Rentrée cinéma 2018 : ce que l'on sait, ce que l'on attend et ce que l'on espère

Panorama de rentrée culturelle | Janvier annonce la seconde rentrée cinéma de l’année. Avec son lot de promesses, d’incertitudes et, surtout – on l’espère – d’inconnues. Voyez plutôt…

Vincent Raymond | Mardi 9 janvier 2018

Photo : Universal


Ce que l'on sait…

Préparez-vous à quatre uppercuts d'entrée. D'abord, 3 Billboards : Les Panneaux de la vengeance de Martin McDonagh (17 janvier), brillant western contemporain aux faux-airs de frères Coen qui ne cesse d'épater par ses rebondissements déroutants, ses personnages peaufinés et sa réalisation impeccable.

Trois lauréats de la Mostra se succèderont ensuite sur les écrans : L'Insulte du Libanais Ziad Doueiri (31 janvier), ou comment une querelle de voisinage se transforme en affaire d'État (et vaut un prix d'interprétation masculine à Venise) ; Jusqu'à la garde de Xavier Legrand (7 février), glaçant drame de l'après séparation qui sourd d'une tension permanente ; et le poétique Lion d'or vintage de Guillermo del Toro, La Forme de l'eau (21 février), conte façon Belle et la Bête revisitant la Guerre froide et les "fifties".

Ce que l'on attend…

Le Janus Steven Spielberg, qui n'avait rien livré depuis deux ans, revient aux affaires avec un de ces doublés dont il a le secret : un film "sérieux" ET un pur divertissement. Premier sur les écrans, Pentagon Papers (24 janvier) combine trame politique, Tom Hanks et Meryl Streep – du lourd pour les Oscars. Il sera talonné par Ready Player One (28 mars), adaptation d'un roman d'Ernest Cline espérée depuis des mois par les gamers, les amateurs d'expérience immersive et d'anticipation.

On sait qu'il affectionne le sur mesure ; n'empêche : Daniel Day-Lewis a annoncé que Phantom Thread (14 février, photo)), où il interprète un couturier sous la direction de Paul Thomas Anderson, l'a tant éprouvé qu'il ne tournerait plus. Pas de panique : il avait fait le coup il y a quinze ans ; rien n'est perdu.

Rayon animation, on guette deux réalisations en stop motion : la nouvelle production des Studios Aardman, Cro Man de Nick Park (7 février), et le Wes Anderson, L'Île aux chiens (11 avril), lequel ouvrira à nouveau la Berlinale. À voir, faut-il le préciser, en VO pour profiter de Bill Murray, Edward Norton, Brian Cranston, Jeff Goldblum, Scarlett Johansson, Greta Gerwig. Tiens, puisqu'on parle d'elle, on est très curieux de voir son long-métrage Lady Bird (28 février) avec Saorise Ronan, un drame plutôt bien accueilli aux États-Unis et récompensé aux Golden Globes.

Ce que l'on espère…

Ah oui, il y a Cannes dans le premier semestre et donc une sérieuse chance de voir s'amarrer à la Croisette quelques "supertankers". Riche de son César pour Elle, Verhoeven aura son billet d'office avec Sainte Vierge (non daté) où Virginie Efira joue à la bonne sœur lesbienne.

On formule des vœux pour que Leos Carax soit aussi du voyage, surtout si sa comédie musicale Annette (non datée) est au moins aussi géniale que Holy Motors. Ainsi que Lars von Trier : s'il n'est plus persona non grata, son The House that Jack built (non daté) pourrait monter les marches.

Asghar Farhadi est dans les starting-blocks, puisque son film hispanophone Todos lo saben (avec Penelope Cruz et Javier Bardem, comme Woody Allen) sera sur les écrans le 9 mai. Ce n'est pas le cas de Place publique d'Agnès Jaoui, prévu au 18 avril ; mais on suppose qu'elle pourrait retarder d'un mois sa sortie pour figurer dans le tourbillon festivalier. Il y a enfin fort à parier qu'un hommage soit rendu à Terry Gilliam autour de L'Homme qui tua Don Quichotte (non daté), film autrefois maudit désormais achevé.

Besoin impérieux de liquidités ? Disney a en tout cas manqué l'occasion de dater son prochain spin off de Star Wars "May the fourth"… Solo de Ron Howard et Christopher Miller (23 mai) racontera les exploits du goguenard pilote du Millennium Falcon survenant avant l'Épisode IV. Il aura aussi pour fonction de réconcilier avec la série une base de fans passablement courroucés par Les Derniers Jedi – pas vrai, Chewie ?

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Estelle Charlier : "C'est dans les défauts que la marionnette prend vie"

ECRANS | Parmi la foule des collaborateurs de Leos Carax pour inventer "Annette", on peut notamment compter une compagnie de théâtre iséroise : La Pendue. Avec la complicité de son ami Romuald Collinet, Estelle Charlier est celle qui a donné un corps et un visage à la supposée petite fille prodige d'Ann (Marion Cotillard) et Henry (Adam Driver). Une marionnette qui n'est encore visible qu'au cinéma, mais qu'on peut aussi apprendre à connaître par les mots, grâce à sa créatrice...

Martin de Kerimel | Mercredi 21 juillet 2021

Estelle Charlier :

Comment avez-vous rencontré Leos Carax pour la première fois ? Estelle Charlier : Lui travaillait depuis un moment sur l'idée du personnage. Annette ne pouvait pas être une vraie petite fille et il ne souhaitait pas utiliser une image de synthèse ou un robot. Il tenait à utiliser un objet que les acteurs pourraient toucher et prendre dans leurs bras. Il s'est donc décidé pour une marionnette. En novembre 2016, j'ai été contactée : il cherchait plutôt des manipulateurs que des constructeurs, à cette époque, mais sans avoir encore choisi ce que serait le visage d’Annette. Il avait simplement les photos d’une enfant, qui m’ont beaucoup touchée. Je lui ai donc proposé de faire un essai de sculpture. C’est ainsi que nous avons commencé à travailler ensemble. Et ç’a été un travail au long cours… Un projet énorme : il y a plusieurs expressions du visage, plusieurs marionnettes, plusieurs âges et plusieurs types de manipulation. Mon complice, Romuald Collinet, a intégré l’équipe en janvier 2017. Le film aurait dû être tourné cette année-là, mais on a été interrompu après quatre mois. Finalement, le projet a

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“Titane” de Julia Ducournau : au lit, motors !

Palme d'Or 2021 | Une carrosserie parfaitement lustrée et polie, un moteur qui rugit mais atteint trop vite sa vitesse de croisière pépère… En apparence du même métal que Grave, son premier et précédent long métrage, le nouveau film de Julia Ducournau semble effrayé d’affronter la rationalité et convoque le fantastique en vain. Dommage.

Vincent Raymond | Jeudi 15 juillet 2021

“Titane” de Julia Ducournau : au lit, motors !

Victime enfant d’un accident de la route dont elle a été la cause, Alexia vit depuis avec une plaque de titane dans le crâne. Devenue danseuse, elle se livre en parallèle à des meurtres affolant le sud de la France et "s’accouple" avec une voiture. Pour se faire oublier après une soirée très sanglante, Alexia endosse l’identité d’Adrien, un adolescent disparu depuis dix ans. Son père, un commandant de pompiers détruit, va cependant reconnaître ce "fils" prodigue et l’accueillir… Programmé par la Semaine de Critique en 2016, le sympathique Grave avait instantanément transformé Julia Ducournau, dès son premier long métrage, en nouvelle figure de la hype cinématographique française. Sans doute les festivaliers, déjà peu coutumiers des œuvres se revendiquant d’un "autre cinéma" louchant vers le fantastico-gore, la série B et les séances de minuit, avaient-il été titillés par le fait que ce film soit signé non pas par l’un des olibrius vaguement inquiétants fréquentant les marches du Palais (Gaspar Noé, Lars von Trier, NWR, Bertrand Mandico…) mais par une jeune réalisatrice présentant b

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"Kaamelott – Premier Volet" de et avec Alexandre Astier : le Retour du Roi

ECRANS | À la fois prologue et poursuite de la série télévisée, film d’épée et de fantasy, épopée dramatique teintée de notes burlesques et d’éclats symphoniques, Kaamelott – Premier Volet marque le retour attendu de l’inclassable saga arthurienne comme celui du réalisateur Alexandre Astier. Une concrétisation artistique ouvrant sur une prometteuse trilogie.

Vincent Raymond | Mercredi 21 juillet 2021

Deux tailles, deux ambiances… La porosité est faible entre le petit et le grand écran. S’il arrive qu’un succès au cinéma trouve des prolongations en feuilletonnant à la télévision en version longue des sagas (Le Parrain, Jean de Florette/Manon des Sources) ou en donnant naissance à une déclinaison/spin off (M*A*S*H, Fame, L’Arme Fatale, Star Wars : Clone Wars, The Mandalorian…), plus rares sont les séries TV à atteindre les salles. Et encore : sous forme de reboot semi-nostagique, comme en témoignent Chapeau melon et bottes de cuir (1998), The Wild Wild West (1999), Starsky et Hutch (2004) ou The Man from U.N.C.L.E. (2015). Rares exceptions à ce jour, Espace détente (long métrage autour de Caméra café, 2005), Sex and the City (2008) ou Downtown Abbey (2019) ont poursuivi dans la foulée de leur diffusi

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Alexandre Astier : « J’avais envie de dire aux gens : “vous croyiez connaître Arthur“… »

ATTENTION SPOILERS ! | Attention spoilers ! Alors que sort le mercredi 21 juillet le film plus attendu de l’année, Alexandre Astier revient sur la genèse et le tournage de Kaamelott - Premier Volet. Écriture, personnages, musique, image, distribution… L’auteur-réalisateur-compositeur-interprète aborde tous les postes et ouvre des perspectives. Quitte à se répéter : attention, spoilers ! Vous ne viendrez pas nous dire qu’on ne vous aura pas prévenus !

