours juste. > Mercredi 12 novembre à 20h au Cinéma Juliet-Berto, Grenoble.

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"Golden Door", exode sicilien

ECRANS | Révélé au grand public par son deuxième film Respiro (2002), à la fois lumineux de sensualité salée et douloureux d’oppression morale sicilienne, Emanuele (...)

Vincent Raymond | Mardi 2 novembre 2021

Révélé au grand public par son deuxième film Respiro (2002), à la fois lumineux de sensualité salée et douloureux d’oppression morale sicilienne, Emanuele Crialese signait quatre ans plus tard une étonnante fresque historique avec Golden Door, alias Nuovomondo. Relatant le désir d’une vie meilleure en Amérique pour les damnés de la terre sicilienne (encore) au début du XXe siècle, les déconvenues naissant durant un voyage où les migrants sont entassés comme des marchandises. Et surtout celles les attendant à l’arrivée à Ellis Island, où s’opère une sélection drastique — « le premier programme d’eugénisme à grande échelle » selon le cinéaste. S’il est abrupt et méticuleusement réaliste dans sa reconstitution (il ne déparerait d’ailleurs pas dans la filmographie des Taviani ou de Ermanno Olmi), Golden Door s’offre aussi des éclats de poésie métaphorique, à l’image de son final voyant ses protagonistes nager avec peine dans une mer de lait, lestés par leur vêtement mais p

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Rencontres du cinéma italien : andiamo !

ECRANS | Après les expédients (efficaces) imaginés l’an passé pour réduire l’impact de la pandémie sur son activité, retour aux fondamentaux pour l’association Dolce Cinema. (...)

Vincent Raymond | Mardi 2 novembre 2021

Rencontres du cinéma italien : andiamo !

Après les expédients (efficaces) imaginés l’an passé pour réduire l’impact de la pandémie sur son activité, retour aux fondamentaux pour l’association Dolce Cinema. C’est-à-dire à son festival grandeur nature, avec des projections en salle ! Ce n’est d’ailleurs pas anodin si, en épigraphe de son catalogue, elle a choisi une citation du cinéaste Gianfranco Rosi débutant par ses mots : « Pour moi, le cinéma est peut-être un prétexte — un prétexte à la rencontre ». Rencontres entre des œuvres et leur public dans un premier temps, le reste demeurant encore fragile même si le festival promet quatre séances sur seize « en présence de l’équipe artistique » (L’Agnello, Californie, César doit mourir, Ariaferma). Un ratio très honorable compte-tenu du contexte. Composé de quatre sections (dont une compétitive accueillant des œuvres très récentes passées — et souvent récompensées — à la Mostra, à Cannes ou à Annecy, le programme remplit comme à son habitude sa pleine fonction d’éclaireur et de soutien de la production transalpine contemporaine. Aux nouveaux noms soumis à l’appréciation du jury s’ajoutent ceux

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MoulinexxX, cuisine du terroir

Electro | Si MoulinexxX s’appelle ainsi, ce n’est pas seulement pour la blague. Avoir un nom rigolo, c’est bien (parfois) mais l’ériger en concept pour en faire (...)

Hugo Verit | Mardi 2 novembre 2021

MoulinexxX, cuisine du terroir

Si MoulinexxX s’appelle ainsi, ce n’est pas seulement pour la blague. Avoir un nom rigolo, c’est bien (parfois) mais l’ériger en concept pour en faire une ligne artistique directrice, c’est mieux. Il se trouve que le bruitisme électronique de ce duo grenoblois, composé de Benjamin Vaude et Olivier Depardon, n’est pas sans évoquer le ballet robotique foutraque qui pourrait naître d’une cuisine bien équipée. Cependant, rassurez-vous, le résultat est bien plus harmonieux qu’il n’en a l’air. Ici, point de blender mais des synthés, des boîtes à rythmes, des voix, du thérémine pour des morceaux électro-rock puissants. On les avait vus jouer à la Bobine en février 2020 et ça nous avait largement convaincus de rester boire un verre de plus. À l’Ampérage, ils seront en co-plateau avec Blind Delon et leur post-punk sans répit. Blind Delon + MoulinexxX le 5 novembre à l’Ampérage

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