Vincent Raymond | Mercredi 21 juillet 2021

Alexandre Astier : « J’avais envie de dire aux gens : “vous croyiez connaître Arthur“… »

Dix ans se sont écoulés entre la fin du Livre VI de la série télévisée et Kaamelott - Premier Volet. La même durée dans la fiction pour les personnages (donc l’équipe) que pour le public… Néanmoins, vous avez vécu à la fois avec et sans Arthur durant tout ce temps puisqu’il a été celui de la préparation du film… Alexandre Astier : Il y a déjà un avantage à cet arrêt : la série se termine sur un mec lui-même à l’arrêt, plus du tout concerné par ce qui se passe dans une Bretagne sur laquelle il n’a plus aucun impact, et qui erre à Rome comme un clochard. Le royaume de Logres, aux prises avec ses anciens camarades, est devenu un état dictatorial mené par un taré, dans un bain de collaboration et de résistance. Du point de vue d’Arthur, comme ça ne le concerne plus, ça aurait pu durer vingt ou trente ans. Dire « Je pars ; non, je déconne, en fait, je reviens », ça ne peut pas marcher ! Il faut justement que celui qui ne voudrait pas revenir soit obligé de revenir sur une seule patte. L’autre avantage concerne l’écriture. À

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Beni soit Żuławski !

ECRANS | Citoyen de l’éternité depuis cinq ans, le cinéaste du trouble est plus que jamais vivant grâce, notamment, à la publication de Une histoire orale d’Andrezj (...)

Vincent Raymond | Mercredi 14 juillet 2021

Beni soit Żuławski !

Citoyen de l’éternité depuis cinq ans, le cinéaste du trouble est plus que jamais vivant grâce, notamment, à la publication de Une histoire orale d’Andrezj Zulawski, signé par Matthieu Rostac et notre brillant camarade François Cau chez Nitrate, mais aussi la réédition en coffret prestige Blu-ray 4K de Possession au Chat qui fume. Cela dit, si vous avez envie de redécouvrir sur grand écran les transes hallucinées d’Isabelle Adjani, sa folie contagieuse et destructrice mêlant frustration, fragilité et inquiétude, notez la date du jeudi 15 juillet sur votre calepin : le Maudit Festival programme au Club à 20h15 une séance spéciale de ce film-culte au charme vénéneux, toujours interdit au moins de 16 ans. Cauchemar finement ouvragé dans le décor violemment hostile du Berlin d’avant la réunification, Possession demeure d’actualité à l’époque de la surveillance généralisée ; il vous rendra même peut-être un tantinet paranoïaque. D’ailleurs, en le visionnant, demandez-vous si c’est vous qui regardez le film ou bien si c’est lui qui vous regarde…

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“Benedetta” de Paul Verhoeven : La chair et le sang

Cannes 2021 | Exaltée par sa foi et la découverte de la chair, une nonne exerce une emprise perverse sur ses contemporains grâce à la séduction et au verbe. Verhoeven signe nouveau portrait de femme forte, dans la lignée de Basic Instinct et Showgirls, en des temps encore moins favorables à l’émancipation féminine. Quand Viridiana rencontre Le Nom de la Rose…

Vincent Raymond | Mardi 13 juillet 2021

“Benedetta” de Paul Verhoeven : La chair et le sang

Italie, début du XVIIe siècle. Encore enfant, Benedetta Carlini entre au monastère des Théatines de Pescia où elle grandit dans la dévotion de la Vierge. Devenue abbesse, des visions mystiques de Jésus l’assaillent et elle découvre le plaisir avec une troublante novice, sœur Bartolomea. Son statut change lorsqu’elle présente à la suite d’une nuit de délires les stigmates du Christ et prétend que le Messie parle par sa voix. Trucages blasphématoires ou miracle ? Alors que la peste menace le pays, la présence d’une potentielle sainte fait les affaires des uns, autant qu’elle en défrise d’autres… Les anges du péché Entretenue depuis son enfance dans un culte dévot de la Vierge, conditionnée à adorer des divinités immatérielles omnipotentes, coupée du monde réel, interdite et culpabilisée lorsqu’il s’agit d’envisager les sensations terrestres, Benedetta vit de surcroît dans un monde de fantasmes et de pensées magiques, où chaque événement peut être interprété comme un signe du ciel (ce que la superstition ambiante ne vient surtout pas démentir). Prisonnière d’une commu

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Regards sur l’Afrique

Théâtre | Après une première en petit comité, mais réussie, au Théâtre Prémol, la compagnie des Inachevés propose plusieurs rendez-vous autour de la littérature africaine à Grenoble et dans les environs. On a échangé quelques mots avec Moïse Touré, metteur en scène.

Martin de Kerimel | Samedi 10 juillet 2021

Regards sur l’Afrique

Il y a les signatures les plus illustres : Léopold Senghor, Ahmadou Kourouma ou Amadou Hampâté Bâ. Hommes et femmes, d’autres les côtoient, de toutes les générations d’auteurs africains. Le spectacle que propose actuellement la compagnie grenobloise des Inachevés est un vrai régal pour les curieux de littérature. Sur scène, le dispositif est minimaliste : pas de décors, des comédiens assis, un danseur qui se lève parfois pour accompagner le texte et, pour le bonheur des mélomanes, un griot qui joue d’un instrument à cordes traditionnel. Traversée – c’est le nom de cette belle heure de théâtre dansé et musical – place sur le devant de la scène un continent que l’on laisse encore trop souvent de côté. Existe-t-il vraiment ? Dès les premiers instants, l’interrogation est lancée au public, qui s’en saisira peut-être. « C’est une bonne question, juge Moïse Touré, metteur en scène. Le mot Afrique lui-même ne vient pas des Africains. Il ne faut pas avoir peur de dire que nous avons été désignés. D’où la question de savoir qui je suis et comment je me désigne moi-même. L’Afrique, ce sont des cultures, des régions, des histoires, des langues différentes. C

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Le Drak-Art à l’abordage

Nuit | Bonne nouvelle pour celles et ceux qui espéraient la reprise des activités nocturnes : l’établissement du cours Berriat rouvre ses portes dans la nuit du 9 au 10 juillet. Et rempile même le lendemain !

Martin de Kerimel | Vendredi 9 juillet 2021

Le Drak-Art à l’abordage

Deux soirées pour le prix d’une… ou plutôt deux soirées à prix libre : après seize longs mois de fermeture, le Drak-Art rouvre ses portes. « Le vendredi 9 juillet sera placé sous le signe du reggae dub et bass music, le samedi 10 consacré aux sonorités house et techno », peut-on sur la page Facebook de l’établissement. Avec le concours des associations résidentes, les deux rendez-vous entraîneront les fêtards jusqu’au bout de la nuit : le public sera en effet accueilli à partir de 23h et jusqu’à 7h le lendemain matin. De nombreux artistes seront là pour assurer l’animation et, par exemple, Roots’n’Culture, Roots Collective ou Eddy Rumas le premier soir, La Maiz, Shépurien ou Icone le second. La liste n’est pas exhaustive, mais le retour du Drak-Art ne consiste pas pour autant en deux soirées portes ouvertes. Les organisateurs se conforment en effet à des règles sanitaires pour que tout se passe bien et préviennent le public qu’il sera indispensable de les appliquer. Rien que de très ordinaire, finalement : il faudra présenter un pass sanitaire et respecter une jauge limitée à 75% d

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Alennott, retour en couleurs

Peinture | Rare, son nom pourrait pourtant vous être familier : Alennott est né en Inde, y a encore des amis et de la famille, mais vit et travaille à Grenoble, où il revient exposer à la Maison de l’international. Rencontre avec un homme heureux d’échanger sur ses inspirations.

Martin de Kerimel | Mercredi 7 juillet 2021

Alennott, retour en couleurs

Il est des artistes qui n’aiment pas parler de leur travail, jugeant qu’il suffit d’ouvrir les yeux pour l’apprécier et, plus encore, le comprendre. C’est la pudeur qui, parfois, explique que d’autres rechignent à apporter un éclairage – ou même un simple commentaire – sur ce qu’ils ont créé. Désolé pour celles et ceux qui aiment ranger les autres dans une petite case : Alennott, lui, ne peut être classé dans aucune de ces deux catégories. Bien au contraire, lorsqu’il sort de son atelier, l’artiste indien prend un plaisir manifeste à parler de ce qu’il fait et, dès que c’est possible, à accueillir les ressentis des autres. Il assure que ces échanges lui apportent beaucoup. « Compléter un cercle » Nous avons eu la chance de passer du temps avec lui avant le vernissage de Leela, sa nouvelle exposition à la Maison de l’international. Un lieu où il avait déjà eu l’opportunité de présenter son travail, en 2012. « Revenir ici, c’est comme compléter un cercle », nous a-t-il dit. L’homme attache visiblement une importance certaine aux symboles. Il est heur

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"Annette" de Leos Carax : noces de son

Ouverture Cannes 2021 | Espéré depuis un an, avec son titre qui est une quasi anagramme d'attente, le nouveau Carax tient davantage de la captation d’un projet scénique que de ses habituelles transes cinématographiques. Vraisemblablement nourrie de son histoire intime, cette mise en abyme du vampirisme trouble entre artistes, artistes et modèles, artistes et environnement familial, dépose presque toute fragilité en multipliant les oripeaux chic, glamour et trendy. Parfait pour le tapis rouge de l’ouverture de Cannes, moins pour l’émotion…

Vincent Raymond | Mercredi 7 juillet 2021

Figurer en ouverture sur la Croisette n’est pas forcément une bonne nouvelle pour un film. A fortiori cette année, après deux ans de disette. Car ce que le Festival attend de sa première montée des marches, c’est qu’elle amorce la pompe à coup de stars, de strass et de flashs fédérateurs. L’œuvre qui abrite ces premiers de cordée se trouve souvent reléguée à l’enveloppe de luxe et encourt surtout le risque d’être vite oblitérée d’abord par le reste de la sélection, puis par le temps. On n’aura pas la cruauté de rappeler quelques pétards mouillés du passé… Cochant les cases de la notoriété grand public et auteur, Annette souscrit également à d’autres paramètres prisés par les festivals : une dénonciation à travers la comédie musicale cinématographie de l’égotisme des gens de la "société du spectacle", à l’instar du All That Jazz (Palme d’Or 1980) de Bob Fosse o

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L'Europe à feu doux

SCENES | Comme beaucoup de festivals, les Rencontres du jeune théâtre européen, organisées chaque été à Grenoble par le Créarc (l'association qui occupe le Petit Théâtre à (...)

Aurélien Martinez | Mardi 29 juin 2021

L'Europe à feu doux

Comme beaucoup de festivals, les Rencontres du jeune théâtre européen, organisées chaque été à Grenoble par le Créarc (l'association qui occupe le Petit Théâtre à Grenoble, rue Pierre-Duclot), ont dû, l'an passé, faire avec la pandémie et baisser le rideau. Du moins en présentiel, les organisateurs étant tout de même arrivés à bricoler dans l'urgence une 32e édition numérique. Nous voilà un an plus tard et l'équipe de Fernand Garnier débarque avec une nouvelle édition pensée bien en amont pour qu'elle puisse avoir lieu le plus normalement possible avec, pour coller à l'ADN du festival, des artistes de toute l'Europe – Allemagne, Bulgarie, Grèce, Royaume-Uni, Finlande... Pour « répondre aux contraintes et aux exigences d’une manière que nous avons voulue la plus efficace et la plus heureuse possible », elle mixera alors numérique (avec un festival de courts-métrages convoquant une quinzaine de compagnie d'Europe) et présentiel. Mais présentiel uniquement en plein air, avec neuf spectacles de troupes de la région (la cie Tout en vrac, la cie Colette Priou, la fanfare Les 38 Tonnes...) répartis

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Belles journées à Bachelard

SCENES | Le Prunier Sauvage lance la quatrième édition des Beaux Jours, un mini-festival organisé en préfiguration d’un plus vaste chantier : la création d’un pôle dédié aux arts du cirque et de la rue. On en a donc profité pour prendre quelques nouvelles de ce projet de longue date nommé Parc des Arts.

Hugo Verit | Vendredi 9 juillet 2021

Belles journées à Bachelard

Pendant le mois de juillet, Les Beaux Jours sont de retour au parc Bachelard : cinq soirées festives avec concerts, spectacles et ateliers, organisées par le Prunier Sauvage pour la quatrième année. Un événement qui s’inscrit dans le cadre de la préfiguration du Parc des Arts, le grand projet que les équipes du Prunier (mais pas que) portent vaillamment sur leurs épaules depuis 2015. « Nous souhaitons créer un pôle dédié aux arts du cirque et de la rue puisque ce genre de structure n’existe pas encore à l’échelle départementale et les besoins sont réels, détaille Brahim Rajab, directeur. Il s’agirait d’un tiers-lieu car nous voulons inclure les citoyens et ne pas les cantonner à une place de spectateur ou de consommateur. C’est aussi une façon d’investir de manière ambitieuse dans la culture sur un territoire comme le quartier Mistral (juste à côté du Prunier, ndlr) qui souffre d’une mauvaise image. » Pendant plus de cinq ans, les porteurs du projet ont multiplié les "apéros-chantiers" afin de fédérer des gens très différents (compagnies, urbanistes, artisans, restaurateurs, simples habitants du quartier…), ils ont mené des enquêtes pour établir les be

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Bonnie Banane, pop chaotique

Pop | Si vous êtes un peu désarçonnés à la première écoute d’un morceau de Bonnie Banane, on vous rassure : c’est parfaitement normal. Il faut dire que ces dernières (...)

Damien Grimbert | Vendredi 16 juillet 2021

Bonnie Banane, pop chaotique

Si vous êtes un peu désarçonnés à la première écoute d’un morceau de Bonnie Banane, on vous rassure : c’est parfaitement normal. Il faut dire que ces dernières années en France, on avait un peu perdu l’habitude de voir des artistes musicaux s’emparer d’esthétiques mainstream a priori bien balisées (chanson, pop, variété…) pour les transformer en autant de vivifiants terrains d’expérimentations. Il faut dire aussi que Bonnie Banane n’en est pas à un paradoxe près. Actrice formée aux arts dramatiques devenue musicienne à plein temps en l’espace d’une petite dizaine d’années, elle dispose de capacités vocales impressionnantes sans en faire pour autant un usage purement performatif, joue d’une désinvolture apparente pour mieux aborder en chanson des sujets tout sauf désinvoltes, concilie un certain héritage pop vintage très français et un goût prononcé pour les sonorités hyper-contemporaines venues d’outre-Atlantique (rap, électro, R’n’B)… Autant de grands écarts peu courants qui bousculent les attentes de l’auditeur dans un premier temps pour mieux le séduire insidieusement ensuite. Difficile en effet de résister au charme débridé et à la créativité folle qui se dégagent de son pre

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La Guinguette Electrique fait son retour

MUSIQUES | Après deux premières éditions en forme de parenthèses enchantées en juillet et septembre dernier, la Guinguette de la Belle Électrique fait son grand retour du (...)

Damien Grimbert | Mardi 29 juin 2021

La Guinguette Electrique fait son retour

Après deux premières éditions en forme de parenthèses enchantées en juillet et septembre dernier, la Guinguette de la Belle Électrique fait son grand retour du jeudi 1er au mercredi 14 juillet sur l’esplanade Andry-Farcy. Au programme, bar et restauration, ateliers jeune public, et bien sûr concerts et DJ-sets avec un programme qui s’annonce aussi vaste que chargé. Niveau concerts, il faudra ainsi compter entre-autre avec l’afro-rap véhément du Nigérian Obi, la pop soyeuse du Suédois Peter Von Poehl, le synth-punk 80’s de Venin Carmin, les mélodies créoles de Dowdelin (en photo), la soul engagée de The Buttshakers, l’indie pop de Fantômes et Gwizdek, le néo-R’n’B en anglais de Thaïs Lona ou encore la "techno DIY" de Cheap House. Niveau musiques électroniques enfin, les samedi 3 et 10 juillet fourniront d’excellentes occasions de se dégourdir les jambes avec les DJs sets éclectiques de la Belge AliaA, de la Chilienne Paula Tape et du Lyonnais Pablo Valentino et les sonorités riches en groove de LB aka Labat, Mogan et Mangabey. La Guinguette Électrique. Du 1er au 14 juillet. www.la-belle-electrique.com

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La Bobine sort les platines

MUSIQUES | C’est un joli programme qu’a concocté la Bobine pour le retour de ses apéro-mixes estivaux en terrasse. Aux côtés d’un certain nombre de valeurs sûres et (...)

Damien Grimbert | Lundi 5 juillet 2021

La Bobine sort les platines

C’est un joli programme qu’a concocté la Bobine pour le retour de ses apéro-mixes estivaux en terrasse. Aux côtés d’un certain nombre de valeurs sûres et d’habitués des lieux, on pourra ainsi découvrir le 6 juillet Erevan DJ, fondateur de l’excellent label lyonnais orienté « sophrologie auditive, réminiscences 90’s, atmosphères psychédéliques et breaks exotiques » Bamboo Shows, accompagné de Jean-Mi, fer de lance du label Comic Sans Records. Le 20 juillet, place au Grenoblois Vague Imaginaires, créateur d’ambiances équatoriales oniriques quelque part entre ambient, downtempo, tribal, new age et field recording organique. Le 10 août, on entendra cette fois Danse Musique Rhône-Alpes (en photo), « hommage nostalgique à la dance commerciale des années 90 mais également aux formes les plus brutes et radicales de la musique électronique » et Bravo Tounky, venu défendre sa k7 audio Flash Détente fraichement sortie sur AB Records. Le 31 août enfin, ce sont les éclectiques résidentes du projet Sister Act Ciao Cesco, Taka, Cass, Yagi Ud, et Gioza qui se relaieront aux platines. On a déjà hâte d’y être ! Apéro-mixes. À la Bobine to

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1, 2, 3, nous irons au bois

ESCAPADES | Si l’Isère organise une année sur le thème de la forêt, c’est qu’elle occupe un rôle et une place essentiels dans le département, le recouvrant du tiers de sa surface. Partez à la découverte de quelques-unes d’entre elles et profitez de leurs bienfaits reconnus.

Jérémy Tronc | Mardi 29 juin 2021

1, 2, 3, nous irons au bois

Vallin, forêt mystique Magique, mystique, magnétique, miraculeuse, sacrée… Les mots caractérisant la forêt de Vallin (Nord-Isère) sur Internet ou dans les magazines l’entourent d’une aura qui attire inévitablement des promeneurs tendance New Age en quête de spiritualité sylvicole. Là-bas, à 60 km au nord-ouest de Grenoble, sous les frondaisons, on fait des gros câlins aux arbres (sylvothérapie) et on vient profiter des énergies telluriques censées affoler les boussoles. La légende raconte que la forêt abritait jadis un ancien site druidique. On susurre aussi qu’elle fut parcourue par des Templiers, des croix aux abords du site venant étayer cette idée. Pour toutes ces raisons, le bois est devenu un vrai lieu de pèlerinage. Les randonneurs et les pèlerins y côtoient fréquemment les magnétiseurs, guérisseurs et radiesthésistes. D'un point de vue plus cartésien, la forêt de Vallin vaut le détour pour sa faune sauvage et ses milieux naturels très diversifiés : mares, zones humides, prairies et deux ruisseaux, eux aussi nourris d’histoires de guérisons en raison de leur particularité. L’un est chargé d’argile verte, l’autre est formé d’un lit d’oxyde de fer. E

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Séances de rattrapage nocturnes

Reprises | Parmi l’impressionnante (et bienvenue) offre cinématographique illuminant les nuits d’été iséroises, focus sur quelques films à ne pas manquer…

Vincent Raymond | Jeudi 8 juillet 2021

Séances de rattrapage nocturnes

Marche avec les loups Signé par un ardent défenseur du peuple loup (déjà auteur de La Vallée des loups), ce road movie en forme de journal de bord suit pendant deux ans un jeune canidé à la conquête d’un nouveau territoire. Passionnant et pédagogique, démontant les a priori autant qu’il montre comment cuisiner une omelette aux truffes minute, ce documentaire est pareil à un conte. En vrai. Au parc Charly-Guibbaud (Gières) le 6 juillet, à 22h. Funan Inspiré de l’histoire familiale du réalisateur, ce film d’animation (lauréat du plus prestigieux prix en la matière, le Cristal à Annecy en 2018) évoque le conflit cambodgien à l’époque des Khmers Rouges qui n’étaient pas des tendres. De ce fait, la projection est assortie d’un avertissement — des scènes, des propos ou des images pouvant heurter la sensibilité des spectateurs. Mais il y a

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Notes estivales

MUSIQUES | L'équipe du Petit Bulletin a repéré pour vous des événements musicaux qui valent le coup d'être entendus. Comme autant d'idées de sorties pour les jours à venir...

La rédaction | Vendredi 2 juillet 2021

Notes estivales

Musiques actuelles Notes dans le Vercors Configuration à la fois assise et debout cette année : du côté d’Autrans, du 2 au 4 juillet, on attend du beau monde pour la septième édition du Vercors Music Festival ! Des artistes en pleine progression comme Suzane, par exemple, ou des groupes expérimentés dont la musique nous ravit, à l’image de La Rue Kétanou (photo). Pour faire une fête dantesque, on compte aussi sur le côté pin-up assumé des Swingirls ou le look des musiciens de Tigadrine, dont le blues du désert ne cesse d’envoûter les festivals isérois. Vercors Music Festival. À Autrans du 2 au 4 juillet. www.vercorsmusicfestival.com Insolite Et au milieu coule une rivière Des musiques enchanteresses dans un cadre enchanteur (des grottes en pleine forêt, bordées par un torrent et soumises à un microclimat rafraichissant), des frites, des bières « et du thé froid citron gingembre » ? C’est peu o

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Un été en famille

Théma | Bénéfice collatéral de sept mois de disette : il n’y aura pas de pénurie estivale dans les salles. Tout particulièrement pour les films parlant des familles ou à leur destination, et du désir de se libérer de son emprise sur un mode tragique, comique… voire les deux.

Vincent Raymond | Mardi 6 juillet 2021

Un été en famille

Variation multiple et ludique de Freaky Friday, Le Sens de la famille de Jean-Patrick Benes (30 juin) crée ainsi un chamboule-tout géant, où les esprits des parents, grands-parents et enfants naviguent dans les corps des uns et des autres sans fin pour une raison inconnue. S’ensuivent d’inévitables quiproquos glissant doucement vers un registre trash, changeant agréablement de l’injonction à faire de la comédie aseptisée. La fin qui ne résout rien permet (presque) de supporter le jeu de Dubosc — le seul à en faire des tonnes. Plus archaïque est la famille des Croods, une nouvelle ère, second opus signé Joel Crawford (7 juillet), revisitant dans une pseudo-préhistoire d’heroic fantasy aux couleurs criardes la querelle entre anciens et modernes, mâtinée d’un remix du Père de la Mariée et de Mon beau-père et moi. Là encore, le final délirant offre un relief inattendu à ce qui semblait s’engager sur les rails d’une animation ordinaire. Animat

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Des courts ailleurs

ECRANS | Après l’édition virtuelle de 2020, la Cinémathèque de Grenoble renoue avec une forme plus classique de son Festival du film court. Tout en changeant de décor.

Martin de Kerimel | Mardi 29 juin 2021

Des courts ailleurs

Cette fois, il n’a pas été possible d’occuper la place Saint-André : le Festival du film court en plein air sera lancé cette année sur l’Anneau de vitesse du parc Paul-Mistral, mercredi 30 juin, à partir de 21h. Ensuite, et jusqu’au 4 juillet, les projections de la compétition officielle auront lieu sur ce même site à 21h ou 21h30, précédées d’autres au cinéma Juliet-Berto, dès 19h. Une Nuit blanche est également prévue à Juliet-Berto le 2 juillet, qui commencera à minuit. Ce même jour et jusqu’au 5, des séances de rattrapage seront possibles au cinéma Le Club. La Cinémathèque de Grenoble, organisatrice de l’événement, ne revient pas sur ses fondamentaux : il s’agit toujours d’attirer le public le plus large possible, adultes et enfants, connaisseurs et simples curieux, tout en mettant en valeur ce qui peut faire la richesse de la création contemporaine. Une réelle vitalité ! Tout part d’un choix draconien : preuve que la crise sanitaire n’a pas tari l’envie des artistes, la Cinémathèque a reçu 2234 propositions de courts, issus de 91 pays, et en a retenu une soixantaine. Plusieurs prix sont en jeu, susceptibles de doper la carrière des grands petits films

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Raoul de marbre

MUSIQUES | Dire d'un album de Raoul Vignal qu'il est enlevé relève un peu de la vue de l'esprit s'agissant d'un musicien pour lesquels les termes éthéré, évanescent, (...)

Stéphane Duchêne | Lundi 5 juillet 2021

Raoul de marbre

Dire d'un album de Raoul Vignal qu'il est enlevé relève un peu de la vue de l'esprit s'agissant d'un musicien pour lesquels les termes éthéré, évanescent, clair-obscur et alangui semblent avoir été inventés. Pourtant, c'est bien après un autre tempo et d'autres arrangements que le Lyonnais est parti en quête pour ce Years in Marble. Quelque chose, nous a-t-il confié, qui se rapproche davantage de son premier album, The Silver Veil, enregistré sous le ciel brumeux de Berlin et le patronage de Nick Drake. Une ombre tutélaire, celle de Drake, dont Vignal aimerait enfin se détacher et qui explique une approche plus pop des morceaux, ces tempi parfois accélérés et une autre manière de placer sa voix. « Je n'ai jamais autant travaillé à la réécriture des textes », ajoute celui qui semble bel et bien, s'il était besoin, en quête de sens. Et d'une (r)évolution permanente, pas violente mais palpable, lorsqu'il avoue voir son travail depuis les premiers EP (qu'il n'aime plus guère), comme un work-in-progress. Passionnant à suivre par ailleurs. Une nouvelle approche ou une approche continue qui voudrait sans doute graver quelque chose d'un style unique dans le m

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Le Piers est à venir

Folk -world | Bien que solidement campé dans les sauvages cévennes qui l'ont adopté, le musicien anglo-italien Piers Faccini continue de multiplier les voyages immobiles sur son dernier disque.

Stéphane Duchêne | Samedi 10 juillet 2021

Le Piers est à venir

Voyage vertical et plutôt de bas en haut, si l'on en croit son titre Shapes of the Fall (Les formes de la chute). Chute physique mais aussi morale puisque Faccini y dresse le constat, pas nouveau mais compliqué à imprimer pour le commun des mortels, de la chute qui vient, celle de notre civilisation, du monde, bref de tout ce qui part à vau-l'eau sur cette planète à commencer par le climat. Ce voyage, cette belle descente aux enfers, le folkeux la double d'une descente vers le sud. Convoquant les pulsations gnawas et les transes africaines (toujours ce tropisme world dans son folk) dans ce trip étourdissant qui, pour évoquer la fin du monde, semble vouloir aller puiser à ses sources géographiques. Cela donne des morceaux vertigineux comme Foghorn Calling ou Dunyas (et ses sublimes arrangements de cordes), entre deux balades teintées de mélancolie lumineuse. Celle de l'espoir qui malgré tout demeure, sinon autant se jeter par les fenêtres du monde. Faccini déçoit rarement, mais on tient peut-être là un chef-d'œuvre tel qu'il n'en a malgré tout pas livré depuis longtemps. Un genre de chef-d'œuvre en péril qu'il va falloir chérir.

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Cyril Laily : « Retrouver un certain art de vivre à la française »

Nouvelle tête | Âgé de 43 ans, il a succédé à Yves Exbrayat (parti à la retraite) à la direction générale de l’office de tourisme Grenoble Alpes le 1er juin dernier. Son credo : l’esprit pionnier du territoire, à la fois urbain et montagnard.

Martin de Kerimel | Mercredi 30 juin 2021

Cyril Laily : « Retrouver un certain art de vivre à la française »

Comment présenteriez-vous votre parcours ? Cyril Laily : C’est pour moi important d’être aligné par rapport à ce que l’on a envie d’être. Depuis une vingtaine d’années, j’ai travaillé dans les domaines du sport et de l’événementiel, au sein de grands équipements, puis dans le tourisme, avec l’envie d’apporter une nouvelle forme d’attractivité aux territoires. C’est ce qui motive mon projet à Grenoble. Comment arrive-t-on au poste qui est le vôtre aujourd’hui ? La forme du processus de recrutement est assez classique. Dans le fond, en revanche, le métier de directeur d’office de tourisme a beaucoup changé. Une vraie vision stratégique m’a amené à prendre position pour le développement touristique du territoire. Les marchés touristiques et les attentes ont considérablement évolué, avec la progression des places de marché et des plateformes de réservation en ligne. Il nous faut révéler cet extraordinaire écosystème qu’est Grenoble Alpes comme camp de base et travailler sur ses deux versants, urbain et de montagne, tout en faisant la part belle à la culture. Quelle a été votre action a

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Art sylvestre

ARTS | À l’occasion de l’événement L’Appel de la forêt porté par le département de l’Isère (et dont nous reparlerons certainement à la rentrée), le Domaine de Vizille (...)

Benjamin Bardinet | Mardi 13 juillet 2021

Art sylvestre

À l’occasion de l’événement L’Appel de la forêt porté par le département de l’Isère (et dont nous reparlerons certainement à la rentrée), le Domaine de Vizille accueille trois installations qui font résonner harmonieusement concept et matériau puisque, proposant différentes réflexions sur notre rapport aux arbres, elles sont faites de leur bois. À proximité du canal qui traverse le parc, l’ingénieur et architecte Olivier Delarozière imagine un cénotaphe en hommage à Nicolas Fourneau, auteur du premier traité de charpente moderne. Pénétrable, cette hypnotique structure autoportante ravira les fans de Kapla et vient naturellement s’implanter dans le site, évoquant la tradition des fabriques qui agrémentaient les parcs du XVIIIe siècle. Plus loin, le collectif Les Nouveaux Voisins nous invite à contempler le majestueux ramage d’un chêne grâce à un élégant dispositif en demi-lune qui enserre délicatement son tronc, rappelant la nécessité depuis toujours ressentie par les Hommes de faire communauté à proximité d’un élément naturel singulier. Enfin, intitulée Le Bois dormant, l’installation conçue par Atelier Byme joue d’un retournement amusant,

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Une résidence d’artistes au cœur du quartier de l’Abbaye

ACTUS | Alors que la municipalité grenobloise s’est engagée dans un vaste projet de rénovation du quartier de l’Abbaye, un collectif d’artistes y a posé ses valises, le temps de la transformation.

Sandy Plas | Jeudi 15 juillet 2021

Une résidence d’artistes au cœur du quartier de l’Abbaye

« On voulait investir un lieu et monter un projet à partir d’un territoire », explique Laure Nicoladzé, fondatrice de la compagnie Regards des Lieux et coordinatrice du Grand collectif. C’est désormais chose faite. Depuis quelques jours, les artistes réunis au sein de ce Grand Collectif, rassemblant cinq compagnies grenobloises (Regards des lieux, Images solidaires, Colectivo Terron, Lieu Dit et Le Grille-Pain) et mêlant le théâtre, l’image, la musique et l’architecture, ont investi leur toute nouvelle résidence, au 9, place André-Charpin, en plein cœur de l’Abbaye. « Au départ, nous n’avions pas de lieu prévu, juste la volonté de monter une résidence au sein d’un quartier, poursuit Laure Nicoladzé. Il y a trois ans, on a proposé à la mairie de s’installer ici, et notre demande a été acceptée. » Depuis, la municipalité a mis sur pied le projet "Les Volets Verts", dont le but est de proposer différentes initiatives culturelles, solidaires et conviviales au cœur du quartier pendant sa transition, dans lequel s’inscrit le Grand Collectif, qui collabore également avec le collectif Voisins, installé dans les mêmes locaux et qui cherche à créer du lien dans

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"Présidents" : vieilles choses publiques

ECRANS | Enchaînant films et sujets opposés, Anne Fontaine s’attaque après Police à l’étage supérieur : le pouvoir suprême et ceux qui l’ont exercé… lorsqu’ils en sont dépossédés. Entre fable et farce, une relecture des institutions et de l’actualité politique bien plus intéressant que ce que les teasers-sketches laissaient supposer…

Vincent Raymond | Mardi 29 juin 2021

Reconverti en homme d’intérieur dépressif, l’ex-président Nicolas S. prend pour prétexte la popularité grandissante de la candidate d’extrême-droite pour partir en Corrèze afin de convaincre son ancien adversaire et successeur François H. de monter un nouveau parti avec lui. La cohabitation sera d’autant plus rude qu’ils sont opposés en tout, et que leurs compagnes s’invitent dans la campagne… Une évidence en préambule : sur les arcanes de la Ve République (et ses bruits de cabinet, diront les mauvaises langues), il sera difficile de parvenir un jour à se montrer plus complet que le magistral L’Exercice de l’État de Pierre Schoeller. Rien n’empêche toutefois d’attaquer le sujet par la bande, en se focalisant sur des espèces s’ébattant dans cet écosystème. Tels les présidents du film homonyme d’Anne Fontaine construit comme une fable dont les protagonistes ne seraient pas de grands fauves, mais deux ex éconduits par leur bien-aimée, trompant ensemble leur déni dans l’illusoire espoir d’une reconquête. Sauf que la belle, de plus en plus versatile et capricieuse, ne veut plus d’eux.

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Un Grand Rassemblement grandeur nature avec le CCN2

SCENES | Le Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2) piloté par Yoann Bourgeois propose, samedi 3 et dimanche 4 juillet, un nouveau Grand Rassemblement, cette fois en Chartreuse. Au vu des précédents, ce sera sûrement un grand et original moment artistique entre spectacles, performances & co.

Aurélien Martinez | Vendredi 2 juillet 2021

Un Grand Rassemblement grandeur nature avec le CCN2

Après avoir investi, depuis 2016, la MC2, le centre d'art le Magasin ou encore le centre-ville de Grenoble, l'équipe du CCN2 organisera cette fois un événement exceptionnel en pleine nature, « au cœur du massif de la Chartreuse, de ses montagnes, de ses pâturages ». Et le cadre ne sera pas qu'une coquetterie, mais influera vraiment sur ce que nous verrons, comme ce fut le cas lors de chaque précédente édition. On se souviendra ainsi longtemps du funambule Nathan Paulin traversant la place Saint-André sous une pluie battante. Tout comme de la circassienne Chloé Moglia qui avait installé son immense structure-sculpture sur le parvis de la Bifurk, avec les montagnes en fond. Les Grands Rassemblements générateurs d'images splendides ? Oui, mais pas que ! « Splendeur des lieux » « Avec la complicité des artistes, de la nature et des habitants chartroussins, nous avons imaginé des parcours artistiques qui invitent à une marche contemplative et tranquille pour regarder la splendeur des li

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L'Anneau en attendant...

Culture | Les événements organisés en plein air cet été sont longtemps restés incertains. D’où l’idée de la Ville de Grenoble d’en regrouper plusieurs à l’Anneau de vitesse. Une bonne solution ? On a posé la question à quelques-uns des intéressés.

Martin de Kerimel | Mardi 29 juin 2021

L'Anneau en attendant...

Deux soirées complètes et une troisième qui a elle aussi bien fonctionné : le Festival Magic Bus n’a pas à regretter d’avoir dû quitter l’Esplanade pour rallier la scène de l’Anneau de vitesse. Après le premier soir, Damien Arnaud, coordinateur de Retour de Scène, jugeait que le public avait plutôt joué le jeu des consignes sanitaires. « Cela a fonctionné en bonne intelligence, dans une douce euphorie. » De quoi anticiper positivement le second événement confié à l’association cet été : le Cabaret frappé, du 16 au 20 juillet. Et même si ce n’est pas comparable – cette fois, on parle de concerts gratuits et sans doute de spectateurs autorisés à rester debout. Et 2022 ? Il est trop tôt pour dire si Retour de scène voudra revenir à l’Anneau de vitesse : « Cela pose question. On se dit que la volonté de la Ville n’est pas forcément de s’y installer durablement et l’Esplanade, elle, pourrait être en travaux. Les discussions se poursuivent. » Et la cohabitation entre associations ? « L’idée est bonne et, pour en avoir parlé avec d’autres organisateurs d’événements ailleurs en France, c’est assez rare pour être souligné. Après, c’est bien aussi que chacun

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La fabrique d’un hymne national

ARTS | Le Musée de la Révolution française propose une exposition sur la genèse de la Marseillaise et son adoption comme hymne national. Un parcours passionnant qui invite à une réflexion sur la circulation des mots et des images.

Benjamin Bardinet | Mardi 29 juin 2021

La fabrique d’un hymne national

On ne donnait pas cher d’une exposition sur le thème de notre hymne national. Pas tant par manque de patriotisme ou par horreur de ses paroles bellicistes, mais surtout parce qu’on se demandait bien ce que le visiteur allait pouvoir se mettre sous la dent (enfin, sous les yeux…). C’était là ignorer les talents de commissaires des conservateurs des musées de Strasbourg, Marseille et Vizille qui l’ont coproduite. Alain Chevalier, le directeur du musée de Vizille, a fait le choix de s’intéresser à la manière dont la Marseillaise s’incarne dans les arts plastiques. Le parcours, chronologique, démarre en 1792 avec la naissance de ce chant dans les milieux de la bourgeoisie strasbourgeoise à une époque où de nombreux volontaires sont mobilisés en vue d’un affrontement contre la coalition anti-révolutionnaire. Parmi eux, un fameux bataillon de Marseillais contribue à populariser cet hymne lors de son arrivée à Paris en juillet 1792. Plusieurs tableaux montrent la ferveur patriotique propre à la mobilisation de ces volontaires prêts à mourir pour la défense de la Patrie et de la République. Révolutionnaire Remisée au placard sous Napoléon et pendant la Restauration

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Mille merveilles de la nature

ESCAPADES | Préservés du tourisme de masse, les Espaces Naturels Sensibles sont de remarquables réservoirs de la biodiversité. Le département de l’Isère en dénombre pas moins de 130. Alors, pourquoi ne pas aller y faire un tour, seul ou accompagné d’un guide nature ?

Benjamin Bardinet | Jeudi 15 juillet 2021

Mille merveilles de la nature

Falaises karstiques, vallées glaciaires, plateaux calcaires... les reliefs et la géologie qui caractérisent le territoire isérois sont les sympathiques responsables de diversité des Espaces Naturels Sensibles (tourbières, étangs, marais, sources, bois, alpages). Héritier des périmètres sensibles instaurés en 1959, le label Espace Naturel Sensible créé en 1976 qualifie des espaces « dont le caractère naturel est menacé et rendu vulnérable, actuellement ou potentiellement, soit en raison de la pression urbaine ou du développement des activités économiques ou de loisirs, soit en raison d’un intérêt particulier eu égard à la qualité du site ou aux caractéristiques des espèces végétales ou animales qui s’y trouvent ». Les ENS tentent ainsi de concilier les activités humaines (loisirs, alpages, exploitations…) et la vie de la nature, avec l’idée que l’Homme aussi en fait partie, mais qu’il est tout de même préférable de réguler sa présence. Ces espaces sont donc de remarquables conservatoires de la biodiversité : les départements se chargent de leur préservation mais également de leur valorisation, par le biais, entre autres, de nombreuses activités pédagogiques à destination

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Résistance artistique avec le festival Textes en l'air

SCENES | « Textes en l’air est une association, un collectif donc, qui a résisté à une année de réunion à distance pour vous préparer ces cinq jours de (...)

Aurélien Martinez | Lundi 19 juillet 2021

Résistance artistique avec le festival Textes en l'air

« Textes en l’air est une association, un collectif donc, qui a résisté à une année de réunion à distance pour vous préparer ces cinq jours de festival », écrit la directrice artistique Valérie Charpinet dans l'édito du programme de la dix-septième édition titré « Résister, collectivement ». À sa lecture, on devine l'équipe motivée à l'idée de revenir face au public, avec dans ses cartons certains des spectacles initialement prévus l'été dernier. Et d'autres nouveaux. Comme chaque été, Textes en l'air sera ainsi humblement du côté de la scène contemporaine, de l'art qui se crée aujourd'hui. On en aura une nouvelle fois la preuve avec du théâtre (le programme grenoblois dédié à l'émergence Les Envolées ; pas mal d'autres propositions du coin comme de plus loin qui, sur le papier, donnent très envie), de la musique (

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Cimes artistiques avec le Festival de l'Arpenteur

SCENES | « Rien n'interdit de penser que tout se passera bien cet été », nous avait déclaré en avril Antoine Choplin, directeur artistique de l'Arpenteur, emblématique (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 2 juillet 2021

Cimes artistiques avec le Festival de l'Arpenteur

« Rien n'interdit de penser que tout se passera bien cet été », nous avait déclaré en avril Antoine Choplin, directeur artistique de l'Arpenteur, emblématique festival isérois (depuis 25 ans tout de même). Il avait donc raison ! Après une édition 2020 en modèle réduit, on retrouvera ainsi avec plaisir, début juillet, cet événement montagnard à la programmation souvent haut de gamme entre spectacles, concerts et à-côtés divers – banquet pentu, promenade littéraire, bivouac sous les étoiles... C'est que le village des Adrets-en-Belledonne, à 30 minutes de Grenoble, et ses alentours offrent un cadre absolument splendide pour ce genre d'expériences artistiques originales. Bien sûr, et c'est même le cœur de l'Arpenteur, il y aura également des formes plus classiques pendant la semaine de festival : un bd-concert (Là où vont nos pères d'après l’œuvre phare de l'Australien Shaun Tan, prix du meilleur album au Festival d'Angoulême 2008), un solo théâtral (Cl

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La BD, reine d’un jour

Festival | La très jeune association grenobloise BD Partage ne désarme pas : même si elle a dû réduire la voilure par rapport à ses ambitions premières, elle organise un événement consacré à la bande dessinée, samedi 19 juin. Plusieurs auteurs seront présents dans les locaux de l’ancienne chocolaterie Cémoi, au 12A de la rue Ampère.

Martin de Kerimel | Vendredi 18 juin 2021

La BD, reine d’un jour

Vous vous en souvenez peut-être : nous vous avions parlé d’eux en janvier l’année dernière, alors qu’ils venaient tout juste de lancer leur association. Les membres de BD Partage ont de la suite dans les idées et toujours l’intention de créer des événements autour de leur passion commune pour les bandes dessinées, comics et autres mangas. C’est vrai qu’au cœur de la crise sanitaire, on les avait un peu perdus de vue, mais samedi 19 juin pourrait enfin marquer l’heure des retrouvailles tant attendues. C’est en effet le jour retenu par l’asso pour organiser son festival annuel, le temps d’une journée. Une bonne occasion de mieux se faire connaître. « Neuf auteurs seront parmi nous, pour la plupart venus de Grenoble ou de l’agglomération, indique Christian Huberson, président de BD partage. Notre association est parrainée par Jean-Marc Rochette, mais il ne se déplace pas sur les festivals. Nous avons donc choisi Morgan Navarro comme invité d’honneur. Une rencontre est prévue pour permettre au public d'échanger avec lui ». Dédic

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Marchand d’âme

Concept store | En portugais ou en espagnol, Alma signifie âme. C’est le nom qu’ont retenu Estelle Glénat et Estelle de Carvalho pour leur boutique fraîchement ouverte rue (...)

Jérémy Tronc | Mardi 6 juillet 2021

Marchand d’âme

En portugais ou en espagnol, Alma signifie âme. C’est le nom qu’ont retenu Estelle Glénat et Estelle de Carvalho pour leur boutique fraîchement ouverte rue Abbé de la Salle, à 10 mètres… de la rue de l’Alma. « C’est un hasard si Alma slow concept est si proche de cette rue. Le nom du magasin fait bien référence à notre âme et aux valeurs que nous défendons. Le client qui entre chez nous sait qu’il achètera éthique et éco-responsable », assure Estelle Glénat. La boutique est divisée en trois espaces correspondant chacun à une activité. Dans une pièce à gauche de l’entrée se situe le coin friperie, avec des vêtements chinés pièce par pièce par les deux Estelle, et des vêtements ou accessoires de mode surcyclés, c’est-à-dire récupérés et retravaillés par des créateurs. Le plus grand espace est réservé à la vente de produits artisanaux et éco-responsables pour lesquelles les deux filles se sont assurées des bonnes conditions de production : poteries, bijoux, objets de décoration, savons, bougies, cosmétiques, etc. Enfin, une pièce est dédiée aux ateliers programmés en partenariat avec des artisans locaux : fabrication de savon, couture pour enfants, linogravure, c

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« Déconstruire l’imaginaire colonial »

CONNAITRE | Organisé à l’initiative de quatre structures de profil divers (Contre-Courant, Mix’arts, PEPS et Survie), le Mois Décolonial proposera, du 10 au 30 juin, un vaste ensemble de tables rondes, projections, formations, spectacles et concerts autour de la question décoloniale. Explications.

Damien Grimbert | Mercredi 9 juin 2021

« Déconstruire l’imaginaire colonial »

« Pourquoi l’héritage du passé constitue-t-il le socle de discriminations, de violences et d’un racisme encore trop prégnants dans notre société et dans nos pratiques ? » C’est dans l’objectif d’amorcer des ébauches de réponses à cette question complexe que s’est créé le Mois Décolonial, événement transversal et pluridisciplinaire « à la croisée des sphères universitaires, culturelles et militantes », comme l’explique Fabien Givernaud, l’un des organisateurs de l’événement. « L’idée, c’est de proposer des outils, un socle de réflexion, pour aider à comprendre, théoriser et déconstruire nos schémas de pensées mais aussi nos pratiques qui relèvent, consciemment ou inconsciemment, d’un héritage colonial. On ne remet pas en cause des individus : on n’est pas là pour se flageller, mais plutôt pour chercher à comprendre les mécanismes qui perpétuent le racisme et les discriminations, comment mieux respecter les identités individuelles et collectives des gens, leur culture… » Conçu pour s’adresser au plus grand nombre, quel que soit leur degré de connaissance préalable du sujet, le programme, extrêmement dense (plus de 26 évènements à prix libre en l’espace

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Marina Rollman, drôle mais pas que

SCENES | Maitrisant à la perfection tous les codes du stand-up contemporain, l’humoriste franco-suisse Marina Rollman met ces derniers au service d’un propos vif et bien senti, qui croque les aléas de notre époque avec nuance et subtilité. Portrait à l’occasion de son passage samedi 19 juin à l’Ilyade de Seyssinet-Pariset.

Damien Grimbert | Lundi 14 juin 2021

Marina Rollman, drôle mais pas que

La première chose qui frappe lorsqu’on écoute Marina Rollman, c’est de voir à quel point elle et une poignée d’autres humoristes de sa génération ont réussi à faire leur le perfectionnisme acéré qui fut pendant longtemps l’apanage des seuls icones du stand-up anglo-saxon. Énergie, vivacité, sens de la formule et du timing, finesse de l’écriture… Derrière l’aisance, la fluidité et l’apparente décontraction dont elle fait preuve, on devine une mécanique parfaitement huilée d’une efficacité redoutable où chaque mot, chaque expression, chaque tic de langage est savamment pesé pour fournir un impact maximum. Ce qui constitue sa singularité, en revanche, tient peut-être plus à sa capacité à s’emparer des sujets dans l’air du temps d’apparence les plus superficiels, les plus anecdotiques, pour mieux dévoiler les véritables torrents de questionnements existentiels qu’ils sous-tendent pour peu qu’on se donne un peu la peine d’en gratter la surface. Aussi douée pour porter en dérision les petits travers de notre époque que pour analyser avec finesse les mécanismes sous-jacents qu’ils mettent en œuvre à notre insu, Marina Rollman ne s’épargne pas pour autant en cours de route, re

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La Bobine à ciel ouvert

ACTUS | C’est ce qu’on appelle ne pas faire les choses à moitié : pour fêter le retour des beaux jours, des sorties et de la vie culturelle, La Bobine organise (...)

Damien Grimbert | Vendredi 25 juin 2021

La Bobine à ciel ouvert

C’est ce qu’on appelle ne pas faire les choses à moitié : pour fêter le retour des beaux jours, des sorties et de la vie culturelle, La Bobine organise du 23 au 26 juin un festival de quatre jours sur la scène de l’Anneau de Vitesse du Parc Paul Mistral, qui mêlera à la fois musique et arts vivants. Côté concerts, le programme s'annonce varié, parfois suprenant et résolument alléchant. Les hostilités commenceront dès le mercredi à 18h avec la pop tropicale et psychédélique du quatuor Phat Dat, dont on avait déjà pu découvrir le groove dansant et les sonorités cosmiques 70’s il y a quelques années de ça au Bauhaus. Le même jour, mais à 21h cette fois, place à la performance spectaculaire du collectif masqué de Kinshasa Fulu Miziki (en photo), et son orchestre d’instruments percussifs DIY bricolés à base d’objets récupérés dans des poubelles. Tout un programme ! Jeudi, changement de registre avec le rock free, nerveux, inventif et dissonant des Rouennais de Unschooling, dont le

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Simo Cell et Abdullah Miniawy, explorateurs sonores

MUSIQUES | C’est ce qu’on pourrait appeller une rencontre à haut potentiel. D’un côté Simo Cell, jeune espoir de la scène électronique française arpentant depuis cinq/six (...)

Damien Grimbert | Lundi 14 juin 2021

Simo Cell et Abdullah Miniawy, explorateurs sonores

C’est ce qu’on pourrait appeller une rencontre à haut potentiel. D’un côté Simo Cell, jeune espoir de la scène électronique française arpentant depuis cinq/six ans des territoires sonores singuliers quelque part entre techno, bass music britannique, ambient et musiques expérimentales, avec un goût prononcé pour les rythmes percussifs, le sound design, la gestion des silences et les infrabasses démesurées. De l’autre Abdullah Miniawy, jeune poète, chanteur, compositeur et trompettiste égyptien militant passionné de musique répétitive, de free jazz et transe soufie, dont la carrière débute au Caire en 2011, à l’orée des premiers soulèvements révolutionnaires qui aboutiront à la démission du président Hosni Moubarak. Entamée au cours de l’hiver 2018, sous la forme de longues sessions d’enregistrement faisant la part belle à l’improvisation, leur collaboration va d’abord donner naissance à un album rêche, hybride et avant-gardiste d’une puissance d’évocation impressionnante, Kill Me or Negotiate, sorti en octobre 2020 sur le label lyonnais Brothers From Different Mothers. Puis à une déclinaison live que le public grenoblois aura le privilège d’être l’un des tous premiers à

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Revoilà Papagalli !

SCENES | Son enthousiasme pour Western, sa nouvelle pièce, faisait plaisir à voir, et puis, patatras ! La situation sanitaire avait coupé Serge Papagalli en (...)

Martin de Kerimel | Mercredi 9 juin 2021

Revoilà Papagalli !

Son enthousiasme pour Western, sa nouvelle pièce, faisait plaisir à voir, et puis, patatras ! La situation sanitaire avait coupé Serge Papagalli en plein élan l’année dernière, le privant de nombreuses dates et l’empêchant de célébrer ses 50 ans de carrière exactement comme il l’avait espéré. D’autres auraient sûrement pleuré sur ce jubilé contrarié. On sait toutefois que l’homme a de la ressource et le comédien bien d’autres cordes à son arc : c’est pourquoi on est ravi (et pas très étonné) de le voir de retour sur scène en ce mois de juin, avec l’un de ses classiques – La Buvette, le Tracteur et le Curé – à l’affiche du Grand Théâtre de Grenoble. C’est tout ? Non ! Sur son site officiel, le bougre évoque plusieurs projets à venir. L’un après l’été, avec une nouvelle pièce au titre "papagallien" au possible, Ça va râler ! : ce spectacle devrait être créé au Déclic de Claix en octobre et, ensuite, partir en tournée jusqu’en mai 2022. Par la suite, le beau Serge a prévu de donner une suite aux aventures de la famille Maudru : il promet une première en octobre 2022, présentée cette fois à l’Agora de Saint-Ismier, et un énième départ sur les routes jusqu’

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Les petites reines de la rue Saint-Laurent

ACTUS | Le vélo est roi dans la tranquille rue Saint-Laurent. De nombreux entrepreneurs œuvrant pour ou avec leur vélo y ont pignon sur rue (oh oh oh !). On est allé rencontrer tout ce monde-là… à bicyclette-euh.

Jérémy Tronc | Vendredi 11 juin 2021

Les petites reines de la rue Saint-Laurent

Si les terrasses de la place Cymaise sont régulièrement bondées depuis le 19 mai, la foule s’engage rarement plus haut dans la rue Saint-Laurent, intimidée peut-être par la Fontaine du Lion et son combat sans fin avec le serpent de bronze, allégorie des inondations qui ont ravagé Grenoble de l’époque romaine jusqu’au XIXe siècle. En revanche, la rue est souvent peuplée de vélos et de cyclistes, certains bricolant leur monture en pleine rue, comme devant le numéro 38. La société de livraison S!cklo vient d’y ouvrir un petit atelier géré par Roman, qui essaie de s’organiser au mieux pour réaliser vos petites réparations dans la journée. « Les gens sont surpris car le délai moyen dans les autres magasins, c’est plutôt deux semaines en ce moment. » De l’autre côté de la rue, au 57, s’activent les coursiers de S!cklo, au gré des ordres de livraison reçus. Cette société “locale et éthique” de coursiers à vélo s’est montée en juillet 2019 en alternative aux grosses plateformes et à leurs mauvaises conditions de travail. Elle comptabilise désormais plus de 6000 utilisateurs et ses employés bénéficient de vrais contrats. « S!cklo offre un service de qualité tout en

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"La Nuée" : du genre à sang à sillons

ECRANS | Une éleveuse de sauterelles en difficulté découvre que nourrir ses bêtes en sang fait bondir le rendement. Aux lisières du fantastique et du drame social, le premier long de Just Philippot interroge les genres autant que notre rapport au vivant et à sa production. La nouvelle veine du genre français pulse bien.

Vincent Raymond | Mercredi 16 juin 2021

Agricultrice isolée, mère célibataire, Virginie ne s’en sort plus : elle est au bord de la faillite et son élevage de sauterelles vivote. À la suite d’un accident, elle remarque que les insectes ayant goûté son sang se développent mieux et plus rapidement. L’apparente aubaine la conduit à augmenter la capacité de son exploitation et à s’investir corps et âme pour des sauterelles hématophages de plus en plus gourmandes… La Nuée peut se définir comme un "film de genre français d’horreur rurale". L’allitération tord la langue, mais chacun des termes de cette appellation baroque est signifiant. Récapitulons. D’abord, "film de genre français d’horreur" parce qu’issu du (plutôt fécond) programme monté par SoFilm visant à détecter des auteurs et des réalisateurs, puis à produire un style de cinéma codifié où la France recommence doucement à glisser l’orteil (Grave). L’argument économique n’est plus un frein à l’expression de la qualité : le numérique étant désormais à la portée de tous les cauchemars. Ensuite, "rural", qui ajoute une dimension socio-écono

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À la MC2, un mois de festival pour « retrouver le sens de la fête »

SCENES | Alors que pas mal de théâtres ont rouvert leurs portes avant la pause estivale pour quelques spectacles, la MC2 voit, elle, carrément en grand avec un festival d'un mois baptisé La MC2 en fête. Assurément l'événement de cette fin de saison, dont on a parlé avec le directeur des lieux, Arnaud Meunier.

Aurélien Martinez | Mardi 8 juin 2021

À la MC2, un mois de festival pour « retrouver le sens de la fête »

Quand avez-vous pensé ce grand temps fort ? Arnaud Meunier : J'y pensais depuis longtemps, c'était mon obsession des derniers mois. Une maison de la culture fermée au public, c'est dramatique. Il s'agit donc de retrouver le sens de ce que nous sommes profondément : un lieu d'art, de création et de culture pour toutes et tous. Et puis il se trouve que je suis également metteur en scène. Pendant les confinements, j'ai répété un spectacle fantôme qui n'a pas fait une seule représentation, donc je connais très intimement la souffrance qu'ont ressentie les artistes. Leur faire retrouver très rapidement le chemin du public me semblait capital. Beaucoup ont répondu présent, j'en suis ravi. Vous auriez pu programmer quelques spectacles en juin pour terminer la saison doucement en attendant la prochaine. Mais vous avez choisi une forme be

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Surtout, ne perdez pas le nord !

ESCAPADES | Du 22 au 27 juin, Autrans-Méaudre accueille la 40e édition du festival O’bivwak, qui décline plusieurs animations autour de la course d’orientation. Pas (...)

Jérémy Tronc | Lundi 21 juin 2021

Surtout, ne perdez pas le nord !

Du 22 au 27 juin, Autrans-Méaudre accueille la 40e édition du festival O’bivwak, qui décline plusieurs animations autour de la course d’orientation. Pas pour vous ? Détrompez-vous. L’événement se veut grand public et accessible à tous selon Laure Carra, chargée de développement pour la ligue Auvergne-Rhône-Alpes de course d’orientation : « Bien entendu, les courses nécessitent d’être familiarisé avec les cartes spécifiques à la discipline. Mais si vous êtes débutant et que vous avez envie de découvrir la course d’orientation sans la pression du chrono, nous proposons deux demi-journées d’initiation gratuites avec des bénévoles, qui encadreront les groupes et fourniront les explications nécessaires ». Ces sessions de découverte sont ouvertes à tous, adultes et enfants, sans limite d’âge. Si vous tenez vraiment à vous inscrire à une des courses chronométrées (6 propositions, de 25 à 50 km) ou même au raid sur deux jours alors que vous êtes une quiche en orientation, vous pouvez vous former par deux biais. Le premier, sur le site de la manifestation qui, dans son onglet Infos, vous explique tout sur la course d’orientation, notamment les spécificités de ses cart

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Le Ciel à disposition

ACTUS | Appel à participation / En ces temps de déconfinement progressif, la vie reprend aussi du côté du Ciel, lieu emblématique grenoblois dédié à la musique (concerts, (...)

Hugo Verit | Vendredi 11 juin 2021

Le Ciel à disposition

Appel à participation / En ces temps de déconfinement progressif, la vie reprend aussi du côté du Ciel, lieu emblématique grenoblois dédié à la musique (concerts, résidences et salles de répétition) dont la gestion est assurée par l’association Plege depuis 2019. En attendant d’être en mesure de pouvoir annoncer quelques dates (ce qui devrait sûrement arriver ces jours prochains), l’équipe a choisi de dévoiler, début mai, son nouveau projet de tiers-lieu qui comprend une champignonnière urbaine, un studio délocalisé de Radio Campus Grenoble et un espace partagé de 67 mètres carrés qu’il reste à investir. Pour cela, un appel à participation vient d’être lancé : « C’est ouvert à tous ceux, association ou personne sans structure particulière, qui portent un projet dans les domaines de la culture, de l’écologie ou de la solidarité. Nous n’avons pas d’idées préconçues sur le devenir de cet espace et cherchons plutôt à créer quelque chose avec les gens, avec les habitants du quartier, à voir ce qui est possible en fonction des besoins. Ce qui est sûr en revanche, c’est qu’on n’accueillera pas de coworking et que l’on veut éviter d’être dans une logique de salle de

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Cafés, thés et bouquins

Commerce | Ils ont fait ensemble des études de philo jusqu’à la licence. Pas vraiment motivés à l’idée de poursuivre dans cette direction, Samuel et Alex, 21 et 23 ans, (...)

Martin de Kerimel | Mercredi 9 juin 2021

Cafés, thés et bouquins

Ils ont fait ensemble des études de philo jusqu’à la licence. Pas vraiment motivés à l’idée de poursuivre dans cette direction, Samuel et Alex, 21 et 23 ans, ont suivi les conseils d’une amie et sont tombés d’accord pour ouvrir Caf’Ka, un café-librairie, rue Vauban, à Grenoble. Leur local était auparavant celui d’un marchand de cheminées : les deux potes avaient installé une mini-terrasse à la mi-mai et menaient encore quelques travaux intérieurs quand nous les avons rencontrés. Leur vraie fête inaugurale est prévue le 9 juin. L’offre à ce jour ? Quatre cafés, cinq thés, une tisane, quelques soft drinks et, pour grignoter, une gamme de plaisirs sucrés. Leur idée est de proposer du salé également, sans pour autant que Caf’Ka se transforme en snack. Côté bouquins, les garçons récupèrent et vendent des livres d’occasion, comptant aussi permettre à leurs clients de les lire sur place ou de les emprunter. Ils ne prétendent pas connaître parfaitement chacun des ouvrages disponibles. Ils en ont toutefois placé certains de côté pour mettre en avant leurs coups de cœur. Avec l’enthousiasme des entrepreneurs débutants (décidés à proposer plusieurs autres activités culturelles) e

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"Nomadland" : une reconquête de l’Ouest

ECRANS | Une année en compagnie d’une sexagénaire jetée sur la route par les accidents de la vie. Un road trip à travers les décombres d’un pays usé et, cependant, vers la lumière. Poursuivant sa relecture du western et des grands espaces, Chloé Zhao donne envie de (re)croire à la possibilité d’un rêve américain. Primé au Tiff, Lion d’Or à Venise, Oscar du meilleur film.

Vincent Raymond | Mercredi 9 juin 2021

L’Ouest, le vrai : frappé par la désindustrialisation. Où les baraques préfabriquées sont ouvertes aux quatre vents et les villes devenues fantômes. Où une partie de la population, victime de maladies professionnelles, dort au cimetière et les survivants… survivent comme ils le peuvent. Certains, comme Fern à bord de son vieux van, ont pris la route et joint la communauté des nomades, enchaînant les boulots saisonniers au gré des latitudes. Loin d’une partie de plaisir, son voyage sera tel un pèlerinage l’obligeant à se priver du superflu, l’autorisant à se défaire du pesant… Inspiré d’un livre-enquête de Jessica Bruder consacré aux victimes collatérales de la crise des subprimes de 2008 (des sexagénaires privés de toit poussés au nomadisme), Nomadland s’ouvre sur un carton détaillant l’exemple de la ville d’Empire dans le Nevada, passée de florissante à miséreuse, et nous fait suivre sa protagoniste en âge d’être à la retraite, cumulant des petits jobs précaires chez les nouveaux rois de l’économie. Des éléments à charges supplémentaires contre l’ubercapitalisme, direz-vous ; un

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Graines de solidarité

ACTUS | Depuis mars 2021, migrants et non-migrants se retrouvent au Jardin sans frontières pour cultiver ensemble une parcelle de terre dans le parc des berges de l’Isère. Nous avons fait le tour du propriétaire en compagnie d’Alpha et Saibou pour en savoir un peu plus sur cette initiative solidaire.

Jérémy Tronc | Lundi 21 juin 2021

Graines de solidarité

Entre le Stade des Alpes et les berges de l’Isère, le parc a des airs de terrain en friche sommairement entretenu, équipé de quelques agrès sportifs et traversé par des routes abandonnées prisées des cyclistes et des skateurs. À la fin de l’année 2020, des pelleteuses sont intervenues pour travailler le terrain et des serres agricoles ont commencé à apparaître, puis deux containers servant de bureau et d’entrepôt. Aujourd’hui, sur la parcelle de 2500 m² délimitée par des barrières, poussent de nombreux pieds de tomates, des pommes de terre, des herbes aromatiques, des fraises, des oignons, des courges et des plantes plus exotiques telles le gingembre ou le gombo, légume typique de l’alimentation africaine. « Nous allons voir si cette plante veut bien pousser en France, c’est un test », explique Alpha Camara, Guinéen en attente de régularisation. Il est aussi co-président de l’association Jardin sans frontières, à l’initiative de ce potager intergénérationnel et interculturel. Avant de se constituer en association, le projet Jardin sans frontières a été proposé au budget participatif de la ville de Grenoble 2019 dont il a été un des lauréats. Alpha Camara l’a p

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La claque Laake

Electro-classique | Sans mauvais jeu de mots, c'est devenu un classique que les noces entre la musique électronique et le... classique. Un label comme InFiné, s'en est même (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 9 juin 2021

La claque Laake

Sans mauvais jeu de mots, c'est devenu un classique que les noces entre la musique électronique et le... classique. Un label comme InFiné, s'en est même fait un genre de très vaste spécialité. Des musiciens comme Francisco Tristano, Arandel, Rone aussi. Le pianiste Laake également, qui a mis son piano au service d'une techno d'ambiance aux contours aussi spleenétiques que cinématographiques. Le dénommé Raphaël Beau a même poussé le bouchon jusqu'à produire un album d'électro, O, accompagné d'un orchestre classique – un tour de force pour un musicien autodidacte qui ne lit pas les partitions et qui d'ailleurs ne s'avoue ni puriste du classique, ni inconditionnel de la techno. L'ensemble donne à ses compositions un caractère épique et foudroyant et à l'auditeur la certitude que la matière organique s'accomode parfaitement de s'acoquiner avec des machines, et inversement – même si ce mariage a, chez Laake, toujours quelque chose d'une inquiétante étrangeté qui ne se départit pourtant jamais de quelques notes d'espoir. Une bande-son finalement assez raccord avec la période vécue actuellement et dont on pourra avoir un aperçu intrigant du côté de la Source.

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Songs of Leonard Cohen

Hommage | La reprise d'une ou de chansons de Leonard Cohen a toujours été un genre en soi, et même tout un art. On peut ainsi se souvenir du remake intégral (pochette (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 9 juin 2021

Songs of Leonard Cohen

La reprise d'une ou de chansons de Leonard Cohen a toujours été un genre en soi, et même tout un art. On peut ainsi se souvenir du remake intégral (pochette comprise) et clandestin perpétré par le dénommé Red de son Songs from a Room, de l'Hallelujah ré-immortalisé par John Cale ou Jeff Buckley, comme d'une infinité d'albums tributes parfois très réussis (on songe à celui réalisé, il y a 30 ans, pour le compte des Inrocks : I'm your fan). Pour H-Burns, l'hommage à celui qu'il considère comme un des responsables de son entrée en religion musicale semble tout aussi naturel. Double hommage puisqu'il est constitué d'un disque à venir – qui aura occupé une partie de son confinement –, enregistré sur bandes dans les conditions de l'époque, et d'une série de concerts qui passera par la Belle électrique et que le chanteur a déjà pas mal inauguré par des lives dans les studio de la presse web (Le Figaro, Les Inrocks TV) et même à la Cité de la Musique de Romans avec l'orchestre symphonique de Romans. L'orchestre ne sera pas de la partie grenobloise, ce jour, mais les chansons de Cohen, toutes périodes confondues, elles seront bien là, à propos desquelles le Can

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Just Philippot : « On fait des films pour emmener les spectateurs sur des univers plus glissants »

LA NUÉE | Avec son premier long métrage, le réalisateur Just Philippot réalise un carton plein : sélectionné à la Semaine de la Critique, prix spécial du Jury (et de la meilleur actrice pour l’actrice Suliane Brahim) au Festival de Catalogne, La Nuée annonce un renouveau dans le cinéma de genre hexagonal. Fantastique !

Vincent Raymond | Mercredi 16 juin 2021

Just Philippot : « On fait des films pour emmener les spectateurs sur des univers plus glissants »

Il y a des connexions nombreuses entre La Nuée et votre précédent court métrage, Acide, réalisé au sein de la résidence SoFilm. Comment est-ce que tout a commencé ? L’histoire et la trajectoire sont assez simples et folle. À la base, il y a la volonté de Thierry Lounas, fondateur de SoFilm et producteur chez Capricci, coproducteur de La Nuée avec Manuel Chiche de The Jokers, de se lancer il y a 5 ans dans un renouveau du cinéma de genre en changeant la façon d’écrire et fabriquer les histoires. En initiant d’abord des résidences sur du court métrage qui avaient pour but de faire rencontrer les cinéastes, scénaristes, superviseurs VFX, compositeurs, illustrateurs, pour que des proposition graphiques, d’effets et de musiques collent tout de suite aux idées et donnent aux partenaires financiers pleins d’indices et se concrétisent vite. J’avais été appelé pour représente

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